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dimanche 4 novembre 2012

Commmuniqué de soutien à Aurore MARTIN. Non au délit d’opinion politique !

Jean-Marc Ayrault et François Hollande doivent immédiatement rendre des comptes aux citoyens qui les ont élus pour que cesse la politique de la bourgeoisie et du capital, et non pour que la politique de Sarkozy se perpétue !
Pour que les libertés publiques et individuelles soient de nouveau respectées. Pour que la France mérite à nouveau qu’on la qualifie de "patrie des droits de l’Homme".
Hier les rroms, aujourd’hui, Aurore Martin. Cela doit cesser !
Autrefois, François Mitterrand, figure tutélaire de Hollande et consorts, (dont nous connaissons bien ici les méfaits et les crimes), a cependant pris une décision courageuse à l’égard des militants d’extrême-gauche italiens (Battisti, Petrella...) qui se cachaient sur notre sol d’un pouvoir transalpin qui voulait des boucs-émissaires et une vendetta légale sans procès équitable, avec des cartes truquées.
Hier, la police de l’État français a arrêté Aurore Martin, militante française du parti basque Batasuna en France, sur ordre de M. Manuel Valls, fils d’exilés catalans qui en leur temps, fuyaient le franquisme. Le changement ce n’est vraiment pas maintenant.
Cachant son forfait derrière le légalisme d’un mandat d’arrêt européen, faisant semblant d’ignorer ce que permet l’article 695-22 de notre code de procédure pénale, tiré des dispositions de la décision-cadre européenne, Manuel Valls, appuyé (on ne l’imagine pas autrement) par François Hollande et Jean-Marc Ayrault, en livrant une jeune femme innocente aux yeux du droit français, à la justice d’exception d’un pays actuellement gouverné par la droite, a couvert de honte et d’opprobre à tout jamais le peu qui restait de socialistes dans le PS.
Manuel Valls, PS, a fait ce que ni Hortefeux ni Guéant, UMP, n’avaient osé faire. Extrader une citoyenne française qui risque 12 ans de réclusion pour délit d’opinion politique ,appartenance, en France, à un groupe politique qui n’a pas l’heur de plaire au gouvernement espagnol et qui est soupçonné d’être, en Espagne, la "vitrine légale" d’ETA.
Et à supposer même que cela soit un jour avéré de façon aussi simple et sans aucune ambiguïté, qu’a donc fait Aurore Martin pour mériter un tel traitement ?
RIEN.
Manuel Valls a livré une citoyenne française innocente, poursuivie par la justice espagnole pour ses opinions politiques et son militantisme certes actif mais pacifique, à la cause basque, à un gouvernement de droite réactionnaire.
Personne ne peut ignorer que ceci intervient dans le double contexte de la crise économique qui flambe et s’aggrave dans toute l’Europe, et dans un renouveau des forces de résistance, dont Aurore Martin fait assurément partie, ainsi que nous tous, après une séquence électorale en Espagne qui a vu le score des séparatistes basques augmenter considérablement.
Les ministres EELV doivent démissionner pour marquer leur complète désapprobation. Christiane Taubira doit démissionner également. Ici, la Justice a été foulée aux pieds, c’est l’Etat policier dans toute sa fascisation qui a prévalu.
On ne transige pas avec de telles pratiques. On les condamne, on les combat.
Le Collectif Bellaciao demande la libération immédiate d’Aurore Martin, lui renouvelle son plein et entier soutien, et il demande la mobilisation de toutes les forces qui se revendiquent de la gauche, des droits de l’homme, des libertés fondamentales à cette fin.
Nous déplorons ce type de provocation policière, d’Etat, en plein processus d’apaisement et de désarmement.
Le délit d’opinion politique ne doit pas être entériné dans les faits, il ne faut pas se cacher derrière un légalisme qui renvoie aux pires heures de l’Europe. Nous appelons à participer nombreux à toutes les initiatives qui seront prises dans les jours à venir dans ce but.
LIBÉREZ AURORE MARTIN ! VALLS DÉMISSION ! NON AU DÉLIT D’OPINION POLITIQUE !
Collectif Bellaciao
Paris, 2 novembre 2012


mercredi 25 novembre 2009

Non, le discours sécuritaire et xénophobe du gouvernement Sarkozy/Fillon n’est pas QUE électoraliste !


Un petit billet rapide parce que j’en ai RAS LE BOL d’entendre les conneries des représentants du PS (vous me direz, si il n’y avait qu’eux...) - et pourtant, je fais tout pour les entendre le moins possible mais parfois, ça filtre.

Hier ou avant-hier, "Mosco" (Pierre Moscovici - PS), face à Wauquiez (UMP), a prétendu, en résumé, sur le plateau de Denisot à Canal +, que le discours sécuritaire et xénophobe du gouvernement Sarkozy/Fillon ne serait QUE électoraliste.

Et que donc, c’est pour cela que le PS refusait de rentrer dans le "débat" sur l’identité nationale, trouvant ainsi une "bonne excuse" pour laisser seuls face à ce gouvernement, une fois de plus, les premiers concernés, les premiers touchés par ces propos insultants, démagos, inexacts, en un mot, dégueulasses.

Mais NON !

Il va falloir le dire en quelle langue, bon sang?

Quand allez-vous reprendre vos esprits, et mesurer à nouveau le POIDS DES MOTS?

Que cela serve AUSSI des intérêts électoraux, cette politique sécuritaire et raciste, sans aucun doute, mais voilà, cette politique est à l’œuvre depuis des ANNÉES, c’est à dire depuis que Sarkozy est Ministre de l’Intérieur.

Et vous continuez à appeler ça une "tactique électorale"?

Mais vous êtes devenus sourds ou aveugles ou les deux, ma parole? !

Continuer à propager ce mensonge, c’est faire croire aux auditeurs, aux lecteurs, aux travailleurs, aux citoyens.... qu’il n’y aurait AUCUNE logique idéologique à l’œuvre dans la politique Sarkozy-Fillon-Besson.

Or c’est faux, cette logique idéologique existe, elle a un nom, on la connaît, hélas, trop bien, et elle est la MÊME que celle du FN, et ça, la lutte aux côtés des sans-papiers, le montre parfaitement.

Et c’est comme ça dans toute l’Europe Monsieur Moscovici !

Car on voit la même politique mise en œuvre en Italie, par Fini et autres, les copains de Sarkozy, par exemple.

Vous et les vôtres, du point de vue de la lutte de classe, il est clair depuis un moment que vous ne servez plus à RIEN aux travailleurs de ce pays, quelle que soit leur nationalité, quelle que soit leur couleur, mais de grâce, ne racontez pas en plus n’importe quoi.

Quand on a la chance d’avoir (encore) une parole PUBLIQUE on dit LA VÉRITÉ sur des sujets pareils, ou on se tait.

La position de "Ponce Pilate" que prend le PS par rapport à l’attaque raciste et xénophobe de Besson et Sarkozy via la fausse question de "l’identité nationale" est condamnable ; personnellement, c’est le genre de choses qui fait que pour le moment, je ne voterai plus jamais pour votre parti , quoi qu’il arrive, et que je ne voterai plus non plus pour les partis qui continuent à vous traiter en alliés, à vous soutenir, 1er, 2ème ou 3ème tour.

Et qu’on ne vienne pas me chauffer les oreilles avec le "battre la droite" ! On attend encore un bilan sérieux et honnête des gestions soi disant "de gauche" des régions...

Tiens, est ce que votre "pouvoir de résistance régional" vous a au moins permis de "mettre la pression" aux entreprises que vous employez et qui embauchent des sans papiers, ou qui licencient leurs salariés?

NON, RIEN ! NADA ! 0 actions à ce sujet.

Vous ne faîtes pas/plus votre boulot pour NOUS les prolos, pour nous le "peuple de gauche", nous TOUS, quelle que soit notre nationalité, nous à qui pourtant vous DEVEZ vos PLACES.

Même le "service minimum", vous ne le faites plus !

Et quand je prends connaissance de la position développée par le PS sur les sans-papiers, justement (position datée et bien connue), je frémis, et non, là encore, il n’ y a pas de quoi être "satisfait" !

Qu’est ce que vous prônez en réalité à part, au fond, "l’immigration choisie" de Sarkozy, mais selon, soi disant, des critères plus "justes" et plus "humanistes"?

Les sans- papiers qui ont un contrat de travail, qui paient leurs impôts etc...bref qui sont "bien intégrés" doivent être régularisés - et, sous entendu, mais à peine, les autres "allez vous faire foutre"? !

Ce n’est pas ça DU TOUT que nous demandons nous, militantes et militants engagés aux côtés des sans -papiers, qu’ils soient travailleurs actifs, parents d’enfants scolarisés, ou réfugiés afghans...

Un jour, il va falloir faire preuve de courage en adoptant une position claire sur ce sujet au PS, non? Parce que votre discours mi chèvre- mi chou, muselé par la hantise, non, le fantasme rocardien de "l’appel d’air" et de l’accueil de "toute la misère du monde", y’en a ras le bol !

Surtout quand on appartient à un parti qui a autant manipulé les immigrés à son profit, pour les laisser ensuite sur le carreau (ancienne adhérente du PS, j’attends toujours la réalisation des promesses de 1981 et de la Marche pour l’égalité et contre le racisme, de "Touche pas à mon pote", du droit de vote aux étrangers etc) parti qui pour le coup est encore plus mal placé pour dénoncer l’électoralisme de l’UMP !

Rien de surprenant cependant me direz-vous, on sait qu’il y a longtemps que le PS ne réfléchit plus sérieusement à de tels sujets et se contente d’ânonner des bêtises issues du "prêt à penser politicard" le plus bas-de-gamme.

La politique mise en œuvre par Sarkozy Fillon Hortefeux et Besson est bien une politique raciste, sécuritaire, xénophobe, qui coupe encore un peu plus la France en deux, qui la rend haineuse, schizophrène, qui la freine, une politique qui rend ce pays malade, qui déroge encore plus à toutes nos traditions politiques et philosophiques.

C’est une politique de classe , mise en œuvre à l’échelle internationale, par une bourgeoisie apatride qui, elle, se fiche, bien-sûr, de l’identité nationale.

C’est une politique impérialiste, qui consiste à avoir pillé et à continuer de piller les matières premières et les Hommes des pays dits "en voie de développement", à y semer la misère, les dictatures, la corruption, le népotisme, qui ensuite, manipule racisme et xénophobie pour, notamment, diviser les travailleurs à l’échelle locale des pays dits "riches" et exploiter encore davantage le plus de monde possible, le tout pour le seul et unique profit de cette bourgeoisie qui se sent partout chez elle

ALORS, QUE, DANS VOTRE LOGIQUE DE PARTI PETIT BOURGEOIS PARFAITEMENT INTÉGRÉ AU SYSTÈME CAPITALISTE, VOUS PENSIEZ NE RIEN POUVOIR Y FAIRE CAR N’ÉTANT PAS "AUX COMMANDES", admettons - quelle analyse erronée soit dit en passant...- MAIS DITES AU MOINS LA VÉRITÉ SUR L’ÉTAT DES CHOSES !

On ne déserte pas les champs de bataille comme vous le faites, avec de mauvaises excuses, face à de tels représentants de la bourgeoisie réactionnaire, liberticide, fascisante.

Votre attitude "je-m’en foutiste " à l’égard de ce capitalisme politique particulièrement dur et odieux, attitude qui se manifeste tant dans la médiocrité de vos analyses que dans l’absence totale d’actions populaires au niveau national initiées par le PS, est d’une légèreté coupable.

Ne vous étonnez pas si un jour prochain les travailleurs, les citoyens de gauche de ce pays, tous les hommes et les femmes qui souffrent actuellement et de cette politique de droite et des renoncements de la gauche, se mettent à vous courir après pour vous juger aux mêmes tribunaux que les Sarkozy et cie.

Vous n’aurez que le juste retour de ce que vous semez actuellement.

QUI SÈME LE VENT RÉCOLTE LA TEMPÊTE.

mercredi 18 mars 2009

Philippe Marlière - "Pourquoi je quitte le Parti socialiste"



"J’ai adhéré au PS en 1989 et je le quitte aujourd’hui pour rejoindre le NPA.

De cette expérience militante, je retiens que des obstacles politiques et institutionnels majeurs empêchent toute réorientation à gauche du PS. Le militantisme inlassable de camarades sincères ou la bonne volonté de quelques dirigeants n’y changeront rien. Avec le NPA, j’espère contribuer à la construction d’un parti en rupture avec les politiques d’accompagnement social du capitalisme, que propose le PS depuis plus de vingt ans. Voici, succinctement, quelques réflexions sur ma trajectoire au sein du PS et les enseignements généraux que j’en tire.

Le combat pour l’ancrage à gauche du PS

Je rejoins le PS au moment même où le mur de Berlin vient de tomber ce qui, au commencement du second septennat mitterrandiste, n’est pas chose aisée. Les militants sont déboussolés par l’ouverture à des ministres de droite pratiquée par le gouvernement Rocard. Si le stalinisme a perdu la partie, la social-démocratie est à peine mieux lotie. Les politiques néolibérales d’inspiration étatsunienne (reaganomics) et britannique (la « contre-révolution » thatchérienne) déferlent sur un continent européen largement dominé par des gouvernements conservateurs. Quand les partis socialistes sont au pouvoir (en France, en Espagne, en Grèce), ils prêtent leur concours à la consolidation de cet environnement néolibéral : au niveau national (politiques monétaristes et privatisations) et au niveau européen (soutien inconditionnel à la construction d’une Europe des marchés dérégulés avec l’Acte unique européen, puis le traité de Maastricht). Il n’existe alors en Europe aucun gouvernement social-démocrate qui mène des politiques au bénéfice des peuples.

Je me dirige vers la Gauche socialiste, un petit courant de gauche animé par Jean-Luc Mélenchon et Julien Dray. En 1995, la GS est rejointe par le groupe Démocratie et socialisme de Gérard Filoche, issu de la LCR. La GS recueille environ 1% des voix au congrès de Rennes et en obtiendra 13,5% au congrès de Grenoble en 2000. Ce score est resté en deçà de ceux enregistrés par le CERES dans les années 70 et 80. Cette progression se fait sur une double ligne de rupture. Externe : contre le néolibéralisme pratiqué par les gouvernements de droite et de gauche ; interne : contre des dirigeants socialistes de plus en plus acquis au prêt-à-penser néolibéral. Contre la tentation centriste du parti, la GS milite pour une alliance « Rouge, Rose, Verte », dès 1992. Celle-ci est combattue par les autres courants du parti, mais l’idée s’impose progressivement dans les esprits des militants puis, dans la pratique, avec le gouvernement de la Gauche plurielle. La GS est le seul courant qui fournit un encadrement politique à ses membres, qui débat, qui étudie l’histoire du mouvement ouvrier, qui élabore une critique du capitalisme financier et qui porte un intérêt aux questions internationales. Je participe à quelques rencontres de la République sociale européenne, animée par Harlem Désir et Marie-Noëlle Lienemann. Nous côtoyons des représentants d’ailes gauches sociales-démocrates. Nous prêchons dans le désert car nous sommes alors en plein blairisme triomphant (1999-2001). Je remarque à cette occasion que la ligne de partage sur la question de la mondialisation néolibérale ne sépare plus la droite et la gauche, mais traverse les partis sociaux-démocrates. Partout en Europe, les blairistes sont les serviteurs zélés du capitalisme. Fait unique dans ce parti d’hommes d’âge mûr, la GS accueille de nombreux jeunes à travers des syndicats étudiants et lycéens, ainsi qu’SOS-Racisme.

Il y a certes des ratés importants. Les mitterrandistes Mélenchon et Dray votent en faveur du traité de Maastricht. Ce traité forme l’ossature qui permet d’accélérer le basculement vers l’Europe de la « concurrence non faussée », et dégage la voie aux traités ultérieurs qui resserrent encore plus le carcan néolibéral : Amsterdam, le traité constitutionnel et Lisbonne.

Les militants de la GS ambitionnent de construire une aile gauche qui, progressivement, deviendrait une pièce majeure dans le jeu interne. Par le biais du débat démocratique, nous espérons rallier à nos thèses des militants « de gauche » qui ont une conception du socialisme « moins exigeante » que la nôtre. Objectif : la construction d’un bloc majoritaire qui permettrait d’ancrer à gauche le PS, prélude à une réunification des gauches françaises sur une ligne de rupture avec le social-libéralisme. Vingt ans après, je considère que cette stratégie n’a pas fonctionné. Depuis la disparition de la GS en 2002 et les revers qui ont suivi le référendum de 2005, le repositionnement à gauche du PS est même devenu un objectif hors d’atteinte.

Défaites et reniements

Jusque 2002, la GS monte en puissance dans le PS, même si elle ne parvient pas à inverser la tendance de plus en plus social-libéralisante du gouvernement Jospin. Jean-Luc Mélenchon et Marie-Noëlle Lienemann entrent au gouvernement, en négociant une marge d’autonomie relative pour leurs ministères (enseignement professionnel et logement). Mais la gauche du parti subit de plein fouet le contrecoup de la défaite présidentielle de Lionel Jospin. Les ambitions personnelles et les querelles d’ego, longtemps contenues, éclatent au grand jour. Des individus (ici, Mélenchon et Dray) détruisent en une soirée des années de labeur militant et provoquent la scission de la GS. Quatorze années d’un patient travail de construction d’une aile gauche sont réduites en miettes. Commence alors le déclin de la gauche du PS, avec la valse des courants et des étiquettes : Nouveau Monde (Mélenchon-Emmanuelli), le NPS de Montebourg-Peillon-Dray, le NPS sans Dray parti rejoindre les sociaux-libéraux, Forces Militantes (Dolez), Trait d’union (Mélenchon après son rapprochement avec Fabius), Alternative Socialiste (Emmanuelli), NPS avec l’arrivée d’Emmanuelli avec, puis sans Peillon, Reconquêtes (Emmanuelli, Hamon) et aujourd’hui Un Monde d’Avance. Seuls Démocratie et socialisme (Filoche) et Pour la république sociale (Mélenchon) constituent de vrais courants. Outre leur stabilité, ils restent fidèles à l’ambition de la GS de socialiser les militants sur une ligne de gauche. Leur influence dans le parti est malheureusement assez marginale.

A partir de 2002, la durée de vie des courants de « gauche » est éphémère (pour certains, elle est inférieure au temps qui sépare deux congrès). Ces structures se construisent et se déconstruisent autour des pratiques césaristes de barons nationaux. La dimension éducative au cœur du militantisme a disparu. Les militants apprennent la naissance et la disparition de leur courant dans la presse nationale. Il n’est pas rare que des dirigeants opportunistes et marqués à droite rejoignent l’une des factions de « gauche » avant de repartir au congrès suivant vers un courant qui servira mieux leur carrière (Montebourg, Peillon). D’ex-cadres de la GS se recentrent (Désir rejoint Jospin, puis Strauss-Kahn) ou passent dans l’aile droite du parti (Dray, Boutih).

Quoiqu’en ordre dispersé, les courants de gauche du PS mènent une campagne remarquable pour le Non au traité constitutionnel. Politisant le débat sur l’intégration européenne, elles attirent à elles des milliers de militants exaspérés par le contenu d’un traité qu’ils ont pour la plupart attentivement lu. La victoire du Non retombe comme un soufflé à l’occasion du congrès du Mans, en novembre 2005. Les dirigeants de la gauche du PS (à l’exception de Filoche et Dolez), déjà en embuscade pour la présidentielle, se rallient à la synthèse de François Hollande. Les militants présents protestent vivement, mais ainsi va la démocratie socialiste. Après avoir piétiné la résolution du Conseil national de 2004 (qui spécifiait que la Constitution européenne était en l’état inacceptable), puis manipulé les chiffres du vote interne sur le traité constitutionnel (le Non l’emportait), Hollande et la droite du parti parviennent à dérober aux militants la victoire du Non de mai 2005. Ils étouffent dans l’œuf toute critique de gauche en regroupant l’ensemble du parti autour d’une synthèse molle. Le déclin de la gauche socialiste s’accélère ensuite. Sans figure nationale de premier plan pour les porter dans le jeu médiatique, les idées de gauche ne sont que très rarement prises en compte. Puisque les sondages la présentent comme la candidate la mieux à même de battre Sarkozy, les militants investissent logiquement Ségolène Royal. La gauche socialiste en est réduite à soutenir Fabius, l’ex-ennemi libéral, dont le gouvernement rédigea la loi de déréglementation financière dans les années 80. Royal ne tient pas compte du programme socialiste, au demeurant peu à gauche, et mène une campagne droitière axée sur les questions d’ordre public. Elle déserte le terrain social que vient occuper Sarkozy. Le PS perd une élection qu’elle abordait dans une position de force et la direction hollandaise n’est même pas critiquée. En 2008, une majorité du groupe parlementaire socialiste se fait complice du coup de force sarkozyste en refusant de voter contre la ratification parlementaire du traité de Lisbonne voulue par le président. Ce traité est pourtant largement identique au traité constitutionnel rejeté par 55% des Français deux ans plus tôt. Le travail de politisation sur l’Europe de 2005 semble réduit à néant.

Au congrès de Reims, fin 2008, l’union historique des gauches socialistes réunies autour de Benoît Hamon ne recueille même pas 20% des voix. Ségolène Royal frôle de peu la victoire dans le vote plébiscitaire pour le poste de premier secrétaire. La gauche du PS fait son entrée dans une direction idéologiquement hétéroclite. Le coup de barre à gauche promis par Martine Aubry fait long feu : dans la foulée de son élection, elle déclare que le PS fera campagne aux élections européennes sous la bannière du Manifesto rédigé par le Parti des socialistes européens. Dans cette plate-forme électorale, le PSE réaffirme son soutien au traité de Lisbonne. Fin février 2009, les royalistes rejoignent la direction du parti, ce qui marginalise encore plus la gauche socialiste. Le tropisme droitier des directions socialistes réapparaît : en janvier 2009, lors des massacres de l’armée israélienne à Gaza, la direction socialiste se borne à établir une responsabilité symétrique entre l’agresseur israélien et les victimes palestiniennes. Elle passe totalement sous silence la question de l’occupation des terres palestiniennes depuis 1967. En février 2009, alors que la colère sociale monte en France et en Guadeloupe, le PS temporise et disparaît des cortèges de manifestants. Avec Aubry, les carriéristes et les opportunistes de droite continuent de régner en maître. La gauche assiste impuissante à la composition et décomposition de ces majorités interchangeables.

Étrange démocratie socialiste

Personne au sein de la gauche socialiste ne conteste que le parti est essentiellement dirigé par des carriéristes. Difficile de défendre la trajectoire de Dominique Strauss-Kahn, directeur du FMI ou de Pascal Lamy, directeur de l’OMC. Difficile aussi de se reconnaître dans le parcours peu rectiligne des Peillon, Royal, Lang, Montebourg, Valls, Hollande, Dray, etc. Certains camarades arguent cependant qu’il est injuste de considérer que les dirigeants représentent l’ensemble du PS ; qu’ils renvoient une image fidèle de ce que pensent et souhaitent les militants de base. Il existe certes dans le PS – dans tous les courants du parti – des militants honnêtement de gauche. Il serait également erroné de mettre sur un pied d’égalité Benoît Hamon et Vincent Peillon, ou Henri Emmanuelli et François Hollande. Il faut toutefois considérer qu’à l’exception du vote interne sur le traité constitutionnel, fin 2004, les militants ont porté à la tête du parti des majorités droitières. François Hollande, un personnage opportuniste et cynique, dirigea le parti pendant onze années et Ségolène Royal fut investie candidate à l’élection présidentielle. Malgré ses slogans empruntés à un manuel de morale de la 3e République et son score médiocre en 2007, Royal reste populaire dans le parti. De ce point de vue-là, il faut bien reconnaître que les dirigeants sociaux-libéraux au sommet de l’appareil socialiste sont, dans une certaine mesure, le reflet de ce que pense et souhaite une part non négligeable de la base militante.

Certains estiment que les militants socialistes sont authentiquement de gauche. Cependant, leur adhésion au PS ne s’est pas faite sur la base d’une connaissance des programmes et des idées des dirigeants, mais sur le sentiment d’appartenance à la grande famille de la gauche, en fonction d’une orientation et d’une adhésion à des principes généraux. Soit. Le phénomène de dépossession des voix militantes par le personnel professionnel de la politique est bien connu depuis que Roberto Michels a énoncé la loi d’airain de l’oligarchie des partis. Cependant, il est caricatural d’opposer une élite de droite à une gauche militante. Force est de constater qu’il existe un nombre relativement important de militants qui pense que le PS doit cesser de se battre pour les travailleurs, de promouvoir des politiques de redistribution radicales, de pratiquer l’union de la gauche, qu’ils souhaitent remplacer par une alliance avec le Modem. Dans les courants Royal et Strauss-Kahn, on trouve nombre de militants qui défendent de telles orientions.

Mais il y a plus grave encore : le jeu de la démocratie partisane est aujourd’hui totalement perverti. Les militants peuvent certes se battre pour imposer une orientation politique et programmatique par le biais de motions. Cependant, les dirigeants n’en tiennent pas compte la plupart du temps. Ce fut le cas lors de la ratification parlementaire du traité de Lisbonne, assurée grâce au soutien des socialistes. Le PS s’était pourtant engagé à faire voter le peuple dans un nouveau référendum. Le parti tolère que le candidat à l’élection présidentielle s’affranchisse du programme arrêté par les militants. De manière générale, les débats sur les motions lors des congrès sont menés au pas de charge, les synthèses de textes sont réalisées de manière opaque et les alliances de congrès sont le fait du Prince, c’est-à-dire que le leader de motion décide, en son âme et conscience, avec qui il va négocier les voix militantes qui se sont portées sur son nom et sur son texte.

On peut se réjouir de la tenue au PS de débats contradictoires, du vote sur des motions proposant des orientations distinctes (de la gauche radicale au blairisme). Toutefois, à quoi bon une telle débauche d’énergie militante si, à la fin, chaque congrès reconduit la même ligne sociale-libérale ? A quoi sert ce pluralisme davantage théorique que réel, si le jeu prétendument démocratique des courants est avant tout utile au carriérisme des dirigeants ?

Une position dominante, mais non hégémonique

Les fonctions politiques du PS sont essentiellement droitières : la présidentialisation du parti dépolitise les débats et favorise l’émergence de dirigeants carriéristes et populistes ; la plupart de ces dirigeants sont acquis aux idées du néolibéralisme et la personnalisation des débats a sapé le respect dû aux textes démocratiquement adoptés par la majorité des militants.

On peut arguer que la nature sociale du PS reste essentiellement de gauche. Cette nature sociale renvoie à l’image de parti de gauche que possède toujours ce parti dans la population, quelles que soient les critiques que les individus puissent lui adresser. Si le peuple considère que le PS n’est pas vraiment un parti qui défend des idées socialistes, il peut néanmoins estimer que, potentiellement, il demeure ce parti-là ou pourra le redevenir un jour. Ce raisonnement explique pourquoi nombre d’électeurs qui avaient voté pour Olivier Besancenot et Arlette Laguiller en 2002, ont voté pour Ségolène Royal en 2007, en dépit de ses idées et ses propositions qui n’avaient rien de socialiste. Il s’est agi d’un réflexe d’auto-défense contre un candidat de droite jugé encore plus nocif que les bavardages réactionnaires de Royal. Le vote PS constituait le moyen le plus concret de résister à la droite la plus revancharde depuis Vichy.

L’identification d’une majorité de l’électorat à la nature socialement de gauche du PS (fût-elle virtuelle) explique que le PS soit resté depuis les années 80 le parti dominant à gauche. Cette position est dominante, mais non hégémonique, car les électeurs connaissent bien les turpitudes de ses dirigeants. Ils se souviennent des promesses non tenues et des politiques néolibérales qui ont été menées au gouvernement. Ils se gaussent de ces bourgeois beaux parleurs, ces mollétistes culturels qui ont le verbe gauchiste sur les tribunes de congrès et qui reprennent ensuite leur discours « raisonnable » de gestionnaire dès que les votes ont été engrangés. Ils exècrent la plupart de ces dirigeants et pourtant ils continuent dans leur grande majorité de voter pour le PS, quand ils ne s’abstiennent pas.

Pourquoi ? Parce que le peuple de gauche attend des partis politiques qui le représentent des débouchés politiques immédiats pour soulager la précarité de sa situation sociale et politique.

********

La perception selon laquelle le PS est le mieux placé – ou, si l’on préfère le moins mal placé – pour améliorer le quotidien des travailleurs est bien ancrée dans les esprits. Pour cette raison, il est peu probable que le PS s’effondrera électoralement dans un proche avenir. Il n’est cependant pas à exclure que, sur le long terme, il connaisse le même destin que la SFIO à la fin des années 60. Sur le moyen terme, le NPA est le mieux placé à gauche pour recueillir les voix des électeurs qui votent socialiste faute de mieux. Le nouveau parti rassemble diverses traditions de gauche, il est résolu dans son combat contre le système capitaliste et pour une société solidaire et réellement démocratique. Il est aujourd’hui rejoint par des jeunes, des femmes et des individus des classes populaires, un phénomène unique à gauche aujourd’hui.

Le NPA est le parti dont les idées et la stratégie peuvent offrir une perspective aux militants et aux sympathisants du PS qui n’ont pas renoncé à leur aspiration à un monde plus juste et plus démocratique.

Lettre + Interview ICI sur le site "Contretemps".

Philippe Marlière est maître de conférences en science politique à University College London.



lundi 24 novembre 2008

Le Congrès du PS comme illustration de la fin d’un Monde.... et le début d’un nouveau


Je suis étonnée qu’on puisse être encore surpris par ce qui se passe au PS.

Pour qui connaît un peu les coulisses de ce parti, la vie politique française, pourtant, ce n’est pas une nouveauté, encore moins une surprise.

Les "bébés Mitterrand" sont devenus comme les petits qui doivent manger leur mère pour survivre.

C’est une pétaudière, oui et alors?

On parle de "devoir donner une image digne" par ci, de "devoir protéger l’image de ce parti face aux Français" par là....

Comme si nous, "Françaises, Français" comme on dit, nous ne savions pas depuis un certain temps que tout cela, la manière dont cette caste fait ce qu’elle croit être de la politique, comme si on ne savait pas que ce n’était que lutte féroce pour les places, les pires coups bas, les plus grosses saloperies...

Comme si on n’avait pas compris et depuis longtemps, ce qu’ils appellent, eux, "la politique" !

Pour un peu, on aurait pu oublier que, le 17 novembre 1936, un homme, abattu par la calomnie ("la politique", déjà), salit et harcelé par la presse fasciste "Gringoire", se donnait la mort, à Lille, en plein dans le fief de Mme Aubry, qui, justement, toute occupée à bétonner son élection à la tête du PS, n’a pas eu un mot ni une pensée cette année pour son illustre prédécesseur, Roger Salengro.

Pourtant, quel symbole, Roger Salengro...

On chercherait en vain un mot à la mémoire du militant, de l’homme, sur le site de la Fédération PS du Nord...Rien.

Une évocation dans tout ce Congrès? Non, c’est dépassé sans doute.

Il leur semble loin à eux, tous ces privilégiés, le temps des Ligues fascistes, le temps des pouvoirs, petits et grands, qui, pour le Capital, et les bourgeois, étaient prêts à tout, y compris à vendre, bientôt, après le Front populaire, la France aux Allemands du IIIè Reich.

Ça leur semble loin tout cela... "plutôt Hitler que le Front populaire"... Et pourtant...

Et on fait pourtant comme si ce qui se passait au PS allait radicalement changer notre vie. Bien sur, les médias serviles assurent une couverture maximale à cet évènement sans toutefois en livrer la bonne analyse.

Au PS, on n’hésite pas à nous ressortir tous les slogans les plus éculés de feu "la gauche", ce fantôme qui n’en finit pas de mourir.

Pourtant on le sait, tous ces barons qui aujourd’hui n’ont plus que le mot "socialisme" à la bouche, qui s’en gobergent à s’en faire vomir, ont tous signé pour l’Europe de Maastricht, pour le système capitaliste, pour l’économie de marché, ils l’ont signé et ils ont même renouvelé récemment leurs vœux, en les inscrivant dans leurs actes fondamentaux, principes et statuts.

Tous ces gens, ils nous ont toutes et tous plus d’une fois poignardés dans le dos même, en prétendant nous passer la pommade. Tous, parfois même aidés par des membres du PCF, ils ont à partir de 1997, achevé d’ouvrir la voie à la privatisation de tout ce que notre pays comptait comme services publics vitaux et fondamentaux..."sur ordre de l’Europe".

Lang qui se permet de faire la leçon à Royal sur le "cas Frêche", Delanoe qui traite publiquement Aubry de ringarde, de "salope" (sic, le Canard Enchaîné cette semaine) mais rappelle Royal à la raison, Royal qui à 55 ans, a toujours son air de jeune communiante qui vient de prendre sa première carte au PS, qui donne des leçons de démocratie mais qui fait d’un homme qui n’ose même plus se présenter devant le suffrage universel tant il a perdu, Peillon, un de ses premiers lieutenants...et j’en passe, la liste est trop longue.

Dans la mesure où moi, j’ai avalé l’amère pilule qu’était le PS en y ayant pris ma part quelques années, puis en l’ayant quitté en parfaite connaissance de cause, je peux en rire aujourd’hui. Je sais que je ne suis pas la seule et que nombre de mes camarades, plus discrets, n’en pensent pas moins.

Mais évidemment, je comprends que ça ne fasse pas rire tout le monde.

Ahhh sans le PS on n’aura plus d’opposition, ahhhh sans le PS la Frrraaaannnccceee est aux mains de Sarkozy pour des siècles et de siècles, le "peuple " (nous) va "souffrir" (sans blague?) , ahhhh sans le PS qu’allons nous devenir Mesdames Messieurs je vous le demande?

Le seul qui m’a vraiment émue dans cette histoire (assez triste il est vrai, mais toutes les bonnes choses n’ont elles pas une fin?), c’est l’acteur Pierre Arditti, parce qu’il avait l’air sincère, ça avait l’air de lui faire vraiment de la peine tout ça (comme, je le pense, à de très nombreux militants de la base, et surtout aux anciens, ceux qui furent des artisans de la victoire de "Tonton" en 1981).

Mais enfin soyons sérieux 5 minutes.

Cela fait au moins 6 ans, depuis le 21 avril 2002 en tout cas, que le PS a achevé de nous démontrer que, pour toutes sortes de raison, dont la moindre n’est pas idéologique, est totalement incapable d’apporter encore quoi que ce soit "au peuple", "aux travailleurs" encore moins.

Alors qui tout cela peut il étonner?

J’étais à Versailles le 4 février 2008 avec de nombreux camarades, citoyens, et je ne suis pas prête d’oublier la forfaiture que le PS nous a concoctée ce jour là (entre autre) pour faire passer "le Traité de Lisbonne", au mépris de la souveraineté populaire.

Franchement, qui de Royal ou Aubry ou du Pape (pourquoi pas tiens?) deviendra premier secrétaire après Hollande, ce n’est pas une question fondamentale pour les habitants de la france aujourd’hui.

Le tsunami social et économique dont nous ne voyons pour l’instant que les prémisses, la Krise du capitalisme, la montée du fascisme en Europe (et en France), je pèse mes mots, tout cela , le PS sera incapable de nous en protéger, incapable de l’expliquer ; Sarkozy, on sait bien que le PS ne veut rien y faire avant 2012.

Face à la force aveugle du pouvoir bourgeois pour protéger ses intérêts, face à la dévastation brutale que la crise nous impose, le PS ne peut rien.

Est ce une nouvelle? Non. Un peu d’histoire, un peu de mémoire.

Le PS, la SFIO avant lui, en grande majorité, ne font plus rien pour le peuple contre la barbarie du capitalisme, et ce depuis longtemps.

Non seulement ils ne font plus rien, mais encore ils lui ont ouvert et continuent de lui ouvrir la voie.

La différence entre Royal et Aubry, c’est l’intelligence du moment. Royal a pigé le "désir d’avenir". Sa "démocratie participative", c’est, en quelque sorte, notre désir de révolution à nous, communistes, à sa sauce démocrate chrétienne.

Aubry, ça elle ne l’a pas vu, elle ne peut pas le voir c’est une héritière dans toute sa splendeur, la fille de M. Jacques Delors. Apparatchik dès le berceau. En cela il y a bien une "gazelle" et une "éléphante".

Mais sur le fond, aucune différence.

Restent, dans ce paysage politique, hors du PS, beaucoup de gens qui, quoi que voulant bien faire, pour certains, n’osent pas inventer, n’osent pas apporter de nouvelles paroles, sont englués, toujours dans "la gauche".

Même O. Besancenot, ô surprise, semble sombrer peu à peu dans cette mélasse idéologique et enfourcher ce mauvais cheval de bataille qu’est "la gauche".

Tous ces gens qui croient que nous allons les attendre ; attendre qu’ils et elles se soient "mis d’accord" - mais mis d’accord sur quoi? - pour nous défendre contre les coups de nos ennemis de classe.

Des gens qui croient que nous allons attendre qu’ils aient vidé leurs différends, leurs querelles de famille, pour nous révolter contre l’oppression qui est en train de s’abattre sur nous, dans les entreprises, dans les rues, dans les écoles, dans les journaux..

Ce soir, je regarde tous ces gens là, du PS ou d’ailleurs, qui prétendent incarner le socialisme, cet espoir si fou, si jeune, si plein de vie, cet espoir brûlant, et je les vois eux, couverts de poussière, crispés dans des attitudes archaïques, les visages pétrifiés par le passé, leurs corps déformés par les appétits de pouvoir, un pouvoir qui, le plus souvent, ne s’exerce pas pour nous, mais pour eux et les intérêts qu’ils défendent vraiment, voire, qui souvent, se retourne volontiers contre nous, alors que nous en sommes la source originelle...

Démocratie prolétarienne et souveraineté populaire : pour cela, nous n’avons besoin ni du PS, ni des élections Européennes, ni même peut être désormais, du PCF (vu son état qui ne semble guère plus brillant) ou de tout autre.

Nous avons besoin de nous, besoin de croire en nous, nous les travailleurs, employés ou non, nous les étudiants, nous les habitants de ce pays, Français ou étrangers, avec ou sans papiers, jeunes ou vieux nous tous ensemble.

Je ne suis pas certaine que nous ayons "besoin de parti" (bon, un vrai parti des communistes serait pas mal, enfin, le cas échéant, il ne va y avoir qu’à se baisser pour ramasser, des partis à la pelle) - en revanche je suis bien certaine que nous avons besoin de nous organiser, de nous donner quelques principes communs, communs à ceux qui sont "dedans" et à ceux qui sont "dehors", et je suis bien certaine aussi que nous devons, plus que jamais, prendre notre part, même modeste pour restaurer ce que nous savons, nous, être la VRAIE Politique.

Nous avons donc besoin de solidarité, de notre volonté, de notre courage et d’un projet politique unificateur.

N’ayons pas peur, le monde ancien finit maintenant d’être balayé et c’est la promesse d’un monde nouveau qui s’avance.

mardi 5 février 2008

Discours de la Louve le 4 février 2008 à Versailles

Discours de la Louve le 4 février 2008 à Versailles
Vidéo envoyée par petaramesh

Discours de la Louve lors de la manifestation "Tous à Versailles le 4 février 2008", en refus de la modification constitutionnelle permettant au parlement d'adopter le "traité modificatif européen" en violation du choix déjà exprimé par référendum par le peule.




Le 29 mai 2005, nous nous sommes exprimés à 55% contre un projet et contre un texte.

Le projet, c’est celui de l’Europe libérale, capitaliste, qui broie nos vies avec une brutalité croissante.

Le texte c’est celui de la constitution européenne, aujourd’hui appelée Traité de Lisbonne ou « mini traité », pour faire moins peur.

Personne n’est dupe. Le contenu est resté le même.

Le 29 mai 2005, nous avons voté NON à 55% par la voie référendaire, qui est la voie d’expression directe du peuple souverain.

Aujourd’hui, N. Sarkozy et l’UMP, aidés par des parlementaires du PS, ont décidé de nous dénier ce droit fondamental de l’expression directe.

Ils ont décidé, complices dans un coup d’Etat légal, mais illégitime, de violer notre voix sans aucun scrupule.

Ils vont se réunir, dans cette enceinte, pour passer par-dessus nos têtes et annuler notre choix du 29 mai 2005.

Une minorité de Français, qui sont les mandataires de la majorité d’entre nous, va nous dire que nous avons mal voté le 29 mai 2005.

Que nous sommes assez intelligents pour les élire, mais pas assez pour décider par nous-mêmes !

L’UMP et ses complices vont voter une révision de la constitution qui non seulement, va revenir sur notre choix, mais, plus grave, va leur permettre de gouverner sans nous à l’avenir, sur des questions pourtant fondamentales.

Et le PS, majoritairement, alors qu’il a les moyens d’empêcher cela, va s’abstenir et les laisser faire !

A un mois des municipales et des cantonales, nous sommes aussi là pour dire à ces élus du peuple : nous n’oublierons pas. Nous allons nous en souvenir, et nous allons vous sanctionner !

Le vote utile, nous le savons maintenant, nous a menés au pire. Il n’a été utile, en réalité, que pour les 500 familles les plus riches de France.

La situation sociale, culturelle, humaine est aujourd’hui catastrophique dans notre pays, et cela va sans doute s’aggraver car depuis mai 2007, les dés sont jetés pour environ 5 ans.

Alors, nous allons essayer, au moins, de profiter de ce désastre pour faire le ménage et entrer en résistance.

Il n’est pas admissible que des élus républicains participent à une telle forfaiture.

Mesdames et Messieurs les parlementaires, que cela vous plaise ou pas, nous sommes venus mettre nos pas dans ceux des sans-culotte et du Tiers Etat qui ont, ici même, il y a plus de deux siècles, voté l’abolition des privilèges et la naissance de la République !

Nous sommes venus défendre notre voix.

Cette voix, elle a dit NON.

Elle l’a bien dit et elle le dira encore !

lundi 4 février 2008

LE 4 FEVRIER: REFUSONS LE VIOL DE LA SOUVERAINETE POPULAIRE! TOUS A VERSAILLES!

Scénario de la journée

Lieu du rassemblement :
- Place du marché aux fleurs de Versailles (avenue de Saint-Cloud, angle de la rue Clémenceau) -

Voir les lignes de RER et train au départ de Paris
A partir de 12h : arrivée sur le lieu de rassemblement

Marches convergentes vers le lieu de rassemblement à partir du parking des cars et des gares RER/SNCF.
13h30 : conférence de presse

Avec les représentants des organisations investies dans le cadre de la campagne et une présence de parlementaires désirant voter non.

Remise des signatures : les pétitions seront remises aux parlementaires du non présents qui apporteront ces pétitions dans l'enceinte du Congrès.
Déroulé détaillé du rassemblement

12h - 14h : accueil des participants et restauration`
- Sandwichs et vin chaud par Confédération Paysanne locale.
- Soupe avec La Chorba.

14h - 15h15 : Intermede musical
- Fanfare Brésilienne
- Groupe Les Szgaboonistes http://www.szgaboonistes.org/

A partir de 15h15
- Mise en place pour se rendre devant l'enceinte du Palais.

15h30 - 15h55 : marche en direction du chateau

15h55
- 5 minutes avant le vote par les parlementaires en Congrès, nous porterons le deuil de la démocratie et nous bâillonnerons symboliquement devant l'enceinte du château.

16h
- En fonction du nombre de participant, débat citoyen sur place : l'Europe c'est l'affaire de touTEs les citoyenNEs.
- Bilan du vote et clôture de la journée.

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Les premiers signataires de l'appel

AC !, AlterEkolo, ATTAC France, Cactus/La gauche !, CGT finances, Collectif Bellaciao, Coordination des collectifs antilibéraux, Confédération paysanne, Fondation Copernic, Forces Militantes, Gauche Avenir, LCR, Les Alternatifs, LO, Marches Européennes, Mars-Gauche républicaine, MNCP, MRC, PCF, PRCF, PRS, Regards, Réseau féministe Ruptures, SNJ-CGT Audiovisuel, Union syndicale Solidaires.
Liste de personnalités annoncées

- Annick Coupé et Pierre Khalfa (Solidaires)
- Arlette Laguiller (LO)
- Aurélie Trouvé et Jean-Marie Harribey (Attac)
- Jean-Baptiste Eyraud (DAL)
- José Bové
- Olivier Besancenot (LCR)
- Raoul-Marc Jennar
- Susan Georges
- Yves Salesse (fondation Copernic)

Ces listes seront mises à jour régulièrement en fonction des informations qui nous parviendront.

Se rendre à Versailles au départ de Paris

1) Le RER C avec plusieurs gares dans PARIS (Gare d'Austerlitz, Saint-Michel, Invalides, etc...), destination VERSAILLES Rive gauche
- Un train toutes les 1/2 heures
- Le trajet dure : 20 à 30 mn
- Tarif : entre 4 et 5 € aller
- Marche : 10 mn Plus d'infos sur le site http://www.ratp.fr/

2) De le gare Montparnasse pour VERSAILLES Chantiers
- Un train toutes les 20 mn
- Trajet : 30 mn
- Tarif : 2,80 € aller
- Marche : 20 mn environ

3) De la gare Saint-Lazare pour VERSAILLES Rive droite
- Un train tous les 1/4 d'heures
- Trajet : 20 mn
- Tarif : 3,50 €
- Marche : 20 mn environ

De l'arrêt GARE ST LAZARE (Paris) Prendre le Train VALE

jusqu'à GARE DE VERSAILLES RIVE DROITE (Versailles)

mercredi 30 janvier 2008

LETTRE D'UNE DEPUTEE PS SUR LE TRAITE DE LISBONNE: QUAND S'ARRETERONT-ILS?



"Madame, Monsieur,

Suite à votre courrier, voici les éléments que je suis en mesure de vous apporter concernant le traité européen. Le 4 février prochain, en cohérence avec la décision prise par le groupe socialiste à l’Assemblée, je me rendrai à Versailles pour participer au Congrès, dans le but d’enclencher le processus de révision de la Constitution, qui est le préalable juridique indispensable à toute ratification.

Les instances nationales du Parti Socialiste ont décidé de voter pour le Traité de Lisbonne car, bien que peu enthousiasmant, il a le mérite de sortir de l’enlisement institutionnel dans lequel se trouve l’Europe depuis 2005. Pour ma part, je regrette que la charte des droits fondamentaux insérée dans la précédente constitution n’ait pu être reprise que de manière indirecte, car il s’agissait selon moi d’un texte fondamental.

Une opposition à la modification constitutionnelle aurait pour effet immédiat d’interrompre la procédure de ratification du traité, et donc de renoncer à toute possibilité pour le peuple de s’exprimer. En revanche, conformément à la décision prise à une large majorité par le groupe socialiste, je m’abstiendrai sur le texte pour exprimer mon désaccord avec les méthodes de Nicolas Sarkozy.

Je souhaite insister sur deux points : d’une part il faut savoir que les parlementaires sont au nombre de 908 ( à savoir 577 députés et 331 sénateurs). La modification de la Constitution nécessite l’aval des deux cinquième des parlementaires, soit 364 parlementaires. Cependant, les groupes PS et PC ne comptent que 319 parlementaires (210 députés et 109 sénateurs). Si on ajoute les apparentés, on arrive à 347 parlementaires, soit un nombre toujours inférieur aux deux cinquièmes. Les chiffres montrent que l’ensemble des parlementaires de gauche constituent moins des deux cinquième du Parlement, ce qui signifie que même si tous votaient contre la modification de la Constitution lors du Congrès de Versailles, celle-ci serait quand même adoptée.

D’autre part, le rejet de la modification de la Constitution n’implique pas l’organisation d’un référendum ipso facto.

Une fois la Constitution révisée, le débat sur le mode de ratification lui même peut commencer. En accord avec ses engagements de campagne, le groupe socialiste exigera un référendum, et déposera une motion référendaire, lors du débat qui aura lieu le 6 février à l’Assemblée nationale. Il a d’ailleurs voté la proposition de loi en ce sens, déposée par le groupe communiste (GDR) récemment.

En tant que Vice-Présidente du groupe socialiste, j’approuve la position de compromis adoptée démocratiquement à l’intérieur de mon parti et respecterai la décision prise.

Je souhaite qu’au lieu de prolonger encore la crise des instances européennes, toute notre énergie soit consacrée à ce que les français sanctionnent massivement le gouvernement dans les urnes, les 9 et 16 mars prochains.

Bien à vous,

G. P.-L. Députée de Paris 01 40 63 68 6.

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MA REPONSE:

"Madame la Députée,

Merci d'avoir pris la peine de répondre à mon courrier.

J'avoue cependant être assez désagréablement surprise par l'énorme dose de renoncement que contient votre discours, et notamment, la partie relative au calcul de la majorité nécessaire à Sarkozy pour faire passer son projet!

Vous oubliez que certains parlementaires de droite vont également voter CONTRE cette mascarade. Si les parlementaires qui se prétendent de gauche font bloc de façon unanime et inflexible, il se peut fort que ce viol de notre souveraineté tourne court.

Et puis, comment peut-on savoir à l'avance qu'un combat va être perdu, qu'il ne sert de rien de se battre jusqu'au bout, sur des sujets aussi fondamentaux?

Par ailleurs et pour ma part, j'ai voté NON le 29 mai 2005 pour refuser d'aller plus loin dans le projet d'Europe libérale que l'on nous proposait. Le projet européen que vous appelez de vos voeux n'est rien d'autre qu'un faux nez du capitalisme, aussi vous comprendrez que votre justification à cette trahison du PS ne me convainque pas.

Je suis sidérée par votre réponse, et la facilité avec laquelle la majorité des parlementaires de votre groupe semble à la fois oublier quelle est l'essence de leur mandat, et d'autre part, quelle doit être la seule attitude convenable pour un élu républicain face à cette question.

Que le PS ait décidé de faire du renoncement face au capitalisme son idéologie officielle le regarde, certes. Que la plupart de ses membres décident qu'on est plus à l'aise pour retourner sa veste les bras ballants que le poing levé, après tout , c'est logique.

Mais ne venez pas nous raconter n'importe quoi et conclure votre message par un appel à "sanctionner Sarkozy dans les urnes", comme si sa faute à lui pouvait effacer la votre, et comme si nous étions encore assez stupides pour croire qu'en votant pour vous, nous allons faire un barrage efficace entre lui et nous!

Madame, entre cette forfaiture et le nombre de membres du PS qui travaillent aujourd'hui pour Sarkozy sans être exclus de votre parti, sans parler de la mollesse de votre opposition et de l'absence totale de présence de votre parti au côtés des salariés dans les luttes sociales ces dernières années, je crois que la messe est dite, trop c'est trop et pour ma part, vous n'aurez plus jamais ma voix.

D'un point de vue assez pratique en effet, et très matériellement, les inconvénients que je trouve à soutenir, le cas échéant, votre parti en lui accordant ma voix à l'occasion, ne sont plus contrebalancés par des avantages qui me permettraient de penser que j'ai fait le bon choix pour ma vie et pour mon pays.

Tout cela est très triste et assez écœurant, rappelant les heures sombres que la France connut en 1940 quand la plupart des parlementaires votèrent les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain, nous assurant toutefois que "c'était pour notre bien". Fort heureusement pour nous, des communistes et des gaullistes ne pensèrent pas comme ces gens-là, ce qui a permis de mettre un terme à bien des horreurs.

J'ai quitté le PS fin 2006 car je ne pouvais plus supporter de le voir déraper ainsi, je vois que la chute est longue et a de beaux jours devant elle.

Nous n'attendrons pas le 9 mars pour vous dire notre colère et nous serons à vos portes à Versailles le 4 février pour vous rappeler de respecter la voix du peuple.

Salutations"

mardi 8 janvier 2008

LE PS DEVIENT OFFICIELLEMENT LE PARTI DES SHADOKS



LE PS DEVIENT OFFICIELLEMENT LE PARTI DES SHADOKS

PARIS (Reuters) - Les députés socialistes voteront le traité simplifié européen mais n'iront pas au Congrès du Parlement à Versailles pour adopter le projet de loi modifiant la Constitution et préalable à la ratification du traité, a déclaré Jean-Marc Ayrault.

"Nous voterons le traité simplifié européen parce que ses acquis sont supérieurs à ses insuffisances et parce qu'il est enfin une chance de sortir l'Union de sa paralysie politique", a déclaré le président du groupe socialiste, radical et citoyen (SRC) de l'Assemblée nationale lors de la présentation de ses voeux à la presse.

"A une réserve près", a-t-il poursuivi. "Il me paraît impossible que nous participions à la révision préalable de la Constitution dès lors que nous défendons la voie référendaire plutôt que la voie parlementaire", a-t-il dit.

"Nous n'irons pas à Versailles", a-t-il souligné.

Les députés doivent examinent le 15 janvier un projet de loi modifiant la Constitution, préalable à la ratification du traité européen.

L'exécutif ayant rejeté la voie référendaire, ce texte - comme tout projet de loi modifiant la Constitution - devra être adopté dans les mêmes termes par les deux assemblées avant d'être soumis au Parlement réuni en Congrès à Versailles.

Là, il devra obtenir une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés pour être définitivement adopté.

L'absence des parlementaires socialistes à Versailles n'empêchera pas l'adoption de la réforme puisque ne sont pris en compte que les suffrages exprimés.

Le Congrès du Parlement devrait être convoqué pour le 4 février.

Par ailleurs, le président du groupe SRC a réaffirmé son opposition au projet de réforme des institutions.

"Nous nous opposons en l'état au projet de réforme des institutions", a-t-il déclaré. "Les quelques nouveaux droits consentis au Parlement et aux citoyens ne sont que de l'habillage de l'institutionnalisation d'un régime personnel", a-t-il affirmé.

"J'ai la conviction que ce projet n'aura pas de majorité et ne verra jamais le jour", a conclu Jean-Marc Ayrault."

A preuve : quelques devises Shadoks —


"Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?"

"Ce n’est qu’en essayant continuellement que l’on finit par réussir.... En d’autres termes... Plus ça rate et plus on a de chances que ça marche..."

"S’il n’y a pas de solutions, il n’y a pas de problèmes"

On peut désormais rajouter

" Je suis contre donc je vote pour"....

vendredi 4 janvier 2008

LISTE DES ELUS PARISIENS QUI NE DEMANDENT PAS DE REFERENDUM SUR LE TUE

Je râle souvent mais sur le site du comité national pour un référendum il y a UN super truc, c'est pour écrire aux élu-e-s.
En plus ils balancent :) y'a la liste des élu-e-s qui vont voter avec l'UMP.
Je vous laisse juges pour Paris... y'a un paquet de PS et un Vert, M . Cochet....(je les ai mis en GRAS!)- NB: B. Delanoe n'est plus sénateur ni député, mais il n'a pas signé la pétition du CNR...

http://www.nousvoulonsunreferendum.eu/index.php?option=com_content&task=blogcategory&id=17&Itemid=33
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Ne se sont pas engagés à contraindre Nicolas Sarkozy à organiser un referendum en votant contre la révision de la Constitution

* David ASSOULINE (Sénat)
* Martine Aurillac (Assemblée Nationale)
* Serge Blisko (Assemblée Nationale)
* Patrick Bloche (Assemblée Nationale)
* Jean-Pierre CAFFET (Sénat)
* Jean-Christophe Cambadélis (Assemblée Nationale)
* Christophe Caresche (Assemblée Nationale)
* Yves Cochet (Assemblée Nationale)
* Françoise de Panafieu (Assemblée Nationale)
* Bernard Debré (Assemblée Nationale)
* Philippe DOMINATI (Sénat)
* Tony Dreyfus (Assemblée Nationale)
* Catherine DUMAS (Sénat)
* Claude Goasguen (Assemblée Nationale)
* Philippe Goujon (Assemblée Nationale)
* Marie-Thérèse HERMANGE (Sénat)
* Danièle Hoffman-Rispal (Assemblée Nationale)
* Bariza KHIARI (Sénat)
* Jean-François Lamour (Assemblée Nationale)
* Jean-Marie Le Guen (Assemblée Nationale)
* Pierre Lellouche (Assemblée Nationale)
* Annick Lepetit (Assemblée Nationale)
* Roger MADEC (Sénat)
* Sandrine Mazetier (Assemblée Nationale)
* George Pau-Langevin (Assemblée Nationale)

* Yves POZZO di BORGO (Sénat)
* Roger ROMANI (Sénat)
* Jean Tiberi (Assemblée Nationale)
* Daniel Vaillant (Assemblée Nationale)

jeudi 3 janvier 2008

Lettre au chef de la gauche caviar, par Vladimir Nieddu

Publié dans Rouge

Le 26 novembre, François Hollande déclarait au journal « Sud-Ouest » : « Le syndicalisme que l’on doit combattre, c’est celui de SUD. »

Nous publions ici des extraits de la lettre ouverte que Vladimir Nieddu, syndicaliste de SUD-Santé sociaux à Lille, lui a adressée.

Vladimir a quitté la CFDT en 2003, suite à la trahison de la confédération sur les retraites.

« Moi, j’ai lu “Le syndicalisme que l’on doit combattre, c’est celui de SUD.” J’en ai vomi. SUD, c’est mon syndicat, et j’en suis fier. Il s’est construit parce qu’en 1988, Évin, ton camarade, avait préféré négocier avec la direction de la CFDT, plutôt qu’avec les représentants des 125 000 manifestants, la Coordination infirmière, créée en juin 1988 par des militants CFDT de base, j’en étais… À Paris, pour Serge, Pascal, Irène, Marie-Thérèse et des milliers d’autres ce fut l’exclusion, comme pour de très nombreux autres. Ils ont créé le CRC, qui s’est ensuite appelé SUD.

« Moi, j’ai lu : “Le syndicalisme que l’on doit combattre, c’est celui de SUD.” J’étais tout affairé à soutenir ma fille, mes neveux en lutte, les étudiants et lycéens, comme je l’avais fait contre le CPE. Trois ans durant, j’ai été invité à l’université d’été du Parti socialiste du Nord. Je suis venu, je ne suis pas sectaire. J’y suis intervenu à la tribune, j’ai débattu, il y avait des travailleurs, des chômeurs, des retraités socialistes. Et puis, il y avait Marc, un premier secrétaire qui t’a bien cartonné à la veille du référendum. Je le sais, j’étais là. Je les respecte, c’est la gauche. Je ne suis pas d’accord avec eux, mais c’est la gauche, une composante historique du mouvement ouvrier français. Ce sont des militants qui, comme moi, croient en leurs idées. Tu ne peux pas comprendre, tu as fait l’ENA.

« Tu soupçonnes le pouvoir “d’encourager les gauchistes” et tu attaques Besancenot. Je ne suis plus à la Ligue, mais touche pas au gamin… Maintenant, tu nous sors ton histoire dégoûtante des trotskystes alliés du pouvoir. Chiche, je te la fais : et en 1914, ils étaient où les socialistes, quand on a fusillé en 1916 nos propres soldats dans les tranchées ? Et Gustav Noske, il était trotskyste ? Et Rosa Luxemburg, elle est tombée dans l’escalier ? Et Karl Liebknecht, il s’est jeté par la fenêtre [en Allemagne, le 15 janvier 1919, le socialiste Noske réprime la révolution ; Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht sont assassinés au cours de la “semaine sanglante”, NDLR] ? La guerre d’Algérie, c’est les socialistes qui ont signé l’indépendance ? Arrête tout de suite, j’ai pas fait l’ENA.

Le silence dans la vallée

« C’est pas très joli de mentir, de dire que le “pouvoir encourage les gauchistes”. Et sous ta mandature, les socialistes ont-ils supprimé le forfait hospitalier ? Ben non, c’est les socialistes qui l’ont inventé ! Ont-ils abrogé le décret Balladur de 1993 sur les retraites du privé ? Ben non, les socialistes, ils l’ont signé à Barcelone.

« Il y a eu de grands militants socialistes, il y a eu Jaurès. Il y a eu Henri, qui m’invita à la tribune de son meeting de Villeneuve d’Ascq, des socialistes pour le “non” à la Constitution libérale de l’Europe. Et tant d’autres… Je les respecte. Ils ont des convictions. Ils n’ont pas démérité contre la Constitution libérale. Ils ont fait leur part de travail.

Dynamique collective

« Mais, toi, tu dis “Le syndicalisme que l’on doit combattre, c’est celui de SUD”, à ceux qui, avec des dizaines de milliers d’autres, ont manifesté le 18 octobre, le 20 novembre pour le pouvoir d’achat, les retraites, les services publics. Tu le dis parce que tu as compris que, s’il y a eu une grève reconductible à la SNCF, c’est parce que SUD est représentatif. Tu te dis socialiste, mais tu es une injure au socialisme.

« Il est vrai que la privatisation du gaz et de l’électricité ne te gêne pas. Pour La Poste, c’était un socialiste qui avait inventé la méthode et sanctionnés mes vieux amis militants SUD à Lezennes. Pour le rail, c’est sous Jospin qu’on crée RFF. Tu vois, j’ai fait ma première pyrogravure, c’était une forge de la vallée, tu sais, celle de Marcel Trillat. Je ne te la montrerai pas, on n’est pas du même monde. Pour Le Silence dans la vallée [NDLR : dernier film de Marcel Trillat], j’ai pleuré. Tu peux pas comprendre. Un beau film pour les ouvriers. J’ai pleuré, ce n’est pas parce que mon oncle y a travaillé jusqu’à la préretraite comme fondeur, la nuit. Ce n’est pas parce qu’il a manqué d’y rester, hospitalisé au service des grands brûlés. Ce n’est pas parce que mon père s’en est fait virer. Moi, quand j’ai entendu Le Silence dans la vallée, c’était en 1968, pour la fermeture de Thomé, j’y étais pas. J’avais 14 ans en 1968. J’ai pas fait grand-chose, j’ai aidé mon père. Il animait la grève. Occupations d’usine. Pas des blocages, des occupations ! […]

« Il y a des syndicalistes, dans tous les syndicats, qui sont sincères, quelle que soit l’organisation, qui donnent leur temps au service des salariés, des chômeurs, tiennent tard des permanences. Ces gens-là ne confondent pas. Ils savent que quand on commence à s’attaquer à un syndicat, la santé des autres est en danger. […] Il y a les cheminots qui t’ont entendu dire au Parlement que tu étais en désaccord sur la méthode, pas sur le fond. Comme Chérèque, qui appelle à la reprise alors qu’il combat toutes les grèves. C’est ce syndicalisme-là que tu préfères, celui qui fait la bise au Medef.

« Si je suis en colère, c’est parce que je veux que Sarkozy soit défait, je ne veux pas une victoire que dans les élections, mais je veux gagner contre la régression sociale, pour sauver les contrats de travail et les statuts des salariés du public, la retraite de mes enfants et la Sécu, l’hôpital public qui a bien aidé mon père, je veux un autre partage des richesses, favorable au monde du travail.

« En attendant, trêve de plaisanteries, je continuerai le combat syndical, mais en tant que citoyen, j’appelle dans tout le Nord-Pas-de-Calais à la constitution du maximum de listes anticapitalistes, antiracistes, écologistes et pour l’égalité des droits. J’appelle à se rassembler dans la diversité, au-delà des clivages partisans, à ouvrir une dynamique dans le cadre de listes pluralistes, paritaires, colorées, jeunes, indépendantes du Parti socialiste dans toutes les villes, à l’exclusion des villes où les candidats du PS auront clairement exprimé leur double volonté de soutenir toutes les revendications des travailleurs, des chômeurs, des étudiants, des Roms, des sans-papiers. À Lille, et dans les communes associées de Lomme et Hellemmes, j’appelle à la construction d’une dynamique collective pour construire la liste : “À Lille, Lomme et Hellemmes, la Gauche 100 % à gauche pour un autre partage des richesses”, ou un autre nom qu’on décidera ensemble.

« Adieu, Hollande, on t’oubliera vite. Je le répète : tu n’es pas Jaurès. »

Vladimir Nieddu citoyen sans parti, en colère, syndicaliste en action, abonné à Rouge, à Liberté et au Gaz de France