mercredi 2 mai 2012
"La France"
Ras-le -bol du racisme, de l’antisyndicalisme, de la xénophobie ambiants... Stop. ça suffit la politique du bouc-émissaire.
Défendons nos couleurs ! Notre palette est plus étendue que la leur.
"La France" , c’est AUSSI : Eugène Ionesco, Romain Gary, Tahar Ben Jelloun, John-Antoine Nau, Amin Maalouf, Anna Langfus, Andreï Makine, André Schwarz-Bart, Atiq Rahimi, Jonathan Littell, Jorge Semprun, Julian Green, Milan Kundera, Cioran, Samuel Beckett... pour n’en citer que quelques-uns.
ET "La France", c’est AUSSI : Celestino Alfonso ,Olga Bancic, Joseph Boczov, Rino Della Negra, Thomas Elek [Elek Tamás] , Maurice Fingercwajg , Spartaco Fontano, Jonas Geduldig, Emeric Glasz [Békés (Glass), Léon Goldberg, Szlama Grzywacz, Stanislas Kubacki, Césare Luccarini, Missak Manouchian, Armenak Arpen Manoukian, Marcel Rayman, Antoine Salvadori, Willy Schapiro, Amédéo Usséglio, Wolf Wajsbrot ...
"La France" c’est AUSSI celle des IMMIGRES, DES ÉTRANGERS, ET DES DRAPEAUX ROUGES, n’en déplaise à certains !
lundi 26 mars 2012
Quelques mots sur l'affaire Merah - Le Journal de Maître EOLAS
Comme souvent quand une affaire vient sur le devant de la scène médiatique (et celle là n’est même plus sur le devant de la scène, elle est tombée dans la fosse d’orchestre), on me pose de nombreuses questions sur les aspects judiciaires. Le plus simple dans ces cas est de faire un billet reprenant les questions revenant souvent et d’y apporter une réponse collective, étant précisé que je n’interviens à aucun titre dans cette affaire, et que mes sources sont la presse, qui fait globalement bien son boulot malgré des spectacles navrants de remplissage de vide sur les chaînes d’info en continu, dont le modèle laisse décidément à désirer.
Pourquoi cette affaire a-t-elle été qualifiée de terroriste, et d’abord c’est quoi cette qualification ?
Le code de procédure pénale (CPP) pose les règles générales applicables aux instructions. Mais d’années en années, des réformes ont ajouté à la fin du code toute une série de règles dérogatoires au droit commun, jamais au bénéfice des personnes soupçonnées, mais, bien sûr, au nom de notre sécurité, l’alibi absolu avec la protection des enfants (ceux là même qu’il faut envoyer en prison dès 12 ans).C’est ainsi que le CPP prévoit des règles de procédure spécifiques pour :
► Les actes de terrorisme (art. 706-16 à 706-25-1).
► Le trafic de stupéfiants (art.706-26 à 706-33).
► La traite des être humains (art.706-34 à 706-40).
► Les infractions sexuelles (art. 706-47 à 706-53-12).
► Les infractions en bande organisée (art. 706-73 à 706-106).
Ajoutons à cela des règles dérogatoires pour les infractions commises par les personnes morales, les majeurs protégés, les déments, en matière sanitaire, économique et financière, et de pollution maritime, et vous comprenez que les larmes qui accueillent tant chez les avocats que les magistrats l’annonce d’une nouvelle réforme du CPP ne sont pas toutes de joie et de reconnaissance éperdue.
En principe, un acte de terrorisme n’est pas une infraction autonome. Il s’agit d’une infraction de droit commun dont le législateur fait la liste[1], mais commises « intentionnellement en relation avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur ».
À ces délits viennent s’ajouter des infractions qui elles sont spécifiques au terrorisme : l’introduction dans l’environnement d’une substance de nature à mettre en péril la santé de l’homme ou des animaux ou le milieu naturel dans le cadre d’une entreprise terroriste, l’association de malfaiteurs[2], le financement d’une organisation se livrant au terrorisme[3], ou le fait de ne pouvoir justifier de son train de vie quand on est en relation habituelle avec des personnes se livrant à du terrorisme[4], qui sont en faits des infractions existantes aggravées ou adaptées (la dernière s’inspire du proxénétisme).
Et à quoi ça sert ?
Tout d’abord, les infractions en questions sont toutes aggravées (sauf l’association de malfaiteurs, on touche déjà le plafond de 10 ans encourus). Les destructions volontaires en réunion, qui font encourir 5 ans de prison, en font encourir sept dans le cadre du terrorisme.En outre, en présence d’une de ces infractions, le tribunal de grande instance de Paris est compétent, en concurrence avec le parquet local du lieu de l’infraction, ici Toulouse et Montauban. Cela ne veut pas dire que deux enquêtes vont être menées en parallèle, le code prévoit les règles de l’éventuelle transmission du dossier à Paris (art. 706-18 du CPP). Pourquoi ?
Parce que les juges et avocats de province sont trop mauvais
Parce que le parquet de Paris est doté d’une section spécialisée, la section C1, et de juges d’instruction également spécialisés dans la matière, et qui connaissent bien les différents réseaux, leur fonctionnement, leur mentalité, et qui ont une formation et des moyens d’enquête adaptés, que n’aura pas aussi facilement un juge d’instruction d’un petit tribunal de province, encore que la réforme des pôles de l’instruction, qui a regroupé les juges d’instructions dans les gros tribunaux, a fait perdre de la force à cet argument. Enfin, les crimes sont jugés par une cour d’assises spéciale composée de 7 magistrats professionnels sans jurés, pour mettre les citoyens à l’abri des pressions et représailles des organisations terroristes.
Enfin la garde à vue peut durer jusqu’à 96 heures, voire 144 heures (oui, 6 jours) en cas de menace imminente (mais une menace non imminente est-elle une menace ?). Jusqu’à il y a peu, le droit à l’entretien avec un avocat était repoussé à la 48e heure, et l’avocat devait être choisi sur une liste spéciale établie par le Conseil national des Barreaux (CNB). Le Conseil constitutionnel ayant jugé ces dispositions contraires à la Constitution, c’est désormais le droit commun qui s’applique : droit à l’assistance de l’avocat de son choix dès la 1re heure, le parquet pouvant repousser cette assistance à la 12e heure de garde à vue par une décision motivée, et saisir le juge des libertés et de la détention (JLD) pour obtenir une décision repoussant à la 24e heure l’intervention de l’avocat. L’avocat peut bien entendu assister so nclient au cours des interrogatoires et des confrontations.
Je précise que s’il s’avère que le quidam placé 6 jours en garde à vue n’a rien à voir avec le terrorisme, aucune nullité n’est encourue, il ne peut même pas prétendre à un mot d’excuse.
Cette affaire relevait-elle vraiment du terrorisme ?
En fait, le débat n’avait pas lieu d’être à ce stade. Le parquet est libre de la qualification qu’il donne aux faits qu’il décide de poursuivre, le juge pouvant, devant même, rendre aux faits leur véritable qualification en fonction de ce que l’enquête révélera. Si le juge d’instruction parisien saisi en raison de cette compétence d’exception estime finalement que les faits ne relèvent pas du terrorisme, il se déclare incompétent et rend le dossier à son tribunal naturel, compétent en vertu du droit commun.En l’espèce, je ne vois pas d’incohérence à avoir estimé au stade du deuxième meurtre que les actions de Mohamed Merah ont été commises intentionnellement, en relation avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur, cet effet ayant même été atteint, notamment grâce au coup de main du Président de la République qui a aidé à filer la trouille à tous les élèves de France, dont ma fille qui me demande depuis mardi si on va venir la tuer à l’école.
Rétrospectivement, les faits ont donné raison à ceux qui ont fait ce choix.
Que change la mort du principal suspect ? Peut-on d’ailleurs le qualifier de coupable ?
Alors là, j’en ai lu des sottises, là dessus.Dans un premier temps, la mort de Mohamed Merah ne change rien (sauf pour lui, pour qui ça change tout). L’instruction va être ouverte, si ce n’est déjà fait, car la vérité doit être faite sur les faits exacts, et d’éventuels complices doivent être identifiés et si possible interpellés. Toute personne lui ayant fourni en connaissance de cause, c’est à dire sachant qu’il se disposait à commettre des meurtres ciblés, un soutien logistique, ou lui ayant donné des instructions, encourt la réclusion criminelle à perpétuité. La question se pose tout particulièrement au regard de l’arsenal dont il disposait. L’implication de ses proches doit également être vérifiée. La justice n’en a pas fini avec cette affaire.
S’agissant de Mohamed Merah, sa mort met fin à l’action publique : c’est l’article 6 du Code de procédure pénale. Il ne peut être mis en examen, jugé ou a fortiori condamné. En France, on ne juge pas les morts. Il n’y a pas si longtemps, on pouvait dire “on ne juge pas les morts et les fous”, mais les temps changent.
Mais l’extinction de l’action publique met fin aussi à la présomption d’innocence, qui ne s’applique qu’aux vivants pouvant faire l’objet d’un procès. Mohamed Merah n’est plus présumé innocent, je puis écrire ici qu’il est le meurtrier de Toulouse et de Montauban, tout comme je peux écrire que Lee Harvey Oswald a assassiné John Fitzgerald Kennedy sans violer sa présomption d’innocence, bien qu’il n’ait jamais été jugé pour son crime, ayant été abattu 3 jours plus tard.
Entendons-nous bien : le fait que sa présomption d’innocence ait pris fin ne veut pas dire qu’il est devenu présumé coupable. La question de sa culpabilité est devenu un sujet de libre débat.
Relisons les textes pertinents.
Sur la présomption d’innocence, le socle fondateur est la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, qui fait partie de notre Constitution (art. 9) :
Tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable, s’il est jugé indispensable de l’arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s’assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi.Vous comprendrez bien, j’espère, que les termes “homme” et “personne” ne s’appliquent qu’à des vivants. Juridiquement, c’est une évidence, la personnalité commençant à la naissance et prenant fin à la mort, c’est le premier cours de droit civil.
La protection de cette présomption se trouve à l’article 9-1 du Code civil :
Chacun a droit au respect de la présomption d’innocence.
Lorsqu’une personne est, avant toute condamnation, présentée publiquement comme étant coupable de faits faisant l’objet d’une enquête ou d’une instruction judiciaire, le juge peut, même en référé, sans préjudice de la réparation du dommage subi, prescrire toutes mesures, telles que l’insertion d’une rectification ou la diffusion d’un communiqué, aux fins de faire cesser l’atteinte à la présomption d’innocence, et ce aux frais de la personne, physique ou morale, responsable de cette atteinte.La cour d’appel de Paris a jugé en 1993 que cette action s’éteignait avec le décès et ne passait pas aux héritiers (c’était les héritiers de René Bousquet). La Cour de cassation n’a pas eu à connaître de la question à ma connaissance, ce qui semble indiquer que l’évidence est telle que nul ne s’est amusé à faire un pourvoi sur ce point.
Est-ce à dire que l’on peut impunément traîner dans la boue la mémoire des morts ?
Non. Affirmer qu’une personne décédée est coupable d’un crime dont elle n’a pu être jugée de son vivant est une atteinte à son honneur et à sa considération, et relève donc de la diffamation, dont c’est la définition. Ses héritiers peuvent exercer en son nom l’action de droit commun en diffamation. Rappelons en effet que la diffamation n’est pas la calomnie, et qu’on peut diffamer en disant la vérité. Cependant, la loi offre plusieurs échappatoires, de plus en plus larges grâce à la Cour européenne des droits de l’homme et au Conseil constitutionnel, à ceux qui disent la vérité.
Ainsi, si j’affirme publiquement, comme le fait Wikipédia d’ailleurs, que John Wilkes Booth a assassiné Abraham Lincoln, je m’expose éventuellement à une action en diffamation de ses héritiers, dont je pourrais aisément sortir triomphant en produisant devant le tribunal toute la littérature historique qui lui attribue preuves à l’appui ce sinistre forfait, aux côtés de Lewis Powell, David Herold, et George Atzerodt.
Pour en revenir au cas de Mohamed Merah, rien ne s’oppose à ce qu’on dise qu’il a tué 7 personnes, la prudence imposant simplement de s’assurer préalablement de la solidité des faits. On ne pourra jamais dire qu’il a été jugé coupable de ces meurtres, car il ne sera jamais jugé. Ce n’est pas illégal, c’est juste faux. Mais si vous voulez l’appeler “l’assassin de Toulouse”, vous pouvez, et vous direz que vous avez l’autorisation de Maitre Eolas.
Sur l’opération de police ayant conduit à la mort de Mohamed Merah
Je n’ai aucune compétence particulière pour répondre à des questions là-dessus, mes clients ayant la gentillesse d’éviter de me tirer dessus quand j’approche (et vu le montant de mes honoraires, ils ne sont pas sans un certain mérite). Le blog de Jean-Dominique Merchet contient un article intéressant et des réponses de membres du RAID ayant participé à l’opération s’exprimant sous couvert d’anonymat particulièrement éclairantes. Je conclurai en disant qu’en tant que citoyen, il me paraît souhaitable que la prochaine assemblée nationale réunisse une commission d’enquête parlementaire sur la question, tout simplement parce que c’est la le cœur de sa fonction, outre voter la loi : contrôler les deux autres pouvoirs. La République n’a rien à craindre de la lumière.http://www.maitre-eolas.fr/post/2012/03/22/Quelques-mots-sur-l-affaire-Merah
samedi 28 novembre 2009
« La journée sans immigrés : 24h sans nous ! ».

Manifeste du Collectif « La journée sans immigrés : 24h sans nous ! ».
Faisons du 1er mars une journée historique.
Nous, femmes et hommes, de toutes croyances, de tous bords politiques, et de toutes couleurs de peaux, immigrés, descendants d’immigrés, citoyens conscients de l’apport essentiel de l’immigration à notre pays, en avons assez des propos indignes tenus par certains responsables politiques visant à stigmatiser ou criminaliser les immigrés et leurs descendants. Rappelons qu’un immigré est celui qui est perçu comme tel par les autres au-delà même de ses origines. Nous voulons nous réapproprier et réhabiliter ce terme devenu péjoratif par la force de l’instrumentalisation politique.Nous refusons les stéréotypes véhiculés qui menacent notre cohésion sociale. Nous refusons que les bienfaits passés, présents et futurs des immigrés qui ont toujours construit la France soient ainsi niés d’un trait. Et entendons par ailleurs qu’il nous appartient de les mettre en valeur.
Les immigrés et descendants d’immigrés ont manifesté à maintes reprises pour défendre leurs droits. Et en retour, ils n’ont reçu que mépris ! Aujourd’hui, puisqu’il est convenu que « la consommation est le moteur de la croissance », nous voulons agir sur ce levier pour marquer notre indignation.
Le 1er mars 2005 est entré en vigueur le «code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile» (CESEDA), plus communément appelé le code des étrangers. Cette loi symbolise une conception utilitariste de l’immigration, en d’autres termes, une immigration choisie sur critères économiques. Nous ne pouvions trouver de meilleur jour pour appeler à « une journée sans immigrés ». Nous, immigrés, descendants d’immigrés, citoyens conscients de l’apport de l’immigration à notre pays, sommes tous des consommateurs et nous participons quotidiennement à la croissance de notre pays.
Notre action citoyenne a pour objectif la mise en valeur de l’apport de chacun d’entre nous à la prospérité générale. Nous avons tous le pouvoir d’agir sur notre avenir alors, prenons-le !
Le 1er mars 2010 : Agissons en cessant de consommer et/ou de travailler.
Durant 24 heures, participons à la non-activité économique dans les entreprises, dans les associations, dans la fonction publique, dans les écoles et les lycées, dans les universités, dans les hôpitaux, dans les associations, dans les commerces, dans l’industrie, dans le bâtiment, dans l’agriculture, dans les services, dans les médias, dans la politique…Pour la première fois en France, nous décidons de ne pas participer à la vie de la Cité. Par cette absence, nous voulons marquer la nécessité de notre présence.
http://www.lajourneesansimmigres.org/fr/
http://blog.lajourneesansimmigres.org/
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mercredi 25 novembre 2009
Non, le discours sécuritaire et xénophobe du gouvernement Sarkozy/Fillon n’est pas QUE électoraliste !

Un petit billet rapide parce que j’en ai RAS LE BOL d’entendre les conneries des représentants du PS (vous me direz, si il n’y avait qu’eux...) - et pourtant, je fais tout pour les entendre le moins possible mais parfois, ça filtre.
Hier ou avant-hier, "Mosco" (Pierre Moscovici - PS), face à Wauquiez (UMP), a prétendu, en résumé, sur le plateau de Denisot à Canal +, que le discours sécuritaire et xénophobe du gouvernement Sarkozy/Fillon ne serait QUE électoraliste.
Et que donc, c’est pour cela que le PS refusait de rentrer dans le "débat" sur l’identité nationale, trouvant ainsi une "bonne excuse" pour laisser seuls face à ce gouvernement, une fois de plus, les premiers concernés, les premiers touchés par ces propos insultants, démagos, inexacts, en un mot, dégueulasses.
Mais NON !
Il va falloir le dire en quelle langue, bon sang?
Quand allez-vous reprendre vos esprits, et mesurer à nouveau le POIDS DES MOTS?
Que cela serve AUSSI des intérêts électoraux, cette politique sécuritaire et raciste, sans aucun doute, mais voilà, cette politique est à l’œuvre depuis des ANNÉES, c’est à dire depuis que Sarkozy est Ministre de l’Intérieur.
Et vous continuez à appeler ça une "tactique électorale"?
Mais vous êtes devenus sourds ou aveugles ou les deux, ma parole? !
Continuer à propager ce mensonge, c’est faire croire aux auditeurs, aux lecteurs, aux travailleurs, aux citoyens.... qu’il n’y aurait AUCUNE logique idéologique à l’œuvre dans la politique Sarkozy-Fillon-Besson.
Or c’est faux, cette logique idéologique existe, elle a un nom, on la connaît, hélas, trop bien, et elle est la MÊME que celle du FN, et ça, la lutte aux côtés des sans-papiers, le montre parfaitement.
Et c’est comme ça dans toute l’Europe Monsieur Moscovici !
Car on voit la même politique mise en œuvre en Italie, par Fini et autres, les copains de Sarkozy, par exemple.
Vous et les vôtres, du point de vue de la lutte de classe, il est clair depuis un moment que vous ne servez plus à RIEN aux travailleurs de ce pays, quelle que soit leur nationalité, quelle que soit leur couleur, mais de grâce, ne racontez pas en plus n’importe quoi.
Quand on a la chance d’avoir (encore) une parole PUBLIQUE on dit LA VÉRITÉ sur des sujets pareils, ou on se tait.
La position de "Ponce Pilate" que prend le PS par rapport à l’attaque raciste et xénophobe de Besson et Sarkozy via la fausse question de "l’identité nationale" est condamnable ; personnellement, c’est le genre de choses qui fait que pour le moment, je ne voterai plus jamais pour votre parti , quoi qu’il arrive, et que je ne voterai plus non plus pour les partis qui continuent à vous traiter en alliés, à vous soutenir, 1er, 2ème ou 3ème tour.
Et qu’on ne vienne pas me chauffer les oreilles avec le "battre la droite" ! On attend encore un bilan sérieux et honnête des gestions soi disant "de gauche" des régions...
Tiens, est ce que votre "pouvoir de résistance régional" vous a au moins permis de "mettre la pression" aux entreprises que vous employez et qui embauchent des sans papiers, ou qui licencient leurs salariés?
NON, RIEN ! NADA ! 0 actions à ce sujet.
Vous ne faîtes pas/plus votre boulot pour NOUS les prolos, pour nous le "peuple de gauche", nous TOUS, quelle que soit notre nationalité, nous à qui pourtant vous DEVEZ vos PLACES.
Même le "service minimum", vous ne le faites plus !
Et quand je prends connaissance de la position développée par le PS sur les sans-papiers, justement (position datée et bien connue), je frémis, et non, là encore, il n’ y a pas de quoi être "satisfait" !
Qu’est ce que vous prônez en réalité à part, au fond, "l’immigration choisie" de Sarkozy, mais selon, soi disant, des critères plus "justes" et plus "humanistes"?
Les sans- papiers qui ont un contrat de travail, qui paient leurs impôts etc...bref qui sont "bien intégrés" doivent être régularisés - et, sous entendu, mais à peine, les autres "allez vous faire foutre"? !
Ce n’est pas ça DU TOUT que nous demandons nous, militantes et militants engagés aux côtés des sans -papiers, qu’ils soient travailleurs actifs, parents d’enfants scolarisés, ou réfugiés afghans...
Un jour, il va falloir faire preuve de courage en adoptant une position claire sur ce sujet au PS, non? Parce que votre discours mi chèvre- mi chou, muselé par la hantise, non, le fantasme rocardien de "l’appel d’air" et de l’accueil de "toute la misère du monde", y’en a ras le bol !
Surtout quand on appartient à un parti qui a autant manipulé les immigrés à son profit, pour les laisser ensuite sur le carreau (ancienne adhérente du PS, j’attends toujours la réalisation des promesses de 1981 et de la Marche pour l’égalité et contre le racisme, de "Touche pas à mon pote", du droit de vote aux étrangers etc) parti qui pour le coup est encore plus mal placé pour dénoncer l’électoralisme de l’UMP !
Rien de surprenant cependant me direz-vous, on sait qu’il y a longtemps que le PS ne réfléchit plus sérieusement à de tels sujets et se contente d’ânonner des bêtises issues du "prêt à penser politicard" le plus bas-de-gamme.
La politique mise en œuvre par Sarkozy Fillon Hortefeux et Besson est bien une politique raciste, sécuritaire, xénophobe, qui coupe encore un peu plus la France en deux, qui la rend haineuse, schizophrène, qui la freine, une politique qui rend ce pays malade, qui déroge encore plus à toutes nos traditions politiques et philosophiques.
C’est une politique de classe , mise en œuvre à l’échelle internationale, par une bourgeoisie apatride qui, elle, se fiche, bien-sûr, de l’identité nationale.
C’est une politique impérialiste, qui consiste à avoir pillé et à continuer de piller les matières premières et les Hommes des pays dits "en voie de développement", à y semer la misère, les dictatures, la corruption, le népotisme, qui ensuite, manipule racisme et xénophobie pour, notamment, diviser les travailleurs à l’échelle locale des pays dits "riches" et exploiter encore davantage le plus de monde possible, le tout pour le seul et unique profit de cette bourgeoisie qui se sent partout chez elle
ALORS, QUE, DANS VOTRE LOGIQUE DE PARTI PETIT BOURGEOIS PARFAITEMENT INTÉGRÉ AU SYSTÈME CAPITALISTE, VOUS PENSIEZ NE RIEN POUVOIR Y FAIRE CAR N’ÉTANT PAS "AUX COMMANDES", admettons - quelle analyse erronée soit dit en passant...- MAIS DITES AU MOINS LA VÉRITÉ SUR L’ÉTAT DES CHOSES !
On ne déserte pas les champs de bataille comme vous le faites, avec de mauvaises excuses, face à de tels représentants de la bourgeoisie réactionnaire, liberticide, fascisante.
Votre attitude "je-m’en foutiste " à l’égard de ce capitalisme politique particulièrement dur et odieux, attitude qui se manifeste tant dans la médiocrité de vos analyses que dans l’absence totale d’actions populaires au niveau national initiées par le PS, est d’une légèreté coupable.
Ne vous étonnez pas si un jour prochain les travailleurs, les citoyens de gauche de ce pays, tous les hommes et les femmes qui souffrent actuellement et de cette politique de droite et des renoncements de la gauche, se mettent à vous courir après pour vous juger aux mêmes tribunaux que les Sarkozy et cie.
Vous n’aurez que le juste retour de ce que vous semez actuellement.
QUI SÈME LE VENT RÉCOLTE LA TEMPÊTE.
mardi 17 novembre 2009
"L'honneur d'un peuple" - DIAM'S m'a fait pleurer .

La dernière fois que j’ai pleuré comme ça, c’est à dire, de façon irrépressible, sans pouvoir me retenir, je ne m’en souviens plus - peut être la naissance de ma fille?
Ce soir j’ai entendu Diam’s chanter "l’Honneur d’un peuple" et elle m’a fait pleurer comme une fontaine, je ne pouvais plus m’arrêter.
Ca a commencé là :
"Ça donne des mères angoissées et des pères sous pression puis des familles entassées dans du béton donc, aucune valeur ne me ressemble dans leur putain d’assemblée, à gauche à droite ils veulent tous se ressembler. De toute façon ils veulent le beurre et l’argent du peuple mais ils n’auront pas nos cœurs ni nos frères ni nos sœurs. ’Se prennent pour qui à vouloir faire la morale et nous faire croire que ce pays c’est des petits blonds dans une chorale ?
Non ce pays c’est des ritals des noirs des arabes, espagnols par héritage, des auvergnats qui font du rap … Ce pays, c’est des portugais qui se saignent à la gouache, guadeloupéens, martiniquais qui se fâchent quand on les taxe. "
C’était des pleurs de soulagement, de grand bonheur, d’émotion pure, des pleurs qui venaient de très loin.
Sans doute face à la saloperie de la société dans laquelle nous vivons, avec ce sentiment d’impuissance, le désespoir souvent n’est pas loin, elle m’a cueillie au bon moment, mais pas seulement.
J’espère qu’elle va avoir plein plein plein de petites sœurs, et je le répète, avec ou sans foulard !!! - car la "laïcité", c’est pas un BTS coiffure, c’est pas décider ce qu’on met sur la tête des femmes ou pas -
.....
alors perso’, oui, je l’aimerais encore mieux sans ....
mais franchement,
ce foulard ,
y’a pas de quoi en faire une histoire ,
je préfère une DIAM’s qui rappe avec foulard
qu’une Mélanie qui se tait au fond du bouclar
qu’une Marianne avec l’oeil au beurre noir
qu’une pétasse en brushing dans sa tour d’ivoire
et si son moteur aujourd’hui c’est dieu
ça la regarde et elle seulement, et droit dans les yeux
quand je la lis
et ben j’me dis
qu’il est possible que "mon" Marx et "son" Dieu
pourraient sans problème, si on veut
se parler entre quat’z’yeux !
PEACE LOVE UNITY AND HAVING FUN .....
Je n’en dirai pas plus, à part "MERCI DIAM’S", merci Mélanie.
Les gens comme toi, les chansons comme ça, quand ça ne va pas fort, ça me redonne espoir.
Je finirai quand même sur une chose, que je rabâche, mais c’est comme ça et j’y tiens :
OUI LA GAUCHE A TORT de ne pas réagir à ce que dit quotidiennement Sarkozy et sa bande sur "l’identité nationale", agression directe à l’encontre de millions de Français, agression directe à l’encontre de centaines de milliers d’étrangers sur notre sol,
NON, il n’ y a AUCUNE bonne raison pour ne pas rentrer dans le lard des "BessonLePenSarko"
car Sarkozy INSULTE tous les Français qui se sentent remis en cause au journal de 20 heures par ces discours racistes et nationalistes et PERSONNE ne les défend ni ne les représente plus aujourd’hui face à ça, et c’est juste DÉGUEULASSE !
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- Je vais écrire un morceau en l’honneur de nos pères et nos mères qui pour leurs enfants peuvent tout perdre et finalement on parle que de leurs enfants qui fichent le bazar mais on parle jamais d’eux qui se battent derrière pour que leurs enfants ils arrêtent de fiche' le bazar.
Ne vient pas faire le gangster, à mes yeux t’es un mortel tu vas crever tout comme moi, tout comme elle.
Tu vas mourir et puis qu’est ce que tu auras laissé ? Que de la merde je te conseille de mettre ton cœur à l’essai.
Car j’ai compris après des années d’égarement que ni les hommes ni l’argent ne font le bonheur des gens.
Aucun humain n’a eu le pouvoir de me soigner, quand après la gloire dans le noir je me suis noyée.
Je ne dois mon talent à personne sur cette Terre, ni à mon père ni à ma mère, pour ça que je regarde souvent le ciel et que je demande qu’on fasse de moi quelqu’un de fiable et de fier.
J’ai retrouvé mon honneur, un bonheur sans limite loin des heures du showbizz et de ce monde sans mérite.
Et parti comme c’est parti, ce morceau va faire mal, appelle moi la poucave ou la rebelle infernale
Je vais te dire ce que j’ai vu, tu me diras ce que tu en penses.
Ffaut croire que des le début c’est la faute de la France, ce pays n’a qu’une valeur celui du cours de la Bourse peu importe si son peuple ne peut pas faire un plein de bouffe.
Ça donne des mères angoissées et des pères sous pression puis des familles entassées dans du béton donc, aucune valeur ne me ressemble dans leur putain d’assemblée, à gauche à droite ils veulent tous se ressembler.
De toute façon ils veulent le beurre et l’argent du peuple mais ils n’auront pas nos cœurs ni nos frères ni nos sœurs.
'Se prennent pour qui à vouloir faire la morale et nous faire croire que ce pays c’est des petits blonds dans une chorale ?
Non ce pays c’est des ritals des noirs des arabes espagnols par héritage, des auvergnats qui font du rap …
Ce pays c’est des portugais qui se saignent à la gouache, guadeloupéens, martiniquais qui se fâchent quand on les taxe.
Lève ta main en l’air …
En l’honneur de nos pères et nos mères,
Lève ta main en l’air …
Ce pays pour moi,
Ce pays, ce pays c’est tout un tas de couleurs, tout un tas de cultures, tout un tas de douleurs, tout un tas de futurs,
Ce pays c’est une banlieue qui aimerait qu’on la regarde, qui fait péter les pétards quand on la traite de racaille.
Les plus grandes stars qu’elle ait portées ne sont pas Diams et Djamel mais surtout L'abbé Pierre et sœur Emmanuelle.
Paix à leurs âmes.
Loin des pantins et des guignols qui ont pour seul bagages un cul en couve De la presse people
Faites pas croire que le mérite c’est d’être Puff Daddy, va le dire à ma mamie, elle va te dire que t’es pas in, elle va te dire qu’en Afrique ya pleins de gosses qui crèvent de la dalle et que sur le parvis de Lille ya les sdf crèvent la dalle
Le mérite est dans les bras de ta mère donc ne te braque pas
Petite sœur si c’est un lascar ne le drague pas.
Je sais de quoi je parle, je me suis faite avoir, les plus grands des mythomanes peuvent venir t’inviter à boire, te promettre la lune pour au final être des diables.
Désormais qui veut ma plume doit me parler de mariage, j’ai bien grandi depuis le temps ; vous me voyez à la télé, entre temps j’ai pris 2/3 trempes, j’ai pris 2/3 ans, dans la gueule et j’ai observé le globe, La bêtise de l’homme c’est guerre pour l’or et le pétrole.
Avec les politiques français, j’ai clairement lâché l’affaire, franchement qu’est ce qu’ils vont faire pour sécher les larmes de nos mères ?
Lève ton poing en l’air …
Ouais, Lève ton poing en l’air …
On ne sera peut être pas tous d’accord mais moi je pense que, je pense que …
Le Président ne nous aime pas je l’ai lu dans ses vœux, d’ailleurs il ne s’aime pas non plus ça se voit dans ses yeux, moi j’ai de l’amour en moi, et très très peu de haine, je la réserve pour quelques journalistes de merde et pour Le Pen, je suis cordiale, Messieurs, mesdames, tout en douceur, si vous nous aimez pas, allez faire un tour ailleurs, parce qu’on reste là et on va prendre ce qui nous ai du, ce pays ça nous gène pas, c’est vous qui êtes des nuls.
Moi je suis trop yes, trop wesh, j’ai trop de dégaine en attendant j’aime les lettres et je lis ivaetzaken, j’écoute Médine et Kerry James à l’arrière de la Mercobenz, Renflouz le 113. Quand je voyage en première je fais du rap, ne confondez pas avec les sapes, chez nous ya de la rage et du style en plus d’avoir une arme on est pas la pour plaire clairement ya une barrière, la variété, je lui vole ses ailes moi et alors qu’est ce qu’elle va faire ?
Je fais mes petits tubes sans faire exprès, un peu comme les Chtis, vive le populaire je suis ni bobo ni travestie, j’ai un pds, banlieusarde et une famille en or donc j’ai les armes pour me défendre quand parfois on m’aborde.
Si toutefois tu m’abordes, serres moi la main car je suis comme toi
Je n’ai rien d’exceptionnel mais si des petites sœurs veulent être comme moi, il va falloir que je me grouille d’être un modèle!
Il faut vite que je construise autre chose que des disques, qu’on me cite comme une mère de famille, qui milite comme une sœur au grand cœur, qui prône la charité et si j’ai un mari qui tue, bah je m’en fous de ta parité.
Je suis une princesse et tout ce que je mérite c’est un royaume, pas d'avoir à faire des courbettes devant des clowns et des gnomes!
Je prône l’honneur d’un peuple, celui de nos pères et nos mères
Lève ta main en l’air …
Fiers de leurs valeurs
Pour leurs enfants ils peuvent tout perdre hein ! Y peuvent tout faire !
Ils ne nous voleront pas nos cœurs, ils peuvent violer nos salaires on fera la guerre 35heures.
Ce pays nous cite l’Afrique pour se donner bonne conscience mais regarde l’Amérique comme modèle de bon sens,
Alors on sucre des postes surtout dans les écoles ‘pour ça que les jeunes ne parlent plus qu’avec des "LOL"
Ce titre n’est pas que le fond de ma pensée, mais un résumé de ce que j’entends chez beaucoup de français.
- Yoshi mets moi un petit son à la Cabrel car ils disent que notre musique c'est de la merde, alors on va plagier la chanson française car va falloir qu'ils comprennent, gentiment tranquillement, sereinement, un petit message aux politiques intolérants, comme pour votre cousine Marine, je vous emmerde:
Est-ce que la France est sérieuse ?
Hé Marianne regarde moi dans les yeuuuz
Lève ta main en l’air …
Ce pays nous cite l’Afrique pour se donner bonne conscience mais regarde l’Amérique comme modèle de bon sens
Y sont pas cons les Français, non !
Faites pas croire que le mérite c’est d’être Puff Dady, va le dire à ma mamie, elle va te dire que t’es pas in, elle va te dire qu’en Afrique ya pleins de gosses qui crèvent de la dalle et que sur le parvis de Lille ya les sdf crèvent la dalle.
J'ai un dernier truc à dire - Yoshi coupe le on s'il te plaît:
La France, les plus grandes stars qu’elle a portées ne sont pas Diams et Djamel mais plutôt L'abbé Pierre et sœur Emmanuelle.
Paix à leurs âmes.
Loin des pantins et des guignols qui ont pour seul bagage un cul en couv' De la presse people !
Big up Emmaüs!
A la mémoire de l'abbé Pierre, à la mémoire de soeur Emmanuelle,
Devient sauveur, tu seras sauvé,
big up !
jeudi 23 juillet 2009
BOUDICCA, "Les nègres et les bicots"...

de Boudicca
"Le père est déjà fin bourré.
Il doit être environ 17 h 30...
C’est comme ça depuis qu’il s’est fait plumer par son banquier, qu’il a perdu toutes ses économies, et, comble de la tragédie, qu’il a perdu son travail, à 54 ans, sans plus jamais en retrouver...
Sa deuxième femme s’est barrée avec les mômes ; sa maison, dont les travaux de rénovation étaient à peine terminés, a été saisie pour payer ses dettes, et le voilà revenu chez la vieille, sa mère, sous sa coupe, dans cette ferme maudite, branlante, boueuse, dans ce trou enfoncé dans la forêt, dont toute sa vie il a voulu effacer la poisse, la malchance, l’odeur...
Depuis ce jour là donc, il boit, plus qu’il n’a jamais bu, jusqu’à sombrer.
Son fils aîné est devenu un "partageux" ce petit con.
Ça lui suffisait pas d’être pédé, en plus, le v’la communiste qu’y dit...Quelle poisse...
La vieille a drôlement tourné son nez quand elle l’a appris, vainon.
Et le paternel tiré une sacrée gueule.
Des cocos dans la famille !
Ah, elle est bonne celle-là !
Il a vraiment pas de bol ce week end, parce qu’en plus de tout son quotidien, de son fiston, sa cadette lui a ramené le portugais avec qui elle fricotait comme futur gendre...
Mais crevez-vous donc la paillasse à les élever, les éduquer, à leur offrir ce que vous n’avez jamais eu, vous, bordel, et voilà ces imbéciles heureux, ce qu’ils font de leur bonne situation...
Ils vous ramènent des rastaquouères !
Ils militent chez les communistes !... Les communistes, nom de Dieu de merde !!!!
Il a le sang qui bouillonne le daron, il reprend un coup de sa picrate (c’est pas avec son RMI qu’il peut continuer à se torcher au
Ballantine’s ou au Gruau La Rose...)
Tiens, du bruit dans la cour d’un coup, la cour défoncée, détrempée, que plus personne ne peut entretenir correctement.
Du bruit. C’est quoi?
Ah ben merde alors, v’la deux clébards sortis d’on ne sait où, des sortes de chiens errants, qui semblent avoir décidé de squatter les lieux...
Qu’est ce qu’on fait? Les membres de la famille présents dans la salle commune de la ferme, se regardent perplexes et un peu inquiets...Le temps est à l’orage.
Le père se lève avec peine, la clope au bec, tanguant sur ses deux quilles décharnées par quelques années d’alcoolisme appliqué et l’absence désormais totale d’effort physique, il se tient à la table pour en faire le tour et va zyeuter au carreau.
Ah ben merde.
Il se gratte sa tignasse embroussaillée, ouvre la porte, le sourcil froncé, l’air perdu et féroce.
José, le gendre : "Peut être... qu’on devrait... leur donner à boire?"...
"Hein???? Mais ça va pas toi, espèce de portugalos de mes couilles? ! Occupe toi don’d’tes oignons !" hurle le vieux, furibard. "Ah ben si on s’met à nourrir tous les chiens errants du quartier, bordel, on n’a pas fini, tiens...Faut-y êt’con comme une demie-crouille pour dire des choses pareilles..."
Silence de mort - même les mouches se sont figées on dirait.
Le futur gendre est pâle de rage, suffoqué par la haine immédiate que déclenchent chez les enfants d’immigrés, les insultes racistes, cette haine qui le submerge presque, tiraillé entre son envie primitive de lui défoncer le crâne (vu que l’autre ne tient plus debout, ça serait pas si dur, il pourrait même le finir à grands coups de latte...), et son amour pour Dulcinée.
Il serre les poings, souffle bruyamment l’air que la surprise lui avait bloqué dans les poumons, se retourne, et se casse en tournant ostensiblement le dos au pater : "Tu perds rien pour attendre, sale facho", se dit le lusinophone en son for intérieur....
Plus tard, les chiens errants ayant recommencé à errer, autour de la table, le fils, (oui quoi, le coco, la tarlouze - et son fils préféré en plus, merde !) est là, à boire le canon avec le vieux, pour essayer de le calmer...Le fils regarde ce père autrefois si brillant,architecte, homme à femmes, il regarde la pauvre épave débile qu’il est devenu, avec une pitié mêlée de dégoût.
" C’est quand même malheureux, bon sang... toutes ces études que t’as faites, à Sciences Po, à la fac’ de droit, tous tes talents... tout ça pour que tu finisses...COMMUNISTE..."
- ...Quoi "moi"?
-...Ben toi... toi... !!! Tu les aides, toutes ces raclures-là ! Tu manquerais presque d’aller t’faire crever un oeil au flashball pour les défendre, ces loqueteux? !
-... Ben oui. Tous les exploités et les opprimés, tous ceux qui luttent contre la propriété privée, contre le capitalisme, pour se libérer, ce sont des camarades de combat..."
Les mains du père ont la tremblote - il commence à avoir du mal à se servir un énième verre.
"- Vivement que j’aille mieux, que je récupère du fric...
- Bien sûr P’pa...j’imagine......Ouais...Comme ça, j’pourrais adhérer au Front National, le soutenir activement...
-...P’pa...t’en es pas sorti de ça encore?
- Aaaahhh çaaaaaa, non mon fils tu vois. Et ça risque pas avec des gens comme vous. Si on vous laisse faire, z’allez nous emmener droit dans le mur.... Vous les gauchos, ou le métèque de l’Est là, le bougnoule
européen...Des dangereux. Les partageux, les rastaquouères, les métèques tout ça...Ah.. Ambroise Croizat, quel génie c’ui-là...j’te jure..Tu connais pas hein chuis sûr...La Sécu, quelle idée à la con...Que des profiteurs qui profitent...
- Ppppffff...Putain... mais P’pa, t’es con à ce point ou quoi?... Tu penses pas à tes enfants? A tes petits enfants? Comment on vivrait, nous, sans Sécu? Et pis la retraite par répartition c’est quand même rudement bien non? T’y penses pas , à nous, quand tu votes pour les projets de société d’un mec comme Le Pen?
- Ben si JUSTEMENT ! ...Ah... mon fils, malheureux, tu te rends pas compte...T’as pas l’expérience de la vie toi (silence) ... LES NÈGRES ET LES BICOTS... (le daron s’est mis à hurler, les yeux exorbités, la bave aux lèvres, au bord de l’apoplexie )...C’est ÇA, le problème de la France. Faut foutre tout ça dehors, NOM DE DIEU !...J’te les attrape par la peau du cou et j’te les fous dans des charters à pleines brassées ! Et ZOU, y rentrent chez eux avec leurs bonnes femmes enroulés dans leurs draps là et tous leurs gosses de toutes leurs bonnes femmes...AU BLED ! Chacun chez soi tiens !"
Le silence retombe, lourd, ahuri...Le père aussi retombe, il s’était levé dans sa diatribe, sous le coup de l’émotion.
Le fils se sert un coup à boire à son tour pendant qu’il observe ironiquement son père se relever péniblement (en essayant de se rasseoir, le daron, complètement plein, a raté sa chaise).
Il connaît trop bien son paternel, et depuis longtemps, son admiration pour Le Pen, sa croyance absurde que tous les problèmes de la France sont liés à "l’immigration massive", à ces "hordes de nègres et de bicots", son soutien de plus en plus affiché et déterminé au FN...
Sa politique de surface, très "premier degré", sa politique de gamin pauvre, sa politique de serf qui n’a jamais été un prolétaire, qui n’a jamais bossé sur une machine, sa politique nourrie de la culture paysanne dont on faisait les jacqueries, peut être, mais pas les révolutions... Malgré ses études, malgré son vernis petit bourgeois pour se décrotter de cette paysannerie familiale individualiste, malgré ses voyages, malgré tout ça...son père est resté un être politiquement débile, un type qui n’a jamais lu, qui n’a jamais été formé, ni pris la peine de l’être, le tout venant de l’électorat de droite et d’extrême droite. Un type qui vénère un phallus vivant mais refuse de voir plus loin que le bout de son nez...
"Ben en tout cas, y’en a, c’est p’t’être des BICOTS, mais toi t’es vraiment un BOURRICOT mon pauvre vieux, si tu crois en ce que tu dis...Ça t’arrange pas la bibine, là-dessus...
- ...Qu’est ce que tu veux dire par là?
- Oh...Rien... chuis déçu au fond. T’es vraiment un pauvre type, P’pa...
-... Hein??? J’te d’mande pardon????? -éructe-t-il.
- Ben ouais.... t’es un pauv’type. Au fond, t’es vraiment pas courageux, quoi...Et pis franchement, t’es pas si malin...Ton Le Pen là, tu crois vraiment d’abord qu’il ferait ce qu’il vous promet, foutre tous les étrangers dehors, fermer les frontières? Mais ducon, réfléchis, c’est son fond de commerce "les nègres et les bicots" ! Il va pas scier la branche sur laquelle il est assise (à supposer qu’il puisse)? ! Non...Soyons sérieux..."
Le paternel a manifestement été touché par ce premier uppercut. Il est devenu tout gris. Ses yeux voilés ont laissé passer la lueur du doute. Le fils a vu cet avantage qu’il prenait, et il va le pousser.
"Nan P’pa, ton problème, mais j’peux comprendre hein, c’est que tu veux pas prendre conscience que t’es pas né du bon côté de la barrière. Tu veux pas avaler ça parce que si tu admets ça, c’est pas contre quelques "nègres et bicots" affamés, manipulables, fragiles, que tu vas devoir "te battre"...C’est contre un ennemi bien plus redoutable. Autrement plus sérieux, et dangereux. Un ennemi très organisé. Un ennemi qui a plein plein plein de pognon.... Un ennemi en très très bonne santé, un ennemi qui est partout, lui, et vraiment, qui a de nombreux leviers de pouvoir en main...Un ennemi contre lequel t’auras pas l’aide des flics ni de l’armée pour faire le sale boulot...Alors ouais j’comprends
finalement, t’as fait comme 15 % de nos compatriotes, t’as choisi la facilité...Tu passes tes nerfs sur "les nègres les bicots les pédés" et à chaque fois que tu peux, tu mets un bulletin FN en pensant que tu fais "ton devoir de Français".. C’est plus simple..
- ... Ah bon, dit le vieux, d’une voix mal assurée, hésitante, ah bon? Plus simple que quoi, hein? Et c’est quoi cet "ennemi" Môssieur le communixte, je vous prie?
- ...Les capitalistes, les bourgeois, les patrons, P’pa...
Les héritiers directs, ou indirects, des châtelains qu’ont fait crever grand père à la tâche, devant qui tu devais enlever ta casquette quand t’étais gosse, qu’ils te jetaient même pas un r’gard et t’auraient presque écrasé sur le bas-côté de la route en passant dans leur grosse auto, quand ils visitaient "leurs" fermiers et "leurs" terres...
Ceux qui se servent des immigrés, nos frères prolétaires, pour te dévier de la lutte de classe qu’on DOIT mener, parce que cette lutte les ferait crever eux aussi, tes Le Pen et Lang et compagnie.
Tout ça, les mêmes soutiens de ceux qui ont déjà vendu la France à l’impérialisme allemand entre 33 et 39...les Allemands, tu sais, les Alboches qu’ont violé ta mère quand elle avait 14 ans... Ceux qui continuent, toujours, leurs saloperies contre le peuple... Le peuple...Moi, toi, Dédé, José, maman...
P’pa, noir ou blanc, ou jaune, un patron pour moi c’est un patron, et je les déteste tous pareils...
Amerloque, espingouin, indien, j’m’en fiche bien tiens ! Ils veulent ma peau. Et ça je le sais. Un patron, c’est un patron, un capitaliste, c’est un capitaliste, lui, il n’a pas de patrie.Il n’en veut surtout pas. Nous, les travailleurs, et même moi, oui P’pa, je porte une cravate et une chemise et des belles pompes, mais chuis un travailleur, un PROLÉTAIRE, et bien nous, les travailleurs, on doit pas se laisser diviser par des couleurs... Ton Le Pen, ton Front National, c’est pas des gens de gauche, c’est des gens de droite, ce sont des boutes-en-train, au même titre que les curés et les imams, mais avec d’autres arguments, et ils finiront toujours dans les bras des bourgeois, d’ailleurs la plupart d’entre eux, les chefs, SONT des bourgeois, ou des enfants de bourgeois...."
Le soleil de fin de journée commence à poindre dans la salle commune, éclairant d’une lumière étrange les verres bons marché et graisseux où stagne un fond de bouteille grenat foncé...Toute la famille s’était tue.
Hugo s’était redressé, son visage illuminé, barré d’une grande mèche brune, pendant qu’il haranguait son père, le poing serré et levé..Il avait terminé de vider son sac dans un souffle.. Sans rage, sans colère contre son vieux . Avec la douceur et la fermeté de celui qui sait qu’il a raison.
Et soudain, dans ce silence de cathédrale, au bout de ce souffle, Hugo entonna ce chant ancien et magnifique...
"Debout les damnés de la terre, Debout les forçats de la faim, La raison tonne en son cratère..."
Et soudain encore, malgré lui, comme si son mur de bêtise s’était fissuré d’un coup, et que 60 ans de mensonges et d’erreurs prenaient fin en ce souffle de son fils, le vieux se mit à chialer doucement, laissant les larmes rouler sur ses joues, sans aucune honte, comme une délivrance..."
mardi 21 juillet 2009
mardi 27 janvier 2009
Une bonne analyse de Paco, "de Gaza à Obama en passant par Aretha Franklin..."
(Un petit texte très pertinent de Paco, que je relaie et livre à votre appréciation...)---------------Sur le blog de « Jacques Attali » on peut lire cette analyse de la
guerre de Gaza.
« Que se passerait-il si Nancy était bombardé par des fusées tirées
depuis Luxembourg ? Si des attentats suicides avaient lieu dans les rues
de Paris ? Et si des pays limitrophes de la France ne reconnaissaient
son droit à exister ? »
Oui Jacques, que se passerait-il, si après un cycle infernal de guerres,
de colonisations, d'attentats suicides, de représailles, d'opérations
préventives, de blocus; Ali arrachait à David un doigt à coups de
couteau.
Que se passerait-il, si David pour dissuader Ali de recommencer, lui
arrachait à l'aide de sa tronçonneuse rutilante les deux bras et les
deux jambes ?
Que se passerait-il si les voisins, qui au passage aident et vont
soigner Ali, criait à David d'arrêter cette escalade macabre?
Que se passerait-il, si tous, au moindre geste, étaient soupçonnés de
détester David?
A tous ses « intellectuels » de France et de Navarre, qui voit monter
l'antisémitisme, je leur suggère d'écouter la suite.
Nous sommes chez le directeur de l'information de TF1 Jean-Claude
Dassier et nous assistons à I'investiture de Barack Obama.
Aretha Franklin sublime, fait chanter le poste.
* Et puis soudain Jean-Claude Narcy
Interrogé par l'AFP, Jean-Claude Dassier a jugé "scandaleux le procès
fait à Jean-Claude Narcy par des associations qui voyant le racisme
partout, le font en général prospérer"[1].
A méditer amis « intellectuels » chaque fois que le mot antisémitisme,
vous monte à la bouche ou sort de votre plume.
Paco
lundi 19 janvier 2009
"De l’incroyance à l’islamophobie" Extr. de "après la démocratie" de E. TODD

Un extrait intéressant du dernier bouquin d’Emmanuel Todd (ouvrage avec lequel je suis en désaccord sur pas mal de choses, y compris dans ce passage, mais qui met le doigt parfois où ça fait mal, et qui livre qqes analyses intéressantes et originales qu’il serait dommage de ne pas prendre en compte. Je le conseille dc quand même à celles/ceux qui peuvent.
J’ai repensé à ce passage sur l’islamophobie en relation avec le peu de soutien actif, proportionnellement aux crimes subis là bas que la population de Gaza reçoit de notre part à nous Français, évidemment.
(Désolée pour les fautes et coquilles oubliées dans la retranscription - la séparation en paragraphes n’est pas de l’auteur - je l’ai faite pour rendre ce passage plus lisible sur le média Internet). LL
"De l’incroyance à l’islamophobie.
Pp.36-40
Nous vivons donc, sans en être pleinement conscients, une crise religieuse.
Sans cette hypothèse, nous ne pouvons pas comprendre l’ampleur de la fixation négative sur l’Islam. Dans les cinq ou dix dernières années s’est répandue en France et ailleurs en Europe, une islamophobie des classes pensantes et parlantes, intellectuelles et médiatiques. Cette islamophobie a succédé à l’arabophobie des électeurs du Front National, plus populaire.
Les déterminants de l’arabophobie, dont l’émergence visible remonte au milieu des années quatre-vingt, sont clairs. Elle a résulté des difficultés concrètes que présentait l’absorption en période de chômage et de pression sur les salaires de populations maghrébines portant un système de mœurs très distinct, dur aux femmes et refermé sur lui-même par le mariage entre cousins.
L’islamophobie actuelle des classes supérieures est plus difficile à expliquer.
L’attitude des politiques n’est pas le problème.
Nicolas Sarkozy et les cadrent de l’UMP voient certainement dans l’exagération du risque terroriste, dans l’accentuation de la pression sur l’Afghanistan, dans l’hostilité à l’entrée de la Turquie en Europe, dans les menaces militaires contre l’Iran, bref dans l’activation d’une thématique qui met l’Islam au cœur de la politique générale, un moyen commode de toucher et de rallier l’électorat du Front National.
Mais que dire des intellectuels, et des journalistes qui, peu affectés par la vie des banlieues, fort peu menacés par des attentats, s’excitent sur l’essence de l’islam, son incapacité supposée à tolérer la modernité et sa prétendue violence intrinsèque.
Pourquoi affirmer, au moment même où l’ensemble du monde musulman voit sa fécondité baisser, comme ce fut le cas en Europe et ailleurs, que la modernisation mentale des pays arabes, de la Turquie ou de l’Iran, est impensable?
La théorie du choc des civilisations, présentée en 1993 par Samuel Huntington dans un article de la revue "Foreign Affairs" colle des étiquettes religieuses sur les individus et les peuples.
Dans l’esprit de beaucoup, elle a été validée par les attentats du 11 septembre 2001. Mais la violence qui existe effectivement dans le rapport de l’Amérique au golfe persique n’est pour l’essentiel ni religieuse ni civilisationnelle.
On devrait parler d’un "choc impérialiste" pour décrire le contrôle instauré par les Etats-Unis sur l’Arabie Saoudite, l’invasion de l’Irak ou les menaces de frappe préventive contre l’Iran. Or une banale politique impériale combinant usage de la puissance militaire et corruption des élites locales n’est pas un conflit religieux.
L’article puis le livre de Huntington, publiés en 1993 et 1996, cinq ou huit ans avant les attentats du 11 septembre, en sont au fond qu’une déclaration de guerre idéologique de l’"Occident" à l’islam et à la chine (aspect un peu oublié sur lequel je reviendrai - cf infra p.195).
Le Choc des Civilisations démontre par sa date de publication que l’islamophobie et plus généralement l’émergence d’un nouveau narcissisme culturel occidental sont antérieurs à l’entrée en action d’Al Quaida.
L’ethno-atlantisme est une doctrine offensive. Nous sommes les agresseurs. I l n’ y a qu’à faire le compte des morts du conflit, aux Etats-Unis, en Europe, et dans le monde musulman, pour le vérifier. Notre islamophobie est assez largement endogène, effet de notre propre trouble religieux.
Nous percevons bien la crise de transition que traverse le monde musulman, où l’alphabétisation sera bientôt universelle, où une désorientation religieuse et idéologique engendre manifestement angoisse, désordre et violence.
La désislamisation s’avance masquée, parce qu’elle entraîne, dans un premier temps, une dernière réaffirmation de la croyance religieuse ébranlée par la modernité. Mais nous refusons de voir notre propre crise, beaucoup plus grave au fond, parce qu’elle n’est pas, elle, le résultat d’un mouvement éducatif ascensionnel, du progrès en somme. Nous sommes angoissés par le vide religieux qui s’est creusé dans le dernier demi-siècle.
Dans un pays comme la France, la présence d’un Eglise catholique minoritaire mais socialement importante donnait un sens à l’incroyance, à l’athéisme, ou comme on dit pudiquement, à l’affirmation laïque. La disparition de ce point de repère a détruit l’ensemble de l’organisation idéologique de la France.
Il n’est pas étonnant que dans un tel contexte une laïcité désorientée par la disparition de son adversaire catholique s’efforce d’en trouver un autre, en l’occurrence l’Islam, perçu comme la dernière des croyances religieuses actives. Choix paradoxal puisque, justement , la pratique religieuse des musulmans de France est faible et que l’Iran, avec deux enfants par femme semble beaucoup plus menacée par la désislamisation que par l’islamisme.
Mais rien n’y fait. Dans cette France où la pratique religieuse catholique est désormais sans importance sociale, la laïcité devient laïcisme, et réunit dans une hostilité commune à un Islam fantasmé les incroyants venus de la vieille laïcité républicaine et ceux qui viennent de sortir du catholicisme terminal. L’Islam prend le statut de bouc émissaire, d’ennemi indispensable.
Dans l’Europe du début du troisième millénaire, il devient la victime sacrificielle de notre mal-être métaphysique, de notre difficulté à vivre, sans Dieu, tout en clamant que notre modernité est la seule possible, la seule valable.
En France, une théorie plus ancienne encore que celle du choc des civilisations contribue souterrainement à la désignation de l’Islam comme problème, celle du christianisme "religion de la sortie de la religion" proposée en 1985 par Marcel gauchet, mais simplifiée depuis par ses utilisateurs et retournée contre le monde musulman. Le christianisme serait différent parce que capable de se dépasser lui-même.
Cette vision de l’histoire confère au monde occidental une spécificité inexistante (cf. M. Gauchet, Le désenchantement du monde, Gallimard, Paris, 1985). Il n’est pas même nécessaire de réfléchir sur l’Islam pour le percevoir. Le Japon, essentiellement bouddhiste avant la crise religieuse amorcée à l’ère Meiji est actuellement aussi indifférent que l’Europe à toute croyance religieuse.
Mais au-delà des théories savantes qui nous assurent que nous restons chrétiens même lorsque nous ne croyons plus en Dieu, nous trouvons le thème plus répandu et plus maniable politiquement des racines chrétiennes de l’Europe.
Le christiano-laïcisme - l’incroyance d’origine chrétienne est la seule valable - trouve dans "Fier d’être français", petit pamphlet de Max Gallo, idéologue sarkoziste et académicien, l’une de ses expressions caractéristiques.
En 2006, quelques mois avant l’élection présidentielle, Gallo s’émerveillait de sa propre audace : "Quoi? Oser proclamer que la France laïque est un pays chrétien, alors que la deuxième religion du pays est l’islam et qu’il ya profusion d’églises vides, alors que les rares mosquées sont si pleines que les fidèles de Mahomet sont contraints de prier sur les trottoirs, dans des caves ou des hangars?".
Max Gallo devrait s’éloigner un peu plus souvent de la place du Panthéon et du jardin du Luxembourg pour visiter les banlieues, où la pratique religieuse musulmane est en réalité aussi faible qu’ailleurs la pratique religieuse catholique.
Mais le sens de son angoisse est clair, le vide religieux chrétien catholique.
Le vide religieux chrétien précède l’islamophobie.
Notre crise métaphysique, à l’inverse de celle du XVIIIème siècle, se déploie sur fond de stagnation éducative. C’est pourquoi elle ne mène pas à la liberté de l’action, mais à une dépression collective de très grande ampleur."