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mardi 11 décembre 2012

Initiative internationale - SYRIE - Pétition - Oui à la démocratie, non à l'intervention étrangère!



Comme vous le savez probablement, cette 3ème voie est ma position depuis longtemps. C'est cela la solution, la SEULE, il n' y en a pas d'autre à l'heure actuelle qui soit humaine et juste, qui ait une chance de réussir, et qui préserve la souveraineté de la Syrie. Les soi disant rebelles militarisés (bien identifiés dans cette pétition comme désormais un agrégat de mercenaires étrangers de salafistes etc) qui refusent cette solution sont autant responsables qu'ASSAD de la mort de civils et n'ont de toute façon plus rien à voir ou presque avec le conseil de la résistance syrienne (déjà très critiquable en termes de légitimité et représentativité). Ne nous laissons pas aveugler ni terroriser intellectuellement. Promouvoir cette solution ce n'est PAS " soutenir ASSAD", c'est soutenir la paix et la vie, en Syrie, dans la zone et dans le monde. Et la paix est un bien précieux pour  pour les peuples.
Voilà donc ce que j'attendais comme initiative sur la Syrie. Elle a été signée (entre autre) par Samir Amin, Mairead Maguire, Ignacio Ramonet , Jean Ziegler, Etienne Balibar et bien d'autres... Que tous les signataires de cette initiative de paix soient pleinement remerciés

SIGNER ICI http://www.peaceinsyria.org/index.html

"Initiative internationale visant à arrêter la guerre en Syrie - Oui à la démocratie, non à l'intervention étrangère!

Nous, soussignés, qui faisons partie d'une société civile internationale de plus en plus préoccupée par l'effusion de sang terrible du peuple syrien, nous soutenons une initiative politique fondée sur les résultats d'une mission de recherche d'éléments factuels que certains de nos collègues ont engagée à Beyrouth et à Damas en septembre 2012. Cette initiative consiste à faire appel à une délégation de personnalités de haut niveau ayant des renommées internationales pour se rendre en Syrie afin de discuter de la situation actuelle avec les principaux acteurs politiques et ouvrir la voie à une solution politique négociée du conflit armé en Syrie, qui menace gravement la paix du monde et de l'existence de la Syrie en tant que nation indépendante et souveraine.

Dans cette perspective, nous soutenons pleinement la déclaration suivante:

Tous les yeux sont actuellement braqués sur la guerre qui se déroule en Syrie et qui noie son peuple dans le sang. Nous sommes très préoccupés pas seulement parce que le conflit a acquis une dangereuse dimension géopolitique. Le légitime et pacifique mouvement du peuple syrien des débuts - à l'instar de leurs frères arabes - pour les droits démocratiques est menacé d'être transformé en une guerre civile sectaire avec une participation régionale et internationale massive.

Nous sommes conscients qu'aucune partie ne peut gagner une telle guerre d'usure dans un proche avenir, tant que la résistance des peuples syrien et arabe contre la domination occidentale et israélienne ainsi que contre les dictatures régionales est menacée et pourrait même éventuellement être détruite.

Afin de sauvegarder ces acquis et de poursuivre la lutte pour la démocratie, la justice sociale et l'auto-détermination du peuple, une solution politique du conflit au moyen d'un règlement négocié est indispensable. C'est seulement de cette manière que peut être freiné le sectarisme religieux, que l'intervention étrangère peut être évitée et que le mouvement de masse démocratique pourra prévaloir.

Nous faisons donc la promotion active d'une solution politique pour mettre fin à l'effusion de sang sur les critères suivants:

1. Nous soutenons pleinement le début d'un processus politique qui devrait commencer par des négociations et un cessez le feu. Cela devrait aller de pair avec un processus de désescalade et la démilitarisation qui permet au peuple syrien à recevoir l'aide dont ils ont un besoin urgent et exprimer leur volonté pacifique et par la suite dans les urnes.

2. Étant donné que toute solution doit être fondée sur la volonté souveraine du peuple syrien, nous rejetons catégoriquement toute forme d'intervention militaire, d'où qu'elle vienne.

3. Respecter le droit souverain à l'autodétermination implique le respect des droits démocratiques et sociaux de la grande majorité de la population. Par conséquent, aucune force politique majeure ne devrait être exclue a priori. Un règlement durable et pacifique du conflit doit être fondé sur un processus constitutionnel qui permet des élections libres organisées par un gouvernement de transition à la suite des négociations.

4. Depuis que le conflit a connu une instrumentalisation croissante des affiliations sectaires, ce qui entrave l'unification politique du peuple sur une base démocratique, nous soutenons toutes les initiatives et les tendances au sein des forces politiques et militaires existants qui font la promotion de la tolérance interconfessionnelle, sur la base de la même droits pour tous les citoyens.

En signant cette déclaration, nous donnons notre plein appui à la délégation internationale en direction de la Syrie au début de l'année 2013 et en espérant que cette initiative apportera une contribution significative à la paix dans la région."

vendredi 12 octobre 2012

CAMARADES COMMUNISTES, GUERRE A "LA GAUCHE"!






J'ai écrit ce post en réponse à un texte de P Mignard intitulé " POURQUOI UNE « VRAIE POLITIQUE DE GAUCHE » EST IMPOSSIBLE ?"
 Et tout en sachant pertinemment que Mignard n'est ni communiste ni marxiste (j'oserai ajouter qu'il est même antimarxiste sinon carrément anticommuniste) mais plutôt anarco-décroissant......
Vous trouverez son texte sur son site. Voici ma réponse pour l'heure.
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"D’abord, un bémol sur ce premier passage du texte.
Quand Patrick Mignard (PM ci après) rapporte ce qu’il dit être , en somme, la "pensée faillie" :
Le modèle standard du changement de système était fondé depuis le 19e siècle sur la croyance que le capitalisme se développant et exploitant la classe ouvrière, celle-ci l’abattrait – et en priorité dans les pays développés. Rien de cela ne s’est produit !
Non. Marx et Engels n’ont pas dit cela. Ce sont les socio-démocrates (y compris staliniens) qui ont travesti Marx et Engels pour lui faire dire cela.
Ce qu’expose Le Manifeste (puis que la référence sous jacente est là) est bien plus subtil et n’a finalement aucun rapport avec ce que dit PM. J’invite à la relire et nous en reparlerons.

D’autre part, dire que même cette interprétation aurait failli c’est circonscrire le monde (et l’avancée révolutionnaire) à l’Europe et aux USA et c’est une abominable erreur.
Voilà d’abord sur ce point.

Sur "la gauche" ?

Des années que je le dis même et je ne compte plus mes textes sur le thème "Camarades communistes, guerre à la gauche".

Même avec des "guillemets" des fleurs et tout ce qu’on voudra, "la gauche" est une escroquerie intellectuelle sans nom, dont l’usage devrait être interdit à ceux qui se réclament du communisme (les autres font ce qu’ils veulent).

"La gauche" est un fourre tout pour permettre de masquer ce qui n’est jamais qu’une collaboration de classe qui ne veut pas dire son nom et qui passe par l’union (pour diverses raisons) de certaines orgas se réclamant du communisme genre PCF avec des orgas réformistes et contre- révolutionnaires social-dém type SFIO ou PS.

Sur les "raisons" de cette collaboration de classe il y a bcp à dire et à développer et je n e partage pas les propos de Pm qui de mon point de vue prend les conséquences pour les causes.

Parmi ces raisons qui ont poussé à cette re-fondation de "la gauche" moderne, je dirais, après 1871 et sans aucun doute au niveau européen après l'assassinat de Liebknecht et de Luxemburg (et pour cause...) à une refondation de cette manière, la bureaucratisation (explicable) et l’embourgeoisement rapide, de la SFIC devenue PCF (pour ne parler que de la France mais le même arbre donnant les mêmes fruits on peut le constater partout en Europe). Evidemment oui la présence de l’URSS qui rapidement, oublie sa tâche et même avec Lénine devient un empire en puissance (ce que dénonçait Luxemburg et dans des termes encore plus clairs Rühle en 39 - toute cette réflexion qui sera travestie par l’aile gauche des communistes allemands et contre qui Lénine écrira son fameux "gauchisme..."). Le développement du Kapitalisme. L’arrêt, rapide, du développement de l’internationalisme etc.
Des tas de raisons objectives, donc. Liées au développement des forces productives, à la division du travail dans le monde, à la décérébration des classes populaires et moyennes occidentales via la société de consommation, à l’embourgeoisement et à la bureaucratisation des anciens révolutionnaires des PC etc.. tout ceci en réalité résumé par une phrase : la lutte de classe qui traverse de tout temps les organes de la classe ouvrière au sens large (ie du prolétariat).

Que certains (dont des très intelligents et par voie de conséquence, souvent "les meilleurs d’entre nous") aient pu théoriser des "contenant" à cette mascarade qu’est la "gauche" (contenant au demeurant très vastes et qui sont très loin de se résumer à ce que PM désigne comme tradition" - la preuve une fois qu’il a dit cela il est immédiatement obligé de préciser que finalement il y a autant d’acceptions que de gauchistes ;))..
Là où je rejoins PM, c’est dans sa critique de la "gauche radicale".
Radical ou pas, quiconque se définit comme "de gauche" aujourd’hui commet au mieux un contre sens s’il est de bonne foi (et essaie de ranimer un cadavre) et au pire une ignoble tromperie contre le camp qu’il prétend défendre s’il n’ignore pas l’état réel des choses.
A ce titre, il me semble également évident que la récente montée en puissance d’un Front "de gauche" est de ce point de vue une des plus belles entreprises contre -révolutionnaires et anticommuniste qui ait existé depuis 1978.

Bref. Pour les communistes où qu’ils soient (et assumons une fois pour toutes la relative polysémie, sur les marges, de ce terme de "communiste"), pas la peine de se voiler la face, le terme de "gauche" ne désigne qu’une étape où les déjà ex-révolutionnaires ou, plus exactement héritiers embourgeoisés de révolutionnaires, trament et fabriquent des alliances avec différentes forces politiques de la bourgeoisie qui ont plus ou moins une assise ouvrière.
Donc contrairement à ce que dit notre ami (je vais plaisanter un peu et prendre son propos avec un peu d’ironie même si j’ai bien compris ce qu’il a dit), une "vraie politique de gauche" est tout à fait possible, elle est d’ailleurs en train d’être une nouvelle fois commise : c’est une politique qui consiste à se réfugier derrière de prétendues valeurs ou des organisations dont on refuse de faire voler en éclat le masque, pour mieux servir le capital tout en donnant l’impression (de plus en plus vague) qu’on se préoccupe de ce que l’on appelait autrefois "la classe ouvrière".

"La gauche" c’est un consensus mou qui masque le retour des forces réactionnaires qui manipulent "la classe ouvrière" afin de préserver le Kapital.
Il n’appartient qu’aux exploités d’y mettre un terme et d’ouvrir les yeux. Pour cela le rôle des militants communistes est d’une grande importance.
Il est donc exclu de trouver de vrais révolutionnaires , des communistes, se définissant comme "de gauche". Ils savent qu’ils ne sont ni de droite ni de gauche ils sont communistes, et ils n’ont pas honte de le dire et de s’en revendiquer , "ils ne se cachent point" comme disaient Marx et Engels, point barre.

"Droite/gauche" (droiche/gaute?), tout ça au final c’est la même volaille ,qui ne finit par servir que l es forces fascistes (sur ce point aussi je rejoins PM, mais qui ne partage pas cet avis?).

Pour lutter contre la misère et en même temps lutter contre le fascisme, il faut lutter contre le capitalisme et (en plus d’accepter le côté "révolutionnariste") cela réclame d’abord et avant tout la plus grande clarté sur les concepts et les mots employés.
C’est une des grandes découvertes de Lénine et cela apparaît clairement dans son entreprise de démollition du parti social démocrate à l’époque.
C’est ce qu’a poursuivi Poulantzas dans nombre de ses ouvrages sur l’Etat

D’autre part , un communiste est forcément révolutionnaire donc, en ce sens qu’il ne peut qu’accepter une évidence : le changement se fera obligatoirement par la révolution. Celui ou celle qui veut assumer a part de construction du communisme le sait et assume aussi cette perspective. Il n’y aura pas de changement par les urnes, il n’y aura pas d’évolution en douceur.

L’évolution demandera inévitablement une révolution. Parce qu’on n’a jamais vu un possédant se déposséder de lui-même pour ceux qui ne possèdent rien et sont presque d’ailleurs eux-mêmes possédés !
Si certains veulent bien, par intérêt ou par charité, à certaine époque, balancer quelques miettes, cela s’arrête là.

Alors, faut-il comme dit PM une stratégie ? Une tactique ? Oui, mais elles n’ont pas besoin d’être très élaborées.
A force de vouloir faire "trop intelligent" , trop" visionnaire" on finit surtout par ne plus agir, on finit par devenir "chiasseux" et le temps passe et tout est toujours là.
Et la bourgeoisie gagne encore.

Il faudra détruire. Ne pas se laisser arrêter par les bonnes âmes qui disent "oui mais pour mettre quoi à la place ? On ne va pas détruire si on n’a pas un programme bien fait pour après ! on fait d’abord un bon programme et ensuite on verra..."
 Évidemment ,ainsi ,c’est tentant, mais ça ne fonctionne pas.

De même d’ailleurs que "la révolution" ne sera pas une fin en soi, de même qu’elle ne peut pas être programmée, qu’on ne peut pas non plus en faire un programme. Que tout ce que nous pouvons faire, c’est de "baliser" la révolte, c’est de se tenir prêts, de faire en sorte que nous soyons de plus en plus nombreux le moment venu à dire "en avant" et pas "stop, arrêtez tout"...

Et donc il ne s’agit pas non plus d’aller plus vite que la musique et les démiurges qui prétendent pouvoir créer ex nihilo une révolution sont également dans le faux.
Non ça ne marchera pas comme ça...

Mais d’ici là notre travail, toujours, c’est de déminer le terrain des contre révolutionnaires Que ceux ci soient fascistes, ou social-démocrates y compris prétendument radicaux.

Aussi, camarades communistes ( je sais bien que PM ne l’est pas et ne s’en est d’ailleurs jamais revendiqué) quoi que vous pensiez être (trotskistes, libertaires, autonomes...) faites la clarté toujours, partout, à chaque occasion : prolétaires/bourgeoisie, capital/travail, exploités/exploiteurs etc...
Mettez définitivement au panier ces termes de "droite et gauche", exprimez vous en utilisant des termes qui sont construits par et pour la lutte de classe qui se mène et démasquez les tartuffes.

Laissez les circonvolutions cérébrales sur "la droite et la gauche " ou "la révolution par les urnes" etc à ceux qui essaient de vous faire g ober qu’on peut nourrir un pitbull de chamallows. Ceux là vous emmèneront au désastre en refusant de vous armer en refusant de tirer les conséquences de leurs paroles, ceux là seront des Allende et avec eux cela se terminera comme avec le peuple chilien.

Dans la lutte contre le capitalisme, in fine, il n’y a pas de demi-mesure, surtout dans une telle période de crise du capital : soit on est contre soit on est pour - c’est un choix ensuite il faut l’assumer.
Si on est contre, il faut savoir dans quoi on se jette. Pour déjà, se réunir, se rapprocher de toutes celles et tous ceux qui de près ou de loin, même avec telle nuance, se réclament ouvertement du communisme,avec toutes ces nuances , mais donc en assumant "la révolution"...

Et jeter définitivement aux orties le verbiage politicien bourgeois.
La Louve

jeudi 20 septembre 2012

Religions, divisions, diversions (pièges à ...)...exploitation.... RÉVOLUTION !

Religions, divisions, diversions (pièges à ...)...EXPLOITATION.... RÉVOLUTION !

Il se passe (à mon avis, mais je peux me tromper) des choses autrement plus importantes (malgré les apparences) ailleurs, plus importantes parce que fondamentales (c’est à dire à la base, à la racine) sur d’autres thèmes, pour l’avenir.

La guerre, aux portes du monde. Et l’abattage capitaliste, de masse.

Bientôt on se prendra la tête pour savoir si on fait des files de chômeurs musulmans, athées, bouddhistes, juifs.... devant Pôle Emploi.

Si on continue, on se tapera même sur la gueule pour ça,au lieu d’aller chercher les responsables de ce merdier dans leur bureau et d’arrêter ce massacre des licenciements et du chômage.

Belle réussite que ces opérations de diversion / division, en tout cas !

Ceux d’entre nous qui ne se seront pas entretués pour des questions de barbe, de voile, de jeune, d’image...auront encore une chance de se faire exterminer par les firmes comme Monsanto, à moins qu’on finisse par avoir directement la guerre ("propre" ou pas) ici même...

Est-ce que les vers de charogne sont athées ? Mangent-ils cacher ? Mangent-ils hallal, sur le cadavre du énième travailleur qui se sera tiré une balle dans la tête après avoir reçu sa lettre de licenciement ? "Only God knows...."

Je le dis fraternellement ici : camarades, recentrons nous sur l’essentiel !

Les imams et les rabbins.... si je les retrouve dans les manifs pour PSA Aulnay ce midi ça ne me dérange pas le moins du monde de les entendre scander "Tous ensemble, contre les actionnaires" ! Ni Luz et Charb d’ailleurs ! (Mais là, ok, faut pas rêver...)

J’ai même une banderole pour eux : "LES RÉACTIONNAIRES CONTRE LES ACTIONNAIRES" :-D
Allez camarades, on arrête les bêtises. Toutes les bêtises. Le feu est à la maison.

La pauvreté et la misère et leur cortège de monstruosités vont s’abattre encore plus sur ce pays, pas à cause de la religion, pas à cause du TSCG ni de la couleur du slip de François Hollande.... NON, à cause de la bourgeoisie, des capitalistes, des actionnaires, et surtout, A CAUSE DE NOUS , A CAUSE DE NOTRE INACTION, A CAUSE DE NOS DIVISIONS sur des sujets subalternes et accessoires (en tout cas A CE JOUR, POUR L’INSTANT).

Posons les vraies questions.

Par exemple : Céder 75% de GEFCO au russe RZD pour 800 M € va-t-il servir à réduire plan social chez PSA ou cela ira-t-il une fois de plus, uniquement dans la poche des actionnaires ?

Et pour finir je forme un vœu (pieu ? ;))

Si seulement la guerre des classes suscitait autant de passions et de vocations que les guerres de religion !

De cette période tourmentée et sombre pourra éclore le meilleur comme le pire.Je l’avais dit déjà, c’est la nuit, la nuit où tous les chats sont gris... Oui. Mais pour que le meilleur ait une chance d’arriver, il faudrait que l’avant-garde que nous sommes (qu’on le veuille ou pas) arrête d’enculer les mouches électoralistes et divisionnistes et fasse un peu plus son boulot d’éclaireur.

Enfin ... "je dis ça, je dis rien".



Vive la grève, vive la manifestation, vive la révolution et vive le communisme.

mercredi 12 septembre 2012

"Si nous voulons que tout reste comme c’est, il faut que tout change"*

"Si nous voulons que tout reste comme c’est, il faut que tout change"*
(*Tancrède dans "Le Guépard")

Bon, tout le monde ou presque l’aura compris, et assez rapidement, le "changement", finalement, ça ne sera pas "maintenant"...

Ou plus exactement , ceux qui ont cru que le changement en question aurait quelque substance en seront pour leurs frais d’illusions.

Ce changement ce ne sera que l’alternance de serfs du pouvoir , des chevaux frais pour que la bourgeoisie puisse parcourir encore quelques verstes de plus, en somme...

Si peu de substance, donc,oh, à peine de quoi émouvoir deux ou trois bigots indécrottables.

Même le mince espoir apporté sur des dossiers sensibles, en matière de justice, par exemple, sera rapidement estompé.

Quant au mirage incarné par le froufroutant cavalier Montebourg, il s’est définitivement évanoui comme neige fond au soleil avec la parution du rapport Sartorius sur la situation de PSA.

Oh, "miracle" (pour le gouvernement qui a trouvé là de quoi se couvrir ses petites fesses roses et peut ainsi "condamner la méthode" de PSA mais pour mieux entériner la fermeture de l’usine - et la mort des sous -traitants), ce rapport-là sonne le glas de l’usine d’Aulnay, c’est  un énorme doigt d’honneur fait aux 3600 ouvriers du site et au-delà, à l’ensemble de la classe ouvrière, et dresse un portait d’un PSA moribond, au bord du collapsus.

A tous les écouter, ces "socialistes"-là, on imagine déjà ces pauvres héritiers Peugeot sur la paille, en train de faire la manche au coin de leur galetas, sous un pont de Paris - alors que ces salauds d’ouvriers, eux ils se goinfreront comme des cochons avec leurs milliers d’euros d’indemnités...

(Snif, c’est trop triste...mais non, je plaisante...Tiens, à l’heure qu’il est ils sont peut-être en train de prendre le thé à Uccle, chez M. Arnault ?...). 

Alors bon, soit, n’ayons pas la mémoire courte, ne soyons pas mauvais joueurs, sur le coup, ne plus voir et ne plus entendre (ou presque) les Sarkozy, Morano, Lefebvre, Hortefeux etc... ça n’a franchement pas fait de mal.

Je m’en suis rendu compte cet été en m’apercevant que je respirais un peu mieux et que je me sentais beaucoup moins harcelée (c’est aussi parce que je n’écoute presque plus les médias officiels, il faut dire !).

Hélas pour nous, les "impétrants" (comme dirait Arnaud, non pas Arnault, l'autre) "de gauche" (enfin bon, même ça, ça se discute) sont en passe de les remplacer (déjà...).

Le jeune Manuel Valls tient bon la corde dans ce tiercé et s’est déjà distingué à plusieurs reprises depuis sa nomination, notamment au sujet de la "sécurité", ou des Rroms.

Pendant ce temps, la figure désormais traditionnelle de l’opposant en réformisme - vous savez, celui qui vend du concept de "révolution par les urnes" à tour de bras, (et, attention, dans toute l’Europe, si, si !) comme si le 11 septembre 1973 n’avais jamais existé, comme si les bombardements de la Moneda, comme si les doigts de Jara au sol, ensanglantés, dans le stade national ... comme si toutes horreurs de Pinochet soutenues par la CIA et Kissinger n’avaient jamais existé, n’avaient jamais sonné la fin définitive de l’illusion réformiste moderne, - et bien celui-là continue de progresser, grâce aux moyens -matériels, financiers - résiduels d’un parti autrefois communiste, et avec la bienveillante complicité de médias bourgeois qui se paluchent furieusement à chacune de ses sorties tribunitiennes...

De cette progression du Tartuffe (à peine) social-démocrate, l’objectif premier est réussi - et continue de réussir - c’est d’occuper l’espace "à gauche du PS" comme disent les journalistes en politiciennerie, occuper l’espace, occuper le décor, être sur la photo jusqu’à la nausée.

Le message du Capital est archi-clair : "Or les urnes, il n’y a rien à faire, et il n’existe rien d’autre, bonnes gens , que le réformisme hystéro-histrionique d’une excroissance de la Gauche socialiste mâtinée de néo-stalinistes dégénérés, ou le Front National."

Rompez les rangs.

A ce sujet plus particulier de ce que j’appellerais "la confusion démobilisatrice" (volontairement propagée pour certains, involontairement contributive pour d’autres) et sans faire d’amalgame entre ces uns et ces autres, certains de mes bons amis et camarades ici et là me pardonneront, je l’espère, de ne pas partager leur engouement ni leur enthousiasme - ni leur combat- relativement à la "lutte" envisagée contre le "TSCG" ( traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance) européen.

Je crois d’abord , avec le recul de l’expérience de 2004/2005, qu’à supposer que cette "lutte"-là soit utile à la lutte de classe que doit mener le prolétariat sur les lieux d’exploitation, on ne lutte pas contre un traité européen avec un référendum.

C’est un acte vain. Une perte de temps. A fortiori quand on peut déjà dire de façon sûre que ce référendum n’existera pas.

La façon dont notre "NON" de 2005 a été piétiné en 2008 "en deux coups de cuiller à pot", (à confiture) si je puis dire, devrait quand même nous inciter à réfléchir...

La bourgeoisie se fout complètement des soubresauts nationalistes, souverainistes (qui ne l’intéressent que pour diviser telle ou telle fraction locale du prolétariat), elle se torche d’un NON de papier et ne peut respecter que le NON qui monte des usines occupées, des travailleurs en grève, des dépôts de carburant bloqués, des universités arrêtées et des banques réquisitionnées....

C’est peu dire que, contrairement à ce qu’avait été mon engagement en 2004-2005 pour le "Non", je ne partagerai donc pas cette fois tout ce qu’implique une campagne sérieuse pour un référendum que nous aurions une chance raisonnable d’obtenir de haute lutte.

Cela ne signifie nullement que j’aie renié ce qui est ma conviction profonde depuis l’origine, et a fortiori depuis Maastricht , que cette construction européenne-là est mauvaise, diabolique, qu’elle est à combattre, qu’elle est, (nous en avons la preuve chaque jour), inacceptable pour les travailleurs, et plus généralement, tous les exploités.

Cela ne signifie pas non plus que je pense bien sûr qu’un tel traité doive être adopté, ni qu’il ne faut rien en dire, ou taire ses critiques ! Certes non.

Je crois que c’est la méthode à l’opposition qui est mauvaise. (Elle est tellement foireuse que c’est celle que le Tartuffe en chef a choisie...c’est dire si, de mon point de vue, il faut la questionner, cette méthode - même si je sais bien qu’il peut avoir raison quand il dit que l’eau mouille et que le feu brûle !). Mais nous en reparlerons ailleurs, une autre fois,plus en détail, je développerai ma position, le cas échéant, sur le sujet TSCG.

Ici, en résumé je dirais : ne perdons pas notre temps dans ce genre de bataille contre des moulins à vent. Nous avons vu ce qu’il en coûtait pour mobiliser et le résultat à moyen terme...

Nous le savons, obtenir gain de cause (soyons fous !) sur le TSCG n’empêchera nullement la bourgeoisie de fermer Aulnay.

C’est évidemment une figure que de présenter les choses ainsi ("le TSCG vs Aulnay"), mais enfin, c’est une façon de dire que nous ne nous dédouanerons pas de mener la lutte de classe au sein de appareil de production,au cœur même des rapports entre les forces productives et que, "bordel", il va quand même falloir choisir un camp, ou plutôt (le camp étant déjà choisi pour la majorité d’entre nous, militants communistes, où que nous nous situions précisément) un cap, et s’y tenir, fermement, pour construire un mouvement.

Bien sûr, j’ai conscience que le choix de la direction à prendre implique également une certaine analyse et une certaine vision de la société actuelle, des rapports de(s) force(s) du moment, et qu’on ne peut pas régler cette question-là en deux lignes dans un tel articulet.

Sans doute en tout cas que les clivages et les contradictions vont aller s’aiguisant, nous ne sommes pas dupes. Je sais qu’il y a des amis (qui sont aussi des militants communistes) avec lesquels peut être bientôt, nous ne partagerons plus l’essentiel sur le choix stratégique, ou tactique...J’espère que cela n’altérera pas les amitiés. Amitiés précieuses en temps de crise(s). Et que nous (tous et toutes) saurons gérer les inévitables difficultés que créeront telle ou telle prise de position chez tel ou tel.

Traité ou pas, légalité ou pas, la bourgeoisie s’en fout. Voilà comment je conclurai ici. Si elle peut le signer, rapidement, ce traité, elle aimera autant, mais finalement,ça ne passe pas, ce n’est pas si grave. Pour elle.
Pour nous en revanche, que de temps perdu. Alors qu’il y a le feu dans notre maison.

Si c’est son intérêt qui est en cause (et comme cela l’est) la bourgeoisie, nous le savons, se fout totalement de "tout ça".

Les commémorations du 11 septembre (de 1973 à 2001) doivent nous tenir éveillés, et nous faire réfléchir. Encore, toujours. Ce qui se passe réellement (pas les délires propagandistes de partis groupusculisés) en Grèce ou au Portugal, ou en Espagne, cela aussi doit nous faire réfléchir.

Or, c’est là, au plus difficile, que nous devons nous préparer, car, comme le dit le célèbre roman de RR Martin, "Winter is coming - l’hiver vient".

Pour cela, il me semble assez clair désormais que nous ne pouvons compter quasiment que sur nous-mêmes, tels que nous existons aujourd’hui. Il faut faire avec cet état de fait. Mais il faut faire.

Bien fraternellement à tous et toutes, que nos luttes s’embrasent, flamboient et se propagent dans toute l’Europe

mercredi 4 juillet 2012

Sur la soi-disant "niche fiscale" du crédit d'impôt du particulier employeur....

Des GIFLES aux imbéciles du PS qui parlent de "niches fiscales" relativement  aux déductions d'impôts pour l'embauche d'un salarié à domicile.

1° En grande majorité, les particuliers n'emploient pas une garde d'enfant à domicile pour le plaisir

2° Ils font ainsi face à l'extrême pénurie et désorganisation du service public lié à la petite enfance

3°On objecte que "cela coûte 6.5 milliards d'euros à l'Etat", je réponds que l'Etat n'a de subsides que ce que nous lui versons notamment (impôts, TVA etc) donc ce que ça coûte à l'Etat c'est ce que ça nous coûte à NOUS - ce crédit d'impôt est donc en partie auto-financé 

4° On m'objecte encore que les gros groupes du nettoyage sont ceux qui profitent majoritairement de cette soi-disant "niche" (je suis surprise par le raisonnement et à mon avis on parle d'autre chose car le crédit me semble réservé aux particuliers, punto) et que ces salariés-là sont précaires et très mal payés (je le sais bien pour avoir souvent travaillé ou consulté pour la CGT dans le nettoyage ou suivi des conflits dans cette branche) : il est évident que la solution ne réside pas dans la pénalisation des particuliers mais bien dans la lutte contre les gros groupes employeurs qui revendent ensuite les services de ces ultra-précaires (souvent doublement exploités parce que immigrés et femmes). 

Donc résumons la BONNE IDÉE DU PS sur la suppression de l'atroce "niche fiscale" du particulier employeur:  

Nos impôts, notre travail et notre consommation financent en grande partie une réduction fiscale liée à l'acquisition d'un service rendu quasi obligatoire du fait d'un déficit flagrant de service public ( petite enfance, aide aux vieux et aux malades à domicile...). 

Je vais désormais devoir non seulement financer seule sans aucune aide l'emploi de la personne qui garde ma fille depuis des années, MAIS en revanche le pognon de mes impôts continuera à financer les actionnaires de l'automobile qui licencient ET les banques qui nous tondent et nous foutent dans la merde?

 J'ajoute que pendant ce temps, nombre de particuliers vont devoir licencier la personne qu'ils embauchaient (super pour elle) OU travailler moins (donc, gagner moins - etc ) et qu'il y a toutes les chances du monde que ça tombe d'abord sur les femmes, ce qui sera VRAIMENT une SUPERBE réussite !!! 

Alors oui BRAVO LE PS encore une idée de génie pour faire semblant d'être social sans abîmer le GRAND CAPITAL! 


#particulieremployeur #PS #Ayrault #fiscalité #lutte

jeudi 30 juin 2011

Le Collectif BELLACIAO apporte son plein et entier soutien au peuple grec actuellement en lutte pour sa souveraineté et son avenir

Le combat mené progressivement en Grèce depuis plusieurs années, un combat qui grossit de mois en mois, comme une vague, malgré des moments de relative accalmie et de semblant de reflux, est un combat qui nous concerne toutes et tous.

Non seulement du point de vue de la solidarité avec les exploités Grecs, mais encore, en solidarité avec tous les exploités d’Europe , y compris dans notre pays ! Car cette soi-disant "crise de la dette grecque" a déjà et aura encore des impacts violents et profonds au-delà des frontières hellènes.

Face au FMI, à la BCE, à l’Union Européenne, aux banques mais également, face à des élites corrompues, face à un gouvernement traître à son pays, (dont les membres sont adhérents à l’Internationale Socialiste), face à des multinationales rapaces, le peuple grec mène actuellement un combat d’une importance capitale, qui concerne tous les travailleurs, citoyens et contribuables d’Europe.


En effet, contraint par un Parlement félon de se voir imposer un plan dit "d’austérité", interdit d’annuler une dette inique ou d’envisager de faire faillite, par exemple, tout cela afin de préserver une monnaie unique, l’Euro, dont on pouvait bien prédire vers quelle type de catastrophe elle risquait de nous emmener à court terme (car c’était l’alliance de la carpe et du lapin, de tant d’économies disparates), le peuple grec, qui subit depuis plusieurs années l’onde de choc de la construction européenne à marche forcée sous domination des bourgeoisies franco-allemande et américaine, est entré en lutte contre un État qui a été définitivement verrouillé par une bande de flibustiers, pour servir le Capital et l’impérialisme.

Ce "plan" n’est en réalité qu’une énorme et massive extorsion de fonds organisée au profit des banques qui détiennent la "dette grecque", dette grecque que les mêmes banques ont largement et majoritairement contribué à créer avec l’aval sinon le soutien actif des institutions économiques européennes et mondiales !

Honteusement accusé par la Chancelière Merkel (et d’autres) d’être un peuple de "fainéants" et de "profiteurs" des "largesses" d’une l’Union européenne soi-disant protectrice et généreuse, proposés à la face du monde comme exemple de ce que "l’Etat-providence" serait, soi-disant un échec, le peuple grec est pris dans les filets de la mondialisation et doit s’en sortir à toute force, maintenant ou jamais.

Présentée il y a encore quelques mois par les médias européens comme une lutte d’arrière-garde qui n’aurait été le fait que de bandes de "jeunes anarchistes", la réalité que montrent photos, vidéos, témoignages... est tout autre.

L’histoire qui se déroule actuellement, c’est celle d’un peuple qui se soulève progressivement contre ses exploiteurs, contre ses dirigeants, contre ses élites, quelle que soit leur "coloration" politique, contre un système tout entier, ce, quels que soient l’âge, l’opinion, la religion, la situation des manifestants.

Un peuple pacifique mais lucide et courageux, un peuple de la mer, de la montagne, et des villes, qui prend conscience de ce qui est réellement en train de lui arriver, et qui a compris que ses élites et ses dirigeants ont tout fait, à droite comme à gauche, pour lui cacher le plus longtemps possible l’abîme vers lequel ils l’avaient dirigé.

Le peuple grec est confronté à la réalité crue du système capitaliste dans un contexte impérialiste en pleine expansion, et en phase de renouveau agressif . Il est confronté à la réalité des transformations de "l’Etat de Droit", de la Politique, amenées par le déploiement et l"enracinement de l’économie impérialiste sous domination américaine au plus profond des économies européennes.

Un syndicaliste anglais du 19ème siècle, Th. Dunning, rappelait cette loi d’airain, qui se vérifie de tous temps, y compris en Grèce actuellement :

"Le capital a horreur de l’absence de
profit ou des très petits profits comme la nature a horreur du vide. Quand le profit est adéquat, le capital devient audacieux. Garantissez-lui dix pour cent, et on pourra l’employer partout ; à vingt pour cent, il s’anime, à cinquante pour cent, il devient carrément téméraire ; à cent pour cent il foulera aux pieds toutes les lois humaines ; à trois cents pour cent, il n’est pas de crime qu’il n’osera commettre, même s’il encourt la potence. Si le tumulte et les conflits rapportent du profit, il les encouragera l’un et l’autre. La preuve : la contrebande et la traite des esclaves."

Car ce ne sera certes pas "l’austérité" pour tout le monde !

La situation en Grèce révèle également, si besoin était, le vrai visage d’une Union européenne créée par les démocrates-chrétiens, les libéraux et les "socialistes" avec le soutien (politique et financier) des Etats-Unis pour les banques, comme instrument de lutte de classe au service du capitalisme américain et surtout, CONTRE LES PEUPLES.

Porteuse de possibilités révolutionnaires de plus en plus manifestes à l’échelle européenne, la situation grecque et le combat des grecs ne peut qu’appeler naturellement et spontanément une réponse et un soutien sans faille au-delà des frontières, de tous les communistes et de tous les progressistes.

Le Collectif BELLACIAO relève le silence complice de la Confédération Européenne des Syndicats, confédération de paille qui n’a même pas UN MOT pour ses homologues grecs.

Le Collectif BELLACIAO s’interroge sur le fait qu’à l’aube de la mascarade de l’élection présidentielle de 2012, les partis situés à la gauche de l’UMP en France n’aient pas encore organisé à ce jour, fin de la 48ème heure de grève générale massive, jour du vote au Parlement, alors que la milice d’Etat s’emploie à casser des manifestants pacifiques avec une brutalité inouïe, une mobilisation populaire et durable en soutien au peuple grec.

Nous invitons donc d’abord tous les militants progressistes, membres de partis, syndicats et associations de gauche et d’extrême-gauche à alerter leurs dirigeants locaux et nationaux sur cet état de fait intolérable et à réclamer d’urgence l’organisation d’une mobilisation de soutien réelle, populaire, politique, et qui réponde à d’autres objectifs que des objectifs électoralistes.

La solidarité internationale des exploités dans la lutte des classes est la base du mouvement communiste.

Il est intolérable (mais très révélateur , et nous ne sommes pas surpris) qu’aucune condamnation formelle du gouvernement Papandréou et de la majorité "socialistes" au Parlement grec n’ait été entendue à ce jour dans notre pays en provenance du PS et ses alliés habituels, alors même, qu’une fois encore, c’est la France qui fournit au FMI sa nouvelle directrice et que les premiers mots de celle-ci sur la Grèce ont été de réclamer "l’unité nationale" dont on sait ce qu’elle signifie !

Il faudra questionner sévèrement ces "socialistes"-là et ceux qui s’allieront avec eux sans mot dire, et ce quel que soit le motif de l’alliance ("battre la droite - battre Sarkozy") !

A fortiori quand Sarkozy et son gouvernement, bons élèves de l’impérialisme, s’apprêtent à nous enfoncer à notre tour dans plus de dette avec leur "grand emprunt", tout en voulant faire inscrire la rigueur budgétaire et le contrôle des déficits dans notre constitution et en accordant toujours plus de largesses fiscales aux possédants et aux riches ! Cette "dette" qu’ils utiliseront ensuite contre nous quand nous voudrons dire STOP.

Attention : QUI NE DIT MOT CONSENT.

Pouvons-nous consentir à ce que subit le peuple grec ? NON.

L’État français et l’État allemand, avec la complicité active d’autres États, qui appartiennent désormais pleinement directement (par les dettes, notamment) et indirectement (par la corruption des élites, par exemple) à la bourgeoisie, aux multinationales et aux banques ( s’il y a supra-nationalité réelle , elle est belle et bien là ), sont littéralement entrés en guerre contre le peuple grec.

Bientôt, cela sera le tour des Espagnols, des Irlandais, des Italiens, et dans quelques temps aussi, du peuple de la France.

Il faut donc le dire haut et fort :

PAS EN NOTRE NOM !
NOT IN OUR NAME !

Faut-il attendre de voir ressortir de son marais l’hydre de la révolution fasciste, comme dans les années trente (auxquelles les années 2000 ressemblent de plus en plus furieusement) ? Non, il ne faut pas attendre ; quand les fascistes seront pleinement de retour, il sera trop tard.

Il faut s’organiser et organiser la résistance et le soutien aux révoltes de libération dès à présent.

Ce qui justifie d’autant plus le soutien immédiat, par tous moyens, au peuple grec.


2012 n’est qu’une date du calendrier dans l’organisation et la construction de la résistance face à ce qui nous attend tous, partout en Europe, et rien de plus (sinon une tartufferie destinée, encore, à tromper et à endormir le peuple sur la réalité de son avenir).

Ne nous laissons pas piéger par le miroir aux alouettes de la présidentielle et ne nous détournons pas des luttes réelles.

θάρρος και δύναμη στους Έλληνες !

(Courage et force pour les Grecs)

mercredi 23 février 2011

Les classes sociales en France aujourd’hui, les partis politiques et l’avenir du "mouvement" communiste

Un texte un peu long, qui m'a pris plusieurs jours et nuits de rédaction, (que j'ai mis aussi en pièce attachée pour celles et ceux qui préfèrent imprimer et lire plutôt que de lire sur un écran), mais assez aéré je pense, pour faciliter la lecture. Pour celles et ceux qui veulent, à débattre, à critiquer, ouvert aux suggestions, naturellement! publié aussi dans les lieux habituels.

Elodie



Les classes sociales en France aujourd’hui, les partis politiques et l’avenir du "mouvement" communiste



1. On ne parlera pas ici de "2012", de "droite" et de "gauche" ni de "sarkozysme", ou alors pas sans aborder la question de la représentation des classes et de la défense de leurs intérêts

Je préviens d’emblée celles et ceux qui voudraient me voir aborder la question de la présidentielle et des législatives de 2012 sur le mode convenu et électoraliste de passer leur chemin, ils ne trouveront pas cela dans ce papier.

Ils y trouveront en revanche peut être des pistes de réflexions, qui, éventuellement, pourront leur être utiles pour réfléchir à ce sujet, mais pas plus, car, si on ne peut pas complètement négliger la question de "2012", l’essentiel est bien ailleurs.

Car ce qui est certain , c’est qu’aborder le sujet de 2012 sans se poser la question de la représentation éventuelle du peuple, dans toute sa diversité sociale et culturelle, et donc, des classes sociales dont sont issues les votants (et les abstentionnistes ou non inscrits), et de la défense des intérêts des unes et des autres ne peut que mener à une impasse politique.

Loin de continuer à accréditer la fiction (au sens quasi-juridique du terme) d’une division de la vie politique entre "droite" et "gauche", au contraire, il nous faut, toutes et tous, faire les efforts nécessaires pour situer clairement les enjeux politiques actuels.

"Droite" et "gauche", je le dis depuis plusieurs années maintenant, ne sont plus (s’ils l’ont jamais été ) des critères pertinents pour déterminer un quelconque choix politique.

En effet, si la ligne de fracture de la société passe par l’exploitation de l’homme et la propriété du capital, et l’extorsion, au besoin armée (on le voit en Libye ou ailleurs) de toute plus-value, alors on sait qu’il y a "à gauche" de plus en plus de partis et de figures politiques qui ne remettent plus ces lignes de fractures en cause, ni de près ni de loin.

D’autres qui font semblant d’y apporter des "corrections" (tout en refusant de se positionner clairement par rapport au capitalisme).

Si l’on en reste au clivage "droite/gauche", qui est désormais presque exclusivement fondé sur des "valeurs" qu’on pourrait souvent qualifier de "droits-de-l’hommistes", on fait le lit du marais démocrate-chrétien, marais dont on doit bien constater qu’il permet la jonction de certaines fractions de "gauche" et de "droite".

La question du "vote anti-sarkozy" ne sera pas abordée non plus ici (je m’en suis déjà expliquée dans d’autres articles, le "sarkozysme" n’existe pas, c’est un cache-sexe pour "la gauche" justement et si notre objectif est seulement de "bouter Sarkozy" hors du gouvernement de ce pays, nous prenons plusieurs risques politiques conséquents).

Je ne dis évidemment pas non plus qu’il faut que cet individu soit maintenu au pouvoir. Je dis que la façon dont nous allons le chasser lui et les siens, et tous ceux de son espèce, représentants politiques directs du Capital, n’est pas anodine, est déterminante même, pour l’avenir et ne se fera certainement pas dans les urnes, et peut être même pas en 2012 d’ailleurs.

Ceux qui ne veulent pas voir cela, ou qui le voient mais jettent dessus un voile, "à gauche", se préparent des lumbagos terribles pour cause de contorsions foireuses d’entre-deux tours...On ne leur apportera pas la pommade!

In fine, ce petit article va donc plutôt traiter du renouveau de l’organisation des communistes, communistes qui, comme nous le savons ne sont évidemment pas "de droite" mais ne sont pas non plus "de gauche", puisqu’ils sont "communistes" et que cela dit tout (ce qui n’empêche nullement certaines alliances avec certains groupes ou partis à certaines occasions, sur certains sujets, le cas échéant, qui se réclameraient de "la gauche").

2. De quoi le gouvernement actuel est-il l’expression en termes de lutte de classe?

Voilà à dire vrai, la question qui me semble préférable à celle de savoir de quoi Sarkozy pourrait être le nom. (Cela me démangeait un peu).

Le gouvernement actuel est l’expression politique d’une alliance de la petite bourgeoisie exploitante et de la bourgeoisie, ou plus exactement d’une fraction de la bourgeoisie particulière qui est à la fois financière et compradore (les deux vont souvent ensemble ces dernières décennies), c’est à dire dont les acteurs tirent principalement leurs plus-values de la financiarisation et (alternativement ou cumulativement) de la vente des actifs " de l’Etat français" à l’impérialisme américain.

On pourrait les comparer d’une certaine manière, à des ferrailleurs, qui désossent les voitures et les revendent au poids du métal ou du plastique...

C’est une alliance étonnante et hautement contradictoire, car c’est en quelque sorte l’alliance du parasite et du parasité, puisque cette fraction de la bourgeoisie ne peut tirer ses profits que de la soumission et de la paupérisation de la petite-bourgeoisie exploitante qui est elle nécessairement "locale " et "nationale" et qui a tout intérêt à maintenir une forme de fordisme dans son exploitation (alors que la fraction de la bourgeoisie que représente cette ligne de l’UMP a tout intérêt à éradiquer jusqu’au fordisme lui-même).

C’est donc, en termes de lutte de classe, une alliance potentiellement explosive. Mais qui pour l’instant fonctionne car elle est faite "sur la peau" des exploités (et que ceux -ci ne sont ni représentés ni organisés).

On peut l’appeler "gouvernement de droite" si c’est ce que "la droite" recouvre comme réalité sociale ("la gauche" recouvrant alors l’alliance de la petite-bourgeoisie exploitante et de la petite-bourgeoisie exploitée, soutenue par une fraction du prolétariat).

Mais notons que l’expression "droite" ou "gauche" ne dit absolument rien de l’hégémonie dans l’union (or la détermination de la position hégémonique est fondamentale)....

La petite bourgeoisie exploitante a été portée là par la bourgeoisie, notamment par une fraction de celle-ci, qui voyait en elle le moyen d’obtenir le consentement populaire de la petite bourgeoisie exploitée et d’une partie du prolétariat susceptibles, pour des raisons économiques, sociales et culturelles, de venir en appui à des intérêts bourgeois.

Soit directement en adoptant volontairement des positions de classe bourgeoises (discours policier, sécuritaire, raciste et individualiste), soit indirectement en prenant pour argent comptant les pseudos-positions politiques de classe de la bourgeoisie vis-à-vis du prolétariat (l’OPA de Sarkozy sur une partie du prolétariat et sa tentative de récupération de la classe ouvrière, par exemple -tentative qui évidemment allait majoritairement échouer mais n’a été faite que pour convaincre la partie de la petite-bourgeoisie qui assumait son alliance avec les plus exploités du prolétariat).

C’est comme cela que l’on fabrique une majorité, c’est en liant par des positions politiques des classes sociales qui n’ont finalement que des intérêts mineurs et sporadiques en commun (voire qui auraient surtout des intérêts à long terme divergents!).

Mais ce que la bourgeoisie sait, et met en œuvre actuellement avec brio, c’est que si la majorité politique (pour eux principalement, mais aussi pour nous) est nécessairement composite et faite d’alliances avec des classes ou des sous-couches qui ont fondamentalement des intérêts communs restreints, voire divergents, ce pour quoi elle doit justement batailler ferme, c’est pour assurer son hégémonie dans cet assemblage hétéroclite.

Seule compte l’hégémonie dans l’assemblage. C’est le tour de force presque toujours renouvelé des capitalistes que de parvenir à être hégémoniques tout en étant strictement minoritaires, et ô combien minoritaires dans la société.

A ce titre et plus que jamais on peut dire actuellement que la bourgeoisie est une classe sociale numériquement archi-minoritaire, et relativement divisée, mais politiquement archi-hégémonique et capable d’alliances objectives.

Il y a travail de la bourgeoisie pour être hégémonique, et il y a consentement d’une grande majorité de la petite bourgeoisie et d’une fraction du prolétariat à cette hégémonie bourgeoise.

La question est de savoir comment la bourgeoisie parvient à cette hégémonie (et donc, corrélativement, au consentement des "autres" à cette hégémonie) tout en étant si strictement minoritaire.

Bien sûr, il y a la propagande, l’idéologie...on ne va pas revenir là-dessus ce soir car ce sont finalement les aspects les plus simples à comprendre et les plus saillants de la mise au pas, mais cela suffit-il?

Non. Le déterminant, ce sont tes conditions de vie immédiates, à toi et ta famille, tes amis, "l’essentiel" est dans ce que tu manges, ce que tu touches, ce que tu vois, ce que tu possèdes. Et tout cela, ce ne sont pas des "idées", MAIS CEPENDANT, c’est "la bataille des idées" qui y amène.

Sauf que pour eux, c’est un "acquis", pour nous, c’est un "à prendre" .

Plusieurs moyens, pour les capitalistes d’assurer matériellement leur hégémonie idéologique sur la petite bourgeoisie exploitante (et une partie de la petite-bourgeoisie exploitée).

En transférant la gestion, la "location", pourrait-on dire, d’une partie du Capital (dont les capitalistes restent propriétaires in fine, bien évidemment) à toute une partie de la petite-bourgeoisie, que ce soit directement par l’attribution d’actions, de parts sociales, de titres, de rentes.., que ce soit indirectement par la possibilité que la bourgeoisie leur offre de "commander" en son nom et d’être rétribué pour ce faire ; au niveau national ou local.

Directement aussi en faisant dépendre du maintien d’une forme de "capitalisme régional" la survie de ces mêmes petits-bourgeois exploitants. L’avocat d’affaires "provincial" qui ne sera plus rien, à terme, si Airbus se tirait de Toulouse, entraînant avec soi la grande majorité des PME du secteur. C’est le cas du "petit capital parasitaire du gros". Et ce n’est pas peu encore dans ce pays.

La petite-bourgeoisie exploitante assumant quant à elle une forme de contrôle de la petite-bourgeoisie exploitée et d’une fraction particulière du prolétariat (la "classe moyenne").

C’est par ce système de contrôles-gigognes, exactement comme dans les sociétés capitalistes où l’on peut contrôler 100% d’une "société petite-fille" avec seulement 20 % des parts de la "société mère", que fonctionnent les relais hégémoniques du Capital.

3. La question de l’hégémonie des communistes dans le prolétariat en cas d’alliance nécessaire, et ponctuelle, d’intérêts de classe différents

Le prolétariat, et parmi lui toute la fraction du prolétariat qui lutte plus ou moins consciemment contre le capitalisme, parfois avec les mauvaises armes, n’a pas de prébendes à offrir à la majorité de la petite-bourgeoisie.

Ou plus exactement devrais-je dire, exception faite de la partie du prolétariat qui était consciemment organisée dans le PCF et dont les castes dirigeantes successives ont permis à la petite-bourgeoisie (incarnée, notamment, mais pas seulement, dans le Parti socialiste), ces 40 dernières années, "d’union de la gauche" et "de programme commun" en "gauche plurielle", d’acquérir la plupart des "fiefs électoraux", seules "prébendes" dont cette image du prolétariat ait jamais pu se targuer.

Qu’y avait il d’autre à "offrir", me dit-on sans cesse, (puisque l’idéalisme est à bannir, que seul compte le matérialisme sauce stalinienne). "Nous avons troqué ce que nous avons pu dans les limites raisonnables pour juguler notre perte d’hégémonie".

Mais, surprise, cela ne "fonctionne" pas! La seule chose qui fonctionne avec cette méthode, c’est la descente aux enfers du PCF entant que tel.

Personne ne se demande plus d’où est venue cette "perte d’hégémonie".

Beaucoup considèrent que c’est une affaire réglée par l’explication de "l’effondrement de l’URSS".

Bien-sûr que l’effondrement de l’URSS a porté un coup dur (mais, je pense, surestimé, et surestimé à dessein) à l’hégémonie d’une partie du prolétariat (identifié dans le PCF et la CGT) sur le mouvement d’alliance avec d’autres fractions de la "classe populaire".

Mais est-ce l’explication déterminante?

Non.

Il faut tenter une autre analyse, une autre explication. Je la tente brièvement, sans prétendre qu’elle est juste, et encore moins qu’elle est la seule juste!

3.1. Détour par les 40 dernières années du PCF à nos jours

Le PCF, qu’on le déplore ou pas, là n’est pas la question, était "LE" Parti communiste pendant plusieurs décennies, au point d’être vu, à ses débuts comme le seul parti des communistes dans ce pays. On disait d’ailleurs simplement "Je suis membre du Parti" et tout le monde savait de quel parti vous parliez.

Cette perte d’hégémonie est directement liée à l’état de la lutte des classes en France reproduite (c’est bien normal) DANS le PCF .

Elle est malheureusement venue, non seulement d’un écroulement numérique de la classe ouvrière stricto sensu du fait des délocalisations et désindustrialisations (c’est ennuyeux pour un parti devenu "ouvriériste au sens le plus répugnant du terme), alliée, il faut le dire, à l"embourgeoisement" d’une partie de celle-ci (embourgeoisement par différents moyens dont les moindres n’étaient pas l’appartenance à l’encadrement syndical ou partisan, ou au"communisme municipal"), mais aussi de la difficulté, sinon du refus (ou carrément de la fermeture) de s’ouvrir au prolétariat exploité non-ouvrier, ainsi qu’à une partie de la petite-bourgeoisie exploitée, alors que dans un mouvement presque "naturel" (du point de vue des intérêts matériels cette fois) la partie de la classe ouvrière embourgeoisée qui restait au PCF (et en moindre mesure, dans la CGT), celle-ci a tendu vers des alliances avec la petite-bourgeoisie exploitante.

C’est ainsi que débutait dans les années 80 une réelle période de collaboration de classe entre une fraction du prolétariat et une fraction de la bourgeoisie.

Le PCF agonise donc d’un dommage collatéral de la lutte des classes, c’est à dire de la partie que le prolétariat le plus exploité a perdue contre le prolétariat le moins exploité dans ce parti.

Toute cette partie de la population méprisée ou méconnue et crainte par les nouveaux maîtres du PCF.

Les héritiers d’une partie de la classe ouvrière et une minorité du prolétariat non-ouvrier devenus ouvriéristes, qui ont vu dans la naissance du "prolétariat moderne" (les femmes, les immigrés et les jeunes - notamment ceux issus de l’immigration et/ou rejetons directs d’ouvriers qui ne voulaient pas l’être - qui devenaient employés de bureau, secrétaires, coursiers, balayeurs, manutentionnaires, vendeurs, caissières, serveurs, institueurs...) la contestation possible de leur hégémonie politique DANS l’appareil du PCF si jamais les portes leur étaient ouvertes. Et qui ont défendu (et défendent encore) leurs intérêts de caste au lieu de leurs intérêts de classe.

Bien-sûr pour nombre de militants de bonne foi au PCF, cela n’a pas forcément sauté aux yeux et cela se fit même grâce à eux mais pas forcément selon leur volonté directe.

Car le drame, c’est que cette partie de la "classe ouvrière embourgeoisée" était minoritaire dans le prolétariat, bien-sur, mais aussi dans la classe ouvrière elle-même qui elle, ne voulait pas de ce sectarisme et qui se foutait totalement des luttes de pouvoir internes au PCF. Elle s’est donc spontanément dirigée soit vers le RPR (par affection patriotique et mythlogique envers de Gaulle et celui que l’on pensait être son héritier, Chirac) soit vers le PS, mais aussi déjà, vers l’abstention.

Bon nombre d’ouvriers alors n’ont pas compris comment et pourquoi le PCF ne parvenait pas à assimiler les nouveaux développements de la société du travail dans sa composition.

Pourquoi les travailleurs immigrés étaient considérés comme des ennemis de "la classe ouvrière française" par certains membres dirigeants du PCF ; pourquoi les jeunes et les femmes n’avaient pas plus de représentants dans ce parti, et pourquoi, quand ils avaient des représentants, ceux-ci étaient incapables de discours d’émancipation du sous-groupe qu’ils représentaient.

Mai 68 aura été lé dernier message que le prolétariat moderne adressa au PCF.

La perte d’hégémonie vient aussi naturellement de la perte de travail créatif idéologique, de l’absence de projet politique (remplacé par des "programmes"), de la négation du besoin de rêver, d’espérer, de se projeter dans l’avenir, de la part de ceux-là mêmes qui devaient le faire absolument.

3.2 Sur quelques tentatives politiques récentes

La suite on la connaît, la classe ouvrière aujourd’hui constitue l’immense majorité de l’abstention aux élections quelles qu’elles soient, mais tragiquement, aussi (pour l’instant en tout cas), elle connait une abstention de la vie politique même, contrairement au mythe complaisamment rapporté à "droite" et "à gauche" qui veut qu’elle se soit majoritairement tournée vers les forces néo-fascistes.

A ce triste sort politique (et social) de la classe ouvrière s’ajoute aujourd’hui, 30 ans plus tard, celui d’une grande partie du prolétariat non-ouvrier et de la petite-bourgeoisie exploitée, en voie de dépolitisation pour une part, ou de reprise en main par les représentants de la démocratie-chrétienne en France, après l’échec de la social-démocratie incarnée dans le PS et la CFDT , SOS-racismes, ou autres, d’autre part.

De ce point de vue, il est évident que tant le PCF que le PS sont des forces politiques à bout de course et en voie d’extinction à moyen voire à court terme.

L’histoire ne repasse pas deux fois les plats et à moins d’être idiots, le prolétariat et la petite-bourgeoisie exploitée ne s’investiront plus politiquement dans aucun de ces partis. "Chat échaudé craint l’eau froide".

La question du renouveau de l’organisation communiste (et révolutionnaire) est donc plus que jamais au cœur de la question (sauf si l’on s’assoit sur son cul en se disant "tout est foutu", la tête entre ses mains), et ce qui est au coeur de cette réorganisation, ce sont les rapports que peuvent et doivent entretenir cette fraction du prolétariat (ouvrier et non-ouvrier) et de la petite-bourgeoisie exploitée, au-delà des éventuelles différences de revenus, de nationalités, et de cultures (au sens large) entre certains de leurs sous-groupes.

Comment pouvons-nous créer du lien entre ces diverses classes et sous-groupes sociaux et comment pouvons-nous entraîner une force en mouvement, en travaillant à y construire notre hégémonie, nous qui n’avons aucune de ces prébendes que les capitalistes ont à offrir directement ou indirectement? Et dans le "comment" posé de la sorte, il n’y a pas que la question du moyen qui est posée (car non "tous les moyens ne sont pas bons") mais celle du contenu qui à la fois construit et utilise le moyen.

* Le NPA a été une tentative intéressante de ce point de vue.

Je ne suis pas devin pour dire si cette tentative a échouée ou pas, car il faudrait être un peu prétentieux pour dire que l’histoire du NPA est finie. Je dis "il a été une tentative" car pour l’instant, cette tentative me semble en panne, pour le moins. Non pas du tout par "sectarisme" ou "personnalisation", comme se complaisent à dire certains, mais justement parce que le NPA paie son erreur fondatrice d’avoir laissé entrer des ennemis manifestes de toute tentative d’émancipation des exploités quels qu’ils soient.

Des ennemis qui ne veulent pas de l’organisation réelle des exploités du prolétariat et de la petite-bourgeoisie, et qui veulent encore moins de leur coalition, parce que cela signifierait la perte de leurs positions sociales, ces positions qu’ils détiennent indirectement de la bourgeoisie et de la petite-bourgeoisie exploitante.

Le NPA vit donc actuellement un épisode de lutte de classes politiques en son sein. Épisode dont il n’est pas parvenu à se prémunir, mais dont il aurait pu se prémunir dès l’origine en "triant" ses adhérents (on peut le faire et ce n’est pas choquant si ce tri consiste à pouvoir évacuer les forces qui ne veulent manifestement entrer que pour vous tuer), en refusant le mythe du "droit de courant organisé et constitué" qui est le contraire de la démocratie prolétarienne, et en s’ouvrant, non à des forces coalisées dès l’origine contre lui, mais à tous les prolétaires et petits-bourgeois exploités qui souhaitaient le rejoindre de bonne foi (ce qu’il avait la possibilité de faire par son assise syndicale et paar la popularité dont jouissait son leader d’alors, Olivier Besancenot).

Car le NPA a permis de créer au moins une nouveauté politique réelle dont il faut lui être reconnaissant.Je veux parler de la candidature d’Ilham Moussaid. Cette candidature qui a fait grimper aux rideaux des gens comme Mélenchon ou Chevènement, mais aussi, une fraction du NPA, et qui était pourtant un acte formidable et un souffle d’air frais dans la pratique politique de ce pays.

Les forces réactionnaires qui ont gueulé contre cela dans le NPA jusqu’à créer une crispation énorme qui a abouti à une décision dommageable de reprise en main centralisatrice grossière (mais inévitable) quelles sont-elles? Où sont-elles et d’où viennent-elles? Sont-elles toujours là ou ont-elles quitté ce parti?

Cela, il serait extrêmement intéressant de le savoir pour pouvoir envisager l’avenir du NPA à court terme. Si ce noyau purulent de petite-bourgeoisie réactionnaire bien-pensante est resté dans le NPA et a conquis davantage de positions, c’est dramatique pour l’avenir de ce parti. Si en revanche, ce congrès a été l’occasion de trancher dans le vif les positions avancées de l’hydre nationaliste et républicaine, alors tant mieux, il se passera peut-être quelque chose au NPA encore une fois.

* Le Parti de Gauche (nous parlerons du "Front de gauche" ensuite), alors, est-il à même de prendre une quelconque relève d’organisation vis-à-vis de ces couches sociales et de ces classes qui ont quitté le PC et le PS, ou que le PCF a "manquées"?

Le Parti de Gauche fait très bien semblant de pouvoir assumer cette relève. Mais la réalité c’est qu’il ne le peut pas. Il le peut encore moins que le NPA. Ceux qui quittent le NPA pour aller au Parti de Gauche sur ce motif font donc doucement rigoler.

Il ne le peut pas pour une raison simple qui est inscrite dans sa fondation soi-même : il ne le voudra pas, et c’est son socle sociologique, de classe, qui va l’en empêcher.

Ce parti est en effet né en étant dès l’origine un parti d’élus d’une part (et d’élus ex-PS ex-PC ou ex-Verts, ce qui en dit long sur son "assise populaire"), mais aussi de cadres syndicaux bureaucratisés (tous les cadres syndicaux ne le sont pas) et enfin, d’universitaires ou de chercheurs. Voilà la composition sociale majoritaire du Parti de Gauche dont la plupart des cadres sont en outre déjà des "quinqas" vieux "routiers" de la politique politicienne, quasi exclusivement blancs, et toutes et tous français, par naissance ou par naturalisation.

D’autant que les verrous idéologiques puissants sont d’ores et déjà à l’oeuvre : il s’agit du républicanisme dans sa forme la plus réactionnaire issue de la troisième république (république qui, rappelons-le, est née en réprimant dans le sang la Commune et a fini dans les cendres nauséabondes de la collaboration et du pétainisme) et d’une forme de nationalisme laïcard (qui ne signifie pas "laïque"), importé avec ceux qui les professent et qui ont bâti ce parti, sans parler de la course éperdue et avouée à un "renouveau social-démocrate" perdu d’avance en l’absence d’assise ouvrière et "populaire".

J’ajoute que si le financement et les bases matérielles et militantes du NPA sont relativement transparents et viennent en grande partie de feu la LCR (et de ses satellites), on ne peut pas en dire autant pour le Parti de Gauche dont on ne sait pas dire ce qu’il doit au PCF et ce qu’il doit au PS...Il est donc assez simple ( beaucoup plus simple que pour le NPA, serai-je tentée de dire) de voir comment va évoluer ce parti si on veut ouvrir les yeux.

* Le Front de Gauche, envisagé comme le "rassemblement" du PCF du Parti de Gauche et de deux ou trois autres petits groupuscules sera-t-il cette voie nouvelle?

D’aucuns le pensent, qui attendent de pouvoir adhérer directement à ce Front de Gauche et de pouvoir hâter sa transformation en parti à part entière. Je leur souhaite bien du plaisir. si une telle chose devait advenir (ce qui est rien moins que sûr), cela naitrait sur le pire compromis possible de la petite-bourgeoisie contre la majorité du prolétariat, pour toutes les raisons évoquées ci-dessus poussées à leur paroxysme.

* Je ne parlerai pas ici de la FASE ni de la Gauche Unitaire, micro-rassemblements plus proche du groupuscule que du parti politique qui n’ont été créés que pour servir une poignée d’ex-élus ou d’élus ou de bureaucrates en "attente" de plate-forme partisane plus "conséquente" pour leurs appétits... Ce n’est pas par leur taille, réduite, qu’ils sont inintéressants, c’est la conjonction de leur taille, de leurs objectifs, de leurs "cadres", oui porte-paroles, et de leurs expressions "politiques", qui les rend périmés avant même d’être réellement nés.

3.3 Par quels moyens et sur quelles bases les communistes peuvent-ils reconstruire une organisation et travailler à la conquête idéologique?

Le challenge pour les communistes, dans leur quête de construction d’une nouvelle organisation politique, est donc à plusieurs niveaux.

Et ce défi, c’est celui des communistes mais à travers eux, (qui ne sont finalement que des exploités plus conscients que d’autres de l’être, et plus désireux que d’autres de ne plus être soumis), à travers eux, c’est le défi d’un peuple, du peuple -classe, et de la perspective révolutionnaire.

Ce défi, il est d’abord, me semble-t-il (mais je suis loin d’être la seule à le penser), de travailler à la CONSTRUCTION (et non à une hypothétique "REconstruction") d’une organisation politique propre aux communistes, et à retravailler à "l’outil-parti".

Puis, et dans le même temps, au sein même de l’organisation d’un mouvement politique plus vaste où ce nouveau parti ou rassemblement trouverait sa place, de permettre enfin ces alliances nouvelles, entre certaines couches sociales et certaines fractions de classe dans leur diversité telles que définies plus haut, à savoir, pour résumer, la majorité des "exploités".

Or, comment permettre ces alliances autrement qu’en commençant par construire plus ou moins localement des socles populaires de cette alliance (il va de soi que toutes les tentatives de construction "entre partis" sont à proscrire! Ce sont les seules tentées dernièrement, on voit où elles mènent)?

De définir ensuite ce qui peut permettre l’alliance de ces classes et de ces sous-couches : va-t-on s’en tenir à la énième promesse de se "partager le gâteau du pouvoir républicain" ou va-t-on avoir autre chose à proposer, et dans ce cas, quoi?

De se donner les moyens, également, dans cette alliance, d’assurer l’hégémonie du prolétariat le plus exploité sur le reste de ses partenaires (nullement en les dupant ou en les trahissant mais en se donnant les moyens concrets et en les mettant face à leurs contradictions qui les obligent à choisir leur camp).

Et ce de façon ni autoritariste, ni consumériste.

Par la même occasion, de faire tout notre possible pour porter les contradictions internes à la bourgeoisie et à ses alliés objectifs à leur paroxysme en réalisant, justement, ces alliances non encore abouties dans la lutte contre le capitalisme, et en politisant le prolétariat, c’est à dire en l’aidant à se constituer comme force politique dominante dans "le peuple".

Il me semble que certains chantiers sont plus urgents et aussi plus à même que d’autres de se prêter à ces constructions aujourd’hui ; je vais en lister quelques-uns.

J’en vois trois groupes principaux.

3.3.1.

Ceux qui portent sur le salaire et les conditions de travail bien-sûr, notamment sur les luttes pour la préservation et le développement de la qualification professionnelle (contre le "salarié interchangeable et jetable" mais aussi, contre la division du travail telle que nous la connaissons). Ce chantier doit être l’occasion de remettre au cœur des débats la question de l’abolition du salariat (ce que nombre de camarades syndiqués n’ont jamais cessé de présenter comme une exigence d’ailleurs). De même qu’il nous faut réfléchir sur la politique dite de "sécurisation", la mise en place de nombreux moyens et systèmes "d’atténuation" des "méfaits du capitalisme"...

Puis, (et sans ordre de "préférence" ais sans exclusive non plus), ceux qui portent directement sur les conditions de vie matérielle, d’une part, et ceux qui portent que les conditions de vie sociales et spirituelles permettant de combattre pour les droits "matériels" d’autre part.

Dans ces deux derniers groupes de luttes cités, je donne trois "sous-groupes fondamentaux" dans chaque groupe :

3.3.2

la lutte pour un droit au logement effectif pour tous et donc, la lutte contre le capitalisme foncier et immobilier.

C’est le militantisme pour le plafonnement des loyers et l’interdiction de la propriété immobilière spéculative ou au titre de la plus-value, mais aussi, le droit de réquisition populaire et la défense des occupations qui doivent être au cœur des combats.

la lutte pour la défense, l’extension et la pérennisation de la Sécurité Sociale, pour une santé gratuite et de qualité.

La lutte pour son financement (qui implique donc une remise en cause de la destination de l’impôt public), et pour son extension au plus grand nombre, en lien avec le travail, qu’il soit déclaré ou pas.

Il est parfaitement anormal et aberrant que des travailleurs immigrés, dont le système d’Etat organise la clandestinité et donc la précarisation et donc, la surexploitation, se fassent exploiter, sans avoir le droit de se faire soigner au même titre que tous les travailleurs français.

la lutte pour le droit à une nourriture savoureuse, suffisante, non pathogène et la moins écolo-agressive possible, pour tous.

La préservation de l’environnement, de la faune, de la flore, est aujourd’hui intimement liée à celle de notre santé immédiate, et vice-versa. Et là encore, il y a à mettre en lumière le rôle et les mécanismes particuliers du capitalisme, pour mieux le combattre.

3.3.3

la lutte contre le racisme et la xénophobie, impliquant, notamment, la régularisation des travailleurs sans-papiers sur notre sol, ainsi que la lutte contre une forme de communautarisme religieux d’une part, lutte qui n’a de sens que couplé à la lutte contre la stigmatisation (corrélative) de certaines parties de la population en raison de leur religion, d’autre part.

la lutte pour la liberté la plus absolue d’expression, à commencer sur les lieux d’exploitation, mais aussi dans les espaces publics.

Mais également, la lutte contre la criminalisation des combats politiques et syndicaux, et contre toute forme "d’état policier" que se soit dans les rues ou sur le net, et évidemment, dans le cadre de la solidarité internationale.

De nombreux foyers locaux de résistance et solidarité sur ce point sont déjà créés sur ce sujet.

la lutte pour le partage et la propagation de l’Amour du Savoir (y compris et surtout "inutile" et "non directement productif") et de la possibilité de la connaissance pour tous, ce qui va bien au-delà de la que le question de l’"éducation nationale" d’ailleurs, pour poser la question d’un véritable service public des enseignements et de la transmission des savoirs, tant "fondamentaux" et techniques que littéraires et artistiques, et du développement de quelque chose que l’on pourrait appeler "la culture".

Si nous parvenons à construire une organisation "à plusieurs strates" qui atteint ces buts, qui les développe dans un projet politique au sens le plus beau et le plus fort du terme, appuyé par un programme économique qui les mette en œuvre (y compris de façon très locale pour commencer), sans jamais bien sûr, perdre de vue l’objectif communiste, et si nous parvenons à la faire vivre au-delà de nos intérêts immédiats, alors nous-mêmes, peut être, mais plus sûrement, nos enfants et petits-enfants auront-ils une chance d’être à peu près armés quand se présentera à eux une situation possiblement révolutionnaire.

Ce qui pourrait arriver assez rapidement à l’échelle de l’humanité.


http://bellaciao.org/fr/spip.php?article114023

lundi 3 mai 2010

Ma mémé, c'est pas Angela Merkel.


Le discours de JL Mélenchon il y a quelques jours sur Europe 1, répété ce soir sur BFM TV, est un grand moment de prise de pieds dans la burqa idéologique.

Sur la chancelière allemande, notamment, il a dit : "C’est pas une dame de fer, c’est une dame locale, c’est une paysanne d’un coin de l’Allemagne qui ne prend pas ses responsabilités devant l’Europe".

Comment peut-on faire semblant de croire, quand on sait quelle est la formation politique originaire de JL Mélenchon, que Merkel n’agirait ainsi dans l’UE et face à la Grèce que parce qu’elle a des élections dans qq jours? !

Qui trompe qui, là? Qui se moque de qui?

Qui n’ose pas parler de la réalité des choses, qui se met un voile idéologique autrement plus exécrable et aliénant que celui des 2000 femmes que JL Mélenchon poursuit de sa vindicte "libératrice" avec d’autres Valls et Filipetti sur le sujet de la "burqa" (sic)? !

Où sont les gros mots là?

"Paysanne"?

Pfff....c’est minable, insultant, lamentable, a fortiori quand on prétend devenir "président de la république" avec un "gros bâton" (sic).

Ma grand-mère à moi, ma mémé, c’est une paysanne, une vraie.

Une petite femme qui s’est courbée sur la terre toute sa vie jusqu’à 75 ans environ. Elle en a les marques dans tout son corps aujourd’hui, son épaule, sa hanche, ses mains abîmées, sa hernie à l’aine suite à un coup de sabot d’une vache, sa vie difficile, toujours, et dans son portefeuille, sa très maigre retraite, et je ne lui vois rien de commun avec Angela Merkel.

Ma grand-mère, cette paysanne dont moi je suis si fière, et que j ’aime par dessus tout, elle sait planter, elle sait cultiver, elle sait récolter, elle sait faire vêler, elle sait se lever la nuit, qu’il neige, qu’il vente, elle sait regarder les étoiles pour dire le temps qu’il fera, elle connait les champignons, les oiseaux.

Quand on va la voir, à 86 ans aujourd’hui, toute cassée, elle nous fait toujours la cuisine, comme si on n’avait pas bouffé nous les "parisiens" depuis des lustres. C’est son honneur et son plaisir. Chez elle, même si on est pauvre, même si on est rien, on n’a pas faim. Et on rigole bien en regardant la télé, et elle me raconte des histoires politiques "de son temps", comme quand les nazis ont failli fusiller toute la maison parce qu’il cherchait le grand oncle, résistant, communiste. Et que sa cousine montait sur la table de la cuisine pour chanter, à 4 ans, "L’Internationale".

Quand je repars à Paris après quelques jours dans son Berry natal, elle me prend la main, me caresse les cheveux de sa vieille main toute tordue, elle me serre sur sa poitrine de sacré bout de petite bonne femme, et elle me dit doucement "Pense à toi ma petite fille, prends soin de toi, et des tiens, et viens nous voir quand tu veux, ici c'est chez toi".

Elle a trimé dur, sué, pleuré, râlé, peiné toute sa vie depuis son plus jeune âge, sur la terre, sa petite terre ingrate à elle, où elle "crèvera" comme elle dit, parce que sa terre, sa ferme, c’est "son sang".

Angela, ça m’étonnerait qu’elle soit comme ça.

Les vrais gros mots pour Merkel, les seuls appropriés c’est CAPITALISTE, IMPERIALISTE, et ceux là, Mélenchon refuse radicalement de les prononcer.

Ce n’est pas une erreur ni un aveuglement. C’est un choix idéologique.

Et on voudrait que je vote en 2012 pour un type qui non seulement insulte ma grand mère (et tous les paysans du monde) en la comparant à une prédatrice capitaliste comme Merkel, mais qui en plus, s’enroule dans des voiles idéologiques pour mieux nous rouler nous dans la farine?

Eh, j’suis pas un merlan!

JL Mélenchon n’aura jamais ma voix, et je ferai tout, à mon petit niveau, pour qu’il en ait le moins possible et qu'il ne soit pas le candidat de "la gôche de gôche" en 2012.

Oui, comme ça. Parce que son "paysanne" plein de mépris et de morgue parisianiste, je l'ai pris comme une gifle dans la gueule. Mais surtout, parce que j'aime pas qu'on essaie de nous faire passer les vessies pour des lanternes, et que ça va , Mitterrand, "la gôôôche", on a déjà donné et on a vu le résultat.

Fraternellement à tous les communistes où qu’ils se trouvent.


mercredi 25 novembre 2009

Non, le discours sécuritaire et xénophobe du gouvernement Sarkozy/Fillon n’est pas QUE électoraliste !


Un petit billet rapide parce que j’en ai RAS LE BOL d’entendre les conneries des représentants du PS (vous me direz, si il n’y avait qu’eux...) - et pourtant, je fais tout pour les entendre le moins possible mais parfois, ça filtre.

Hier ou avant-hier, "Mosco" (Pierre Moscovici - PS), face à Wauquiez (UMP), a prétendu, en résumé, sur le plateau de Denisot à Canal +, que le discours sécuritaire et xénophobe du gouvernement Sarkozy/Fillon ne serait QUE électoraliste.

Et que donc, c’est pour cela que le PS refusait de rentrer dans le "débat" sur l’identité nationale, trouvant ainsi une "bonne excuse" pour laisser seuls face à ce gouvernement, une fois de plus, les premiers concernés, les premiers touchés par ces propos insultants, démagos, inexacts, en un mot, dégueulasses.

Mais NON !

Il va falloir le dire en quelle langue, bon sang?

Quand allez-vous reprendre vos esprits, et mesurer à nouveau le POIDS DES MOTS?

Que cela serve AUSSI des intérêts électoraux, cette politique sécuritaire et raciste, sans aucun doute, mais voilà, cette politique est à l’œuvre depuis des ANNÉES, c’est à dire depuis que Sarkozy est Ministre de l’Intérieur.

Et vous continuez à appeler ça une "tactique électorale"?

Mais vous êtes devenus sourds ou aveugles ou les deux, ma parole? !

Continuer à propager ce mensonge, c’est faire croire aux auditeurs, aux lecteurs, aux travailleurs, aux citoyens.... qu’il n’y aurait AUCUNE logique idéologique à l’œuvre dans la politique Sarkozy-Fillon-Besson.

Or c’est faux, cette logique idéologique existe, elle a un nom, on la connaît, hélas, trop bien, et elle est la MÊME que celle du FN, et ça, la lutte aux côtés des sans-papiers, le montre parfaitement.

Et c’est comme ça dans toute l’Europe Monsieur Moscovici !

Car on voit la même politique mise en œuvre en Italie, par Fini et autres, les copains de Sarkozy, par exemple.

Vous et les vôtres, du point de vue de la lutte de classe, il est clair depuis un moment que vous ne servez plus à RIEN aux travailleurs de ce pays, quelle que soit leur nationalité, quelle que soit leur couleur, mais de grâce, ne racontez pas en plus n’importe quoi.

Quand on a la chance d’avoir (encore) une parole PUBLIQUE on dit LA VÉRITÉ sur des sujets pareils, ou on se tait.

La position de "Ponce Pilate" que prend le PS par rapport à l’attaque raciste et xénophobe de Besson et Sarkozy via la fausse question de "l’identité nationale" est condamnable ; personnellement, c’est le genre de choses qui fait que pour le moment, je ne voterai plus jamais pour votre parti , quoi qu’il arrive, et que je ne voterai plus non plus pour les partis qui continuent à vous traiter en alliés, à vous soutenir, 1er, 2ème ou 3ème tour.

Et qu’on ne vienne pas me chauffer les oreilles avec le "battre la droite" ! On attend encore un bilan sérieux et honnête des gestions soi disant "de gauche" des régions...

Tiens, est ce que votre "pouvoir de résistance régional" vous a au moins permis de "mettre la pression" aux entreprises que vous employez et qui embauchent des sans papiers, ou qui licencient leurs salariés?

NON, RIEN ! NADA ! 0 actions à ce sujet.

Vous ne faîtes pas/plus votre boulot pour NOUS les prolos, pour nous le "peuple de gauche", nous TOUS, quelle que soit notre nationalité, nous à qui pourtant vous DEVEZ vos PLACES.

Même le "service minimum", vous ne le faites plus !

Et quand je prends connaissance de la position développée par le PS sur les sans-papiers, justement (position datée et bien connue), je frémis, et non, là encore, il n’ y a pas de quoi être "satisfait" !

Qu’est ce que vous prônez en réalité à part, au fond, "l’immigration choisie" de Sarkozy, mais selon, soi disant, des critères plus "justes" et plus "humanistes"?

Les sans- papiers qui ont un contrat de travail, qui paient leurs impôts etc...bref qui sont "bien intégrés" doivent être régularisés - et, sous entendu, mais à peine, les autres "allez vous faire foutre"? !

Ce n’est pas ça DU TOUT que nous demandons nous, militantes et militants engagés aux côtés des sans -papiers, qu’ils soient travailleurs actifs, parents d’enfants scolarisés, ou réfugiés afghans...

Un jour, il va falloir faire preuve de courage en adoptant une position claire sur ce sujet au PS, non? Parce que votre discours mi chèvre- mi chou, muselé par la hantise, non, le fantasme rocardien de "l’appel d’air" et de l’accueil de "toute la misère du monde", y’en a ras le bol !

Surtout quand on appartient à un parti qui a autant manipulé les immigrés à son profit, pour les laisser ensuite sur le carreau (ancienne adhérente du PS, j’attends toujours la réalisation des promesses de 1981 et de la Marche pour l’égalité et contre le racisme, de "Touche pas à mon pote", du droit de vote aux étrangers etc) parti qui pour le coup est encore plus mal placé pour dénoncer l’électoralisme de l’UMP !

Rien de surprenant cependant me direz-vous, on sait qu’il y a longtemps que le PS ne réfléchit plus sérieusement à de tels sujets et se contente d’ânonner des bêtises issues du "prêt à penser politicard" le plus bas-de-gamme.

La politique mise en œuvre par Sarkozy Fillon Hortefeux et Besson est bien une politique raciste, sécuritaire, xénophobe, qui coupe encore un peu plus la France en deux, qui la rend haineuse, schizophrène, qui la freine, une politique qui rend ce pays malade, qui déroge encore plus à toutes nos traditions politiques et philosophiques.

C’est une politique de classe , mise en œuvre à l’échelle internationale, par une bourgeoisie apatride qui, elle, se fiche, bien-sûr, de l’identité nationale.

C’est une politique impérialiste, qui consiste à avoir pillé et à continuer de piller les matières premières et les Hommes des pays dits "en voie de développement", à y semer la misère, les dictatures, la corruption, le népotisme, qui ensuite, manipule racisme et xénophobie pour, notamment, diviser les travailleurs à l’échelle locale des pays dits "riches" et exploiter encore davantage le plus de monde possible, le tout pour le seul et unique profit de cette bourgeoisie qui se sent partout chez elle

ALORS, QUE, DANS VOTRE LOGIQUE DE PARTI PETIT BOURGEOIS PARFAITEMENT INTÉGRÉ AU SYSTÈME CAPITALISTE, VOUS PENSIEZ NE RIEN POUVOIR Y FAIRE CAR N’ÉTANT PAS "AUX COMMANDES", admettons - quelle analyse erronée soit dit en passant...- MAIS DITES AU MOINS LA VÉRITÉ SUR L’ÉTAT DES CHOSES !

On ne déserte pas les champs de bataille comme vous le faites, avec de mauvaises excuses, face à de tels représentants de la bourgeoisie réactionnaire, liberticide, fascisante.

Votre attitude "je-m’en foutiste " à l’égard de ce capitalisme politique particulièrement dur et odieux, attitude qui se manifeste tant dans la médiocrité de vos analyses que dans l’absence totale d’actions populaires au niveau national initiées par le PS, est d’une légèreté coupable.

Ne vous étonnez pas si un jour prochain les travailleurs, les citoyens de gauche de ce pays, tous les hommes et les femmes qui souffrent actuellement et de cette politique de droite et des renoncements de la gauche, se mettent à vous courir après pour vous juger aux mêmes tribunaux que les Sarkozy et cie.

Vous n’aurez que le juste retour de ce que vous semez actuellement.

QUI SÈME LE VENT RÉCOLTE LA TEMPÊTE.