mardi 11 décembre 2012
Initiative internationale - SYRIE - Pétition - Oui à la démocratie, non à l'intervention étrangère!
Comme vous le savez probablement, cette 3ème voie est ma position depuis longtemps. C'est cela la solution, la SEULE, il n' y en a pas d'autre à l'heure actuelle qui soit humaine et juste, qui ait une chance de réussir, et qui préserve la souveraineté de la Syrie. Les soi disant rebelles militarisés (bien identifiés dans cette pétition comme désormais un agrégat de mercenaires étrangers de salafistes etc) qui refusent cette solution sont autant responsables qu'ASSAD de la mort de civils et n'ont de toute façon plus rien à voir ou presque avec le conseil de la résistance syrienne (déjà très critiquable en termes de légitimité et représentativité). Ne nous laissons pas aveugler ni terroriser intellectuellement. Promouvoir cette solution ce n'est PAS " soutenir ASSAD", c'est soutenir la paix et la vie, en Syrie, dans la zone et dans le monde. Et la paix est un bien précieux pour pour les peuples.
Voilà donc ce que j'attendais comme initiative sur la Syrie. Elle a été signée (entre autre) par Samir Amin, Mairead Maguire, Ignacio Ramonet , Jean Ziegler, Etienne Balibar et bien d'autres... Que tous les signataires de cette initiative de paix soient pleinement remerciés
SIGNER ICI http://www.peaceinsyria.org/index.html :
"Initiative internationale visant à arrêter la guerre en Syrie - Oui à la démocratie, non à l'intervention étrangère!
Nous, soussignés, qui faisons partie d'une société civile internationale de plus en plus préoccupée par l'effusion de sang terrible du peuple syrien, nous soutenons une initiative politique fondée sur les résultats d'une mission de recherche d'éléments factuels que certains de nos collègues ont engagée à Beyrouth et à Damas en septembre 2012. Cette initiative consiste à faire appel à une délégation de personnalités de haut niveau ayant des renommées internationales pour se rendre en Syrie afin de discuter de la situation actuelle avec les principaux acteurs politiques et ouvrir la voie à une solution politique négociée du conflit armé en Syrie, qui menace gravement la paix du monde et de l'existence de la Syrie en tant que nation indépendante et souveraine.
Dans cette perspective, nous soutenons pleinement la déclaration suivante:
Tous les yeux sont actuellement braqués sur la guerre qui se déroule en Syrie et qui noie son peuple dans le sang. Nous sommes très préoccupés pas seulement parce que le conflit a acquis une dangereuse dimension géopolitique. Le légitime et pacifique mouvement du peuple syrien des débuts - à l'instar de leurs frères arabes - pour les droits démocratiques est menacé d'être transformé en une guerre civile sectaire avec une participation régionale et internationale massive.
Nous sommes conscients qu'aucune partie ne peut gagner une telle guerre d'usure dans un proche avenir, tant que la résistance des peuples syrien et arabe contre la domination occidentale et israélienne ainsi que contre les dictatures régionales est menacée et pourrait même éventuellement être détruite.
Afin de sauvegarder ces acquis et de poursuivre la lutte pour la démocratie, la justice sociale et l'auto-détermination du peuple, une solution politique du conflit au moyen d'un règlement négocié est indispensable. C'est seulement de cette manière que peut être freiné le sectarisme religieux, que l'intervention étrangère peut être évitée et que le mouvement de masse démocratique pourra prévaloir.
Nous faisons donc la promotion active d'une solution politique pour mettre fin à l'effusion de sang sur les critères suivants:
1. Nous soutenons pleinement le début d'un processus politique qui devrait commencer par des négociations et un cessez le feu. Cela devrait aller de pair avec un processus de désescalade et la démilitarisation qui permet au peuple syrien à recevoir l'aide dont ils ont un besoin urgent et exprimer leur volonté pacifique et par la suite dans les urnes.
2. Étant donné que toute solution doit être fondée sur la volonté souveraine du peuple syrien, nous rejetons catégoriquement toute forme d'intervention militaire, d'où qu'elle vienne.
3. Respecter le droit souverain à l'autodétermination implique le respect des droits démocratiques et sociaux de la grande majorité de la population. Par conséquent, aucune force politique majeure ne devrait être exclue a priori. Un règlement durable et pacifique du conflit doit être fondé sur un processus constitutionnel qui permet des élections libres organisées par un gouvernement de transition à la suite des négociations.
4. Depuis que le conflit a connu une instrumentalisation croissante des affiliations sectaires, ce qui entrave l'unification politique du peuple sur une base démocratique, nous soutenons toutes les initiatives et les tendances au sein des forces politiques et militaires existants qui font la promotion de la tolérance interconfessionnelle, sur la base de la même droits pour tous les citoyens.
En signant cette déclaration, nous donnons notre plein appui à la délégation internationale en direction de la Syrie au début de l'année 2013 et en espérant que cette initiative apportera une contribution significative à la paix dans la région."
jeudi 30 juin 2011
Le Collectif BELLACIAO apporte son plein et entier soutien au peuple grec actuellement en lutte pour sa souveraineté et son avenir
Le combat mené progressivement en Grèce depuis plusieurs années, un combat qui grossit de mois en mois, comme une vague, malgré des moments de relative accalmie et de semblant de reflux, est un combat qui nous concerne toutes et tous.
Non seulement du point de vue de la solidarité avec les exploités Grecs, mais encore, en solidarité avec tous les exploités d’Europe , y compris dans notre pays ! Car cette soi-disant "crise de la dette grecque" a déjà et aura encore des impacts violents et profonds au-delà des frontières hellènes.
Face au FMI, à la BCE, à l’Union Européenne, aux banques mais également, face à des élites corrompues, face à un gouvernement traître à son pays, (dont les membres sont adhérents à l’Internationale Socialiste), face à des multinationales rapaces, le peuple grec mène actuellement un combat d’une importance capitale, qui concerne tous les travailleurs, citoyens et contribuables d’Europe.
En effet, contraint par un Parlement félon de se voir imposer un plan dit "d’austérité", interdit d’annuler une dette inique ou d’envisager de faire faillite, par exemple, tout cela afin de préserver une monnaie unique, l’Euro, dont on pouvait bien prédire vers quelle type de catastrophe elle risquait de nous emmener à court terme (car c’était l’alliance de la carpe et du lapin, de tant d’économies disparates), le peuple grec, qui subit depuis plusieurs années l’onde de choc de la construction européenne à marche forcée sous domination des bourgeoisies franco-allemande et américaine, est entré en lutte contre un État qui a été définitivement verrouillé par une bande de flibustiers, pour servir le Capital et l’impérialisme.
Ce "plan" n’est en réalité qu’une énorme et massive extorsion de fonds organisée au profit des banques qui détiennent la "dette grecque", dette grecque que les mêmes banques ont largement et majoritairement contribué à créer avec l’aval sinon le soutien actif des institutions économiques européennes et mondiales !
Honteusement accusé par la Chancelière Merkel (et d’autres) d’être un peuple de "fainéants" et de "profiteurs" des "largesses" d’une l’Union européenne soi-disant protectrice et généreuse, proposés à la face du monde comme exemple de ce que "l’Etat-providence" serait, soi-disant un échec, le peuple grec est pris dans les filets de la mondialisation et doit s’en sortir à toute force, maintenant ou jamais.
Présentée il y a encore quelques mois par les médias européens comme une lutte d’arrière-garde qui n’aurait été le fait que de bandes de "jeunes anarchistes", la réalité que montrent photos, vidéos, témoignages... est tout autre.
L’histoire qui se déroule actuellement, c’est celle d’un peuple qui se soulève progressivement contre ses exploiteurs, contre ses dirigeants, contre ses élites, quelle que soit leur "coloration" politique, contre un système tout entier, ce, quels que soient l’âge, l’opinion, la religion, la situation des manifestants.
Un peuple pacifique mais lucide et courageux, un peuple de la mer, de la montagne, et des villes, qui prend conscience de ce qui est réellement en train de lui arriver, et qui a compris que ses élites et ses dirigeants ont tout fait, à droite comme à gauche, pour lui cacher le plus longtemps possible l’abîme vers lequel ils l’avaient dirigé.
Le peuple grec est confronté à la réalité crue du système capitaliste dans un contexte impérialiste en pleine expansion, et en phase de renouveau agressif . Il est confronté à la réalité des transformations de "l’Etat de Droit", de la Politique, amenées par le déploiement et l"enracinement de l’économie impérialiste sous domination américaine au plus profond des économies européennes.
Un syndicaliste anglais du 19ème siècle, Th. Dunning, rappelait cette loi d’airain, qui se vérifie de tous temps, y compris en Grèce actuellement :
"Le capital a horreur de l’absence de profit ou des très petits profits comme la nature a horreur du vide. Quand le profit est adéquat, le capital devient audacieux. Garantissez-lui dix pour cent, et on pourra l’employer partout ; à vingt pour cent, il s’anime, à cinquante pour cent, il devient carrément téméraire ; à cent pour cent il foulera aux pieds toutes les lois humaines ; à trois cents pour cent, il n’est pas de crime qu’il n’osera commettre, même s’il encourt la potence. Si le tumulte et les conflits rapportent du profit, il les encouragera l’un et l’autre. La preuve : la contrebande et la traite des esclaves."
Car ce ne sera certes pas "l’austérité" pour tout le monde !
La situation en Grèce révèle également, si besoin était, le vrai visage d’une Union européenne créée par les démocrates-chrétiens, les libéraux et les "socialistes" avec le soutien (politique et financier) des Etats-Unis pour les banques, comme instrument de lutte de classe au service du capitalisme américain et surtout, CONTRE LES PEUPLES.
Porteuse de possibilités révolutionnaires de plus en plus manifestes à l’échelle européenne, la situation grecque et le combat des grecs ne peut qu’appeler naturellement et spontanément une réponse et un soutien sans faille au-delà des frontières, de tous les communistes et de tous les progressistes.
Le Collectif BELLACIAO relève le silence complice de la Confédération Européenne des Syndicats, confédération de paille qui n’a même pas UN MOT pour ses homologues grecs.
Le Collectif BELLACIAO s’interroge sur le fait qu’à l’aube de la mascarade de l’élection présidentielle de 2012, les partis situés à la gauche de l’UMP en France n’aient pas encore organisé à ce jour, fin de la 48ème heure de grève générale massive, jour du vote au Parlement, alors que la milice d’Etat s’emploie à casser des manifestants pacifiques avec une brutalité inouïe, une mobilisation populaire et durable en soutien au peuple grec.
Nous invitons donc d’abord tous les militants progressistes, membres de partis, syndicats et associations de gauche et d’extrême-gauche à alerter leurs dirigeants locaux et nationaux sur cet état de fait intolérable et à réclamer d’urgence l’organisation d’une mobilisation de soutien réelle, populaire, politique, et qui réponde à d’autres objectifs que des objectifs électoralistes.
La solidarité internationale des exploités dans la lutte des classes est la base du mouvement communiste.
Il est intolérable (mais très révélateur , et nous ne sommes pas surpris) qu’aucune condamnation formelle du gouvernement Papandréou et de la majorité "socialistes" au Parlement grec n’ait été entendue à ce jour dans notre pays en provenance du PS et ses alliés habituels, alors même, qu’une fois encore, c’est la France qui fournit au FMI sa nouvelle directrice et que les premiers mots de celle-ci sur la Grèce ont été de réclamer "l’unité nationale" dont on sait ce qu’elle signifie !
Il faudra questionner sévèrement ces "socialistes"-là et ceux qui s’allieront avec eux sans mot dire, et ce quel que soit le motif de l’alliance ("battre la droite - battre Sarkozy") !
A fortiori quand Sarkozy et son gouvernement, bons élèves de l’impérialisme, s’apprêtent à nous enfoncer à notre tour dans plus de dette avec leur "grand emprunt", tout en voulant faire inscrire la rigueur budgétaire et le contrôle des déficits dans notre constitution et en accordant toujours plus de largesses fiscales aux possédants et aux riches ! Cette "dette" qu’ils utiliseront ensuite contre nous quand nous voudrons dire STOP.
Pouvons-nous consentir à ce que subit le peuple grec ? NON.
L’État français et l’État allemand, avec la complicité active d’autres États, qui appartiennent désormais pleinement directement (par les dettes, notamment) et indirectement (par la corruption des élites, par exemple) à la bourgeoisie, aux multinationales et aux banques ( s’il y a supra-nationalité réelle , elle est belle et bien là ), sont littéralement entrés en guerre contre le peuple grec.
Bientôt, cela sera le tour des Espagnols, des Irlandais, des Italiens, et dans quelques temps aussi, du peuple de la France.
Il faut donc le dire haut et fort :
NOT IN OUR NAME !
Faut-il attendre de voir ressortir de son marais l’hydre de la révolution fasciste, comme dans les années trente (auxquelles les années 2000 ressemblent de plus en plus furieusement) ? Non, il ne faut pas attendre ; quand les fascistes seront pleinement de retour, il sera trop tard.
Il faut s’organiser et organiser la résistance et le soutien aux révoltes de libération dès à présent.
Ce qui justifie d’autant plus le soutien immédiat, par tous moyens, au peuple grec.
2012 n’est qu’une date du calendrier dans l’organisation et la construction de la résistance face à ce qui nous attend tous, partout en Europe, et rien de plus (sinon une tartufferie destinée, encore, à tromper et à endormir le peuple sur la réalité de son avenir).
Ne nous laissons pas piéger par le miroir aux alouettes de la présidentielle et ne nous détournons pas des luttes réelles.
θάρρος και δύναμη στους Έλληνες !(Courage et force pour les Grecs)
mercredi 5 novembre 2008
Election d’Obama : une sévère défaite pour les prolétaires dans la lutte contre la bourgeoisie
"Crips & Bloods"Dans un monde où la violence physique, symbolique et morale, est à son comble, où l’exploitation des salariés par les capitalistes atteint des paroxysmes, dans ce monde où le racisme, la guerre, la mort, la maladie ont plus souvent droit de cité que la fraternité, la solidarité, le respect de la dignité humaine...l’élection de Barack Obama, noir, jeune, séduisant, charismatique, après 8 ans de Bush ( cela, la guerre en Irak, et MacCain-Palin, c’est aussi une partie du socle de la victoire d’Obama) peut apporter, c’est compréhensible, une note de joie et d’espoir dans le cœur de nombreuses personnes, au-delà même des frontières américaines.
Avec la maestria que l’on connait au pays du cinéma et des stars hollywoodiennes, voici donc l’élection triomphale enfin, d’un représentant de la communauté noire aux USA.
Sorte de remake de l’élection de John Kennedy, le jeune catholique élu dans un pays majoritairement protestant.
"Aux USA, tout devient possible"...
Comme a dit Obama lui même dans son discours cette nuit : "C’est le triomphe de notre démocratie". Et ce "NOTRE DÉMOCRATIE" a douché le petit plaisir que je pouvais ressentir.
«"Si jamais quelqu’un doute encore que l’Amérique est un endroit où tout est possible, qui se demande si le rêve de nos pères fondateurs est toujours vivant, qui doute encore du pouvoir de notre démocratie, la réponse lui est donnée ce soir"».
Voilà. C’est dit.
On peut croire qu’Obama ne parlait que de la démocratie américaine, moi, je dis qu’il parlait aussi de la victoire de la démocratie bourgeoise.
Il y a quelques jours à la télé, je regardais un reportage sur les coulisses de ces élections, je voyais les visages baignés de larmes de nombreux Afro-américains aux réunions publiques d’Obama, leurs yeux emplis d’espoir, et dans ma tête résonnait le "free at last, free at last ! Thank God Almighty, we are free at last !" ("enfin libres, enfin libres ! Merci Dieu Tout Puissant, nous sommes enfin libres !") de Luther King.
Bizarrement, je ne pouvais pas m’empêcher d’avoir le cœur serré. Et ce n’était pas de l’espoir ni de la joie. Mais plutôt la peur que tous ces gens soient finalement déçus.
Oh, pas tout de suite, pas dans l’immédiat, non. Mais plus tard.
D’une certaine manière, je ne pouvais m’empêcher de faire le parallèle entre l’énorme engouement, la ferveur et la liesse populaires qui suivirent l’élection de François Mitterrand en mai 1981...et ce que nous vivons aujourd’hui.
Je me disais : "Tous ces gens méprisés, pourchassés, ostracisés, esclavagisés, assassinés même parfois, depuis des siècles, sur des générations, comme je comprends leur envie de voir ce qu’ils estiment être l’un des leurs accéder à la fonction suprême aux USA...".
Oui c’est légitime, c’est compréhensible, de penser que c’est l’heure de la reconnaissance, de la revanche même.
La fin des tourments et des discriminations.
Venait ensuite, après ce reportage sur les coulisses des élections, un documentaire exceptionnel de Stacy Peralta ("Made in America") sur l’histoire de l’affrontement éternel des "Crips" et des "Bloods" autour de Watts, quartier de Los Angeles célèbre pour ses émeutes depuis 1965.
Et bizarrement "l’effet Obama" s’estompait dans nos têtes tandis que nous regardions cette histoire.
De nombreux vieux leaders historiques de ces gangs, proches des Black Panthers à l’origine, retraçaient leurs réflexions, disaient leur colère intacte, dénonçaient l’arrivée du crack (drogue arrivée "comme par hasard" en même temps ou presque que la liquidation de tous les leaders politiques et classistes de la communauté noire aux USA), qui transforma leurs "clubs" en "gangs" sanguinaires au travers desquels des "Noirs, des exploités à double titre, s’entretuent entre eux désormais"...
On a la gorge serrée, un peu plus.
Retour sur Obama, quelques jours plus tard, cette nuit, élu 44ème président des Etats Unis.
Images calées au millimètre,visions léchées, nettes, propres, la propagande bat son plein. Barack, son épouse Michelle, leurs deux filles, Jesse Jackson en larmes...
Mon cœur oscille entre colère et joie. Je ne sais pas sur quel pied danser.
Mes sentiments primaires me disent de me réjouir, mais il y a une petite voix intérieure qui me dit "Ne cède pas à cette hystérie collective".
A titre personnel, c’est vrai que l’engouement mystique, charismatique, et "communautariste", j’en ai déjà été victime avec la candidature à la candidature de S. Royal quand j’étais encore au PS. Je ne peux pas faire deux fois la même connerie. Je suis devenue méfiante vis à vis de tout ce qui, politique, prétend parler d’abord "à mon cœur".
Finalement, je tranche.
Bien sûr, je comprends la joie et la fierté de toutes mes amies et de tous mes amis d’origine étrangère (Français ou pas), de ceux dont on "voit encore" qu’ils viennent "d’ailleurs". Comme ils le disent eux même "ma gueule d’Arabe", "ma gueule de Noir".... Je comprends que pour eux le symbole est énorme.
Mes amis, oui je vous comprends. Goûtez votre plaisir.
Mais ne prêtez pas plus à Barack Obama que cette victoire symbolique, victoire qui d’ailleurs n’est pas la sienne, et n’est pas non plus la vôtre.
C’est la victoire d’un système. Un système qui, grâce au fric, aux médias, recycle et transforme tout ce qui le dérange en symboles positifs, à son profit.
Eux appellent cela démocratie, j’appelle cela dictature.
On va me traiter de pisse froid, d’amer, de Cassandre.
J’aimerais bien pouvoir juste me réjouir sans entrave, ajouter une belle page de lyrisme à toutes celles déjà écrites dans le monde entier, faire assaut d’éloquence pour célébrer cette élection "historique".
Je n’y arrive pas, cependant.
Je rappellerai juste que N. Sarkozy est un enfant d’immigré, qu’il en a même fait les frais dans les attaques racistes d’un Le Pen pendant la campagne, qu’il a été marié avec une femme (Cécilia) qui se vantait de ne pas "avoir une seule goutte de sang français dans les veines", et que sa nouvelle épouse, Carla, est italienne et plutôt cosmopolite, mais aussi, qu’il n’ y a jamais eu autant de Fadela, Rama, Rachida... de "blacks", de"beurs" au gouvernement en France.
Et qu’on en a jamais autant chié.
Qu’on soit black, blanc, beur, ou jaune. Rachida Fadela, Rama.... cohabitent finalement parfaitement avec Hortefeux, Fillon , Bertrand et cie.
Obama attire la sympathie, ça ne signifie nullement qu’il soit sympathique.
Obama est "popular", comme on dit dans les "colleges" américains, ce qui ne signifie nullement qu’il vienne du peuple, ni même qu’il le représentera.
Et s’il dit bien vouloir "finir la gerre en Irak", il a aussi demandé à l’Europe d’accroître la présence de ses forces militaires en Afghanistan...
De mon point de vue donc, et hélas, l’élection de Barack Obama, c’est surtout la victoire du faux-semblant, de la manipulation médiatique, le triomphe du pathos sur la raison et l’analyse.
Évidemment, je n’en attends rien en tant que travailleur en France, ni en tant que militante engagée depuis des années dans la lutte contre le racisme et le postcolonialisme, en tout cas, rien de bon.
Je pense même que, comme toute manipulation des capitalistes, elle va se retourner fatalement contre ceux qu’elle aura prétendu servir et sur lesquels elle se sera appuyée pour avancer ses pions.
Obama, c’est la figure moderne du "Good Niger", le "bon nègre" du point de vue capitaliste, c’est à dire celui dont on sait qu’il va défendre et garantir le système mieux qu’un autre, précisément parce qu’il est un de ceux qui, en toute logique, aurait du en souffrir le plus, mais que, finalement, lui, il a été accepté, ou disons, reconnu, comme ceux qu’a pu peindre Margaret Mitchell dans "Autant en emporte le vent".
Les filières spéciales dans les grandes écoles qui forment à l’infini l’élite de la nation n’ont, en France, pas d’autres objectifs.
Le capitalisme est encore en train de marquer des points, et à échelle mondiale, car ce qui se passe aux USA affecte toujours le monde entier, directement ou indirectement.
Je me demande aujourd’hui combien nous allons payer ce nouveau travestissement idéologique.
La victoire d’Obama, c’est beau en apparence, sans doute, mais hélas, c’est aussi de la poudre aux yeux capitaliste dispensée à échelle mondiale.
La victoire d’Obama, pour moi, c’est une défaite dans la lutte contre le capitalisme et c’est une défaite travestie en victoire, ce qui va la rendre encore plus difficile à dénoncer...

