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mardi 4 mai 2010

Puisqu’élection présidentielle il y aura en 2012, quelques pistes de réflexions sur ce sujet.


Loin de faire de l’élection présidentielle "l’alpha et l’omega" de ce que devrait être la vie politique des travailleurs et des communistes dans ce pays, quoi que l’on pense de cette élection et du cadre (la 5ème République, la république bourgeoise, la prédominance de l’UE...) dans lequel elle se déroule, il est au moins quatre "travers" à éviter d’emblée pour y réfléchir correctement.

Les deux premiers tiennent à la conception de l’élection présidentielle stricto sensu pour nous :

dire que rien de ce qui s’y déroulera ne nous concerne, nous, communistes et travailleurs, et que nous nous en lavons les mains.

dire que de ce qui s’y déroulera constituera l’essentiel de notre avenir politique et social, et que tout se jouera là.

Ces deux voies me semblent également fausses.

La raison et nos engagements nous imposent donc, avant tout débat sur le "qui et comment" (ce qui serait mettre la charrue avant les bœufs), de remettre à sa place cette élection dans ce cadre précis, et de ne pas lui faire dire plus, ni moins, que ce qu’elle dit et peut offrir comme opportunités, pour nous, du point de vue de la lutte des classes et d’une certaine conception de la démocratie prolétarienne.

De ne pas y cristalliser toute la vie politique jusque là, mais de nous en préoccuper assez tôt pour ne pas répéter les mêmes fiasco indéfiniment, tout en attribuant à ce moment de la vie politique française sa juste valeur pour nous et ce que nous défendons, c’est à dire, un autre projet de société, un projet politique alternatif (et non d’alternance plus ou moins "rougie"), un projet dont les racines sont la lutte contre l’exploitation capitaliste et le renouveau de la démocratie, et à terme, de préserver et de renforcer la possibilité révolutionnaire, donc.

A ce titre, il va de soi, il me semble, que la question posée n’est pas, ne peut pas être, et à plus forte raison pour 2012, en l’état actuel des choses et des consciences, "quel programme et quel candidat pour que le Président élu de la 5ème République soit communiste" !

La question est bien plutôt "comment nous saisir ensemble, le plus nombreux possible, de ce moment particulier de la vie politique qui nous accorde des moyens et des droits que nous n’avons pas en temps habituel, pour reconstituer le mouvement communiste, pour restaurer les organisations qui se réclament du communisme, pour faire entendre notre différence d’avec tous les autres (les non-communistes) et surtout, pour donner de la force et de l’espoir politique aux luttes d’émancipation et de résistance en cours".

Les deux autres travers à éviter pour nous sont donc, il me semble, les suivants :

ne militer d’emblée que pour "faire gagner la gauche" et "battre la droite" - ce qui revient de fait à entériner le vote utile mortifère, à stériliser les luttes et le développement de la pensée politique, et à soutenir le candidat ou la candidate du PS

ne militer que pour,dans et par le PCF.

La vie politique actuelle est ainsi faite que de nombreux communistes ne sont plus encartés nulle part (et certes pas ou plus au PCF, qui ne peut plus prétendre avoir l’hégémonie ou le monopole de la représentation des communistes en France), et grossissent chaque année davantage les rangs des abstentionnistes.

Que le PCF est certes extrêmement imparfait et à bout de souffle, très critiquable à maints égards, mais qu’il existe encore, et que sans lui, toutefois, dans sa diversité, dans sa composition bien plus complexe qu’on ne veut le dire souvent, aucun mouvement communiste pérenne n’est possible ni envisageable sérieusement.

Une élection présidentielle en France, compte tenu de la composition de notre pays, c’est avant tout le mouvement qu’un parti capable matériellement et intellectuellement d’assumer une position d’avant-garde, de "leader", est capable de fédérer, de rassembler à ses côtés, pour transformer une partie de l’état des choses, soit directement, soit indirectement.

Ceci à plus forte raison que les élections législatives suivront directement l’élection présidentielle, et que c’est aussi la dynamique enclenchée au moment de la présidentielle, l’intensité du projet politique proposé, la clarté et la fermeté des choix idéologiques revendiqués et assumés, qui déterminera, pour le coup, notre réappropriation d’un lieu de véritable pouvoir, de pouvoir du peuple, celui de l’Assemblée nationale.

Oui, il y a encore et toujours énormément de communistes et de sympathisants communistes ou socialistes, révolutionnaires, jeunes, moins jeunes, dans ce pays, de toutes origines ethniques , religieuses, culturelles, mais aussi des tas de personnes qui ne savent pas encore qu’elles pourraient être communistes et que c’est ce projet, toujours aussi fou et révolutionnaire, qui répondrait à beaucoup de leurs attentes.

Il ne faut pas laisser gâcher cela !

L’idée qui sert actuellement de pivot à toutes nos discussions, celle de la "gauche de gauche", est une idée creuse et un peu ridicule, insusceptible de rassembler le plus grand nombre d’entre nous, du fait de son flou, de ses ambiguïtés, de ses origines partisanes et théoriques particulières, et de son inadéquation à transcrire et à appuyer politiquement aujourd’hui la lutte des classes face au capitalisme.

Elle prend d’ailleurs d’emblée appui sur un mythe qui fut certes aimé, voire utile, mais qui a été battu en brèche par la conjonction du travail de sape idéologique capitaliste et la faiblesse "intellectuelle" des organisations dites ouvrières dans la seconde partie du 20ème siècle, une fiction qui (s’)est discréditée, peut être plus encore que le communisme lui-même, car ses fautes sont plus récentes et très actuelles, et pour longtemps je le crains : ce mythe, c’est celui de "la gauche" (on a donc là au moins une erreur tactique énorme).

Les peu satisfaisants scores du Front de gauche, malgré certaines exceptions, - Front supposé mettre en pratique cette construction théorique, douteuse dès l’origine -, en témoignent, même si il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain, et que l’existence de ce Front de gauche et la démarche indépendante du PS majoritaire au premier tour des régionales montrent aussi des craquements, montrent que la tour d’ivoire dogmatique et assez sectaire du courant majoritaire de la direction nationale se fissure, ce qui n’est pas dommage.

En cela, nous vivons encore dans les soubresauts de l’échec du gloubiboulga de 2007 "gauche populaire et antilibérale" issu de la démarche des collectifs unitaires anti-libéraux, mouvement petit-bourgeois par essence, de sa formation sociologique jusqu’à ses conceptions de la démocratie et de la politique, mais également, dans son rapport, jamais éclairci, au capitalisme.

Envisager 2012 sereinement et utilement pour nous, travailleurs actifs, retraités ou au chômage, précaires, étudiants...en lutte ou pas encore, implique donc de mon point de vue avant toute chose que soient réunis les points suivants :

que tous les communistes de France, quelle que soit leur nationalité et leur éventuelle appartenance partisane, réfléchissent ensemble à ce qu’est cette élection, à comment elle peut nous être utile, non pas à nous "membres du PCF ou de tel parti", mais à nous travailleurs et a fortiori, travailleurs militants communistes. Qu’une fois pour toutes, une position majoritaire ou susceptible de l’être, claire et ferme, soit exprimée et tenue sur ce sujet d’importance.

que la question de la participation ou non-participation à un éventuel gouvernement sous la coupe du PS soit tranchée avant toute chose, par principe, et que l’on s’y tienne, même si par grand bonheur, notre candidat-e alignait un score à deux chiffres à l’issue du premier tour.

En fonction de la réponse à ces questions ( mais également, pour répondre à ces questions, dans une certaine mesure) :

que le PCF accepte de (re)prendre ses responsabilités en tant que dernier parti conséquent de communistes (ou en tout cas portant ce nom ce qui, de toute façon, aujourd’hui, n’est pas rien) pour être, non pas "le chef", mais déjà, l’initiateur du rassemblement du plus grand nombre de communistes encartés ou non dans ce pays, sans exclusive, de façon ouverte, et s’offre donc à être le pivot du mouvement communiste à reconstruire et à faire renaître. Ce avant même que de penser à la "gauche" fut-elle "de gauche" !

Le rassemblement des communistes et de leurs sympathisants D’ABORD !

A 1.97% on est très loin de faire déjà le "plein" de "nos " voix.

Il y a actuellement matière à rassembler et à débattre sans tabou sur de nombreux sujets de travail : les retraites, la Grèce, l’Union européenne, la désindustrialisation, les luttes sociales en cours (sans papiers, industrie automobile etc)...Profitons-en.

que la question de la personnalité du candidat ou de la candidate soit mise impérativement à un second plan, après la rédaction d’un projet politique (et non pas seulement d’un "programme électoral") ; que cette désignation apparaisse même comme une conséquence logique du projet.

Que cette question du projet politique, qui doit avoir pour premier but de remettre le politique et l’humain devant l’économie et la finance, soit centrale, et fasse dès à présent l’objet d’ateliers de réflexion et de propositions partout en France sur le thème "Quel projet politique communiste pour la France au 21ème siècle" (ateliers dont le "cahier des charges" doit exister et devrait, sans inscrire les réponses dans les questions, mettre en avant la question de la lutte des classes, des conflits en cours et de leur soutien, des choses à faire pour transformer ces luttes de terrain en victoires, de l’analyse du capitalisme et du bloc au pouvoir, mais aussi de l’analyse des classes et sous-couches sociales en France, et de la démocratie prolétarienne, entre autres).

mais que cette question de la personne ne soit pas renvoyée non plus à quelques mois du début de la campagne électorale (sachant que le ou la candidat-e ne pourra pas négocier ensuite "ses conditions", mais sera avant tout le candidat des communistes et porte-parole du projet communiste, cela devrait en théorie éliminer un bon nombre de pique-assiette qui ne se disent pas d’abord "de gauche" par hasard...).

Dans la désignation de cette personne, il me semble évident qu’il faudra faire une bonne balance entre plusieurs choses :

une certaine expérience du combat électoral et des prises de paroles publiques ou devant les médias, sans que, cependant notre porte-parole apparaisse comme blanchi sous le harnais, usé médiatiquement, "politicien", représentant d’une caste, etc mais également une bonne connaissance des luttes de terrain, dans les entreprises, dans les associations....

qu’il ou elle soit "présentable" sociologiquement et politiquement (pas un "élu professionnel" ni un permanent depuis son plus jeune âge, et qu’il ou elle soit communiste, du PCF ou pas, c’est-à-dire avant tout, acceptant de s’en revendiquer sans honte ni forfanterie).

La question du charisme, si importante en ces temps médiatiques, sera évidemment importante.

Ce ou cette candidat-e devra pouvoir incarner dans sa personne certaines qualités objectives que l’on attend des responsables, sans cependant que nous ayons à singer les codes et les valeurs bourgeoises, mais au contraire, qu’il ou elle puisse incarner certaines de nos valeurs jamais représentées dans cette société (en d’autres termes, je ne crois pas que nous combattrons bien les candidats du capital avec un clone de chez eux, "le feu par le feu"...)

qu’il ou elle soit à même d’être soutenu par une équipe de campagne renouvelée et renforcée sur la théorie, entre autre, mais aussi dans la pratique, notamment syndicale, et qu’il puisse laisser une place assez large àd’autres porte-paroles.

qu’il ou elle, évidemment, accepte que ce projet politique, décidé en commun, et cette candidature elle-même, ne seront pas "les siens propres", mais ceux de toutes et tous, et qu’il ou elle sera avant toute chose un porte-parole plus médiatisé et plus responsable que les autres, militants, mais pas un "chef".

Résumons, donc, en vue de 2012 :

Une vision claire de l’élection présidentielle et de ses possibilités réelles,
des principes fermes et intangibles quant à une éventuelle participation gouvernementale ( ou pas) et par rapport à la "gauche",
un projet politique communiste,
un candidat communiste,
porté par un mouvement et des organisations communistes,
pour les communistes, et pour la fraction de notre peuple qui souhaitera s’y reconnaître.

Voilà les quelques suggestions et idées que je me permets de soumettre dès à présent à la sagacité et à la perspicacité de mes camarades communistes, car prévoir c’est pouvoir.

Salutations militantes et fraternelles.

lundi 15 mars 2010

Première analyse des résultats des régionales et perspectives d’avenir



Plus de 53 % (53,75 % selon les chiffres du Ministère de l’Intérieur) des habitants de France autorisés à voter ne se sont pas déplacés hier.

C’est historique, au sens strict, et ne peut être passé sous silence, mais au contraire, mérite une analyse lucide et posée.

Le nombre des votes blancs/nuls est de 1.98 % (résultats Min. Intérieur).

Quelques 8 % d’électeurs potentiels ne seraient pas inscrits du tout (sce Le Monde).

Démonstration est faite que les électeurs et électrices en ont assez d’être pris pour des imbéciles et des vaches à lait, et qu’ils ont décidé d’adresser à l’ensemble de la classe politique un fort signal de ras-le-bol, sinon de colère.

Qu’ils n’ont pas trouvé dans cette campagne de quoi les satisfaire intellectuellement, ni pratiquement, pour appuyer leurs luttes de chaque jour contre les méfaits du capitalisme et de la politique de la bourgeoisie, sous ses multiples visages .

Ces 53 % d’abstention signifient clairement une défiance et un désamour des Français, non pas de "la politique" ( ce serait si facile et ça en arrangerait tellement, à commencer au PS), mais plutôt, de la "classe" politique, perçue de plus en plus comme une "caste".

Ainsi, démonstration est faite, une nouvelle fois, que le "clivage droite /gauche" est dépassé et obsolète, et qu’il ne peut plus rendre compte des aspirations populaires.

On serait bien en peine de dire qui "de droite" ou "de gauche" n’est pas allé "veau-ter".

Et pour cause !

En revanche, mathématiquement, on peut déduire qu’une énorme majorité de "petits", des pauvres, des exclus, des peu argentés, des prolétaires, salariés des bureaux, ouvriers, chômeurs, petits artisans, petits paysans... n’est pas allée aux urnes.

Cela c’est extrêmement significatif que cette mascarade de "la gauche" doit cesser.

Si "la gauche" ne rassemble plus, ne mobilise plus en tant que pseudo-unité fondée sur rien, la place est à nouveau ouverte aux idées et aux hommes et femmes qui disent clairement ce qu’elles sont et veulent être : communisme, socialisme.

Les faux-semblants, cela suffit ! Cela aussi c’est un message, que l’on peut déduire de la confirmation de scores corrects (quoi qu’en nette baisse également) pour "Europe Ecologie" supposée représenter clairement "l’écologisme".

- Ne boudons pas notre plaisir, avec si peu d’électeurs, l’UMP, quoiqu’en tête des scores à l’issue du premier tour au niveau national en pourcentages de voix exprimées, mais derrière le PS en termes de sièges déjà attribués, prend le début d’une double claque, qui prolonge celle déjà reçue aux européennes, ce qui est réjouissant à certains égards mais pas suffisant.

Le score du FN, en progression par rapport aux européennes, est inquiétant et, évidemment, à analyser.

Cependant, rapportée au nombre d’électeurs et aux chiffres des régionales plus anciennes, cette progression n’est pas si importante que cela, il ne faut pas non plus tomber dans le piège des Le Pen père et fille, Gollnisch... qui se pavanent. Ce peut être aussi le chant du cygne noir.

Toutefois, pour le moment, ce parti, qui réalise 11,42% au niveau national (sce Int.) est en position de se maintenir dans plusieurs régions, c’est un fait.

Mais on peut aussi se demander si une partie de l’électorat UMP ou "de droite" ne s’est pas reportée sur ces listes pour signifier un désaccord de la politique menée par le pantin politique actuel du capitalisme, Sarkozy, comme en 2002.

Que donneront ces éventuels votes de protestation au second tour? Quel sera le report exact de voix? Où va-t-on voir le FN montrer son vrai visage en s’alliant avec l’UMP? En Rhônes-Alpes, le candidat UMP fait déjà des appels au FN.

- Ce scrutin est également un signe que de nombreux électeurs politisés (et contrairement au tableau que l’on dresse en permanence des électeurs en France, je pense que nombreux sont ceux qui aiment encore la politique, la vraie, et ne demandent que de la voir renaître) ont conscience, plus ou moins nettement, que la région est un échelon anti-démocratique, européaniste, mauvais pour eux, auquel ils ne reconnaissent aucune légitimité et qui, contrairement à ce que clame le PS , ne peut en rien servir de "contre poids politique", au contraire.

Nous venons d’ailleurs d’en avoir la preuve en actes en 2 ans de crise avérée pendant laquelle pourtant, les régions étaient déjà "à gauche"...A part contribuer aux politiques de l’UMP au niveau local, au lieu d’entrer en résistance, à quoi ont-elles servi?

Les véritables échelons de la démocratie locale, ce sont encore et toujours le département, et la commune. Justement ceux que Sarkozy et consorts voudraient "tuer".

- Ce scrutin voit aussi le NPA se faire laminer (par lui-même, avant tout), éliminé presque, du paysage politique bourgeois auquel il a voulu se fondre à toutes forces, sans cependant s’en donner les moyens réalistes, et au mépris des convictions profondes des citoyens qui pouvaient se reconnaître en lui et espéraient le voir changer le paysage politique sur le fond.

La claque est encore plus violente qu’aux Européennes. Il y a la matière à se poser de sacrées questions pour ses militants et dirigeants.

La politique du "dedans /dehors", les palabres incohérents pour les alliances, les positions dogmatiques en totale contradiction avec les objectifs affichés et les moyens réels, tout ce qui fut perçu comme une forme de "trahison" par ceux qui auraient pu, assez naturellement, se reconnaître dans ce parti, se sont payés cash pour cette formation issue du trotskisme qui a fait le choix de renoncer publiquement au communisme pour choisir un "anticapitalisme" sans histoire et sans contenu révolutionnaire.

- Les résultats de LO montrent que ce parti, lui, toujours trotskiste, ne se porte guère mieux, même si traditionnellement, ce genre d’élections ne lui a jamais réussi,(ce que d’ailleurs il ne cherche pas à faire, se contentant d’utiliser là ponctuellement les moyens de communication qu’offre encore la démocratie bourgeoise).

- Pour les communistes, ce scrutin démontre, puisque besoin était, que le "Front de gauche" semble, en effet, mauvais pour le PCF.

Mais comment pourrait-il en être autrement, dans une telle période?

Le Front de gauche, initié aux Européennes suite à l’irruption sur la scène politique du "PdG" de Mélenchon-Dolez-Coquerel, et qui fait suite aux stratégies des CUALs, et de la " Gauche Populaire" de MG Buffet, composé de sa multitude de petites formations arrivistes et des anciens chevènementistes et transfuges du PS ou lambertistes en quête de "places", échoue à faire mieux et plus que le PCF seul aux dernières régionales, et est doublement en baisse par rapport aux européennes de 2009, en général et rapporté au niveau national.

Les communistes, militants, sympathisants, ne se reconnaissent plus dans "la gauche" dont ils ont bien compris, en 30 ans de pratique à tous les échelons, à quoi elle avait servi, et son inutilité générale face aux attaques du Capital.

Certes, la comparaison 2004/1010 PCF/ Front de gauche est délicate puisque dans 14 régions le PCF faisait liste commune avec le PS dès le premier tour en 2004 !

En 2010, le "Front de gauche" obtient aux régionales une moyenne nationale de 5.84% (chiffres Int.) des voix exprimées - il est difficile, sinon impossible de comparer avec les résultats de 2004.

En revanche, on peut le faire avec ceux de des européennes 2009, toutes proportions gardées.

Et le résultat au niveau national est sans appel : non seulement en moins d’un an, le "Front de gauche" ne progresse pas mais encore, il baisse, puisqu’aux européennes il dépasse les 6 % (6.47% chiffres FDG), ce uqi n’est plus le cas en 2010, et que l’abstention, déjà importante en 2009, est supérieure en 2010.

Un point intéressant, malgré tout , qui en dit long sur l’état d’esprit de nombreux militants du PCF et qui n’est pas à prendre à la légère, c’est qu’en 2010, le nombre de listes communes avec le PS dès le premier tour est très largement en baisse : cette liste commune n’existe plus que dans 5 régions à savoir Basse-Normandie, Bourgogne, Bretagne, Champagne-Ardenne et Lorraine.

En 2004, dans les régions où le PC se présente hors le PS, en tête, rassembleur sous ses couleurs (principalement Picardie et Npdc) les listes communistes atteignaient les 10 %.

En 2004, dans les régions où avaient déjà été choisi l’embryon de la tactique actuelle, les listes affichent des scores différents de ceux obtenus cette fois, plus faibles, il faut le reconnaître.

Ainsi en Ile de France, la liste de rassemblement "Front de gauche" emmenée par le PCF et MG Buffet fait 7.2% en 2004, quand, en 2010, la liste "Front de gauche " emmenée par P. Laurent et Eric Coquerel fait seulement 6.55 % (source Int.) et connaît donc une baisse manifeste. Mais elle est certes en très légère augmentation si on veut comparer aux européennes où P. Le Hyaric avait obtenu 6.32 % des voix (sce FDG).

En Auvergne, où la liste de rassemblement emmenée par A. Chassaigne a fait 9.2 % en 2004, on est passé en 2010 à 14,24 %, ce qui fait d’A. Chassaigne, infatigable homme de terrain, populaire, présent, disponible, le vrai vainqueur de cette séquence électorale, et pourrait le désigner plus probablement comme candidat

pour succéder à Buffet que Pierre Laurent, s’il le voulait.

Dans le Npdc, la liste emmenée par A. Bocquet (non explicitement "Front de gauche" mais appelée "l’Humain d’abord - Liste d’union emmenée par le PCF" et clairement identifiée "communiste" sur le terrain) se maintient bien par rapport à 2004, avec plus de 10% (10.78% sce Int.), ce qui confirme le bon travail des camarades du PCF dans cette région pour se maintenir, mais rend aussi compte des problèmes de visibilité et d’identité, puisque, compte tenu de la crise et des attaques énormes que connaissent les électeurs dans cette terre historiquement rouge et ouvrière, on peut se demander si une liste et un programme encore plus clairement "communistes" n’auraient pas fait plus, la liste ne progressant que de 0.10 % en 6 ans .

Cela étant, il ne faut pas dénigrer les résultats comme ceux -ci, et au contraire, on peut les applaudir et les analyser.

En Limousin, la liste "Front de gauche" réellement étendue y compris au NPA, remporte plus de 13 % -ce qui constitue là encore une autre leçon, à savoir que les électeurs communistes et sympathisants accordent leurs suffrages volontiers aux listes d’union COMMUNISTES et ANTICAPITALISTES qui dépassent les clivages anciens.

La stratégie suicidaire de division et d’effacement d’une forme d’identité communiste visible en Picardie porte ses fruits amers, si l’on peut dire, et la division des communistes fait chuter la liste emmenée par M. Gremetz (dt la liste réalise quand même 11 % en Somme) qui ne dépasse pas les 6.2% contre plus de 10% en 2004 ; en outre la liste PS auyant emmené l’autre branche communiste de la région dès le premier tour fait moins bien en 2010 qu’en 2004 (on passe de 27.42 % en 2004 à 26.64 % en 2010) le tout sans empêcher un score à deux chiffres du FHaine, en position de se maintenir.

Qui dans cette région portera la vraie responsabilité du maintien du FN au second tour? Comptons, réfléchissons...

Une union des communistes derrière M. Gremetz aurait pu, sans doute, porter cette liste aux 10 % requis.

Quel gâchis !

En Corse, une liste certes intitulée "Front de gauche - Pour changer en Corse" mais avec une forte identité communiste et présentée dans les médias locaux - et nationaux - comme "liste emmenée par le PCF" connait une belle progression ; emmenée par D. Bucchini, cette liste dépasse les 10 % et est ainsi en position de se maintenir . Elle fait mieux que celle de Zucarelli et est cette fois en position de peser fortement sur la liste "DVG" de Giaccobi (qui est même largement battue à Bastia par la liste communiste qui réalise plus de 13 % avec "seulement" 40 % d’abstention, c’est à dire bien moins qu’au niveau national). En 2004 la liste emmenée par le même D. Bucchini faisait environ 6 %. Quelle progression !

En Rhônes-Alpes, le même "Front de gauche" fourre-tout atteint à peine les 6 %...Tandis que l’UMP et le FN ont le vent en poupe. Ce qui pourrait démontrer l’inanité, la dangerosité même, de la campagne "anti-burqa" menée par A. Gérin avec la droite.

En Aquitaine, la liste "Front de gauche" n’atteint même pas les 6 %, avec 5.95 % quand la liste PCF seule emmenée en 2004 par A.Guilhamet faisait 4.35 % (certes une progression, mais due manifestement à un transfert de voix du PS puisque la liste PS/Verts PRG en 2004 au premier tour faisait 38,42 % en 2004, donc, plus que les 37.63 % actuels).

Ces chiffres seront sans nul doute analysés et disséqués par les uns et les autres, à la lumière des campagnes qui ont été faites sur le terrain, de la composition des listes, de ce que l’on sait au niveau local qu’on ignore toujours au niveau national...

Mais, à moins d’être complètement autiste, il va falloir se rendre à l’évidence : la "stratégie" du "Front de gauche" effaçant le PC ne rassemble pas, n’est pas perçue comme ayant pu permettre une forte expression de la colère populaire, ne satisfait pas les communistes, et parmi eux, satisfait à peine les militants du PCF.

La direction actuelle du PCF a, à nouveau !, failli et a raté une opportunité historique de faire entendre une voix différente, des propositions communistes, elle a échoué à pouvoir se prétendre encore représentant du mouvement ouvrier, et des prolétaires.

Bien sûr, au QG du "Front de gauche", certains peuvent se raccrocher aux branches en se réjouissant d’avoir fait "plus que le MODEM et le NPA" - on a les victoires qu’on peut. Quand on va aller se jeter dans les bras du PS ou à peu près, effectivement, avec des scores médiocres la plupart du temps, on peut prendre les vessies pour des lanternes et continuer à cirer les godillots de JL Mélenchon pour 2012...

Si la satisfaction de la direction du PC en est à servir de plateforme à des règlements de compte entre trotskistes et ex-trotskistes, on est vraiment tombés bien bas ! On comprend que Mme Zappi et JL Mélenchon, eux, se réjouissent mais nous? !

Non, ça ne fait pas le compte dans une telle période, c’est même franchement lamentable de prétendre qu’un parti comme le PC avec son antériorité , ses forces militantes, son histoire, ses bases...aurait pu se sentir réellement menacé par le NPA (alors qu’il aurait pu profoiter du NPA pour augmenter une dynamique communiste, comme en Limousin) !

Alors que dire de ce premier tour pour NOUS, prolos, ET cocos? Nous toutes et tous qui, souvent en parfaite connaissance de cause, en pleine conscience, ne nous sommes pas déplacés aux urnes, et n’avons voté ni NPA ni Front de Gauche ni LO?

Cette élection est d’ores et déjà illégitime.

Que la colère, sous des formes diverses, monte, cela, c’est évident aussi. Et comment pourrait-il en être autrement?

Faut-il s’en réjouir?

En l’absence d’un véritable parti ou mouvement communiste, c’est -à -dire encore disposé à s’en revendiquer ouvertement ,encore disposé à défendre sans complexe des positions de classe (à l’instar du KKE grec par exemple), à présenter ses militants communistes, à oser des propositions réellement audacieuses et novatrices, surtout en cette période de crise et de récession grave, non, je ne crois pas qu’il faille s’en réjouir.

Ne pas se réjouir est une chose, constater que, toutefois, cette situation dit des choses intéressantes en matière de perspectives de reconstruction d’un "mouvement" communiste uni et novateur en est une autre.

La lueur d’espoir de ces résultats (à condition que chacun prenne ses responsbailités et cesse de faire l’autruche au nom de la défense de la Sainte Chapelle de Fabien), portée par les quelques listes sortant du lot (Auvergne, Limousin, Corse, Nord Pas de Calais notamment), c’est que, sans aucun doute, le communisme et la lutte de classe, syndicale et POLITIQUE, ont de l’avenir dans ce pays, en ce moment plus que jamais.

- Je ne parle pas du PCF, notons bien. Je parle de ce que peuvent être capable d’incarner localement certains camarades des rangs du PCF. Nuance.-

A condition qu’une formation politique qui ne s’en cache pas daigne en représenter les idées et propositions communistes, sans les trahir, sans se vendre au PS pour un plat de lentilles. Sans donner l’illusion que les élections bourgeoises seraient tout et règleraient tout. En s’en servant comme nous savions le faire fut un temps, sans se tromper d’objectif.

En reprenant, aussi, le chemin abandonné pour de mauvaises raisons en 1976, quand on a jeté aux orties la "dictature du prolétariat" contre rien, avec des pudeurs de pucelle, au lieu de faire monter dans le Parti le niveau d’exigence d’analyse et de propositions, mais aussi d’actions, vers une "démocratie prolétarienne" et les luttes de classe.

Ma conclusion est invariable : avec ou sans ce qui reste de communistes au PCF, il va bien falloir, rapidement, que TOUS LES COMMUNISTES de ce pays qui n’ont pas renié leurs idéaux, ni leurs combats, qui en "veulent" encore, s’unissent, un jour prochain, malgré leurs différences, malgré NOS différences, nos divergences, dont certaines sont évidentes, dans une formation qui permette de rassembler nos forces militantes actuellement dispersées et divisées.

Non pas pour contester au PCF ou à ce qui en tiendra lieu ou le remplacera, des "places" dans la course aux voix dans les élections bourgeoises, mais pour faire ce que ce parti ne fait plus depuis au moins 20 ans, c’est à dire organiser les forces, unir, avancer dans la contestation du capitalisme, dans le soutien des luttes de terrain qui tentent, chaque jour, d’arracher au patronat des bribes de droits, et pour construire enfin le projet politique qui nous manque.

Hauts les cœurs, camarades, comme toujours, le combat continue !

Demain sera "un autre jour". Il ne tient qu’à nous de savoir de quoi il sera fait.

lundi 8 juin 2009

FRONT DE GAUCHE/ NPA: ZERO PARTOUT... BALLE AU CENTRE?




Ces élections européennes,pour le NPA/Front de Gauche, c'est un peu Nadal et Federer à Roland Garros cette année. Nadal n'est pas allé en finale. Federer a ENFIN gagné, mais pas contre Nadal.

Du point de vue des communistes, plusieurs choses ressortent de ce scrutin du 7 juin 2009.

1 ° L' Union Européenne, en tout cas, son soi disant "parlement", est vécue et perçue comme une arnaque capitaliste, en tout cas, disons au moins, une construction profondément anti-sociale, non démocratique, tout juste bonne à s'occuper d'écologie (et encore faut-il entendre ce que l'on appelle "écologie" dans le contexte actuel).

2° Une bonne part des abstentionnistes est, à l'évidence, constituée de citoyens qui refusent cette construction-là, qui méprisent la classe politique actuelle dans son ensemble, classe politique qui se tutoie sur les plateaux de télé alors qu'elle est supposée être composée de gens qui défendent des projets de société différents, voire, opposés. Classe politique qui a un point commun, à de très rares exceptions, vouloir imposer par les faits ce que certains disent même rejeter en paroles, se mettre, en tout cas, d'accord, pour continuer à cautionner la fausse démocratie bourgeoise et pour empêcher toute alternative d'une véritable perspective révolutionnaire et d'une démocratie prolétarienne.

Oui, l'abstention est à la fois le signe d'un profond mépris et d'un refus obstiné. Certes, l'abstention en général n'est pas "plus de droite que de gauche" par essence, mais elle l'est plus ou moins en fonction des enjeux et des scrutins. Et l'Union Européenne, normalement, et si ma mémoire ne me joue pas des tours, ça fait voter , depuis toujours, les gens de droite qui ont compris, eux, depuis belle lurette, ce qu'était l"euro-impérialisme et quels avantages ils avaient à la bichonner.

3° Les communistes qui se travestissent prennent immanquablement des gifles. Le Front de Gauche, s'il a officiellement vu la victoire de 4 de ses candidats, dont Mélenchon (qui devient ainsi momentanément un bon "cumulard), est EN RÉALITÉ un échec pour le PCF, par rapport à 2004, car si on fait correctement les comptes, le PCF "soi-même" ne gagne rien mais fait la courte échelle à une transfuge du PS "militante féministe" - qui me semble plutôt "mélenchoniste" que communiste.

4° Les forces anticapitalistes qui ne savent pas être unitaires et ouvertes aux autres le paient aussi assez chèrement. C'est sans doute une des raisons du score mitigé du NPA, qui est resté très tourné vers lui-même pendant la campagne et n'a présenté quasiment que des militants NPA sur une ligne "100 % NPA".

NPA comme Front de Gauche ont affiché tous deux, chacun à leur manière, une volonté hégémonique, ou disons, une conception de la politique toujours "verticale", pensée en termes de "leadership", qui n'est plus en phase avec l'air du temps, puisque le temps semble venir enfin de la sortie de l'enfance politique réclamant une tutelle, la délégation de pouvoir, et un "homme providentiel".

5° Les restes de la vieille sociale-démocratie sont en train de disparaître définitivement. Le PS a pris la veste méritée après s'être essuyé les pieds sur le dos de notre vote "NON" de 2005, lorsque par abstention, il a collaboré avec l'UMP le 4 février 2008 pour faire passer le Traité de Lisbonne. C'est le moment de faire le ménage. Nous avons fait le ménage. Nous le ferons encore.

En d'autres termes, le score, tous partis confondus, de ce qui se revendique (à tort ou à raison) de "la gauche de gauche", compte tenu de l'abstention, est à peine satisfaisant.

Et c'est la conjonction de plusieurs "maladies", dont chaque partie, chaque "Nomenklatura" a sa part. Il n'y a pas plus de victoire du Front de gauche que de victoire (ou de défaite) du NPA. A peine le Front de Gauche est-il un peu moins démuni que le NPA puisqu'il emporte donc "4 élus" - mais si on doit se contenter de cela pour crier "hourra" on est mal barrés....

Il me semble que l'électorat communiste ( qui existe encore, on en a la preuve ici et ailleurs tous les jours) a simplement renvoyé dos à dos, ENCORE UNE FOIS, tous les succédanés de communisme qu'on lui présente sans discontinuer depuis des années: "collectifs unitaires anti-libéraux", "gauche populaire et anti-libérale", "front de gauche", "anti-capitalisme"...et a critiqué, encore une fois, l'absence de possibilité unitaire réellement radicale.

Cela témoigne en revanche d'une (très) bonne santé mentale de l'électorat communiste ou sympathisant communiste, socialiste révolutionnaire, qui, lui, et contrairement à ses soi disant "leaders médiatiques", n'a pas perdu complètement sa boussole ni certaines de ses valeurs fondamentales.

Mais partant du juste principe que "la pourriture est le laboratoire de la vie", à condition que toutes et tous nous nous retroussions les manches pour remonter la maison communiste sur des fondations solides, avec ou sans le PCF, avec ou sans le NPA, (avec tout le monde, ce serait mieux) tout n'est pas perdu et loin s'en faut.

Il faut être optimiste. Ne serait-ce que parce que, en ce 7 juin 2009, malgré tout ce que les médias menteurs nous diront, l'UMP et Sarkozy ont pris leur vraie première claque depuis mai 2007.

Nous avons, je pense, des raisons de l'être, optimistes.

Moi je le suis en tout cas. Pas par la méthode Coué, ni parce que j'ai abusé de ma moquette, mais parce que l'analyse des résultats "électoraux" doit nous incliner à être optimistes, SI, si nous savons à nouveau penser sur le long terme, de façon à la fois pragmatique, visionnaire, et radicale, si nous savons reprendre le contrepied exact de la pensée dominante, dans l'objectif unique de construire un projet politique révolutionnaire anti-capitaliste ( et ça, ça s'appelle donc un projet communiste, désolée...)

Nous, communistes, où que nous soyons, sommes une force. Une force éparpillée, une force en convalescence (ces 20 dernières années ont été tellement dures pour nous toutes et tous, depuis la chute du mur de Berlin, en gros), une force renaissante, mais une force réelle quand même.

Nous sommes confrontés à un éveil des consciences politiques chez nos semblables, dans notre classe, que nous devons absolument saisir.

Non pas pour nous rendre plus "sexy" en nous camouflant, non pas en essayant de coller à ce que les médias bourgeois nous tendent comme miroir aux alouettes. Non pas en allant faire des danses du ventre pour "remplacer" le PS.

Le Front de Gauche seul ne sera rien, pour des raisons de fond, tenant strictement à ce qu'il propose comme "vision du monde" (une énième resucée de la vieille social-démocratie, sans aucune perspective révolutionnaire).

Le NPA seul ne sera rien non plus, pour des raisons de stratégie, tenant principalement à ses relations avec le mouvement en général et les communistes dans le mouvement en particulier (une sorte de "grande LCR" donc).

C'est comme cela, je pense, qu'on peut analyser le résultat Front de Gauche/NPA : pour des raisons différentes, les électeurs "de gauche de gauche" ont renvoyé les deux formations plus ou moins dos à dos.

L'équation ne sera pas résolue en faisant simplement l'addition, factice, "Front de gauche + NPA". Certainement pas.

Pour être tout à fait complets, il est évident aussi que la galaxie communiste "activiste", principalement issue de l'éclatement progressif du PCF, est éparpillée sur toute la France, de façon très groupusculaire, sans parvenir à dépasser cela, ni à se fédérer, sans qu'aucune formation ne puisse prétendre à elle seule , remporter "le leadership", et c'est TANT MIEUX.

On ne sortira de ce cercle vicieux qu'en s'y collant toutes et tous, en reconstruisant un mouvement COMMUNISTE, où la liberté et le respect de l'autre seront la règle fondamentale, et dont l'objectif sera la mise au point, dans un travail collectif (et tant pis si nous sommes une addition de 150 "groupuscules"), d'un projet politique révolutionnaire susceptible de donner force et courage à tous les lutteurs en France, qui se battent contre le capitalisme.

On s'en sortira si on arrête de penser d'abord et exclusivement "parti" ou "formation", et qu'on recommence, majoritairement, enfin, à penser d'abord et avant tout "classe". PROLÉTARIAT. Alliés objectifs du prolétariat.

On ne s'en sortira, on n'avancera, nous, prolétaires, - dont les communistes doivent être, en effet, un "fer de lance" - , qu'en faisant, pour certains, acte d'humilité (au moins les pendules sont définitivement remises à l'heure ou presque, à part quelques obstinés, plus aucune formation communiste ou se réclamant du socialisme ne peut se prétendre plus "fine" ou plus "maligne" que les autres), pour d'autres, en abandonnant certaines vieilles lunes ("faire renaître le PCF" par exemple, ou "reconstruire le PS" ou "l'union de la gauche"), en acceptant ENFIN que le communisme n'est pas monolithique, qu'il n'est pas d'un bloc, que de ce point de vue il faut faire l'effort de sortir d'un point de vue théorique, du mauvais héritage de la IIIème Internationale.

Que, au contraire, le communisme connaît de nombreux courants, mais sur des bases communes intangibles (validité de l'analyse marxiste, combat contre le capitalisme, la bourgeoisie, leurs instruments de toute nature, perspective révolutionnaire n'excluant pas certaines réformes d'envergure, primat de la politique sur "l'économisme"...) et que, néanmoins, en toute logique, si nous ne sommes pas devenus toutes et tous complètement siphonnés, ce qui nous rassemble est bien plus fort que ce qui nous divise.

Pour conclure donc, commençons par rassembler tous les communistes et sympathisants communistes en France, dans un projet enthousiasmant, celui de la construction d'une perspective politique révolutionnaire.

Je ne me joindrai plus à un mouvement qui prétendrait "reconstruire le PCF", même si je comprends les camarades qui en font encore leur cheval de bataille. En revanche, et comme tant d'autres, je participerai avec grand plaisir à des débats qui auront pour but cette refondation nécessaire, cette construction, non pas d'un "sujet politique" mais d'un PROJET POLITIQUE pour le communisme au 21ème siècle.

DU PASSE, FAISONS TABLE RASE!

mardi 12 mai 2009

Joffrin ou la proposition du " compromis historique"



chers camarades chers compagnons

C'est clair, l'ère qui s'ouvre à nous pourrait être celle de la mort de la politique (du Politique? ah ça non!).

Pas la peine de se le cacher.

Mais, à notre petit niveau de modestes cloportes, dans les soubresauts de l'agonie, nous avons encore la possibilité d'éviter certaines chausse -trappes et de créer les conditions d'un rebond pour les forces révolutionnaires communistes et socialistes.

Sur la question de la recomposition (fatalement à venir et déjà en cours, du paysage politique "à gauche"), le tout dans la perspective peu ragoutante d'une focalisation électoraliste sur 2012, la première chausse-trappe, énorme, c'est la suggestion récente de Joffrin et qui aurait du appeler cela carrément "le compromis historique".

Dans une tribune ( de commande?) Joffrin (qui de journaliste, devient clairement et de façon assumée, idéologue et "spin doctor" de la nouvelle go-gôche représentant le gérant "soft" capitalisme) suggère que, "pour battre Sarkozy en 2012" (comme si c'était l'objectif ultime à viser en ces temps historiques que nous traversons...), il faut faire une grande coalition (comme dirait Dray "une coalition arc-en-ciel" - on ne se demande pas où il a été cherché cela...) qui regrouperait en gros tous les "opposants à Sarkozy" et donc Bayrou, mais exclurait, naturellement, le PCF (s'il existait encore en 2012 ce qui est rien moins que certain) et le NPA.

Oui, il faut faire le compromis historique dit en somme Joffrin...."la gauche" doit incorporer Bayrou qui serait un "candidat anti-système" (ouuaaarrff).

Bien sur on n'en a rien à foutre de l'opinion de Joffrin ès qualité, on le méprise ce petit monsieur, on épluchera nos patates sur son canard si on en trouve une feuille dans nos toilettes, mais là où c'est intéressant, c'est qu'il dit (un peu trop en avance?), ce que beaucoup vont penser et nous proposer soi disant "à gauche".

C'est d'autant plus crédible (qu'ils seront nombreux à penser à cela), que même la gauche radicale tombe dans le panneau de personnaliser à mort le débat politique et de tout ramener à Sarkozy - et d'ailleurs, ça me fatigue. Ca, il fallait le faire avant (avant mai 2007 et l'élection de Sarkozy - et justement, à ce moment là, la même gauche ne voulait pas le faire!) - bref.

Mais pourtant, Sarkozy, en termes politiques, n'existe pas- ce qui existe, c'est un corps en action qui est mu par une doctrine, une classe, pour un système, avec une stratégie, des tactiques...le "sarkozysme" ça n'existe pas, soyons sérieux!

Le "monstre", ce n'est pas Sarkozy ! LE MONSTRE, il existe, C'est LE CAPITALISME - pourquoi ne pas le dire, merde? - je suis sûre et certaine qu'il y a pire (pour nous) que Sarkozy à droite, et y compris dans l'UMP, même sans aller chercher au FHaine (parti inapproprié, pour l'instant, inadapté aux buts du capitalisme libéral et mondial actuellement dominant, utile seulement comme "boute en train" - ça changera peut être quand le vieux aura laissé sa place à la Marine mais bon...)

La seconde chausse trappe consécutive à cela, c'est évidemment la réaction provoquée immédiatement par cette tribune de Joffrin, dans la "gauche du PS" (de plus en plus atone et minoritaire) représentée, notamment par Hamon, qui , pour faire pièce à cela, nous fait la proposition à peine voilée de la resucée de l'Union de la gauche socialiste...Tous ensemble, tous ensemble, yo!

Bien sur, ils réagissent vivement, au PS, car ils savent que c'est bien ce qui couve sérieusement dans la recomposition politique actuelle: c'est pour ça que Royal s'est fait péter les rotules par ses petits copains à la présidentielle - elle a dévoilé le "pot aux roses" trop tôt, à mauvais escient, pensaient (avec raison) ses détracteurs.

Et en effet il faudra bien 3 ou 4 ans de soi disant "sarkozysme" aux militants et électeurs "de gôôôôche" pour ENFIN devenir "raisonnables" et accepter, avaler, l'idée que "contre le monstre Sarkozy " il faut unir la carpe et le lapin, la soi disant gauche socialiste et le Modem CAPITALISTE, de droite (for ever..).

Petite politique politicienne qui finira bien par punir tout le monde, eux, les politocrates, les partitocrates les premiers, et sèchement encore, mais en attendant , qui nous punit, nous , le peuple-classe. Hélas.

Comme toujours, moi, je pense que notre voie à nous, prolétaires, et à nos alliés, ce n 'est ni celle du "compromis historique" ("Jésus-Marie-Joseph, Dieu nous en garde" - ah ah ah je plaisante), ni celle de l'Union de la gauche (morte et enterrée, cela, par contre c'est vrai) - mais la constitution d'un coeur battant communiste, un rassemblement de la gauche communiste et révolutionnaire, autour d'un projet politique où les réflexions des anarchistes, trop longtemps ignorées, méprisées, ridiculisées, doivent avoir leur place, enfin, comme paroles crédibles, comme interventions politiques valables, comme interlocuteurs sérieux, pour les marxistes du 21ème siècle.

lundi 24 novembre 2008

La classe ouvrière et les girouettes

Comme c’est curieux la vie.

Il y a bientôt 15 ans, la "gauche" (le PS en tête, bientôt suivi du PCF) abandonnait définitivement la classe ouvrière a son triste sort, en décrétant, majoritairement, que "il n’y avait plus de classe ouvrière en France".

Jospin fut l’un des maîtres de cérémonie de cet enterrement en grande pompe.

Quiconque avait encore le mauvais gout de sortir les chiffres, chiffres qui montraient que quand même, même diminuée, même "déconstituée", cette "classe" existait toujours bien, au moins numériquement, dans le monde du travail, se faisait proprement envoyer balader, renvoyé à ses délires d’un geste de la main méprisant.

Plus un seul intellectuel n’osait dire qu’il ne fallait pas "désespérer Billancourt". Après Mai 68, la classe ouvrière commençait à sombrer progressivement dans l’oubli de la "nouvelle gauche".

Place aux "classes moyennes", place aux petits bourgeois, place aux "entrepreneurs", place aux fonctionnaires, notamment à ceux de l’Education Nationale.

Bien sûr, dans un système tel que celui organisé par la bourgeoisie, il fallait des voix. Des voix pour les sacro-saintes élections.

Que la classe ouvrière voie ses bataillons diminuer, elle perdait alors son "pouvoir d’achat électoral" dans le rapport qu’elle avait avec la "classe politique" issue de la social démocratie. Il fallait d’urgence trouver des forces de remplacement si on voulait, non pas renverser le système de la dictature de la bourgeoisie, renverser le capitalisme, mais s’en accommoder et simplement l’aménager.

Il y a un moins d’un an, le PS terminait son aggiornamento capitaliste en acceptant l’économie de marché dans ses principes fondateurs revus et corrigés sauce "New Labour".

Il y a plus de 30 ans, le PCF abandonnait, lui, la notion de "dictature du prolétariat". Quelle incidence cela a-t-il eut, ce reniement, sur la suite des "évènements"? On ne le saura jamais, en tout cas, pas maintenant, c’est interdit d’en discuter, plus encore que de la faillite de l’URSS...."A vous de voir", donc, de décider si, "par hasard", tout cela n’aurait pas un lien.

Progressivement, "la lutte des classes", voire simplement "le combat de classe", disparaissait du discours de la "gauche".

François Ruffin, dans son livre "La guerre des Classes" le montre bien mieux que moi, avec plus de talent, mais j’essaie de dire la même chose depuis 2 ans. Il y a aussi un problème de mot, un problème de concept, un problème de désignation. Intimement mêlé à un problème d’analyse.

Que constate-t-on aujourd’hui?

Le "retour miraculeux" de la "classe ouvrière" dans les mots, et dans les nouvelles, d’abord.

Mais si, vous savez , la classe ouvrière, celle qui avait disparu...qui n’existait plus.

Tous ces travailleurs de chez Renault, de chez Valéo, de chez Peugeot, de chez Ford, de chez Michelin, Dunlop, Goodyear, Meccachrome....j’en passe.

Et bien toutes ces personnes de chair et de sang ,ces pères, ces mères, et bien tous ces gens, ils n’existaient plus... et hop, les revoilà-revoilu Lulu.

Incroyable. Magique même !

Alors on n’ose pas y croire, mais si, et on se rend compte qu’en fait , elle n’avait pas "disparu", elle était toujours là, cette "classe ouvrière". Elle n’était juste plus nommée. Plus désignée. Derrière son effacement, l’effacement du "patron", du "capitaliste", du "bourgeois".

Elle réapparaît aujourd’hui par la force des choses (la force de la crise du capitalisme), car c’est la première (mais pas la dernière) touchée avec force par la crise (en réalité depuis 20 ans elle ne cesse d’en prendre plein la gueule mais puisque tous les beaux esprits "de gauche" avaient décidé qu’elle n’existait plus, la presse aux ordres, servile comme il faut et incrusté dans ses fauteuils de bureau, avait "oublié" de nous rapporter les cris et les soupirs et les larmes et les hurlements de cette "classe qui n’existait plus").

Tiens donc, il n’y en avait plus , de la "classe ouvrière"... Mais pourtant, pour supprimer 3.500 emplois chez Peugeot, 6.000 chez Renault, 650 par-ci, 500 par-là...c’est donc qu’en fait, il y en avait encore des représentant-e-s de cette classe disparue?

Opportunément, (pour rester polie), les "leaders" du PS ont commencé à se souvenir de ce "mouvement ouvrier", du "socialisme", de la classe des salariés, des ouvriers....Il y a 3 semaines.

Congrès oblige.

Crise du capitalisme oblige.

Ça a du leur faire tout bizarre de reprendre ces mots- là.

Ceux de Jaurès il y a un siècle. Ceux de Marx. Ceux de Lénine. Ceux de Luxembourg. Ceux de Guesde. Ceux de Blum même ! (A moins qu’ils soient tellement roués, durs, insensibles, que ça ne leur ait tout simplement rien fait. Bref.

Retour de "la classe ouvrière" dans la boîte à outils du parfait politicard de gauche, donc. Au bal des faux derches, ça se bouscule, la ruche est en émoi. Le miel électoral des années 70 est de retour.

Miam Miam ! En voilà, de la bonne chair à élections.

"Classe ouvrière", "crise du capitalisme", "socialisme" etc, ça fleurit à tous les coins d’interviews et d’articles. Un printemps avant l’heure, en somme. Un printemps qui avait déjà commencé en avril 2007 quand Sarkozy s’est pris à se ballader dans les usines, est allé voir les ouvriers...

Seulement voilà.

La fameuse "classe ouvrière", ça fait longtemps qu’elle a déserté ses "frères", traîtres à sa cause à elle.

Entre abstention, vote FN (et pas nécessairement par racisme mais aussi parce que Le Pen incarnait à merveille le candidat anti-système et le "tous pourris" qui habite comme un spectre cette classe sacrifiée aux appétits de petits notables et de bourgeois bien gras), anarcho-syndicalisme, vote Royal, vote Sarko, la "classe ouvrière" a fait comme elle a toujours fait.

Elle s’est organisée. Elle a mené le combat politique. A sa manière, qui ne nous est pas toujours compréhensible "à nous qui n’en sommes pas", voire, qui en sommes très éloignés.

Elle a pris le peu d’instruments politiques qu’elle avait à sa disposition dans ce paysage politique dévasté, pour défendre ses intérêts, ceux de sa famille, de ses proches.

Elle a été elle-même l’artisan, parfois malhabile, de plus en plus difficilement victorieux, mais toujours déterminé, de sa propre défense, de sa propre survie. Sachant que seule la lutte paie, même quand on la paie cher, et ce, de façon instinctive, profonde, atavique presque.

Moins dans les manifestations, moins dans les grèves aussi, petits salaires obligent, mais aux aguets. Dans la résistance au moins passive. Dans le refus.

Le refus têtu, borné, obstiné. Celui qui a fait dire aux experts que "le peuple français se dépolitise".

De toute manière, est-ce qu’on a le choix quand la fin du mois commence le 15 et qu’on n’en peut plus de l’injustice du système capitaliste?

La classe ouvrière, ça fait longtemps qu’elle est "devant" ; à l’avant-garde, comme toujours.

Si vous croyez que les luttes, même petites, même difficiles, qui "explosent" au grand jour actuellement, sont nées dans la nuit... mais non quelle erreur ! Ce sont des petites briques patiemment empilées chaque jour ; par du travail syndical déterminé, depuis des années, qui construisent les remparts et les barricades contre le pouvoir de la bourgeoisie.

Qui a manifesté le 10 octobre dernier, devant et DEDANS le Salon de l’automobile, venus par milliers de toute la France? Qui, sinon "la classe ouvrière"?

Et où étaient ils, ce jour là, ces paons de politicards bourgeois, qu’ils se disent de gauche ou de droite?

Qui se bat avec ardeur, détermination, depuis des mois, des années, renouant avec les combats des mineurs, des ouvriers la chaîne... sinon les travailleurs sans papiers, employés aux tâches les plus difficiles, les plus dangereuses, sur les chantiers, dans les usines, les cuisines?

Qui aujourd’hui, cherche désespérément à redonner un sens à la Politique avec un grand P, sinon la classe ouvrière, et la frange du prolétariat qui a de nouveau pris fait et cause pour elle?

Tiens, avez vous remarqué, vous, que si vous faites un demi tour de 180 ° sur vous- même, ce qui était à votre droite devient à votre gauche, et vice versa?

La classe ouvrière, cela , elle l’a compris depuis longtemps.

Elle fait avec les instruments disponibles, pour assurer au mieux, sa sûreté.

Ses intérêts.

On lui "donne" "le front populaire"? Elle prend "le front populaire". On lui donne Mai 1968, elle prend. On lui "donne" "la gauche", elle prend "la gauche".

Mais elle n’est pas dupe des girouettes qui se disent hommes ou femmes politiques. Elle n’est pas dupe, voire même, elle s’en méfie.

Plus que toute autre classe, parce qu’elle est toujours la première à en payer le prix directement, et chèrement, la classe ouvrière, et derrière elle, le prolétariat, répugnent à la violence, à la guerre, au conflit.

Le rêve de la classe ouvrière, et le nôtre aussi, à nous, tous les prolétaires, c’est une "révolution des œillets". Une révolution sans sang, sans vie prise, sans larmes. Une révolution par l’amour et le dialogue. Ah, s’il pouvait nous suffire de parler bien pour l’avoir, cette révolution...Ah, si un bulletin de vote pouvait nous l’amener, cette démocratie réelle où nous serions enfin à notre place. On a, toutes et tous, naturellement tendance à vouloir repousser le moment où l’affrontement des classes antagonistes va prendre un tour crucial, paroxystique.

Mais nous savons aussi quand nous sommes au pied du mur, quand il est temps, quand nous devons répondre à la contrainte par la désobéissance, à l’exploitation forcenée par la grève, à la violence par la résistance, et à l’unité par l’unité.

Je suis convaincue que la classe ouvrière est sur la voie de sa reconstitution en tant que classe, et au-delà donc, par voie de conséquence, sur la voie de la révolution, et qu’elle peut donc nous y emmener ; mais que nous sommes trop peureux, trop aveugles, trop abrutis, ou trop protégés encore, pour le voir, pour le sentir, pour le discerner.

Aux cotés de cette classe, les étudiants. S’ils se réveillent.

Et puis, nous, les prolétaires non ouvriers, actifs ou non employés, retraités, fonctionnaires ou salariés du privé....

Mais les girouettes elles, nous le savons, elles seront balayées, tôt ou tard. Car elles nous ont trop menti, et elles ont trop trahi les devoirs de leurs charges.

Pas la peine de s’arracher les cheveux entre nous pour choisir entre une girouette et une autre, donc. Chacun ses erreurs !

Notre lutte n’est pas là. Nos luttes ne se déroulent pas dans ce champ là.

samedi 8 novembre 2008

Pas de communisme sans projet politique pour une autre société !

Bien qu’ayant décidé pour diverses raisons de ne plus être membre du PCF pour le moment, je suis et reste communiste.

C’est là, dans ce combat, avec ces idées, que j’ai donné un sens à ma révolte, grâce à mes camarades et à l’exemple des salariés en lutte, et c’est aussi dans ma révolte que je construis mon communisme, et ça se construit tous les jours.

En tant que telle, rien de ce qui se passe au PCF mais plus généralement dans la gauche , notamment communiste, ne peut me laisser indifférente.

Il y a trop de gens qui ne sont pas communistes, ni même socialistes, ces derniers temps, qui se sont penchés - et se penchent encore, parfois avec la gourmandise des charognards - sur notre "dépouille", pour que les communistes, même celles et ceux qui ne sont plus encartés, ne se sentent pas le droit, voire, le devoir, d’au moins donner leur avis, d’exprimer leur souhait.

L’annonce de Mélenchon, certains s’en réjouissent, moi, je dirais que ça ne me réjouit pas.

Cependant, je crois que vouloir calquer un modèle de "Die Linke" en France est voué à l’échec, d’autant que ce projet fait l’impasse sur une question fondamentale.

Par contre, je suis de plus en plus effrayée de voir que le débat sur le fond du projet ne semble pas vouloir s’enclencher au PCF, et que la lutte des places "par le haut" semble toujours battre son plein.

Alors que nous vivons un moment historique (ce qui ne signifie nullement qu’il soit agréable) - oui, et ce n’est pas l’élection d’Obama.

Ce moment historique, c’est la crise du capitalisme, ce sont les développements modernes de l’impérialisme.

Cela est étrangement absent des débats du 34ème congrès du PCF. Les "partis de gauche" se taisent ou se contentent de parler.

C’est la campagne électorale permanente.

Qui ne voit pas se profiler derrière ce brumeux silence, entrecoupé de quelques hoquets d’indignation contenue, les fumeuses élections européennes, hein?

Il me semble, dans tout ça, qu’un parti communiste doit d’abord être, non seulement un parti de classe, mais encore et avant tout, qu’il doit être le parti de notre classe, celle des prolétaires - c’est à dire en langage un peu plus "moderne", et bien que ce ne soit pas complètement équivalent, le parti des salariés (d’active ou pas) - .

Le parti de ceux qui ne sont pas propriétaires du capital, de ceux qui ne sont pas propriétaires de l’usine, des machines, des ordinateurs, de l’immeuble... le parti de celles et ceux qui n’ont que leur force de travail à vendre pour pouvoir bouffer, et un peu plus dans certains cas ( de plus en plus rares).

Cela implique, je pense, que nous, communistes, considérions d’abord notre classe comme le premier échelon d’un parti quel qu’il soit.

Notre classe, c’est notre base.

Pour être encore plus claire, je pense qu’avant même de nous considérer comme "membre du PCF" ou "membre de la LCR" ou que sais je, c’est sur notre appartenance de classe, l’appartenance de classe, en conscience, que nous devrions nous réunir, et que c’est notre classe, (et notre conscience de classe), son combat, son unité, et sa victoire, qui doivent être notre objectif premier.

C’est cette appartenance de classe qui doit irriguer la démarche et la réflexion des communistes quel que soit le parti au sein duquel ils ont choisi de se réunir, de s’organiser, ou qu’ils aient choisi, finalement, de ne pas s’organiser du tout (ce qui, de mon point de vue, reste une erreur - il faut s’organiser, même a minima).

Je crois aussi que notre problématique immédiate dans laquelle inscrire tout cela, doit être d’abord celle de la lutte (voire, de la guerre selon certains) des classes, cette lutte des classes dont découlent toutes nos luttes de classe, pour notre classe.

Cette guerre des classes où s’inscrivent les bataillons des Goodyear, des Renault, des Ford, mais aussi de La Poste, et tant d’autres avant eux, de la Samaritaine, des Moulinex, des Lu, des Marks & Spencer, de toutes ces entreprises du textiles, de la métallurgie, mais aussi, de tous ces sous traitants, des services (archivages, centre d’appel, nettoyage etc).

Et oui on le dit peu, mais le capitalisme ravage aussi le tertiaire - scissions pour faire passer les effectifs sous le seuil des 50 salariés, déconventionnement, délocalisation, précarisation avec l’emploi d’intérimaires...

On va me dire que ce sont des évidences tout ça - je dirais, peut être, mais ça ne me semble pas si clair.

En tout cas c’est une évidence qui reste lettre morte, qui pourrit sur pied, qui se dessèche, et dont plus aucun "leader" soi disant de gauche ne semble vouloir tirer les conclusions à fond...

Dans le meilleur des cas on reste au niveau de l’abstraction romantique, ou des revendications certes véhémentes, mais qu’au fond, les syndiqués portent tout aussi bien (et plus efficacement) que les politiques.

La conclusion que je tire de cette évidence, c’est d’abord que le parti qui se prétend un parti de communistes, quel qu’il soit, doit savoir écouter la classe, et pas l’inverse.

Il doit savoir transcrire politiquement les attentes concrètes de la classe pour laquelle il existe et d’où il tire sa justification. En théorie, il ne devrait pas avoir trop de peine à le faire parce qu’il est supposé être une organisation politique d’une partie de cette classe...Donc, issu de ses rangs directement, et selon ses principes.

L’avant-garde de la classe qui a jugé utile et opportun de se retrouver dans un parti dit communiste doit savoir avant tout traduire les attentes profondes de la classe.

C’est à dire que, particulièrement à un moment comme celui que nous vivons toutes et tous, je veux parler de ce moment de "Krise" du capitalisme, il faut un projet politique pour notre classe.

Or, aucun projet politique n’affleure à ce stade, d’aucune discussion des organisations politiques dites "de gauche", et certainement pas dans la gauche communiste.

Ce que l’on propose, ce que l’on voit, c’est à la rigueur un programme, plus ou moins bien ficelé, enrobé plus ou moins de "marxisme" - on trouve bien des expressions consacrées ici ou là.

Un programme avec parfois de bonnes idées mais surtout, où que l’on pose les yeux, un programme sans projet politique, un programme, une illusion de force, qui, de fait, nous condamne à répéter les mêmes erreurs et qui traduit notre autisme, au fond alors, un programme impardonnable.

Un geste qui confond utopie et espoir.

Je pense que, tout mis bout à bout depuis 25 ans, ce que nous devrions traduire, en tant que communistes, c’est avant tout que notre classe est désespérée (ce qui ne signifie pas qu’elle ne sache ni ne veuille se battre).

Comment voit on qu’elle est désespérée?

Parce qu’elle ne vote pas ou plus. Ou avec difficultés.

Parce qu’elle se laisse piéger par des bateleurs d’estrade, des champions de foire, un jour Le Pen, "candidat anti-système", un autre Sarkozy , celui de la "rupture".

Parce que même face à un Sarkozy justement, on ne vote plus pour ce qui fut un jour "le parti socialiste".

Parce que ses jeunes disent "ce sont tous des bouffons, le système est pourri, on ne s’y reconnait pas..."

Parce qu’elle se syndique de moins en moins.

Parce qu’elle est absente des débats de tous les congrès de tous les partis, laissés en grande partie aux mains de travailleurs qui sont plus souvent des partisans, ou des militants, que des représentants de leur classe.

Et encore, quand ils peuvent se faire entendre, si les élus et autres apparatchiks ne les ont pas privés d’intervention réelle.

Parce qu’elle est absente de la discussion politique tout court, ou presque.

Elle est désespérée car les partis communistes et socialistes l’ont désespérée au sens où ils l’ont privée d’espoir.

Au sens où Sartre disait "Il ne faut pas désespérer Billancourt".

Et elle est désespérée avant tout par la politique.

La politique telle qu’on la fait, la politique telle qu’on la vit.

Qu’elle se dise communiste ou socialiste ou que sais je. Quand elle entend "politique" elle pense d’abord (et moi aussi, je le reconnais, si je n’avais pas mon "surmoi militant" qui se rebelle) on pense "magouilles, places, politicards, politique politicienne" - trois petits tours et puis s’en vont.

Elle exprime confusément parfois, comme elle peut, avec les moyens du bord, une chose que nous refusons d’entendre, tellement nous confondons "avant garde" et "gardiens de troupeau" : notre classe, les éléments de notre classe qui sont plus ou moins conscients d’y appartenir, elle ne veut plus faire de politique comme nous la connaissons depuis des décennies, sinon des siècles.

Le système politique, la démocratie telle qu’elle existe, ne permettent plus à notre classe de faire valoir ses droits, et notre classe le sait ,le voit, puisque tous les jours elle en paie le prix dans sa chair, tous les jours la fin du mois commence le 15, les gosses ne vont plus en vacances, les pavillons pas finis d’être payés sont saisis faute de sous, les cités autrefois ouvrières pourrissent, croupissent , se ghéttoïsent, et nous, communistes, nous ne faisons plus aucune proposition sérieuse pour changer cela.

Certes, les travailleurs luttent pour leurs droits immédiats, ils ne peuvent pas faire autrement car c’est leurs vies qui sont en jeu. Ils n’ont pas le choix.

Mais nous, communistes, ne leur sommes d’aucun secours, car au fond, nous refusons catégoriquement de prendre le pouvoir.

Nous refusons de nous construire la possibilité de prendre ce pouvoir et nous refusons d’envisager comment nous devons le prendre.

En somme, ce sont nos lâchetés qui détruisent le communisme comme hypothèse d’avenir crédible.

Et cela, les travailleurs, qui sont aussi des citoyens, le savent, le sentent, le voient, plus ou moins clairement.

Combien nous disent sur les marchés, dans les bistrots, les cages d’escalier "Vous les communistes, on vous aime bien, mais aujourd’hui vous ne servez plus à rien".

Comment faut il traduire, expliquer cela?

Par les "valises de plomb"? Par la mise au placard de ce désir fou de changer de société? En disant "tout cela n’est plus d’actualité"? Mais non, justement, c’est l’inverse !

De fait, si nous respectons les règles du jeu de la bourgeoisie (la constitution de la 5ème république, comme celle de la 3ème, bref, toutes celles qui sont plus ou moins issues de la tradition de la Révolution française) nous ne servons à rien - ces règles ont été faites, exactement, pour nous tuer.

Notre système actuel est fait pour garantir les droits des exploiteurs, notre système est fait pour, toujours, que la droite ou que la gauche gouverne, ce soient les patrons qui s’en sortent et les salariés qui trinquent.

Nous le savons bien que la loi en France, aujourd’hui, c’est la loi du Maitre et pas celle de l’esclave !

C’est la loi de l’exploiteur et pas celle de l’exploité !

On envoie au trou un pauvre gars qui a piqué deux tranches de jambon parce qu’il crevait la dalle, mais on garde bien au chaud avec caviar et champagne, les salauds qui, pour quelques centaines de milliers d’euros de plus, quelques millions, délocalisent une usine construite et entretenue pendant des années avec la richesse créée par le travail des salariés !

Et vlan, 50 familles foutues à la rue, un département qui sombre davantage dans la misère et la précarité.Des salariés qui se suicident, des chômeurs qui se tuent, des retraités qui crèvent de faim.

Mais MM. Arnault, Lagardère, Dassault, Mittal et compagnie continuent de se pavaner sans crainte. Est ce que pourtant, ce qu’ils font ne mérite pas la prison?

Mais eux ,non, ils ne vont pas en prison et pourtant , ce sont bien plus des voleurs que ce pauvre gars qui pique sa tranche de jambon.

Et ce sont des voleurs dont les crimes ont des proportions gigantesques, des vols à côté desquels Mesrine est un enfant de choeur !

Chacun de leurs plaisirs, de ces plaisirs qui s’étalent honteusement dans les pages des magazines, chacun de leurs plaisirs, de leurs caprices, est payé de notre travail, de notre sueur, pour certains d’entre nous, de notre santé. Chacun de leur achat d’hôtel particulier, de vacances au bout du monde dans des havres de paix, est payé par le recel de ce qu’ils nous ont volé.

Où vont aller les 360 milliards pris au travail, pris dans nos poches, pour "sauver les banques"? Combien vont ils décider de nous voler, au sommet du G20, le 15 novembre prochain, et comment?

En France, par exemple, notre code civil construit la notion de propriété exclusivement comme privée, non pas pour protéger l’acquisition légitime d’une maison pour y vivre, non, exclusivement comme une continuation de l’exploitation de notre majorité, les prolétaires, par une minorité, les capitalistes.

La notion de propriété, comme celle de citoyenneté d’ailleurs, ne reposent pas sur le travail dans la plupart des pays non socialistes.

Elles reposent, implicitement, sur le déni de justice, elles légitiment le vol permanent dont nous sommes toutes et tous victimes.

Elles reposent sur des ségrégations factices, comme l’ethnie, la couleur de peau, le hasard de la naissance sur un territoire ou sur un autre.

On ne dit pas d’un patron qui sous paie ses salariés pour pouvoir, lui, se coller des dizaines, des centaines, de milliers d’euros dans la poche chaque mois, qu’il détourne ainsi une propriété collective, celle des travailleurs, on ne lui dit pas, à lui, que c’est un voleur.

Légalement on ne peut pas lui dire d’ailleurs, car la loi, le droit, ici, sont ceux des Maitres.

Et si vous le lui dites, la même Loi, l’action en diffamation, sera là pour vous rappeler que vous n’avez pas le droit de dire que votre patron M. Duschmoll est un voleur parce que c’est un capitaliste !

Ah non Monsieur Durand, l’ouvrier de l’usine, le vol ce n’est pas ce que vous fait votre patron, c’est ce qu’a fait votre voisin en piquant deux tranches de jambon, ne faites pas l’idiot, allons, vous le savez bien.

On ne retire par leur citoyenneté aux patrons qui foutent tout leur fric, le recel de ce qu’ils nous volent, dans des banques étrangères où ils ne seront pas soumis à l’impôt, tout cet argent détourné de l’investissement dans les entreprises, dans les salaires, dans les services publics, ça non, mais on refuse des droits élémentaires à des travailleurs "venus d’ailleurs" alors que eux contribuent largement à l’économie locale, construisent la société, et se font exploiter sur notre sol.

Alors oui, nous le refusons, le pouvoir, nous les communistes.

Nous ne voulons pas le prendre.

On veut bien gouverner, ça c’est même devenu notre dada pour certains, mais ça, ce n’est pas la même chose ; quand on est communiste, gouverner avec les bribes que nous laisse le pouvoir bourgeois, ce n’est pas prendre le pouvoir.

Nous faisons semblant d’attendre qu’au travers d’un processus qui a été mis en place par la bourgeoisie pour nous étouffer, "on"nous le donne.

C’est très très malhonnête - nous savons qu’on ne nous ne nous donnera jamais rien dans une dictature bourgeoise, et certainement pas le droit ni le pouvoir de faire une révolution socialiste par les urnes au terme des échéances électorales bourgeoises !

Alors, si c’était cela que nous faisait payer nos semblables, les prolétaires, qui n’ont aucune pitié pour nous (et ils ont bien raison) car nous venons de la même classe?

Si véritablement nous avions encore envie de le prendre, le pouvoir, il y a belle lurette que nous aurions commencé par reprendre nos combats ancestraux.

Ceux qui sont notre essence même, c’est à dire par exemple le combat pour que la majorité , nous les prolétaires, nous puissions, non pas seulement "faire valoir nos droits", les droits que nous arrachons au patronat à travers des lois faites par les patrons, mais pour que nous puissions décider dès l’origine de ce qu’il nous faut pour nous.

Notre combat principal, et particulièrement aujourd’hui, c’est celui de la démocratie prolétarienne, notre objectif, c’est de dire à notre classe :

"Oui, le système est pourri, nous le savons, il faut en changer, sinon, rien, en effet, n’ira jamais mieux. Cela pourra aller un peu mieux en fonction de la couleur des uns ou des autres, mais ce mieux sera toujours précaire, toujours fragile. Tant que nous n’aurons pas le pouvoir, à la base, nous, les travailleurs, nos combats dans une guerre des classes inégale, seront épuisants, parfois vains et nos gains seront minimes et toujours en danger."

Quand D. Kessler, un des chefs du MEDEF, a dit, triomphant, "il faut casser le modèle hérité du Conseil National de la Résistance", il visait, non pas les accommodements sociaux-démocrates qui en ont suivi, non, il visait un projet politique de société, traduit dans le préambule de la constitution de 1946, que je me permets de vous remettre ici :

"Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d’asservir et de dégrader la personne humaine, le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés. Il réaffirme solennellement les droits et libertés de l’homme et du citoyen consacrés par la Déclaration des droits de 1789 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République.

Il proclame, en outre, comme particulièrement nécessaires à notre temps, les principes politiques, économiques et sociaux ci-après :

La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l’homme.

Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d’asile sur les territoires de la République.

Chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi

. Nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances.

Tout homme peut défendre ses droits et ses intérêts par l’action syndicale et adhérer au syndicat de son choix.

Le droit de grève s’exerce dans le cadre des lois qui le règlementent.

Tout travailleur participe, par l’intermédiaire de ses délégués, à la détermination collective des conditions de travail ainsi qu’à la gestion des entreprises.

Tout bien, toute entreprise, dont l’exploitation a ou acquiert les caractères d’un service public national ou d’un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité.

La Nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement.

Elle garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs.

Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l’incapacité de travailler a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence.

"

Voilà, ça, on le devait principalement aux communistes.

C’est ça, le modèle hérité de la Résistance en France, et ce n’est pas un hasard vu le poids des communistes dans cette résistance et leur poids dans les institutions - en 1945 nous, les communistes, nous sommes majoritaires à l’Assemblée nationale.

C’est cela qui était visé par Kessler, c’est cela que Sarkozy, qui parle, avec raison de "projet de civilisation", a dans son viseur.

C’est cela que les Maitres des Forges n’ont toujours pas encaissé. C’est l’heure de la revanche.

Si ce n’est pas aujourd’hui, aujourd’hui que notre ennemi a enfin mis un genou en terre, que nous faisons le lien entre l’économie et le politique, si ce n’est pas aujourd’hui, alors que tous nos frères de luttes s’arcboutent pour ne pas céder à la pression du capital, que tous les travailleurs vont bientôt être dans la tourmente, si ce n’est pas aujourd’hui que nous disons

"Démocratie prolétarienne, sociale, contre le capitalisme et la dictature bourgeoise",

alors quand?

Comment lutte-t-on contre le capitalisme si on ne lutte pas aussi contre les lois qui le fondent, contre les structures qui le protègent, contre l’Etat bourgeois qui le nourrit, que cet Etat soit celui d’une hypothétique nation française ou qu’il soit celui de l’Union Européenne?

On ne peut pas.

Tout ce que nous faisons, tout ce ce que nous mettons en place, nous communistes, dans cette dictature bourgeoise, est voué à nous péter à la gueule à court ou moyen terme, car nous ne sommes pas faits, nos idées, nos combats, ne sont pas faits pour accepter ce système-là, nous ne sommes pas faits pour le supporter ni pour le gérer.

Nous sommes faits pour le combattre ardemment, par toutes ses faces, tant qu’il tient debout.

Sinon, nous devenons, vulgate marxiste léniniste ou pas, nous devenons des socio-démocrates, c’est à dire , des gens qui ont accepté, finalement, et même sans le dire, de gérer le capitalisme, de faire avec les institutions bourgeoises, avec, selon nos chapelles, une tendance plus ou moins marquée à la bureaucratie, au népotisme, au nationalisme ou à la dépolitisation...

C’est ce combat là que nous avons abandonné depuis trop longtemps, le combat contre l’Etat bourgeois et si nous ne le reprenons pas, tout combat contre le capitalisme sera vain, car l’Etat bourgeois nous contraindra à abandonner ce que nous avons acquis dans nos luttes de terrains, dans nos confrontations immédiates, locales, avec les forces capitalistes.

C’est nous qui travaillons, quelle que soit notre couleur et notre nationalité, c’est nous qui payons et produisons la quasi totalité des richesses de ce pays, donc, c’est à nous de décider.

La Loi, expression politique d’une classe et de ses intérêts, doit être faite par nous.

La propriété, la citoyenneté, doivent être fondées aussi sur le Travail.

Démocratie prolétarienne, voilà le cri qui doit résonner partout.

Voilà le projet politique que le PCF n’a plus et sans lequel, de toute manière, il périra.

Qui de Buffet, de Gérin, de Bessac ou de Le Reste doit chapeauter le PCF, au fond, on s’en fout ! Que la LCR s’appelle NPA ou truc, on s’en fout aussi ! De la tronche des gens sur les listes européennes, de la couleur du papier, on s’en fout aussi ! Que Mélenchon se barre et que Royal reste, on s’en fout !

Ce n’est pas cela qui changera cette société pourrie à l’os, ce n’est pas ça qui nous sortira de nos fers. Bien sûr avec certains, on bouffera mieux qu’avec d’autres et ce n’est pas négligeable. On ne doit pas cracher sur les réformes sinon on n’est pas révolutionnaire !

Mais ce n’est pas ça qui doit nous unir, nous prolétaires, dans un combat communiste. Ce n’est pas ça qui doit faire la différence, puisque, nous le savons, cela ne fera pas la différence au bout du compte !

Le pouvoir et la liberté pour notre classe, voilà le seul combat digne d’un parti de communistes.

Le projet politique de donner vraiment le pouvoir aux travailleurs, du sommet d’un Etat, appelé à disparaître, jusqu’aux tréfons des usines et des bureaux, voilà notre combat.

Cela signifie oser réclamer que nous ne soyons pas dépossédés du contrôle et des décisions sur notre argent, nos richesses, dans les entreprises et dans les services publics.

Oser dire "il faut vider les prisons de tous ces malheureux qui n’ont rien à y faire, et les remplir des patrons voyous".

Cela veut dire nationaliser les entreprises, les banques.

Oser établir une véritable liberté d’expression, partout, au plus simple, non, les usines, les bureaux, ne doivent pas regorger de salariés dont les lèvres restent fermées comme des tombeaux même au pire des humiliations, des brimades.

Oser le dire et oser le faire.

Voilà le combat d’où les communistes tirent leur utilité pour leur classe, et donc, leur légitimité.

Denis Kessler, Nicolas Sarkozy, Antoine Seillières, Laurence Parisot, ils veulent la mort de notre projet politique, ils veulent liquider le projet de société issu du Conseil National de la Résistance?

Et bien camarades, c’est aujourd’hui que nous devons le reprendre, le combat politique des résistants communistes !

vendredi 31 octobre 2008

Analyse des résultats du vote base commune et quelques suggestions....



Cher-e-s camarades,

Les résultats de ce premier vote du 34è Congrès, (vote qui visait à choisir le texte qui servira de base commune), sont tout à fait éloquents, et pour de nombreuses personnes ( dont je fais partie), ils ne seront malheureusement, qu’une confirmation.

A ce moment, sur 42.708 cotisants ("cotisants", quel terme incroyable...toutes ces contorsions pour nous laisser entendre qu’en termes d’adhérents il y en aurait bien plus !), il y a eu 23.524 votants (ça fait mal....)....

Le texte de base commune de direction nationale (dont j’ai déjà dit tout le mal que j’en pensais) a fort logiquement recueilli pour l’instant 63.90 % des suffrages.

C’est donc lui qui servira et sera amendable...on ne rattrapera pas ce retard.

Cela signifie que sur les exprimés, seulement 37 % de camarades ont jugé utile, au moins, de commencer par contester cette base commune de la direction, sachant que sur ces 37%, il y en a presque 15 % (La Riposte) qui sont, de toute manière, acquis à la direction sortante, qu’elle prenne le visage de MG Buffet, de P Laurent, ou d’O Dartigolles !

Autant dire qu’après les deux derniers Congrès, pour celles et ceux qui n’auraient pas encore compris, le PCF n’est définitivement plus, et ne pourra plus être, un parti révolutionnaire, ce qui n’est pas peu dire...

Le texte présenté par la Riposte (txt n°2) 14.72%, qui vont aller à la direction sortante ( Greg Oxley a depuis longtemps annoncé que son courant n’avait rien à reprocher à MG Buffet et a donc affirmé rapidement qu’ils étaient tout à fait d’accord pour servir d’aile gauche aux mutants-liquidateurs)

Reste un score honorable pour le texte n° 3 "Faire vivre et renforcer le PCF ...." mais qui est loin d’être suffisant.

Voilà les résultats ici

Les résultats de la Seine Saint Denis, ancien fief communiste, ou disons, PCF, sont stupéfiants en soi mais là encore simple confirmation pour qui aura fait la bonne analyse (et qui expliquent pourquoi un Hervé Brahmy peut applaudir à la nomination d’un Bartolone dans son siège de Président du Conseil général...) :

Inscrits : 4 220
Votants : 1971
Blancs/nuls : 196 (4,64%)
Exprimés : 1775 (90,06%)

Texte direction nationale : 1391 (78,37%)
La Riposte : 172 (9,69%)
Faire vivre et renforcer le Pcf : 212 (11,94%)

A Paris, où 1038 communistes se sont exprimés (soit une participation de 64% des cotisants), 8,9% des camarades ont voté blanc ou nul.

Pour les exprimés, 67,5% ont choisi le texte n°1 de base commune du Conseil national, 9,8% le texte 2 et 22,6% le texte 3.

Pour le 3è texte, hélas, c’est malgré tout une claque (ne parlons pas du 2è texte, nous connaissions sa vraie fonction), et même si certaines fédérations ou sections ont voté massivement pour lui.

Il en reste donc qu’au final, c’est bien la direction réformiste, social-démocrate, et son texte indigeste qui ont remporté le droit de servir de "base commune".

Le 3è texte avait de bonnes qualités, je pense qu’il aurait fait une bien meilleure base commune, mais il a aussi souffert de plusieurs choses qui ont agacé nombreux camarades qui auraient pu y apporter leur suffrage :

- l’inscription de quelques formules inutilement polémiques qui auraient du faire l’objet de débats ouverts et d’une vote majoritaire

- la mise en avant délibérée d’A. Gérin comme "successeur" de Buffet, son désir d’incarner une bataille de chefs, et donc, un combat solitaire et narcissique, ou perçu comme tel, au point que nombreux furent ceux qui ont appelé ce texte " le texte de Gérin" - la personnalisation (et je l’ai immédiatement dénoncée) est un mal qu’il fallait éviter et qui signe une époque, une conception révolue du communisme en France.

- la tardiveté de l’unification des opposants (qui était en soi révélateur des difficultés et compromis internes à ce groupe) ce qui a pénalisé sa diffusion, obéré son adoption ....

Reste que , de toute manière, nous le savions au fond, le 3è texte n’avait pas vocation à l’emporter, et contrairement à l’analyse de certains ici ou là après ce premier vote, non je ne pense pas qu’il y ait quelque combat à poursuivre.

On n’amende pas une base commune comme celle de la direction nationale ; on ne l’amende pas, surtout quand on l’a combattue aussi violemment (et avec raison) quand on s’est réclamé urbi et orbi du marxisme (en ayant certes fort "opportunément" oublié le léninisme....) car ce texte n’est pas amendable, tout simplement, surtout pas dans ces conditions !

L’amender, c’est se compromettre.

Globalement, ce 3è texte aura aussi souffert de ce dont souffre tout le PCF, sauf que logiquement, quand on est minoritaire, ça pèse plus lourd, à savoir le silence sur la crise, l’absence de proposition concrète d’action unitaire, le refus d’organiser la contestation populaire...qui ne sont eux mêmes que la traduction d’un mal endémique des mouvements communistes directement issus de la IIIè Internationale (qu’on le nomme bureaucratisme, stalinisme, révisionnisme, réformisme, gauchisme, ou tout ça à la fois...).

Mais d’une certaine manière, cet échec cuisant, cet écroulement complet, c’est une victoire pour certaines prévisions ou avertissements de V. Lénine, qui résonnent avec force d’outre tombe, et aussi, il me semble en partie, de R. Luxemburg.

Enfin, comme on dit en rigolant, "c’est au pied du mur qu’on voit le gauchiste".

Mais c’est vrai que quand on se dit communiste, a fortiori quand on prétend incarner la "ligne révolutionnaire", ça la fiche vraiment mal d’être complètement focalisé par un Congrès ( presque perdu d’avance si on veut être réaliste compte tenu des conditions), de devenir muet et sourd pendant des semaines alors que le capitlaisme traverse uen crise historique, et que nous devrions être concentrés sur l’action, pour mettre tous les coups que nous pourrions porter.

Qui croit que le capitalisme va collapser et tomber tout seul, sans que nous ayons à le combattre réellement, fait manifestement une erreur de lecture des travaux de Marx et Engels, une erreur de lecture de l’histoire, et surtout, une erreur d’analyse.

Ce silence, cette inaction, c’est croire aussi que nous, les travailleurs, nous n’attendions que cela, pour vivre, pour réagir , de savoir ce qui se passe au congrès du PCF....

Absurde et faux !

Bref, "on ne tire pas sur un homme à terre" ( "mais quand alors?" aurait dit W. Allen...)

Pour ma part, le mutisme et l’inaction dans une période aussi cruciale ont achevé de me convaincre que si j’étais bien communiste, je n’avais vraiment plus rien à faire au PCF.

Aussi, hier soir à 18h45, j’ai donc pris une double décision :

- finalement, ne pas aller voter (pour ne plus participer à une mascarade qui tourne au tragique et parce que l’inertie des représentants du courant dit révolutionnaire en une telle période m’a semblé folle compte tenu de ce qu’ils prétendent incarner),

- et immédiatement, quitter le PCF.

Je ne m’étendrai pas sur cette décision personnelle, j’en ai prévenu mon secrétaire de section et mes camarades de cellule par courrier hier soir, je peux donc le dire ici aujourd’hui.

Je dirais simplement que, pour différentes raisons, je ne suis pas du tout dans le même esprit que lorsque j’ai quitté le PS.

Aujourd’hui, je suis surtout profondément triste et affligée, et mon cœur est serré, vraiment serré.

Cela étant dit 2006 restera comme le moment où j’ai rencontré ma conscience de classe, où, progressivement au long des mois, elle a fait germer en moi le désir révolutionnaire, et où je me suis découverte, où j’ai commencé à me construire comme communiste.

Mais quitter le PCF, quelque part, c’est aussi un deuil , comme ça a été pour tant d’autres (et demain c’est la Toussaint, il n’ y a pas de hasard !).


La disparition prochaine de la LCR dans le NPA va laisser orphelins de nombreuses personnes (sans doute plus de sympathisants que de militants) pour qui la référence communiste et révolutionnaire dans un mouvement socialiste avait un sens, constituait une nécessité.

Tout le monde, enfin, tous les communistes un peu avertis, ceux qui voudront bien faire un effort d’honnêteté envers eux mêmes savent, puisqu’il est déjà question d’amendements, qui va sortir "victorieux" de ce Congrès du PCF, comment et pourquoi - ce ne seront pas les travailleurs, mais une poignée d’apparatchik constitués en caste.

La suite, pour ce reste du Parti, est écrite noir sur blanc, malheureusement :

encore plus d’alliances avec le PS au prétexte de l’aile gauche de celui-ci (Hamon/Mélenchon), et notamment aux Européennes à travers le véhicule social démocrate européen "PGE",

destruction finale du PCF

formation d’une "Die Linke" à la française , alimentation par un autre courant du NPA, et constitution de petits groupuscules "postcommunistes"...

De plus en plus, il m’apparaît évident , comme cela apparaît évident à des tas d’autres camarades avant moi, (qu’ils soient au Prcf, aux Rouges vifs, issus du groupe "Perlicand" ou nulle part, qu’ils soient trotskistes, léninistes, maoïstes, "simplement marxistes", voire "rien du tout-istes"), que la nécessité de construire un nouveau parti, en tout cas, une nouvelle organisation des communistes, où nous allons pouvoir rassembler nos forces, va s’imposer, enfin (je dis" enfin" car cela a été tenté précédemment par le Prcf, par exemple, qui depuis sa création a toujours proposé l’unité des communistes, mais les conditions historiques ne s’y prêtaient pas encore).

Le projet "d’Assises du communisme" démontre lui aussi ce désir de reconstruction et d’unité.

Oui, ce nouveau "parti des communistes" ( appelons le ainsi en attendant), il va falloir retrousser nos manches, ranger nos egos et descendre de nos "hauteurs savantes" pour le créer tous ensemble et très prochainement.

Je le dis aussi pour moi (eh oui comme quoi tout arrive) , et je compte bien m’appliquer d’abord à moi même les enseignements que nous devons tirer (en ce qui concerne la France pour commencer) de ces 40 dernières années du PCF, et des 25 dernières années de "la gauche" ; non pas parce que je souhaite m’auto-flageller (c’est pas mon genre), mais parce que, là encore, c’est une nécessité, à la fois pratique et théorique.

Je proposerai seulement dès à présent un principe qui me semble vital, un principe pour commencer qui, à mon sens, devrait nous servir de pierre angulaire :

Ne pas couper les cheveux en quatre, d’abord construire sur des bases minimales, mais de classe, ensuite nourrir, donc, reconnaître humblement que pas un plus qu’un autre n’a "LA Vérité" et que, tant que nos bases communes seront :

la reconnaissance de la nécessité et de la vigueur du marxisme,
l’attachement à l’idée révolutionnaire et internationaliste,
le désir de changer de société, de lutter contre la dictature bourgeoise, de combattre le capitalisme, et de créer une démocratie prolétarienne

et non seulement de penser, de dire, mais surtout, et encore, d’agir en communistes,

dans ce cas-là, et bien, mes camarades, nous sommes toutes et tous légitimes à fonder ce nouveau parti des communistes, à nous y rassembler, à nous y armer et à le faire vivre, non pour soi, non pour une bureaucratie ou une caste de politicien-n-e-s, mais pour qu’il soit instrument révolutionnaire, entre nos mains de militant-e-s, entre celles des travailleurs.

Personne n’y trouvera jamais absolument tout ce qu’il souhaite y trouver, c’est pourquoi il faudra dégager quelques priorités et des principes de travail souples, efficaces, il faudra se concentrer sur l’essentiel, s’accrocher à ce qui nous rassemble et non pas se crisper sur ce qui nous divise.

Pour avancer dans la lutte des classes et dans le combat contre Sarkozy, Fillon et ce qu’ils incarnent et représentent.

La rapidité va s’imposer à nous, pour différentes raisons, mais nous y reviendrons.

Je vous salue toutes et tous mes camarades, que vous restiez ,que vous soyez déjà partis, que vous partiez (et je sais déjà que je ne suis pas la seule à avoir pris la décision de partir hier soir).... du PCF.

Dans l’immédiat, j’aimerais que nous soyons optimistes malgré tout, pleins, non pas d’utopie, mais d’ESPOIR, nous allons nous en sortir, nous allons les renverser, tous ces exploiteurs, et de toute façon nous n’avons pas le choix, car la lutte court dans nos veines et s’impose à nous comme une évidence.


Pour celles et ceux qui seront devant le Ministère des Finances pour une première manif’ ce soir à l’appel des JC, à partir de 18h30, je propose les revendications suivantes :

sortons de l’Union Européenne, maintenant

nationalisons et mutualisons les banques, les assurances, les fonds de placement et les grandes industries, notamment de la métallurgie ( chantiers navals, automobile)

portons l’exigence du contrôle des travailleurs sur la vie du pays dans lequel ils résident

demandons la démission immédiate de tous les représentants de la bourgeoisie dans les institutions et la tenue d’Etats généraux pour construire une démocratie prolétarienne.


A très bientôt j’espère donc, nous n’avons pas d’autre choix que nous unir, pour agir, et il faudra bien le faire.

La Louve