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jeudi 30 juin 2011

Le Collectif BELLACIAO apporte son plein et entier soutien au peuple grec actuellement en lutte pour sa souveraineté et son avenir

Le combat mené progressivement en Grèce depuis plusieurs années, un combat qui grossit de mois en mois, comme une vague, malgré des moments de relative accalmie et de semblant de reflux, est un combat qui nous concerne toutes et tous.

Non seulement du point de vue de la solidarité avec les exploités Grecs, mais encore, en solidarité avec tous les exploités d’Europe , y compris dans notre pays ! Car cette soi-disant "crise de la dette grecque" a déjà et aura encore des impacts violents et profonds au-delà des frontières hellènes.

Face au FMI, à la BCE, à l’Union Européenne, aux banques mais également, face à des élites corrompues, face à un gouvernement traître à son pays, (dont les membres sont adhérents à l’Internationale Socialiste), face à des multinationales rapaces, le peuple grec mène actuellement un combat d’une importance capitale, qui concerne tous les travailleurs, citoyens et contribuables d’Europe.


En effet, contraint par un Parlement félon de se voir imposer un plan dit "d’austérité", interdit d’annuler une dette inique ou d’envisager de faire faillite, par exemple, tout cela afin de préserver une monnaie unique, l’Euro, dont on pouvait bien prédire vers quelle type de catastrophe elle risquait de nous emmener à court terme (car c’était l’alliance de la carpe et du lapin, de tant d’économies disparates), le peuple grec, qui subit depuis plusieurs années l’onde de choc de la construction européenne à marche forcée sous domination des bourgeoisies franco-allemande et américaine, est entré en lutte contre un État qui a été définitivement verrouillé par une bande de flibustiers, pour servir le Capital et l’impérialisme.

Ce "plan" n’est en réalité qu’une énorme et massive extorsion de fonds organisée au profit des banques qui détiennent la "dette grecque", dette grecque que les mêmes banques ont largement et majoritairement contribué à créer avec l’aval sinon le soutien actif des institutions économiques européennes et mondiales !

Honteusement accusé par la Chancelière Merkel (et d’autres) d’être un peuple de "fainéants" et de "profiteurs" des "largesses" d’une l’Union européenne soi-disant protectrice et généreuse, proposés à la face du monde comme exemple de ce que "l’Etat-providence" serait, soi-disant un échec, le peuple grec est pris dans les filets de la mondialisation et doit s’en sortir à toute force, maintenant ou jamais.

Présentée il y a encore quelques mois par les médias européens comme une lutte d’arrière-garde qui n’aurait été le fait que de bandes de "jeunes anarchistes", la réalité que montrent photos, vidéos, témoignages... est tout autre.

L’histoire qui se déroule actuellement, c’est celle d’un peuple qui se soulève progressivement contre ses exploiteurs, contre ses dirigeants, contre ses élites, quelle que soit leur "coloration" politique, contre un système tout entier, ce, quels que soient l’âge, l’opinion, la religion, la situation des manifestants.

Un peuple pacifique mais lucide et courageux, un peuple de la mer, de la montagne, et des villes, qui prend conscience de ce qui est réellement en train de lui arriver, et qui a compris que ses élites et ses dirigeants ont tout fait, à droite comme à gauche, pour lui cacher le plus longtemps possible l’abîme vers lequel ils l’avaient dirigé.

Le peuple grec est confronté à la réalité crue du système capitaliste dans un contexte impérialiste en pleine expansion, et en phase de renouveau agressif . Il est confronté à la réalité des transformations de "l’Etat de Droit", de la Politique, amenées par le déploiement et l"enracinement de l’économie impérialiste sous domination américaine au plus profond des économies européennes.

Un syndicaliste anglais du 19ème siècle, Th. Dunning, rappelait cette loi d’airain, qui se vérifie de tous temps, y compris en Grèce actuellement :

"Le capital a horreur de l’absence de
profit ou des très petits profits comme la nature a horreur du vide. Quand le profit est adéquat, le capital devient audacieux. Garantissez-lui dix pour cent, et on pourra l’employer partout ; à vingt pour cent, il s’anime, à cinquante pour cent, il devient carrément téméraire ; à cent pour cent il foulera aux pieds toutes les lois humaines ; à trois cents pour cent, il n’est pas de crime qu’il n’osera commettre, même s’il encourt la potence. Si le tumulte et les conflits rapportent du profit, il les encouragera l’un et l’autre. La preuve : la contrebande et la traite des esclaves."

Car ce ne sera certes pas "l’austérité" pour tout le monde !

La situation en Grèce révèle également, si besoin était, le vrai visage d’une Union européenne créée par les démocrates-chrétiens, les libéraux et les "socialistes" avec le soutien (politique et financier) des Etats-Unis pour les banques, comme instrument de lutte de classe au service du capitalisme américain et surtout, CONTRE LES PEUPLES.

Porteuse de possibilités révolutionnaires de plus en plus manifestes à l’échelle européenne, la situation grecque et le combat des grecs ne peut qu’appeler naturellement et spontanément une réponse et un soutien sans faille au-delà des frontières, de tous les communistes et de tous les progressistes.

Le Collectif BELLACIAO relève le silence complice de la Confédération Européenne des Syndicats, confédération de paille qui n’a même pas UN MOT pour ses homologues grecs.

Le Collectif BELLACIAO s’interroge sur le fait qu’à l’aube de la mascarade de l’élection présidentielle de 2012, les partis situés à la gauche de l’UMP en France n’aient pas encore organisé à ce jour, fin de la 48ème heure de grève générale massive, jour du vote au Parlement, alors que la milice d’Etat s’emploie à casser des manifestants pacifiques avec une brutalité inouïe, une mobilisation populaire et durable en soutien au peuple grec.

Nous invitons donc d’abord tous les militants progressistes, membres de partis, syndicats et associations de gauche et d’extrême-gauche à alerter leurs dirigeants locaux et nationaux sur cet état de fait intolérable et à réclamer d’urgence l’organisation d’une mobilisation de soutien réelle, populaire, politique, et qui réponde à d’autres objectifs que des objectifs électoralistes.

La solidarité internationale des exploités dans la lutte des classes est la base du mouvement communiste.

Il est intolérable (mais très révélateur , et nous ne sommes pas surpris) qu’aucune condamnation formelle du gouvernement Papandréou et de la majorité "socialistes" au Parlement grec n’ait été entendue à ce jour dans notre pays en provenance du PS et ses alliés habituels, alors même, qu’une fois encore, c’est la France qui fournit au FMI sa nouvelle directrice et que les premiers mots de celle-ci sur la Grèce ont été de réclamer "l’unité nationale" dont on sait ce qu’elle signifie !

Il faudra questionner sévèrement ces "socialistes"-là et ceux qui s’allieront avec eux sans mot dire, et ce quel que soit le motif de l’alliance ("battre la droite - battre Sarkozy") !

A fortiori quand Sarkozy et son gouvernement, bons élèves de l’impérialisme, s’apprêtent à nous enfoncer à notre tour dans plus de dette avec leur "grand emprunt", tout en voulant faire inscrire la rigueur budgétaire et le contrôle des déficits dans notre constitution et en accordant toujours plus de largesses fiscales aux possédants et aux riches ! Cette "dette" qu’ils utiliseront ensuite contre nous quand nous voudrons dire STOP.

Attention : QUI NE DIT MOT CONSENT.

Pouvons-nous consentir à ce que subit le peuple grec ? NON.

L’État français et l’État allemand, avec la complicité active d’autres États, qui appartiennent désormais pleinement directement (par les dettes, notamment) et indirectement (par la corruption des élites, par exemple) à la bourgeoisie, aux multinationales et aux banques ( s’il y a supra-nationalité réelle , elle est belle et bien là ), sont littéralement entrés en guerre contre le peuple grec.

Bientôt, cela sera le tour des Espagnols, des Irlandais, des Italiens, et dans quelques temps aussi, du peuple de la France.

Il faut donc le dire haut et fort :

PAS EN NOTRE NOM !
NOT IN OUR NAME !

Faut-il attendre de voir ressortir de son marais l’hydre de la révolution fasciste, comme dans les années trente (auxquelles les années 2000 ressemblent de plus en plus furieusement) ? Non, il ne faut pas attendre ; quand les fascistes seront pleinement de retour, il sera trop tard.

Il faut s’organiser et organiser la résistance et le soutien aux révoltes de libération dès à présent.

Ce qui justifie d’autant plus le soutien immédiat, par tous moyens, au peuple grec.


2012 n’est qu’une date du calendrier dans l’organisation et la construction de la résistance face à ce qui nous attend tous, partout en Europe, et rien de plus (sinon une tartufferie destinée, encore, à tromper et à endormir le peuple sur la réalité de son avenir).

Ne nous laissons pas piéger par le miroir aux alouettes de la présidentielle et ne nous détournons pas des luttes réelles.

θάρρος και δύναμη στους Έλληνες !

(Courage et force pour les Grecs)

lundi 3 mai 2010

Ma mémé, c'est pas Angela Merkel.


Le discours de JL Mélenchon il y a quelques jours sur Europe 1, répété ce soir sur BFM TV, est un grand moment de prise de pieds dans la burqa idéologique.

Sur la chancelière allemande, notamment, il a dit : "C’est pas une dame de fer, c’est une dame locale, c’est une paysanne d’un coin de l’Allemagne qui ne prend pas ses responsabilités devant l’Europe".

Comment peut-on faire semblant de croire, quand on sait quelle est la formation politique originaire de JL Mélenchon, que Merkel n’agirait ainsi dans l’UE et face à la Grèce que parce qu’elle a des élections dans qq jours? !

Qui trompe qui, là? Qui se moque de qui?

Qui n’ose pas parler de la réalité des choses, qui se met un voile idéologique autrement plus exécrable et aliénant que celui des 2000 femmes que JL Mélenchon poursuit de sa vindicte "libératrice" avec d’autres Valls et Filipetti sur le sujet de la "burqa" (sic)? !

Où sont les gros mots là?

"Paysanne"?

Pfff....c’est minable, insultant, lamentable, a fortiori quand on prétend devenir "président de la république" avec un "gros bâton" (sic).

Ma grand-mère à moi, ma mémé, c’est une paysanne, une vraie.

Une petite femme qui s’est courbée sur la terre toute sa vie jusqu’à 75 ans environ. Elle en a les marques dans tout son corps aujourd’hui, son épaule, sa hanche, ses mains abîmées, sa hernie à l’aine suite à un coup de sabot d’une vache, sa vie difficile, toujours, et dans son portefeuille, sa très maigre retraite, et je ne lui vois rien de commun avec Angela Merkel.

Ma grand-mère, cette paysanne dont moi je suis si fière, et que j ’aime par dessus tout, elle sait planter, elle sait cultiver, elle sait récolter, elle sait faire vêler, elle sait se lever la nuit, qu’il neige, qu’il vente, elle sait regarder les étoiles pour dire le temps qu’il fera, elle connait les champignons, les oiseaux.

Quand on va la voir, à 86 ans aujourd’hui, toute cassée, elle nous fait toujours la cuisine, comme si on n’avait pas bouffé nous les "parisiens" depuis des lustres. C’est son honneur et son plaisir. Chez elle, même si on est pauvre, même si on est rien, on n’a pas faim. Et on rigole bien en regardant la télé, et elle me raconte des histoires politiques "de son temps", comme quand les nazis ont failli fusiller toute la maison parce qu’il cherchait le grand oncle, résistant, communiste. Et que sa cousine montait sur la table de la cuisine pour chanter, à 4 ans, "L’Internationale".

Quand je repars à Paris après quelques jours dans son Berry natal, elle me prend la main, me caresse les cheveux de sa vieille main toute tordue, elle me serre sur sa poitrine de sacré bout de petite bonne femme, et elle me dit doucement "Pense à toi ma petite fille, prends soin de toi, et des tiens, et viens nous voir quand tu veux, ici c'est chez toi".

Elle a trimé dur, sué, pleuré, râlé, peiné toute sa vie depuis son plus jeune âge, sur la terre, sa petite terre ingrate à elle, où elle "crèvera" comme elle dit, parce que sa terre, sa ferme, c’est "son sang".

Angela, ça m’étonnerait qu’elle soit comme ça.

Les vrais gros mots pour Merkel, les seuls appropriés c’est CAPITALISTE, IMPERIALISTE, et ceux là, Mélenchon refuse radicalement de les prononcer.

Ce n’est pas une erreur ni un aveuglement. C’est un choix idéologique.

Et on voudrait que je vote en 2012 pour un type qui non seulement insulte ma grand mère (et tous les paysans du monde) en la comparant à une prédatrice capitaliste comme Merkel, mais qui en plus, s’enroule dans des voiles idéologiques pour mieux nous rouler nous dans la farine?

Eh, j’suis pas un merlan!

JL Mélenchon n’aura jamais ma voix, et je ferai tout, à mon petit niveau, pour qu’il en ait le moins possible et qu'il ne soit pas le candidat de "la gôche de gôche" en 2012.

Oui, comme ça. Parce que son "paysanne" plein de mépris et de morgue parisianiste, je l'ai pris comme une gifle dans la gueule. Mais surtout, parce que j'aime pas qu'on essaie de nous faire passer les vessies pour des lanternes, et que ça va , Mitterrand, "la gôôôche", on a déjà donné et on a vu le résultat.

Fraternellement à tous les communistes où qu’ils se trouvent.


mardi 13 avril 2010

Emploi, industrie, salaires, retraites: Se battre chaque jour contre les incitations à la soumission et au renoncement !



L’actuelle offensive de la bourgeoisie contre notre système de retraites offre une nouvelle occasion aux journalistes aux ordres dans certains médias de mener derechef une campagne idéologique d’incitation à la soumission et au renoncement.

La fatalité est instaurée comme contexte préalable de toute réflexion : "On n’a pas le choix, c’est comme ça...".

Les concepts sont tordus, dévoyés, au besoin, le mensonge est utilisé sans scrupule ( Laurence Parisot est une experte en la matière, entre l’espérance de vie de 100 ans et les prétendus "dividendes" à distribuer si la retraite n’avait pas été reportée à 60 ans), les idées sont passées à la moulinette de l’idéologie dominante qui travaille pour le seul profit des intérêts des capitalistes.

Les opinions divergentes peinent à être présentées et entendues.

Jusque dans les organisations politiques et syndicales des travailleurs, des voix se font entendre qui, mettant en avant "la raison", "la nécessité", posent comme un fait acquis insusceptible de remise en question que la réforme (qui n’a bien évidemment pas ici le sens qu’on pourrait prêter à ce mot) du régime des retraites est inévitable, absolument nécessaire, incontournable et qu’il va bien falloir trouver un "compromis".

- Sur le sujet des retraites, la plupart des rares "personnalités" autorisées à jouer le rôle du contradicteur sont, malgré des apparences parfois radicales et dures, des personnes dont le système sait parfaitement qu’au final, leurs intérêts de caste l’emporteront sur les intérêts de la classe ouvrière, et servent de deuxième fer au feu pour préparer un "compromis" qui se fera inévitablement sur le dos des travailleurs.

On commence déjà à instiller l’idée que si nous obtenons de ne pas voir la durée de cotisation allongée ni l’âge de la retraite repoussée, et bien, braves gens, ce sera bon, et on pourra signer une augmentation du taux de cotisation qui, évidemment ne concernera pas uniquement la part patronale des cotisations. Mais enfin bon, "c’est comme ça, il faut savoir ce que l’on veut, qu’auriez vous préféré?..."

Le tout pour reporter à dans quelques années la question du règlement pérenne de notre régime de retraite et en refaire un enjeu électoraliste, sans doute, ‘faut bien alimenter le système.

Il faut donc le rappeler et le dire avec force : non, dans "la vie", dans une vie, dans nos vies, il n’y a rien d’écrit, il n’y a pas d’autres "fatalités", je pense, que la maladie et la mort. Et même de la maladie, la volonté et la raison humaines parviennent à en triompher parfois.

Tout le reste, de notre premier cri, de nos premiers pas, notre premier travail, notre première augmentation de salaire, en passant par notre premier amour, notre première voiture, notre première cuite....TOUT le reste de nos vies devrait nous rappeler quotidiennement que ce que nous obtenons est toujours le fruit d’un combat, parfois âpre et douloureux, et d’une volonté qui est souvent dictée par la nécessité devant laquelle nous placent nos conditions de vie.

«LA OU IL Y A UNE VOLONTÉ, IL Y A UN CHEMIN»

Voilà ce que nous devrions toutes et tous garder gravé en lettres de feu dans un coin de nos cœurs et de nos têtes, pour nous éclairer quand nous traversons des heures sombres.

Bien-sûr, parfois dans la vie, pour transformer une défense en victoire, il faut aussi un peu de chance. Mais la chance sans volonté n’a jamais fait gagner personne, et puis la chance, ça se tente.

La première volonté que nous devrions avoir est de ne pas céder à la propagande catastrophiste, démobilisatrice, la première de nos volontés devrait être de refuser fermement les incitations constantes, quotidiennes à la soumission et au renoncement, sur toutes choses qui concernent très directement nos vies.

L’exemple des retraites est un excellent exemple.

En réalité, non, il n’y a pas de "problème de financement" contrairement à ce qu’on nous claironne chaque jour.

Il y a avant tout un problème de volonté politique des gens qui nous gouvernent depuis quelques décennies pour PRENDRE L’ARGENT là où il se trouve, et là où, légitimement, il doit être pris.

Et si nombre de personnes "à gôche" sont mal latéralisées, ce n’est pas à nous de le payer.

- La question de la bataille pour l’emploi et les salaires est exactement du même ordre et souffre des mêmes faiblesses dans son incarnation institutionnalisée. Elle peut être abordée de la même façon.

Il est très troublant de constater l’engouement que la plupart des médias (et des politiques) ont eu pour des luttes "de dernière extrémité" qui avaient principalement pour objet d’obtenir de meilleures indemnités de licenciement (ce qui ne disqualifie évidemment pas les luttes des travailleurs mais les place dans une autre perspective), et que, parallèlement, toutes ces personnes ont négligé et négligent encore (le mot est faible) les luttes qui se sont axées dès leur origine sur la préservation de l’emploi, et notamment de l’emploi INDUSTRIEL en France (on le constate avec la SBFM ou GOODYEAR ou FORD par exemple).

Pourtant, la question non seulement du maintien, mais également du développement de l’emploi et particulièrement de l’emploi industriel, est une question absolument fondamentale pour ce pays, a fortiori dans le cadre de l’Union européenne.

C’est d’ailleurs très « incroyable » que la question n’ait pas été posée plus nettement par nombre de soi-disant "amis de la classe ouvrière" qui se sont emparés comme des charognards du dossier des « CONTI », puisque CONTINENTAL -AG est bien une entreprise allemande basée à Hanovre, et que c’était l’occasion de poser à plein les bonnes questions !

Pas une seule fois la question de l’Union européenne et de l’hégémonie allemande n’a affleuré publiquement dans le traitement de ce dossier, pas un seul cadre ou homme politique ne l’a posée directement.

Ceux qui croient que, « simplement », l’Union Européenne aurait anéanti la question de ce qu’on peut appeler les "marchés nationaux" font erreur.

L’UE n’a pas anéanti cette question, elle a simplement déplacé, une fois encore, comme la CEE l’avait déjà fait, et comme la CECA avant elle, l’utilisation faite de ces marchés nationaux par les capitalistes dans le cadre plus général du capitalisme mondialisé.

Ceux qui croient que l’évolution intra-européenne du capitalisme est arrivée à son terme avec l’Euro et la signature du traité de Lisbonne, et que l’UE formerait désormais une unité économique cohérente mettant les capitalistes européens tous peu ou prou « du même côté » contre des "envahisseurs étrangers" type USA , Chine etc, font évidemment erreur.

Pire, pour certains d’entre eux, ils MENTENT effrontément !

L’Union Européenne ne sera JAMAIS un "Etat national unitaire" au sens strict du terme –sauf au terme d’une guerre néo-colonialiste qui sera forcément sanglante.

En conséquence, elle sera toujours un assemblage d’États aux intérêts jamais complètement solubles, très souvent divergents, souvent d’ailleurs, sous la pression des peuples qui les composent, Etats qu’il est impossible de mettre absolument d’accord (en tout cas pour l’instant) sur tout, parce que, entre autre, justement, la composition du bloc au pouvoir au niveau européen est comme partout, elle est hétérogène, elle comporte des blocs de la petite bourgeoisie, de la bourgeoisie strictement nationale, de propriétaires fonciers, de capitalistes financiers, de banquiers.... ayant ou non partie liée, plus ou moins, avec tels types de capitaux et pas d’autres.

La guerre de classe au sein du bloc au pouvoir, entre différentes fractions de la bourgeoisie, n’est absolument pas effacée par l’avènement (croit-on) du "capitalisme financier" ni par l’Union européenne, ni par la mondialisation - elle est au contraire avivée par tout cela et prépare actuellement un tournant.

La guerre de classe (qu’on l’appelle « compétition », ou plus justement, « concurrence ») qui se livrait autrefois au sein de ce bloc au pouvoir sur le seul territoire national ou disons, principalement sur ce territoire, jusque dans la première moitié du 20ème siècle, a été déplacée, ou plutôt, étendue, sur un autre échiquier qui est celui de l’Union Européenne, et la guerre entre certains aspects nationaux du capitalisme a pris d’autres visages et d’autres biais il y a quelques décennies.

De nouvelles hiérarchies ont ainsi été reformées. Des positions dominantes sont devenues hégémoniques. Certaines positions se sont écroulées. De nouveaux pôles ont été créés, sont en train d’être créés, qui sont en équilibre entre ce que leur permettent leurs positions dans les divers cercles concentriques : économie mondiale- économie européenne -économie nationale.

Le nouveau tournant dans la politique de désindustrialisation de la France entamé il y a 30 ans ne peut pas être compris si on ne replace pas la France dans son contexte exact, de « l’amitié franco-allemande » (anticommuniste) mitterrandiste, de l’Union Européenne, et du capitalisme mondialisé, en tant que France et en tant qu’un des principaux pays européens.

Il est vrai qu’un des effets (très rares) positifs de ce nouvel assemblage est à ce jour, d’avoir éloigné les spectres martiaux du sol de quelques « vieux états européens » (ce qui n’a pas empêché certaines guerres dans de plus jeunes pays "accédants"). Mais n’était il pas envisageable de parvenir au même résultat (la paix dans cet endroit du globe) sans jeter sur la paille des millions et des millions d’individus ? Et pour combien de temps ?

La politique de désindustrialisation de la France ne peut pas être comprise (et donc, combattue) si on baigne dans l’angélisme des théories économiques social-démocrates sur l’Union européenne, ces théories qui refusent obstinément de parler de la domination industrielle et financière des pays de l’ancienne ZONE MARK dans l’Union européenne et notamment, de l’hégémonie allemande en Europe.

Cette ultra-domination allemande, ce n’est pas un mythe : je précise, en 2008, l’Allemagne est la 4ème puissance économique mondiale, première de l’UE, premier exportateur mondial de biens devant les USA et la Chine ; 33 % de la population active travaillent encore dans le secteur industriel (auto, électronique, chimie notamment), même si c’est aussi le secteur tertiaire qui est le premier employeur de ce pays. Elle est également un des premiers producteurs d’acier au monde (source EUROSTAT).

L’ultra-domination allemande, on la vérifie également au niveau politique au sein de « la zone Euro » (voir le poids considérable – assassin- de l’arbitrage allemand au sujet de la dette grecque).

La « zone Euro » finalement, c’est une extension de la « Zone Mark » qui ne dirait pas son nom. C’est un règlement politique et économique d’une question qui aurait tourné à la troisième guerre mondiale si elle n’avait pas été réglée. Et à ce stade, chacun avait alors intérêt à ce qu’elle soit réglée ainsi.

C’est dans ce contexte, compte tenu de ces éléments économiques très concrets, que s’est stabilisée la place particulière de la France dans l’Union européenne et dans le monde.

La France, qui, comme de nombreux pays de l’UE, a perdu (a voulu perdre) la bataille industrielle contre le leadership allemand, en partie du fait de la structure originaire de « son » capitalisme « national » et des modifications de celui-ci ces 50 dernières années, est devenue dangereusement dépendante des divers subsides et aides européens.

C’est pour cela que la classe politique institutionnelle française, à « droite » comme à « gauche », a majoritairement tendance à préserver le mythe de l’Union européenne comme « facteur de développement des peuples », « facteur de paix et de stabilité géopolitiques ».

Et c’est parce que les luttes pour maintenir et développer l’emploi industriel en France révèlent immédiatement ces aspects-là, (parce que au-delà du seul maintien, il s’agit de le maintenir POUR L’AVENIR, de sorte qu’il soit tout à fait compétitif, pas pour les patrons -dont on se rendra compte un jour que nous n’avons pas "besoin" -, mais pour les travailleurs, non sur les questions de "coûts du travail" que nous bassinent les capitalistes, mais sur les questions de recherche et développement, d’avancées technologiques et écologiques), parce qu’elles projettent directement les gouvernants au cœur de la question germano-européenne, de la question impérialiste, au cœur de la domination nord-américaine (loin d’être finie contrairement à ce qu’on nous répète), parce que ces luttes impliquent des questions inévitables et assez simples, qui impliqueraient elles-mêmes des prises de position extrêmement claires et fortes de la part de toute une caste qui vit aux crochets de la politique européiste (même parmi certains de ses plus ardents ennemis déclarés),donc, sur le dos du peuple du travail, c’est pour cela que ces luttes là, elles ne sont ni popularisées, ni soutenues ni médiatisées.

La France (la classe capitaliste, la majorité du "bloc au pouvoir") a vendu son « âme industrielle au Diable » il y a quelques décennies de cela, en contrepartie du soutien et de la protection politique de ce qui allait devenir l’Union Européenne contre le « péril communiste » (socialisme fort qui était une possibilité réelle dans notre pays, rappelons-le au cas où nous l’aurions déjà oublié - et puis aussi, sans lier nécessairement socialisme et URSS, mais quand même, la France était véritablement un élément essentiel dans la stratégie anti-soviétique).

Le rôle particulier des syndicats de métallurgie et de mineurs allemands à tendance chrétienne (et anti-communistes) dans la création puis la pérennisation de la CES, cet instrument de répression de la lutte de classe et d’étouffement des révoltes populaires dans les entreprises, est évidemment à rappeler.

Dans les interstices, de plus en plus grands, laissés par la « désindustrialisation pro-germanique », les USA avaient avancé leurs pions, sous forme financière, momentanément, et ils les retirent désormais, confrontés qu’ils sont, comme tous, à l’implacable baisse tendancielle du taux de profit.

C’est pour cela même que tout est fait pour les étouffer, les nier, ces luttes pour l’emploi dans l’industrie en France actuellement - ah comme c’est pratique d’avoir de bons amis patrons de presse (sans parler du nombre de titres détenus par des conglomérats allemands ou pro-germaniques comme Gruner und Jahr , RTL etc...justement).

Parce qu’il ne faudrait surtout pas que les travailleurs de ce pays prennent conscience de l’énorme couillonade qu’est l’Union Européenne, de la mascarade des "politiques de l’emploi" bidons qui coûtent des dizaines de millions chaque année aux contribuables (majoritairement nous-mêmes donc !) et qui ont pour seul objectif de permettre aux pays de l’ancienne "zone Mark" de se gaver sur le dos des peuples de l’Union européenne et aux actionnaires nord-américains de se gaver en Inde ou en Chine.

Parce que ce choix politique là, cette volonté politique là, partagée, et comment, par de nombreux idéologues « de droite » comme « de gôche » (au besoin en leur faisant avaler la pilule par des mystifications idéologiques grossières) elle PAIE.

Plus exactement, elle apporte du blé à certains groupes d’intérêts facilement identifiables, même si elle condamne à moyen terme, sans aucun doute, la majorité d’entre nous.

Nous ne nous en sortirons pas sans politique industrielle, sans politique de ré-industrialisation de la France.

Un pays sans industrie forte est un pays mort, ou en voie de mort quasi-assurée.

Sur ce point aussi, il est urgent de refuser la fatalité, de lutter contre l’incitation au renoncement, contre l’invocation de la soumission nécessaire.

Et il est urgent que nous jugions ceux qui se proposent à nous pour briguer des suffrages à la mesure de ces questions fondamentales. Le « mieux » est souvent l’ennemi du « bien ». A ces questions cruciales pour notre avenir et celui de nos enfants, il va falloir exiger de certains des réponses claires et précises, très rapidement.

lundi 8 juin 2009

ELECTIONS EUROPÉENNES: CONFIRMATION DU "NON" DE 2005 ET DÉFAITE DE L'UMP




Voilà.

Je suis contente.

Contrairement aux tristes sires "de gôche" qui pleurent sur le cadavre de la social-démocratie, ou qui sont affolés par le taux d'abstention, contrairement aussi, aux réformistes qui se réjouissent comme d'une grande victoire d'avoir obtenu 2 ou 3 sièges à un Parlement sans AUCUN pouvoir POLITIQUE, et contrairement enfin, à ceux qui paniquent (ou se pâment d'extase) devant le score d'une liste soi-disant "écolo" emmenée par une bande de comiques-troupiers qui n'ont pas compris, manifestement que, comme dit justement Gérard Filoche, "pour sauver la banquise, il faut d'abord être contre les banquiers", et qui ont été bien aidés (c'est un euphémisme) par la diffusion du film "Home" l'avant -veille du scrutin, aujourd'hui, je suis CONTENTE.

Et oui.

Que voulez-vous.

Je suis une optimiste de nature.

A peine cette satisfaction est-elle tempérée par les scores "honorables", mais en baisse, de l'extrême droite ( FN et Libertas).

D'abord, on le savait, si on était sérieux 5 minutes, pour la vraie gauche anticapitaliste (socialiste, communiste, révolutionnaire), il n'y avait pas (il n y' a jamais eu!) grand-chose à attendre d'un tel scrutin, fort heureusement ( nous n'avons pas toutes et tous perdu la tête au point de devenir "européens convaincus" et de s'entre-déchirer sur des sujets aussi mineurs que l'enjeu d'une poignée d'élus à un parlement croupion).

Cela ne signifie pas qu'il n'y ait rien à dire sur le Front de Gauche, ou le NPA. Mais chaque chose en son temps.

"Europe écologie" - les 16 % d'électeurs (sur 40 % des inscrits donc) qui ont donné leur voix à cette liste emmenée par ce qui sera toujours, de mon point de vue , un charlatan politique, l'ont fait principalement parce qu'ils identifient l'écologie comme le seul enjeu véritable dont le Parlement puisse s'occuper ( ce qui n'est pas faux), parce que Cohn Bendit passe, à tort ou à raison pour un "vrai européen", un type qui connaît bien l'Union Européenne.

Et puis il faut dire aussi que c'est un vote "bonne conscience", largement favorisé par le tapage médiatique fait depuis des semaines autour du film Pinault-Arthus-Bertrand, et par la promotion en général, de l'écologie à la sauce libérale, (à moins qu'il s'agisse de libéralisme écologiste).

C'est vachement moins fatigant de mettre un bulletin soi disant écolo dans l'urne une fois tous les 5 ans, que de se battre sérieusement contre, d'abord, le capitalisme, qui bousille notre planète (et oui, on reparlera aussi de cette "écologie" qui désigne "les gens", le "citoyen" comme cause première déterminante de ce qui arrive à notre planète...)

Il faut s'appeler Cohn Bendit pour soutenir avec aplomb et sans rigoler, que l'écologie peut se moquer des clivages marxistes, et peut se passer du combat anti-capitaliste.

Bien sûr, on ne verra jamais Bové ni Joly à la porte d'une usine, Cohn Bendit ne mettra plus les pieds en France avant la prochaine élection où leur attelage pourra grappiller quelques bonnes places, ils ne construiront aucun relais associatif ni politique local, pour leur projet, (normal, ils n'en ont pas d'autres que d'aller siéger au Parlement européen, et c'est très bien comme ça) - et bon, il y a fort à parier, comme toutes les "forces vertes" capitalo-compatibles, celle-ci fera "pschitt" comme dirait Chirac ...

Pour les autres échéances, l'électorat de ce groupe ira ensuite probablement se fondre en partie dans la droite, dans la gauche, et dans l'abstention...

Le PS - ah le PS....!

Bon, il finit de mourir, "achevons-le, il souffre".

Il s'est enterré en 2002 quand Jospin a lâché le morceau - " mon programme n'est pas socialiste" - , puis, le jour où l'appareil a décidé de renier le choix qui avait été fait par les militant-e-s pour la candidature à la présidentielle, quand l'état-major du PS a décidé de bafouer ouvertement le choix des adhérents en "coulant" littéralement la campagne de Royal (entendons-nous bien, ceci n'est pas un plaidoyer ni pour Royal ni pour un "parti démocrate", mais simplement un constat, une analyse, qui, je pense, se vérifiera: pour diverses raisons, à ce jour, la seule capable de "sauver le PS" en le tuant et donc, en le transformant profondément dans le sens du parti démocrate qu'il est déjà, c'est Royal et personne d'autre).

"Les gens" , comme ils disent au PS, sont peut être "cons", mais pas à ce point. Le message du PS aux adhérents et électeurs est très clair depuis presque 10 ans: c'est l'autisme politique complet. Royal a perdu et Sarkozy a gagné grâce au PS avant tout.

Bis repetita avec le Traité de Lisbonne adopté, personne ne l'oubliera, grâce à l'abstention PS.

On recommence avec la désignation foireuse de la première secrétaire ( ce pauvre Hamon est un symbole à lui tout seul des maladies séniles dont souffre le PS, et il a d'une certaine manière, mérité sa défaite, car politiquement, il a un comportement de baudet, ce dont il a témoigné il y a quelques mois en choisissant Aubry contre Royal).

Résultat: fort logiquement, aux Européennes, le PS est en 2ème position à égalité avec Europe Ecolo-bobo à 16 %, loin derrière l'UMP. Ne rêvez pas, le PS ne s'en relèvera jamais. C'est la loi de l'histoire politique.

Et puis voilà, alors que Le Figaro, et toute la clique de journalistes soit carrément payés par la droite, soit aux ordres de celle-ci (y compris par auto-censure), alors que tous ces plumitifs et parlivores chantent à tue-tête la "victoire" de l'UMP, je regarde attentivement les résultats et je ne m'empêche pas d'afficher un grand sourire.

D'abord, c'est bien la confirmation appuyée du vote de 2005 contre le TCE.

Donc, où est la surprise? Non, "les gens", décidément, ne sont pas si "cons"...et en tout cas ils gagnent en mémoire, manifestement.

Ensuite, la droite est à nouveau divisée, alors qu'elle avait des programmes à peu près identiques.

Et ça c'est bien.

Et puis enfin, et surtout, 28.5 % de 40 % de votants, à un scrutin traditionnellement chouchouté par la droite, c'est une "grande victoire" pour l'UMP et Sarkozy ça?

Sarkozy , le type qui a présidé l'Union Européenne pendant 6 mois?

Elle est bien bonne celle- là!

Rafraichissons-nous la mémoire - en 2007, au premier tour, il y avait eu 83.77% de votants, et Sarkozy avait réalisé 31.18 % des suffrages.

Moi, personnellement, passer en 2 ans, de 31.18 % de 83.77 % de votants, à 28.5 % de 40 % de votants, j'appelle ça une grosse fessée (et ce n'est pas le nombre de députés envoyés au Parlement grâce à un tripatouillage des circonscriptions monstrueux qu'il faut prendre en compte).

Alors mes amis et camarades, oui, ça se fête!

L'étoile de notre Ceaucescu "à nous" a manifestement commencé de pâlir, et nous allons être débarrassés politiquement ( je l'espère), au moins momentanément, de quelques personnes nuisibles au pays...

En effet, nous avons bien un "boulevard" qui s'ouvre pour un mouvement anticapitaliste et révolutionnaire si on arrête de faire les cons, et qu'on s'attelle toutes et tous à la construction nécessaire d'un projet politique (je ne parle pas du catalogue de mesures qu'on a pris l'habitude de dénommer programme et qui "jaillit" en période de campagne électoral), dans le respect de nos diversités, maintenant.

Allons-y!

mardi 31 mars 2009

On ne sortira pas de nos chaînes en luttant contre l’U.E. par la voie souverainiste, mais en imposant le peuple comme sujet politique marxiste (II)



Je poursuis ma publication...

Objectif: convaincre que se qui se livre aujourd'hui c'est bien une bataille de la nation (ce qu'elle est devenue) contre le peuple avec le soutien plein et entier de l'UE...et qu'il faut donc abandonner la voie obsolète de la défense de la nation pour s'approprier celle de la défense du peuple et de la république (la vraie!)
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2. La France, oublieuse de la République, fondée sur la souveraineté nationale, et corsetée par la démocratie bourgeoise.

La souveraineté en France EST nationale, et non pas populaire.
C’est bien ce qui rend la construction de l’UE possible.

De mon point de vue, pour entamer toute discussion sérieuse sur ce sujet, c'est fondamental de bien lire et de comprendre ce que signifie cet article 3 de la Constitution de 1958 (qui vient de loin).
Oui, on y lit que la souveraineté nationale "appartient au peuple" MAIS surtout on lit que la souveraineté EST d'abord nationale.

J’ouvre une parenthèse : Je crois que dans nos analyses politiques, nous sommes gravement handicapés par un certain révisionnisme que je dirais stalinien (et ça ne concerne pas que le PCF) des thèses marxistes et léninistes que nous avons subies pendant des décennies.

Souvent quand je discute avec des camarades étrangers, ils sont surpris que le PCF français, voire, le communisme en France, soit encore aussi sclérosé et dépendant de conceptions héritées de la IIIè Internationale post-léniniste. Cela a une explication assez simple je pense.

Du fait de notre tradition jacobiniste (y compris « à gauche » ), terreau fertile pour ce révisionnisme (puisque Staline, dont on connait les difficiles rapports avec le marxisme, était bien ce que Lénine lui-même appelait un chauvin, un nationaliste au fond, qui a contribué à construire l’impérialisme soviétique), nous avons été un des PC les plus profondément touchés par cela, même chez de très nombreux camarades de bonne volonté et de grande intelligence. C’était en fait la rencontre de deux cousins.

Je note également que le PCF, au « temps de sa splendeur », s'il a connu beaucoup de poètes, de philosophes, d'ingénieurs, d'historiens, et d'économistes dans ses « intellectuels » n'a eu quasiment aucun juriste de talent dans es rangs. Cette ignorance , ce mépris même d’une réalité politique qui s’appelle le Droit, fondée sur la vieille antienne gauchiste que « le droit c’est bourgeois » est révélateur de la dégénérescence idéologique qu’a commencée à subir le PCF à partir des années 40.

C’est pour cela aussi que la France est un des pays d'Europe où le trotskisme, en tant que symbole et force antistalinistes aussi, est resté le plus virulent, le plus vivace, corrélativement. Il correspondait à une nécessité dans le mouvement communiste.

Mais revenons à nos « moutons »:

Je ne reprends pas ici in extenso l’analyse politique du concept de « nation » aujourd’hui qui m’amène à poser comme hypothèse que la nation exprime d’abord la coalition héritée des Lumières entre petit-bourgeois, paysans et bourgeois, en quelque sorte « contre » les prolétaires et notamment contre les ouvriers.

C’est la théorie de la nation comme condition politique du développement, plutôt, de l’expansion du capitalisme en France au moment de la Révolution, en gros.

Je ne reviens pas sur le fait que je ne nie pas que cela existe (encore faut-il voir dans quelles conditions autoritaires cette existence a-t-elle été rendue possible cf. abandon des langues régionales, des coutumes, des parlements locaux, remplacés par la « décentralisation » et la « déconcentration » partielle), que cela ait pu être nécessaire à l’émancipation, je connais la nécessité de replacer la naissance des contextes politiques modernes dans un certain contexte, je ne nie pas que le sens de ce concept n’est pas figé et a évolué (à la marge selon moi)…

Mais, cette hypothèse de la nation comme expression politique d’une coalition, à l’époque émancipatrice, révolutionnaire, mais coalition figée, articulée autour de la bourgeoisie (bourgeoisie qui s’est ensuite débarrassée politiquement et économiquement de ses encombrants alliés), c’est l’hypothèse à laquelle je tiens le plus, et personne ne m’a démontré encore la fausseté de cette hypothèse.

Dans le cadre bourgeois de l'interprétation et de l'application de la constitution française qui est le notre actuellement, ce terme de "peuple" ne veut pas dire grand chose pour nous, MAIS c'est une brèche importante de lutte politique contre le capitalisme, brèche dans laquelle malheureusement nous ne nous engouffrons pas.

La plupart du temps, nous nous contentons de répéter, parfois assez bêtement « souveraineté populaire » (après avoir dit avant « indépendance nationale »…) – bien !

(Question : mais c’est quoi la « souveraineté populaire » « dans l’absolu » ? C’est quoi d’ailleurs la réflexion politique « dans l’absolu » sur ce type de sujets, sinon du pur idéalisme?)

Et tout en disant « nous défendons la souveraineté populaire » (ce qui est vrai dans l’intention pour beaucoup de communistes mais faux dans les faits pour des raisons tenant toutes à cette erreur d’analyse à la base), nous défendons finalement d’abord la nation !

Alors oui, nous devons ENFIN nous engouffrer dans cette brèche (la dernière qui nous reste ouverte avant le fascisme). Celle du PEUPLE.

Justement parce que AUJOURD’HUI il n'y a pas de reconnaissance POLITIQUE du "peuple-classe", puisque la citoyenneté (c’est-à-dire le lien entre le peuple, l'Etat et le territoire, en résumé) est définie par l'appartenance nationale, et parce que de souveraineté (au sens démontré magistralement par le Carl Schmitt époque nazie, qui a « bien eu » Hindenburg et la République de Weimar finalement: "Est souverain celui qui décide en situation exceptionnelle"), il n'y a de souveraineté reconnue en France que nationale.

Est ce un hasard ? Non.

Est-ce que c’est une nécessité ? Est-ce que « scientifiquement », du point de vue de la théorie de l’Etat, de la théorie constitutionnelle, c’est parce qu’on ne peut envisager une souveraineté autre que nationale (ce qui serait la preuve par A + B que je me trompe) que c’es ce qui existe chez nous?

– NON !

Il existe au moins une autre souveraineté que nationale, c’est la souveraineté populaire, et elle a existé comme réalité politique dans la Constitution de l’AN I en France par exemple (pas de bol il y a eu la guerre, la Terreur etc. – donc, aux oubliettes).

De mon point de vue, donc, tenter de nous débarrasser de l'Union Européenne, en invoquant la « souveraineté de la nation », ou son « indépendance », ça n’est que renforcer nos fers (si on admet ma théorie que l'Union Européenne est encore fondée sur les Etats-Nations, même diminués ou rabougris). C'est le noeud coulant - plus on tire plus il étrangle.

Je m'explique davantage encore.

Ce débat sur l'utilité, la nécessité pour nous communistes, de "valider" politiquement la nation, débat que nous avons depuis des décennies ici, ce n'est pas/plus le notre. C'est ce que je veux dire quand je dis, peut être était-ce une piste pertinente en 40/50, aux débuts de la construction de l'Union Européenne. Mais l'est- ce toujours? Le monde n'a-t i l pas changé depuis? Si oui, comment?

On ne peut pas oublier, dans nos analyses politiques que la bourgeoisie n’est pas uniforme, qu’elle n’a pas les mêmes intérêts particuliers pour tous et qu’entre les capitalistes, il y a une féroce concurrence aussi. C’est la base de la théorie que Lénine développera sur le thème de l’impérialisme. Il l’explique et le démontre parfaitement dans « Impérialisme stade suprême du capitalisme ».

J’en viens donc à la conclusion que ce débat (« UE vs indépendance nationale »), comme nous y participons, c'est en réalité celui de deux idéologies capitalistes qui s'affrontent - celle qui représente le capitalisme financier mondialisé vs le capitalisme plus industriel, local, disons, cette frange du capitalisme "local" qui tente de résister à la nouvelle vague de concentrations et mondialisation que va provoquer la crise actuelle, contre les plus "petits".


Les premiers cités, les très gros ont, je pense, en toute logique, un grand intérêt à défendre l'UE - Etat unitaire, (ce n'était pas la conception giscardienne par hasard , ce vieux croqueur de diamants connaît trop bien la chanson), et les plus petits, disons les capitalistes plus "protectionnistes", eux, ont intérêt à défendre, pour rester concurrentiels, un cadre plus restreint, qui leur laisse une possibilité d'agir sur les économies locales via l'Etat-nation justement, dont ils dépendent pour vivre bien plus que leurs comparses.

Moralité à ce stade : en basant notre combat contre l’Union Européenne, légitime, juste, nécessaire, sur un pivot qui est malgré tout ce que nous pouvons en dire, "souverainiste", nous nous plaçons ouvertement aux côtés des capitalistes de "moyenne taille". Nous acceptons même de servir leurs desseins (je sais j’entends des camarades, toujours les mêmes qui hurlent « gauchiste » !). Lisons jusqu’au bout voulez-vous ?


Je ne dis même pas que nous nous placerions aux côtés des "petits bourgeois". Je dis que nous appuierions les héritiers directs de ceux dont Lénine parlait déjà dans "Impérialisme stade suprême du capitalisme".

C ‘est à dire ceux qui sont appelés à se faire dévorer par plus gros qu’eux.


C'est là que le révisionnisme staliniste dans la re-lecture de Lénine joue à plein, puisque c'est cette relecture qui va commander, alors, de faire cette alliance avec les plus petits capitalistes pour, soi disant, contrer les très gros.

Comme si Lénine avait jamais pu conseiller une chose aussi monstrueuse, lui qui, justement a écrit maintes fois, dans ses controverses avec Trotski, ou Kautsky, le contraire!

Et en outre à supposer que la stratégie que j’appellerais stalinienne ait pu être valable à une époque où existait un impérialisme soviétique capable d’en imposer à une partie de la bourgeoisie française, est-on encore dans ce cas ? Non il me semble. Ce serait donc David qui donnerait à manger à Goliath en ayant oublié sa fronde à la maison!

Et c'est là que la notion de souveraineté nationale, d’indépendance nationale, nous fait un tort considérable (pour d'autres raisons également, et je n'y reviens pas ici, mais quelles que soient les pincettes qu’on prend, c'est bien le terreau du transfert d'une partie de l'électorat PCF au FN dans les années 80/90).


(..) A suivre!

dimanche 29 mars 2009

On ne sortira pas de nos chaînes en luttant contre l’U. E. par la voie souverainiste, mais en imposant le peuple comme sujet politique marxiste! (I)



Je vais publier ici un petit essai sur l'UE, la nation, le peuple , la souveraineté...Je le publierai en plusieurs parties car c'est un peu long - il est disponible intégralement en .doc à l'adresse mail du blog...

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(Etat, nation, peuple, souveraineté, république, Union Européenne, internationalisme).

La période actuelle est propice (et pas seulement pour des raisons liées à l’approche des élections au Parlement de l’Union Européenne) à rebattre les cartes politiques et à initier un mouvement de renaissance de la philosophie politique marxienne.

En d’autres termes, cette période de crise du capitalisme est le moment idéal pour nous communistes pour recommencer à souffler un peu de vie dans le cadavre de la philosophie politique de Marx.

On entend et on lit beaucoup de choses sur ce sujet global ( Union Européenne, nation, Etat etc.) notamment chez les communistes, des choses plus ou moins heureuses, plus ou moins pertinentes, mais malheureusement, en tout cas, à mon goût, on ne trouve actuellement que très peu de tentatives de faire revivre cette philosophie politique, cette théorie de l’Etat (oui je sais que cette expression va en crisper certains, mais je vais m’en expliquer), Etat qui doit être « détruit » ou « aboli », particulière en germe chez Marx.

Mais il y a en tout cas, et quelles que soient les critiques que je vais apporter ensuite à ces réflexions, la manifestation d’un très fort désir chez de nombreux communistes de refaire vraiment de la politique, et cela est extrêmement positif et encourageant.

Ma critique sera donc une critique amicale, sans concession, mais en tout cas, pleine d’optimisme, pour que nous continuions toutes et tous à pousser dans le sens de d’une réappropriation de la pensée politique par les marxistes, et notamment par les communistes.

D’ailleurs, ce qui m’a « inspirée » récemment à écrire de nouveau sur ce sujet qui me fascine et me tient à cœur, c’est notamment la lecture de quelques textes publiés par des camarades[1] sur ce même thème, ainsi que les nombreux échanges (parfois même très violents) que j’ai depuis longtemps sur ces sujets avec plusieurs camarades, communistes ou anarchistes, d’où qu’ils viennent.

Ce n’est pas un « scoop » pour les quelques-uns qui me lisent depuis assez longtemps, je milite pour l’abandon de la référence par nous, communistes, à la nation et à l’indépendance nationale comme « alpha et oméga » de notre lutte politique contre l’Union Européenne. Je milite aussi pour le remplacement de ces concepts par celui de souveraineté populaire. Non par coquetterie, pour imposer une vue prétendant qu’elle est originale et que cela seul justifie qu’elle soit débattue, mais bien parce que je pense que c’est une condition fondamentale du renouveau de notre lutte. Je vais donc revenir à nouveau sur ce point, crucial je pense, en essayant d’être encore plus claire, encore plus précise dans ma démonstration.

1. Nos difficultés théoriques viennent d’une mauvaise analyse de l’Union Européenne comme objet politique.



Et si une de nos difficultés théoriques (et consécutivement, pratique) à conceptualiser la relation internationalisme/nation / Union Européenne, venait en grande partie d'une mauvaise analyse politico-juridique de ce qu'est l'Union Européenne?

Le postulat en vigueur chez de nombreux communistes sur cette question est le suivant :
l’Union Européenne, objet politique supranational, serait opposée, contraire, à "nation et indépendance nationale" et donc, à la souveraineté populaire à cause de la prétendue perte d’indépendance nationale (ce qui est important c’est le lien consubstantiel établi entre tous ces éléments dans ce postulat).


Ce postulat- là, fondamental dans la critique communiste française de l’Union Européenne, je le conteste.

Cela ne signifie pas qu'il n' y a pas un problème d'indépendance de « quelqu’un » « quelque part », il y en a même un très gros, mais pas d'où on pense, je m'explique....


Il faudrait être précis d'abord, pour avoir une analyse scientifique de la question et donc, une analyse qui tienne peut être un peu plus la route.


La supra nationalité qu'on prête, avec raison, à l'Union Européenne, ne peut exister que là où il y a encore nation et souveraineté ; elle ne peut exister que dans un cadre de type fédéral, fédéraliste ou « confédéral ».


C’est à dire, dans un cadre à l’opposé de "notre "conception jacobine traditionnelle en France, où prévaut l'Etat unitaire et centralisé comme nécessité politique absolue.

Ce « fédéralisme », c'était, peut on dire, le projet Girondin entre 1791 et 1793. C'est ce qu'on connaît en Suisse, aux USA bien sur aussi. Je ne reviens pas sur le fédéralisme, le mouvement fédéraliste en Europe (fondé en partie par un ex- communiste italien – Altiero Spinelli - ne l'oublions pas).


Classiquement , en théorie constitutionnelle, voilà comment on définit un Etat fédéral

  • le principe de séparation : les compétences étatiques sont réparties entre gouvernement fédéral et gouvernements des États fédérés ;
  • le principe d'autonomie : chaque ordre de gouvernement est autonome, ou "souverain" dans son domaine de juridiction ;
  • le principe de participation : les entités fédérées sont représentées et participent aux décisions fédérales prises, souvent par le bicaméralisme au niveau de l'État fédéral. L'une des chambres représente alors les États fédérés.

Pour la confédération, c’est un peu différent, puisque, en résumé, c’est une association d’Etats indépendants qui ont, par simple traité, délégué l'exercice de certaines compétences à des organes communs destinés à coordonner leur politique dans un certain nombre de domaines, sans constituer cependant un nouvel État superposé aux États membres.

Quoi que traditionnellement vue comme une construction « sui generis », on peut soutenir également que l’Union Européenne emprunte à la fois au modèle fédéral et confédéral.

Mais en réalité le curseur entre les deux formes de rassemblements d’Etat se place ici notamment dans la marge de souveraineté et d’autonomie laissée aux Etats membres.

Pour le cadre fédéral, c'est cette histoire de principe d'autonomie qui est la plus intéressante pour notre débat en ce que l'autonomie est ENFERMEE dans un champ de compétences définies par une constitution fédérale donc supranationale. Mais l'autonomie c'est encore une part de souveraineté de la nation.


Ce cadre fédéral ou à vocation fédérative ou confédérative est ce que la fameuse constitution européenne (constitution = document politique par excellence) voulait parachever en 2005, en finissant par créer officiellement un sujet politique fédéral MAIS à vocation unitaire, c’est à dire, je le pense (et c’est pour cela notamment que je m’étais engagée en 2005 contre ce projet), pour finir à terme l’intégration européenne par un Etat-Nation unitaire.


J’ouvre une parenthèse pour dire que, malheureusement pour Trotski, donc, on peut dire que du point de vue de l’histoire des idées politiques marxistes, nous en sommes arrivés aujourd’hui à la démonstration par les faits de la justesse des critiques que Lénine adressait au projet de Trotski d’ « Etats-Unis d’Europe ». Cette idée politique, compte tenu des circonstances historiques où se trouvaient les forces communistes, ne pouvait être qu’une construction capitaliste, ou disons, plutôt, favorable au capitalisme, en gros.

Alors, cela posé, est ce que supra nationalité signifie nécessairement « perte d'indépendance nationale » ou « abandon d'indépendance nationale » des Etats qui constituent une entité fédérée ou confédérée?


Et bien non. Evidemment.


D'abord, parce que c'est volontairement que le souverain initial (l'Etat-Nation, et non le peuple) a abandonné, non pas sa souveraineté, mais une partie des prérogatives qui fondent sa souveraineté, au profit d'un autre Etat, qui est cette espèce d'Etat fédéral ou l’organisation régulant la confédération.


C'est un transfert de prérogatives, voire, d'une partie de souveraineté d'un Etat à un autre organisme, ce quel que soit le régime (monarchie/démocratie).


Donc, dire que l'Union Européenne est "anti nationale" de mon point de vue, c'est faux, ou disons que ce n’est pas une critique pertinente.


L’Union Européenne serait même complètement "pro nationale", jusqu'à nouvel ordre, en ce que ce que non seulement, elle ne reconnaît comme sujets de droit aptes à négocier des parcelles de souveraineté que les Etats en tant que la souveraineté y est nationale. Car c’est bien le lien entre tous les Etats intégrés – la souveraineté n’y est pas populaire. La plupart des Républiques qui s’y trouvent se nomment ainsi par abus de langage.


L’Union Européenne, quoi que prétendant reconnaître les peuples (dans une vision quasi-ethniciste et régionaliste), ne traite pas avec les peuples; encore moins avec le « peuple-classe » (plutôt ouvertement contre lui).

Elle traite avec les représentants des Etats « fédérés » dans l’Union Européenne.

C'est aussi pour ça que pour voter NON au projet de constitution européenne de 2005 nous nous sommes retrouvés, nous , communistes, en « compagnie » (très éloignée et involontaire) des fachos et souverainistes, bref de la droite dure, parce que le gros "hic" de la constitution d'inspiration giscardienne pour eux, c'était bien une tentative de METTRE UN TERME à cette reconnaissance par l'Union Européenne fédérative des nations et d'aller à terme vers un "Etat-nation européen", dont , à l’époque, ils ne voulaient pas (nous verrons que nécessité faisant force de loi ils y seront peut être bientôt de moins en moins opposés).

Je cite le Préambule de ce projet de constitution giscardienne par exemple:

"PERSUADÉS que les peuples d’Europe, tout en restant fiers de leur identité et de leur histoire nationale, sont résolus à dépasser leurs anciennes divisions et, unis d’une manière sans cesse plus étroite, à forger leur destin commun ».


Le Traité de Lisbonne, tout en conservant cette idée de citoyenneté européenne, cette idée qu’un jour peut être il faudra bien s’unir complètement, a abandonné une partie des agressions directes contenues dans le projet giscardien contre les souverainistes.

Raison pour laquelle contre le Traité de Lisbonne, contre le vote par le Parlement le 4 février 2008, on les a quand même beaucoup moins vus et entendus qu'en 2005....

Mais encore l’Union Européenne est profondément liée au fait national en ce qu’elle contient en germes comme projet politique la constitution d’un Etat-Nation Européen.

De mon point de vue l'Union Européenne serait non plus "supranationale" (ni même « impérialiste » en tout cas pas vis à vis des Etats qui la composent), mais clairement contre l'indépendance nationale comme on le lit partout, si elle n'avait accepté que des souverainetés populaires, pour se les agréger et qu'elle avait ainsi tendu à un Etat unitaire le même pour tous les peuples.


Or, on peut reprocher un milliard de choses à l'Union Européenne (la liste est trop longue je ne la fais pas d’autant que la plupart d’entre nous la connaissent), mais on n'est pas , de fait, actuellement, surtout avec l'échec du projet Giscard, dans une situation qui serait celle de l'Union Européenne comme tentative d'Etat unitaire, où là, oui, je serais à la rigueur d'accord pour parler de la nécessité de l'indépendance nationale pour protéger la souveraineté populaire des Etats nations. Peut être y allons-nous mais nous n’y sommes pas.

Toute la question vient ensuite de ce que nous communistes entendons par "peuple" et "souveraineté".

Pour conclure sur ce point, on pourrait dire que l’Union Européenne n’est pas contre la souveraineté nationale, mais bien contre la souveraineté populaire (en ce que le gros problème est qu’elle a verrouillé la parole des peuples dans les cadres nationaux et a permis aux gouvernements des Etats-Nations de confisquer la parole populaire). Elle est une construction politique profondément paradoxale et apparemment contradictoire, du fait même de l’existence de la Nation comme cadre des Etats, car elle tend à la fois à ne considérer que les Etats-Nations au détriment des peuples pour permettre in fine la construction d’un Etat-Nation européen dont les peuples ne veulent pas.

Apparemment contradictoire seulement, car en réalité tout est parfaitement logique dans cette construction politique des capitalistes pour le capitalisme. L’Etat-Nation européen est appelé à prendre la place des Etats-Nations participant à sa construction, de façon volontaire du point de vue de la légalité. (Pour la légitimé c’est une autre histoire).

C’est bien la présence d’Etat-Nation dans l’UE qui rend possible ce type de construction de cette façon. On voit bien avec les rares référendums qui ont eu lieu sur ce sujet dans certains pays que, quand les peuples sont correctement informés des tenants et des aboutissants de l’UE et des nouveaux traités ou projets constitutionnels, grâce à un engagement politique accru de certains partis et des militants, mais aussi grâce au développement de ce moyen de communication incroyable qu’est Internet, ils se prononcent invariablement contre. Avec des Républiques et des souverainetés populaires (réellement populaires) on n’aurait probablement pas eu d’UE. En tout cas, certainement pas celle-là.

Une fois posée que le postulat « supranationalité » = contraire à la souveraineté nationale, ou « UE = opposée à la nation » n’est pas exact, il faut attaquer, du point de vue de ce qu’on appelle l’ordre interne, la question, ici, en France.



[1] Par ex. la série inaugurée en 2005 par Charles Hoareau dans « Rouge-Midi »



Fin de la partie I. A suivre.