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vendredi 12 mars 2010

ABSTENTION ET VOTE BLANC : DES CHOIX RESPECTABLES ET DES MESSAGES CLAIRS



L’abstention et le vote blanc ou "nul", bien qu’ayant sans doute des significations légèrement différentes, seraient des "preuves de résignation", des "actes de découragement", "antidémocratiques", des actes "d’immaturité politique"...etc.

Gérard Longuet, patron des sénateurs UMP dont on a pu se souvenir il y a quelques jours qu’il avait été un des fondateurs du groupe d’extrême droite "Occident" (cf. ses propos sur Boutih et le président de la HALDE), a même proposé de rendre le vote OBLIGATOIRE !

Pour vous dire comme l’abstention est, elle, antidémocratique, hein... ;)

Quand on est "de gauche", l’argument massue c’est en général : "l’abstention, le vote blanc, cela fait passer la droite (car les électeurs de droite, eux, votent)". "Tu dois voter NPA/FDG/LO... pour peser sur le PS". "Le PS ce sera toujours mieux que la droite".

Sans qu’on soit cependant à même d’expliquer ce que cela signifiait "droite" "gauche" aujourd’hui, justement (alors qu’une grosse partie du problème est bien là).

Certains tentent un "Je vais voter au premier, mais pas au second comme ça je ne vote pas pour le PS".

Est-ce plus cohérent? Je ne suis pas sûre.

Ordonc, voici les abstentionnistes et autres renégats de la DEMOCRATURE-confiture renvoyés dos à dos de leurs propres ennemis de classe, voire "alliés objectifs" ! Très classe.

Tout ceci au nom d’un "principe de réalité" qui, je le pensais encore il y a peu, me semblait réservé aux pensées totalitaires et fascisantes "de droite" (voire d’extrême droite, où le fameux "vote révolutionnaire" n’a jamais été, pour le coup, une abstraction métaphysique...).

Voilà, donc, là, on assiste, comme à chaque scrutin, à une mise au pilori en règle de celles et ceux qui n’iront pas VEAU-ter.

Avec le genre d’assertion que nous sortent TOUS les partis qui concourent à ces élections.

Personnellement, j’aurais tendance à appeler cela du "terrorisme intellectuel".

Doublé d’une grosse mauvaise foi et d’un aveuglement que seule la "gestion à court terme" et le renoncement à l’intérêt général peuvent justifier.

Car ce n’est pas aussi simple que "abstention = couillons" (ni non plus d’ailleurs que "élections = piège à cons" que pour ma part, je ne pratique pas et n’ai jamais pratiqué).

Je parie qu’il y a peu d’abstentionnistes ou de "blanchistes" habituels, "idéologiques", dans les 50 % de personnes qui n’iront pas voter Dimanche, et même sans doute, que parmi eux, beaucoup seront d’anciens "électeurs de gauche" justement.

Loin d’être un acte anodin, dépourvu de sens au regard des institutions actuelles, l’abstention (ou le vote blanc) sont des signes extrêmement forts adressés à l’ENSEMBLE de ceux qui, "droite" ou "gauche", sont considérés, sans doute avec une certaine raison, comme appartenant à la même "CASTE"(reste à savoir ce qu’on reproche à cette "caste"), qui défend au fond, le même système, ne proposant que des aménagements différents de ce système qui fait "en-commun", et à la marge.

L’abstention (ou le vote blanc) signent, je le pense, compte tenu des circonstances actuelles, loin d’un renoncement, la colère violente d’un PEUPLE, qui se regarde, qui se connaît, qui connaît de façon historique et presque "innée" la violence dont il est capable de faire preuve dans des situations de crise insurmontables (dois-je rappeler aux ahuris que la France est une terre de révoltes et de révolutions parfois extrêmement violentes? Allez oui, j’y vais : 1789, 1791,1848, 1871, 1936, 1968...), mais qui aspire quand même profondément à la paix sociale, aux réformes législatives et au débat, plutôt qu’à couper des têtes, pendre les banquiers, ou à brûler des voitures, et qui , faute de relais fiables pour exprimer sa colère autrement, pense envoyer ainsi aux "dirigeants politiques" un MESSAGE qu’il ne tiendrait qu’à eux de comprendre.

L’abstention pour moi, c’est ce MESSAGE.

Et si on le replace dans son contexte, celui des, disons, dix dernières années, je crois que son sens est assez clair, notamment "à gauche".

D’où que nous parlions (communistes, socialistes, écologistes...), quoi que nous espérions, NOUS SOMMES PROFONDÉMENT EN COLÈRE.

Peut être que si on écoutait un peu plus "le peuple" dont "on" (qui est un con, comme chacun sait) ne se gargarise qu’en période électorale, chaque jour, on se rendrait vite compte que ce que le SYSTEME s’acharne à faire passer pour de la RESIGNATION (comme si nous étions des bons cons sous antidépresseurs parce qu’on ne va PLUS VEAU-TER), c’est une COLÈRE FORTE , UN DÉGOÛT,et, comme disait Jean Sol, "LA NAUSÉE" (après "LES MAINS SALES", c’est normal...), qui montent avec obstination et que chaque échéance électorale rend de plus en plus forte, d’ailleurs.

Bien sûr, "on" peut continuer à faire semblant de ne pas comprendre ce que signifie cette abstention, ce vote blanc, DANS LES CIRCONSTANCES ACTUELLES.

On peut continuer à dire "les prolos qui ne vont pas voter donnent des voix à la droite...c’est pas bien... blablabla".

On peut continuer à rendre le prolétariat, le peuple, responsables, et ne pas vouloir comprendre pourquoi le peuple a majoritairement élu un SARKOZY, et pourquoi c’était ROYAL face à lui :

Je rappelle : "DÉSIR d’AVENIR" et "RUPTURE".

Pourtant, il me semblait que, même exprimé au premier degré et à côté de la plaque, le message de nos camarades , de nos frères et soeurs, de nos concitoyens , était CLAIR :

Il y a un désir de CHANGEMENT DE SOCIÉTÉ FORT, QUI SE RADICALISE, VERS UNE SOCIÉTÉ PLUS JUSTE, DIFFÉRENTE DE CELLE QUE NOUS CONNAISSONS DEPUIS 20 ans, au moins.

Il y a une prise de conscience aiguë que nous avons régressé, que la France d’aujourd’hui PUE, et pire encore, car non seulement nous avons régressé socialement, économiquement, mais aussi politiquement. Pas seulement en terme de représentation populaire, mais en termes d’engagement citoyen, de propositions novatrices, alternatives, culturelles.

Alors même que le peuple de Grèce est confronté à une crise monstrueuse, à une attaque sans précédent du FMI, de l’UE, des spéculateurs financiers, qui hypothèque l’avenir de millions de personnes sur plusieurs décennies, AUCUN candidat "de gauche" n’a parlé de l’Union Européenne telle qu’elle existe aujourd’hui (et très éloignée de l’Europe des peuples, de l’Europe politique avant d’être économique, rêvée un jour par nombre d’entre nous)...

TOUTE ET TOUS , MÊME LE NPA, veulent au contraire accréditer LA RÉGION comme échelon de "démocratie" valable, alors que c’est bien un des plus mauvais qui soit. Pour des tas de raisons.

Est-ce NORMAL?

Aucun projet politique, aucune rupture de CE TYPE, aucun avenir nouveau ne semble poindre, ce qui entraîne DE LA COLÈRE, particulièrement dans une telle période de crise.

Attention à toutes et tous qui maintenez les politiciens dans l’illusion qu’ils pourront encore nous berner longtemps, et que l’abstentionniste est un défaitiste, car il n’est pas dit que celui ou celle qui incarnera le mieux cette colère un jour ( et il arrivera forcément) le fera "dans le bon sens" si on continue à laisser en déshérence NOTRE champ de bataille.

Faudra pas pleurer ensuite.

En espérant que les mêmes qui ont dépensé tant d’énergie à faire la morale seront aux côtés de ceux qui se battront pour leurs droits.

samedi 6 février 2010

Laïcité et féminisme : Quand un politicien proche du Grand Orient de France fait la leçon au NPA , par les Frères Jacques



de LES FRERES JACQUES

Rappelons quelques FAITS.

Eux, au moins, ne sont guère contestables.

Ce ne sont pas des "opinions".

Le Grand Orient de France s’est encore prononcé récemment contre la mixité en loge.

Les "Frères-la-gratouille" ( une appellation que leur donnait François Mitterrand) veulent rester "entre couilles", comme on dit dans les vestiaires de foot.

C’est de notoriété publique.

56% de contre et 44 % de pour, de mémoire.

Reformulé après le Convent du GODF de 2009.

Mais ça, ça ne déchaîne pas les foules ça hein?

Et pourtant, nous sommes au 21ème siècle, que Diable, et n’y aurait-il pas un principe constitutionnel qui pourrait même, à la rigueur, s’opposer à cette décision?

Récemment encore, la position alambiquée (incroyablement sexiste et déterministe !) des mêmes Francs-Maçons quant au changement de sexe d’un de leurs "frères", devenu femme après un processus transsexualiste, est apparu comme un sommet d’équilibrisme intellectuel...et de mauvaise foi.

Puisque "les Frères-Trois-Points" s’octroient souvent le privilège - que nous leur envions toutes et tous, d’ailleurs - de laisser un peu les lois de la République ( leur "République chérie") à la porte de leurs loges, nous citons, de mémoire : "juridiquement il est devenu une femme mais il a été initié chez nous comme un homme".

Donc, pour ses "frères", il reste un "frère", pas de femme chez nous, CQFD !

Adoncque, dans un journal qui roule pour le Modem de façon notoire, quelle surprise de lire, il y a très peu, les propos d’un ex-sénateur, député européen "Front de gauche", dont les rumeurs persistantes (jamais démenties et plusieurs fois reprises), le disent très proche, voire, membre initié du Grand Orient de France, ce même sénateur qui disait de Ségolène Royal au moment de la candidature au PS en 2006 que "la présidentielle n’était pas un concours de beauté", bon copain, fut un temps, de Fabius et Emmanuelli, de grands féministes jamais en panne d’une bonne vanne, (et qui n’y étaient pas allés avec le dos de la cuiller non plus à l’annonce de la candidature Royal), faire la leçon au NPA suite à l’annonce de la candidature d’Ilham Moussaïd pour le NPA dans le Vaucluse !

L’ex- sénateur et député européen en question donc, se pose courageusement, (oh oui, quel courage ! dans une France sarkozyste et gérinisée, en Croisade déclarée), face à la candidature de cette "femme-voilée", en défenseur de la laïcité (admettons, même si sa définition de la laïcité est très contestable et que la France n’est pas le pays où règnerait parfaitement cette laïcité exigeante, sectaire que le sénateur revendique), mais, là, c’est plus drôle, en féministe, défenseur des droits de "la Femme" !

"La-Femme-Voilée", andouille, FORCEMENT, brebis égarée à éclairer d’urgence, soumise à une système patriarcal ? "On ne peut pas se dire féministe en affichant un signe de soumission patriarcale." dit le député du Front de Gauche.

On atteint des sommets quand ledit Mélenchon, plein de sa propre importance, assène cette Vérité, en mélangeant allègrement religion et système des castes en Inde, nous citons :

"Il avait été évoqué le cas du syndicat des transports. Conducteurs et bagagistes ne parvenaient jamais à faire la grève ensemble parce que les conducteurs étaient brahmanes et les bagagistes des intouchables… "

Et cette sortie, hommage du vice à la vertu, lui qui s’y connait quand même un peu en matière d’orgueil, nous citons :

"Je lui demande de tirer les leçons de l’histoire de France. Non pas parce qu’il s’agit de l’histoire de France, mais parce que nous avons connu trois siècles de guerres de religions. Il ne faut pas être orgueilleux et elle doit apprendre qu’il faut se nourrir des luttes du passé."

Pas moins. Ilham, nouvelle Hélène de Troie !

Merci pour elle, merci à toi, ô Phare de la Pensée Progressiste !

Heureusement que le ridicule ne tue pas, il y aurait des morts, nombreux, tous les jours.

Et comme disait Audiard "Si les cons volaient, certains seraient chefs d’escadrille"...

Questions, maintenant :

Nous pensons qu’Ilham Moussaïd est, avant toute chose, une femme courageuse, oui, car elle va devoir affronter de multiples tirs venant de plusieurs côtés, des obscurantistes et réactionnaires verts et rouges-rosés, des racistes bruns, tous ceux qui, au fond, ne lui laissent comme choix que celui du reniement de ses idées - toutes ses idées -, ou le retour à un ghetto pour le coup, oui, dramatiquement et invariablement patriarcal, machiste et radical.

Laisser les femmes qui veulent en sortir croupir dans ces ghettos, tenus par les hommes, pour les hommes, au besoin par la violence physique, quels que soient leur couleurs, leurs teneurs, leurs religions, c’est cela, être féministe pour certains (qui démontrent bien ainsi quelle conception ils ont de la libération de la femme et du féminisme..)?

Nier leur droit fondamental à l’expression politique, pour faire d’une question de choix individuel un motif d’exclusion sociale, c’est cela, le féminisme?

On se croirait revenu au temps où les curés exorcisaient les femmes à les en faire crever pour "les libérer du démon" - pour leur bien, naturellement ; le temps aussi où les pionniers de la psychanalyse faisaient enfermer les "hystériques" après mutilations et tortures, "pour leur bien", encore...

" Libère toi toute seule, ou va te faire voir", en somme.

Comme si ON POUVAIT SE LIBÉRER DE CE TYPE DE DOMINATION ET D’EXPLOITATION SEUL(E) !

Et les ouvriers (même ceux qui ont un jour voté à droite) qui se rassemblent en syndicats pour lutter contre le patronat, c’est une lutte individuelle peut être? Ce n’est pas politique?

Que pense donc M. Mélenchon de la non-mixité, assumée et revendiquée comme règle fondamentale (et il faut voir parfois avec quels arguments !) par ses "proches" du Grand Orient de France, devant lesquels il est même allé discourir?

Puisqu’il faudrait presque, selon certains, crucifier la courageuse Ilham sur l’autel de l’orthodoxie laïque, nous proposons à ces mêmes défenseurs acharnés de "La Femme" de commencer par interdire aux membres du GODF de se présenter à une quelconque élection républicaine tant qu’ils n’auront pas abandonné leurs positions sur la non-mixité.

"Et ce sera justice" !



De : LES FRERES JACQUES
vendredi 5 février 2010

samedi 28 novembre 2009

« La journée sans immigrés : 24h sans nous ! ».


Manifeste du Collectif « La journée sans immigrés : 24h sans nous ! ».

Faisons du 1er mars une journée historique.

Nous, femmes et hommes, de toutes croyances, de tous bords politiques, et de toutes couleurs de peaux, immigrés, descendants d’immigrés, citoyens conscients de l’apport essentiel de l’immigration à notre pays, en avons assez des propos indignes tenus par certains responsables politiques visant à stigmatiser ou criminaliser les immigrés et leurs descendants. Rappelons qu’un immigré est celui qui est perçu comme tel par les autres au-delà même de ses origines. Nous voulons nous réapproprier et réhabiliter ce terme devenu péjoratif par la force de l’instrumentalisation politique.

Nous refusons les stéréotypes véhiculés qui menacent notre cohésion sociale. Nous refusons que les bienfaits passés, présents et futurs des immigrés qui ont toujours construit la France soient ainsi niés d’un trait. Et entendons par ailleurs qu’il nous appartient de les mettre en valeur.

Les immigrés et descendants d’immigrés ont manifesté à maintes reprises pour défendre leurs droits. Et en retour, ils n’ont reçu que mépris ! Aujourd’hui, puisqu’il est convenu que « la consommation est le moteur de la croissance », nous voulons agir sur ce levier pour marquer notre indignation.

Le 1er mars 2005 est entré en vigueur le «code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile» (CESEDA), plus communément appelé le code des étrangers. Cette loi symbolise une conception utilitariste de l’immigration, en d’autres termes, une immigration choisie sur critères économiques. Nous ne pouvions trouver de meilleur jour pour appeler à « une journée sans immigrés ». Nous, immigrés, descendants d’immigrés, citoyens conscients de l’apport de l’immigration à notre pays, sommes tous des consommateurs et nous participons quotidiennement à la croissance de notre pays.

Notre action citoyenne a pour objectif la mise en valeur de l’apport de chacun d’entre nous à la prospérité générale. Nous avons tous le pouvoir d’agir sur notre avenir alors, prenons-le !

Le 1er mars 2010 : Agissons en cessant de consommer et/ou de travailler.

Durant 24 heures, participons à la non-activité économique dans les entreprises, dans les associations, dans la fonction publique, dans les écoles et les lycées, dans les universités, dans les hôpitaux, dans les associations, dans les commerces, dans l’industrie, dans le bâtiment, dans l’agriculture, dans les services, dans les médias, dans la politique…

Pour la première fois en France, nous décidons de ne pas participer à la vie de la Cité. Par cette absence, nous voulons marquer la nécessité de notre présence.

http://www.lajourneesansimmigres.org/fr/

http://blog.lajourneesansimmigres.org/

http://www.facebook.com/group.php?gid=126193638638&v=info#/group.php?gid=126193638638&ref=mf

lundi 8 juin 2009

FRONT DE GAUCHE/ NPA: ZERO PARTOUT... BALLE AU CENTRE?




Ces élections européennes,pour le NPA/Front de Gauche, c'est un peu Nadal et Federer à Roland Garros cette année. Nadal n'est pas allé en finale. Federer a ENFIN gagné, mais pas contre Nadal.

Du point de vue des communistes, plusieurs choses ressortent de ce scrutin du 7 juin 2009.

1 ° L' Union Européenne, en tout cas, son soi disant "parlement", est vécue et perçue comme une arnaque capitaliste, en tout cas, disons au moins, une construction profondément anti-sociale, non démocratique, tout juste bonne à s'occuper d'écologie (et encore faut-il entendre ce que l'on appelle "écologie" dans le contexte actuel).

2° Une bonne part des abstentionnistes est, à l'évidence, constituée de citoyens qui refusent cette construction-là, qui méprisent la classe politique actuelle dans son ensemble, classe politique qui se tutoie sur les plateaux de télé alors qu'elle est supposée être composée de gens qui défendent des projets de société différents, voire, opposés. Classe politique qui a un point commun, à de très rares exceptions, vouloir imposer par les faits ce que certains disent même rejeter en paroles, se mettre, en tout cas, d'accord, pour continuer à cautionner la fausse démocratie bourgeoise et pour empêcher toute alternative d'une véritable perspective révolutionnaire et d'une démocratie prolétarienne.

Oui, l'abstention est à la fois le signe d'un profond mépris et d'un refus obstiné. Certes, l'abstention en général n'est pas "plus de droite que de gauche" par essence, mais elle l'est plus ou moins en fonction des enjeux et des scrutins. Et l'Union Européenne, normalement, et si ma mémoire ne me joue pas des tours, ça fait voter , depuis toujours, les gens de droite qui ont compris, eux, depuis belle lurette, ce qu'était l"euro-impérialisme et quels avantages ils avaient à la bichonner.

3° Les communistes qui se travestissent prennent immanquablement des gifles. Le Front de Gauche, s'il a officiellement vu la victoire de 4 de ses candidats, dont Mélenchon (qui devient ainsi momentanément un bon "cumulard), est EN RÉALITÉ un échec pour le PCF, par rapport à 2004, car si on fait correctement les comptes, le PCF "soi-même" ne gagne rien mais fait la courte échelle à une transfuge du PS "militante féministe" - qui me semble plutôt "mélenchoniste" que communiste.

4° Les forces anticapitalistes qui ne savent pas être unitaires et ouvertes aux autres le paient aussi assez chèrement. C'est sans doute une des raisons du score mitigé du NPA, qui est resté très tourné vers lui-même pendant la campagne et n'a présenté quasiment que des militants NPA sur une ligne "100 % NPA".

NPA comme Front de Gauche ont affiché tous deux, chacun à leur manière, une volonté hégémonique, ou disons, une conception de la politique toujours "verticale", pensée en termes de "leadership", qui n'est plus en phase avec l'air du temps, puisque le temps semble venir enfin de la sortie de l'enfance politique réclamant une tutelle, la délégation de pouvoir, et un "homme providentiel".

5° Les restes de la vieille sociale-démocratie sont en train de disparaître définitivement. Le PS a pris la veste méritée après s'être essuyé les pieds sur le dos de notre vote "NON" de 2005, lorsque par abstention, il a collaboré avec l'UMP le 4 février 2008 pour faire passer le Traité de Lisbonne. C'est le moment de faire le ménage. Nous avons fait le ménage. Nous le ferons encore.

En d'autres termes, le score, tous partis confondus, de ce qui se revendique (à tort ou à raison) de "la gauche de gauche", compte tenu de l'abstention, est à peine satisfaisant.

Et c'est la conjonction de plusieurs "maladies", dont chaque partie, chaque "Nomenklatura" a sa part. Il n'y a pas plus de victoire du Front de gauche que de victoire (ou de défaite) du NPA. A peine le Front de Gauche est-il un peu moins démuni que le NPA puisqu'il emporte donc "4 élus" - mais si on doit se contenter de cela pour crier "hourra" on est mal barrés....

Il me semble que l'électorat communiste ( qui existe encore, on en a la preuve ici et ailleurs tous les jours) a simplement renvoyé dos à dos, ENCORE UNE FOIS, tous les succédanés de communisme qu'on lui présente sans discontinuer depuis des années: "collectifs unitaires anti-libéraux", "gauche populaire et anti-libérale", "front de gauche", "anti-capitalisme"...et a critiqué, encore une fois, l'absence de possibilité unitaire réellement radicale.

Cela témoigne en revanche d'une (très) bonne santé mentale de l'électorat communiste ou sympathisant communiste, socialiste révolutionnaire, qui, lui, et contrairement à ses soi disant "leaders médiatiques", n'a pas perdu complètement sa boussole ni certaines de ses valeurs fondamentales.

Mais partant du juste principe que "la pourriture est le laboratoire de la vie", à condition que toutes et tous nous nous retroussions les manches pour remonter la maison communiste sur des fondations solides, avec ou sans le PCF, avec ou sans le NPA, (avec tout le monde, ce serait mieux) tout n'est pas perdu et loin s'en faut.

Il faut être optimiste. Ne serait-ce que parce que, en ce 7 juin 2009, malgré tout ce que les médias menteurs nous diront, l'UMP et Sarkozy ont pris leur vraie première claque depuis mai 2007.

Nous avons, je pense, des raisons de l'être, optimistes.

Moi je le suis en tout cas. Pas par la méthode Coué, ni parce que j'ai abusé de ma moquette, mais parce que l'analyse des résultats "électoraux" doit nous incliner à être optimistes, SI, si nous savons à nouveau penser sur le long terme, de façon à la fois pragmatique, visionnaire, et radicale, si nous savons reprendre le contrepied exact de la pensée dominante, dans l'objectif unique de construire un projet politique révolutionnaire anti-capitaliste ( et ça, ça s'appelle donc un projet communiste, désolée...)

Nous, communistes, où que nous soyons, sommes une force. Une force éparpillée, une force en convalescence (ces 20 dernières années ont été tellement dures pour nous toutes et tous, depuis la chute du mur de Berlin, en gros), une force renaissante, mais une force réelle quand même.

Nous sommes confrontés à un éveil des consciences politiques chez nos semblables, dans notre classe, que nous devons absolument saisir.

Non pas pour nous rendre plus "sexy" en nous camouflant, non pas en essayant de coller à ce que les médias bourgeois nous tendent comme miroir aux alouettes. Non pas en allant faire des danses du ventre pour "remplacer" le PS.

Le Front de Gauche seul ne sera rien, pour des raisons de fond, tenant strictement à ce qu'il propose comme "vision du monde" (une énième resucée de la vieille social-démocratie, sans aucune perspective révolutionnaire).

Le NPA seul ne sera rien non plus, pour des raisons de stratégie, tenant principalement à ses relations avec le mouvement en général et les communistes dans le mouvement en particulier (une sorte de "grande LCR" donc).

C'est comme cela, je pense, qu'on peut analyser le résultat Front de Gauche/NPA : pour des raisons différentes, les électeurs "de gauche de gauche" ont renvoyé les deux formations plus ou moins dos à dos.

L'équation ne sera pas résolue en faisant simplement l'addition, factice, "Front de gauche + NPA". Certainement pas.

Pour être tout à fait complets, il est évident aussi que la galaxie communiste "activiste", principalement issue de l'éclatement progressif du PCF, est éparpillée sur toute la France, de façon très groupusculaire, sans parvenir à dépasser cela, ni à se fédérer, sans qu'aucune formation ne puisse prétendre à elle seule , remporter "le leadership", et c'est TANT MIEUX.

On ne sortira de ce cercle vicieux qu'en s'y collant toutes et tous, en reconstruisant un mouvement COMMUNISTE, où la liberté et le respect de l'autre seront la règle fondamentale, et dont l'objectif sera la mise au point, dans un travail collectif (et tant pis si nous sommes une addition de 150 "groupuscules"), d'un projet politique révolutionnaire susceptible de donner force et courage à tous les lutteurs en France, qui se battent contre le capitalisme.

On s'en sortira si on arrête de penser d'abord et exclusivement "parti" ou "formation", et qu'on recommence, majoritairement, enfin, à penser d'abord et avant tout "classe". PROLÉTARIAT. Alliés objectifs du prolétariat.

On ne s'en sortira, on n'avancera, nous, prolétaires, - dont les communistes doivent être, en effet, un "fer de lance" - , qu'en faisant, pour certains, acte d'humilité (au moins les pendules sont définitivement remises à l'heure ou presque, à part quelques obstinés, plus aucune formation communiste ou se réclamant du socialisme ne peut se prétendre plus "fine" ou plus "maligne" que les autres), pour d'autres, en abandonnant certaines vieilles lunes ("faire renaître le PCF" par exemple, ou "reconstruire le PS" ou "l'union de la gauche"), en acceptant ENFIN que le communisme n'est pas monolithique, qu'il n'est pas d'un bloc, que de ce point de vue il faut faire l'effort de sortir d'un point de vue théorique, du mauvais héritage de la IIIème Internationale.

Que, au contraire, le communisme connaît de nombreux courants, mais sur des bases communes intangibles (validité de l'analyse marxiste, combat contre le capitalisme, la bourgeoisie, leurs instruments de toute nature, perspective révolutionnaire n'excluant pas certaines réformes d'envergure, primat de la politique sur "l'économisme"...) et que, néanmoins, en toute logique, si nous ne sommes pas devenus toutes et tous complètement siphonnés, ce qui nous rassemble est bien plus fort que ce qui nous divise.

Pour conclure donc, commençons par rassembler tous les communistes et sympathisants communistes en France, dans un projet enthousiasmant, celui de la construction d'une perspective politique révolutionnaire.

Je ne me joindrai plus à un mouvement qui prétendrait "reconstruire le PCF", même si je comprends les camarades qui en font encore leur cheval de bataille. En revanche, et comme tant d'autres, je participerai avec grand plaisir à des débats qui auront pour but cette refondation nécessaire, cette construction, non pas d'un "sujet politique" mais d'un PROJET POLITIQUE pour le communisme au 21ème siècle.

DU PASSE, FAISONS TABLE RASE!