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lundi 23 mars 2009

Non à l'Union européenne. Non au nationalisme.Non aux "Etats-unis d'Europe". Réflexions sur l' UE, la nation et la démocratie prolétarienne

Z'allez me dire "elle est jamais contente celle-là" et avec elle, c'est toujours "Non"!

Donc, au risque d'en agacer à nouveau certains, et comme cette période pré-électorale agite les ruches politiciennes et réveille les bourdons, je souhaiterais revenir à nouveau sur cette fameuse "troisième voie communiste" (dont je pense, naturellement, qu'elle existe), relativement à la troublante question de la nation, largement entendue.

Une voie ni trotskiste (ou "trotskisante" - c'est à dire le projet des "Etats-Unis d'Europe") ni souverainiste (comme on dit poliment pour certains camarades que je jugerais, moi, plutôt nationalistes).

- D'abord, il me semble évident que la question de la nation ne peut pas être, aujourd'hui, un "discriminant idéologique" permettant de distinguer la droite de la gauche, puisque si bien la droite qu'une partie dite de la gauche s' y retrouvent fréquemment au rythme des référendums et des élections de l'UE.

- Je dirais également qu'une position a pu être juste pour nous, communistes, il y a cinquante ou cent ans, mais qu'elle ne l'est plus forcément aujourd'hui.

Rien ne saurait être inscrit "dans le marbre", surtout pour nous qui devons, je pense, par essence, être mouvement, c'est à dire d'une certaine manière, être philosophes et donc en "prise directe" avec notre monde tel qu'il EST.

J'insiste sur ce sujet de la nation d'un point de vue politique et prolétarien plus précisément, car je pense extrêmement dangereux de nous placer volontairement dans une perspective politique qui laisse la porte ouverte à nos principaux ennemis, les Le Pen, les De Villiers... je veux dire les nationalistes de droite, bras armé du capitalisme.

Pas seulement du point de vue de leur racisme, manifeste, abjecte, ni même de leur xénophobie, mais aussi à cause de ce que leurs "ancêtres" (et eux mêmes) ont toujours fini par faire subir aux travailleurs et aux exploités, que ceux ci soient, finalement, noirs, jaunes, ou blancs! Et comment ne pas ajouter un mot sur l'anticommunisme viscéral de ces représentants politiques?

Non, il faudrait être fou pour se laisser approcher par de tels personnages, on ne peut pas se compromettre, ni compromettre nos luttes renaissantes, dans de tels errements.

C'est pourquoi nous devons de toutes nos forces lutter contre cette dérive social-chauvine et combattre ces idées nationalistes qui refont surface, progressivement, dans le mouvement communiste.

- Les concepts, notamment juridiques, changent, se transforment, au gré des années, en fonction de nombreux éléments : leur utilisation, les circonstances historiques, les jurisprudences, la pratique législative, etc.

En conséquence, les réalités qu'ils désignent sont également recréées par les concepts eux-mêmes. C'est une perpétuelle interaction.

Exemple: quelles similitudes reste-t-il entre la famille du code Napoléon par exemple, et la famille aujourd'hui? Quelles similitudes entre le citoyen de la constitution de l'an I (qui pouvait fort bien être un "étranger") et celui de la 5ème République? Le majeur de 1958 est-il le même que celui de 2009? Etc.

Je ne reviens pas sur les développements qui m'amènent donc à dire que la nation, a fortiori telle que nous la connaissons aujourd'hui, est bien un concept juridique bourgeois (au sens où ce concept est un artefact, une fiction si on préfère, produit par la pensée dominante, qui imprime à tout ce qui le touche de près ou de loin les buts que la bourgeoisie a assigné à la construction de son projet de construction politique, à savoir l'essor, et la préservation du capitalisme comme règle d'airain ), et que de mon point de vue, donc, la nation est un concept dont nous ne pouvons pas nous satisfaire; cela, je l'ai dit et expliqué maintes fois.

J'insisterai simplement aujourd'hui sur le fait que cette position ne signifie nullement que je dénie à la nation une quelconque existence, ou plutôt une quelconque réalité!

Au contraire, j'affirme bien volontiers que "la nation" est une réalité. Une réalité juridique, politique.

Mais une réalité spécifique et protéiforme aussi, car nombre de pays dans le monde, malgré la création de la SDN, puis de l'ONU, ne se servent pas de ce concept comme un concept fondateur de leur philosophie politique, ou ne donnent pas à ce concept le sens que nous lui donnons en France.

La constitution des USA par exemple, ne mentionne la nation qu'à trois reprises pour désigner des relations avec l'étranger, et commence par ce préambule que j'ai toujours trouvé très fort :

" (We, the people...) Nous, Peuple des États-Unis, en vue de former une Union plus parfaite, d'établir la justice, de faire régner la paix intérieure, de pourvoir à la défense commune, de développer le bien-être général et d'assurer les bienfaits de la liberté à nous-mêmes et à notre postérité, nous décrétons et établissons cette Constitution pour les États-Unis d'Amérique."

Point de Nation comme "corps intermédiaire" entre l'Etat et le Peuple pour déterminer qui est titulaire de la souveraineté , c'est à dire, au fond qui commande à l'Etat, et au-delà qui commande au Peuple.

Point de mystification aussi compliquée à mettre en œuvre que notre fameux:

" La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum."

Oui, la nation, en France en tout cas, c'est une réalité d'origine bourgeoise, qui a un contenu bourgeois, encore de nos jours, et sans doute même bien plus qu'en 1789/1793.

On va me dire en hurlant "Il n'y a pas de réalité bourgeoise, tu délires, sale gauchiste"!

Je pense, toujours, que non, c'est faux. Il y a des réalités bourgeoises.

Notre réalité politique actuelle est bourgeoise "des pieds à la tête", du droit de manifester en passant par la liberté d'expression jusqu'à la citoyenneté qui nous qualifie politiquement ... (et c'est pour cela que le combat politique des communistes est aussi dur, c'est parce que nous devons nager dans cette réalité politique-là pour espérer la transformer et changer de société un jour...).

- On pourrait aussi me reprocher d'accorder une importance démesurée au droit - certains me l'ont reproché d'ailleurs. On sait sur quelle idéologie repose ce reproche. Je n'y reviens pas.

Alors, ce reproche serait exact si le droit était "Idée pure", s'il n'était réalité lui-même, créateur de réalités. Si ce n'était un des instruments de prédilection de la bourgeoisie pour gérer la société. S'il n'agissait profondément par différents moyens sur nos vies!S'il n'était l'un des piliers du système capitaliste!

Mais je ne développerai pas non plus ici car je l'ai déjà fait ailleurs.

Bref, on ne peut pas évacuer la question du "Droit créateur" (et quel créateur) d'un revers de la main!

Tous les fascismes se sont appuyés sur le droit, les juristes, et plus spécifiquement, sur la loi, pour naître et grandir. Et je ne parle pas que de lois pénales bien sûr.

Bien sur, je pense, et j'espère, que la société communiste se régulera par la pratique politique, et non plus par le droit ou ce qu'on appelle "la justice". Et oui, je crois que, si à un moment, il n' y aura plus d'état, sans doute, il n'y aura plus ce que nous appelons aujourd'hui "justice". Mais c'est un autre débat.

Le cadre général de la question, à ce stade de notre évolution politique, reste le même, qu'on prenne la question par la nation ou par le peuple, et ce cadre c'est l'Etat, oui, avant même la nation, avant même le peuple peut être. Il faut commencer par ne pas oublier cela.


- Tout ceci pour revenir à mon "cheval de bataille":

comment et pourquoi nous ne pouvons pas défendre "la nation", (et encore moins aux côtés des souverainistes de droite - à supposer qu'il en existe " de gauche" - !), nous communistes.

Pourquoi nous devons radicalement faire le choix de la souveraineté populaire (et non "nationale") et de la démocratie prolétarienne comme outils transformateurs de la société et voies pré-révolutionnaires.

Y compris (surtout) contre l'Union Européenne.

- Oui, moi aussi, je pense qu'il faut sortir de l'Union Européenne (ou la faire exploser), et en tout cas, j'ai la conviction depuis très longtemps que rien ni personne ne la rendra "plus sociale".

Non, je ne crois pas une seconde à la fausse politique des "petits pas" appliquée à ces institutions.

Nous vivrons, (nous vivons déjà), communistes, les mêmes déconvenues qu'avec la 5ème République et avec toute institution bourgeoise, parce que nos forces ne sont pas en état de les subvertir, de les détourner, de les faire exploser en faisant grossir leurs contradictions internes.

Ce n'est pas une question de nombre, mais c'est une question idéologique, une question d"organisations politiques aussi.

Moi aussi, je pense que ce sont des accords entre les peuples souverains qui doivent être mis en place, comme l'ALBA (je ne dis pas que cela soit transposable), et en tout cas évidemment, je me refuse à soutenir l'impérialisme européen, de même que l'impérialisme américain, ou l'impérialisme dit soviétique, lorsqu'il existait.

Mais je ne suis pas convaincue, (doux euphémisme), de la nécessité pour nous de devoir enfourcher le cheval de "l'indépendance nationale" (et aucun raisonnement en ce sens ne me convainc puisque tous se raccrochent soit aux positions de Lénine qui me semblent sur-employées dans ce débat, soit, indirectement, aux positions de Staline - et là, ça me va forcément encore moins.)

La question de l'attitude à adopter vis à vis de l'Union européenne, on ne la résout pas en une question "d"indépendance nationale."

Il me semble que, in fine, sur cette question, Lénine, que certains citent à plaisir pour appuyer leurs positions souverainistes, a toujours raisonné ainsi, et qu'il n'a fait de l'indépendance nationale une question déterminante qu'en cas d'agression dite impérialiste, d"une nation sur une autre!

Je citerai ici un extrait fascinant de notes de Lénine, qui j'espère mettra définitivement un terme à ce "mésusage" du grand Valdimir sur cette question de la nation:

"J'ai déjà écrit dans mes ouvrages sur la question nationale qu'il est tout à fait vain de poser dans l'abstrait la question du nationalisme en général. Il faut distinguer entre le nationalisme de la nation qui opprime et celui de la nation opprimée, entre le nationalisme d'une grande nation et celui d'une petite nation.

Par rapport au second nationalisme, nous, les nationaux d'une grande nation, nous nous rendons presque toujours coupables, à travers l'histoire, d'une infinité de violences, et même plus, nous commettons une infinité d'injustices et d'exactions sans nous en apercevoir. Il n'est que d'évoquer mes souvenirs de la Volga sur la façon dont on traite chez nous les allogènes : le Polonais, le Tatar, l'Ukrainien, le Géorgien et les autres allogènes du Caucase ne s'entendent appeler respectivement que par des sobriquets péjoratifs, tels «Poliatchichka», «Kniaz», «Khokhol », «Kapkazski tchélovek ».

Aussi l'internationalisme du côté de la nation qui opprime ou de la nation dite «grande» (encore qu'elle ne soit grande que par ses violences, grande simplement comme l'est, par exemple, l'argousin) doit-il consister non seulement dans le respect de l'égalité formelle des nations, mais encore dans une inégalité compensant de la part de la nation qui opprime, de la grande nation, l'inégalité qui se manifeste pratiquement dans la vie. Quiconque n'a pas compris cela n'a pas compris non plus ce qu'est l'attitude vraiment prolétarienne à l'égard de la question nationale : celui-là s'en tient, au fond, au point de vue petit-bourgeois et, par suite, ne peut que glisser à chaque instant vers les positions de la bourgeoisie."

(Extrait de "La question des nationalités ou de l'autonomie " notes publiées pour la première fois en 1956 dans le n° 9 de la revue " Kommounistt". Repris dans "Oeuvres", T.36, pp. 618- 624; 1922) -

Cela résume, je pense, parfaitement, tout ce que Lénine a pu écrire en tant que membre bolchévik d'une "grande nation", longtemps minée par le social chauvinisme et l'esprit Grand-Russe, sur ce sujet des nations et de leur indépendance (et Marx également avant lui , et exactement pour des raisons similaires).

Ce point de vue "d'indépendance nationale", que nous pouvons certes être appelés à défendre en certaines occasions (notamment contre les agressions colonialistes, et par exemple, de mon point de vue, contre les békés en Guadeloupe, et le soutien qu'ils trouvent auprès de l'Etat français), ce point de vue ne vaut pour moi, dans la question qui nous occupe, et d'un point de vue léniniste (puisqu'on en appelle à lui) que si l'Union Européenne était une nation.

Or elle ne l'est pas! Et je ne crois même pas qu'elle tende à le devenir ( en réalité, les capitalistes n'y auraient aucun intérêt!) - en cela, d'une certaine manière, ils ont tiré la leçon de l'URSS.

Si elle est bien devenue un "bloc" impérialiste, elle n'est pas une nation, au sens où on l'entend classiquement en Europe justement. Et ce n'est pas parce que c'est une entité "supranationale" que c'est elle-même une nation. C'est une "chose hybride" - à mi chemin entre l'Etat fédéral et l'Etat-nation.

Donc, ce point de vue de l'indépendance nationale, c'est un point de vue qui vaut lorsque l'Allemagne nazie envahit les Sudètes, lorsque l'empire austro-hongrois annexe la Pologne etc.

Je vais tenter d'expliquer encore pourquoi par un dernier contre- exemple.

Imaginons.

Si il devait s'avérer que l'Union Européenne soit politique et qu'elle soit un Etat socialiste, une démocratie prolétarienne, je troque volontiers "l'indépendance nationale" (le cas échéant l'indépendance nationale d'un Etat gouverné par des fascistes), contre une nouvelle "nationalité européenne" qui m'apporterait plus de droits, plus de moyens de me défendre et je pense que tout travailleur raisonnerait ainsi.

Et d'ailleurs, si l'URSS avait finalement pu envahir la France, est-ce que les camarades alors au PCF auraient tous trouvé à y redire au nom de "l'indépendance nationale" que certains brandissent aujourd'hui comme ultime réponse à la catastrophique UE?

Rien n'est moins sûr, compte tenu de l'idéologie qui anima rapidement la IIIè Internationale.

- Par contre ce n'est pas parce que la question ne se pose pas en termes d'indépendance nationale, que l'Union Européenne est pour autant démocratique, ni qu'il ne faut pas la combattre.

Et là, nous avons un vrai combat, très difficile, mais qui ne nécessite pas non plus de passer par "l'indépendance nationale" (et même si une issue victorieuse de ce combat pourrait avoir en effet comme conséquence, cette indépendance).

Un combat, non pas pour rendre l'Union Européenne "plus démocratique" (elle ne le sera jamais car elle n'a pas été faite pour cela) - parenthèse: la seule position cohérente pour ceux qui militent pour "une UE démocratique et sociale" est au contraire donc de pousser à la transformation de cette UE, par la création d'un Etat européen, sinon leurs luttes seront réduites à néant et leurs appels ne sont qu' incantations mensongères - non, mais un combat pour restaurer LES démocraties en Europe et, à la rigueur, l'indépendance des Etats.

- La meilleure manière pour nous de le faire est, non pas de s'appuyer sur "la nation" (encore moins sur le nationalisme ou le souverainisme), mais bien sur le peuple et la citoyenneté.

Mais dans une perspective nouvelle. Créatrice.

Le moyen pour passer à cela et le seul moyen, je pense , est de proposer une nouvelle perspective politique, un nouveau projet politique qui est celui de la démocratie prolétarienne.

Le cœur de ce projet au nom un peu barbare est de faire du travail, de la classe ouvrière, des salariés.... des catégories politiques à part entière, au même titre que "la nation" et le "peuple", c'est à dire, de mon point de vue, de pousser le travail politique de Marx et Engels à son terme.

En faire, non pas des énièmes "sujets de droits" (plus de pouvoir dans les CE etc... non ce n'est pas une pseudo "république sociale", ce n'est pas cela que je vise ici).

Mais comme pouvoirs CONSTITUANTS et comme SOUVERAINS donc.

Au sens strict du terme.

- Je verrais une sorte d'équivalent, dans le monde, en tant que concept politique, à ce prolétariat comme sujet, qui dépasse états, nations et frontières, c'est peut être celui de l'Oumma (au sens originel), c'est à dire la "communauté des croyants" en Islam (et on ne rappellera jamais assez à quel point l'étude des religions comme communautés politiques, créatrices de règles, de coutumes, est importante pour notre réflexion, à maints égards).


Sur le paysage électoral actuel par rapport aux élections dans l'Union Européennes:

- Le Front de Gauche, ce magma obscur qui me semble destiné exclusivement à la promotion de Mélenchon (prochain candidat à la présidentielle de 2012 pour "La Gauche" française?), et à l'assassinat de ce qui reste du PCF, cette troïka qui flirte tellement avec les souverainistes ( à des fins purement électoralistes), et qui prétend encore nous faire arriver au mythe de "l'Europe sociale", ne répond absolument pas à ces questions.

Au contraire, pour de nombreuses raisons, cette initiative que je dirais sans problème "néo-stalinienne", contribue grandement à aggraver les maux dont nous souffrons déjà plus qu'assez dans le mouvement communiste. Tout soutien à cette "chose" est à proscrire pour de nombreuses raisons, j'en ai donc peur.

- Le projet du NPA, au niveau de l'UE, pour les élections dites européennes, ne correspond pas non plus à cette "troisième voie" qu'il me semble falloir chercher et découvrir. Il s'arrête à nouveau au milieu du gué, sans s'être débarrassé des faiblesses de la conception européenne trotsksite.

Les questions que je pose ici ne sont pas évoquées, et il n'y est pas répondu en termes politiques, (guère étonnant puisque le NPA semble se diriger vers ce qui ressemble de plus en plus à un "super-syndicalisme"). Et puis, peu ou prou, cette campagne souffre des mêmes maux que celles du Front de Gauche: "l'Europe sociale", une certaine dose d'opportunisme.

Pour le reste, les listes sont 100 % NPA- je le déplore. Mais je comprends paerfaitement que ce parti naissant ait besoin de se compter pour discuter à armes égales avec les autres partis qui composent la gauche.


En d'autres termes, il est très probable que pour moi, ces élections pour l' UE seront encore "ni l'un ni l'autre".

Est-ce à dire que nous devons ne pas nous battre contre l'Union Européenne d'une manière originale? Devons nous baisser les bras et nous laisser absorber par notre dégoût profond?

Non, et nous y reviendrons.

Car je n'appellerai pas forcément à l'abstention - cela ne me semble absolument pas constructif - et je crois que nous devons au contraire, trouver un moyen de manifester notre ras-le -bol de l'Union Européenne.

Ni stalinien, ni trotskiste, ni souverainiste:

COMMUNISTE!

mardi 5 février 2008

Discours de la Louve le 4 février 2008 à Versailles

Discours de la Louve le 4 février 2008 à Versailles
Vidéo envoyée par petaramesh

Discours de la Louve lors de la manifestation "Tous à Versailles le 4 février 2008", en refus de la modification constitutionnelle permettant au parlement d'adopter le "traité modificatif européen" en violation du choix déjà exprimé par référendum par le peule.




Le 29 mai 2005, nous nous sommes exprimés à 55% contre un projet et contre un texte.

Le projet, c’est celui de l’Europe libérale, capitaliste, qui broie nos vies avec une brutalité croissante.

Le texte c’est celui de la constitution européenne, aujourd’hui appelée Traité de Lisbonne ou « mini traité », pour faire moins peur.

Personne n’est dupe. Le contenu est resté le même.

Le 29 mai 2005, nous avons voté NON à 55% par la voie référendaire, qui est la voie d’expression directe du peuple souverain.

Aujourd’hui, N. Sarkozy et l’UMP, aidés par des parlementaires du PS, ont décidé de nous dénier ce droit fondamental de l’expression directe.

Ils ont décidé, complices dans un coup d’Etat légal, mais illégitime, de violer notre voix sans aucun scrupule.

Ils vont se réunir, dans cette enceinte, pour passer par-dessus nos têtes et annuler notre choix du 29 mai 2005.

Une minorité de Français, qui sont les mandataires de la majorité d’entre nous, va nous dire que nous avons mal voté le 29 mai 2005.

Que nous sommes assez intelligents pour les élire, mais pas assez pour décider par nous-mêmes !

L’UMP et ses complices vont voter une révision de la constitution qui non seulement, va revenir sur notre choix, mais, plus grave, va leur permettre de gouverner sans nous à l’avenir, sur des questions pourtant fondamentales.

Et le PS, majoritairement, alors qu’il a les moyens d’empêcher cela, va s’abstenir et les laisser faire !

A un mois des municipales et des cantonales, nous sommes aussi là pour dire à ces élus du peuple : nous n’oublierons pas. Nous allons nous en souvenir, et nous allons vous sanctionner !

Le vote utile, nous le savons maintenant, nous a menés au pire. Il n’a été utile, en réalité, que pour les 500 familles les plus riches de France.

La situation sociale, culturelle, humaine est aujourd’hui catastrophique dans notre pays, et cela va sans doute s’aggraver car depuis mai 2007, les dés sont jetés pour environ 5 ans.

Alors, nous allons essayer, au moins, de profiter de ce désastre pour faire le ménage et entrer en résistance.

Il n’est pas admissible que des élus républicains participent à une telle forfaiture.

Mesdames et Messieurs les parlementaires, que cela vous plaise ou pas, nous sommes venus mettre nos pas dans ceux des sans-culotte et du Tiers Etat qui ont, ici même, il y a plus de deux siècles, voté l’abolition des privilèges et la naissance de la République !

Nous sommes venus défendre notre voix.

Cette voix, elle a dit NON.

Elle l’a bien dit et elle le dira encore !

lundi 4 février 2008

LE 4 FEVRIER: REFUSONS LE VIOL DE LA SOUVERAINETE POPULAIRE! TOUS A VERSAILLES!

Scénario de la journée

Lieu du rassemblement :
- Place du marché aux fleurs de Versailles (avenue de Saint-Cloud, angle de la rue Clémenceau) -

Voir les lignes de RER et train au départ de Paris
A partir de 12h : arrivée sur le lieu de rassemblement

Marches convergentes vers le lieu de rassemblement à partir du parking des cars et des gares RER/SNCF.
13h30 : conférence de presse

Avec les représentants des organisations investies dans le cadre de la campagne et une présence de parlementaires désirant voter non.

Remise des signatures : les pétitions seront remises aux parlementaires du non présents qui apporteront ces pétitions dans l'enceinte du Congrès.
Déroulé détaillé du rassemblement

12h - 14h : accueil des participants et restauration`
- Sandwichs et vin chaud par Confédération Paysanne locale.
- Soupe avec La Chorba.

14h - 15h15 : Intermede musical
- Fanfare Brésilienne
- Groupe Les Szgaboonistes http://www.szgaboonistes.org/

A partir de 15h15
- Mise en place pour se rendre devant l'enceinte du Palais.

15h30 - 15h55 : marche en direction du chateau

15h55
- 5 minutes avant le vote par les parlementaires en Congrès, nous porterons le deuil de la démocratie et nous bâillonnerons symboliquement devant l'enceinte du château.

16h
- En fonction du nombre de participant, débat citoyen sur place : l'Europe c'est l'affaire de touTEs les citoyenNEs.
- Bilan du vote et clôture de la journée.

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Les premiers signataires de l'appel

AC !, AlterEkolo, ATTAC France, Cactus/La gauche !, CGT finances, Collectif Bellaciao, Coordination des collectifs antilibéraux, Confédération paysanne, Fondation Copernic, Forces Militantes, Gauche Avenir, LCR, Les Alternatifs, LO, Marches Européennes, Mars-Gauche républicaine, MNCP, MRC, PCF, PRCF, PRS, Regards, Réseau féministe Ruptures, SNJ-CGT Audiovisuel, Union syndicale Solidaires.
Liste de personnalités annoncées

- Annick Coupé et Pierre Khalfa (Solidaires)
- Arlette Laguiller (LO)
- Aurélie Trouvé et Jean-Marie Harribey (Attac)
- Jean-Baptiste Eyraud (DAL)
- José Bové
- Olivier Besancenot (LCR)
- Raoul-Marc Jennar
- Susan Georges
- Yves Salesse (fondation Copernic)

Ces listes seront mises à jour régulièrement en fonction des informations qui nous parviendront.

Se rendre à Versailles au départ de Paris

1) Le RER C avec plusieurs gares dans PARIS (Gare d'Austerlitz, Saint-Michel, Invalides, etc...), destination VERSAILLES Rive gauche
- Un train toutes les 1/2 heures
- Le trajet dure : 20 à 30 mn
- Tarif : entre 4 et 5 € aller
- Marche : 10 mn Plus d'infos sur le site http://www.ratp.fr/

2) De le gare Montparnasse pour VERSAILLES Chantiers
- Un train toutes les 20 mn
- Trajet : 30 mn
- Tarif : 2,80 € aller
- Marche : 20 mn environ

3) De la gare Saint-Lazare pour VERSAILLES Rive droite
- Un train tous les 1/4 d'heures
- Trajet : 20 mn
- Tarif : 3,50 €
- Marche : 20 mn environ

De l'arrêt GARE ST LAZARE (Paris) Prendre le Train VALE

jusqu'à GARE DE VERSAILLES RIVE DROITE (Versailles)

mercredi 30 janvier 2008

LETTRE D'UNE DEPUTEE PS SUR LE TRAITE DE LISBONNE: QUAND S'ARRETERONT-ILS?



"Madame, Monsieur,

Suite à votre courrier, voici les éléments que je suis en mesure de vous apporter concernant le traité européen. Le 4 février prochain, en cohérence avec la décision prise par le groupe socialiste à l’Assemblée, je me rendrai à Versailles pour participer au Congrès, dans le but d’enclencher le processus de révision de la Constitution, qui est le préalable juridique indispensable à toute ratification.

Les instances nationales du Parti Socialiste ont décidé de voter pour le Traité de Lisbonne car, bien que peu enthousiasmant, il a le mérite de sortir de l’enlisement institutionnel dans lequel se trouve l’Europe depuis 2005. Pour ma part, je regrette que la charte des droits fondamentaux insérée dans la précédente constitution n’ait pu être reprise que de manière indirecte, car il s’agissait selon moi d’un texte fondamental.

Une opposition à la modification constitutionnelle aurait pour effet immédiat d’interrompre la procédure de ratification du traité, et donc de renoncer à toute possibilité pour le peuple de s’exprimer. En revanche, conformément à la décision prise à une large majorité par le groupe socialiste, je m’abstiendrai sur le texte pour exprimer mon désaccord avec les méthodes de Nicolas Sarkozy.

Je souhaite insister sur deux points : d’une part il faut savoir que les parlementaires sont au nombre de 908 ( à savoir 577 députés et 331 sénateurs). La modification de la Constitution nécessite l’aval des deux cinquième des parlementaires, soit 364 parlementaires. Cependant, les groupes PS et PC ne comptent que 319 parlementaires (210 députés et 109 sénateurs). Si on ajoute les apparentés, on arrive à 347 parlementaires, soit un nombre toujours inférieur aux deux cinquièmes. Les chiffres montrent que l’ensemble des parlementaires de gauche constituent moins des deux cinquième du Parlement, ce qui signifie que même si tous votaient contre la modification de la Constitution lors du Congrès de Versailles, celle-ci serait quand même adoptée.

D’autre part, le rejet de la modification de la Constitution n’implique pas l’organisation d’un référendum ipso facto.

Une fois la Constitution révisée, le débat sur le mode de ratification lui même peut commencer. En accord avec ses engagements de campagne, le groupe socialiste exigera un référendum, et déposera une motion référendaire, lors du débat qui aura lieu le 6 février à l’Assemblée nationale. Il a d’ailleurs voté la proposition de loi en ce sens, déposée par le groupe communiste (GDR) récemment.

En tant que Vice-Présidente du groupe socialiste, j’approuve la position de compromis adoptée démocratiquement à l’intérieur de mon parti et respecterai la décision prise.

Je souhaite qu’au lieu de prolonger encore la crise des instances européennes, toute notre énergie soit consacrée à ce que les français sanctionnent massivement le gouvernement dans les urnes, les 9 et 16 mars prochains.

Bien à vous,

G. P.-L. Députée de Paris 01 40 63 68 6.

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MA REPONSE:

"Madame la Députée,

Merci d'avoir pris la peine de répondre à mon courrier.

J'avoue cependant être assez désagréablement surprise par l'énorme dose de renoncement que contient votre discours, et notamment, la partie relative au calcul de la majorité nécessaire à Sarkozy pour faire passer son projet!

Vous oubliez que certains parlementaires de droite vont également voter CONTRE cette mascarade. Si les parlementaires qui se prétendent de gauche font bloc de façon unanime et inflexible, il se peut fort que ce viol de notre souveraineté tourne court.

Et puis, comment peut-on savoir à l'avance qu'un combat va être perdu, qu'il ne sert de rien de se battre jusqu'au bout, sur des sujets aussi fondamentaux?

Par ailleurs et pour ma part, j'ai voté NON le 29 mai 2005 pour refuser d'aller plus loin dans le projet d'Europe libérale que l'on nous proposait. Le projet européen que vous appelez de vos voeux n'est rien d'autre qu'un faux nez du capitalisme, aussi vous comprendrez que votre justification à cette trahison du PS ne me convainque pas.

Je suis sidérée par votre réponse, et la facilité avec laquelle la majorité des parlementaires de votre groupe semble à la fois oublier quelle est l'essence de leur mandat, et d'autre part, quelle doit être la seule attitude convenable pour un élu républicain face à cette question.

Que le PS ait décidé de faire du renoncement face au capitalisme son idéologie officielle le regarde, certes. Que la plupart de ses membres décident qu'on est plus à l'aise pour retourner sa veste les bras ballants que le poing levé, après tout , c'est logique.

Mais ne venez pas nous raconter n'importe quoi et conclure votre message par un appel à "sanctionner Sarkozy dans les urnes", comme si sa faute à lui pouvait effacer la votre, et comme si nous étions encore assez stupides pour croire qu'en votant pour vous, nous allons faire un barrage efficace entre lui et nous!

Madame, entre cette forfaiture et le nombre de membres du PS qui travaillent aujourd'hui pour Sarkozy sans être exclus de votre parti, sans parler de la mollesse de votre opposition et de l'absence totale de présence de votre parti au côtés des salariés dans les luttes sociales ces dernières années, je crois que la messe est dite, trop c'est trop et pour ma part, vous n'aurez plus jamais ma voix.

D'un point de vue assez pratique en effet, et très matériellement, les inconvénients que je trouve à soutenir, le cas échéant, votre parti en lui accordant ma voix à l'occasion, ne sont plus contrebalancés par des avantages qui me permettraient de penser que j'ai fait le bon choix pour ma vie et pour mon pays.

Tout cela est très triste et assez écœurant, rappelant les heures sombres que la France connut en 1940 quand la plupart des parlementaires votèrent les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain, nous assurant toutefois que "c'était pour notre bien". Fort heureusement pour nous, des communistes et des gaullistes ne pensèrent pas comme ces gens-là, ce qui a permis de mettre un terme à bien des horreurs.

J'ai quitté le PS fin 2006 car je ne pouvais plus supporter de le voir déraper ainsi, je vois que la chute est longue et a de beaux jours devant elle.

Nous n'attendrons pas le 9 mars pour vous dire notre colère et nous serons à vos portes à Versailles le 4 février pour vous rappeler de respecter la voix du peuple.

Salutations"