dimanche 14 avril 2013
Oui le combat contre l’Etat-policier et le droit de punir doit devenir un combat des organisations ouvrières
J’ai décidé de revenir ce soir ici sur la contribution que les organisations ouvrières "de classe" pourraient apporter à la lutte contre le "droit de punir" et contre l’État policier (je dis "pourraient" à dessein parce que justement, cette contribution est, hélas, inexistante, quand l’inexistence n’est pas carrément soutien à cet État-policier).
Et je reviens donc à plusieurs conversations que j’ai, régulièrement, depuis des années, avec tel ou tel camarade, ami, client... forte d’une expérience pénale (voire, pénitentiaire) qui s’accroit (hélas), par la force des choses, avec les années.
Je sais que beaucoup de camarades syndiqués ont des haut-le-cœur a l’idée d’être "assimilés" (selon eux) à des violeurs ou à des assassins (et encore, je dis cela pour ce qui me concerne, avec des pincettes car finalement, et même en centrale pénitentiaire, peu d’êtres humains méritent réellement d’être définis ainsi).
Que l’idée qu’on puisse les mettre "sur le même plan" que des "coupeurs de gorge" ou des "détrousseurs de grands-mères" les révulse. Et je le comprends bien, d’une certaine manière.
Personne ne veut cela, dans la mesure où, comme l’avait si bien analysé Foucault, l’on reste dans le fantasme, dans le mythe (qui comme tous les mythes, sert de justification au pouvoir et en l’espèce, à la punition), dans le mythe qu’un être humain pourrait n’être défini qu’ainsi, et qu’il est réductible à son crime ou à son délit (évidemment, ce n’est pas par hasard que j’emploie ces termes de mythe ou de fantasme....).
Je le comprends donc, d’une certaine manière.
Et en même temps, je ne le comprends pas du tout au sens où, par discipline d’hygiène mentale contre l’État-policier, je refuse de vouloir ne serait-ce qu’envisager de le comprendre. Je ne le comprends pas en tant que militante, je ne le comprends pas en tant qu’avocate, et je ne le comprends pas en tant que mère , sœur, épouse, fille...ou même, en tant que prévenue potentielle (une vie, ça déraille très vite, et il y a des cas de confrères passés, par la force d’une jalousie maladive par exemple, de l’autre côté, dans le box des accusés).
Il est évident pour moi que le prélèvement et le fichage d’ADN ne doivent être appliqués à PERSONNE. Je dis bien personne. Ni même , et je pèse mes mots, au dernier salaud de pédophile dont l’abjection des actes commis n’inspire aucune idée de compassion ou de pardon pour lui, voire même, vous fait (à votre grande honte) trouver regrettable qu’en 1981, finalement...
De même, il faudrait savoir, avoir une idée dans le réel, même de l’extérieur, ce qu’est vraiment une prison dans ce pays pour avoir ne serait-ce que le droit d’en parler (alors, d’y envoyer d’autres êtres humains, je ne vous dis pas...) .
Oh, une idée, pas ce que Valeurs Actuelles ou Le Figaro en disent, non (je fais référence ici à la "prison-Club Med" ou "colonie de vacances 5 étoiles" que je n’ai jamais croisée). Mais avoir vu de ses yeux, la noirceur, la grisaille, les hauts murs, connaître l’emploi du temps contraint, toutes les petites et grandes humiliations, la double, la triple exploitation du cantinage, du travail en prison... avoir entendu raconter par vos clients, primo délinquants, apeurés, affolés, leurs premières nuits en maison d’arrêt glacés d’effroi sur leur galetas, les hurlements des petits jeunes, sodomisés par des co-détenus plus âgés, la violence, l’éducation criminogène que donne "l’école carcérale"...et j’en passe.
Alors oui ces militants, ces camarades sont outrés que la justice les assimile (fréquemment), par les peines, par le traitement, à ces "délinquants" et ils redoutent (et je les comprends bien) que leur soit appliqué à eux AUSSI le traitement qui est le lot des "droits communs" , de tous temps.
Et pourquoi non ?
Bien-sûr que pour la justice ( a fortiori celle du Capital), il est logique qu’un délinquant soit puni de la même manière, qu’il soit syndicaliste ou pas, en action militante ou pas, que le petit gars qui passe avant ou après, pour un vol de mobylette, un outrage à agent ... !
Bien-sûr que l’une des armes de la bourgeoisie, quand la situation se tend, c’est surtout d’abord de nier absolument toute possibilité de statut même vaguement "politique" ! Et donc, évidemment , compte tenu de tout cela, qu’au lieu de s’offusquer de ne pas avoir été traité différemment parce que syndicaliste, il faut s’élever contre ce système pénal, carcéral ... TOUT COURT !
Contre contre la prison et même contre le droit de punir. Et il faut le faire POUR TOUT LE MONDE !
C’est la raison pour laquelle j’ai trouvé profondément haïssable et réactionnaire le film de Guédiguian "Les neiges du Kilimandjaro." Qui "rachète" un des co-prévenus parce que syndicaliste, alors que l’autre "n’est qu’un voyou" (traduisez : qui ne mérite que d’aller au trou).
Mais comment peut-on ensuite défendre, au pénal, des syndicalistes (que les patrons et les forces de l’ordre ne se privent pas de poursuivre ou de faire poursuivre) si on n’a pas d’abord défendu des prolétaires dans leur ensemble, qu’ils soient ou non des travailleurs actifs, qu’ils fassent profession de soudeurs ou profession de voyou, qu’ils soient sains d’esprit ou détraqués... ?
Comment peut-on défendre des syndicalistes, si on n’a pas d’abord bataillé contre ces mesures que je juge indignes, bataillé pour que prélèvement ADN et autres saloperies soient purement et simplement éradiquées pour tout le monde ?
On fourbit, souvent innocemment et avec la meilleure volonté du monde, les armes de la réaction, en pensant très sérieusement qu’il y a "les autres" (les fous, les délinquants, les clodos...) et "nous" .
En se pensant bien à l’abri, parce qu’on est salarié, métro-boulot-dodo, voire syndicaliste, (d’accord, mais bon, on est "quelqu’un de bien", avec sa petite auto, avec son petit pavillon à crédit, avec sa femme et ses deux enfants, et avec son patron qui vous exploite, sans casier judiciaire, s’il vous plaît), et on peut même trouver que ce serait pas si anormal, finalement, de pendre deux ou trois pédophiles, d’incarcérer deux ou trois sauvageons, que 15 ans pour une voiture brûlée, c’est pas assez, et que bien-sûr, il faut embaucher plus de policiers, mettre plus de caméras et construire plus de prisons...
Et un jour, patatras.
Son fils, sa fille, soi-même... pour le pouvoir d’État, pour le terrible pouvoir de punir, qui n’est finalement que bourgeoisie, on passe de "l’autre côté du miroir".
Et là, on trépigne de colère, on dit que "ce n’est pas juste", que c’est "scandaleux", finalement, d’être traité comme TOUS les "prolétaires lambdas" le sont devant la Justice, et on pleure à chaudes larmes en se désolant de n’avoir pas de statut d’exception...
Mais le statut d’exception, la reconnaissance de sa nature politique, c’est une vieille revendication (on pourrait dire à ce niveau, une lubie car il est évident que plu jamais le pouvoir en place ne fera ce type de concession....) et on ne l’aura jamais ! Bobby Sands et ses camarades en sont morts.
Et là, c’est trop tard... car le couperet de la guillotine, ou la porte de la maison d’arrêt, que par des prises de position réactionnaires, par un soutien politique à des partis qui faisaient la promotion d’idées réactionnaires (ou simplement, qui ne luttaient pas contre elles, voire, pis, qui contribuaient à creuser ce fossé imaginaire entre" soi" et les "autres", qui donc, contribuaient à diviser le prolétariat sur les bases de la morale bourgeoise)... on a contribué à affûter, ou à graisser, glisse sur votre cou, se referme sur vos pas, ou sur ceux de votre fils...
Pensez à tout cela, à chaque fois que, de manière pulsionnelle (bien compréhensible), devant votre télé ou votre radio, en entendant tel ou tel fait-divers abominable, en songeant au calvaire de la victime (le calvaire de la victime est toujours réel et n’est jamais méprisable je le dis sans aucune ironie), du genre de fait-divers qui vous coupe l’appétit entre le dessert et la poire, pensez-y quand votre première réaction épidermique est de penser "deux balles dans la tête" ou "40 ans de prison"...
Car voyez-vous, contrairement à une autre mythologie, il n’y a pas que des crimes de sang des violeurs ou des pédophiles dans le champ pénal. Ce sont même d’ailleurs statistiquement les moins nombreux, c’est un fait (la "palme" revenant en réalité aux coups et violences volontaires et aux atteintes aux biens (voir l’Infostat "20 ans de condamnations pour crimes et délits " paru en 2011 ici -> http://www.justice.gouv.fr/art_pix/... ) - l’agitation des assassins et des violeurs n’étant qu’une énième justification à votre consentement au pouvoir de punir de l’Etat....
Pensez à tout cela. Dites vous que personne, même pas un syndicaliste (sûrement pas un syndicaliste, d’ailleurs) n’est à l’abri. Qu’il ait ou qu’il n’ait pas "fait quelque chose de mal". Et que la seule solution, ce n’est que le combat unitaire et unifiant contre le droit et le pouvoir qu’a l’Etat de punir et de punir aussi férocement...
mardi 13 avril 2010
Emploi, industrie, salaires, retraites: Se battre chaque jour contre les incitations à la soumission et au renoncement !

L’actuelle offensive de la bourgeoisie contre notre système de retraites offre une nouvelle occasion aux journalistes aux ordres dans certains médias de mener derechef une campagne idéologique d’incitation à la soumission et au renoncement.
La fatalité est instaurée comme contexte préalable de toute réflexion : "On n’a pas le choix, c’est comme ça...".
Les concepts sont tordus, dévoyés, au besoin, le mensonge est utilisé sans scrupule ( Laurence Parisot est une experte en la matière, entre l’espérance de vie de 100 ans et les prétendus "dividendes" à distribuer si la retraite n’avait pas été reportée à 60 ans), les idées sont passées à la moulinette de l’idéologie dominante qui travaille pour le seul profit des intérêts des capitalistes.
Les opinions divergentes peinent à être présentées et entendues.
Jusque dans les organisations politiques et syndicales des travailleurs, des voix se font entendre qui, mettant en avant "la raison", "la nécessité", posent comme un fait acquis insusceptible de remise en question que la réforme (qui n’a bien évidemment pas ici le sens qu’on pourrait prêter à ce mot) du régime des retraites est inévitable, absolument nécessaire, incontournable et qu’il va bien falloir trouver un "compromis".
- Sur le sujet des retraites, la plupart des rares "personnalités" autorisées à jouer le rôle du contradicteur sont, malgré des apparences parfois radicales et dures, des personnes dont le système sait parfaitement qu’au final, leurs intérêts de caste l’emporteront sur les intérêts de la classe ouvrière, et servent de deuxième fer au feu pour préparer un "compromis" qui se fera inévitablement sur le dos des travailleurs.
On commence déjà à instiller l’idée que si nous obtenons de ne pas voir la durée de cotisation allongée ni l’âge de la retraite repoussée, et bien, braves gens, ce sera bon, et on pourra signer une augmentation du taux de cotisation qui, évidemment ne concernera pas uniquement la part patronale des cotisations. Mais enfin bon, "c’est comme ça, il faut savoir ce que l’on veut, qu’auriez vous préféré?..."
Le tout pour reporter à dans quelques années la question du règlement pérenne de notre régime de retraite et en refaire un enjeu électoraliste, sans doute, ‘faut bien alimenter le système.
Il faut donc le rappeler et le dire avec force : non, dans "la vie", dans une vie, dans nos vies, il n’y a rien d’écrit, il n’y a pas d’autres "fatalités", je pense, que la maladie et la mort. Et même de la maladie, la volonté et la raison humaines parviennent à en triompher parfois.
Tout le reste, de notre premier cri, de nos premiers pas, notre premier travail, notre première augmentation de salaire, en passant par notre premier amour, notre première voiture, notre première cuite....TOUT le reste de nos vies devrait nous rappeler quotidiennement que ce que nous obtenons est toujours le fruit d’un combat, parfois âpre et douloureux, et d’une volonté qui est souvent dictée par la nécessité devant laquelle nous placent nos conditions de vie.
«LA OU IL Y A UNE VOLONTÉ, IL Y A UN CHEMIN»
Voilà ce que nous devrions toutes et tous garder gravé en lettres de feu dans un coin de nos cœurs et de nos têtes, pour nous éclairer quand nous traversons des heures sombres.
Bien-sûr, parfois dans la vie, pour transformer une défense en victoire, il faut aussi un peu de chance. Mais la chance sans volonté n’a jamais fait gagner personne, et puis la chance, ça se tente.
La première volonté que nous devrions avoir est de ne pas céder à la propagande catastrophiste, démobilisatrice, la première de nos volontés devrait être de refuser fermement les incitations constantes, quotidiennes à la soumission et au renoncement, sur toutes choses qui concernent très directement nos vies.
L’exemple des retraites est un excellent exemple.
En réalité, non, il n’y a pas de "problème de financement" contrairement à ce qu’on nous claironne chaque jour.
Il y a avant tout un problème de volonté politique des gens qui nous gouvernent depuis quelques décennies pour PRENDRE L’ARGENT là où il se trouve, et là où, légitimement, il doit être pris.
Et si nombre de personnes "à gôche" sont mal latéralisées, ce n’est pas à nous de le payer.
- La question de la bataille pour l’emploi et les salaires est exactement du même ordre et souffre des mêmes faiblesses dans son incarnation institutionnalisée. Elle peut être abordée de la même façon.
Il est très troublant de constater l’engouement que la plupart des médias (et des politiques) ont eu pour des luttes "de dernière extrémité" qui avaient principalement pour objet d’obtenir de meilleures indemnités de licenciement (ce qui ne disqualifie évidemment pas les luttes des travailleurs mais les place dans une autre perspective), et que, parallèlement, toutes ces personnes ont négligé et négligent encore (le mot est faible) les luttes qui se sont axées dès leur origine sur la préservation de l’emploi, et notamment de l’emploi INDUSTRIEL en France (on le constate avec la SBFM ou GOODYEAR ou FORD par exemple).
Pourtant, la question non seulement du maintien, mais également du développement de l’emploi et particulièrement de l’emploi industriel, est une question absolument fondamentale pour ce pays, a fortiori dans le cadre de l’Union européenne.
C’est d’ailleurs très « incroyable » que la question n’ait pas été posée plus nettement par nombre de soi-disant "amis de la classe ouvrière" qui se sont emparés comme des charognards du dossier des « CONTI », puisque CONTINENTAL -AG est bien une entreprise allemande basée à Hanovre, et que c’était l’occasion de poser à plein les bonnes questions !
Pas une seule fois la question de l’Union européenne et de l’hégémonie allemande n’a affleuré publiquement dans le traitement de ce dossier, pas un seul cadre ou homme politique ne l’a posée directement.
Ceux qui croient que, « simplement », l’Union Européenne aurait anéanti la question de ce qu’on peut appeler les "marchés nationaux" font erreur.
L’UE n’a pas anéanti cette question, elle a simplement déplacé, une fois encore, comme la CEE l’avait déjà fait, et comme la CECA avant elle, l’utilisation faite de ces marchés nationaux par les capitalistes dans le cadre plus général du capitalisme mondialisé.
Ceux qui croient que l’évolution intra-européenne du capitalisme est arrivée à son terme avec l’Euro et la signature du traité de Lisbonne, et que l’UE formerait désormais une unité économique cohérente mettant les capitalistes européens tous peu ou prou « du même côté » contre des "envahisseurs étrangers" type USA , Chine etc, font évidemment erreur.
Pire, pour certains d’entre eux, ils MENTENT effrontément !
L’Union Européenne ne sera JAMAIS un "Etat national unitaire" au sens strict du terme –sauf au terme d’une guerre néo-colonialiste qui sera forcément sanglante.
En conséquence, elle sera toujours un assemblage d’États aux intérêts jamais complètement solubles, très souvent divergents, souvent d’ailleurs, sous la pression des peuples qui les composent, Etats qu’il est impossible de mettre absolument d’accord (en tout cas pour l’instant) sur tout, parce que, entre autre, justement, la composition du bloc au pouvoir au niveau européen est comme partout, elle est hétérogène, elle comporte des blocs de la petite bourgeoisie, de la bourgeoisie strictement nationale, de propriétaires fonciers, de capitalistes financiers, de banquiers.... ayant ou non partie liée, plus ou moins, avec tels types de capitaux et pas d’autres.
La guerre de classe au sein du bloc au pouvoir, entre différentes fractions de la bourgeoisie, n’est absolument pas effacée par l’avènement (croit-on) du "capitalisme financier" ni par l’Union européenne, ni par la mondialisation - elle est au contraire avivée par tout cela et prépare actuellement un tournant.
La guerre de classe (qu’on l’appelle « compétition », ou plus justement, « concurrence ») qui se livrait autrefois au sein de ce bloc au pouvoir sur le seul territoire national ou disons, principalement sur ce territoire, jusque dans la première moitié du 20ème siècle, a été déplacée, ou plutôt, étendue, sur un autre échiquier qui est celui de l’Union Européenne, et la guerre entre certains aspects nationaux du capitalisme a pris d’autres visages et d’autres biais il y a quelques décennies.
De nouvelles hiérarchies ont ainsi été reformées. Des positions dominantes sont devenues hégémoniques. Certaines positions se sont écroulées. De nouveaux pôles ont été créés, sont en train d’être créés, qui sont en équilibre entre ce que leur permettent leurs positions dans les divers cercles concentriques : économie mondiale- économie européenne -économie nationale.
Le nouveau tournant dans la politique de désindustrialisation de la France entamé il y a 30 ans ne peut pas être compris si on ne replace pas la France dans son contexte exact, de « l’amitié franco-allemande » (anticommuniste) mitterrandiste, de l’Union Européenne, et du capitalisme mondialisé, en tant que France et en tant qu’un des principaux pays européens.
Il est vrai qu’un des effets (très rares) positifs de ce nouvel assemblage est à ce jour, d’avoir éloigné les spectres martiaux du sol de quelques « vieux états européens » (ce qui n’a pas empêché certaines guerres dans de plus jeunes pays "accédants"). Mais n’était il pas envisageable de parvenir au même résultat (la paix dans cet endroit du globe) sans jeter sur la paille des millions et des millions d’individus ? Et pour combien de temps ?
La politique de désindustrialisation de la France ne peut pas être comprise (et donc, combattue) si on baigne dans l’angélisme des théories économiques social-démocrates sur l’Union européenne, ces théories qui refusent obstinément de parler de la domination industrielle et financière des pays de l’ancienne ZONE MARK dans l’Union européenne et notamment, de l’hégémonie allemande en Europe.
Cette ultra-domination allemande, ce n’est pas un mythe : je précise, en 2008, l’Allemagne est la 4ème puissance économique mondiale, première de l’UE, premier exportateur mondial de biens devant les USA et la Chine ; 33 % de la population active travaillent encore dans le secteur industriel (auto, électronique, chimie notamment), même si c’est aussi le secteur tertiaire qui est le premier employeur de ce pays. Elle est également un des premiers producteurs d’acier au monde (source EUROSTAT).
L’ultra-domination allemande, on la vérifie également au niveau politique au sein de « la zone Euro » (voir le poids considérable – assassin- de l’arbitrage allemand au sujet de la dette grecque).
La « zone Euro » finalement, c’est une extension de la « Zone Mark » qui ne dirait pas son nom. C’est un règlement politique et économique d’une question qui aurait tourné à la troisième guerre mondiale si elle n’avait pas été réglée. Et à ce stade, chacun avait alors intérêt à ce qu’elle soit réglée ainsi.
C’est dans ce contexte, compte tenu de ces éléments économiques très concrets, que s’est stabilisée la place particulière de la France dans l’Union européenne et dans le monde.
La France, qui, comme de nombreux pays de l’UE, a perdu (a voulu perdre) la bataille industrielle contre le leadership allemand, en partie du fait de la structure originaire de « son » capitalisme « national » et des modifications de celui-ci ces 50 dernières années, est devenue dangereusement dépendante des divers subsides et aides européens.
C’est pour cela que la classe politique institutionnelle française, à « droite » comme à « gauche », a majoritairement tendance à préserver le mythe de l’Union européenne comme « facteur de développement des peuples », « facteur de paix et de stabilité géopolitiques ».
Et c’est parce que les luttes pour maintenir et développer l’emploi industriel en France révèlent immédiatement ces aspects-là, (parce que au-delà du seul maintien, il s’agit de le maintenir POUR L’AVENIR, de sorte qu’il soit tout à fait compétitif, pas pour les patrons -dont on se rendra compte un jour que nous n’avons pas "besoin" -, mais pour les travailleurs, non sur les questions de "coûts du travail" que nous bassinent les capitalistes, mais sur les questions de recherche et développement, d’avancées technologiques et écologiques), parce qu’elles projettent directement les gouvernants au cœur de la question germano-européenne, de la question impérialiste, au cœur de la domination nord-américaine (loin d’être finie contrairement à ce qu’on nous répète), parce que ces luttes impliquent des questions inévitables et assez simples, qui impliqueraient elles-mêmes des prises de position extrêmement claires et fortes de la part de toute une caste qui vit aux crochets de la politique européiste (même parmi certains de ses plus ardents ennemis déclarés),donc, sur le dos du peuple du travail, c’est pour cela que ces luttes là, elles ne sont ni popularisées, ni soutenues ni médiatisées.
La France (la classe capitaliste, la majorité du "bloc au pouvoir") a vendu son « âme industrielle au Diable » il y a quelques décennies de cela, en contrepartie du soutien et de la protection politique de ce qui allait devenir l’Union Européenne contre le « péril communiste » (socialisme fort qui était une possibilité réelle dans notre pays, rappelons-le au cas où nous l’aurions déjà oublié - et puis aussi, sans lier nécessairement socialisme et URSS, mais quand même, la France était véritablement un élément essentiel dans la stratégie anti-soviétique).
Le rôle particulier des syndicats de métallurgie et de mineurs allemands à tendance chrétienne (et anti-communistes) dans la création puis la pérennisation de la CES, cet instrument de répression de la lutte de classe et d’étouffement des révoltes populaires dans les entreprises, est évidemment à rappeler.
Dans les interstices, de plus en plus grands, laissés par la « désindustrialisation pro-germanique », les USA avaient avancé leurs pions, sous forme financière, momentanément, et ils les retirent désormais, confrontés qu’ils sont, comme tous, à l’implacable baisse tendancielle du taux de profit.
C’est pour cela même que tout est fait pour les étouffer, les nier, ces luttes pour l’emploi dans l’industrie en France actuellement - ah comme c’est pratique d’avoir de bons amis patrons de presse (sans parler du nombre de titres détenus par des conglomérats allemands ou pro-germaniques comme Gruner und Jahr , RTL etc...justement).
Parce qu’il ne faudrait surtout pas que les travailleurs de ce pays prennent conscience de l’énorme couillonade qu’est l’Union Européenne, de la mascarade des "politiques de l’emploi" bidons qui coûtent des dizaines de millions chaque année aux contribuables (majoritairement nous-mêmes donc !) et qui ont pour seul objectif de permettre aux pays de l’ancienne "zone Mark" de se gaver sur le dos des peuples de l’Union européenne et aux actionnaires nord-américains de se gaver en Inde ou en Chine.
Parce que ce choix politique là, cette volonté politique là, partagée, et comment, par de nombreux idéologues « de droite » comme « de gôche » (au besoin en leur faisant avaler la pilule par des mystifications idéologiques grossières) elle PAIE.
Plus exactement, elle apporte du blé à certains groupes d’intérêts facilement identifiables, même si elle condamne à moyen terme, sans aucun doute, la majorité d’entre nous.
Nous ne nous en sortirons pas sans politique industrielle, sans politique de ré-industrialisation de la France.
Un pays sans industrie forte est un pays mort, ou en voie de mort quasi-assurée.
Sur ce point aussi, il est urgent de refuser la fatalité, de lutter contre l’incitation au renoncement, contre l’invocation de la soumission nécessaire.
Et il est urgent que nous jugions ceux qui se proposent à nous pour briguer des suffrages à la mesure de ces questions fondamentales. Le « mieux » est souvent l’ennemi du « bien ». A ces questions cruciales pour notre avenir et celui de nos enfants, il va falloir exiger de certains des réponses claires et précises, très rapidement.
samedi 3 avril 2010
Rappel : avec les Conti à Compiège le 7 Avril

Aux côtés des salariés de Continental
Manifestation mercredi 7 avril
à 12 h30 Gare de Compiègne
Pas de vengeance financière de l’Etat
contre les travailleurs en lutte
L’intersyndicale et le Comité de lutte des travailleurs de Continental-Clairoix appellent les travailleurs, la population, les organisations syndicales et politiques à se joindre à la manifestation organisée mercredi 7 avril à 12h30 à la gare de Compiégne en vue de se rendre au tribunal où sont convoqués six travailleurs de l’usine. En effet, la Cour d’appel d’Amiens a, le 5 février, annulé les peines de prison prononcées en septembre dernier par le tribunal de Compiègne, en les transformant en simple amendes. Cela dit l’Etat, c’est à dire le gouvernement, a maintenu à l’encontre de ces six salariés, des demandes de remboursements de sommes qui pourraient être totalement démesurées.
C’est à dire qu’après avoir reçu un désaveu politique de la part de la Cour d’appel, qui a reconnu comme fondés les mouvements entrepris par les travailleurs de Continental menacés de licenciements, tout laisse à penser que les représentants du gouvernment voudraient avoir leur revanche en faisant tomber sur les travailleurs pris en otage, et derrière eux les 1120 autres, de lourdes condamnations financières.
C’est minable, sordide et indigne, mais c’est à l’image de ce qu’ont a subir tous les travailleurs. Le pouvoir, au service des grands groupes industriels, voudrait décourager les travailleurs de se défendre. Il n’y arrivera pas. Les travailleurs de Continental qui ont fait bloc avec leurs camarades poursuivis, et tous ceux qui sont venus leur apporter leur soutien, ont montré que la solidarité ouvrière n’était pas un vain mot.
Le combat continue pour demander l’arrêt de ce processus. L’Etat, qui distribue à qui mieux-mieux des milliards par centaines à tous les grands groupes et aux banques, doit retirer sa partie civile, et renoncer à toute vengeance financière.
Tous mercredi 7 avril à Compiègne
mercredi 31 mars 2010
Le combat héroïque des salariés de GOODYEAR Amiens - Manifestation du 30.03. 2010 (vidéos et photos sur BC)

Aujourd’hui 30 mars 2010, nous étions réuni-e-s devant le Tribunal de Commerce de Nanterre pour apporter notre plein et entier soutien à nos camarades de chez GOODYEAR Amiens, en lutte depuis 3 ans contre l’actionnariat et le capitalisme international qui veulent dépouiller la France de son industrie pour aller produire dans des pays dits "à bas coûts".
De nombreux salariés en grève, dont Mickaël WAMEN et l’équipe d’élus CGT (tous, héroïques) arrivent d’Amiens vers 10h45 ; ils s’ organisent, sortent les drapeaux, les sifflets, prennent la parole...
Sans relâche, avec patience, précision, clarté, mais néanmoins, avec la passion, la détermination et la volonté qui animent tous les travailleurs de cette usine engagés dans cette lutte pour leurs vies, Mickaël WAMEN, le secrétaire général de la CGT GOODYEAR Amiens, plein d’humour, sans aucune note, l’esprit à 300 à l’heure (monté sur pneus course Goodyear?) rappelle l’histoire de la lutte engagée par les salariés GOODYEAR Amiens, commencée il y a 3 ans maintenant.
Il explique, trace les perspectives à venir, éclaire certains sur l’échéance d’aujourd’hui, félicite, encourage les travailleurs à poursuivre leurs luttes, à continuer d’être solidaires, et rappelle la nécessité de maintenir la lutte syndicale quotidienne en plus des luttes judiciaires...
Pas besoin de dessin, ces travailleurs-là ont la lutte de classe dans le sang, ce sont des guerrier-e-s qui ne lâcheront rien.
Les travailleurs en lutte, dont certains étaient venus après une nuit de travail, étaient accompagnés de leurs avocats, dont M° Fiodor RILOV, d’une délégation de la Fédération CGT de la Chimie, d’une délégation de l’UD CGT de la Somme et d’élu-e-s PC du département et d’Amiens.
Une délégation d’ouvriers de CONTINENTAL CLAIROIX emmenée par Xavier Mathieu était là également, venus apporter leur soutien, alors qu’eux mêmes s’apprêtent à vivre un "troisième round" dans ce match qui nous opposent toutes et tous au même ennemi, puisque notamment, proposition de "reclassement" vient de leur être faite par la direction de CONTINENTAL d’aller travailler en Tunisie pour 137 euros (260 dinars env.) par mois. Sachant qu’un logement à peu près décent coûte environ 150 dinars par mois, sans parler de "tout le reste", vous imaginez.
Pour "les CONTI" non plus, quoi que licenciés, la lutte n’est pas finie, puisqu’en plus, 6 d’entre eux sont toujours poursuivis au civil pour les dommages-intérêts suite aux évènements qui se sont déroulés dans les locaux de la préfecture. Cela pourrait leur coûter des dizaines de milliers d’euros (en d’autres termes, la quasi-totalité de leurs indemnités de licenciement.... rendez-vous le 7 avril à Compiègne pour les soutenir ).
L’absence de certains blesse, irrite, peine, soulève de l’incompréhension et parfois, une colère sourde, mais réelle. Mais les coups sont portés avant tout contre l’ennemi de classe, il n’y a pas d’erreur.
Plusieurs camarades présents dans l’assemblée disent qu’il faut dorénavant songer à s’organiser davantage partout dans la CGT pour que change réellement le contexte de toutes ces luttes, d’autant que les attaques du patronat contre la classe ouvrière et la casse de l’industrie française continuent, sans parler de ce que l’on nous prépare pour les retraites et que les salaires en prennent un bon coup dans la figure depuis plusieurs années.
Pendant la manifestation, le secrétaire de l’UD CGT de la Somme nous informait d’une décision de fermeture d’une nouvelle usine du coin, LEE COOPER (env. 130 emplois). Personne, d’ailleurs, n’oublie toutes les luttes encore actuellement en cours, on pense aux FORD à Blanquefort (33), aux PHILIPPS à Dreux, mais aussi aux travailleurs sans -papiers, nombreux à être toujours en grève depuis plusieurs mois, entre autres !
Notons une autre absence remarquable, celle des médias, presse écrite, radio, télé...
RIEN ! PERSONNE, ou tout comme.
Alors quoi? Il faut se pendre? Se jeter par les fenêtres? Il faut tout casser, tout brûler? Bien-sûr, c’est ce que beaucoup, au gouvernement, au MEDEF...espèrent. A quel jeu les médias prêtent-ils la main ici? Les journalistes sont-ils conscients de la responsabilité qu’ils endossent en se rendant complices de cette politique scandaleuse?
Évidemment, cette lutte des GOODYEAR, ce bras de fer avec la finance internationale, ne doit pas exister médiatiquement, il se pourrait qu’elle donne des (bonnes) idées à d’autres travailleurs...
Mais dans ces cas, une forme de droit moral à l’insurrection civique n’exige-t-elle pas que les journalistes se servent de leur outil de travail pour apporter une solidarité active à cette lutte exemplaire?
La profession policière, elle, était bien représentée, puisqu’on a compté environ 2,5 CRS pour un manifestant, (mais apparemment, pas de syndiqués solidaires parmi eux !).
Pour les GOODYEAR, c’était donc, (entre grèves, tracts, syndicalisation, mobilisations de solidarité avec d’autres entreprises en lutte en Picardie...) une autre étape de la lutte qu’ils mènent comme des acharnés depuis trois ans pour garder leur emploi, le droit de vivre et de travailler dignement, de faire vivre leurs familles.
Un recours a en effet été déposé par M° RILOV, sur la base d’une jurisprudence "FRUEHAUF" qui n’a pas été utilisée depuis des décennies, tendant à faire nommer un administrateur provisoire pour dessaisir les patrons actuels de leur pouvoir de désosser les filiales françaises.
On comprend que cette action, dans ce contexte, fasse littéralement paniquer le patronat en général. Imaginons que des juges donnent raison aux travailleurs et privent le patronat d’une partie de ses pouvoirs? Il s’agit bien ici d’une reconnaissance d’une forme de propriété des travailleurs sur leur outil de travail, d’un droit de regard sur la gestion de leurs usines.
Le but pour le patronat de GOODYEAR, quant à lui, est transparent, puisqu’il est sanctionné par la justice française à plusieurs reprises sur son "plan social", il joue le pourrissement délibéré des filières pour pouvoir dire qu’elles ne sont pas rentables et donc, avoir un autre argument pour les fermer.
C’est cela que les salariés de GOODYEAR entendent contester par tous moyens.
Non, ils ne veulent pas devenir chômeurs.
Ils ne veulent pas non plus être de la "chair à patrons".
Les salarié-e-s de GOODYEAR veulent vivre et faire vivre leurs familles décemment.
Rappelons que si ce sont les GOODYEAR d’Amiens qui, avec la CGT, sont actuellement en tête de cette lutte, à terme, dans le groupe, cela peut être 3000 emplois mis en cause en France.
Quand on connait le triste état du service "Pôle Emploi", l’insuffisance pour ne pas dire plus, de l’assurance chômage désormais, il y a de quoi être plus qu’inquiet et être motivé pour se battre.
Vous trouverez ci-après une vidéo des principales interventions de la matinée, ainsi que des photos.
Ensuite, nous avons filé couvrir la manifestation des cheminots pour leurs retraites, à quelques kilomètres de là, jusqu’au siège de leur direction nationale, mais de celle-là non plus, sans doute, les médias officiels ne vous parleront pas...Elle était pourtant, elle aussi, bien réelle.
Longue vie à toutes celles et tous ceux qui luttent pour leurs emplois et leur dignité, en France et partout dans le monde, courage et force aux GOODYEAR, en espérant que cette audience devant le Tribunal de commerce de Nanterre portera ses fruits, en première instance ou en appel. C’est tous ensemble, unis, solidaires, que nous aurons une vraie chance de nous en sortir.
Pétition de soutien aux GOODYEAR à signer et faire signer ici
Page de soutien FACEBOOK "Nous soutenons les salariés de Goodyear-Amiens et Goodyear-Dunlop France"
UN GRAND MERCI AUX QUELQUES 2700 PERSONNES QUI ONT DÉJÀ SIGNE LA PÉTITION DE SOUTIEN AUX GOODYEAR ! CONTINUONS !
Photos et vidéo sur le site bellaciao.orgDe : Collectif BELLACIAO
dimanche 13 décembre 2009
Intervention initialement prévue au 49ème Congrès de la CGT - En revenant de Nantes
Cher-e-s camarades
Voici l’intervention de 4 minutes que j’avais préparée pour porter le message des syndiqués qui m’avaient mandatée à ce 49ème congrès, notamment sur la loi sur la représentativité.
Je m’étais inscrite très tôt pour deux interventions de 4 minutes - je n’ai jamais pu y passer.
Il ne me restait donc comme seule possibilité que de tenter de saisir un micro (ce que j’ai fini par réussir à faire in extremis à force de hurler et de gesticuler comme une diablesse) pour les interventions sur les amendements de moins de 2 minutes, en fin de journée, quand l’attention des camarades ( et la mienne !) commence à baisser après plusieurs heures de débats et argumentations ...ce qui explique que le message passé a été passé comme il a pu.
Je n’ai donc pas pu lire ce que j’avais préparé au sujet de ce thème (ma première intervention également non retenue malgré l’inscription portait sur la partie I, la crise, la sécurité sociale professionnelle et le nouveau statut du travail salarié - je la retranscrirai ici si j’en ai le temps). C’était in extenso ce qui suit.
" Bonjour, je suis déléguée par les syndicats affiliés à la Fédération des Sociétés d’études, de la branche du notariat, déléguée syndicale, secrétaire d’une section syndicale en bonne et due forme, membre de la commission exécutive de mon UL à Paris.
Je tiens d’abord à saluer nos camarades de la CGT GOODYEAR AMIENS qui se battent comme des tigres depuis des années contre le patronat. Ils ont besoin, eux aussi, de notre soutien, à toutes et tous. Salut fraternel à eux.
Sur la fameuse loi sur la représentativité (en tenant compte du fait que je n’ai que 4 minutes de temps de parole) :
Il y a ici un véritable débat de fond à avoir entre nous, et il ne se règlera pas en quelques minutes et pas à un Congrès.[Les camarades que je représente, et moi même, rejoignons complètement les positions qui ont été exprimées ici au préalable par les camarades de la chimie, des ports et docks, de Radio-France ou de la CDC, entre autres. Il serait hasardeux ou manipulatoire de vouloir faire de ces positions convergentes sur un même sujet une preuve d’un "complot anti-cgt", la plupart d’entre nous ne nous connaissant pas. Il est sans doute plus intéressant de faire de cette diversité la preuve qu’il y a un réel problème.]
Est il raisonnable de travailler à ce que la désignation des représentants de la CGT dans l’entreprise soit le fait de salariés non syndiqués, voire, qui vomissent la CGT?
N’est-il pas osé ou angélique de confier l’avenir de la représentativité de la CGT à des salariés non syndiqués qui ont pour une grande part, voté Sarkozy en mai 2007?
Ce dernier élément ne signifie nullement que je pense que les salariés sont tous "des cons" ou des "abrutis". Absolument pas et même, au contraire. Mais il a signé de façon indubitable l’état d’intoxication idéologique avancé dans lequel se trouvent la grande majorité d’entre nous.
Pour avancer dans la bonne voie, il faut commencer par poser les bons constats.
Prétendre que la loi sur la représentativité telle qu’elle est écrite et votée, est une bonne loi qu’il faut défendre, c’est croire ou faire croire que le jaillissement de la conscience de classe serait spontané, voire inné en chacun des travailleurs. C’est faire croire que le seul visage de la lutte des classes qui existe est celui qui apparaît lors de crises paroxystiques et de moments des luttes comme la grève ou l’occupation. C’est aussi amener insidieusement l’idée que le syndicalisme CGT pourrait se passer du rapport de force et de la mise en lumière des contradictions brutales qui jalonnent une vie dans une entreprise.
Le fait que notre syndicat ait aujourd’hui moins de 700.000 syndiqués alors qu’il existe environ 22 millions de salariés devrait pourtant amener à plus de circonspection et prudence.
Cette loi est une mauvaise loi car elle sape la possibilité d’une sérieuse implantation au long court de la CGT dans des TPE et PME, qui sont de véritables déserts syndicaux, d’où la culture de lutte et de classe est généralement absente, où les salariés sont confrontés à la violence des propriétaires directs du capital qui sont sur leur dos toute la journée, où le nombre de cadres est parfois très important, mais qui emploie pourtant la grande majorité des travailleurs aujourd’hui.
Sans la possibilité de désigner un délégué syndical protégé et muni de pouvoirs réels en dehors de toute élection, impossibilité de constituer une base syndicale. A titre d’exemple, si je n’avais pas été désignée déléguée syndicale dans mon entreprise avant cette loi, je n’aurais jamais pu monter une section syndicale CGT qui représente aujourd’hui presque 10 % de l’effectif salarié, d’autant que les élections CE en DU avaient eu lieu alors que j’avais moins de 1 an de boîte. Pas de NAO non plus, rien.
Prétendre ensuite que cette loi préservera des accords dits minoritaires est également une utopie. On aura "simplement" des accords majoritaires négociés par des syndicats patronaux "maison", qui, non contents de faire tomber, le cas échéant, des délégations CGT naissantes, pourront amener des accords inférieurs à la convention collective.
Que lorsqu’il existe une base CGT durablement constituée, on prétende que le résultat des élections dépend du travail des camarades, pourquoi pas. Mais le problème soulevé ici n’est pas celui de la pérennisation de la CGT dans les entreprises mais bien celui de son implantation.
Nous demander ensuite de syndiquer dans de telles conditions, de créer des bases syndicales, en dehors de tout moment "critique" comme licenciements économiques, PSE etc...(qui ne constituent pas, heureusement le gros de la vie des entreprises même en ce moment), en pleine période de crise du capitalisme, c’est soit de la schizophrénie soit un goût prononcé pour l’humour noir.
Ceci nous fait dire qu’il faut revenir sur cette loi et qu’à ce stade, un document d’orientation qui ne prendrait pas en compte ces réalités est plutôt un document de désorientation. En conséquence, nous demandons le retrait de cette proposition et de cette loi.
Merci."
Voilà exactement ce que j’aurais lu si j’avais pu bénéficier de ces maudites 4 minutes d’intervention DANS le débat avant les amendements.
Ce ne fut pas le cas et c’est tant pis pour cette fois, mais c’est ainsi.
Ce que je regrette encore plus, c’est la réponse en forme de caricature et remplie de mauvaise foi qui m’a été faite par une secrétaire confédérale sortante - je savais en prenant la parole le risque pris pour le débat de fond, que je ne gagnerai pas ce combat là à ce moment précis puisque c’est le dernier qui parle qui a raison, mais, "chère camarade" secrétaire confédérale sortante, que je croise parfois sur certaines actions, sache que je n’ai pas avalé la couleuvre, j’ai de la mémoire, et j’y reviendrai un jour prochain.
Je regrette également les caricatures faites par la presse (quelle qu’elle soit) de ce congrès, et je regrette, je le redis ici et je ne m’en suis jamais cachée, une candidature dite oppositionnelle que je pensais malheureuse ne serait ce que d’un point de vue tactique, à laquelle je n’ai pas participé et que, personnellement, je n’ai jamais soutenue (sans porter de jugement ni sur l’homme que je ne connais pas, ni sur le militant , que je connais peu),candidature qui par sa forme même prêtait à instrumentalisation par qui voulait, et qui a polarisé l’attention sur des questions de personnes, accrédité l’idée (rumeur émanant à l’origine d’une partie de la majorité) d’un "courant oppositionnel à BT uni et cohérent" qui faisait de l’anti-cégétisme.
C’est faux.
De très nombreux camarades "critiques" qui se sont exprimés à ce congrès l’ont fait non pas tant contre "la direction" ou "contre BT", que d’abord contre un document d’orientation (et une philosophie, social-démocrate molle, sans conteste, comme l’a prouvé l’acceptation du discours de Ayrault) qui leur a semblé extrêmement mauvais, dévastateurs à bien des égards, sur des questions de fond d’une très grande importance, qu’il s ’agisse du sujet des retraites, des services publics, des structures (l’explication sur le "pourquoi la commission des amendements a rejeté l’amendement qui disait qu’UD et UL sont des piliers fondamentaux de la CGT" n’était pas du tout satisfaisante...) ou de la représentativité, entre autre.
Un délégué a d’ailleurs utilisé son temps de parole pour dire qu’il ne soutenait pas cette candidature "oppositionnelle" quoi qu’il ait reçu mandat de voter contre le document d’orientation , même amendé.
Au sujet du discours du maire PS de Nantes,outre mon indignation devant un tel discours, je tiens à rapporter ici le panneau que montrait un délégué mais qui n’a pas été pris par la vidéo, qui disait "Pendant qu’Ayrault parle au Congrès de la CGT, 400 emplois supprimés au CHU de Nantes".
Il faudra également que l’on ait le fin mot de l’histoire relative aux positions non exprimées qui ont, semble-t-il, été comptées comme des "pour". Nous avons posé plusieurs fois la question, on nous a renvoyé aux statuts et au guide du délégué mais nous n’avons jamais trouvé la disposition qui entérinait ce principe "les non exprimés (c’est à dire ni non ni oui ni abstention) comptent "pour"".
On aura beau jeu de renvoyer cela sur le dos des délégués qui auraient mal fait leur travail (quand on sait que de nombreux délégués ont reçu leur mandatement moins d’une semaine avant le Congrès, il ne faut quand même pas charrier, et cela non plus, je ne l’ai pas avalé).
Néanmoins, ce congrès a pris des décisions, il a été très intéressant, instructif à maints égards, des "discussions de couloir" (qui sont légion dans ce genre de congrès), aux débats publics, en passant par les rencontres et les moments festifs.
Le débat public était diffusé sur Internet parait il ; c’est très bien mais il serait illusoire de croire que le congrès se résume à ce qui en a été montré - les travaux en commissions, en bureau, dans les délégations... tout ceci n’a pas été filmé.
Je pense que contrairement à ce que se disent - mais je les comprends - certains camarades depuis vendredi, ce congrès ne signe pas la fin de la CGT, mais bien la possibilité de son renouveau, car le document adopté, s’il est appliqué comme la direction confédérale sortante souhaitait qu’il le soit, va créer des situations telles que nombre de masques vont tomber et beaucoup de paires d’yeux s’ouvrir tout grand.
Oui, je pense qu’en votant tout cela, le Congrès a créé des conditions favorables pour que celles et ceux qui n’ont jamais renoncé à la lutte de classes et à l’amélioration de "l’outil CGT" en ce sens, puissent remporter d’importantes victoires d’étape pour une reconstruction.
Si nous faisons ce qu’il faut comme il faut. Mais ne présumons pas de l’avenir.
Nous avons obtenu une petite victoire en dépassant nos clivages pour nous opposer nombreux à la venue de François Chérèque prévue le jeudi. Ce monsieur-là n’avait rien à faire "chez nous" à un tel congrès.
Je pense que nombre d’entre nous en sont repartis plus déterminés encore, plus éclairés sur certains aspects de la vie de notre syndicat, avec des idées à foison, et s’investiront encore plus dans les nombreuses luttes à mener.
Il n’est pas question de "refaire le congrès" mais en revanche je rappelle pour terminer que si on ne refait pas le congrès, la CGT fonctionne encore selon le principe du fédéralisme, et non du soi-disant "centralisme démocratique", et que, plus que jamais, et comme l’ont rappelé de nombreux camarades, la bataille se mène dans les syndicats, dans les UL et les UD c’est à dire avant tout au niveau des échelons de proximité dont dispose encore la CGT( mais pour combien de temps?).
C’est peut être désagréable à constater pour certains, mais c’est là qu’il faut se battre je pense, et pas ailleurs - d’une certaine manière, il faut "jouer le jeu". C’est la condition sine qua non (celle là et être armé de beaucoup, beaucoup de patience, car parfois, seul le temps peut démontrer la justesse d’une analyse au départ minoritaire) pour convaincre les camarades dans l’erreur, ou indécis, ou à venir, que la lutte de classe a de l’avenir en notre sein et que la CGT peut être un outil révolutionnaire mais que nous devons impérativement redresser la barre, nous unir, et continuer d’analyser en commun le document qui a été adopté vendredi.
L’union, n’est pas l’unité qu’on a voulu nous faire avaler en tentant de museler les positions critiques.
L’union des syndicats et des syndiqués, dans toutes les luttes (les vraies luttes - pas les manifestations amuse-galerie sous l’égide de la CES d’un Monks qui a bien démontré dans son discours qu’il nous prenait globalement pour des jambons-) que pourra mener la CGT, est un principe indérogeable. Les comptes ne se règlent pas sur le dos des luttes quelles qu’elles soient, car les luttes ce sont avant tous les salariés qui les mènent qui en sont les acteurs et les enjeux.
Il ne faut pas oublier que la lutte de classe a lieu de tous temps au sein même des organisations de la classe ouvrière, on peut le regretter mais c’est un fait aussi ancien que la CGT elle même, elle ne se résume pas à l’affrontement capital travail mais prend aussi en compte des affrontements idéologiques anciens entre anarco syndicalistes, couche bureaucrate (isée?), etc. L’appel incessant à la "fraternité" ne peut pas servir à bâillonner les camarades
Hauts les coeurs camarades, la lotta continua !
Salutations militantes
jeudi 23 juillet 2009
Lézard Rouge, "Quelques réflexions concrètes sur le syndicalisme en France (et notamment à la CGT)"

1° J’aimerais dire d’abord une première chose,je comprends de moins en moins qu’on ne se donne pas tous la main pour mettre en œuvre une vraie manifestation de travailleur,s ENFIN ! Et au bon endroit, au bon moment.
Tous les jours, on entend que des lois liberticides, antisociales, sont votées par le Parlement (c-à- d Assemblée Nationale ET Sénat) :
temps de travail, Hadopi II, Perben, Travail le dimanche, restriction du droit de grève et service minimum, etc, etc.J’en passe !
Parfois il ya à peine 100 députés pour voter ces lois !
Je ne comprends pas : c’est pas sArkozy ni Fillon qui les prennent ces lois (même si ce sont souvent eux qui les décident) - c’est grâce aux DEPUTES et AUX SENATEURS bordel, PAYES GRASSEMENT AVEC NOS SOUS, que TOUTES CES LOIS SONT VOTEES, finalement.
Alors, expliquez-moi qu’est ce qu’on attend là, toutes et tous, pour y aller gueuler notre colère, et obtenir leur démission, un par un vraie droite et fausse gauche?
Commençons par le commencement
Les New Fabris, les Nortel, les Conti, les Goodyear, les employés du privé tertiaire plate formes de téélphonie, SSII, notaria etc etc.et tant d’autres encore ! Tous ensemble devant l’AN et le Sénat pendant des jours jusqu’à qu’on obtienne gain de cause
Qu’est-ce qu’on fout, bordel, chacun "dans notre coin"? Les conf veulent pas nous aider? Ok, on règlera ça plus tard (parce que ça se paiera, c’est sûr), et bien on va s’aider nous mêmes, avec les UL et les UD, les syndicats et les fédés qui voudront bien prendre leurs responsabilités. Et là on peut demander des comptes à nos responsables locaux , directement, si y veulent pas nous aider.
On monte à Paris, on les fait ces manifs devant les ELUS DU PEUPLE DE MES COUILLES : un, deux, trois , quatre jours, rien à foutre, dès la rentrée parlementaire on attaque les choses sérieuses, et pour la séance de rentrée, on leur prévoit une haie d’honneur à toutes et tous, à base de tomates pourries et œufs frelatés...Avec des mentions spéciales pour les traitres "de gauche", bonnet d’âne à Lang, Valls et cie...
Ca me permet d’embrayer sur mon 2ème sujet, qui est très très lié (et qui a été évoqué ailleurs que je me permets de citer).
2° Y’en a marre d’entendre des chialeuses, et qui en plus racontent n’importe quoi la plupart du temps. Dans les forums, les réunions, sur Internet etc.
" Que les non syndiqués ne connaissent pas le fonctionnement , par exemple, de la CGT ( qui est la conf qui s’en prend en général le plus dans la gueule sur les forums internets) je comprends.
Que les journaux ou journalistes viscéralement anti-syndicalistes se saisissent de la plus petite occasion ou de la moindre parole malheureuse (et hélas y’en a ) de certains dirigeants syndicaux pour verser des seaux de merde sur le syndicalisme, les syndicats, les confédérations etc....je comprends aussi ça fait partie du jeu.
Ce que je comprends moins c’est que des syndiqués tombent dans le raccourci abusif pour critiquer (fort légitimement et très heureusement la plupart du temps) l’apathie ou la trahison "DES SYNDICATS" sans autre forme de procès...
Ça me laisse perplexe.
Surtout, ça agace.
Parce que en plus, je pourrais parier que c’est typiquement le genre de choses qui a tendance à rapprocher des directions syndicales, des militants qui finalement ne partagent ni leur manière de faire, ni leurs objectifs, voire, qui en sont très contestataires, avec souvent de biens meilleurs arguments qu’un simple "traîtres à la cause", par "esprit de boutique" ou plutôt, par peur de "casser un outil" qui, s’ils estiment qu’il est défectueux et devoir être sérieusement remanié, leur apparaît toujours comme nécessaire pour la défense de leurs intérêts immédiats de salariés."
On a vu ça dans le PCF, ça a fonctionné des années et des années (et notamment sur les "adhérents récents" qui avaient raté un paquet d’histoires...) le coup de "ralliez vous à mon panache blanc" ou "citadelle assiégée"...Et je ne veux pas être méchant mais on voit le résultat.
C’est dommage - je crois que la CGT mérite largement mieux comme sort que ce qui est arrivé au PCF - et n’a pas fini de lui arriver d’ailleurs....jusqu’à son dernier souffle(avis personnel)
Les "directions syndicales" (la plupart confédérales et fédérales), certaines UR, et certains syndicats, ne font plus rien, ça, c’est clair, ou plutôt, font TOUT pour "enterrer" les mouvements.
On le constate depuis plusieurs années, mais cela apparaît là de façon flagrante, à la faveur d’une "crise" où "les conflits sociaux" (traduire, la réaction légitime des salariés à une exploitation forcenée et à un énorme foutage de gueule) explosent de partout TOUS LES JOURS ou presque depuis 8 mois !
PAR CONTRE, il y a aussi de très nombreux syndicats et notamment de très nombreuses sections syndicales, UD et UL qui participent activement et s’échinent à créer à la base des mouvements et des coordinations, avec leurs moyens.
La question c’est : comment coordonner?
Mais au fond, qu’est ce qui nous empêche de monter une MANIF des UL et des Syndicats CGT en lutte devant l’Assemblée Nationale tel jour comme je disais en 1°? et bien RIEN.
Avec internet maintenant on peut s’organiser sans les conf et les fédés. Et les directiosn locales elles sont locales alors faudrait voir à aller les secouer au cas où.
Sinon, je comprends de moins en moins cette façon (stérile) de tout foutre "abstraitement" sur le dos "des syndicats" - voire certains ne s’embarrassent plus de périphrases, c’est "le syndicalisme" qu’il faudrait flinguer.
Bien sur quand on ne sait pas résoudre des contradictions inhérentes à nos luttes parce que c’est difficile, imposer des solutions en faisant le ménage par le vide (et souvent dans une violence aveugle) est très tentant. Mais je ne comprends pas que "plus de syndicats" puisse apparaître aujourd’hui’ui comme une solution sérieuse.
J’ajouterais que d’autant que la plupart des salariés et chômeurs et retraités non syndiqués ne font ABSOLUMENT rien non plus - et après tout si rien de ce qui est proposé ne leur va et qu’ils ne veulent pas adhérer aux syndicats existants ( y compris CNT bien sûr) et bien, qu’ils créent autre chose une coordination ou que sais, je sinon franchement faut arrêter de gueuler.
La seule question à se poser c’est ON FAIT QUOI ET COMMENT POUR RENFORCER LES ACTIONS DE BASE LES COORDONNER ET PESER SUR LES DIRECTIONS?
Je pense que "l’appel contre les directions", très tentant, est à la réflexion une mauvaise stratégie et qu’au sein des syndicats on a encore la chance de pouvoir faire autrement la majroiété des adhérents n’étant ni élus ni permanents mais salariés, tout simplement..
Moi j’ai l’intime conviction étayée sur mon expérience qu’avant de penser à faire le ménage "en haut" faut avoir le courage de faire le ménage à sa porte et notamment au niveau des UL - et là je parle des hommes je sais que c’est pas dans notre culture mais tant pis - il y a des UL qui ne tournent plus depuis des années et ça c’est inacceptable et une des causes (aps la seule) mais une parmi d’autres, de nos pbs.
Car de l’UL partent les campagnes d’information, les campagnes de syndicalisation, les relations avec les UD et les FEDES, et chose fondamentale l’interpro et la SOLIDARITE syndicale.
Oui les UL et les UD, pour moi c’est fondamental et c’est la cheville ouvrière, avec le syndicat, de la lutte de classe syndicale.
Seulement on cconstate souvent que 1 ° bcp trop d’UL sont de vraies "baronies" et c’est intolérable et que 2° trop peu de syndiqués jugent pertinent ou utile de s’engager aussi au niveau de l’UL - les PTT restent avec les PTT, les EDF avec les EDF, les SNCF avec les SNCF,les caisses d’épargne avec les caisses d’épargne, etc etc. Combien de syndiqués ne participent pas à la vie des UL dont ils sont supposés dépendre?
Alors bon même si Maurice ou Robert sont très sympas et sont nos vieux copains de boîte ou d’UL et bien au lieu de râler, si Maurice et Robert font pas leur taf dans les UL, ils doivent partir.C’est pas personnel, bien sûr, c’est fonctionnel. Je terminerai ce point qui me semble être certains problèmes inhérents au syndicalisme actuellement et notamment à la CGT puisque c’est mon "syndicat", et j’ajouterai pour finir sur ce vaste sujet, qu’ il faut aussi recommencer à envisager de former sérieusement des cadres au syndicalisme de classe et à l’action syndicale, parce que trop souvent aujourd’hui l’action en justice est vécue et pratiquée comme un pis-aller à l’action syndicale, à le remplacer, hors ça ne peut pas marcher comme ça.
Mon dernier point étant de tenir les syndicats à labri des appétitis des partis politiques car ça ça suffit aussi. Le syndicalisme de classe ne peut être apolitique pour moi c’ets clair mais il ne peut être partisan. A cet égard il y a bien des choses à dire sur la "séquence des européennes" et aucun parti (PCF PDG POI NPA LO) ne sort grandi des conséquences et des magouilles auxquelles ces éléctions ont donné lieu DANS LES SYNDICATS et notamment à la CGT et dont en plus il y a fort à parier que la grande majoriét des syndiqués n’a pas participé !
Ca s’appelle donc un peu que nous devons balayer devant notre porte et nosu sortir les doigts du cul AUSSI merci.
LEZARD ROUGE - trouvé sur BC
jeudi 23 juillet 2009
"Bellachiottes, le seul journal qu'on ne peut pas lire aux chiottes" ( c'est notre nouveau slogan... :-))
mardi 30 juin 2009
Quand la classe ouvrière refera de la politique, elle reconstruira son salut

J'ai eu la chance il y a peu de temps de pouvoir lire un livre malheureusement épuisé qui a été écrit par un certain Charles Hoareau paru aux éditions Messidor VO Éditions en1992, et qui s'appelle "LA CIOTAT - CHRONIQUE D'UNE RÉBELLION" (pour celles et ceux qui peuvent encore le trouver, je le recommande vivement).
C'est un très beau livre, et pour ceux qui avaient encore du lait au bout du nez - comme moi - au moment des luttes des chantiers navals de la Ciotat, et des créations des premiers comités chômeurs, une vraie leçon d'histoire ouvrière qu'on ne nous donnera plus nulle part.
C'est un livre extrêmement intéressant d'un point de vue politique notamment.
Ça m' a confirmé une intuition que j'ai depuis pas mal de temps: il y a plusieurs manières de "faire de la politique".
Mais surtout, la bataille politique (la bataille des idées et de l'expression de ces idées), et la solidarité prolétarienne internationale, sont indéniablement les deux mamelles des luttes de la classe prolétarienne.
Il me semble que les réflexions de quelqu'un comme Elie Domota, les enseignements du mouvement du LKP, vont en ce même sens.
Alors il y a façon petit-bourgeois, on "fait de la politique" comme carrière , comme débouché naturel à Sciences Po, comme on va jouer au golf, ou skier à Avoriaz...
C'est une carrière comme une autre, quand on a loupé médecine, ou qu'on n'est pas un grand avocat ou un grand journaliste ("grand" ici veut dire surtout bien sûr riche et reconnu par la bourgeoisie).
Une carrière personnelle et individualiste, où on réserve comme seul rôle politique au prolétariat largement entendu de mettre un bulletin dans l'urne de temps en temps, en général "pour le moins pire", et de coller des affiches , y compris de partis dits "de la classe ouvrière".
C'est un système de délégation de pouvoir sans contrôle du délégant, en plus, qui ne peut pas décider d'interrompre le mandat donné, et sans information, ensuite ,de la classe délégante.
C'est une façon de faire de la politique qui transforme les partis en entreprises où on fait carrière.
Et qui amène forcément à reproduire dans les partis, y compris ouvriers, tous les travers de la démocratie bourgeoise, construite pour appuyer, développer et renforcer le capitalisme.
C'est cette manière là qui a la part belle dans notre société actuelle, en tout cas en France (il me semble, dans beaucoup de pays).
C'est celle qui nous amène invariablement plus de droite dure et de société capitaliste à chaque fois, parce qu'elle éloigne forcément toutes les organisations prétendant représenter la classe des travailleurs de la dite classe, et corrélativement, qui éloigne la dite classe de ce qui prétend être la politique.
C'est cette manière là qui dévie la lutte de classe politique, dans la société civile, dans des luttes partisanes et fractionnelles au sein des syndicats de salariés, qui n'ont qu'à souffrir amèrement de ces combats internes fratricides.
Et puis, à côté de ça, il y a une façon profondément prolétarienne et révolutionnaire qui consiste à faire de la politique comme on construit sa maison, comme on doit nourrir sa famille, comme on assure l'avenir de sa retraite...
c'est à dire par nécessité, par intérêt individuel direct et indirect, et par intérêt de classe aussi, et non pas par jeu, par "plaisir" pur.
Cette façon prolétarienne n'est pas "donnée", elle est à construire, dans le cadre bien particulier d'une société capitaliste, et c'est ce qui fait une des difficultés de nos luttes, il faut à la fois construire l'outil et en même temps, s'en servir.
Parce que l'on pense que les prolos sont la majorité de la société, et que, pourtant, la "démocratie" dont on a hérité de 1789 ne représente plus du tout les intérêts de cette majorité, mais une minorité de nantis et de bourgeois, et que l'on sait que l'on doit participer activement tous ensemble, si on veut sauver sa, notre, peau.
Parce que l'on pense que si on ne se frotte pas à la politique comme organisation et moyen de pouvoir d'une classe, d'une société où domine de fait cette classe, tout ce qui est arraché d'une main à la bourgeoisie par la lutte de classe de terrain est invariablement repris d'une autre main par la même bourgeoisie, au travers des impôts, des lois, des décisions stratégiques...
De cette façon là, on pense que la politique est un prolongement de la lutte des classes qui se déroule à l'usine, au bureau, au magasin, à l'ANPE ( pardon "pôle emploi") à la caisse de retraite...Pour reprendre de nombreux exemples cités dans le livre sur La Ciotat, dans les comités de quartiers, dans les résistances face aux saisies d'huissier aussi.
La politique, telle que nous devons la créer, pour nous, c'est un prolongement nécessaire de la lutte de classe à l'usine ou au bureau.
Un prolongement sans lequel les luttes menées pour arracher des salaires meilleurs, des conditions de travail meilleures, revient souvent à construire un château de carte sur un sable mouvant.
Bien-sûr, quand je dis "une façon prolétarienne" et "une façon petit bourgeois" elle ne tient pas à la nature des personnes, mais à la pratique, aux méthodes et aux objectifs.
Car il arrive( de plus en plus souvent) que des anciens prolos "vendent leur âme au diable" et s'institutionnalisent dans des partis qui deviennent progressivement des partis petits bourgeois ( le déclin du PCF ces deux dernières décennies en est une bonne illustration - mais il n' ya pas que cela et il faudrait une longue étude pour en parler), et que, au contraire, des petits-bourgeois adoptent une manière et une lutte profondément prolétarienne et révolutionnaire.
Bref.
Si on voit la politique comme ce prolongement nécessaire de la lutte de classe sur le lieu de travail, pour organiser la vie en société "dans la cité", on ne peut qu'y prendre part quand on est salarié, actif ou pas.
Non plus en adhérant nécessairement à des partis, qui s'ils ont été à une époque des moyens en effet à la lutte de classe du prolétariat, ont aujourd'hui presque tout renié (il n'y a qu'à compter les salariés actifs, notamment du privé, qui deviennent en effet député ou sénateur ou dirigeant national de ces partis...).
Non pas, non plus, en tournant le dos radicalement à toute forme de politique.
Mais en se faisant soi même sujet politique actif.
En commençant par décider à titre individuel que nous devons devenir souverain.
Mais en s'organisant, même seulement localement, même en petit nombre, - y compris "en liaison" (mais en indépendance) avec ces "vieux" partis - , mais non pas pour "recréer" un énième parti qui sera au fond calqué sur tous les autres qui existent déjà.
Non.
En s'organisant pour recommencer à créer de l'avenir politique pour le prolétariat, en créant des groupes dont principalement l'objet va être double à savoir réfléchir analyser proposer, dans le but de construire un nouveau projet politique, c'est à dire un nouveau projet de société, et puis, deuxièmement, pour agir en conséquence.
Toute miette de construction politique autonome et de projet de société alternative arrachée à la bourgeoisie et à ses soutiens objectifs est bonne à prendre si elle va dans le sens d'une démocratie réelle.
La politique aujourd'hui c'est avant tout, pour nous, prolétaires, de se rapproprier le droit à la parole et à la proposition sur des tas de sujets qui sortent directement du cadre strict de la lutte de classe en entreprise, mais qui en sont le soutien, le rempart nécessaire.
Ne plus avoir peur de s'inviter aux réunion de partis, d'associations, ne plus avoir peur de prendre la parole devant des soi disant élites, de demander des comptes, de monter sur une caisse dans un parc ou sur une place pour dire tout haut à nos semblables ce que des années de lutte nous ont enseigné.
Ne pas rester dans son coin - même seulement à deux ou trois c'est mieux que tout-e seul-e.
Ne plus s'auto censurer.
Ne pas avoir peur d'écrire et de participer, en se disant qu'on n'écrit pas assez bien français, en se disant qu'on ne connaît pas assez de choses, qu'on n'a pas sa place, pas le droit...
Faire de la politique, pour la classe ouvrière, en luttant contre ce qu'on nous propose aujourd'hui comme seule façon de faire de la politique et qui nous dégoûtre manifestement toutes et tous (60 % d'abstention aux dernières européennes, 40 % d'abstention aux municipales d'Hénin Beaumont...), en luttant contre la propriété privée des moyens de production, en inventant de nouvelles formes de gouvernement par le peuple et pour le peuple, en construisant une nouvelle démocratie, une réelle souveraineté du peuple et notamment de la classe prolétaire, c'est retrouver le chemin de notre dignité et aller vers plus de bonheur.
Quand la classe ouvrière largement entendue refera de la politique, dans ce sens qui lui est propre, pour créer un nouveau projet de société qui réponde à ses intérêts à elle, elle reconstruira progressivement son salut.
D'ici là, elle se condamne à ce que tout ce qu'elle arrache comme victoires d'étapes lui soit implacablement repris, et même plus, par la bourgeoisie.
Le rôle de tout communiste devrait donc être, avant tout, de permettre, par tous moyens, (réformes, organisations de débats publics, soutiens aux révoltes locales...) à ses frères et sœurs prolétaires de s'exprimer, d'obtenir des nouveaux moyens de lutte politique, de faire naître ses idées, de s'organiser, pour que tous les moyens puissent être saisis valablement, et aussi, d'acquérir les connaissances fondamentales aussi qui permettront d'améliorer ainsi le travail entrepris par chacun pour soi en tant que représentant d'une classe...
La bourgeoisie , les propriétaires des capitaux, du Capital, leurs sbirres inféodés, ils doivent nous craindre et nous redouter.
Et pour cela, leur extorquer à la force de plusieurs semaines de grèves, quelques dizaines de milliers d'euros, même si c'est bon car ça évite aux prolos de crever, et que de toute façon c'est un minimum de ce qui nosu est dû, ce n'est plus suffisant car ils intègrent parfaitement ces perspectives dans leurs coûts sans que cela entame de beaucoup leurs profits.
La seule manière de nous faire respecter c'est d'aller faire irruption sur "leur" terrain, ou plutôt celui qu'ils nous ont confisqué, celui de la politique, de la parole publique, c'est de témoigner et de mettre en oeuvre la volonté de devenir SOUVERAINS A LEUR PLACE.
La Louve
http://osemy.blogspot.com
mardi 16 juin 2009
ILS NE NOUS FERONT PAS TAIRE ! Pétition de soutien à Charles Hoareau

http://www.lapetition.be/en-ligne/ils-ne-nous-feront-pas-taire--4483.html#form
Pétition en soutien à Charles Hoareau et contre la criminalisation du mouvement social et de la résistance syndicale.
Rappel:
Le 29 juin 2009, Charles Hoareau, responsable CGT des Bouches du Rhône, est convoqué au tribunal correctionnel de Marseille, dans le cadre d'un conflit du travail qui oppose la société ADOMA et 39 de ses salariés depuis novembre 2007, pour répondre des accusations de "menaces répétées" lancées contre lui par l'un des représentants d'ADOMA.
Il y a quelques semaines, Charles Hoareau a même été placé plus de 24 heures en garde à vue dans ce cadre.
Il voit ainsi son nom inscrit à la suite de la longue liste des nombreux militants poursuivis judiciairement, de façon systématique, et parfois avec acharnement, notamment, depuis quelques années:
- les travailleurs en lutte des chantiers navals de Saint-Nazaire, Roberto Ferrario et Bellaciao, Elie Domota (LKP), Gérard Jodar et les militants de l'USTKE (Kanaky), les manifestants et syndicalistes inculpés à Saint Nazaire le 29 janvier, Gérard Filoche, inspecteur du travail poursuivi pour délit d'entrave, Clément Onimus, doctorant à l'EPHE accusé de violence envers un CRS au moment du conflit des universités, mais aussi, les 49 inculpés de la place de la Nation le 19 mars, les 74 agents d'EDF-GDF, et bien d'autres.
Cette pétition vise à le soutenir, mais au-delà, à soutenir tous les syndicalistes et salariés en lutte pour leur dignité, leurs salaires et leurs emplois, et pour s'opposer à la criminalisation du mouvement social.
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TEXTE DE LA PÉTITION:
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Depuis quelques mois se multiplient les actes d’intimidation en direction de celles et ceux qui se battent pour le progrès social ou la défense des droits des salarié-e-s et citoyen-nes de ce pays. Dans cette entreprise, pouvoir et grand patronat font de plus en plus souvent appel aux services de police et à l’appareil judiciaire.
Ainsi, dans cette logique, se retrouvent entrainé-e-s dans des procédures pénales des hommes et des femmes dont le seul tort est d’avoir défendu une autre conception de la société que celle d’une logique de profit et d’écrasement de l’homme, d’avoir participé à des luttes pour l’emploi, les salaires, le service public, la démocratie, les libertés, la défense des sans papiers.
Victimes de cette répression sans précédent, solidaires de ces militant-e-s du bonheur, nous voulons dire avec force aux tenants du pouvoir que l’on ne nous fera pas taire !
Héritiers et héritières d’un mouvement ouvrier qui a connu dans son histoire la répression, la clandestinité, la lutte antifasciste et les guerres coloniales et n’a jamais reculé, nous ne reculerons pas nous non plus devant les menaces.
L’avenir des droits et libertés de ce pays en dépend.
Jamais dans l’histoire la répression n’est venue à bout durablement de la lutte pour la justice.
PREMIERS SIGNATAIRES:
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- André Fadda, responsable USM CGT Saint Nazaire
- Elie Domota, porte-parole du LKP (Liyannaj Kont Pwofitasyon), Gwadloup
- Jean François Tealdi, secrétaire général SNJ CGT France Télévisions
- Roberto Ferrario, co-fondateur du site Bellaciao.org, poursuivi pour diffamation en 2007 par les Chantiers navals de Saint Nazaire et relaxé, SNJ CGT
- Solidarité Kanaky, collectif de lutte contre la répression de l’USTKE en Kanaky
- France Weyl, Avocate à la cour (Paris)
- Raymond Mérat, Avocat à la cour, Représentant à Genève de l'Association internationale des juristes démocrates
- Roland Weyl, Avocat à la cour (Paris)
- Union Départementale CGT de Paris (CGT 75)
...
http://www.lapetition.be/en-ligne/ils-ne-nous-feront-pas-taire--4483.html#form
lundi 27 avril 2009
Quelques idées et propositions pour un projet politique d'émancipation populaire.


Images tirées d'un chouette blog http://etlecocatualoeillet.blogspot.com/ un blog engagé d'une femme métisse qui n'a pas sa langue dans sa poche ni son cerveau dans ses chaussettes :)
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Excusez moi camarades, compagnons, et amis, ce sera un peu long, mais le sujet ne pouvait pas être défloré en 3 pages...Bon courage et merci à celles et ceux qui voudront bien me lire.
I. Le constat d'un énorme ras-le-bol populaire qui grossit, après des décennies de soumission volontaire au capitalisme politique et économique.
Le temps de l'esclavage moderne n'a que trop duré.
Je ne vais pas faire un exposé sur le capitalisme, le néolibéralisme, des tas de gens bien plus compétents et doués que moi, le font, et très bien (lire le dernier ouvrage d'Ignacio Ramonet par exemple).
Dans le monde entier. Et puis, je ne suis pas une économiste.
Bien sûr, ce capitalisme, c'est un système économique. Mais pas seulement.
C'est aussi un système politique, en tant que la politique est une réalité, qui s'appelle "vivre ensemble".
Je rappellerai donc simplement, pour commencer, une évidence fondatrice de ce système, une évidence qui me semble parlante:
économiquement, et politiquement, le capitalisme, c'est le système dans lequel et par lequel la minorité opprime la majorité, où le plus petit nombre s'approprie la quasi-totalité des richesses (matérielles, culturelles...) produites par le plus grand nombre, et ceux qui sont les plus nombreux ne sont pas ceux qui ont les "pouvoirs".
C'est un système pervers, dominateur et infantilisant par excellence.
Mais c'est vrai que, quand "tout va bien", (ou disons, quand les inconvénients du capitalisme sont encore supportables par le plus grand nombre), c'est un système très "pratique" d'un point de vue notamment politique.
Ce n'est pas par hasard qu'il a été maintenu jusqu'à présent - c'est qu'il offrait quand même à notre nature humaine, jamais avare de facilités, plus d'avantages que d'inconvénients, à court terme.
Du point de vue politique, ce système nous maintient dans une espèce de tutelle, et nous permet, la plupart du temps, de rester comme de "gros bébés", dans une espèce d'indolence molle, d'apathie, de déléguer la direction de nos vies, de subir même parfois, plutôt que de prendre notre destin en mains.
Même, oui, lorsque nous sommes militants de partis ou de syndicats.
Car nous transposons alors sur l'appareil (dont le fonctionnement est en général calqué sur le modèle de la démocratie bourgeoise) auquel nous croyons appartenir, notre désir presque spontané de délégation.
Oui, c'est laid, ce que je dis (ou plutôt c'est la réalité que je rapporte qui n'est pas très jolie), mais c'est vieux comme La Boétie et "la servitude volontaire".
Essayer d'être "maître" de soi (ce n'est pas l'expression que je voudrais employer mais les termes exacts m'échappent), de son temps, de ses goûts.... est relativement fatigant, exigeant, surtout dans une société comme la notre, où rien n'est fait pour rendre cela possible.
Mais si on acceptait d'abord d'être "maître de soi", peut être qu'on ne pourrait plus supporter que d'autres essaient de devenir nos maîtres?
Et probablement qu'on n'aurait plus ensuite de désir de devenir "maître d'Autrui", surtout si l'Autre devient notre semblable, notre égal?
Bien sûr "maître de soi" ça ne signifie ni être individualiste, ni nier la classe, ni refuser le collectif.
Au contraire, et peut être même que, plus on atteint un degré d'indépendance, disons,d'autonomie, et de respect de soi élevé, plus on est capable de travailler, de réfléchir et de construire pleinement ensemble. Collectivement.
Au risque de choquer, j'irais même plus loin dans l'autocritique:
- même lorsque nous n'avons pas voté Sarkozy (ou Chirac ou disons, lorsque nous avons toujours voté "à gauche"), même lorsque que nous avons fait, de bonne foi, ce que nous croyions juste, nous sommes en grande partie responsables de ce que nous avons aujourd'hui, dans la mesure où nous avons trop longtemps accepté un système, économique et politique, complètement fou et "pipé" à la base.
En effet, c'est totalement déraisonnable de notre part d'accepter, dès l'origine, de laisser les règles du jeu être définies par des gens qui, fondamentalement, n'ont pas les mêmes intérêts que les nôtres, voire, ont carrément des intérêts opposés.
Si un de nos amis laissait son argent à gérer à un escroc notoire comme Bernard Madoff par exemple, on lui dirait qu'il est complètement fou, non?
Bien sûr, il y a des situations, des moments de l'histoire, où ce type de compromis est envisageable, peut être même nécessaire, des moments où cela fonctionne plus ou moins bien; c'est ce que l'on a appelé la social-démocratie ( et le mouvement révolutionnaire pour le communisme est d'ailleurs né de la contestation de l'hégémonie de cette alternative pour la classe ouvrière).
Et puis il y a des moments de l'histoire où tout se précipite, et l'on voit bien que là, il va falloir "faire autre chose" (et pas seulement "la même chose autrement").
Des moments, comme celui que nous vivons actuellement, où l'on voit bien que c'est complètement schizophrène de penser que des gens qui ont des intérêts autres que les nôtres, vont agir vraiment "pour notre bien".
Naturellement, ils ne le feront que s'ils y trouvent leur intérêt!
Et parfois, comme en ce moment, donc, leurs intérêts sont, au contraire, de foutre un violent bordel dans tel ou tel endroit du monde, de saccager, de dévaster, de violer le corps social. Leurs intérêts sont de nous mentir, de nous trahir, de nous raconter n'importe quoi...De fermer des usines rentables et profitables, de mettre des centaines de milliers de braves travailleurs à la rue, sans se soucier de ce qu'il adviendra de nous.
C'est ce que tous ces exploiteurs appellent aujourd'hui "démocratie" (qui n'a vraiment plus rien à voir avec "le pouvoir du peuple par le peuple pour le peuple"...), ce lien tellement distendu entre la population réelle et les "représentants" constitués en une sorte de caste, caste dont les intérêts se recoupent, consciemment ou pas, avec ceux des propriétaires des capitaux.
II. Le sacrifice de la Liberté des travailleurs doit prendre fin
Ce que nous avons sacrifié, en somme, au confort de ne pas avoir nous mêmes à nous impliquer davantage, à agir davantage, ce que nous avons sacrifié, c'est la liberté. Notre Liberté. Il faut dire qu'on nous a bien aidés à le faire, ce sacrifice....
(Là, normalement, c'est bon, avant de m'accuser de populisme, on va me dire que "la liberté, c'est petit bourgeois").
Et bien si défendre la liberté, comme un bien premier de l'homme au même titre que l'eau et le pain ou le repos justement, c'est le signe assuré qu'on est "petit-bourgeois", pas de souci, je revendique sans aucune honte que la liberté, celle de pouvoir vivre décemment pour faire de vrais choix, d'abord, et aussi, donc, celle de s'exprimer, celle de donner son avis et de le faire respecter, celle d'agir ( c'est-à -dire aussi d'avoir les moyens d'agir), celle de se réunir, celle de se défendre contre l'oppression d'une majorité par une minorité, c'est le bien le plus précieux de l'homme, et notamment du travailleur.
Mais avant de me dire que ça n'a pas d'importance, cette liberté, j'attends que les mêmes nous rendent possible alors, de dire à nos patrons ce que nous pensons de leur gestion sans se prendre un référé ou un courrier en recommandé dans les dents, par exemple.
Non, cette liberté d'expression, nous ne l'avons même pas dans la plupart des entreprises, des lieux de travail.
A peine avons nous, dans les PME privées, le droit EFFECTIF de nous syndiquer! Oh, sur le papier "tout est possible" mais dans la réalité les salariés du privé (et notamment des PME ou TPE, dont je fais partie) savent bien que c'est un vrai combat, un combat qui peut coûter très cher.
Alors, pardon, mais je crois que ce n'est pas du tout "petit bourgeois", la défense, la revendication de "la liberté".
Tiens, aurions nous le droit de nous armer et de nous rassembler pour résister à l'agression armée du pouvoir capitaliste et protéger les nôtres? Non, bien sûr, nous n'avons pas le droit. Et pourtant, si le peuple-classe était agressé physiquement, militairement, alors qu'il tente de défendre sa vie, le fait de pouvoir répliquer, ne serait-ce pas une liberté?
La liberté, oui, c'est fondamental, tout dépend toujours à quoi on l'utilise, sur quoi on la fonde, vers quoi elle est tournée.
Est-ce la liberté individuelle de faire n'importe quoi, la liberté de l'égoïsme, la liberté sans principe, sans valeurs, et qui sert de masque aux pouvoirs fascistes?
Non, bien sûr, notre liberté n'est pas celle-là, parce que nous voulons "à chacun selon ses besoins" sans distinction de race, de nationalité.
Parce que nous, nous avons en tête de rendre possible enfin une véritable démocratie, une démocratie réelle où la majorité de la population (majorité du point de vue social, c'est-à-dire, une majorité établie sur la fonction occupée réellement dans la société) peut enfin décider et participer activement à la détermination de son destin.
Et puis attention, notre liberté à nous, communistes, ce n'est pas celle des grands penseurs bourgeois. Nous, on sait que la liberté, si c'est seulement une idée, ça n'a aucun sens - ou ça peut les avoir tous! - il faut encore avoir les moyens de la liberté. Et là, on est loin du compte!
La conquête de notre liberté réelle, ça a toujours été mon point de vue, ma motivation, depuis le début de mon engagement en politique, ensuite, auprès des communistes du PCF, et je n'ai toujours pas changé d'avis depuis le jour où (pardon pour l'auto-citation, mais il faut parfois démontrer sa constance dans une quête), j'ai dit que:
" (...) parler de politique, c’est parler de créer. Créer les conditions qui permettent une liberté de pensée réelle. Cette liberté de penser, elle nous est aujourd’hui fortement contestée.
Il est question, dans cette élection, cruciale, ni plus ni moins que de choisir ce que vous voulez, pour vous, et pour ceux que vous aimez et que vous voulez protéger. Voilà la question aujourd’hui : la Liberté ou l’aliénation ? L’Homme libre ou l’esclave ?
La liberté, notre liberté, est en danger. Les conditions économiques et sociales parfois dramatiques dans lesquelles vivent aujourd’hui trop de nos concitoyens, des conditions qui nous font vivre au rabais, des conditions qui nous font survivre pour certains, ne favorisent pas la liberté. Car, comment être libre lorsque la fin du mois commence le 15 ? Comment être libre lorsqu’on ne peut pas espérer faire des études satisfaisantes ? Comment être libre lorsque l’on a peur, en permanence, de perdre son emploi ?(...)".
Liberté de penser: c'est difficile à mettre en œuvre car être vraiment libre de penser implique, à mon avis, de penser juste, et pour penser "juste", au moins, essayer de penser un peu plus juste, il faut un peu de temps pour se former, pour apprendre, pour débattre ensemble...
Liberté de penser (et cela n'est pas gagné, car il faut déjà pour cela contester et éradiquer la propagande bourgeoise et ses véhicules), liberté de mettre en œuvre les moyens, tous les moyens, pacifiques, si possible, de revendiquer, de développer, de réaliser tout ce que cette première liberté, de penser, aura fait jaillir dans nos têtes et dans nos vies.
Liberté de penser, pour avoir la liberté d'expérimenter, liberté de penser pour avoir la liberté de faire autre chose, de vivre autrement.
Plus que jamais, pour agir sur nos conditions de vie matérielles, sur l'économie , nous devons prendre le contrôle de tous les leviers politiques. Ce qui ne signifie pas continuer d'alimenter le système politique qui nous nuit en prétendant qu'on pourrait le "changer de l'intérieur".
Oui, je pense que la conquête de sa liberté, ce que d'autres bien avant moi ont appelé "émancipation", c'est plus que jamais notre combat à toutes et à tous.
Et si on gagnait ce combat, nos camarades, nos frères en lutte, ne se retrouveraient pas en ce moment à la rue, au tribunal, que sais je!
Non, parce que dans cette démarche d'autonomie, la liberté, évidemment, prend le pas sur cette saleté de propriété privée des moyens de production, l'occupation du lieu de travail pour défendre son gagne-pain devient une véritable liberté c'est à dire qu'elle ne rencontre pas d'obstacle!
Nos enfants, leurs enseignants, ne seraient pas inculpés pour avoir manifesté leur désir, salutaire, légitime, d'un autre monde!
Donc, ce que nous devons revendiquer premièrement, la bannière sous la quelle je pense, nous pourrions toutes et tous, gens "de gauche", nous unir, c'est la défense, l'augmentation, de la liberté.
Liberté de critiquer le discours et les actes de ce gouvernement et de son opposition fantoche. Ça veut dire, liberté d'avoir les bons chiffres, les bonnes analyses, ça veut dire liberté de l'information, et liberté de l'expression.
Est-ce le cas aujourd'hui? Non. Pas pour la majorité d'entre nous. Mais il faut construire la possibilité de le faire.
III. Les rapports entre le peuple, les représentants politiques actuels et le système
La Liberté en question, c'est aussi celle de nous déjuger, ensuite, c'est à dire, la liberté de démissionner un pouvoir élu par nous, nous le peuple-classe, la liberté de le sanctionner devant toutes ces erreurs manifestes.
Et je ne vise pas que Sarkozy.
Je vise bien sur l'ensemble de la droite, mais en ce qui nous concerne, "notre gauche". Elle n'est pas satisfaisante. Elle est nulle, aux trois quarts.
Non seulement, il ne faut pas faire ce cadeau à Sarkozy, de croire qu'il serait responsable de tout, mais on ne peut pas se mentir, dans une telle période, en disant qu'il suffirait de changer Sarkozy (pour quoi, d'ailleurs? Pour un Le Pen? On prévoit un FN à 8 % aux Européennes mes amis!); et puis, si on en reste à des questions de personnes ou de partis, on n'approchera pas de ce qu'on doit réellement changer, c'est-à-dire, le système.
Mais ensuite, je crois que nos impôts servent quand même à payer (très largement) des gens qu'on appelle députés et sénateurs, des gens qui sont supposés être seulement nos mandataires, et qui, contrairement à ce qu'ils veulent nous faire croire, ont encore de nombreux pouvoirs en France; on ne doit plus leur laisser croire qu'on les protège, "parce que ce serait eux", parce que ce serait "notre parti", alors qu'ils font des boulettes, et se contentent de dire ensuite "Ah on ne peut rien faire, vous savez, nous sommes minoritaires! Mais votez pour nous et ça ira mieux".
Le clientélisme c'est ça: " J'agirai pour toi, toi en tant que représentant d'une classe, non pas si c'est juste du point de vue de ce que je dois défendre et combattre, mais si tu as pris ta carte, si tu as mis ton obole dans le tronc, et puis j'agirai que si je ne suis majoritaire parce que tu sais, sinon, je ne peux rien faire...."
La guerre des classes que nous menons, que nous portons, que nous subissons, dans nos entreprises, dans nos lieux de travail, au sein des universités, des labos, dans les associations, elle doit entrer à l'Assemblée. Cela, nous devons l'exiger de nos représentants soi disant populaires.
Il est temps que, au moins, les vrais démocrates, les vrais partisans de la classe ouvrière, cessent de s'acoquiner avec ceux qui, PS ou UMP ou Modem, sont toujours les premiers à nous trahir, nous les travailleurs, nous les exclus, les précaires, les étudiants, les jeunes..., finalement!
Il faut qu'ils fassent, en quelque sorte du "syndicalisme parlementaire de classe"!
Depuis quand être minoritaire empêche-t-il d'agir? Est-ce que un syndicaliste doit attendre d'avoir 99 % de ses collègues syndiqués à l'organisation qu'il représente, pour commencer à agir sur son lieu de travail? A ce tarif-là, il n'y aurait pas eu beaucoup de conquêtes sociales!
Pourquoi devrions-nous porter la contradiction aussi au cœur des assemblées (parlement, conseils régionaux, conseils généraux, municipalité?) et bien parce que, profondément, et même dévoyé à l'extrême comme il l'est sous la 5ème république version sarkozyste, le système représentatif de la démocratie bourgeoise est parlementaire, dans le sens où son fondement radical est au Parlement et dans les assemblées législatives locales.
Bien sûr, la plupart de nos gentils députés et sénateurs essaient de nous faire croire le contraire, et Sarkozy les a bien aidés avec sa réforme bidon.
Mais les lois, il faut bien quelqu'un pour les voter quand même? Ok, on peut faire des décrets mais les décrets ça s'attaque. (On peut aussi aller manifester devant le Conseil d'Etat quand il préfère appliquer la justice bourgeoise à la justice populaire!)
Alors ces gens , de droite et même de gauche, qui sont, au fond, d'accord avec Sarkozy,et surtout, avec les intérêts de classe que défend Sarkozy, mais qui dépendent, eux, strictement de cette "caste" à de rares exceptions, il faudrait leur demander de choisir leur camp ou de partir.
Se soumettre ou se démettre.
Et s'ils ne veulent pas partir , il faudra les virer.
Parce que MM Dassault, Mancel, Patria, Degauchy, Gonnot et j'en passe, par exemple, ce sont bien des députés UMP de l'Oise non?
Alors peut être que face aux ouvriers de Continental excédés, ils font peut être les beaux sur "leurs terres", mais une fois rentrés à l'Assemblée Nationale dans leur groupe, ils font quoi? Rien. Ou plutôt si, ils cautionnent les politiques capitalistes, profondément liberticides et antisociales de leurs amis Fillon, Sarkozy, Devedjian etc.
Et les petits députés félons comme Manuel Valls (PS) qui n'est même pas de l'Oise mais de l'Essonne (et qui va finir par se déchirer la langue à force de lécher le cul de l'UMP) et qui n'a pas eu de mots assez durs pour appuyer la criminalisation du mouvement social, on ne pourrait pas aller leur dire deux mots aussi à ces braves "représentants du peuple"?
Allez, cela suffit de nous prendre pour des jambons!
Y'a bien un moment où c'est sur les actes qu'on juge les gens et plus sur les paroles, non?
Ce que nous devrions en conséquence aussi revendiquer (revendiquer en actes) comme liberté, c'est donc bien aussi le droit d'aller manifester pacifiquement devant l'Assemblée Nationale sans nous faire gazer, sans nous faire matraquer, sans nous faire enfermer. Sans tomber dans des pièges policiers énormes.
Nous sommes en démocratie parait-il?
Alors, si nous nous réunissons devant le Palais Bourbon pour dire à tous ces députés, sans lesquels Sarkozy ne serait qu'un chef sans armée, à ce jour, "protégez-nous, défendez-nous, ou partez", on ne devrait pas nous faire de mal.
Si nous nous asseyons pour le premier long "sit in" de notre histoire, en disant à tous ces représentants félons :
"QUE SE VAYAN TODOS"!
De votre loi Hadopi, de vos lois anti-étrangers, de vos lois anti-savoir, de vos lois faites par les riches pour les riches, on n'en veut plus, on n'en veut pas!
Oui, nous, le peuple-classe, le peuple du travail et ses alliés, nous voulons que vous partiez, que vous quittiez ces lieux.
Je vais vous dire, camarades, si nous faisons cela, à la rigueur, Sarkozy peut même ensuite rester dans son Palais!
Le pouvoir de décider vraiment de nos vies, alors, n'est plus chez lui mais chez nous, dès lors que nous aurons décidé de reprendre ce qui nous appartient.
IV. Nos luttes dans les lieux de travail et dans la rue doivent être accompagnées par une lutte pour construire et imposer un nouveau projet politique
Tout ce qui nous appartient. De nos usines jusqu'à nos assemblées. Il faut TOUT reprendre.
Vous me direz, "c'est bien gentil ton grand délire", mais cela ne sauvera pas les ouvriers de Conti, de Caterpillar, de Goodyear, cela ne sauvera pas les pêcheurs, cela ne sauvera pas les étudiants, les chercheurs...tous les salariés qui se font virer, cela ne donnera pas un toit à tous les sans logement ni à manger à ceux qui crèvent de faim...
C'est peut être une erreur, camarades, de penser comme cela! Peut être que si, justement, c'est cela qu'il faut faire.
Car ce que nous ferons dans la foulée de toutes nos luttes de terrain, de nos luttes méthodiques, de la grève générale que nous devons préparer, envers et contre tout, c'est abolir la constitution de 1958, clore le cycle ouvert en 1789 de domination politique bourgeoise.
Ce que nous ferons dans la foulée, c'est une assemblée constituante pour fonder la démocratie populaire.
On va la faire naître, la constitution de l'An I, enfin!
Il ne s'agit pas de faire passer la lutte strictement politique avant la lutte des travailleurs, avant les engagements de terrain, je ne suis pas en train de proposer que tout se règle au-dessus de nos têtes, dans des assemblées d'élus, sans combattre, non, mais que la lutte politique se fasse ENFIN l'écho, la traduction de nos batailles de terrain, et que ces batailles dans nos lieux de travail nourrissent nos propositions politiques.
Qu'à la fois, cette lutte politique vise à appuyer et à développer les luttes sur les lieux de production, contre les pouvoirs des capitalistes. Qu'elle ait ce même visage de contestation radicale, qu'elle soit nourrie par ce même désir de changer l'ordre des choses que les luttes de classe sur les lieux de travail. Qu'elle fasse des propositions de réformes, oui, mais de réformes révolutionnaires.
C'est là la grande leçon d'un LKP, mouvement qu'on ne peut certes pas copier-coller à la métropole, mais qu'il faut analyser, étendre, modifier, adapter à nos spécificités, la leçon de son travail de terrain, de sa diversité, c'est une force parce qu'il unit des revendications à la fois politiques et sociales puissantes. Sans compromis. Sans calculs bureaucrates. Dans une perspective révolutionnaire.
Ce que nous nous donnerons comme règles, ce seront les principes qui seuls peuvent fonder une démocratie nouvelle, réelle, une démocratie qui en effet, remette le pouvoir de nos vies entre nos mains, et pas entre celles de nos pires ennemis.
Je ne vois pas pourquoi nous laisserions les néolibéraux essuyer leurs semelles sanglantes de capitalistes sur ce magnifique drapeau de la Liberté sans tenter de le reprendre et de le hisser sur nos têtes!
Moi non plus je n'aime pas le pouvoir (il est maudit, disent souvent nos camarades anarchistes et ils n'ont pas complètement tort), mais force est de constater que si nous ne prenons pas le pouvoir, nous n'aurons pas cette liberté. Quand une personne veut se battre contre nous, quelle solution adopter? Le renoncement? L'appel à la paix? Non bien sûr, car quand on veut "notre peau", on se doit de répliquer en proportion.
Nous "donnera"-t-on ce pouvoir par les élections dans le cadre actuel?
Certainement pas (sinon, comme disait Coluche, il y a longtemps qu'elles auraient été interdites) et a fortiori, certainement pas les européennes.
Alors, oui, il faut savoir, il est temps de savoir ce que l'on veut.
Malheureusement c'est la règle de la vie qui est ainsi, pour l'instant, "ce qui nous est cher nous coûte cher". Ce que nous voudrions vraiment ne peut pas nous être donné mais doit être pris à ceux qui ne veulent pas nous le donner.
Les exploités, tous ceux qui luttent contre le système capitaliste, contre les néo-libéraux au pouvoir, sont criminalisés quand ils se révoltent, le système de gouvernement actuel ne nous permet pas par ailleurs de participer aux processus de décisions qui affectent nos vies directement.
En revanche, les patrons voyous sont protégés, ils ont pour eux la loi, la justice, la force autorisée!
On ne peut pas occuper une usine comme on veut, mais le patron a pour lui le tribunal et la police pour nous en déloger!
Alors que la colère des salariés exploités, trompés et abandonnés, s'exprime de plus en plus fortement partout dans le monde, alors que les générations futures que l'on veut priver de culture et de savoirs, se rebellent, y compris en France, on voit de plus en plus nettement une guerre des classes qui se dessine.
La guerre de ceux qui possèdent contre ceux qui sont possédés ( au double sens du terme, c'est à dire, dont la force de travail est exploitée par un tiers, et qui sont trompés et abusés).
On la voit de plus en plus nettement, cette guerre des classes, que les relais traditionnels de médiation des colères et des revendications ouvrières, estudiantines, populaires comme les syndicats ou les partis dits "de gauche", s'affaiblissent, faute d'adhérents, faute de votants, victimes de leurs tergiversations politiques, victimes de leurs positions datées de consensualisme, de non-violence à tout prix, de morale petit-bourgeois, victimes, pour tout dire, de la proposition social-démocrate qui les traversait toutes et tous plus ou moins fortement, et qui prétendait "réguler le marché " et "humaniser le capitalisme".
Face à l'effondrement de la social-démocratie, effondrement intellectuel, effondrement pratique aussi, puisque cette solution a été défaite par le néolibéralisme, face à la défaite de ces barrières naturelles à la colère de la classe ouvrière, les antagonismes de classe apparaissent de plus en plus nettement.
Les "pompiers sociaux" traditionnels sont désormais trop affaiblis, trop peu crédibles pour être encore d'une quelconque utilité au maintien d'une paix sociale relative.
Ils freinent encore tant qu'ils peuvent empêcher de construire la grève générale qui sera une arme de poids dans notre combat d'émancipation, mais bientôt, même cela ils ne pourront plus le freiner! Et c'est tant mieux. Car ce qui nous attend à partir du second semestre 2009, ce que la crise du capitalisme va nous amener, est apocalyptique ou presque, et personne ne pourra pas contraindre les peuples à se faire tondre sans qu'ils réagissent!
Et c'est là que nous devrons avoir des propositions politiques à faire. C'est pour ça que depuis des mois, des années, nous sommes nombreux à passer à une "vitesse supérieure" pour construire ce projet politique.
A l'heure où les sondages pullulent, pas un seul n'a encore été commandé pour savoir ce que pensent les Français de l'action des syndicats et des partis dits ou qu'on appelle de gauche. C'est étrange non?
Les habitants de ce pays sont ils satisfaits de ces acteurs traditionnels de leur vie sociale? Attendent-ils plus? Autrement? Les trouvent-ils suffisamment représentatifs de leurs colères de leurs attentes? Pensent-ils que leur salut viendra de ces organisations?
On ne sait pas. Ça doit bien en arranger certains qu'on ne sache pas.
Le niveau de "conscience de classe" des habitants de la France est-il modifié par les nombreuses déconvenues que subissent leurs croyances anciennes sur la "démocratie"? Sur "la valeur travail"? Sur "la société de consommation"? Des leçons sont-elles tirées au moins de ce que nous vivons là?
Et surtout, sent-on le renouveau d'une aspiration à ce qui serait un socialisme, un communisme?
Ce n'est pas certain.
Pour le moment.
Mais on sent monter à la fois une "haine du patron", de plus en plus fortement, qui se traduit de plus en plus par une critique du système capitaliste, (pas seulement du néolibéralisme) et un désir collectif de changement. Indéniablement.
Mais attention!
L'expression de ce désir, de ce changement, pourrait être fort différente de ce que nous, socialistes et communistes, espérons.
Nous sommes de plus en plus nombreux à penser (et pas des plus "gauchistes" cela va d'élus du PCF à Villepin, ou Royal, en passant par des intellectuels comme E. Todd qui parle, lui, d'une révolution fasciste), qu'une situation pré-révolutionnaire est bel et bien en train de se créer.
Tout péter sous un coup de sang, suite à une décision d'un tribunal, si je le comprends plus que bien, ce n'est cependant pas encore s'organiser, méthodiquement, pour démolir minutieusement les symboles d'un pouvoir qui trahit tout ce qu'il approche, puis, le pouvoir lui-même.
Ce n'est pas encore se préparer comme se prépare une armée en guerre.
Alors, changer, oui - ne serait-ce que parce que nous, les peuples, nous le voulons de plus en plus (et ce n'est pas les partis qui ont raison - trop souvent contre les peuples- mais la réalité).
Mais ce changement, il ne faut pas perdre de vue que, compte tenu des nombreuses faiblesses actuelles de la gauche institutionnelle et des syndicats, en tant que force de proposition d'un nouveau projet politique, il pourrait très bien trouver comme aboutissement, en France et en Europe, la fascisation complète du paysage politique.
Mirage ou réalité, je ne sais pas, mais le dernier sondage de Paris Match sur la personnalité politique préférée des Français est assez angoissant, de mon point de vue: il paraît que cette personnalité, c'est Jacques Chirac.
Autant dire que si, réellement, la majorité d'entre nous pense cela aujourd'hui, la révolution si elle a lieu, sera bien plus sûrement une révolution néo-fasciste qu'une révolution socialiste.
Et cela, c'est l'enfer au niveau local, la misère tous les jours, l'étouffement, mais encore, la guerre quasi assurée à l'échelle du monde.
Alors certes, tout n'est pas perdu camarades, et au contraire, mais il faut agir, et vite. Sans compromis, sans tergiverser. Il faut arrêter de tourner autour du pot.
C'est extrêmement compliqué, car nous devons nous battre à la fois contre la droite et l'extrême droite, et à la fois aussi, hélas, contre la gauche qui ne veut pas lâcher la solution sociale-démocrate et qui essaie de négocier notre "bien" contre notre gré.
Ce n'est pas évident d'en arriver cette conclusion qu'il faut mener ces deux combats ( attention, je ne dis pas que les deux opposants, droite et gauche sociale-démocrate, soient équivalents, ni qu'ils soient les mêmes ou comparables... Je dis que nous devons les combattre tous les deux, pour des raisons différentes chacun. Évidemment, nous réservons un sort différent à chacun également. )
Mais nous ne pouvons hélas plus faire cette économie du double combat.
D'où le sens du "Que se vayan todos!" repris ici.
Cependant il faut avoir conscience qu'on ne peut pas souhaiter ce grand "ménage" sans avoir autre chose de sérieux à proposer.
V. La puissance de l'union des exploités dans la réflexion collective et le débat ouvert
Je ne crois pas, personnellement, que, face à ce que à quoi nous sommes confrontés, "LA solution miracle" puisse sortir de la tête d'une seule personne, ni même des têtes conjuguées de deux cents personnes.
Non.
Je pense profondément qu'il y a parmi nous des centaines de milliers, sinon des millions de personnes qui ont "leur mot" à dire, qui réfléchissent, qui ont des propositions à faire, qui peuvent imaginer des alternatives au capitalisme...
Non seulement, c'est la réalité, (quiconque se ballade fréquemment sur Internet ne peut qu'être troublé par la profusion d'idées, ou d'initiatives de toutes sortes qui fleurissent, individuellement ou collectivement), mais encore, cela est souhaitable.
Les temps de l'esclavage moderne ont trop duré, oui, et à tous points de vues, y compris intellectuel: cette crise est aussi la faillite totale des cénacles, des "think tanks", des experts et des petits comités, qui discutent et décident en secret, dans l'ombre, le plus souvent.
Il faut que chacun d'entre nous reprenne le droit de parler, même pour dire des conneries!
Cela c'est aussi une révolution personnelle: refuser la censure, à commencer par l'auto-censure.
Peut être même est-ce la faillite des partis politiques aussi, en tout cas tels que nous les connaissons. Peut être est-ce le glas d'une certaine forme d'organisation du combat des prolétaires?
Moi je le pense, non pas au sens où les travailleurs, les étudiants, les intellectuels, les exploités, ne devraient plus s'unir dans une même organisation, (non, tout au contraire), mais dans le sens où je crois que toutes ces formes traditionnelles que nous connaissons encore ne sont que des reproductions des schémas de domination dont nous souffrons déjà dans la vie quotidienne.
Et que si nous voulons sortir de nos chaînes, il faudra les briser toutes, à commencer chez nous (chez nous individuellement et dans nos vieilles organisations, quand on y appartient encore).
En d'autres termes, nous avons une révolution véritable culturelle à accomplir en nous-mêmes et au sein de nos organisations aussi.
Nous ne devons pas penser d'abord en tant que militants mais d'abord en tant que représentants de notre classe, et ce jusque dans nos organisations.
Fini de mettre le parti avant la classe.
Notre boussole, ça ne peut pas être le drapeau, le nom, la carte, mais seulement l'intérêt de classe.
Des exemples où, selon moi, la réflexion collective en recherche de solutions "techniques", pragmatiques, doit être la règle et pourrait donner de bonnes choses:
a - Il y a des critiques très fortes à apporter à "la croissance" comme solution miracle, à la "société de consommation" comme idéal, mais l'homme moderne ne peut plus vivre, depuis longtemps, par la pêche, la chasse, la culture.
Il est obligé, à ce jour, depuis longtemps, pour vivre, de gagner de l'argent, argent qui lui permettra d'acheter de quoi se nourrir, de quoi loger sa famille...
Il est bien obligé de vendre sa "force de travail" pour vivre, au sens strict du terme.
Alors, un revenu universel du seul fait que l'on en ait envie est-il souhaitable? Envisageable? "Décroissance"? Si oui, comment?
b - Dans le même ordre d'idée, est-ce une nationalisation des banques qu'il faut envisager ou une collectivisation sous forme coopérative, mutualiste? Quelle place accorder à la finance?
c - Doit-on sortir de l'Union Européenne? La détruire?Oui,non? Comment?
d - Face à la réduction constante de son salaire, le salarié ne peut plus acquérir les biens de sa consommation courante auprès de petits producteurs ou de petits commerçants, qui ne parviennent plus à être aussi disponibles et compétitifs que les grandes centrales de distribution et de l'agro-alimentaire.
Les salariés mal payés, en tant que "consommateurs", achètent alors à moindre coût des biens produits à l'étranger dans des pays dits émergents, pays dans lesquels souvent ont été délocalisées les productions qui embauchaient avant leur cousin, leur frère, leur tante, dans leur pays.
Ils en sont donc réduits à un mouvement suicidaire: acheter moins cher en provenance de l'étranger ce qu'ils produisaient avant localement, ils tuent ainsi à la fois leurs emplois au sens large, et également, les structures locales de distribution, comme le boulanger, le boucher, etc.
Les agriculteurs eux-mêmes souffrent de la main-mise des trusts capitalistes (filières des surgelés et conserves, filières des engrais, pesticides, graines etc) sur leurs exploitations. Les pêcheurs, dont on vient encore de voir une démonstration de force, également.
Que peut on faire face à cet état de fait?
Là encore, je ne sais pas, je crois qu'on n'a pas la réponse. Mais on peut trouver des solutions ensemble .
e - On voit bien se dessiner aussi la perspective de nouvelles activités susceptibles de servir de base de renouvellement au capitalisme ou au contraire, à son éradication en fonction des décisions politiques que nous prendrons.
L'écologie n'est pas l'un des moindres des enjeux et à ce titre les derniers sondages pour les élections européennes sont assez éclairants en terme de "marketing politique".
Ce n'est pas un hasard si on se dispute autour d'Heuliez, si Obama a mis dans ses chantiers pour redresser les USA, la protection de l'environnement, si l'Allemagne investit dans l'énergie éolienne (37 % de la production mondiale d'énerge éolienne est allemande)...
On va donc voir s'ouvrir là, sans doute, un nouveau cycle de recherches, de productions, de constructions...Donc, il est possible que des emplois seront recréés. Mais couvriront-ils tout ce qui a été perdu? Seront-ils accessibles à tous? Seront-ils suffisants pour que, dans un pays comme la France (à supposer que cette échelle soit encore pertinente longtemps) par exemple, le plus grand nombre possible de travailleurs trouvent à être employés et payés correctement (ce qui suppose aussi, dans la logique du capitalisme, un "marché du travail" sain)?
Rien n'est moins sûr, pour deux raisons:
- d'abord l'histoire montre que grâce à l'informatisation, la robotique, etc, toutes les nouvelles technologies, le besoin en "bras" se restreint. Le besoin en "locaux" se restreint. On peut même piloter des machines à Paris du fin fond du Bengladesh! Par contre, le besoin de qualifications supérieures et de métiers dits "intellectuels" augmente corrélativement.
- or les politiques néolibérales ont comme conséquence de casser l'éducation, de casser le savoir, de casser la possibilité pour un enfant d'ouvrier de devenir cadre, par exemple. La France ne fait pas exception à la règle et vit à ce titre l'une des plus grandes catastrophes de son histoire.
A ce titre, les luttes engagées contre la privatisation de l'éducation, contre le dénigrement du savoir, contre la privation de moyens publics pour la recherche et l'université ,sont fondamentales et exemplaires, car quoi qu'il arrive dans ce pays à l'avenir (renversement du système capitaliste ou pas), nous ne serons rien sans culture, sans éducation, sans savoirs.
C'est toujours la même question , et à ce stade, je fais toujours la même réponse. Moi toute seule, je ne sais pas. tous ensemble, peut être que nous trouverons les bonnes voies.
Ce n'est pas moi (ni personne en particulier, en fait) qui ai la solution à la crise que nous vivons actuellement, mais nous toutes et tous, dans la confrontation des questions, des réponses, des idées, des informations, des expériences.
Si nous construisons un nouveau cadre politique délibératif et démocratique, par le débat, le débat libre, non faussé, du plus grand nombre, le plus grand nombre d'entre nous aura peut être une chance de faire émerger de nouvelles pistes.
Ce qui signifiera, pour ce faire, mettre à la disposition de tous, les informations, les savoirs, les données, faciliter les rencontres, les débats, accorder du temps...
La seule chose dont je suis convaincue aujourd'hui c'est que c'est faux de prétendre que nous en aurons fini avec le capitalisme de façon "naturelle".
Faux de prétendre que, cette fin, c'est maintenant et qu'elle va juste "advenir". Non, ce n'est pas fini. Je pense que même en crise aiguë, le capitalisme n'est pas encore mort en tant que système mondial.
Par contre il est très mal en point, et on pourrait (on devrait) l'aider à mourir!
Et pour ça, je propose pour une fois que nous prenions les "choses à l'envers" et que nous travaillions à faire éclater, aussi, le cadre politique dans lequel nous vivons depuis des décennies.
Donc, la seule chose que je peux faire moi en tant que prolétaire, en tant que militante de base, en tant que citoyenne, c'est apporter ici et là des premières propositions politiques, dont certaines peut être pourraient unifier toutes nos luttes à ce stade.
Elles ne feront en somme, bien souvent, que reprendre le flambeau des créations politiques considérables de 1946.
VI. Premières propositions pour un projet politique alternatif et pour un changement de société
D'abord, je pense qu'il faut que nous travaillions, toutes et tous, en ayant à l'esprit, constamment que ce système capitaliste que nous voulons jeter à bas fonctionne grâce à des règles simples qu'il convient d'abolir partout dans le monde, et notamment, pour ce qui nous concerne, en France et en Europe.
Ces règles ont nom:
- l'exploitation, par le propriétaire du capital, de la force de travail du salarié qui doit la vendre pour pouvoir vivre,
- la propriété privée des moyens de production,
- la recherche constante du profit maximal et son absence de redistribution aux producteurs,
- la liberté des échanges économiques et la régulation de la concurrence,
- la possibilité de spéculer financièrement
- la répression, au besoin par la violence, de toute forme de contestation du capitalisme comme système prétendument valable pour assurer le bonheur de l'humanité.
Aussi, convaincus que le capitalisme économique comme politique, n'est pas amendable, qu'il ne peut pas faire simplement l'objet d'améliorations, et convaincus aussi que le jour est arrivé de faire naître, par tous moyens, la possibilité pour l'immense majorité d'entre nous, travailleurs en devenir, actifs ou non actifs, retraités, de se libérer et enfin, de ne plus vivre dans les fers, de ne plus vivre dans la crainte, et de construire un nouveau monde, nous formons ici le projet de détruire le capitalisme et de nous donner un nouveau système économique, politique, et social, et nous proclamerons bientôt, j'espère, la nécessité de faire advenir la démocratie populaire et prolétarienne.
Car seule la démocratie populaire pourra assurer enfin le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple.
--> Évidemment, tout ce qui suit ( comme ce qui précède), est à tout le monde, c'est à critiquer, à améliorer, à discuter...
1. Nous ne voulons plus êtres des exploités, mais nous ne voulons pas être des exploiteurs.
Nous ne voulons plus subir et nous ne voulons plus que nos semblables subissent l'exploitation, les privations, la faim, la peur, la misère, la maladie, la guerre, la solitude.
Nous voulons "le pain, la liberté, la santé et l'éducation" pour la plus grande majorité des habitants de la France, et nous souhaitons qu'il soit pourvu à chacun selon ses besoins.
2. Nous voulons préserver la nature, protéger l'environnement, lutter contre les pollutions de l'air, de la terre et des eaux.
A ce titre, évidemment, nous les déclarons bien non marchands, non commercialisables et dignes de la plus grande protection possible.
Les terres appartenant aux exploitants agricole de type industriel seront saisies et partagées entre les petits exploitants. Aucun de ces biens ne pourra faire l'objet de spéculation.
De même que les matières premières, notamment celles nécessaires à la nourriture ou la santé, ne pourront faire l'objet de spéculation, contrairement à ce que nous connaissons actuellement.
Les énergies alternatives non polluantes seront favorisées. La question de l'énergie nucléaire devrai faire l'objet d'une grande consultation populaire. Toutefois, la fabrication et la commercialisation de bio-carburants sera interdite pour l'heure compte tenu de leur haut potentiel de destruction pour l'équilibre environnemental mondial.
3. Nous devons déclarer illégale la propriété privée des moyens de production et nous devons favoriser l'auto-gestion, les nationalisations, les coopérations, les groupements publics et les associations.
Car qui contrôle la propriété et l'utilisation des moyens de production contrôle la possibilité de la redistribution des richesses produites par les travailleurs.
4. Nous voulons une démocratie réelle, c'est à dire une démocratie fondée sur ce qui unit aujourd'hui la grande majorité d'entre nous, c'est à dire, le travail salarié, une démocratie qui soit établie par et pour les travailleurs et les classes qui décideront de les soutenir, pour défendre et protéger nos intérêts avant toutes choses.
Cette nouvelle démocratie doit prendre corps jusque sur les lieux de travail et de production, dans les institutions bancaires et financières, et le gouvernement du peuple, doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour que ces réformes voient effectivement le jour.
5. Nous sommes lassés de l'absence de représentativité des institutions politiques de ce pays.
Nous voulons des parlements qui soient à l'image de ce qu'est le pays, et où l'on puisse voir enfin des chômeurs, des ouvriers, des étudiants, des mères de famille, des intermittents, des salariés, des handicapés... devenir des mandataires du peuple.
Pour cela il faut mettre un place des réformes profondes permettant l'engagement politique accru des citoyens qui le désirent.
Cela implique plus de temps libre, mais aussi plus de moyens, pour assurer la garde des enfants, par exemple. Pour se former aussi.
Il faut également préparer la constitution d'assemblées législatives locales qui travailleront avec l'assemblée législative au niveau national.
6. Nous voulons une citoyenneté qui soit fondée sur le travail, la contribution aux charges publiques, à la solidarité ou aux progrès liés à la recherche et à l'enseignement.
Pas sur la nationalité.
Car nous savons que pour beaucoup de personnes n'ayant pas la nationalité française néanmoins, la France est leur pays, ils l'aiment et ils la considèrent comme tel.
Il y travaillent, ils y vivent, ils participent à la vie économique, culturelle, de ce pays.
En 1793, nos ancêtres ont pensé que c'était une idée révolutionnaire que de reconnaître la citoyenneté à quiconque apportait la preuve en actes de son désir de vivre collectivement dans une société donnée. Malheureusement cette idée n'a jamais été appliquée: qu'à cela ne tienne, il n'est jamais trop tard pour bien faire.
Voici ce que disait cette disposition constitutionnelle:
"Tout homme né et domicilié en France, âgé de seize ans accomplis ; - Tout étranger âgé de seize ans accomplis, qui, domicilié en France depuis une année - Y vit de son travail - Ou acquiert une propriété - Ou épouse un français - Ou adopte un enfant - Ou nourrit un vieillard ; - Tout étranger enfin, qui sera jugé par le Corps législatif avoir bien mérité de l'humanité - Est admis à l'exercice des Droits de citoyen français."
Idée révolutionnaire oui, et ainsi, la citoyenneté étant fondée sur de nouvelles bases, la souveraineté appartient au peuple, et il l'exerce directement par la voie de la pétition et du référendum, ou indirectement par le biais des représentants qu'il se sera librement donnés.
7. Nous pensons que les progrès de la technologie permettent aujourd'hui d'envisager, notamment, une démocratie bien plus directe qu'elle ne l'a été jusqu'à présent, dans la mesure toutefois où les inégalités technologiques existantes seront réduites.
Des budgets importants seront consacrés au développement à l'extension, des nouvelles technologies.
8. L'Etat français est une République.
Le souverain est le peuple-classe réuni en assemblées légalement constituées.
Son régime politique est celui de la démocratie populaire et prolétarienne.
Il devra se donner une constitution qui garantisse politiquement sa nature de démocratie prolétarienne.
9. L'exercice, par les travailleurs eux-mêmes et leurs alliés objectifs, de charges publiques et de mandats, ne pourra donner lieu à enrichissement personnel ni à aucun privilège autre que l'immunité de parole destinée à assurer la totale liberté des débats politiques dans toutes les institutions de la République, y compris dans la fonction publique et dans l'armée.
Un élu du peuple, un délégué, un représentant, ne pourra pas gagner plus que le montant de son dernier salaire, plafonné à 3.000 euros par mois, et pas moins que le minimum indispensable à la survie soit 1600 euros par mois. Sachant que la République pourvoira à tous les besoins nécessaires à l'activité de ces personnes.
Les mandats, quels qu'ils soient, et les postes, sont non cumulables, leur renouvellement est limité. La conception des partis politiques doit être profondément renouvelée. Le retour au monde du travail est facilité et les discriminations strictement combattues.
La corruption, la prévarication, le népotisme seront sévèrement punis par la déchéance des droits civiques, la publication du jugement, et un travail d'intérêt général, notamment.
10. Les bâtiments abritant actuellement les institutions de la démocratie bourgeoise (Palais de l'Elysée, Palais de Matignon, Ministères somptueux....) et leurs dépendances seront transformés en bâtiments publics (crèches, écoles, universités, musées, bibliothèques..) et en logements sociaux.
La République ne doit pas se loger dans des conditions indécentes de splendeur et de faste. Cet Etat moderne, cette république, cette marche vers les socialisme, ce n'est pas une idôle fardée, avide, corrompue, c'est seulement un cadre nécessaire, à ce stade, au développement de la révolution prolétarienne et socialiste.
11. Nous réaffirmons, avec le Conseil National de la Résistance et le gouvernement qui en fut issu en 1946, comme particulièrement nécessaires à notre temps, les principes politiques, économiques et sociaux ci-après :
"La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l'homme.
Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d'asile sur les territoires de la République.
Chacun a le devoir de travailler et le droit d'obtenir un emploi. Nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances."
12. Tout homme peut défendre ses droits et ses intérêts par l'action syndicale, adhérer au syndicat de son choix et exprimer librement sur tout lieu où il se trouve, ses opinions en matière syndicale.
Le droit de grève s'exerce de manière illimité, sans restriction et autant que de besoin.
Le droit de propriété privée ne peut pas faire obstacle aux droits des travailleurs à se défendre eux-mêmes.
13. Tout travailleur participe directement au travers des conseils de salariés, à la détermination collective des conditions de travail, ainsi qu'à la gestion des entreprises.
Tout bien, toute entreprise, dont l'exploitation a ou acquiert les caractères d'un service public national ou d'un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité.
14. La République française n'entreprendra aucune guerre dans des vues de conquête et n'emploiera jamais ses forces contre la liberté d'aucun peuple.
Nous ajoutons que la République de France prêtera main forte et assistance, par tous moyens, à tous les peuples en lutte pour leur liberté et la conquête de régimes politiques allant dans le sens d'une démocratie populaire et prolétarienne.
Si une armée devait être maintenue sur notre sol, notamment pour lutter contre les ennemis de cette nouvelle démocratie naissante, premièrement, elle devrait être profondément modifiée, et ensuite, elle ne pourrait se retourner contre le peuple-classe, et, en temps de paix, elle devrait être employée à des travaux d'intérêt général.
15. L'Etat français doit assurer à l'individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement.
Il doit garantir à tous, notamment à l'enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs.
Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l'incapacité de travailler a le droit d'obtenir de la collectivité des moyens convenables d'existence.
Le peuple de France proclame son attachement à la solidarité et l'égalité de tous les citoyens devant les charges qui résultent des calamités qui frappent le pays.
16. L'Etat français garantit l'égal accès de l'enfant et de l'adulte résidant régulièrement sur son territoire à l'instruction, à la formation professionnelle et à la culture.
L'organisation de l'enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés, ainsi que le développement d'une recherche indépendante des gros trusts capitalistes, est un des premiers devoirs de l'État.
La culture, le savoir, et l'éducation sont considérés comme des richesses non marchandes fondamentales qui appartiennent à tous et doivent bénéficier de la plus grande communication possible.
17. L'âge de la majorité politique doit être abaissé à 16 ans .
Il est anormal que des jeunes gens soient en âge de quitter l'école et de travailler, voire de payer des impôts et de contribuer par les taxes indirectes au bien public, mais ne puissent pas participer à la vie politique de leur pays.
Il est anormal que l'Etat puisse prendre des décisions qui les concernent directement, sur leurs collèges, leurs lycées.. et qu'ils ne puissent pas participer à la vie politique de leur pays.
18. Nous réaffirmons la nécessité de la séparation des pouvoirs (législatif, exécutif, judiciaire) et la garantie de l'indépendance de la justice.
19. Nous affirmons ou réaffirmons également les principes de l'habeas corpus, des droits de la défense, de la proportionnalité des délits et de leurs peines, de la subsidiarité de la peine d'emprisonnement et de l'incarcération.
Nous nous engageons à abolir la loi qui punit l'évasion et la tentative d'évasion, et nous travaillerons à ce que le monde pénitentiaire et carcéral respecte la dignité des personnes et soit enfin à la mesure des objectifs d'une société réellement civilisée.
20. Nous voulons affirmer la liberté d'expression et d'opinion comme un droit inaliénable et sacré pour toutes et tous, et nous voulons assurer la liberté de l'information par un pluralisme réel de la presse, ce qui ne peut être rendu possible qu'en réformant profondément le statut du journaliste et des agences de presse, en prononçant la dissolution des conglomérats de la presse écrite et télévisuelle, la confiscation immédiate de leurs moyens matériels et financiers, et en veillant à ce que le principe de séparation des intérêts publics privés et gouvernementaux soit strictement respectés.
Nous nous engageons à œuvrer partout et toujours en ce sens, avec toutes les forces progressistes qui le voudront également et nous nous engageons à tout mettre en œuvre pour réaliser ce projet politique.

