Affichage des articles dont le libellé est libertés. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est libertés. Afficher tous les articles

dimanche 14 avril 2013

Oui le combat contre l’Etat-policier et le droit de punir doit devenir un combat des organisations ouvrières

Je suis une avocate engagée, à maints égards, et je ne l’ai jamais caché.

J’ai décidé de revenir ce soir ici sur la contribution que les organisations ouvrières "de classe" pourraient apporter à la lutte contre le "droit de punir" et contre l’État policier (je dis "pourraient" à dessein parce que justement, cette contribution est, hélas, inexistante, quand l’inexistence n’est pas carrément soutien à cet État-policier).

Et je reviens donc à plusieurs conversations que j’ai, régulièrement, depuis des années, avec tel ou tel camarade, ami, client... forte d’une expérience pénale (voire, pénitentiaire) qui s’accroit (hélas), par la force des choses, avec les années.

Je sais que beaucoup de camarades syndiqués ont des haut-le-cœur a l’idée d’être "assimilés" (selon eux) à des violeurs ou à des assassins (et encore, je dis cela pour ce qui me concerne, avec des pincettes car finalement, et même en centrale pénitentiaire, peu d’êtres humains méritent réellement d’être définis ainsi).
Que l’idée qu’on puisse les mettre "sur le même plan" que des "coupeurs de gorge" ou des "détrousseurs de grands-mères" les révulse. Et je le comprends bien, d’une certaine manière.

Personne ne veut cela, dans la mesure où, comme l’avait si bien analysé Foucault, l’on reste dans le fantasme, dans le mythe (qui comme tous les mythes, sert de justification au pouvoir et en l’espèce, à la punition), dans le mythe qu’un être humain pourrait n’être défini qu’ainsi, et qu’il est réductible à son crime ou à son délit (évidemment, ce n’est pas par hasard que j’emploie ces termes de mythe ou de fantasme....).
Je le comprends donc, d’une certaine manière.

Et en même temps, je ne le comprends pas du tout au sens où, par discipline d’hygiène mentale contre l’État-policier, je refuse de vouloir ne serait-ce qu’envisager de le comprendre. Je ne le comprends pas en tant que militante, je ne le comprends pas en tant qu’avocate, et je ne le comprends pas en tant que mère , sœur, épouse, fille...ou même, en tant que prévenue potentielle (une vie, ça déraille très vite, et il y a des cas de confrères passés, par la force d’une jalousie maladive par exemple, de l’autre côté, dans le box des accusés).

Il est évident pour moi que le prélèvement et le fichage d’ADN ne doivent être appliqués à PERSONNE. Je dis bien personne. Ni même , et je pèse mes mots, au dernier salaud de pédophile dont l’abjection des actes commis n’inspire aucune idée de compassion ou de pardon pour lui, voire même, vous fait (à votre grande honte) trouver regrettable qu’en 1981, finalement...

De même, il faudrait savoir, avoir une idée dans le réel, même de l’extérieur, ce qu’est vraiment une prison dans ce pays pour avoir ne serait-ce que le droit d’en parler (alors, d’y envoyer d’autres êtres humains, je ne vous dis pas...) .

Oh, une idée, pas ce que Valeurs Actuelles ou Le Figaro en disent, non (je fais référence ici à la "prison-Club Med" ou "colonie de vacances 5 étoiles" que je n’ai jamais croisée). Mais avoir vu de ses yeux, la noirceur, la grisaille, les hauts murs, connaître l’emploi du temps contraint, toutes les petites et grandes humiliations, la double, la triple exploitation du cantinage, du travail en prison... avoir entendu raconter par vos clients, primo délinquants, apeurés, affolés, leurs premières nuits en maison d’arrêt glacés d’effroi sur leur galetas, les hurlements des petits jeunes, sodomisés par des co-détenus plus âgés, la violence, l’éducation criminogène que donne "l’école carcérale"...et j’en passe.

Alors oui ces militants, ces camarades sont outrés que la justice les assimile (fréquemment), par les peines, par le traitement, à ces "délinquants" et ils redoutent (et je les comprends bien) que leur soit appliqué à eux AUSSI le traitement qui est le lot des "droits communs" , de tous temps.

Et pourquoi non ?

Bien-sûr que pour la justice ( a fortiori celle du Capital), il est logique qu’un délinquant soit puni de la même manière, qu’il soit syndicaliste ou pas, en action militante ou pas, que le petit gars qui passe avant ou après, pour un vol de mobylette, un outrage à agent ... !

Bien-sûr que l’une des armes de la bourgeoisie, quand la situation se tend, c’est surtout d’abord de nier absolument toute possibilité de statut même vaguement "politique" ! Et donc, évidemment , compte tenu de tout cela, qu’au lieu de s’offusquer de ne pas avoir été traité différemment parce que syndicaliste, il faut s’élever contre ce système pénal, carcéral ... TOUT COURT !

Contre contre la prison et même contre le droit de punir. Et il faut le faire POUR TOUT LE MONDE !
C’est la raison pour laquelle j’ai trouvé profondément haïssable et réactionnaire le film de Guédiguian "Les neiges du Kilimandjaro." Qui "rachète" un des co-prévenus parce que syndicaliste, alors que l’autre "n’est qu’un voyou" (traduisez : qui ne mérite que d’aller au trou).

Mais comment peut-on ensuite défendre, au pénal, des syndicalistes (que les patrons et les forces de l’ordre ne se privent pas de poursuivre ou de faire poursuivre) si on n’a pas d’abord défendu des prolétaires dans leur ensemble, qu’ils soient ou non des travailleurs actifs, qu’ils fassent profession de soudeurs ou profession de voyou, qu’ils soient sains d’esprit ou détraqués... ?

Comment peut-on défendre des syndicalistes, si on n’a pas d’abord bataillé contre ces mesures que je juge indignes, bataillé pour que prélèvement ADN et autres saloperies soient purement et simplement éradiquées pour tout le monde ?

On fourbit, souvent innocemment et avec la meilleure volonté du monde, les armes de la réaction, en pensant très sérieusement qu’il y a "les autres" (les fous, les délinquants, les clodos...) et "nous" .

En se pensant bien à l’abri, parce qu’on est salarié, métro-boulot-dodo, voire syndicaliste, (d’accord, mais bon, on est "quelqu’un de bien", avec sa petite auto, avec son petit pavillon à crédit, avec sa femme et ses deux enfants, et avec son patron qui vous exploite, sans casier judiciaire, s’il vous plaît), et on peut même trouver que ce serait pas si anormal, finalement, de pendre deux ou trois pédophiles, d’incarcérer deux ou trois sauvageons, que 15 ans pour une voiture brûlée, c’est pas assez, et que bien-sûr, il faut embaucher plus de policiers, mettre plus de caméras et construire plus de prisons...

Et un jour, patatras.

Son fils, sa fille, soi-même... pour le pouvoir d’État, pour le terrible pouvoir de punir, qui n’est finalement que bourgeoisie, on passe de "l’autre côté du miroir".

Et là, on trépigne de colère, on dit que "ce n’est pas juste", que c’est "scandaleux", finalement, d’être traité comme TOUS les "prolétaires lambdas" le sont devant la Justice, et on pleure à chaudes larmes en se désolant de n’avoir pas de statut d’exception...

Mais le statut d’exception, la reconnaissance de sa nature politique, c’est une vieille revendication (on pourrait dire à ce niveau, une lubie car il est évident que plu jamais le pouvoir en place ne fera ce type de concession....) et on ne l’aura jamais ! Bobby Sands et ses camarades en sont morts.

Et là, c’est trop tard... car le couperet de la guillotine, ou la porte de la maison d’arrêt, que par des prises de position réactionnaires, par un soutien politique à des partis qui faisaient la promotion d’idées réactionnaires (ou simplement, qui ne luttaient pas contre elles, voire, pis, qui contribuaient à creuser ce fossé imaginaire entre" soi" et les "autres", qui donc, contribuaient à diviser le prolétariat sur les bases de la morale bourgeoise)... on a contribué à affûter, ou à graisser, glisse sur votre cou, se referme sur vos pas, ou sur ceux de votre fils...

Pensez à tout cela, à chaque fois que, de manière pulsionnelle (bien compréhensible), devant votre télé ou votre radio, en entendant tel ou tel fait-divers abominable, en songeant au calvaire de la victime (le calvaire de la victime est toujours réel et n’est jamais méprisable je le dis sans aucune ironie), du genre de fait-divers qui vous coupe l’appétit entre le dessert et la poire, pensez-y quand votre première réaction épidermique est de penser "deux balles dans la tête" ou "40 ans de prison"...

Car voyez-vous, contrairement à une autre mythologie, il n’y a pas que des crimes de sang des violeurs ou des pédophiles dans le champ pénal. Ce sont même d’ailleurs statistiquement les moins nombreux, c’est un fait (la "palme" revenant en réalité aux coups et violences volontaires et aux atteintes aux biens (voir l’Infostat "20 ans de condamnations pour crimes et délits " paru en 2011 ici -> http://www.justice.gouv.fr/art_pix/... ) - l’agitation des assassins et des violeurs n’étant qu’une énième justification à votre consentement au pouvoir de punir de l’Etat....

Pensez à tout cela. Dites vous que personne, même pas un syndicaliste (sûrement pas un syndicaliste, d’ailleurs) n’est à l’abri. Qu’il ait ou qu’il n’ait pas "fait quelque chose de mal". Et que la seule solution, ce n’est que le combat unitaire et unifiant contre le droit et le pouvoir qu’a l’Etat de punir et de punir aussi férocement...

vendredi 23 mars 2012

Eva Joly: "Qu'a fait Claude Guéant sur place? Il y a une forme de mise en scène"

Interrogé par Radio Orient, la candidate Europe écologie les Verts (EELV) à la présidentielle a gravement mis en cause Claude Guéant dans la gestion du siège de l'appartement de Mohamed Merah et dans la mort du tueur préumé de Toulouse et Montauban. L'ancienne juge se demande si la présence constante du ministre de l'Intérieur sur place, en contravention avec la procédure du code pénale, ne relève pas d'une "forme de mise en scène."
Pour fonder son propos, Eva Joly met en avant son expérience d'ancienne magistrate: "Je veux ici revendiquer un peu mon ancien métier. J’ai été magistrate pendant plus de vingt ans et j’ai passé la moitié de mon temps au Parquet. J’étais responsable de l’action publique pendant des années à Evry, responsable en direct de l’action de la police. J’ai eu à faire face à des prises d’otage. Et j’ai appelé le Raid ou le GIGN. Je connais leur pertinence, je sais qu’on peut leur faire confiance mais c’était moi qui dirigeais les opérations et non pas le ministre. Nous sommes aujourd’hui dans une situation absurde en France car nous avons des magistrats indépendants, compétents. Nous avons un instrument d’excellence qui est le Raid, qui était en opération en Toulouse pour interpeller un tueur dangereux. Cherchez l’erreur!"
Un juge ou le Parquet aurait dû géré
Partant de ce constat, la candidate écologiste se demande: "Qu’a fait le ministre sur place en commentant en permanence, heure par heure, ce qui se passait ? Il a créé de la confusion. Quel est son rôle ? Ce n’est pas lui qui dirige les opérations ! C’est une violation du code de procédure pénale ! Ces opérations auraient dû être dirigées par un juge, à l’extrême limite par le Parquet."
"Ca crée la suspicion sur le mode d'interpellation choisi"
"Or, que voyons-nous?, interroge Eva Joly. Nous voyons Claude Guéant, les traits tirés. On a l’impression que c’est lui qui donne les ordres au Raid. Et ça, vraiment, c’est anormal. Et je voudrais dire à nos concitoyens que c’est dangereux parce que ça créée la suspicion sur le mode d’interpellation choisie. Les citoyens peuvent se demander pourquoi est-ce qu’ils n’ont pas choisi d’interpeller Mohamed Merah lorsqu’il sortait de son immeuble et qu’il prenait son scooter? On aurait peut-être pu le faire avec beaucoup moins de déploiement de moyens. Est-ce qu’il n’y avait pas là une arrière-pensée politique?"

"Parce que le ministre était là, on peut se dire peut-être qu’il y a eu une forme de mise en scène. Cette situation est anormale et a fait prendre des risques aux forces d’excellence que nous avons et qui n’ont pas besoin de Claude Guéant qui, à mon avis, ne connaît pas les opérations comme les dirigeants du Raid", conclut Eva Joly.

http://www.humanite.fr/politique/eva-joly-qua-fait-claude-gueant-sur-place-il-y-une-forme-de-mise-en-scene-492886

lundi 8 février 2010

Ce que dévoile le voile - Lettre à Ilham Moussaid



Elle finira bientôt par être drôle, cette histoire de voile.

Drôle et signifiante.

Si la France avait encore compté plus de Roland Barthes que de Bernard-Henri Lévy, si l'on entendait plus Jean Starobinski que la Star Academy, plus de Lacan que de cancans, peut être que nous n'en serions pas réduits aujourd'hui à avancer comme des rats dans un tunnel de ténèbres et d'immondices.

Qui sont les obscurantistes aujourd'hui?

Celles qui portent un foulard sur les cheveux parce qu'elle ne se sont pas (encore?) résolues à l'ôter? Parce que leur parcours personnel, leur cheminement individuel et politique, philosophique à ce stade, ne leur impose pas (et peut être jamais, et alors?) l'athéisme comme absolument nécessaire à leur combat?

Ou ceux qui font de la transparence, du dévoilement érigés en principe impératif catégorique, l'obstacle le plus sûr à l'émancipation du peuple par le peuple?

L'obligation de se dévoiler est un ordre imbécile donné par des tartuffes qui avancent masqués tous les jours, et ne font les choses, eux , que derrière un voile.

L'obligation de se dévoiler est un ordre inique donné par des lâches qui meurent de trouille que l'autre voile, le vrai voile, celui qui tient le peuple dans l'ignorance et la paralysie, celui qui protège leurs magouilles, soit arraché.

A leur incantation forcenée et hystérique au dévoilement devrait être répondu: "Chiche? Si moi, j'enlève mon voile, toi, tu enlèves ton masque".

Je me dévoile si tu te dévoiles.

Je me dévoile si tu dévoiles quelque chose de bien plus laid et répugnant que cette religion que tu me reproches, je me dévoile si tu dévoiles, toi, tes motifs réels, tes intérêts personnels à prendre ouvertement tes concitoyens pour des cons en prétendant être "de gauche" depuis 25 ans.


Chère Ilham,

Je ne te connais pas, mais je te dis: garde-le, ton foulard, si c'est ainsi que tu te sens bien, si c'est ainsi que tu te sens suffisamment forte pour entrer dans ce difficile combat qu'est celui que tu as choisi.

Garde-le, je préfère gagner une camarade avec un foulard, plutôt que de perdre une camarade qui était prête à lutter avec toutes et tous sans exclusive contre le capitalisme, à cause d'un foulard.

Ce monde dans lequel nous visons toutes, nous autres, toutes un peu "Ilham", au fond, est encore et toujours, un monde d'hommes, patriarcal ou machiste, réactionnaire, au moins autant à gauche qu'à droite.


On te clouera au pilori "pour ton bien".

On te contestera ta légitimité "pour ton bien".

On te tiendra à l'écart "pour ton bien".

On se servira de toi "pour ton bien".


On te raillera si tu es laide, car tu seras jugée "imbaisable",(traduire: indigne de recevoir leurs fantasmes de bites aussi courtes que leurs idées).


On te méprisera si tu es jolie, a fortiori si tu ne te donnes pas, on te fera passer pour une sotte, une hystérique, une arriviste, une marie-couche-toi-là "Ah on sait bien comment elle est arrivée là celle-là".


Et les femmes qui singent les hommes, croyant ainsi, avec leurs minables petites couilles d'emprunt, oublieuses que c'est dans leur ventre que peut naître la vie nouvelle, y arriver mieux et plus vite, ne seront pas les dernières à te caillasser, oh non.


Sur cette voie difficile, celle d'être une femme qui, en plus, lutte pour son émancipation (contre un père, contre une culture, contre une famille, contre le capitalisme...), tu rencontreras aussi des hommes, de vrais hommes, pas des macaques qui courent après les ombres dans la caverne, pour qui tu seras une Égale sans pourtant cesser d'être une Autre, c'est-à-dire, une femme.


Pour aller encore plus loin (et tant pis si on me le reproche) si à ma manière je n'avais pas "la foi", une foi en ce que l'homme peut être capable du pire comme du meilleur, une foi en l'espoir d'un avenir meilleur, je ne serai pas là en train de t'écrire.


Prends-soin de toi, reste toi-même le plus possible, la politique change les êtres. Rend coup pour coup quand on te frappe, ne t'excuse jamais d'avoir un point de vue minoritaire, sache aussi écouter les autres quand ils prennent la peine d'argumenter avec toi et reconnaître tes erreurs le moment venu, et "Vai via".


J'ai confiance en nous toutes et tous militants communistes, socialistes révolutionnaires, anarchistes; le jour, (s'il arrive, ce jour!), où tu confondrais profession de foi politique et profession de foi religieuse, nos chemins se sépareront.

Nous pourrions sans doute avoir des différends politiques, mais ce ne sera pas ton foulard qui nous servira d'argument ce jour-là, et c'est à cela que, malgré tout, nous nous reconnaîtrons (en tout cas, j'espère bien que je n'en serai jamais réduite à de telles bassesses, me respecter toujours assez et respecter encore assez les autres pour exercer un minimum de dialectique et d'analyse critique).

jeudi 16 avril 2009

L’effrayante et honteuse apathie de la gauche face à la répression pénale et à l’Etat policier.




C’est fou quand même cette impression répétée qu’on peut avoir, parfois, que les politiciens "de gauche" et nous, on ne vit pas toujours sur la même planète.
Parfois, le ras le bol et le désespoir me saisissent, en tant que militante. J’ai envie de baisser les bras. De tout plaquer.

Pourquoi le mousse souque si le capitaine tient pas le bon bout, on s’demande?


Quand je vois le nombre d’entre nous qui, avec leurs petits moyens, essaient de tisser la solidarité, mènent les combats sur plusieurs fronts à la fois, sans parler de leur famille, de leur vie quoi, le tout en n’ayant pas des moyens de députés, sénateurs, conseillers généraux....et que, eux, justement, ils semblent trop souvent cantonnés au minimum syndical...


On leur demande pas grand- chose pourtant.

Des petits coups de pouce. D’attirer un peu de la lumière et des caméras qui les suivent, sur certaines causes, certains combats.

Des combats unificateurs.
Qui nous concernent toutes et tous, au-delà des partis, au-delà des étiquettes.

Y’en a une qui me tient à cœur, à moi et à bien d’autres, c’est la lutte contre la répression policière, organisée à l’ère sarkozyste.


Cette lutte contre la répression, contre le tout-pénal, contre le tout-répressif, elle a commencé il y a bien longtemps déjà, pour beaucoup d’entre nous.

Dès les fameuses "lois Perben". Contre la réduction des droits syndicaux, ensuite. Contre les fichages de toutes sortes. Contre tout ce qui était susceptible d’asseoir un État policier, contre tout ce qui pouvait constituer des freins à la liberté d’expression, à la liberté de manifester, au droit de grève...


Pour nombre d’entre nous, ces luttes ont toujours été fondamentales, au sens strict
.


Sans ces libertés-là, difficile ensuite, en période de crise aigüe, de manifester, comme on en a le droit, et même le devoir, contre le capitalisme, contre la droite, pour son travail, pour son salaire...sans se prendre un (ou deux ou trois) coup de matraque, sans faire un tour en gardav’, sans se retrouver fiché, inculpé...


Dur de se rassembler librement pour crier sa colère, exiger des comptes de nos mandataires, ou tout simplement, discuter entre voisins sur le prix exorbitant des loyers dans la cage d’escalier...


Alors, manifester devant l’Assemblée Nationale (ce qu’il faudrait faire, pourtant, plutôt que de rendre visite à la Bastille..) - mais vous n’y pensez pas !?


Pour ces derniers mois, faisons une liste, non exhaustive :

- Saint Nazaire le 29 janvier
: des dizaines d’arrestation, 4 manifestants condamnés à des amendes de plusieurs centaines d’euros et à des sursis lourds.1 manifestant condamné à de la prison ferme avec mandat de dépôt, récemment libéré.


- Place de la Nation à Paris le 19 mars : des centaines d’arrestations, 49 inculpés, déjà deux condamnés au moins à du sursis allant jusqu’à 6 mois.

- Strasbourg, sommet de l’OTAN, le 5 avril : là encore, des centaines d’arrestations, et 49 inculpés.

Que se passera-t-il le 1er mai prochain, dites-moi, à ce tarif là?


Des centaines d’arrestations
dans des conditions "plus que pas claires", comme dirait une camarade.


Des dizaines d’inculpations
reposant presque toutes exclusivement sur des dépositions policières.


Des peines déjà prononcées allant de la prison ferme à de longs mois de sursis, sans parler des interdictions de manifester et de participer à des manifestations, pour "violence aggravée" sur "agents de la force de l’ordre".

"Violence aggravée"?


Au pire, imaginons, je ne dis pas que j’ai la vérité, non, la vérité avec un grand "V", je ne la connais pas, bien sûr, mais allez, un ou deux jets de canette (vide) par un gringalet en tee-shirt, sur un policier caparaçonné de la tête aux pieds, en réaction instinctive et spontanée, face à un gros gazage devant les portes fermées d’un métro complice...ça mériterait donc 6 mois de prison avec sursis, aujourd’hui?


Et puis, je rappelle quand même qu’il n’y a eu, heureusement, aucun blessé grave à déplorer parmi les dites forces de l’ordre, à Paris, le 19 mars.


Certes, il y a eu quelques blessés, plutôt légers d’ailleurs, à Saint Nazaire et à Strasbourg, le gros des éclopés étant quand même à comptabiliser du côté des manifestants...


On se dit que, forcément, de vrais dangereux "casseurs" d’ultra-hyper-extrême-gauche, organisés, ils auraient peut être fait plus de dégâts que ça...


Peut être.
Je n’en sais rien. Je n’en connais aucun dans mon entourage. J’imagine.

Quand on voit, sur les photos d’archives, comment les camarades antifascistes, communistes, italiens, espagnols ou allemands allaient en manif’ dans les années 70/80, casqués, bottés, armés (et pas pour rire) de clefs anglaises, de manches de pioche, de cocktails molotovs, de frondes qui tiraient des roulements ou des boulons...


Ou, plus proche de nous, quand on voit ce que les gendarmes se sont pris dans la tête en Corse il y a quelques jours, on est en droit de se poser des questions sur l’appréciation que certains ont de la dangerosité d’une "action", à supposer que cette action" existe réellement, bien sûr, ce qui est loin d’être démontré.


Surtout quand on voit, ensuite, le regard incrédule et un peu paniqué des dits "casseurs", Julien, Alexandre, ou Carine*, par exemple, tous "inculpés du 19 mars", âgés de moins de 21 ans, qui pensaient, un peu bêtement, c’est vrai, qu’ils pouvaient rester là, tranquilles, après la manif.


Se faire un sit-in un peu ambiance "peace and love"...


Qui, a 20 ans , n’a jamais rêvé de ces moments que connurent nos parents ou nos grands- parents? Front Popu, Mai 68, Woodstock...que sais-je, mais tous ces moments où on semble vivre en communauté et où les cœurs battent à l’unisson...


A lire les journaux, à écouter la TV, on pourrait croire que tous ces manifestants étaient de dangereux terroristes d’ultra-hyper-extrême gauche, pris la main dans le sang et le couteau entre les dents, multi-récidivistes chevronnés ayant déjà accroché plusieurs scalps de CRS à leurs ceintures, avec des casiers comme des bottins téléphoniques....


Mais non ! Même pas.


On se frotte les yeux pour bien voir...

Et on voit quoi?

On voit des syndicalistes
. De "bons pères de famille". Des types et des nanas qui se bagarrent dans leurs boîtes contre les patrons, qui en ont marre de se faire plumer.
L’un d’entre eux, un "historique" de la CGT Saint -Nazaire, Guy Texier, a bien témoigné de ce qu’il avait vu le 29 janvier.

De jeunes étudiants, "primo-délinquants" comme on dit (manière déjà ambigüe de dire que leur casier est VIERGE et qu’ils ne sont jamais passés par la case "tribunal".)

Quelques militants
, rares, qui ont déjà un casier , oh, mais pas lourd, pour les mêmes "violences sur les forces de l’ordre".


On voit des gens dont c’était la première manifestation parfois, et qui se demandent ce qu’ils foutent là, de la lacrymo plein les mirettes, dans ce qui ressemble à un traquenard....


Bref , de tout, mais pas l’ombre de la queue d’un dangereux "casseur", d’un affreux terroriste. D’un danger pour la République. D’une menace pour la démocratie.


Alors, nous, les petites fourmis militantes, à la base, ensemble, coco, toto, anar, socialo, syndicalo...on essaie de construire notre défense, celle de nos enfants, de nos potes, de nos vieux, de nos semblables, contre ce qui ressemble de plus en plus à une stratégie organisée pour criminaliser le mouvement social et nous ficher une trouille bleue.


On regarde, éberlués, des vidéos étranges où l’on voit, à Strasbourg, ce qui semble être des représentants des forces de l’ordre jeter des cailloux sur la foule, à Londres, un groupe de policiers s’en prendre à coups de pieds et de matraque à un vieux qui passe sous le nez de leur patrouille, qui décèdera quelques minutes plus tard, plus loin...


On lit le témoignage d’un policier (oui, vous avez bien lu) sur l’incendie de l’hôtel Ibis, toujours à Strasbourg. Édifiant.


A Nation, le 19 mars, on voit de drôles de types, plus si jeunes, toujours sur ces foutues vidéos, des types qui ne sont pas habillés comme des gendarmes, mais qui n’ont pas l’air d’avoir peur d’eux, des types qui ne ressemblent pas franchement à des étudiants en goguette, qui semblent se situer à une frontière mouvante entre manifestants et policiers, frontière qu’ils sont les seuls à franchir assez allègrement d’ailleurs, dans un sens, puis dans l’autre, une barre de fer à la main, pour certains...


On se passe l’histoire de ce jeune allocataire moniteur de la Sorbonne, Clément Onimus, qui est accusé d’avoir jeté une bouteille à un policier et qui fait un appel à témoignages
, appel même relayé par la présidence de l’Université Paris-4 !

On bosse.


Et on attend, aussi.


On attend toujours.


Que "la gauche" se saisisse vraiment du problème.


On attend que le PCF signe les appels anti-répression. On attend que "Désirs d’Avenir", que le PS, les signent aussi. On attend que la CGT, FO... les signent aussi.

Celui lancé pour les inculpés du 19 mars, par exemple, attend toujours les paraphes de la plupart d’entre eux - camarades militants, harcelez vos organisations respectives !


Et plus que de les signer, on attend qu’ils désignent dans leurs organisations, au moins une personne chargée de faire le lien entre eux et le mouvement anti-répression.


On attend qu’ils désignent chez eux au moins une personne chargée de traiter des questions des libertés publiques.


On attend, voire, qu’ils nous proposent un soutien matériel, financier, même pas grand chose, mais un petit peu.


On attend que Mme Royal, la mère de toute la Patrie, monte (légitimement) sur ses grands chevaux, pour dénoncer cette répression qui s’abat sur des gamins qui pourraient être ses fils.


Qu’elle nous demande pardon à nous aussi, tous les pauvres prolos, tous les jeunes, tous les exploités, qui s’en prennent plein la gueule, au nom de cette France qu’elle dit représenter et qui n’a pas voté Sarkozy, mais qui a perdu.


On attend que les secrétaires nationaux du PCF fassent un geste fort, autre qu’un tract sujet à caution, un geste de solidarité qui nous montre qu’ils ne sont pas exclusivement tournés vers le Front de Gauche, et pas exclusivement préoccupés par les Européennes.

On attend que M. Mélenchon utilise son évidente aptitude à la parole publique, ses tribunes, ses blogs et sites, ses réseaux pour dénoncer cette répression, et soutenir le mouvement qui se dessine ici et là.


On attend que M Le Hyaric et M Laurent utilisent "l’Humanité", "Regards", pour nous apporter ce soutien.


On attend que Cl. Autain sorte de son fief Montreuillois, et mette sa gouaille, sa personnalité, ses micros, son blog au service d’une cause importante, juste.
Plus on est de fous plus on rit...

On attend que Mme Aubry et M Hamon, M Désir... et tous ces gens qui essaient de nous acheter à nouveau nos "voix" (et plus si affinités) pour redorer leur blason, fassent quelque chose pour NOUS, nous les militants, nous les badauds, nous les prolos...pour nous protéger des coups (au propre et au figuré) du pouvoir sarkozyste.


On attend que les (nos) organisations syndicales se saisissent sérieusement du problème.


Alors, qu’est-ce que vous attendez toutes et tous, nom d’un chien, soi disant "de gauche", pour vous manifester, pour nous soutenir, pour soutenir les inculpés, pour soulever le problème dans les médias? Faire entendre une autre voix? Donner un autre "son de cloche"?


Il faudra combien de noms sur la liste, après Yldune Lévy, Julien Coupat...?


Vous attendez quoi?

Un deuxième Malik Oussekine?


Un autre 8 février 1962, où des manifestants pacifiques mourront étouffés contre les grilles du métro?


Vous attendez qu’un petit jeune (ou un petit vieux) reste sur le carreau, pour vous indigner "durablement"? Et décider, enfin, de quel côté vous êtes?


Avez-vous oublié qui sont nos ennemis et de quoi ils sont capables?


Vous croyez qu’ils ont changé parce que vous, vous avez, hélas, bel et bien "changé", depuis 30 ans.


Mais "eux", non, ils n’ont pas changé d’un poil.


Au fond, si on gratte juste un peu, ce sont toujours les mêmes synarques, les mêmes cagoulards, les mêmes liguards, anciens proches ou membres d’Occident, d’Ordre Nouveau, barons du capitalisme pur et dur, piaffant, pour certains, de faire connaître enfin à la France son "heure fasciste"....


Vous qui irez au Mur des Fédérés le 1er mai, rappelez-vous, ceux qui nous font face aujourd’hui, ce sont les héritiers directs des Versaillais qui massacrèrent la Commune de Paris !


A quoi sert la mémoire si on ne tire pas d’enseignements de l’Histoire?


A quoi sert de commémorer, si on ne sait pas prolonger?


Que des citoyens non politisés ne pigent pas ça, admettons, mais vous !
(Et après, vous vous demanderez, plus ou moins benoîtement, le soir du 7 juin, "mais pourquoi donc y-t-il plus de 50 % d’abstention aux élections européennes", ou "pourquoi le peuple ne nous aime plus"?....)

La Louve

* Les prénoms ont été modifiés

jeudi 2 avril 2009

3ème réunion collectif anti répression 19 mars - Réseau d’entraide judiciaire

POUR VOTRE INFORMATION -

mercredi 1er avril 2009 (22h45)

Bonjour à toutes et à tous

Le "Collectif Anti Répression des Manifestations du 19 mars " qui a été inauguré le 27 mars dernier a commencé à travailler .

Il est notamment en train de mettre sur pied un réseau d’avocats et d’entraide juridique pour les personnes poursuivies suite à la rafle de 300 personnes ayant eu lieu entre 18 heures 30 et 20 heures après l’arrivée des derniers manifestants place de la Nation.

Actuellement, nous savons que la plupart des procès se dérouleront le 6 avril, le 4 et 5 mai et le 22 mai à Paris.

Afin d’organiser le soutien des 49 personnes mises en examen, un collectif de soutien réunissant les partis, syndicats, associations, ainsi que les inculpé-e-s et leurs familles a donc été créé.

Une 3ème réunion de création du collectif se tiendra Vendredi 3 avril prochain (vers 18 heures 30 - à suivre et à confirmer.

Si vous faites partie des 49 personnes inculpées parmi les 300 arrêtées , place de la Nation le soir du 19 mars dernier à Paris (ou que vous connaissez l’une de ces personnes) et que vous n’avez pas d’avocat, prenez contact de toute urgence avec anti.repression2009@yahoo.fr

Bellaciao - membre du collectif

A consulter :

http://antirepression.over-blog.com/

http://parolesdu19mars.over-blog.com/

mardi 24 mars 2009

C'est quoi, M'sieur, une "famille qui sème le désordre et le trouble à l'ordre public"?



Par respect pour mes camarades qui accordent leur confiance à l'élu qui a prononcé les paroles ci dessous rapportées, pour ne pas les mettre dans l'embarras, je tairai le nom de l'auteur de ce qui a déclenché mon exaspération, mais je citerai cet extrait, où il est question, en représailles à des actes de délinquance (brûler des voitures je crois), de sanctionner "les familles", je cite:

"(...)les familles qui sèment le désordre et le trouble à l’ordre public, des sanctions fortes et symboliques, y compris l’expulsion.


A ce propos, je confirme que les arrêtés contre les saisies expulsions que je vais prendre avant le 15 mars prochain concernent les familles socialement en difficultés.

Sont exclues de ces mesures les familles impliquées dans les trafics de drogue, les réseaux mafieux et intégristes, les actes de violences tels les jets de pierres, les incendies de voitures et de poubelles
.
"

Le tout dit après avoir fortement félicité et encouragé les forces de l'ordre et de la justice, (ce qui pour n'être pas nécessairement une aberration, me semble en tout cas assez ridicule , et parfaitement superflu par les temps qui courent).

Je lis ce billet donc, et je m'interroge.

Je vous arrête tout de suite, il ne s'agit pas pour moi de prôner le laxisme, de dire que ce n'est rien de se faire cramer sa bagnole, que c'est pas grave, qu'il faut que jeunesse se passe, bref, le discours bien-pensant et condescendant de qui n'a jamais eu à être confronté à ce type de situation, ce n'est pas mon fort.

Même si je crois qu'il y a une part de légitimité dans certaines formes de violences "anti républicaines" et que je peux aussi les comprendre, prises dans un certain contexte.

Mais quand même....

De là à emboîter le pas au premier Chevènement venu! L'auteur de ces lignes précitées conclut par un tonitruant: " Y'a des coups de pied au cul qui se perdent".

Sauvageons! Tes parents, tes frères, tes sœurs paieront pour toi.

Là encore la question de la "troisième voie" - la voie communiste donc.... - se pose, il me semble. Comment traiter ce problème, celui de la délinquance, voire, de la criminalité (c'est différent quand même) en communistes?

En aboyant plus fort que les chiens qui nous gouvernent? En tombant dans le piège "bobo-sympa-cool"?

Mais donc....

Quelqu'un peut il m'expliquer ce qu'est, selon lui, une "famille impliquée dans un les trafics de drogue " etc?!!

Personnellement, la seule chose que ça me rappelle, dan le "meilleur des cas", c'est Robert Hue à Montigny dans les années 80 qui a ruiné la vie d'une famille de Marocains qu'il avait accusé publiquement (et à tort) de faire du "biz".

Je pense la personne qui écrit ce communiqué a un "léger" problème avec la loi et l'ordre, un problème disons, idéologique (et "un peu" démagogique aussi - et ce n'est pas la première fois qu'on la prend en flagrant délit de "franchissement de ligne jaune idéologique" ).

Moi je ne peux pas soutenir ce type de prise de position.

A qui ça s'adresse d'ailleurs, au fond, ce genre de discours, et qu'y a -t-il dessous? En tout cas, que peut-on y voir? A quel moulin cela apporte-t-il de l'eau?

Évidemment que chacun a droit à la sécurité, au respect de ses biens!

Je le répète, je ne prône pas du tout une politique permissive pour les vrais délinquants, donc, mais là, c'est bien le fond idéologique du discours sur ce sujet qui me dérange.

Au-delà d'un certain appétit pour la répression et la sanction que ça me semble dénoter, c'est, je pense, méconnaître la réalité de la vie de ces "familles" qu'il dénonce en bloc, ou alors en avoir une drôle d'appréciation.

Je connais assez bien le sujet pour en avoir quelques unes dans mon entourage immédiat, et pour l'avoir vécu directement - "les familles" sont souvent complètement larguées, ce sont les premières désolées, ahuries, les premières à subir aussi (parfois même la violence physique que font régner ces petits cons) quand elles ont malheureusement un vrai "caïd" dans leurs rangs ...

Je ne pense pas du tout que c'est comme ça qu'on les aide, ces fameuses "familles", et au contraire!

C'est évident pour moi que c'est aussi en sortant "ces familles là" de leur milieu habituel, de leur cité, de leur quartier, de leur rue, dans laquelle elles vivent depuis 25, 30 ans, qu'on les aide AUSSI ou disons, qu'on leur donne vraiment des chances .

Il faut couper les "racines", et faire de la prévention, de l'accompagnement. Et changer de société, bien sûr.

Mais quelle solution de priver une famille entière de la possibilité de se "sauver" pour punir un petit con (une petite conne) , voire un vrai voyou, qu'elle n'arrive pas à maîtriser, et dont elle souvent la première à souffrir!?!

On casse les chances qui peuvent exister pour les autres frères et sœurs pour "sanctionner" un ou une abruti/e?

Vraiment géniale comme idée...Spontanément, j'y aurais pas pensé, mais bon....

Faut dire que c'est tellement facile de culpabiliser les parents (je ne dis pas qu'ils ne sont pas responsables, mais responsables, pour le coup, ne veut pas forcément dire coupables, et les parents qui ont des enfants "difficiles", voire délinquants, ne sont pas forcément des salopards, voire, des criminels eux-mêmes!).

Que celui dont le gosse n'a jamais, jamais, jamais merdé (même lourdement) me jette la première pierre.

Sarkozy fait ça aussi, ce type de simplifications extrêmes qui donnent l'illusion qu'on a pris un problème à bras le corps et que cette fois, "fini de rigoler" - alors finalement, la différence, si on ne sait pas qui écrit quoi, entre "eux" et "nous", c'est quoi?

Parole d'ex "délinquante" (y'a prescription maintenant, je peux le dire !!)

lundi 2 février 2009

Police partout, justice nulle part - Manifestation 31 janvier 2009


Saboter l’antiterrorisme ? Des milliers de manifestants se sont bougés les fesses, cet après-midi, pour participer à une journée d’action contre le sort fait aux anarcho-autonomes. Et encore davantage de CRS, postés tout au long de l’itinéraire… Une mobilisation policière impressionnante, mais pas suffisante pour mettre bas toute résistance : dans les couloirs de la station Denfert-Rochereau, un face-à-face violent a opposé des manifestants aux policiers.

Plusieurs milliers de personnes (environ trois mille selon moi) s’étaient réunis au Métro Luxembourg malgré une présence policière plus que massive et dissuasive, si bien que toutes les rues coupant le cortège étaient barrées par des cordons de CRS où de Gardes mobiles quand ce n’était pas par un canon à eau comme sur le Bd Arago (pour interdire le cortège d’approcher de la prison de la Santé). C’est à ce moment que des feux d’artifices ont été tirés sur les forces de "l’ordre" et en l’air.

Le cortège qui n’avait pas d’autre choix que d’emprunter la rue Gay Lussac puis la rue St Jacques (a noter que la vitrine d’une permanence du Parti Socialiste a fait les frais de la colère des manifestants) a terminé son trajet sur la place Denfert Rochereau dont tous les accès étaient fermés par d’importantes forces policières.

A noter également que journal d’info d’Arte a chroniqué la manif et a même accordé un entretien à Hugues Lenoir de la FA. et un compte rendu sur Yahoo actualités.

Eric l’Acrate

http://endehors.org/news/contre-l-antiterrorisme-3-000-dans-la-rue-a-paris


Sous les pavés, la rage ; dans les couloirs du métro, la baston.

http://www.article11.info/spip/spip.php?article284

La mobilisation était là : plusieurs milliers de manifestants ont répondu présents à l’invitation à « saboter l’antiterrorisme » et à défiler en soutien aux inculpés de Tarnac. Ce qui fait (quand même) un paquet de fiers supporters de cette « mouvance anarcho-autonomes » qui donne des cauchemars à Michèle Alliot-Marie… Pas assez - toutefois - pour effacer la présence policière : il y avait tellement d’uniformes qu’on aurait pu penser à un mouvement de revendication des CRS… Ils étaient partout, encadrant de très près le cortège, barrant chaque avenue, chaque rue et chaque ruelle croisées. Tout était bloqué, en un déploiement de forces de l’ordre réellement impressionnant. Des CRS par-ci, des CRS par-là, des flics en civil en veux-tu en voilà, et des policiers en uniformes pour faire bonne mesure. Bref : du bleu, partout.

Petite ou vaste, chacune des rues croisées était barrée d’un cordon de CRS, avec toujours un ou deux policiers caméra à la main, histoire de filmer la manifestation.

Aux fenêtres d’un hôtel surplombant directement l’itinéraire de la manifestation, deux policiers équipés de puissants appareils photo. Souriez, vous êtes fichés…

Canons à eau de sortie. Pour rien, finalement : ils n’auront pas été utilisés.

Pourtant… Malgré une atmosphère plutôt tendue, en dépit de l’envie évidente de certains d’en découdre, le cortège s’est déroulé sans incidents. Beaucoup de pétards et de feux d’artifice artisanaux, énormément de slogans appelant à mettre bas l’Etat policier, une proportion non négligeable de manifestants masqués, quelques jets d’objets variés sur les forces de l’ordre… Et puis rien d’autre, sinon une fin de manifestation dans la bonne humeur et en musique. Parfait ? Presque…

Aux alentours de 18 h, il ne restait plus grand monde place Denfert-Rochereau, terminus de la manifestation. Progressivement, dans le calme et sans prêter grande attention aux CRS barrant chacune des rues donnant sur la place, les manifestants quittaient les lieux, s’engouffrant dans le métro. Passaient les portillons et…

Ceux qui se sont dirigés vers le RER ont eu la surprise de tomber sur un face à face tendu entre policiers et manifestants.

Tout avait démarré quelques minutes plus tôt, quand les policiers en faction derrière les portillons de RER ont interpellé un jeune fraudeur. Chez une trentaine de personnes, le choix de la victime - un jeune noir, alors que d’autres fraudeurs blancs seraient passés sans problèmes - a fait éclater une colère jusqu’alors rentrée. Très vite, la pression est montée et la confrontation s’est fait plus violente, les manifestants sommant les forces de l’ordre de libérer le fraudeur, maintenu dans un coin et entouré d’uniformes. Quand deux policiers ont ceinturé violemment le jeune homme, le faisant tomber à terre et lui assénant des coups, les injures ont laissé place à des coups, des deux côtés. Débordés, les policiers ont alors fait appel à des renforts, essayant de s’extraire de ce coin de couloir de métro où ils étaient bloqués par ces militants très remontés.

Pour se dégager, les flics ont copieusement usé de la matraque, peinant toutefois à se frayer un chemin et à emporter leur proie. Ils n’y seraient d’ailleurs peut-être pas parvenus sans l’arrivée d’une dizaine d’autres policiers et l’emploi de lacrymos. Un usage convaincu de la matraque et de la gazeuse qui leur a finalement permis de se libérer du petit groupe, emportant avec eux leur prisonnier et laissant flotter sur leur passage, dans les couloirs du métro, un copieux nuage de gaz. Fin de l’épisode.

Et ? Ben… les manifestants présents n’ont finalement pas réussi à libérer le fraudeur. Mais il s’en est fallu de peu. Reste ce réjouissant sentiment que, même quand la police semble avoir le contrôle absolu de la situation, elle ne maîtrise pas tout. Et aussi cette colère sourde et massive qui monte, suffisante pour faire reculer - au moins un temps - les forces de l’ordre. C’est déjà pas mal, non ?

Trouvé sur Bellaciao

lundi 22 décembre 2008

2009 S'ANNONCE TRES RUDE POUR LES SALARIES, LES FAMILLES, LES PRECAIRES, LES JEUNES, LES VIEUX...


... Alors je ne vous souhaite pas une "bonne année 2009", ce serait ridicule et vain, puisque plus rien ou presque ne peut masquer les ravages que la crise du capitalisme produit ou révèle, et que toute personne sensée sait bien que 2009 risque d'être bien pire que 1929...

Voilà.

Nous sommes juste dans la situation où la vitesse s'accélère et nous voyons arriver le moment de sauter, et en effet, il va falloir sauter - celles et ceux qui freineront se casseront les jambes, celles et ceux qui pensent que l 'on peut prendre un autre chemin tomberont à pic...

....Celles et ceux qui seront, comme nous toutes et tous, absolument convaincus que quelque chose doit changer, qui accrocheront des ailes à leurs coeurs et à leurs idées, ceux là sauteront à grandes enjambées et entraîneront peut être avec eux peut être la possibilité du début d'un monde meilleur.

Je ne sais pas si "l'insurrection vient".

Mais je pense qu'elle peut venir.

Et qu'en tout cas, ce gouvernement fait tout pour qu'elle vienne et qu'en cela il est très aidé par la complisance coupable, le silence, l'inertie de "soi-disant la gôche" (tellement que c'en est à vomir...).

Pas une semaine sans que Sarkozy fasse passer des provocations, des sortes d'incantation à l'émeute, par "Canard" interposé...

Naturellement, cela m'effraie un peu, cette éventualité d'insurrection de révolte, je n'ai jamais conn ucela, en 68 je n'étais pas née, cela me tord un peu le ventre oui, comme tout ce que nous ne connaissons pas, mais que nosudevons faire, comme tout saut dans l'inconnu, dans le vide, mais je ne la redoute pas, je ne la crains pas et je ne la combattrai pas.

A la rigueur et tout juste, puis-je craindre qu'elle ne nous échappe tout à fait (elle nous échappera au moins en partie, cela, c'est certain), qu'elle soit récupérée, manipulée... et surtout, qu'elle ne soit pas assez soutenue par les travailleurs, par les syndicats, que nous ne sachions pas saisir l'occasion, si elle se présente.

Je redoute bien plus, c'est certain, une hypothétique "union nationale" de la gauche et la droite contre une révolte populaire. Les politicards unis pour nous mater et "restaurer l'ordre", unis pour au fond, défendre les banques, défendre le pognon, nier la vie, tuer les libertés...

Alors bon, nous verrons bien, je ne vous souhaite pas une ""bonne année, mais je vous souhaite de prendre suffisamment d'Amour, et de Forces pour les mois à venir.

Je NOUS souhaite une solidarité sans faille face aux difficultés et aux combats qui s'avancent.

Je ne crois pas beaucoup me tromper, hélas, en disant que le pire est sûrement devant nous, en tout cas pour "la vieille Europe", et les Etats-Unis.

Le capitalisme est un Moloch qui se réveille et a commencé à dévorer ses propres enfants, mais je refuse de lui sacrifier les miens.

Salutations révolutionnaires et amitiés fraternelles à toutes et tous!

LE PAIN, LA PAIX, LA LIBERTE, L'EDUCATION, POUR TOUS

Pour Yldune Lévy et Julien Coupat, (et tant d’autres hélas...)

La police intervient au domicile des saboteurs présumés des lignes SNCF, le 11 novembre 2008 à Tarnac/Thierry Zoccolan AFP/Archives

A quelques jours de la fin de l’année 2008, pendant que toutes celles et ceux qui le peuvent encore vont se réfugier dans des délires d’hyper-consommation, ou, plus raisonnablement, prendre des forces auprès de leurs familles et amis, il y a deux personnes vers lesquelles vont, plus particulièrement, mes vœux, mes souhaits.

Il s’agit de Julien Coupat et d’Yldune Lévy (oui, vous savez bien, la jeune femme que 90 % des articles ne présentent que comme "Yldune la compagne de....").

Ces deux jeunes gens ont été arrêtés le 11 novembre 2008, à Tarnac.

Et depuis qu’ils ont été arrêtés, ils sont détenus.

Détenus et "particulièrement surveillés".

Pourquoi au juste, ont ils été arrêtés, et pourquoi sont ils détenus?

Il faut le dire haut et fort aujourd’hui : POUR RIEN.

Oui, POUR RIEN.

Dans un soi disant "Etat de droit", une soi disant "démocratie", régis par une soi disant "déclaration des droits de l’homme et du citoyen" qui aurait soi disant une "valeur constitutionnelle, il n’y a RIEN.

Leur dossier est vide, d’une vacuité inversement proportionnelle au zèle déployé par certains ministres du gouvernement Sarozy-Fillion pour tenter de mettre en œuvre, pourquoi pas, une "stratégie de la tension" digne des "années de plomb" italiennes.

Rappelez-vous pourtant ...

Le 11 novembre la France entière et au-delà découvrait Tarnac, "dangereux repaire de dangereux criminels"...

Là étaient terrés les membres d’un réseau de la "mouvance ultra-gauche anarco-autonome", qui étaient, c’était sûr et certain, responsables de quelques sabotages de lignes électriques (caténaires) sur des voies ferrées...et plus si besoin.

Vous me direz, on ne les a pourtant pas arrêtés pendus aux caténaires, donc on ne les a pas pris en flagrant délit ... Ben non, justement - vous imaginez bien que toutes les caténaires de France ne convergent pas à Tarnac...

Mais alors?

On avait, paraît-il, de très sérieux éléments pour leur mettre le grappin dessus à base de GIGN et tutti quanti, à ces 9 jeunes (qui deviendront vite "les 9 de Tarnac").

On nous avait dit, à nous (nous, "l’opinion publique", ou "le peuple", ou "les citoyens", voir "nous les gogos" c’est selon qui s’adresse à nous et ce que nous pensons être), donc, on nous avait dit qu’on allait voir ce qu’on allait voir, quelles preuves énormes et absolument indubitables de l’absolue culpabilité de ces 9 personnes on allait nous montrer...

Et puis finalement, nous, le bon peuple, de plus en plus ému quand même, nous avons du constater que ce sac de preuves incontestables était vide.

En tout cas, bien trop vide pour justifier non seulement d’un maintien en détention, mais encore, d’un maintien en détention dans des conditions inhumaines, injustes (et je veux dire peut être "encore plus inhumaines" que pour les détenus de droit commun).

En effet, quiconque lit de temps à autre le "Canard Enchaîné" pouvait apprendre, la semaine dernière, au détour d’une page, que (je cite) :

«Depuis un mois, à la maison d’arrêt des femmes de Fleury-Mérogis, la nuit, toutes les deux heures, la lumière s’allume dans la cellule d’Ydlune Lévy, présumée d’"ultragauche" saboteuse de caténaires SNCF. (…) Officiellement, c’est "pour la protéger d’elle-même". En réalité, comme le concèdent des juges en privé, il s’agit d’abord d’"attendrir la viande" de cette "dangereuse terroriste" promue par MAM ennemi public no 1 avec son compagnon Julien C. (…)

À la question de Libération (11 décembre) : "Comment s’expriment leurs velléités terroristes ?", le contrôleur général Christian Chaboud, responsable de la lutte antiterroriste, a répondu : "De par leur attitude et leur mode de vie."»

Attention donc : sachez que si votre attitude et votre mode de vie (?) ne sont pas conformes (conformes à quoi? Allez savoir...) , vous êtes déjà en mauvaise posture.

(Et si en plus vous êtes en train de lire mon texte sur "Bellaciao.org", ce dangereux site internet regroupant la fine fleur de la mouvance anarco-autonome d’ultra-gauche, selon sa Sainteté La Bible de Le Figaro, alors là , vous êtes très mal barrés).

De la même manière, on apprenait le vendredi 19 décembre dernier qu’un juge avait ordonné la remise en liberté de Julien Coupat mais que le Parquet avait immédiatement fait appel de cette ordonnance, et qu’ainsi Julien Coupat restait en prison jusqu’à nouvel ordre (ou jusqu’à Ordre Nouveau peut être ?) .

Entre temps, les 7 autres protagonistes ont été relâchés. Est-ce à dire pour autant que leur vie s’écoule à nouveau paisible, tranquille, joyeuse? Non, évidement, et loin de là.

Seuls demeurent donc en prison actuellement Julien et Ydlune.

Ydlune, réveillée toutes les deux heures, probablement de plus en plus épuisée, le moral de plus en plus défaillant (et que cherche -t-on ainsi ? A la rendre folle? A la tuer psychologiquement?...A lui faire signer n’importe quels aveux bidons?).

Julien, dont on a moins de nouvelles "récentes" mais dont on sait que ses parents ont récemment obtenu le droit de visite, mais dont on peut imaginer qu’il subit ou a subi le même genre de traitement.

Je regardais son l’intervention de son père, chez Laurent Ruquier samedi soir (tard, c’est après minuit et demie).

J’ai vu un homme abasourdi, presque encore étonné de ce que vivait son fils, qui ne pouvait pas croire, presque, qu’il se passait ce qui se passait.

Un homme venu défendre aussi l’honneur et la probité de son fils, et un homme venu dénoncer aussi très courageusement ,sans fard, à mains nues, et sans avocat ni immunité parlementaire, ce qu’est ce système, ce qu’est en train de devenir ce pays depuis 3 ans.

Un homme qui, je pense, a forcé le respect et l’admiration de tous les invités présents, et de la plupart des téléspectateurs.

M. Coupat,

je vous dis bravo

, vous avez été très juste, vos mots ont été simples, votre analyse claire, vous ’avez beaucoup touchée et attachée davantage encore à la cause de votre fils et de ses compagnons d’injustice.

Tout juste regretté-je que vous n’ayez pas été plus entouré de "personnalités" pour mener ce combat...

Et moi, la question qui m’obsède, de plus en plus, c’est "pourquoi".

Pourquoi sont-ils ENCORE en prison à ce jour?

Pourquoi la mobilisation pour les protéger d’un système qui est manifestement devenu fou, n’est pas plus forte?

Pourquoi est-ce que encore une fois, la majorité des partis politiques et figures dites "de gauche" sont aussi muets, aphones, inaudibles, une fois passé leur petit communiqué indigné d’usage?

Mais merde, que se passe-t-il dans la France aujourd’hui?

Et que va-t-il se passer demain?

Pas un jour sans que l’angoisse qui étreint ma poitrine depuis plusieurs semaines augmente.

L’angoisse et la honte également. La honte d’être une "nationale" de ce pays croupissant, amorphe, pourri, fascisant, de ce pays qui semble renouer avec le pire de son histoire....

La honte de me dire que les bouches semblent closes, que les cœurs semblent secs, que les raisons semblent figées et les courages oubliés.

J’ai l’impression d’être entrée dans un cauchemar que je ne pensais pas pouvoir vivre un jour à ce point.

Un cauchemar dans lequel les soirs et les matins sont bruns.

Un cauchemar fait de chiens policiers, de surveillance généralisée, de mensonge d’Etat, de propagande outrancière, un cauchemar fait de prisons, de barreaux.

Un cauchemar où mon pays, la France, dont je porte 1/62 millionième de la responsabilité à titre individuel, continue sa descente vers le fascisme, où l’on maintient au cachot sans raison un jeune homme de mon âge, où l’on torture une jeune femme emprisonnée au nom d’une présomption de culpabilité aggravée qui ne veut pas dire son nom, aggravée par quoi d’ailleurs?

Aggravée par le fait de ne pas être un mouton bêlant du capitalisme et du libéralisme.

Aussi, je dédie à Julien Coupat, à Yldune Lévy, mais aussi à Cyril Khider, à Jann-Marc Rouillan, entre autres, et plus généralement, à tous les encagés, à tous les enchaînés, à tous les suppliciés du système, à toutes les victimes de l’injustice profonde de la répression d’Etat, et de l’inhumanité totale du système carcéral, le magnifique et dernier livre du grand Jack London,

"Le vagabond des étoiles"

Cet ouvrage sublime raconte les derniers mois de Darrell Standing, qui s’apprête à être pendu dans la prison d’État de Californie, à San Quentin. Il y a huit ans, alors professeur d’agronomie à l’école d’agriculture de Berkeley, il a été condamné à perpétuité pour crime passionnel.

Sur les huit années d’incarcération, il a passé cinq ans dans les ténèbres d’un cachot, surnommé la "mort vivante". En attendant l’heure fatale, il s’évade au gré de son imagination et de la puissance de son esprit, dans le passé.

Il s’imagine, il se rêve au cœur du Paris de Louis XIII sous les traits du comte Guillaume de Sainte-Maure ; comme enfant rescapé d’une caravane de pionniers massacrés par les Indiens ; en marin anglais marié à une princesse coréenne du XVIe siècle ; en centurion de Ponce Pilate au moment du procès de Jésus ; en homme des cavernes à l’aube de l’humanité...

Échappant à la souffrance de l’angoisse et aux ravages de l’enfermement et de l’isolement, par la même occasion, Darell Standing se paie le luxe d’échapper au plaisir que susciteraient chez ses geôliers, des résistances physiques qu’il sait parfaitement inutiles et vaines et qui ne lui ont valu jusqu’alors que les coups et la camisole, chaque fois plus serrée, au point de presque l’étouffer.

Ainsi, en ne leur laissant plus que son enveloppe charnelle, et en voyageant de plus en plus loin et de plus en plus longtemps dans sa tête, plongé dans une sorte de catatonie volontaire, il les contourne, il les prive de ce qui fait leur justification : mater et casser l’Autre.

Ce livre est considéré comme le dernier acte du militant socialiste acharné et de l’être extraordinairement humain que fut toute sa vie Jack London.

Tenez bon, Julien et Yldune.

Vous êtes nos frères et nos sœurs, nos camarades aussi, d’une certaine manière, alors, tenez bon, nous pensons à vous, nous allons faire en sorte de nous mobiliser de plus en pus nombreux pour vous faire sortir, pour que cessent le délit d’opinion, la détention abusive, les traitements inhumains et dégradants que vivent presque tous les prisonniers de France et de Navarre.

Toutes mes pensées aussi à vos familles, pour certaines très affectées par ces incarcérations, beaucoup de courage à toutes et tous.

Pourvu que demain le jour se lève, et que le soleil brille enfin. L’avenir ne peut appartenir qu’à celles et ceux qui se battent pour la Liberté et le respect réel de la dignité de l’humain.

ICI LE SITE INTERNET DE SOUTIEN AUX INCULPES DU 11 NOVEMBRE DE TARNAC

mardi 16 décembre 2008

IL FAUT UNE UNION DES COMMUNISTES AUTOUR D’UN PROJET POLITIQUE

Celles et ceux qui me lisent régulièrement ont du remarquer deux éléments récurrents dans mes tentatives de réflexion : "la démocratie prolétarienne" et "le projet politique".

Plus que jamais (et ce ne sont pas les congrès passés du PS et du PCF qui vont me faire changer d'avis, au contraire), je pense que l'union des communistes, et au-delà de nous, le nécessaire rassemblement anticapitaliste, ne pourront se faire tant que ce projet politique fera défaut, et tant que nous n'aurons pas chassé la nostalgie qui nous empêche d'inventer.

Il y a une grande différence entre vouloir "mettre fin à la 5ème république ", vouloir "redistribuer les revenus du travail", "restaurer le parlementarisme"...c'est à dire proposer, par exemple, une "république sociale" ou une "démocratie progressiste", et proposer un projet politique de démocratie "prolétarienne" ou "du travail".

Il ne suffit pas de dire (ni même de vouloir) que "la démocratie c'est la proportionnelle, c'est le parlementarisme"...

Comme si la question de la démocratie réelle pouvait se régler à coup de mécanismes de contrôle, de "checks and balances" comme on dit chez les anglo-saxons.

Comme si la construction du concept moderne (bourgeois) de démocratie ne posait pas un problème fondamental, insoluble dans des modifications qui sont vouées à rester " à la marge"...comme si cette construction politique ne "cachait" pas "quelque chose" !

Cette nature double, ambiguë, de la constitution politique bourgeoise, Marx, Engels, Trotski, Lénine ,Luxemburg et j'en passe... tous les grands penseurs politiques "marxistes" l'ont vue - ils l'ont même démontrée. Et nous l'avons laissée tomber.

Il ne suffit pas de dire que la lutte contre le "néolibéralisme" ou contre les "dérives de la social démocratie" impliquent (et seront résolus par) une "meilleure redistribution des richesses "et par la "gestion publique des banques" (sic)...par exemple.

Il ne suffit pas, non, car, soit tout cela est très flou (le "redistribuer les richesses", on peut en faire une échelle de 1 à 10 et je pense qu'on peut trouver "à gauche" des tas de gens qui penseront qu'à 1 on a redistribué et qu'à 10 on peut aller plus loin...), soit tout cela est très ancien, absolument pas nouveau et a déjà démontré par la preuve, autrefois, que ce n'étaient pas des solutions à nos problèmes (même si nul doute que c'est mieux que ce que nous vivons aujourd'hui).

Il y a une grande différence, une différence de taille entre ces deux conceptions de "la politique par le peuple pour le peuple", celle qui est actuellement prégnante dans la pensée politique dominante, et celle que nous souhaitons, nous, communistes, construire.

Cette différence, c'est la manière dont on envisage, dont on analyse, la question de la propriété du Capital, la question des rapports de domination et d'exploitation dans le travail, et les réponses que l'on entend y apporter.

C'est la place que l'on souhaite donner ou ne pas donner (ou plutôt que l'on souhaite permettre de laisser prendre) au "monde du travail". Les coups que l'on souhaite porter à la propriété privée des moyens de production.

Il y a une différence de taille donc, c'est l'exigence, le degré d'exigence que l'on se donne la liberté d'avoir, pour nous mêmes, dans nos combats politiques.

Que veut on et jusqu'où le veut on? Est ce que l'on considère que nous menons une lutte pour la libération ou pas? Dans ce cas, quelle est cette liberté que nous, communistes, nous prétendons permettre? Une liberté de pure forme, un égalitarisme de façade, en vogue chez les socio-démocrate est les démocrates chrétiens? Ou enfin, une égalité des chances réelles?

Est-ce qu'on se résout à aller extirper le mal à la racine (le système capitaliste) ou est ce qu'on continu à ne faire que des "pets de bouche"?

Il faudrait que chaque salarié se pose cette question, rien qu'une fois, sans a priori, sans idée préconçue, comme si il pouvait donner la vraie réponse sans s'autocensurer.

Est-ce que je me sens libre?Si oui, pourquoi? Et que me manque-t-il pour que je me sente libre? Que voudrais-je vraiment, au fond?

Ça commence par des questions "bêtes".

Est ce que c'est normal, à 42 ans ,de flipper comme un môme devant un père autoritaire quand on s'adresse à son patron? Est ce que c'est normal d'hésiter à répondre à son patron sur le même ton qu'il emploie avec nous parfois, souvent? Est- ce que c'est normal qu'en plus de la fatigue et de l'occupation quasi permanente que requiert le travail, cette activité qui pourrait être une source de satisfaction, voire de plaisirs, en plus que de richesses, et bien cette activité nous oppresse, nous opprime, voire, nous déprime, parfois jusqu'à la mort?

Est ce qu'on veut l'esclavage, la pauvreté, la peur au ventre? Ou, est ce qu'on veut la liberté? Et jusqu'à quel point on la veut? Qu'est ce qu'on entend par là, "liberté", au fond?

En quoi s'estime-t-on enchainés aujourd'hui, nous, les travailleurs?

J'ai peut être changé de parti, sans doute que je me suis trompé certaines fois, que comme tout le monde, il m'arrive de changer d'avis et tout ça m'arrivera encore - mais sur ce point là, celui de la liberté et de la libération, je n'ai pas bougé d'un iota. (Sans vouloir m'autociter, je rappelle simplement que c'est déjà ce que je disais le 1er avril 2007 à Bercy, ce que je continue à dire, différemment plus en substance, en faisant la jonction entre toutes ces expériences politiques et humaines, et en les nourrissant des pensées de nombreux auteurs qui m'échappaient jusqu'à récemment.)

Juste pour dire que certain-e-s n'ont certes jamais changé de parti, mais ils ont bien plus d'une fois changé d'idées, voire, de combats !

On doit savoir aussi si ces combats "politiques", ce sont des combats qui tournent autour de la représentation, de l'exercice indirect d'un certain pouvoir, des élections, ou si ces combats politiques sont des combats "de terrain", par les exploités eux mêmes, non pas exclusivement "par délégation", dans les bureaux des organes politiques ou des institutions bourgeoises...

On va me dire, et on me l'a assez reproché - mais ce n'est pas grave, je prends ma part, peu me chaut - que je suis décidément enragée contre les "partis de gauche".

Oui.

Ce n'est pas une nouvelle je ne l'ai jamais caché.

"Qui aime bien châtie bien"?

Non, pour être honnête, ce n'est pas cela qui me motive.

C'est la détestation profonde de la flagornerie et du manque de courage.

On ne leur demande quand même pas grand-chose, comme prise de risques à ces "politiciens"...

C'est quand même pas comme les mineurs qui risquaient leurs vies, c'est pas comme les syndicalistes qui risquent leur peau aussi, c'est pas comme les militants antifascistes qui se prennent des coups, voire, se font tuer...

On leur demande de réfléchir, d'analyser, de prendre des décisions ,de faire des choix idéologiques, d'accompagner les luttes, de les favoriser, et de projeter un horizon.

Pour cela, ils sont souvent bien payés, ils ont souvent des tas de collaborateurs très doués et cultivés, ils jouissent d'une immunité particulière, les médias leur sont ouverts (même peu)...

Alors oui, ça finit par me "lasser", me gonfler, m'enrager, cette apathie, ce mensonge permanent, cette course à l'échalotte, ce creux, ce vide, ce néant.

Parce que nous, on remonte nos manches et on les prend les risques (qui me "couvre" qui me "protège" moi, quand j'écris ici ou ailleurs?) !

On leur demande pas de nous amener la révolution sur un plateau, on leur demande pas la vérité comme une fille nue sortie d'un puits, non !

Mais le minimum, faire leur part du travail, n'est pas fait. Bref.

Certain-e-s vont en profiter, comme toujours, pour dire que je suis donc (évidemment) une ennemie de classe, puisque je dis qu'il faut d'abord, inlassablement, dénoncer les Tartuffe des "partis de gauche".

Pourquoi eux autant que la droite (mais sur des bases différentes)?

Parce qu'ils nous représentent, qu'ils disent, mais qu'ils ont prostitué presque tous les idéaux dits "de gauche" dont le premier a toujours été LA LIBERTÉ (et les libertés) du PEUPLE, la LIBÉRATION de celui-ci, et que ces libertés devaient être socialistes puisque la majorité (donc la loi, en "démocratie") de ce PEUPLE, ce sont LES TRAVAILLEURS actifs, passifs non actifs....

Parce qu'ils ont donné aux libertés un contenu sociétal complètement creux, et qu'ils ont juste "oublié" qu'il n'y a pas de liberté à celui qui a le ventre creux, à celle qui est exploitée, et surtout ils ont manifestement "oublié" pourquoi et comment cette exploitation-là est possible et ne se battent plus réellement contre cela.

Parce qu'ils refusent, encore aujourd'hui, et malgré leurs grosses voix, leurs poings serrés, leurs poses de nouveau martiales, ils refusent déjà de mener le combat pour lequel ils se font ou veulent se faire élire pourtant, et payer grassement.

Et que ce combat est d'abord en notre faveur, pour nous, nous le peuple du travail, le peuple des travailleurs, et d'abord, en notre sein, le peuple des usines, des chantiers et des travaux de force, le peuple des ouvriers.

Pas celui d'une "fiction" qu'ils appellent aussi "peuple", sur le mode de définition des universités de droit bourgeoises, et qu'ils ne veulent plus définir (parce qu'ils savent bien que, s'ils le définissent, "ce peuple", ils seront cuits - soit on verra leur mensonge petit-bourgeois, soit ils seront contraints de commencer vraiment à se battre).

J'aimerais savoir, s'ils ont, aujourd'hui, ce qui a toujours fait défaut à "la gauche" face à la "droite", ce que nous avons toujours négligé, reporté à demain, comme si cela devait jaillir d'un "grand soir", c'est à dire un projet politique, une nouvelle conception de la citoyenneté.

L'ont ils? L'envisagent-ils seulement?

Je n'ai encore jamais entendu aucun d'eux à ce jour, même le plus sympathique, proposer, par exemple, que la citoyenneté soit fondée non plus sur la nationalité, (cette notion qui est, particulièrement en France, tellement retorse), mais sur le travail, les services rendus à la collectivité...

Qu'ont ils à opposer, autrement qu'en belles phrases et en blabla vrombissant, comme construction politique, face à la démocratie bourgeoise?

Quelles sont leurs analyses politiques de cette dernière (et non pas des analyses politiciennes, voire, carrément politicardes)?

J'aimerais savoir comment on "redistribue les richesses" dans leur "république sociale" ou "de progrès", si les exploiteurs sont toujours les mêmes, si les exploités sont toujours privés de réalité politique, et qu'on continue de se contenter d'une pâle représentation du monde du travail?

Regardez par exemple l'Assemblée nationale !

Où est le monde du travail salarié, majoritaire? Il est minoritaire, et sa diversité au sein de cette minorité, n'est même pas assurée puisque les fonctionnaires de l'éducation nationale y sont parmi les plus nombreux.

Y a t il à l'Assemblée, des femmes de chez Arena? Des gars de chez Goodyear? Des gens des bureaux? Des postiers? des Gaziers? des chômeurs? des retraités?...Et pourquoi ce ne serait pas possible? Et pourquoi on ne se pencherait pas aussi sur ce problème là? Quitte à multiplier les Assemblées, quitte à les tenir dans les salles des usines?

J'aimerais savoir s'ils comptent vraiment reprendre et poursuivre le travail du Conseil National de la Résistance ,les bribes jetées par la constitution de 1946, seule tentative, à ma connaissance, de CONSTITUTION (c'est à dire de "contrat social") qui ait placé le TRAVAIL et LE TRAVAILLEUR, au centre de sa théorie politique.

Si la réponse est oui, comment , alors?

(Parce que les promesses n'engagent que ceux qui les croient n'est ce pas - la pratique du militantisme rend méfiant aussi).

Vont-ils se colletiner enfin la réflexion, l'analyse, la proposition, urgente, de la démocratie prolétarienne, de ses fondements, de ses moyens, ou s'en tenir à la "démocratie sociale" ou "progressiste" petit-bourgeois (i.e. capitalo-compatible), qui calmera les employés et ravira les cadres, passera la brosse à reluire à une certaine frange des directions syndicales pour leur dire "comme ils sont beaux, comme ils font bien", en clair, pour maintenir la "paix sociale" et donc, au fond, ne pas aller à la nécessaire révolution, éloigner de celle -ci (jusqu'à quand?).

Ils vont refaire le chemin du PS ou pas?

Je ne ferai pas de procès d'intention.

Mais je dis tout de suite que j'en ai d'emblée ras le bol d'entendre les mêmes conneries que celles qu'on a entendues en 1981 (aujourd'hui on sait que c'étaient des conneries et on sait bien pourquoi, j'espère ,donc on doit le dire) ; j'en ai plein le dos de ces politiques professionnels qui pensent qu'ils savent mieux que moi ce qui est bon POUR MOI !

Qui me contraignent (oui, il y a une contrainte morale, due à une acculturation, qui pèse sur "le militant de gauche") à adhérer à leurs partis pour seulement vaguement "écouter ma voix" (surtout pour me la prendre).

J'en ai ras le bol de monnayer un vague soutien à mes luttes sociales, en tant que travailleuse, par des "voix" sonnantes et trébuchantes, par des "cartes d'adhésion" etc...

Ça c'est un système qui marche sur la tête - où la minorité dirige la majorité, où les mandataires dirigent les mandants...(On va me dire "oui mais là tu es toujours dans le pouvoir, la domination, or, 'le pouvoir est maudit' - je ne dis pas que c'est faux, on doit en discuter....)

On dirait que toute la gauche, même la plus anticommuniste , est totalement pourrie ,en fait , par les conceptions staliniennes de la politique : "si tu n'es pas du parti, tu n'es pas de gauche. Si tu es un prolétaire qui ne vote pas à gauche, tu es un ennemi de classe", et toutes ces conneries.

Bien sûr il y a "des ennemis de classe" , des vrais, "à gauche" ! J'en ai même rencontré au PCF. Oui.

Mais toutes nos contradictions ne peuvent pas tenir dans ces fausses rhétoriques, toute notre dialectique ne peut pas tenir dans des anathèmes !

Seulement voilà, pour éviter l'anathème, il faut une analyse, une prospective, une construction systémique, il faut pouvoir être suffisamment armé idéologiquement pour ne pas redouter la confrontation et prendre part au débat.

Il n'est pas fini le temps où, si tu n'es pas au parti, tu es un ennemi (politique, de classe...) Et ça, au fond, ce n'est pas qu'au PCF, contrairement à ce qu'on dit.

Parce que "la gauche " est rigoureusement incapable de définir son sujet politique (et c'est pour ça qu'elle ne peut se définir elle même "sérieusement") - elle ne veut pas le nommer, ce sujet, parce qu'elle n'est plus révolutionnaire (entendez : elle ne veut absolument plus l'être).

Or que "la gauche" le veuille ou pas, il y aura toujours une aspiration révolutionnaire profonde dans le peuple du travail, quel que soit le sol sur le quel ils se fait exploiter.

Ici en France ou en Inde, ou en Chine.En Grèce. En Italie.

Elle se manifestera, au besoin contre elle, selon les époques, les circonstances historiques, avec plus ou moins de force, de désir, d'impérieuse nécessité, mais ce sentiment révolutionnaire est au cœur de l'homme exploité.

Cette révolution, c'est celle que fait le bébé quand il marche sans ses parents ; c'est celle que fait l'enfant quand il apprend à lire ; c'est celle que fait l'adolescent quand il fume sa première cigarette ou qu'il connaît ses premiers émois sexuels. C'est aussi celle que fait l'employé qui adhère un jour à un syndicat. Ou la femme battue qui porte plainte.

Cette révolution, c'est celle que pousse à accomplir le désir d'indépendance, le besoin de liberté, la soif de justice et le plaisir de l'évolution, du dépassement, et parfois la nécessité de sa propre préservation ce que j'appelle "instinct de vie".

Il faut savoir donc, si ces "courants" ou "partis" nouveaux ou soi-disant nouveaux, se donnent comme objectif de combattre, aux côtés des travailleurs, ce système qui nous opprime, qui nous névrose, qui nous tient en état infantile, qui nous étouffe, (je veux parler du système capitaliste bien sûr), qui permet à une minorité d'exploiter et de soumettre (à des degrés d'horreur parfois inconcevables) , la très grande majorité d'entre nous ,et de leur voler, en plus les miettes du bénéfice de cette exploitation.

Et quand je dis cela, je mesure la portée de mon propos - je ne parle pas de faire de la figuration, plus ou moins bien, plus ou moins efficacement pour certain-e-s, dans les manifestations ou aux portes des usines non (c'est mieux que rien mais ça ne change pas un système) - non, je parle de faire de vraies propositions politiques pour que les travailleurs puissent s'émanciper eux mêmes.

C'est à dire que je demande si ces "partis de gauche " ont vraiment en tête ce mot magnifique :

"l'émancipation des travailleurs sera l'œuvre des travailleurs eux-mêmes".

Je complète "Oui, mais A CONDITION que les représentants des travailleurs, les forces politiques qui se sont construites grâce et pour les travailleurs, cessent d'être les premiers obstacles à cette libération véritable".

Voilà la raison de mon courroux, de ma colère quasi permanente, contre les "partis de gauche", et particulièrement en ce moment : pour des tas de raison, ce sont des freins à la libération des travailleurs et ils nous contraignent à devoir nous battre contre des organisations que NOUS (les prolétaires) avons créées, qui NOUS appartiennent, autant que contre celles des patrons -(comme si c'était déjà pas assez difficile).

Alors, c'est extrêmement pénible, mais il faut le faire.

La seule manière de le faire est sans doute de s'organiser sans plus rejoindre aucune force qui ne mette pas notre souveraineté et notre liberté en son cœur (en commençant par se l'appliquer à soi même, qu'on soit adhérent ou pas) et qui ne tiendrait pas un discours sans ambiguïté sur le capitalisme (et non le "néo libéralisme" ou que sais je), le capital, l'exploitation, la propriété privée des moyens de production, la démocratie et la citoyenneté prolétariennes.

De mon point de vue, pour des tas de raisons expliquées souvent ailleurs, ou dans d'autres textes, j'ai dit depuis longtemps que je pensais que par NATURE "la gauche" ne pouvait absolument pas répondre aux exigences politiques qui sont celles des travailleurs socialistes au sens large ( i.e. y compris communistes, anarchistes, anarco-communistes, anarco-syndicalistes) et qu'elle ne peut pas, par essence, susciter ces mêmes besoins dans la majorité des travailleurs.

Je ne pense pas me tromper, et je prends les paris du devenir de tout ce qui sera fondé dans par et sur "la gauche" comme énième échec politique annoncé, à moyen terme, pour les travailleurs.

Peut être qu'à court terme, nous en tirerons quelques bénéfices ( mais ce n'est pas sûr du tout - regardons l'Allemagne - qu'est "Die Linke" par exemple? Et que change vraiment sa présence et sa soi disant "force" face à la crise? Ils n'ont même pas été foutus de se mettre d'accord sur un programme au dernier congrès, alors sur un projet politique, vous pensez bien...).

Incidemment donc, et uniquement sur ce "court terme", par contre, j'observe qu'en Grèce, ces derniers jours, la présence affirmée et combattive des différentes forces anticapitalistes et contestataires grecques, même minoritaires, aide les manifestations populaires, et sait accompagner (à de rares exceptions passéistes) les mouvements dits sociaux et sociétaux.

J'observe qu'en Italie où, n'en déplaise à mes amis staliniens, il y a de nouveau un parti des communistes qui s'appelle "Rifondazione COMUNISTA", il y a un très fort noyau de contestation et de révolte, qui manifeste, qui se rassemble, qui se bat contre Berlusconi etc... "bizarrement" depuis que les militants ont élu quelqu'un qui disait "comunismo" plutôt que "sinistra", "rosso" plutôt que "arcobaleno"... et oui c'est étrange....

J'espère que Ferrero ne "trahira" pas, ou peu, ou le moins possible - mais ... on doit toujours le redouter et être vigilant y compris avec les camarades qui nous inspirent confiance et respect ; on peut craindre, notamment que toute démarche de "parti institutionnel classique" (sur lequel RC est encore construit) soit vouée à l'échec dans le système de la démocratie bourgeoise, s'il n'est pas fondé sur un projet politique alternatif.

Mais je sais qu'il y a des camarades dans ce parti qui, de par leurs expériences différentes du passé, n'ont pas complètement perdu de vue la "democrazia proletaria" et le "potere operaio".

Peut être que, dans les années 70, toutes ces constructions étaient hasardeuses, gauchisantes... sans doute. Mais elles ont le mérite d'avoir existé et de ne pas être mortes.

Avec le temps, avec le développement d'une forme de philosophie politique marxiste, et avec la confrontation à la réalité gouvernementale par les hommes, je pense aussi que toutes ces graines n'ont pas pourri et sont encore vivantes,et meilleures, dans les poings de ces camarades.

Alors voilà, et ce sera ma conclusion, à ce jour, pour l'instant, il n'y a pas un projet politique à long terme, qui nous évite de faire toujours la même erreur : voter pour la droite, qui amènera la gauche, qui ramènera la droite, etc....

Alors, ce projet politique alternatif, pour la démocratie prolétarienne, il faut le construire.
Le construire nous même.

Nul besoin d'être diplômé ou savant - mais on peut l'être aussi.

Il suffit de commencer par dire ce que nous , travailleurs, amis des travailleurs, nous voulons. Il faut avoir le courage de dire ce que nous voulons, le courage d'aller au bout des analyses et des raisonnements, d'en tirer les conclusions, d'arrêter de se coucher à mi-chemin.

On ne repart pas de zéro non plus, nous avons deux filiations théoriques que j'ai rappelées plus haut.

Et ensuite, il faut l'imposer, y compris l'imposer aux soi-disant "forces de gauches", par tous les moyens, et dire à tous ces partis : c'est nous qui sommes souverains, pliez vous ou battez vous.

Et puis l'imposer, l'arracher, par tous moyens, aux forces de droite et derrière elles, aux capitalistes - Autre paire de manche....Mais à cœur vaillant, rien d'impossible.

Voilà mes camarades,

Salutations de combat

mercredi 3 décembre 2008

Interviews de Charles TILLON & reportages - 70's ->80's

« Oui le socialisme retste à inventer pour désenchaîner la vieille espérance ouvrière. C'est là mon vœu, au bord du dernier rivage, au terme du voyage où il me faut tourner les yeux vers le cortège du passé, la multitude de ceux que j'ai aimés parce qu'ils allaient leur chemin en tâtonnant, souvent dans le doute, mais sans jamais désespérer »

Charles Tillon


"(...)1968-1970 : Il soutient, le mouvement de mai 1968 et le « Printemps de Prague » avec Sartre, Vercors, Krivine et bien d’autres. Il condamne l’intervention soviétique en Tchécoslovaquie. En 1969, il relate son expérience militante dans un nouvel ouvrage: La révolte vient de loin (Julliard). Ses positions publiques et critiques envers les dirigeants communistes, son engagement contre la « normalisation » en Tchécoslovaquie et sa participation au comité d'initiative pour la création d'un nouveau « Secours rouge » envenime ses relations avec le PCF. Mais trop c'est trop !

Il signe en 1970 avec Garaudy, Pronteau et Kriegel-Valrimont, un manifeste appelé « Il n’est plus possible de se taire » dénonçant la politique stalinienne qui continue à sévir au PC. Il dénonce à la télévision le passé de G. Marchais parti travailler en Allemagne. Il apprend par courrier de sa cellule de base d'Aix en Provence (une vingtaine de membres) qu'elle vient de l'exclure du Parti où Lénine l'avait placé en tête !!! La cellule exclut aussi son épouse Raymonde. Cet acte méprisable les laisse indifférents.(...)" Source: Site officiel Charles Tillon


Ici vous verrez un reportage et une interview de 1970 sur Ch .Tillon

Ici toujours Charles Tillon (avec également g. Cogniot), sur le plateau d'Apostrophes, en 1977

Lire également des extraits d'un article (incomplet) de Ph. Robrieu qui relate de façon satisfaisante l'ouvrage de Ch. Tillon "On chantait rouge" - article paru dans L’Unité n°275 du 16-12-1977 (trouvé sur ce site riche en ressources et intéressant qu'est "La Bataille socialiste" FYI).

Lire surtout les principaux ouvrages de Charles Tillon.

----------------------------
"(...)La Révolution, Staline, les grandes causes, les saines colères, les passions…tout y est. Raconté par un homme qui a su dire non comme personne.

Ce n’était certainement pas le hasard si Charles Tillon est né au sein d’une famille de cette Bretagne populaire où l’on était républicain de père en fils depuis la Révolution française.

D’où surgit cette vie dense, colorée, dramatique, au cœur de notre siècle avec ses ténèbres et ses lueurs d’espérance.

La guerre de 1914-1918, la grande boucherie, la Révolution russe et la mer Noire, Franco, Hitler, Staline, les grandes causes, les saines colères, les passions, les emportements, les illusions, l’aveuglement, le courage des combats exaltants et d’infects procès en sorcellerie, les eaux troubles d’une idéologie devenue folle, entraînant une odieuse exclusion, tout y est, raconté par un homme qui a su, en certaines circonstances, dire non comme personne

Un de ses ancêtres, le « père Gérard », avait été l’un des rarissimes députés authentiquement paysans aux Etats généraux de 1789. Son père avait dû abandonner la terre et cotisait à cette C.g.t. dont les militants croyaient à la grève générale qui…empêcherait la guerre, avant d’amener la« sociale »et la « totale ».

Mais, au lieu du « grand soir » tant espéré, ce fut la honteuse tuerie, et Charles y fut précipité. Lorsque la guerre, enfin, s’achève, certains prétendent la poursuivre contre la jeune Russie révolutionnaire.

Ils veulent, à cette fin, utiliser le « Guichen », le bateau sur lequel sert Charles. Et c’est la mutinerie de la mer Noire : d’abord, sur le « Protêt », la tentative d’un fils de communard nommé André Marty, puis l’équipage du « France » à Sébastopol, avec Wuilemin, le « Jean Bart », le « Waldeck-Rousseau » et, enfin, le « Guichen ». Charles a vingt-deux ans. Déjà lecteur de « l’Humanité », il est tout naturellement un des animateurs du mouvement. Ces marins veulent passionnément rentrer chez eux, et beaucoup pensent que les Russes ont bien le droit de faire leur révolution.

Cependant, la révolte échoue. Pour le jeune Tillon, c’est le bagne de Dar-Bel-Hamri, où il échappe de peu à la mort lente par pourrissement. Mais le gouvernement doit renoncer à l’intervention navale contre « la révolution de Lénine et de Trotski ».

De ces événements, Charles Tillon nous donne un récit sobre, poignant, trop bref même pour qui a tant goûté « La révolte vient de loin » (2). (...) il devient un militant ouvrier et adhère au Parti communiste.

C’est qu’il ne pense plus qu’à « se tenir aux côtés de ceux à qui il devait sa… liberté et sa vie reconquises » (...) Mais comme il y a loin de la grande génération des fondateurs dû communisme français, les Souvarine, les Amédée Dunois, les Monatte, les Rosmer et autres Loriot… aux petits bureaucrates exécutants dociles et platement hypocrites des sinistres volontés de Staline !

C’est encore le temps où « l’Humanité » annonce que Lénine va mieux et où Cachin appelle à lire « Trotski stratège révolutionnaire ».

(...) Pudeur, discrétion et charme des premières amours, il y a plus d’un demisiècle, générosité, richesse humaine et caractère incomparable des pionniers, ainsi cette Louise Bodin la secrétaire fédérale du Parti tant aimée des militants. Secrétaire de l’Union départementale C.g.t.u., Charles Tillon sait nous faire saisir combien il est heureux de se sentir « intégré et responsable au sein des forces vives du mouvement ouvrier.

Eclate alors la grande grève de Douarnenez.

Nous sommes à la fin de 1924. Un récit que peu liront sans émotion. Une grève terrible comme on n’imagine plus, des rebondissements dramatiques ; en toile de fond, d’admirables femmes de pêcheur ; au premier plan, l’extraordinaire personnage du maire communiste Le Flanchec, meneur d’hommes et orateur populaire formidable, âme de la grève… qui se fait trouer la gorge par des mercenaires à la solde d’un patronat féroce.

Ce sont alors des scènes inoubliables : ce tempétueux cortège qui se forme aussitôt et improvise une chanson touchante en l’honneur du maire qui lutte contre la mort.

Quel est le lecteur qui ne sera pas bouleversé par révocation de cette foule ouvrière faisant silence pour entendre l’orateur incomparable qui réapparaît pour la première fois et gargouille tragiquement : alors… « l’œil unique du blessé flamboyait de désespoir, des milliers d’yeux se mouillaient »

C’est le premier voyage en U.r.s.s. Ce sera le seul.

C’est la grande crise et cette marche de la faim puissamment décrite. Les événements se précipitent.

Nous sommes en 1932, Charles Tillon entre au bureau politique du Parti. Commence alors le temps des missions délicates qui vont l’éloigner du syndicalisme. La lutte contre Laval à Aubervilliers, la bataille contre Doriot, le Front populaire et la guerre d’Espagne, avec cette étrange mission dans Alicante abandonnée et bientôt occupée par les fascistes. Des pages fascinantes, un des plus beaux chapitres du livre.

Charles se trouve maintenant confronté aux mystères de l’appareil stalinien. Confiant, naïf même, mystique et discipliné, militant ouvrier égaré à l’intérieur d’une machine dont le centre, les décisions et les rouages glacés se dissimulent à la vue, grâce au quadruple jeu d’un strict cloisonnement d’une idéologie mystificatrice, d’un total et d’une discipline absolue, il mettra —comme tant d’autres — très longtemps à décrypter le système.

Et c’est ainsi, sans comprendre vraiment, qu’il vivra le pacte germano-soviétique et le tournant brutal de l’Internationale communiste. Sur ordre de Staline, la direction du P.c.f. vire donc de bord à 180 degrés, passant de l’antinazisme le plus déterminé… à un étrange anti-impérialisme.

Soudain, les dirigeants prônent le pacifisme et la paix avec Hitler, qu’ils cessent de dénoncer.

Le Parti est interdit et complètement désorganisé, les militants sont désorientés. Discipliné, Thorez a déserté, puis rejoint l’U.r.s.s. ; et Duclos, demeuré en Belgique, s’emploie à faire appliquer la nouvelle ligne.

Coupé de la direction comme tant de militants, livré à lui-même, Charles Tillon — qui est à Bordeaux — prend des initiatives.

Pour lui, il s’agit de continuer le Front populaire et la guerre d’Espagne.

Duclos n’apprécie pas.

Mais la roue tourne, et Charles Tillon se voit coopté au secrétariat clandestin. C’est que la ligne change : le P.c.f. se durcit, et bientôt Hitler envahit la Russie. C’est probablement là que se noue la future « affaire Tillon ». (...) Mais si l’auteur éprouve un sentiment très vif de l’honneur qui lui est fait, à l’échelle du Parti, ce n’en est pas moins le début de la rétrogradation, puisque l’ancien chef des F.t.p.f. disparaît du secrétariat du Parti.

Or, dans le système, Thorez, assisté de Duclos, dirige le secrétariat ; et le secrétariat dirige le bureau politique où Charles Tillon va survivre encore quelques années. Dans cet organisme pourtant auréolé de tant de prestige, on ne discute pas.

Et le travail des ministres communistes est orienté directement par le tandem Thorez-Duclos.

Au niveau de la stratégie : un seul principe, le soutien inconditionnel à l’U.r.s.s. Tactiquement, une obsession typiquement stalinienne : affaiblir par tous les moyens, affaiblir encore et toujours les ennemis et… les amis.

Ainsi, par exemple, du choix de Félix Gouin comme président du Conseil, « parce que c’est le plus faible », dira Duclos. Puis survient la rupture de 1947, sur laquelle Charles Tillon formule un jugement nuancé, précédant de peu la grande glaciation stalinienne.

C’est le temps de l’aveu. Ce sont les procès truqués partout à l’Est… et à Paris… Où la direction monte l’« affaire Marty-Tillon ». Une odieuse machinerie policière contre des accusés sciemment calomniés. (...)"

(1) «On chantait rouge». Editions Robert Laffont

(2) « La révolte vient de loin ». Julliard, 1969 :

"En souvenir de l’époque où il animait les grèves dans le pays bigouden, Charles Tillon a peint ce cortège de femmes de pêcheurs.

Un chapitre émouvant et âpre. Des pages qui choquent et révoltent. Des propos et des actes insoutenables et inqualifiables que d’aucuns s’efforcent honteusement d’escamoter. Une réhabilitation qui se fait encore attendre en 1977 ! Rétrogradé à la base, hurhilié et à demi exclu, écœuré, Charles Tillon se réfugie en Provence. Là, il se coupe du monde. Nature, famille, travail manuel, peinture, écriture. Ici, l’homme se définit lui-même par sa façon de féagir.
Ceux qui le connaissent regretteront que Charles Tillon passe trop vite sur ses réflexions, comme sur son exclusion survenue en 1970, parce qu’il protestait contre la normalisation en Tchécoslovaquie.

Une fois refermé le livre, on admire le ton digne du mémorialiste. On regrette que l’ancien dirigeant ne consacre que si peu de place à la vie de l’appareil et au fonctionnement de l’organisme de direction. Ceux qui, comme moi, connaissent sa sensibilité délicate et sa générosité chaleureuse déplorent, tout en les comprenant, une réserve et une pudeur excessives qui laissent le spécialiste parfois sur sa faim.

Reste l’écrivain à la plume vive, l’homme qui a conservé intact l’élan vers le communisme de sa jeunesse, le vieux militant qui a apporté son soutien à l’effort du Parti socialiste en quête d’une gauche unie qui soit acceptable et profitable au peuple français. Reste que ce sont les Tillon, petits et grands, à tous les échelons qui ont constitué le principal pôle d’attraction du stalinisme. Ils étaient la pâte humaine vivante et chaude, sectaire mais remplie d’abnégation, d’illusions et de qualités, qui dissimulaient la machine glacée et la perversion. Ils passent, se succèdent, recrutant et renforçant le Parti, avant de s’user et de finir, laminés, broyés, silencieusement écartés ou violemment rejetés par la machine impitoyable.

De même qu’il n’y aura de révolution socialiste authentique qu’en brisant l’appareil d’Etat bourgeois, de même il n’y aura de mouvement réel vers le socialisme et le communisme de Marx qu’en brisant définitivement ta machine monolithique qui sécrète le stalinisme totalitaire. Et, pour en arriver à ce résultat, encore faudra-t-il d’abord imposer, avec le réexamen critique du passé, la réhabilitation solennelle de toutes les victimes, de tous les militants moralement assassinés, de Boris Souvarine à Laurent Casanova, en passant par les Monatte, les Rosmer, les Ferrât, les Marty, les Tillon… et tous les autres, la longue cohorte des humbles et des déçus : le plus grand parti de France par le nombre.

Pour y parvenir, il faut d’abord lire et faire lire le beau livre de Charles Tillon."