mercredi 4 juillet 2012
Sur la soi-disant "niche fiscale" du crédit d'impôt du particulier employeur....
1° En grande majorité, les particuliers n'emploient pas une garde d'enfant à domicile pour le plaisir
2° Ils font ainsi face à l'extrême pénurie et désorganisation du service public lié à la petite enfance
3°On objecte que "cela coûte 6.5 milliards d'euros à l'Etat", je réponds que l'Etat n'a de subsides que ce que nous lui versons notamment (impôts, TVA etc) donc ce que ça coûte à l'Etat c'est ce que ça nous coûte à NOUS - ce crédit d'impôt est donc en partie auto-financé
4° On m'objecte encore que les gros groupes du nettoyage sont ceux qui profitent majoritairement de cette soi-disant "niche" (je suis surprise par le raisonnement et à mon avis on parle d'autre chose car le crédit me semble réservé aux particuliers, punto) et que ces salariés-là sont précaires et très mal payés (je le sais bien pour avoir souvent travaillé ou consulté pour la CGT dans le nettoyage ou suivi des conflits dans cette branche) : il est évident que la solution ne réside pas dans la pénalisation des particuliers mais bien dans la lutte contre les gros groupes employeurs qui revendent ensuite les services de ces ultra-précaires (souvent doublement exploités parce que immigrés et femmes).
Donc résumons la BONNE IDÉE DU PS sur la suppression de l'atroce "niche fiscale" du particulier employeur:
Nos impôts, notre travail et notre consommation financent en grande partie une réduction fiscale liée à l'acquisition d'un service rendu quasi obligatoire du fait d'un déficit flagrant de service public ( petite enfance, aide aux vieux et aux malades à domicile...).
Je vais désormais devoir non seulement financer seule sans aucune aide l'emploi de la personne qui garde ma fille depuis des années, MAIS en revanche le pognon de mes impôts continuera à financer les actionnaires de l'automobile qui licencient ET les banques qui nous tondent et nous foutent dans la merde?
J'ajoute que pendant ce temps, nombre de particuliers vont devoir licencier la personne qu'ils embauchaient (super pour elle) OU travailler moins (donc, gagner moins - etc ) et qu'il y a toutes les chances du monde que ça tombe d'abord sur les femmes, ce qui sera VRAIMENT une SUPERBE réussite !!!
Alors oui BRAVO LE PS encore une idée de génie pour faire semblant d'être social sans abîmer le GRAND CAPITAL!
#particulieremployeur #PS #Ayrault #fiscalité #lutte
lundi 8 juin 2009
FRONT DE GAUCHE/ NPA: ZERO PARTOUT... BALLE AU CENTRE?

Ces élections européennes,pour le NPA/Front de Gauche, c'est un peu Nadal et Federer à Roland Garros cette année. Nadal n'est pas allé en finale. Federer a ENFIN gagné, mais pas contre Nadal.
Du point de vue des communistes, plusieurs choses ressortent de ce scrutin du 7 juin 2009.
1 ° L' Union Européenne, en tout cas, son soi disant "parlement", est vécue et perçue comme une arnaque capitaliste, en tout cas, disons au moins, une construction profondément anti-sociale, non démocratique, tout juste bonne à s'occuper d'écologie (et encore faut-il entendre ce que l'on appelle "écologie" dans le contexte actuel).
2° Une bonne part des abstentionnistes est, à l'évidence, constituée de citoyens qui refusent cette construction-là, qui méprisent la classe politique actuelle dans son ensemble, classe politique qui se tutoie sur les plateaux de télé alors qu'elle est supposée être composée de gens qui défendent des projets de société différents, voire, opposés. Classe politique qui a un point commun, à de très rares exceptions, vouloir imposer par les faits ce que certains disent même rejeter en paroles, se mettre, en tout cas, d'accord, pour continuer à cautionner la fausse démocratie bourgeoise et pour empêcher toute alternative d'une véritable perspective révolutionnaire et d'une démocratie prolétarienne.
Oui, l'abstention est à la fois le signe d'un profond mépris et d'un refus obstiné. Certes, l'abstention en général n'est pas "plus de droite que de gauche" par essence, mais elle l'est plus ou moins en fonction des enjeux et des scrutins. Et l'Union Européenne, normalement, et si ma mémoire ne me joue pas des tours, ça fait voter , depuis toujours, les gens de droite qui ont compris, eux, depuis belle lurette, ce qu'était l"euro-impérialisme et quels avantages ils avaient à la bichonner.
3° Les communistes qui se travestissent prennent immanquablement des gifles. Le Front de Gauche, s'il a officiellement vu la victoire de 4 de ses candidats, dont Mélenchon (qui devient ainsi momentanément un bon "cumulard), est EN RÉALITÉ un échec pour le PCF, par rapport à 2004, car si on fait correctement les comptes, le PCF "soi-même" ne gagne rien mais fait la courte échelle à une transfuge du PS "militante féministe" - qui me semble plutôt "mélenchoniste" que communiste.
4° Les forces anticapitalistes qui ne savent pas être unitaires et ouvertes aux autres le paient aussi assez chèrement. C'est sans doute une des raisons du score mitigé du NPA, qui est resté très tourné vers lui-même pendant la campagne et n'a présenté quasiment que des militants NPA sur une ligne "100 % NPA".
NPA comme Front de Gauche ont affiché tous deux, chacun à leur manière, une volonté hégémonique, ou disons, une conception de la politique toujours "verticale", pensée en termes de "leadership", qui n'est plus en phase avec l'air du temps, puisque le temps semble venir enfin de la sortie de l'enfance politique réclamant une tutelle, la délégation de pouvoir, et un "homme providentiel".
5° Les restes de la vieille sociale-démocratie sont en train de disparaître définitivement. Le PS a pris la veste méritée après s'être essuyé les pieds sur le dos de notre vote "NON" de 2005, lorsque par abstention, il a collaboré avec l'UMP le 4 février 2008 pour faire passer le Traité de Lisbonne. C'est le moment de faire le ménage. Nous avons fait le ménage. Nous le ferons encore.
En d'autres termes, le score, tous partis confondus, de ce qui se revendique (à tort ou à raison) de "la gauche de gauche", compte tenu de l'abstention, est à peine satisfaisant.
Et c'est la conjonction de plusieurs "maladies", dont chaque partie, chaque "Nomenklatura" a sa part. Il n'y a pas plus de victoire du Front de gauche que de victoire (ou de défaite) du NPA. A peine le Front de Gauche est-il un peu moins démuni que le NPA puisqu'il emporte donc "4 élus" - mais si on doit se contenter de cela pour crier "hourra" on est mal barrés....
Il me semble que l'électorat communiste ( qui existe encore, on en a la preuve ici et ailleurs tous les jours) a simplement renvoyé dos à dos, ENCORE UNE FOIS, tous les succédanés de communisme qu'on lui présente sans discontinuer depuis des années: "collectifs unitaires anti-libéraux", "gauche populaire et anti-libérale", "front de gauche", "anti-capitalisme"...et a critiqué, encore une fois, l'absence de possibilité unitaire réellement radicale.
Cela témoigne en revanche d'une (très) bonne santé mentale de l'électorat communiste ou sympathisant communiste, socialiste révolutionnaire, qui, lui, et contrairement à ses soi disant "leaders médiatiques", n'a pas perdu complètement sa boussole ni certaines de ses valeurs fondamentales.
Mais partant du juste principe que "la pourriture est le laboratoire de la vie", à condition que toutes et tous nous nous retroussions les manches pour remonter la maison communiste sur des fondations solides, avec ou sans le PCF, avec ou sans le NPA, (avec tout le monde, ce serait mieux) tout n'est pas perdu et loin s'en faut.
Il faut être optimiste. Ne serait-ce que parce que, en ce 7 juin 2009, malgré tout ce que les médias menteurs nous diront, l'UMP et Sarkozy ont pris leur vraie première claque depuis mai 2007.
Nous avons, je pense, des raisons de l'être, optimistes.
Moi je le suis en tout cas. Pas par la méthode Coué, ni parce que j'ai abusé de ma moquette, mais parce que l'analyse des résultats "électoraux" doit nous incliner à être optimistes, SI, si nous savons à nouveau penser sur le long terme, de façon à la fois pragmatique, visionnaire, et radicale, si nous savons reprendre le contrepied exact de la pensée dominante, dans l'objectif unique de construire un projet politique révolutionnaire anti-capitaliste ( et ça, ça s'appelle donc un projet communiste, désolée...)
Nous, communistes, où que nous soyons, sommes une force. Une force éparpillée, une force en convalescence (ces 20 dernières années ont été tellement dures pour nous toutes et tous, depuis la chute du mur de Berlin, en gros), une force renaissante, mais une force réelle quand même.
Nous sommes confrontés à un éveil des consciences politiques chez nos semblables, dans notre classe, que nous devons absolument saisir.
Non pas pour nous rendre plus "sexy" en nous camouflant, non pas en essayant de coller à ce que les médias bourgeois nous tendent comme miroir aux alouettes. Non pas en allant faire des danses du ventre pour "remplacer" le PS.
Le Front de Gauche seul ne sera rien, pour des raisons de fond, tenant strictement à ce qu'il propose comme "vision du monde" (une énième resucée de la vieille social-démocratie, sans aucune perspective révolutionnaire).
Le NPA seul ne sera rien non plus, pour des raisons de stratégie, tenant principalement à ses relations avec le mouvement en général et les communistes dans le mouvement en particulier (une sorte de "grande LCR" donc).
C'est comme cela, je pense, qu'on peut analyser le résultat Front de Gauche/NPA : pour des raisons différentes, les électeurs "de gauche de gauche" ont renvoyé les deux formations plus ou moins dos à dos.
L'équation ne sera pas résolue en faisant simplement l'addition, factice, "Front de gauche + NPA". Certainement pas.
Pour être tout à fait complets, il est évident aussi que la galaxie communiste "activiste", principalement issue de l'éclatement progressif du PCF, est éparpillée sur toute la France, de façon très groupusculaire, sans parvenir à dépasser cela, ni à se fédérer, sans qu'aucune formation ne puisse prétendre à elle seule , remporter "le leadership", et c'est TANT MIEUX.
On ne sortira de ce cercle vicieux qu'en s'y collant toutes et tous, en reconstruisant un mouvement COMMUNISTE, où la liberté et le respect de l'autre seront la règle fondamentale, et dont l'objectif sera la mise au point, dans un travail collectif (et tant pis si nous sommes une addition de 150 "groupuscules"), d'un projet politique révolutionnaire susceptible de donner force et courage à tous les lutteurs en France, qui se battent contre le capitalisme.
On s'en sortira si on arrête de penser d'abord et exclusivement "parti" ou "formation", et qu'on recommence, majoritairement, enfin, à penser d'abord et avant tout "classe". PROLÉTARIAT. Alliés objectifs du prolétariat.
On ne s'en sortira, on n'avancera, nous, prolétaires, - dont les communistes doivent être, en effet, un "fer de lance" - , qu'en faisant, pour certains, acte d'humilité (au moins les pendules sont définitivement remises à l'heure ou presque, à part quelques obstinés, plus aucune formation communiste ou se réclamant du socialisme ne peut se prétendre plus "fine" ou plus "maligne" que les autres), pour d'autres, en abandonnant certaines vieilles lunes ("faire renaître le PCF" par exemple, ou "reconstruire le PS" ou "l'union de la gauche"), en acceptant ENFIN que le communisme n'est pas monolithique, qu'il n'est pas d'un bloc, que de ce point de vue il faut faire l'effort de sortir d'un point de vue théorique, du mauvais héritage de la IIIème Internationale.
Que, au contraire, le communisme connaît de nombreux courants, mais sur des bases communes intangibles (validité de l'analyse marxiste, combat contre le capitalisme, la bourgeoisie, leurs instruments de toute nature, perspective révolutionnaire n'excluant pas certaines réformes d'envergure, primat de la politique sur "l'économisme"...) et que, néanmoins, en toute logique, si nous ne sommes pas devenus toutes et tous complètement siphonnés, ce qui nous rassemble est bien plus fort que ce qui nous divise.
Pour conclure donc, commençons par rassembler tous les communistes et sympathisants communistes en France, dans un projet enthousiasmant, celui de la construction d'une perspective politique révolutionnaire.
Je ne me joindrai plus à un mouvement qui prétendrait "reconstruire le PCF", même si je comprends les camarades qui en font encore leur cheval de bataille. En revanche, et comme tant d'autres, je participerai avec grand plaisir à des débats qui auront pour but cette refondation nécessaire, cette construction, non pas d'un "sujet politique" mais d'un PROJET POLITIQUE pour le communisme au 21ème siècle.
DU PASSE, FAISONS TABLE RASE!
lundi 22 décembre 2008
Pour Yldune Lévy et Julien Coupat, (et tant d’autres hélas...)
La police intervient au domicile des saboteurs présumés des lignes SNCF, le 11 novembre 2008 à Tarnac/Thierry Zoccolan AFP/ArchivesA quelques jours de la fin de l’année 2008, pendant que toutes celles et ceux qui le peuvent encore vont se réfugier dans des délires d’hyper-consommation, ou, plus raisonnablement, prendre des forces auprès de leurs familles et amis, il y a deux personnes vers lesquelles vont, plus particulièrement, mes vœux, mes souhaits.
Il s’agit de Julien Coupat et d’Yldune Lévy (oui, vous savez bien, la jeune femme que 90 % des articles ne présentent que comme "Yldune la compagne de....").
Ces deux jeunes gens ont été arrêtés le 11 novembre 2008, à Tarnac.
Et depuis qu’ils ont été arrêtés, ils sont détenus.
Détenus et "particulièrement surveillés".
Pourquoi au juste, ont ils été arrêtés, et pourquoi sont ils détenus?
Il faut le dire haut et fort aujourd’hui : POUR RIEN.
Oui, POUR RIEN.
Dans un soi disant "Etat de droit", une soi disant "démocratie", régis par une soi disant "déclaration des droits de l’homme et du citoyen" qui aurait soi disant une "valeur constitutionnelle, il n’y a RIEN.
Leur dossier est vide, d’une vacuité inversement proportionnelle au zèle déployé par certains ministres du gouvernement Sarozy-Fillion pour tenter de mettre en œuvre, pourquoi pas, une "stratégie de la tension" digne des "années de plomb" italiennes.
Rappelez-vous pourtant ...
Le 11 novembre la France entière et au-delà découvrait Tarnac, "dangereux repaire de dangereux criminels"...
Là étaient terrés les membres d’un réseau de la "mouvance ultra-gauche anarco-autonome", qui étaient, c’était sûr et certain, responsables de quelques sabotages de lignes électriques (caténaires) sur des voies ferrées...et plus si besoin.
Vous me direz, on ne les a pourtant pas arrêtés pendus aux caténaires, donc on ne les a pas pris en flagrant délit ... Ben non, justement - vous imaginez bien que toutes les caténaires de France ne convergent pas à Tarnac...
Mais alors?
On avait, paraît-il, de très sérieux éléments pour leur mettre le grappin dessus à base de GIGN et tutti quanti, à ces 9 jeunes (qui deviendront vite "les 9 de Tarnac").
On nous avait dit, à nous (nous, "l’opinion publique", ou "le peuple", ou "les citoyens", voir "nous les gogos" c’est selon qui s’adresse à nous et ce que nous pensons être), donc, on nous avait dit qu’on allait voir ce qu’on allait voir, quelles preuves énormes et absolument indubitables de l’absolue culpabilité de ces 9 personnes on allait nous montrer...
Et puis finalement, nous, le bon peuple, de plus en plus ému quand même, nous avons du constater que ce sac de preuves incontestables était vide.
En tout cas, bien trop vide pour justifier non seulement d’un maintien en détention, mais encore, d’un maintien en détention dans des conditions inhumaines, injustes (et je veux dire peut être "encore plus inhumaines" que pour les détenus de droit commun).
En effet, quiconque lit de temps à autre le "Canard Enchaîné" pouvait apprendre, la semaine dernière, au détour d’une page, que (je cite) :
«Depuis un mois, à la maison d’arrêt des femmes de Fleury-Mérogis, la nuit, toutes les deux heures, la lumière s’allume dans la cellule d’Ydlune Lévy, présumée d’"ultragauche" saboteuse de caténaires SNCF. (…) Officiellement, c’est "pour la protéger d’elle-même". En réalité, comme le concèdent des juges en privé, il s’agit d’abord d’"attendrir la viande" de cette "dangereuse terroriste" promue par MAM ennemi public no 1 avec son compagnon Julien C. (…)
À la question de Libération (11 décembre) : "Comment s’expriment leurs velléités terroristes ?", le contrôleur général Christian Chaboud, responsable de la lutte antiterroriste, a répondu : "De par leur attitude et leur mode de vie."»
Attention donc : sachez que si votre attitude et votre mode de vie (?) ne sont pas conformes (conformes à quoi? Allez savoir...) , vous êtes déjà en mauvaise posture.
(Et si en plus vous êtes en train de lire mon texte sur "Bellaciao.org", ce dangereux site internet regroupant la fine fleur de la mouvance anarco-autonome d’ultra-gauche, selon sa Sainteté La Bible de Le Figaro, alors là , vous êtes très mal barrés).
De la même manière, on apprenait le vendredi 19 décembre dernier qu’un juge avait ordonné la remise en liberté de Julien Coupat mais que le Parquet avait immédiatement fait appel de cette ordonnance, et qu’ainsi Julien Coupat restait en prison jusqu’à nouvel ordre (ou jusqu’à Ordre Nouveau peut être ?) .
Entre temps, les 7 autres protagonistes ont été relâchés. Est-ce à dire pour autant que leur vie s’écoule à nouveau paisible, tranquille, joyeuse? Non, évidement, et loin de là.
Seuls demeurent donc en prison actuellement Julien et Ydlune.
Ydlune, réveillée toutes les deux heures, probablement de plus en plus épuisée, le moral de plus en plus défaillant (et que cherche -t-on ainsi ? A la rendre folle? A la tuer psychologiquement?...A lui faire signer n’importe quels aveux bidons?).
Julien, dont on a moins de nouvelles "récentes" mais dont on sait que ses parents ont récemment obtenu le droit de visite, mais dont on peut imaginer qu’il subit ou a subi le même genre de traitement.
Je regardais son l’intervention de son père, chez Laurent Ruquier samedi soir (tard, c’est après minuit et demie).
J’ai vu un homme abasourdi, presque encore étonné de ce que vivait son fils, qui ne pouvait pas croire, presque, qu’il se passait ce qui se passait.
Un homme venu défendre aussi l’honneur et la probité de son fils, et un homme venu dénoncer aussi très courageusement ,sans fard, à mains nues, et sans avocat ni immunité parlementaire, ce qu’est ce système, ce qu’est en train de devenir ce pays depuis 3 ans.
Un homme qui, je pense, a forcé le respect et l’admiration de tous les invités présents, et de la plupart des téléspectateurs.
M. Coupat,
je vous dis bravo
, vous avez été très juste, vos mots ont été simples, votre analyse claire, vous ’avez beaucoup touchée et attachée davantage encore à la cause de votre fils et de ses compagnons d’injustice.
Tout juste regretté-je que vous n’ayez pas été plus entouré de "personnalités" pour mener ce combat...
Et moi, la question qui m’obsède, de plus en plus, c’est "pourquoi".
Pourquoi sont-ils ENCORE en prison à ce jour?
Pourquoi la mobilisation pour les protéger d’un système qui est manifestement devenu fou, n’est pas plus forte?
Pourquoi est-ce que encore une fois, la majorité des partis politiques et figures dites "de gauche" sont aussi muets, aphones, inaudibles, une fois passé leur petit communiqué indigné d’usage?
Mais merde, que se passe-t-il dans la France aujourd’hui?
Et que va-t-il se passer demain?
Pas un jour sans que l’angoisse qui étreint ma poitrine depuis plusieurs semaines augmente.
L’angoisse et la honte également. La honte d’être une "nationale" de ce pays croupissant, amorphe, pourri, fascisant, de ce pays qui semble renouer avec le pire de son histoire....
La honte de me dire que les bouches semblent closes, que les cœurs semblent secs, que les raisons semblent figées et les courages oubliés.
J’ai l’impression d’être entrée dans un cauchemar que je ne pensais pas pouvoir vivre un jour à ce point.
Un cauchemar dans lequel les soirs et les matins sont bruns.
Un cauchemar fait de chiens policiers, de surveillance généralisée, de mensonge d’Etat, de propagande outrancière, un cauchemar fait de prisons, de barreaux.
Un cauchemar où mon pays, la France, dont je porte 1/62 millionième de la responsabilité à titre individuel, continue sa descente vers le fascisme, où l’on maintient au cachot sans raison un jeune homme de mon âge, où l’on torture une jeune femme emprisonnée au nom d’une présomption de culpabilité aggravée qui ne veut pas dire son nom, aggravée par quoi d’ailleurs?
Aggravée par le fait de ne pas être un mouton bêlant du capitalisme et du libéralisme.
Aussi, je dédie à Julien Coupat, à Yldune Lévy, mais aussi à Cyril Khider, à Jann-Marc Rouillan, entre autres, et plus généralement, à tous les encagés, à tous les enchaînés, à tous les suppliciés du système, à toutes les victimes de l’injustice profonde de la répression d’Etat, et de l’inhumanité totale du système carcéral, le magnifique et dernier livre du grand Jack London,
"Le vagabond des étoiles"
Cet ouvrage sublime raconte les derniers mois de Darrell Standing, qui s’apprête à être pendu dans la prison d’État de Californie, à San Quentin. Il y a huit ans, alors professeur d’agronomie à l’école d’agriculture de Berkeley, il a été condamné à perpétuité pour crime passionnel.
Sur les huit années d’incarcération, il a passé cinq ans dans les ténèbres d’un cachot, surnommé la "mort vivante". En attendant l’heure fatale, il s’évade au gré de son imagination et de la puissance de son esprit, dans le passé.
Il s’imagine, il se rêve au cœur du Paris de Louis XIII sous les traits du comte Guillaume de Sainte-Maure ; comme enfant rescapé d’une caravane de pionniers massacrés par les Indiens ; en marin anglais marié à une princesse coréenne du XVIe siècle ; en centurion de Ponce Pilate au moment du procès de Jésus ; en homme des cavernes à l’aube de l’humanité...
Échappant à la souffrance de l’angoisse et aux ravages de l’enfermement et de l’isolement, par la même occasion, Darell Standing se paie le luxe d’échapper au plaisir que susciteraient chez ses geôliers, des résistances physiques qu’il sait parfaitement inutiles et vaines et qui ne lui ont valu jusqu’alors que les coups et la camisole, chaque fois plus serrée, au point de presque l’étouffer.
Ainsi, en ne leur laissant plus que son enveloppe charnelle, et en voyageant de plus en plus loin et de plus en plus longtemps dans sa tête, plongé dans une sorte de catatonie volontaire, il les contourne, il les prive de ce qui fait leur justification : mater et casser l’Autre.
Ce livre est considéré comme le dernier acte du militant socialiste acharné et de l’être extraordinairement humain que fut toute sa vie Jack London.
Tenez bon, Julien et Yldune.
Vous êtes nos frères et nos sœurs, nos camarades aussi, d’une certaine manière, alors, tenez bon, nous pensons à vous, nous allons faire en sorte de nous mobiliser de plus en pus nombreux pour vous faire sortir, pour que cessent le délit d’opinion, la détention abusive, les traitements inhumains et dégradants que vivent presque tous les prisonniers de France et de Navarre.
Toutes mes pensées aussi à vos familles, pour certaines très affectées par ces incarcérations, beaucoup de courage à toutes et tous.
