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mardi 26 mai 2009

"LA VIOLENCE C'EST QUOI"?




Excellentes affichettes à coller partout où on peut...

Transmises par un pote des Enfants de Don Quichotte.

mardi 19 mai 2009

Charles HOAREAU (CGT - Chômeurs- Marseille) en garde à vue sur plainte de la direction d’ADOMA

Les rafles de syndicalistes continuent !

C’est avec stupeur et colère que nous apprenions la mise en garde à vue de notre camarade Charles Hoareau ce matin, suite à une convocation pour plainte déposée par la direction d’ADOMA.

Charles et la CGT de Marseille soutiennent la lutte des travailleurs de l’entreprise ADOMA depuis des mois.

Leur dernière action a permis d’obtenir des prudhommes des décisions de justice favorables aux salariés contre les patrons d’ADOMA.

Convoqué ce mardi matin au commissariat de Noailles à Marseille, suite à une action militante collective s’étant déroulée il y a un peu plus d’un mois, Charles Hoareau a donc finalement été placé en garde à vue ce matin.

Pourquoi? A quel motif? On l’ignore encore.

Mais c’est sans nul doute bien en relation avec son action syndicale au côté des salariés de cette entreprise privés de salaire et de travail depuis novembre dernier qu’il a droit à ce traitement de faveur.

Hélas, la police nationale voit ses attributions étendues et semble de plus en plus utilisée par le gouvernement et les potentats locaux pour intervenir dans les conflits patrons/salariés, en théorie strictement privés et relevant d’un droit spécifique, le droit du travail, et bien sûr, toujours en faveur du patronat.

On n’a pas encore vu un seul patron pourri en garde à vue et pourtant, nous, des noms de directeurs et actionnaires verreux, on en a, qui pratiquent les "montages exotiques", le "dumping social" la "délocalisation de l’intérieur", ne respectent pas les règles sur les horaires de travail, le travail le dimanche etc.

C’est la situation que décriait Pier Paolo Pasolini aux étudiants italiens il y a 40 ans, qui se retourne : les flics sont des prolos, et des enfants de prolos, certes, mais cela ne les empêche toujours pas, hélas, de faire de la sale besogne contre leurs frères exploités.

Toute notre solidarité et notre soutien à Charles Hoareau, et aux camarades de Marseille, aux salariés d’ADOMA , qui luttent côte à côte.

Un rassemblement est en cours devant le commissariat.

Photo : Charles Hoareau à son entrée ce matin (photo F. Leblanc) - source

jeudi 30 avril 2009

Les révolutions comme "rêve indestructible", "joie pure" et " fête"


Chers camarades et amis

Pour celle et ceux qui ne sauraient pas quoi lire ce week end, je vous recommande vivement l’édition du Monde Diplomatique de ce mois de mai 2009 qui comporte un dossier de plusieurs pages dont ,entre autre, un MAGNIFIQUE édito de serge Halimi, "Éloge des révolutions" , sur la ou les révolution(s).

Révolution - qui nait du "rêve indestructible d’un monde meilleur"...

Merci à l’équipe du Monde Diplo de nous offrir ce numéro.

Cela m’a émue, en fait - il y a encore des intellectuels et des scientifiques qui croient en la révolution et ne nous prennent pas pour des fous furieux assoiffés de sang mais pour des rêveurs actifs , des intellectuels qui manifestent encore, une part d’humanité dont on peut se sentir proche et mettent leurs savoirs sur les bonnes voies...

Je relève deux citations faites dans ce numéro, citations que j’ai trouvées très belles

"Il s’agit après avoir toujours plié, tout subi, tout encaissé en silence pendant des mois et des années, d’oser enfin se redresser et se tenir debout.(...) Indépendamment des revendications, cette grève [1936] est en elle-même une joie. Une joie pure. Une joie sans mélange. Oui, une joie. (...)Pour la première fois et pour toujours, il flottera autour de ces lourdes machines d’autres souvenirs que le silence la contrainte, la soumission."

Simone Weil - La condition ouvrière 1951

" La révolution n’est ni tristesse ni amertume. Elle est au contraire enthousiasme et fierté de tout un peuple qui se prend en charge et découvre ainsi sa dignité. Et c’est pourquoi je vous invite à la fête ; la fête qui est la conclusion logique du travail bien fait et le départ pour de nouveaux combats exigeants et pleines de promesses."

Thomas Sankara - Discours du 2 octobre 1987


BON PREMIER MAI A TOUTES ET TOUS QUOI QUE VOUS AYEZ DÉCIDÉ DE FAIRE

NE CÉDONS PAS AUX PROVOCATIONS POLICIÈRES NI AUX INCITATIONS DES INFILTRES DE LA POLICE DANS NOS RANGS, ET AUTANT QUE POSSIBLE, PROTÉGEONS ET ENCADRONS LES JEUNES, QUE LES NON-MILITANTS RESTENT DANS LES PAS DES SYNDICATS

AU CAS Où, A NOUVEAU, SERAIT TENDU UN "PIÈGE D’ÉTAT" A LA FIN DE LA MANIFESTATION, GARDEZ LA TÊTE FROIDE ET SOYEZ SOLIDAIRES LE CAS ÉCHÉANT, FILMEZ LES VIOLENCES POLICIÈRES.

IL NE SERVIRAIT A RIEN D’ALLER A QUELQUES-UNS, INORGANISÉS, LES MAINS NUES, AFFRONTER LES "FORCES DU DÉSORDRE", SINON A NOUS DIVISER ENCORE, PERDRE DES FORCES MILITANTES, ET A AUGMENTER LA RÉPRESSION QUI FRAPPE DÉJÀ DUREMENT LE MOUVEMENT SOCIAL.

CAR VOUS SAVEZ CE QUE LES MÉDIAS DIRONT. VOUS SAVEZ CE QUE LA POLICE DIRA.

N’OFFRONS PAS AUX NÉO-FACHOS QUI NOUS GOUVERNENT LA JOIE ET LE PLAISIR DE NOUS FOUTRE AU TROU POUR DE FAUX PRÉTEXTES !

CES ÉTINCELLES DE RÉVOLTES NE DONNERONT PAS D’INCENDIE SI ELLES NE RENCONTRENT PAS LA PUISSANCE D’UN DÉSIR POPULAIRE, ENRACINE DANS LA LUTTE DE CLASSE, DE CHANGER L’ORDRE DES CHOSES.

BIENTÔT, VU COMMENT CELA CONTINUE, NOUS SERONS DES MILLIERS, DES DIZAINES DE MILLIERS, DE PLUS EN PLUS NOMBREUX , A FAIRE SOUFFLER LE VENT DE LA RÉVOLTE EN DEHORS DES CADRES RIQUIQUI QU’ON VEUT NOUS IMPOSER A GAUCHE COMME A DROITE.

ET NOUS IRONS ALORS, TOUS ENSEMBLE, NON A L’ÉLYSÉE, Où CRÈCHE UN PANTIN SOLITAIRE, MAIS A L’ASSEMBLÉE, DANS LA MAISON DU PEUPLE, DEMANDER A NOS MANDATAIRES DE NOUS RENDRE CE QU’ILS NOUS VOLENT CHAQUE JOUR : LA LIBERTÉ, NOS VIES, LA JOIE DE VIVRE.

MAIS CELA , CELA S’ORGANISE, SE CONSTRUIT, ET DEMANDE UN PEU DE PATIENCE QUI EST, COMME CHACUN SAIT, UNE VERTU RÉVOLUTIONNAIRE ;)

AU-DELÀ DE LA RÉVOLTE, IL FAUDRA LA RÉVOLUTION - NOUS JETTERONS LE VIEUX MONDE CUL PAR-DESSUS TÊTE ET NOUS CONSTRUIRONS LE MONDE NOUVEAU

BIEN FRATERNELLEMENT

LL

Ps : Si jamais par hasard vous étiez pris (pour Paris en tout cas) dans les mêmes circonstances que le 19 mars dernier contactez le comité de soutien du 19 mars, qui vous mettra en contact avec les professionnels du réseau d’entraide judiciaire.

Signez l’appel de soutien aux 49 inculpés de la place de la Nation le 19 mars


Soutien aux 49 inculpés de la manifestation du 19 mars

Appel unitaire - signez l'appel ici

Suite à la manifestation interprofessionnelle parisienne du 19 mars ayant réunie 350 000 personnes et dont la dispersion était prévue place de la Nation et alors que plusieurs milliers de manifestants étaient encore sur la place, la police a procédé a des charges de dispersion alors que l’énorme manifestation se terminait tranquillement.

Un dispositif policier impressionnant était en place et les accès au métro comme à la place étaient condamnés : en fait tout cela ressemblait à la mise en place préméditée d’une véritable souricière. Les jeunes restés sur la place à écouter de la musique se sont fait gazer et charger. En moins d’une heure, 300 personnes étaient arrêtées et 49 sont passées de la simple interpellation à la mise en examen : tout semblait organisé pour accélérer les procédures "judiciaires".

Aux arrestations musclées s’ajoutent les violences contre des dizaines de jeunes manifestants sur la place et aux abords du lieu de dispersion.

Du jamais vu !

Nous ne pouvons accepter que des manifestants exerçant un droit légitime soient ainsi réprimés, menacés et risquent d’être condamnés pour avoir publiquement exprimé leur opinion comme près de 3,5 millions de personnes partout en France le même jour. De plus, le contrôle judiciaire particulièrement rigoureux comporte, en plus d’une obligation de pointer au TGI, une interdiction de participer à une quelconque manifestation.

Compte tenu de l’ampleur sans précédent de ces événements, nous, citoyennes et citoyens, organisations politiques, syndicales et associatives souhaitons rappeler notre engagement en faveur de la défense des libertés individuelles fondamentales, dont celle de manifester.

Les personnes poursuivies seront jugées les 06 avril et 04, 05, 09 et 22 mai pour violence avec arme par destination à l’encontre de personne dépositaire de l’ordre public, outrage, rébellion…

Nous appelons à venir soutenir les 49 inculpés du 19 mars en nous rassemblant dès le premier procès, le lundi 6 avril, à 9h00 et les suivants, place St Michel , à deux pas du TGI.

Premiers signataires :

AC ! - Agir ensemble contre le chômage, Attac Campus, CGT Métro-Rer, CNT-FTE, Collectif Bellaciao, Conscience Sud, Fédération Anarchiste (FA), Fédération Sud Education, Fédération Sud Etudiant, Fédération syndicale étudiante (FSE), Fédération syndicale unitaire (FSU), Fondation Copernic, Marches européennes contre le chômage, Marxistes Unitaires, Mouvement des quartiers pour la justice sociale (MQJS), Mouvement des jeunes communistes français (MJCF), Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Parti communiste français-fédération de Paris (PCF 75), Pôle de Renaissance Communiste en France ( PRCF), Union syndicale Solidaires, Respaix Génération Conscience, Réveil des Consciences, Sud Lycéen, Union départementale CGT Paris (CGT 75), Fédération CGT des sociétés d’études

jeudi 16 avril 2009

L’effrayante et honteuse apathie de la gauche face à la répression pénale et à l’Etat policier.




C’est fou quand même cette impression répétée qu’on peut avoir, parfois, que les politiciens "de gauche" et nous, on ne vit pas toujours sur la même planète.
Parfois, le ras le bol et le désespoir me saisissent, en tant que militante. J’ai envie de baisser les bras. De tout plaquer.

Pourquoi le mousse souque si le capitaine tient pas le bon bout, on s’demande?


Quand je vois le nombre d’entre nous qui, avec leurs petits moyens, essaient de tisser la solidarité, mènent les combats sur plusieurs fronts à la fois, sans parler de leur famille, de leur vie quoi, le tout en n’ayant pas des moyens de députés, sénateurs, conseillers généraux....et que, eux, justement, ils semblent trop souvent cantonnés au minimum syndical...


On leur demande pas grand- chose pourtant.

Des petits coups de pouce. D’attirer un peu de la lumière et des caméras qui les suivent, sur certaines causes, certains combats.

Des combats unificateurs.
Qui nous concernent toutes et tous, au-delà des partis, au-delà des étiquettes.

Y’en a une qui me tient à cœur, à moi et à bien d’autres, c’est la lutte contre la répression policière, organisée à l’ère sarkozyste.


Cette lutte contre la répression, contre le tout-pénal, contre le tout-répressif, elle a commencé il y a bien longtemps déjà, pour beaucoup d’entre nous.

Dès les fameuses "lois Perben". Contre la réduction des droits syndicaux, ensuite. Contre les fichages de toutes sortes. Contre tout ce qui était susceptible d’asseoir un État policier, contre tout ce qui pouvait constituer des freins à la liberté d’expression, à la liberté de manifester, au droit de grève...


Pour nombre d’entre nous, ces luttes ont toujours été fondamentales, au sens strict
.


Sans ces libertés-là, difficile ensuite, en période de crise aigüe, de manifester, comme on en a le droit, et même le devoir, contre le capitalisme, contre la droite, pour son travail, pour son salaire...sans se prendre un (ou deux ou trois) coup de matraque, sans faire un tour en gardav’, sans se retrouver fiché, inculpé...


Dur de se rassembler librement pour crier sa colère, exiger des comptes de nos mandataires, ou tout simplement, discuter entre voisins sur le prix exorbitant des loyers dans la cage d’escalier...


Alors, manifester devant l’Assemblée Nationale (ce qu’il faudrait faire, pourtant, plutôt que de rendre visite à la Bastille..) - mais vous n’y pensez pas !?


Pour ces derniers mois, faisons une liste, non exhaustive :

- Saint Nazaire le 29 janvier
: des dizaines d’arrestation, 4 manifestants condamnés à des amendes de plusieurs centaines d’euros et à des sursis lourds.1 manifestant condamné à de la prison ferme avec mandat de dépôt, récemment libéré.


- Place de la Nation à Paris le 19 mars : des centaines d’arrestations, 49 inculpés, déjà deux condamnés au moins à du sursis allant jusqu’à 6 mois.

- Strasbourg, sommet de l’OTAN, le 5 avril : là encore, des centaines d’arrestations, et 49 inculpés.

Que se passera-t-il le 1er mai prochain, dites-moi, à ce tarif là?


Des centaines d’arrestations
dans des conditions "plus que pas claires", comme dirait une camarade.


Des dizaines d’inculpations
reposant presque toutes exclusivement sur des dépositions policières.


Des peines déjà prononcées allant de la prison ferme à de longs mois de sursis, sans parler des interdictions de manifester et de participer à des manifestations, pour "violence aggravée" sur "agents de la force de l’ordre".

"Violence aggravée"?


Au pire, imaginons, je ne dis pas que j’ai la vérité, non, la vérité avec un grand "V", je ne la connais pas, bien sûr, mais allez, un ou deux jets de canette (vide) par un gringalet en tee-shirt, sur un policier caparaçonné de la tête aux pieds, en réaction instinctive et spontanée, face à un gros gazage devant les portes fermées d’un métro complice...ça mériterait donc 6 mois de prison avec sursis, aujourd’hui?


Et puis, je rappelle quand même qu’il n’y a eu, heureusement, aucun blessé grave à déplorer parmi les dites forces de l’ordre, à Paris, le 19 mars.


Certes, il y a eu quelques blessés, plutôt légers d’ailleurs, à Saint Nazaire et à Strasbourg, le gros des éclopés étant quand même à comptabiliser du côté des manifestants...


On se dit que, forcément, de vrais dangereux "casseurs" d’ultra-hyper-extrême-gauche, organisés, ils auraient peut être fait plus de dégâts que ça...


Peut être.
Je n’en sais rien. Je n’en connais aucun dans mon entourage. J’imagine.

Quand on voit, sur les photos d’archives, comment les camarades antifascistes, communistes, italiens, espagnols ou allemands allaient en manif’ dans les années 70/80, casqués, bottés, armés (et pas pour rire) de clefs anglaises, de manches de pioche, de cocktails molotovs, de frondes qui tiraient des roulements ou des boulons...


Ou, plus proche de nous, quand on voit ce que les gendarmes se sont pris dans la tête en Corse il y a quelques jours, on est en droit de se poser des questions sur l’appréciation que certains ont de la dangerosité d’une "action", à supposer que cette action" existe réellement, bien sûr, ce qui est loin d’être démontré.


Surtout quand on voit, ensuite, le regard incrédule et un peu paniqué des dits "casseurs", Julien, Alexandre, ou Carine*, par exemple, tous "inculpés du 19 mars", âgés de moins de 21 ans, qui pensaient, un peu bêtement, c’est vrai, qu’ils pouvaient rester là, tranquilles, après la manif.


Se faire un sit-in un peu ambiance "peace and love"...


Qui, a 20 ans , n’a jamais rêvé de ces moments que connurent nos parents ou nos grands- parents? Front Popu, Mai 68, Woodstock...que sais-je, mais tous ces moments où on semble vivre en communauté et où les cœurs battent à l’unisson...


A lire les journaux, à écouter la TV, on pourrait croire que tous ces manifestants étaient de dangereux terroristes d’ultra-hyper-extrême gauche, pris la main dans le sang et le couteau entre les dents, multi-récidivistes chevronnés ayant déjà accroché plusieurs scalps de CRS à leurs ceintures, avec des casiers comme des bottins téléphoniques....


Mais non ! Même pas.


On se frotte les yeux pour bien voir...

Et on voit quoi?

On voit des syndicalistes
. De "bons pères de famille". Des types et des nanas qui se bagarrent dans leurs boîtes contre les patrons, qui en ont marre de se faire plumer.
L’un d’entre eux, un "historique" de la CGT Saint -Nazaire, Guy Texier, a bien témoigné de ce qu’il avait vu le 29 janvier.

De jeunes étudiants, "primo-délinquants" comme on dit (manière déjà ambigüe de dire que leur casier est VIERGE et qu’ils ne sont jamais passés par la case "tribunal".)

Quelques militants
, rares, qui ont déjà un casier , oh, mais pas lourd, pour les mêmes "violences sur les forces de l’ordre".


On voit des gens dont c’était la première manifestation parfois, et qui se demandent ce qu’ils foutent là, de la lacrymo plein les mirettes, dans ce qui ressemble à un traquenard....


Bref , de tout, mais pas l’ombre de la queue d’un dangereux "casseur", d’un affreux terroriste. D’un danger pour la République. D’une menace pour la démocratie.


Alors, nous, les petites fourmis militantes, à la base, ensemble, coco, toto, anar, socialo, syndicalo...on essaie de construire notre défense, celle de nos enfants, de nos potes, de nos vieux, de nos semblables, contre ce qui ressemble de plus en plus à une stratégie organisée pour criminaliser le mouvement social et nous ficher une trouille bleue.


On regarde, éberlués, des vidéos étranges où l’on voit, à Strasbourg, ce qui semble être des représentants des forces de l’ordre jeter des cailloux sur la foule, à Londres, un groupe de policiers s’en prendre à coups de pieds et de matraque à un vieux qui passe sous le nez de leur patrouille, qui décèdera quelques minutes plus tard, plus loin...


On lit le témoignage d’un policier (oui, vous avez bien lu) sur l’incendie de l’hôtel Ibis, toujours à Strasbourg. Édifiant.


A Nation, le 19 mars, on voit de drôles de types, plus si jeunes, toujours sur ces foutues vidéos, des types qui ne sont pas habillés comme des gendarmes, mais qui n’ont pas l’air d’avoir peur d’eux, des types qui ne ressemblent pas franchement à des étudiants en goguette, qui semblent se situer à une frontière mouvante entre manifestants et policiers, frontière qu’ils sont les seuls à franchir assez allègrement d’ailleurs, dans un sens, puis dans l’autre, une barre de fer à la main, pour certains...


On se passe l’histoire de ce jeune allocataire moniteur de la Sorbonne, Clément Onimus, qui est accusé d’avoir jeté une bouteille à un policier et qui fait un appel à témoignages
, appel même relayé par la présidence de l’Université Paris-4 !

On bosse.


Et on attend, aussi.


On attend toujours.


Que "la gauche" se saisisse vraiment du problème.


On attend que le PCF signe les appels anti-répression. On attend que "Désirs d’Avenir", que le PS, les signent aussi. On attend que la CGT, FO... les signent aussi.

Celui lancé pour les inculpés du 19 mars, par exemple, attend toujours les paraphes de la plupart d’entre eux - camarades militants, harcelez vos organisations respectives !


Et plus que de les signer, on attend qu’ils désignent dans leurs organisations, au moins une personne chargée de faire le lien entre eux et le mouvement anti-répression.


On attend qu’ils désignent chez eux au moins une personne chargée de traiter des questions des libertés publiques.


On attend, voire, qu’ils nous proposent un soutien matériel, financier, même pas grand chose, mais un petit peu.


On attend que Mme Royal, la mère de toute la Patrie, monte (légitimement) sur ses grands chevaux, pour dénoncer cette répression qui s’abat sur des gamins qui pourraient être ses fils.


Qu’elle nous demande pardon à nous aussi, tous les pauvres prolos, tous les jeunes, tous les exploités, qui s’en prennent plein la gueule, au nom de cette France qu’elle dit représenter et qui n’a pas voté Sarkozy, mais qui a perdu.


On attend que les secrétaires nationaux du PCF fassent un geste fort, autre qu’un tract sujet à caution, un geste de solidarité qui nous montre qu’ils ne sont pas exclusivement tournés vers le Front de Gauche, et pas exclusivement préoccupés par les Européennes.

On attend que M. Mélenchon utilise son évidente aptitude à la parole publique, ses tribunes, ses blogs et sites, ses réseaux pour dénoncer cette répression, et soutenir le mouvement qui se dessine ici et là.


On attend que M Le Hyaric et M Laurent utilisent "l’Humanité", "Regards", pour nous apporter ce soutien.


On attend que Cl. Autain sorte de son fief Montreuillois, et mette sa gouaille, sa personnalité, ses micros, son blog au service d’une cause importante, juste.
Plus on est de fous plus on rit...

On attend que Mme Aubry et M Hamon, M Désir... et tous ces gens qui essaient de nous acheter à nouveau nos "voix" (et plus si affinités) pour redorer leur blason, fassent quelque chose pour NOUS, nous les militants, nous les badauds, nous les prolos...pour nous protéger des coups (au propre et au figuré) du pouvoir sarkozyste.


On attend que les (nos) organisations syndicales se saisissent sérieusement du problème.


Alors, qu’est-ce que vous attendez toutes et tous, nom d’un chien, soi disant "de gauche", pour vous manifester, pour nous soutenir, pour soutenir les inculpés, pour soulever le problème dans les médias? Faire entendre une autre voix? Donner un autre "son de cloche"?


Il faudra combien de noms sur la liste, après Yldune Lévy, Julien Coupat...?


Vous attendez quoi?

Un deuxième Malik Oussekine?


Un autre 8 février 1962, où des manifestants pacifiques mourront étouffés contre les grilles du métro?


Vous attendez qu’un petit jeune (ou un petit vieux) reste sur le carreau, pour vous indigner "durablement"? Et décider, enfin, de quel côté vous êtes?


Avez-vous oublié qui sont nos ennemis et de quoi ils sont capables?


Vous croyez qu’ils ont changé parce que vous, vous avez, hélas, bel et bien "changé", depuis 30 ans.


Mais "eux", non, ils n’ont pas changé d’un poil.


Au fond, si on gratte juste un peu, ce sont toujours les mêmes synarques, les mêmes cagoulards, les mêmes liguards, anciens proches ou membres d’Occident, d’Ordre Nouveau, barons du capitalisme pur et dur, piaffant, pour certains, de faire connaître enfin à la France son "heure fasciste"....


Vous qui irez au Mur des Fédérés le 1er mai, rappelez-vous, ceux qui nous font face aujourd’hui, ce sont les héritiers directs des Versaillais qui massacrèrent la Commune de Paris !


A quoi sert la mémoire si on ne tire pas d’enseignements de l’Histoire?


A quoi sert de commémorer, si on ne sait pas prolonger?


Que des citoyens non politisés ne pigent pas ça, admettons, mais vous !
(Et après, vous vous demanderez, plus ou moins benoîtement, le soir du 7 juin, "mais pourquoi donc y-t-il plus de 50 % d’abstention aux élections européennes", ou "pourquoi le peuple ne nous aime plus"?....)

La Louve

* Les prénoms ont été modifiés

jeudi 2 avril 2009

3ème réunion collectif anti répression 19 mars - Réseau d’entraide judiciaire

POUR VOTRE INFORMATION -

mercredi 1er avril 2009 (22h45)

Bonjour à toutes et à tous

Le "Collectif Anti Répression des Manifestations du 19 mars " qui a été inauguré le 27 mars dernier a commencé à travailler .

Il est notamment en train de mettre sur pied un réseau d’avocats et d’entraide juridique pour les personnes poursuivies suite à la rafle de 300 personnes ayant eu lieu entre 18 heures 30 et 20 heures après l’arrivée des derniers manifestants place de la Nation.

Actuellement, nous savons que la plupart des procès se dérouleront le 6 avril, le 4 et 5 mai et le 22 mai à Paris.

Afin d’organiser le soutien des 49 personnes mises en examen, un collectif de soutien réunissant les partis, syndicats, associations, ainsi que les inculpé-e-s et leurs familles a donc été créé.

Une 3ème réunion de création du collectif se tiendra Vendredi 3 avril prochain (vers 18 heures 30 - à suivre et à confirmer.

Si vous faites partie des 49 personnes inculpées parmi les 300 arrêtées , place de la Nation le soir du 19 mars dernier à Paris (ou que vous connaissez l’une de ces personnes) et que vous n’avez pas d’avocat, prenez contact de toute urgence avec anti.repression2009@yahoo.fr

Bellaciao - membre du collectif

A consulter :

http://antirepression.over-blog.com/

http://parolesdu19mars.over-blog.com/