mardi 30 juin 2009

Quand la classe ouvrière refera de la politique, elle reconstruira son salut



J'ai eu la chance il y a peu de temps de pouvoir lire un livre malheureusement épuisé qui a été écrit par un certain Charles Hoareau paru aux éditions Messidor VO Éditions en1992, et qui s'appelle "LA CIOTAT - CHRONIQUE D'UNE RÉBELLION" (pour celles et ceux qui peuvent encore le trouver, je le recommande vivement).

C'est un très beau livre, et pour ceux qui avaient encore du lait au bout du nez - comme moi - au moment des luttes des chantiers navals de la Ciotat, et des créations des premiers comités chômeurs, une vraie leçon d'histoire ouvrière qu'on ne nous donnera plus nulle part.

C'est un livre extrêmement intéressant d'un point de vue politique notamment.

Ça m' a confirmé une intuition que j'ai depuis pas mal de temps: il y a plusieurs manières de "faire de la politique".

Mais surtout, la bataille politique (la bataille des idées et de l'expression de ces idées), et la solidarité prolétarienne internationale, sont indéniablement les deux mamelles des luttes de la classe prolétarienne.

Il me semble que les réflexions de quelqu'un comme Elie Domota, les enseignements du mouvement du LKP, vont en ce même sens.

Alors il y a façon petit-bourgeois, on "fait de la politique" comme carrière , comme débouché naturel à Sciences Po, comme on va jouer au golf, ou skier à Avoriaz...

C'est une carrière comme une autre, quand on a loupé médecine, ou qu'on n'est pas un grand avocat ou un grand journaliste ("grand" ici veut dire surtout bien sûr riche et reconnu par la bourgeoisie).

Une carrière personnelle et individualiste, où on réserve comme seul rôle politique au prolétariat largement entendu de mettre un bulletin dans l'urne de temps en temps, en général "pour le moins pire", et de coller des affiches , y compris de partis dits "de la classe ouvrière".

C'est un système de délégation de pouvoir sans contrôle du délégant, en plus, qui ne peut pas décider d'interrompre le mandat donné, et sans information, ensuite ,de la classe délégante.

C'est une façon de faire de la politique qui transforme les partis en entreprises où on fait carrière.

Et qui amène forcément à reproduire dans les partis, y compris ouvriers, tous les travers de la démocratie bourgeoise, construite pour appuyer, développer et renforcer le capitalisme.

C'est cette manière là qui a la part belle dans notre société actuelle, en tout cas en France (il me semble, dans beaucoup de pays).

C'est celle qui nous amène invariablement plus de droite dure et de société capitaliste à chaque fois, parce qu'elle éloigne forcément toutes les organisations prétendant représenter la classe des travailleurs de la dite classe, et corrélativement, qui éloigne la dite classe de ce qui prétend être la politique.

C'est cette manière là qui dévie la lutte de classe politique, dans la société civile, dans des luttes partisanes et fractionnelles au sein des syndicats de salariés, qui n'ont qu'à souffrir amèrement de ces combats internes fratricides.

Et puis, à côté de ça, il y a une façon profondément prolétarienne et révolutionnaire qui consiste à faire de la politique comme on construit sa maison, comme on doit nourrir sa famille, comme on assure l'avenir de sa retraite...

c'est à dire par nécessité, par intérêt individuel direct et indirect, et par intérêt de classe aussi, et non pas par jeu, par "plaisir" pur.

Cette façon prolétarienne n'est pas "donnée", elle est à construire, dans le cadre bien particulier d'une société capitaliste, et c'est ce qui fait une des difficultés de nos luttes, il faut à la fois construire l'outil et en même temps, s'en servir.

Parce que l'on pense que les prolos sont la majorité de la société, et que, pourtant, la "démocratie" dont on a hérité de 1789 ne représente plus du tout les intérêts de cette majorité, mais une minorité de nantis et de bourgeois, et que l'on sait que l'on doit participer activement tous ensemble, si on veut sauver sa, notre, peau.

Parce que l'on pense que si on ne se frotte pas à la politique comme organisation et moyen de pouvoir d'une classe, d'une société où domine de fait cette classe, tout ce qui est arraché d'une main à la bourgeoisie par la lutte de classe de terrain est invariablement repris d'une autre main par la même bourgeoisie, au travers des impôts, des lois, des décisions stratégiques...

De cette façon là, on pense que la politique est un prolongement de la lutte des classes qui se déroule à l'usine, au bureau, au magasin, à l'ANPE ( pardon "pôle emploi") à la caisse de retraite...Pour reprendre de nombreux exemples cités dans le livre sur La Ciotat, dans les comités de quartiers, dans les résistances face aux saisies d'huissier aussi.

La politique, telle que nous devons la créer, pour nous, c'est un prolongement nécessaire de la lutte de classe à l'usine ou au bureau.

Un prolongement sans lequel les luttes menées pour arracher des salaires meilleurs, des conditions de travail meilleures, revient souvent à construire un château de carte sur un sable mouvant.

Bien-sûr, quand je dis "une façon prolétarienne" et "une façon petit bourgeois" elle ne tient pas à la nature des personnes, mais à la pratique, aux méthodes et aux objectifs.

Car il arrive( de plus en plus souvent) que des anciens prolos "vendent leur âme au diable" et s'institutionnalisent dans des partis qui deviennent progressivement des partis petits bourgeois ( le déclin du PCF ces deux dernières décennies en est une bonne illustration - mais il n' ya pas que cela et il faudrait une longue étude pour en parler), et que, au contraire, des petits-bourgeois adoptent une manière et une lutte profondément prolétarienne et révolutionnaire.

Bref.

Si on voit la politique comme ce prolongement nécessaire de la lutte de classe sur le lieu de travail, pour organiser la vie en société "dans la cité", on ne peut qu'y prendre part quand on est salarié, actif ou pas.

Non plus en adhérant nécessairement à des partis, qui s'ils ont été à une époque des moyens en effet à la lutte de classe du prolétariat, ont aujourd'hui presque tout renié (il n'y a qu'à compter les salariés actifs, notamment du privé, qui deviennent en effet député ou sénateur ou dirigeant national de ces partis...).

Non pas, non plus, en tournant le dos radicalement à toute forme de politique.

Mais en se faisant soi même sujet politique actif.

En commençant par décider à titre individuel que nous devons devenir souverain.


Mais en s'organisant, même seulement localement, même en petit nombre, - y compris "en liaison" (mais en indépendance) avec ces "vieux" partis - , mais non pas pour "recréer" un énième parti qui sera au fond calqué sur tous les autres qui existent déjà.

Non.

En s'organisant pour recommencer à créer de l'avenir politique pour le prolétariat, en créant des groupes dont principalement l'objet va être double à savoir réfléchir analyser proposer, dans le but de construire un nouveau projet politique, c'est à dire un nouveau projet de société, et puis, deuxièmement, pour agir en conséquence.

Toute miette de construction politique autonome et de projet de société alternative arrachée à la bourgeoisie et à ses soutiens objectifs est bonne à prendre si elle va dans le sens d'une démocratie réelle.

La politique aujourd'hui c'est avant tout, pour nous, prolétaires, de se rapproprier le droit à la parole et à la proposition sur des tas de sujets qui sortent directement du cadre strict de la lutte de classe en entreprise, mais qui en sont le soutien, le rempart nécessaire.

Ne plus avoir peur de s'inviter aux réunion de partis, d'associations, ne plus avoir peur de prendre la parole devant des soi disant élites, de demander des comptes, de monter sur une caisse dans un parc ou sur une place pour dire tout haut à nos semblables ce que des années de lutte nous ont enseigné.

Ne pas rester dans son coin - même seulement à deux ou trois c'est mieux que tout-e seul-e.

Ne plus s'auto censurer.

Ne pas avoir peur d'écrire et de participer, en se disant qu'on n'écrit pas assez bien français, en se disant qu'on ne connaît pas assez de choses, qu'on n'a pas sa place, pas le droit...

Faire de la politique, pour la classe ouvrière, en luttant contre ce qu'on nous propose aujourd'hui comme seule façon de faire de la politique et qui nous dégoûtre manifestement toutes et tous (60 % d'abstention aux dernières européennes, 40 % d'abstention aux municipales d'Hénin Beaumont...), en luttant contre la propriété privée des moyens de production, en inventant de nouvelles formes de gouvernement par le peuple et pour le peuple, en construisant une nouvelle démocratie, une réelle souveraineté du peuple et notamment de la classe prolétaire, c'est retrouver le chemin de notre dignité et aller vers plus de bonheur.

Quand la classe ouvrière largement entendue refera de la politique, dans ce sens qui lui est propre, pour créer un nouveau projet de société qui réponde à ses intérêts à elle, elle reconstruira progressivement son salut.

D'ici là, elle se condamne à ce que tout ce qu'elle arrache comme victoires d'étapes lui soit implacablement repris, et même plus, par la bourgeoisie.

Le rôle de tout communiste devrait donc être, avant tout, de permettre, par tous moyens, (réformes, organisations de débats publics, soutiens aux révoltes locales...) à ses frères et sœurs prolétaires de s'exprimer, d'obtenir des nouveaux moyens de lutte politique, de faire naître ses idées, de s'organiser, pour que tous les moyens puissent être saisis valablement, et aussi, d'acquérir les connaissances fondamentales aussi qui permettront d'améliorer ainsi le travail entrepris par chacun pour soi en tant que représentant d'une classe...


La bourgeoisie , les propriétaires des capitaux, du Capital, leurs sbirres inféodés, ils doivent nous craindre et nous redouter.

Et pour cela, leur extorquer à la force de plusieurs semaines de grèves, quelques dizaines de milliers d'euros, même si c'est bon car ça évite aux prolos de crever, et que de toute façon c'est un minimum de ce qui nosu est dû, ce n'est plus suffisant car ils intègrent parfaitement ces perspectives dans leurs coûts sans que cela entame de beaucoup leurs profits.

La seule manière de nous faire respecter c'est d'aller faire irruption sur "leur" terrain, ou plutôt celui qu'ils nous ont confisqué, celui de la politique, de la parole publique, c'est de témoigner et de mettre en oeuvre la volonté de devenir SOUVERAINS A LEUR PLACE.

La Louve

http://osemy.blogspot.com

vendredi 19 juin 2009

60 % d'abstentionnistes: "on est tombé par terre, c'est la faute à Voltaire, le nez dans le ruisseau..."



On a peu parlé au fond, des 60 % d'abstentionnistes du peuple de France aux dernières élections européennes.

Ou plutôt, on a en a beaucoup glosé, pendant deux ou trois jours , le temps de "digérer" ce score, pour, à droite comme à gauche, principalement les condamner (et surtout à gauche d'ailleurs, comme si l'abstentionniste était nécessairement un électeur communiste ou socialiste!).

Que n'avons nous entendu alors!

Les abstentionnistes, responsables de la "victoire" de la droite (mais QUELLE victoire???)

Les abstentionnistes, responsables de la défaite de "la gauche" (mais QUELLE gauche?)

Les abstentionnistes, imbéciles, traîtres, lâches, déserteurs...

Les abstentionnistes, responsables du réchauffement de la planète, du manque de libido des pandas, des hémorroïdes de Cohn Bendit et du trou dans la couche d'ozone....

Alors que les abstentionnistes constituent peut être la seule majorité indiscutable de ce scrutin (et certainement pas Sarkozy et l'UMP avec leurs 11 % et encore moins les partis "de gauche" oscillant entre 8 et 2 %...), quoi que disparate, peut être (on ne le saura pas), les représentants de la caste politique, minoritaires réels, préfèrent en général les traiter avec le plus grand mépris, voire, avec colère et agressivité, comme si c'était eux qui avaient raison et les abstentionnistes qui avaient tort!

Soyons fous, 60 % d'abstention aux Européennes en France, et Sarkozy se pense en mesure de parler démocratie dans le monde!

60 % d'abstention, et certains partis qui ont fait entre 15 et 6 % de votants plastronnent, et personne ne trouve le courage, dans la classe politique de gauche en tout cas (les autres je comprends que finalement cela les arrange), de se remettre en question?

Mais bon sang, ces 60 % de citoyens, de travailleurs, de précaires, de jeunes, de femmes, de malades, de retraités, d'étudiants ...et même (incroyable pour les ayatollahs de la "discipline républicaine"), de militants communistes (qui ne sont pourtant pas les derniers, en général, à accomplir ce qu'ils pensent être leurs obligations citoyennes et ont un sens du devoir et du sacrifice prononcé, quoi qu'on en pense) qui ne sont pas allés voter le 7 juin dernier, ils existent quand même dans la vraie vie réelle, non?

Où est-il écrit, dans nos textes fondamentaux, dans notre tradition politique, que le vote est un devoir? Et un devoir "Républicain" qui plus est?

Nulle part.

Le vote, en tout cas, en France, est un DROIT (et personnellement je suis attachée à ce qu'il le reste).

Et un droit, comme dirait La Palice, ce n'est pas un DEVOIR.

Et si ce n'est pas un devoir, c'est bien parce que, dans "l'esprit" de la fameuse "loi républicaine" justement, telle que nos ancêtres l'avaient pensée, l'abstention devait pouvoir exister, non pas comme choix individuel pseudo-existentiel d'un régime falot , mais pour avoir un sens, et même, un sens collectif, à charge d'interprétation.

C'est bien parce qu'il y a une conception particulière de l'individu, du citoyen, de la relation politique et de la démocratie représentative en France, que le vote n'est pas obligatoire.

Si nous n'étions pas dans une société complètement malade où les trois quarts de la caste politique sont devenus complètement autistes, n'importe quel responsable politique réveillé et à peu près normalement "cortiqué", un tant soit peu humain, se demanderait d'abord:

"Mais pourquoi diantre les gens n'exercent-ils pas leurs droits quand ils en ont"?

- Ou l'on postule que 60 % d'abstentionnistes sont fous à lier.

- Ou l'on pense qu'ils sont des "enfants gâtés-pourris à qui un bon coup de pied au cul fasciste ne fera pas de mal" (j'ai entendu ça dans la bouche de certains...).

- Ou l'on se dit que 60 % de notre population inscrite sur les listes a voulu, peut être, exprimer un choix qu'on ne lui proposait nulle part dans cette élection, et tenait à ce que message particulier ne puisse pas être ni récupéré ni déformé?

Genre...euh.... "J'ai déjà voté en 2005 et j'ai voté NON ! Faites respecter ce "non"" , par exemple?

Et au-delà de cette seule élection, les responsables de partis de gauche surtout, devraient quand même commencer à se poser les bonnes questions, vu que le taux d'abstention revient de plus en plus fortement, et accompagné de certains symptômes "graves".

Ils doivent bien constater, quand même, que, les prolos étant largement majoritaires dans ce pays, quel que soient leurs statuts, leur état, leur "électorat naturel" ou supposé tel, UNE FOIS DE PLUS, ne les a pas suivis!

Leur a tourné le dos.

Voire, leur a fait un gros bras d'honneur.

Et pourtant leur "électorat naturel" n'en avait pas pris dans la gueule depuis longtemps comme ça.

Mais ça ne date pas d'hier pourtant.

Il y a eu 1995 et la première élection de Chirac à la présidentielle après 14 ans de Mitterandisme - ah "l'alternance", nous a t on dit....

Il y a eu 2002 et l'élimination du premier parti de gauche (paraît-il) le PS, au premier tour de la présidentielle - ah, l'absence de "vote utile dès le premier tour" et de "discipline républicaine" nous a t on dit...

Il y a eu 2007 et l'élection, par plus de 53 % de votants, d'un candidat d'ultra droite (Sarkozy) dont il était pourtant facile de deviner ce qu'il donnerait à cette même majorité (c'est à dire des coups, des bleus, des larmes...) - ah, les Français sont vraiment des cons qui regardent trop la TV, et aussi, Royal était vraiment nulle, nous a t on expliqué...

Il y a aujourd'hui les 60 % d'abstention aux européennes.

Et un score pour la "gauche" réunie absolument pas à la hauteur des ravages que subissent les prolos dans leur vie quotidienne.

Quand est-ce que les responsables politiques de gauche prennent leurs responsabilités alors?

Dans dix ans?

S'ils ne savent pas interpréter ces résultats ( mis en balance avec l'extraordinaire campagne de 2005 pour le "NON" au TCE, populaire, militante, généralisée) qu'ils aient la lucidité de faire plus de place à celles et ceux qui ont des idées sur le sujet et pourraient faire office de traducteurs.

S'ils ne veulent pas les interpréter correctement, évidemment, c'est encore plus grave.

L'abstention n'est pas responsable de la soi disant victoire de la droite à ces élections, ou à d'autres, d'ailleurs.

La première responsable de la victoire de la droite, c'est, comme toujours, en grande partie la gauche elle-même.

La gauche institutionnelle, la gauche de partis, la gauche d'establishment, la gauche " à la papa", "gauche de gauche" comprise, la plupart du temps, engluée comme un oiseau mazouté dans la social-démocratie agonisante, la gauche de courte vue qui rêve d'enfiler la veste d'un géant comme Jaurès et croit qu'il suffit pour cela de parler fort et de battre des estrades, mais qui marche sur ses manches et est devenue bien stérile, bien incapable de construire un nouveau projet politique de gauche pour le 21ème siècle...

On ne peut pas prétendre évoluer (et plus grave, pour certains, vouloir conserver), parfois avec beaucoup de suffisance, en en faisant l'alpha et l'oméga de la démocratie moderne, dans ce système de démocratie représentative bourgeoise, prétendre à des postes qui seront bien rémunérés aux frais de la "princesse"... et dire ,quand ça part en couilles, quand la communication est rompue, comme si nous étions dans un système de démocratie directe ou semie directe:

"C'est pas nous m'sieur, c'est le peuple"!

Ben oui, alors, traitez moi de populo, de démago, je m'en fiche, mais quand le courant est coupé entre les partis "de gauche "et le peuple, et surtout, avec la classe qui compose majoritairement ce peuple, ça donne 60 % d'abstention aux européennes. Ça donne Le Pen au second tour. Ça donne Sarkozy président de la République.

Et pourquoi ce serait la faute au peuple, aux prolos finalement?

Bon, c'est vrai, oui, c'est aussi notre faute, AU MOINS pour une seule et bonne raison, parce que nous refusons (ou nous désespérons, ou nous nous censurons) de faire ce qu'il faut pour que nos messages soient émis et reçus clairement par nos "représentants", et sans la moindre ambiguïté possible, alors qu'aujourd'hui, le développement d'Internet, le relâchement des contraintes de la langue française, la popularisation des moyens d'expression de masse, devraient nous permettre d'ouvrir tout grand notre gueule.

Mais c'est aussi la faute de celles et ceux qui, a tort ou à raison, sont perçus comme des "élites".

Ouvrez vos esgourdes à gauche, écoutez "la voix du peuple", et méditez , non seulement sur les 60 % d'abstention, mais aussi, sur vos scores ridicules, et également, sur la faiblesse rachitique du mouvement social qui a fini, pour le moment , en eau de boudin samedi 13 dernier, échoué comme une baleine sur la plage par un chaud soleil de juin....

Bref, revenez à la raison, SVP.


LL
Ps: Et arrêtez de foutre le boxon dans les syndicats - principalement le syndicat dont, je pense, les travailleurs ont le plus grand besoin de nos jours, à savoir la CGT, pour ne pas la nommer-.

Quand des partis et orgas ou courants de partis d'extrême gauche ou "de gauche de gauche" groupusculaires ou en voie de groupuscularisation cesseront, TOUS, de faire dans ce syndicat, souvent au mépris de la démocratie syndicale la plus élémentaire, ce qu'ils devraient faire sur la place publique politique, quand les "partis de gauche" feront à nouveau correctement et collectivement leur travail où ils doivent le faire ( dans les cages d'escalier, sur les marchés, dans les entreprises, dans les assemblées etc) à chaque jour de notre vie quotidienne, et pas seulement en période électorale, sans manœuvrer pour manipuler les organisations de travailleurs, sans rôder comme des hyènes affamées autour d'une CGT affaiblie notamment par les nouvelles formes de travail salarié, par la précarisation du prolétariat, la désindustrialisation, par la chute du Mur et des liaisons sans doute un temps beaucoup trop intimes avec un ancien grand parti, beaucoup de choses pourraient commencer à s'arranger....

Ce qui ne signifie nullement qu'un syndicalisme de classe doive être "apolitique" non. Mais il doit être, le plus possible, à l'abri des luttes de pouvoir des appareils partisans.

mardi 16 juin 2009

ILS NE NOUS FERONT PAS TAIRE ! Pétition de soutien à Charles Hoareau


http://www.lapetition.be/en-ligne/ils-ne-nous-feront-pas-taire--4483.html#form

ILS NE NOUS FERONT PAS TAIRE !


Pétition en soutien à Charles Hoareau et contre la criminalisation du mouvement social et de la résistance syndicale.


Rappel:

Le 29 juin 2009, Charles Hoareau, responsable CGT des Bouches du Rhône, est convoqué au tribunal correctionnel de Marseille, dans le cadre d'un conflit du travail qui oppose la société ADOMA et 39 de ses salariés depuis novembre 2007, pour répondre des accusations de "menaces répétées" lancées contre lui par l'un des représentants d'ADOMA.

Il y a quelques semaines, Charles Hoareau a même été placé plus de 24 heures en garde à vue dans ce cadre.

Il voit ainsi son nom inscrit à la suite de la longue liste des nombreux militants poursuivis judiciairement, de façon systématique, et parfois avec acharnement, notamment, depuis quelques années:

- les travailleurs en lutte des chantiers navals de Saint-Nazaire, Roberto Ferrario et Bellaciao, Elie Domota (LKP), Gérard Jodar et les militants de l'USTKE (Kanaky), les manifestants et syndicalistes inculpés à Saint Nazaire le 29 janvier, Gérard Filoche, inspecteur du travail poursuivi pour délit d'entrave, Clément Onimus, doctorant à l'EPHE accusé de violence envers un CRS au moment du conflit des universités, mais aussi, les 49 inculpés de la place de la Nation le 19 mars, les 74 agents d'EDF-GDF, et bien d'autres.

Cette pétition vise à le soutenir, mais au-delà, à soutenir tous les syndicalistes et salariés en lutte pour leur dignité, leurs salaires et leurs emplois, et pour s'opposer à la criminalisation du mouvement social.

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TEXTE DE LA PÉTITION:
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Depuis quelques mois se multiplient les actes d’intimidation en direction de celles et ceux qui se battent pour le progrès social ou la défense des droits des salarié-e-s et citoyen-nes de ce pays. Dans cette entreprise, pouvoir et grand patronat font de plus en plus souvent appel aux services de police et à l’appareil judiciaire.

Ainsi, dans cette logique, se retrouvent entrainé-e-s dans des procédures pénales des hommes et des femmes dont le seul tort est d’avoir défendu une autre conception de la société que celle d’une logique de profit et d’écrasement de l’homme, d’avoir participé à des luttes pour l’emploi, les salaires, le service public, la démocratie, les libertés, la défense des sans papiers.

Victimes de cette répression sans précédent, solidaires de ces militant-e-s du bonheur, nous voulons dire avec force aux tenants du pouvoir que l’on ne nous fera pas taire !

Héritiers et héritières d’un mouvement ouvrier qui a connu dans son histoire la répression, la clandestinité, la lutte antifasciste et les guerres coloniales et n’a jamais reculé, nous ne reculerons pas nous non plus devant les menaces.

L’avenir des droits et libertés de ce pays en dépend.

Jamais dans l’histoire la répression n’est venue à bout durablement de la lutte pour la justice.

Nous continuerons !


PREMIERS SIGNATAIRES:
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- André Fadda, responsable USM CGT Saint Nazaire

- Elie Domota, porte-parole du LKP (Liyannaj Kont Pwofitasyon), Gwadloup

- Jean François Tealdi, secrétaire général SNJ CGT France Télévisions

- Roberto Ferrario, co-fondateur du site Bellaciao.org, poursuivi pour diffamation en 2007 par les Chantiers navals de Saint Nazaire et relaxé, SNJ CGT

- Solidarité Kanaky, collectif de lutte contre la répression de l’USTKE en Kanaky

- France Weyl, Avocate à la cour (Paris)

- Raymond Mérat, Avocat à la cour, Représentant à Genève de l'Association internationale des juristes démocrates

- Roland Weyl, Avocat à la cour (Paris)

- Union Départementale CGT de Paris (CGT 75)

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http://www.lapetition.be/en-ligne/ils-ne-nous-feront-pas-taire--4483.html#form

lundi 8 juin 2009

FRONT DE GAUCHE/ NPA: ZERO PARTOUT... BALLE AU CENTRE?




Ces élections européennes,pour le NPA/Front de Gauche, c'est un peu Nadal et Federer à Roland Garros cette année. Nadal n'est pas allé en finale. Federer a ENFIN gagné, mais pas contre Nadal.

Du point de vue des communistes, plusieurs choses ressortent de ce scrutin du 7 juin 2009.

1 ° L' Union Européenne, en tout cas, son soi disant "parlement", est vécue et perçue comme une arnaque capitaliste, en tout cas, disons au moins, une construction profondément anti-sociale, non démocratique, tout juste bonne à s'occuper d'écologie (et encore faut-il entendre ce que l'on appelle "écologie" dans le contexte actuel).

2° Une bonne part des abstentionnistes est, à l'évidence, constituée de citoyens qui refusent cette construction-là, qui méprisent la classe politique actuelle dans son ensemble, classe politique qui se tutoie sur les plateaux de télé alors qu'elle est supposée être composée de gens qui défendent des projets de société différents, voire, opposés. Classe politique qui a un point commun, à de très rares exceptions, vouloir imposer par les faits ce que certains disent même rejeter en paroles, se mettre, en tout cas, d'accord, pour continuer à cautionner la fausse démocratie bourgeoise et pour empêcher toute alternative d'une véritable perspective révolutionnaire et d'une démocratie prolétarienne.

Oui, l'abstention est à la fois le signe d'un profond mépris et d'un refus obstiné. Certes, l'abstention en général n'est pas "plus de droite que de gauche" par essence, mais elle l'est plus ou moins en fonction des enjeux et des scrutins. Et l'Union Européenne, normalement, et si ma mémoire ne me joue pas des tours, ça fait voter , depuis toujours, les gens de droite qui ont compris, eux, depuis belle lurette, ce qu'était l"euro-impérialisme et quels avantages ils avaient à la bichonner.

3° Les communistes qui se travestissent prennent immanquablement des gifles. Le Front de Gauche, s'il a officiellement vu la victoire de 4 de ses candidats, dont Mélenchon (qui devient ainsi momentanément un bon "cumulard), est EN RÉALITÉ un échec pour le PCF, par rapport à 2004, car si on fait correctement les comptes, le PCF "soi-même" ne gagne rien mais fait la courte échelle à une transfuge du PS "militante féministe" - qui me semble plutôt "mélenchoniste" que communiste.

4° Les forces anticapitalistes qui ne savent pas être unitaires et ouvertes aux autres le paient aussi assez chèrement. C'est sans doute une des raisons du score mitigé du NPA, qui est resté très tourné vers lui-même pendant la campagne et n'a présenté quasiment que des militants NPA sur une ligne "100 % NPA".

NPA comme Front de Gauche ont affiché tous deux, chacun à leur manière, une volonté hégémonique, ou disons, une conception de la politique toujours "verticale", pensée en termes de "leadership", qui n'est plus en phase avec l'air du temps, puisque le temps semble venir enfin de la sortie de l'enfance politique réclamant une tutelle, la délégation de pouvoir, et un "homme providentiel".

5° Les restes de la vieille sociale-démocratie sont en train de disparaître définitivement. Le PS a pris la veste méritée après s'être essuyé les pieds sur le dos de notre vote "NON" de 2005, lorsque par abstention, il a collaboré avec l'UMP le 4 février 2008 pour faire passer le Traité de Lisbonne. C'est le moment de faire le ménage. Nous avons fait le ménage. Nous le ferons encore.

En d'autres termes, le score, tous partis confondus, de ce qui se revendique (à tort ou à raison) de "la gauche de gauche", compte tenu de l'abstention, est à peine satisfaisant.

Et c'est la conjonction de plusieurs "maladies", dont chaque partie, chaque "Nomenklatura" a sa part. Il n'y a pas plus de victoire du Front de gauche que de victoire (ou de défaite) du NPA. A peine le Front de Gauche est-il un peu moins démuni que le NPA puisqu'il emporte donc "4 élus" - mais si on doit se contenter de cela pour crier "hourra" on est mal barrés....

Il me semble que l'électorat communiste ( qui existe encore, on en a la preuve ici et ailleurs tous les jours) a simplement renvoyé dos à dos, ENCORE UNE FOIS, tous les succédanés de communisme qu'on lui présente sans discontinuer depuis des années: "collectifs unitaires anti-libéraux", "gauche populaire et anti-libérale", "front de gauche", "anti-capitalisme"...et a critiqué, encore une fois, l'absence de possibilité unitaire réellement radicale.

Cela témoigne en revanche d'une (très) bonne santé mentale de l'électorat communiste ou sympathisant communiste, socialiste révolutionnaire, qui, lui, et contrairement à ses soi disant "leaders médiatiques", n'a pas perdu complètement sa boussole ni certaines de ses valeurs fondamentales.

Mais partant du juste principe que "la pourriture est le laboratoire de la vie", à condition que toutes et tous nous nous retroussions les manches pour remonter la maison communiste sur des fondations solides, avec ou sans le PCF, avec ou sans le NPA, (avec tout le monde, ce serait mieux) tout n'est pas perdu et loin s'en faut.

Il faut être optimiste. Ne serait-ce que parce que, en ce 7 juin 2009, malgré tout ce que les médias menteurs nous diront, l'UMP et Sarkozy ont pris leur vraie première claque depuis mai 2007.

Nous avons, je pense, des raisons de l'être, optimistes.

Moi je le suis en tout cas. Pas par la méthode Coué, ni parce que j'ai abusé de ma moquette, mais parce que l'analyse des résultats "électoraux" doit nous incliner à être optimistes, SI, si nous savons à nouveau penser sur le long terme, de façon à la fois pragmatique, visionnaire, et radicale, si nous savons reprendre le contrepied exact de la pensée dominante, dans l'objectif unique de construire un projet politique révolutionnaire anti-capitaliste ( et ça, ça s'appelle donc un projet communiste, désolée...)

Nous, communistes, où que nous soyons, sommes une force. Une force éparpillée, une force en convalescence (ces 20 dernières années ont été tellement dures pour nous toutes et tous, depuis la chute du mur de Berlin, en gros), une force renaissante, mais une force réelle quand même.

Nous sommes confrontés à un éveil des consciences politiques chez nos semblables, dans notre classe, que nous devons absolument saisir.

Non pas pour nous rendre plus "sexy" en nous camouflant, non pas en essayant de coller à ce que les médias bourgeois nous tendent comme miroir aux alouettes. Non pas en allant faire des danses du ventre pour "remplacer" le PS.

Le Front de Gauche seul ne sera rien, pour des raisons de fond, tenant strictement à ce qu'il propose comme "vision du monde" (une énième resucée de la vieille social-démocratie, sans aucune perspective révolutionnaire).

Le NPA seul ne sera rien non plus, pour des raisons de stratégie, tenant principalement à ses relations avec le mouvement en général et les communistes dans le mouvement en particulier (une sorte de "grande LCR" donc).

C'est comme cela, je pense, qu'on peut analyser le résultat Front de Gauche/NPA : pour des raisons différentes, les électeurs "de gauche de gauche" ont renvoyé les deux formations plus ou moins dos à dos.

L'équation ne sera pas résolue en faisant simplement l'addition, factice, "Front de gauche + NPA". Certainement pas.

Pour être tout à fait complets, il est évident aussi que la galaxie communiste "activiste", principalement issue de l'éclatement progressif du PCF, est éparpillée sur toute la France, de façon très groupusculaire, sans parvenir à dépasser cela, ni à se fédérer, sans qu'aucune formation ne puisse prétendre à elle seule , remporter "le leadership", et c'est TANT MIEUX.

On ne sortira de ce cercle vicieux qu'en s'y collant toutes et tous, en reconstruisant un mouvement COMMUNISTE, où la liberté et le respect de l'autre seront la règle fondamentale, et dont l'objectif sera la mise au point, dans un travail collectif (et tant pis si nous sommes une addition de 150 "groupuscules"), d'un projet politique révolutionnaire susceptible de donner force et courage à tous les lutteurs en France, qui se battent contre le capitalisme.

On s'en sortira si on arrête de penser d'abord et exclusivement "parti" ou "formation", et qu'on recommence, majoritairement, enfin, à penser d'abord et avant tout "classe". PROLÉTARIAT. Alliés objectifs du prolétariat.

On ne s'en sortira, on n'avancera, nous, prolétaires, - dont les communistes doivent être, en effet, un "fer de lance" - , qu'en faisant, pour certains, acte d'humilité (au moins les pendules sont définitivement remises à l'heure ou presque, à part quelques obstinés, plus aucune formation communiste ou se réclamant du socialisme ne peut se prétendre plus "fine" ou plus "maligne" que les autres), pour d'autres, en abandonnant certaines vieilles lunes ("faire renaître le PCF" par exemple, ou "reconstruire le PS" ou "l'union de la gauche"), en acceptant ENFIN que le communisme n'est pas monolithique, qu'il n'est pas d'un bloc, que de ce point de vue il faut faire l'effort de sortir d'un point de vue théorique, du mauvais héritage de la IIIème Internationale.

Que, au contraire, le communisme connaît de nombreux courants, mais sur des bases communes intangibles (validité de l'analyse marxiste, combat contre le capitalisme, la bourgeoisie, leurs instruments de toute nature, perspective révolutionnaire n'excluant pas certaines réformes d'envergure, primat de la politique sur "l'économisme"...) et que, néanmoins, en toute logique, si nous ne sommes pas devenus toutes et tous complètement siphonnés, ce qui nous rassemble est bien plus fort que ce qui nous divise.

Pour conclure donc, commençons par rassembler tous les communistes et sympathisants communistes en France, dans un projet enthousiasmant, celui de la construction d'une perspective politique révolutionnaire.

Je ne me joindrai plus à un mouvement qui prétendrait "reconstruire le PCF", même si je comprends les camarades qui en font encore leur cheval de bataille. En revanche, et comme tant d'autres, je participerai avec grand plaisir à des débats qui auront pour but cette refondation nécessaire, cette construction, non pas d'un "sujet politique" mais d'un PROJET POLITIQUE pour le communisme au 21ème siècle.

DU PASSE, FAISONS TABLE RASE!

ELECTIONS EUROPÉENNES: CONFIRMATION DU "NON" DE 2005 ET DÉFAITE DE L'UMP




Voilà.

Je suis contente.

Contrairement aux tristes sires "de gôche" qui pleurent sur le cadavre de la social-démocratie, ou qui sont affolés par le taux d'abstention, contrairement aussi, aux réformistes qui se réjouissent comme d'une grande victoire d'avoir obtenu 2 ou 3 sièges à un Parlement sans AUCUN pouvoir POLITIQUE, et contrairement enfin, à ceux qui paniquent (ou se pâment d'extase) devant le score d'une liste soi-disant "écolo" emmenée par une bande de comiques-troupiers qui n'ont pas compris, manifestement que, comme dit justement Gérard Filoche, "pour sauver la banquise, il faut d'abord être contre les banquiers", et qui ont été bien aidés (c'est un euphémisme) par la diffusion du film "Home" l'avant -veille du scrutin, aujourd'hui, je suis CONTENTE.

Et oui.

Que voulez-vous.

Je suis une optimiste de nature.

A peine cette satisfaction est-elle tempérée par les scores "honorables", mais en baisse, de l'extrême droite ( FN et Libertas).

D'abord, on le savait, si on était sérieux 5 minutes, pour la vraie gauche anticapitaliste (socialiste, communiste, révolutionnaire), il n'y avait pas (il n y' a jamais eu!) grand-chose à attendre d'un tel scrutin, fort heureusement ( nous n'avons pas toutes et tous perdu la tête au point de devenir "européens convaincus" et de s'entre-déchirer sur des sujets aussi mineurs que l'enjeu d'une poignée d'élus à un parlement croupion).

Cela ne signifie pas qu'il n'y ait rien à dire sur le Front de Gauche, ou le NPA. Mais chaque chose en son temps.

"Europe écologie" - les 16 % d'électeurs (sur 40 % des inscrits donc) qui ont donné leur voix à cette liste emmenée par ce qui sera toujours, de mon point de vue , un charlatan politique, l'ont fait principalement parce qu'ils identifient l'écologie comme le seul enjeu véritable dont le Parlement puisse s'occuper ( ce qui n'est pas faux), parce que Cohn Bendit passe, à tort ou à raison pour un "vrai européen", un type qui connaît bien l'Union Européenne.

Et puis il faut dire aussi que c'est un vote "bonne conscience", largement favorisé par le tapage médiatique fait depuis des semaines autour du film Pinault-Arthus-Bertrand, et par la promotion en général, de l'écologie à la sauce libérale, (à moins qu'il s'agisse de libéralisme écologiste).

C'est vachement moins fatigant de mettre un bulletin soi disant écolo dans l'urne une fois tous les 5 ans, que de se battre sérieusement contre, d'abord, le capitalisme, qui bousille notre planète (et oui, on reparlera aussi de cette "écologie" qui désigne "les gens", le "citoyen" comme cause première déterminante de ce qui arrive à notre planète...)

Il faut s'appeler Cohn Bendit pour soutenir avec aplomb et sans rigoler, que l'écologie peut se moquer des clivages marxistes, et peut se passer du combat anti-capitaliste.

Bien sûr, on ne verra jamais Bové ni Joly à la porte d'une usine, Cohn Bendit ne mettra plus les pieds en France avant la prochaine élection où leur attelage pourra grappiller quelques bonnes places, ils ne construiront aucun relais associatif ni politique local, pour leur projet, (normal, ils n'en ont pas d'autres que d'aller siéger au Parlement européen, et c'est très bien comme ça) - et bon, il y a fort à parier, comme toutes les "forces vertes" capitalo-compatibles, celle-ci fera "pschitt" comme dirait Chirac ...

Pour les autres échéances, l'électorat de ce groupe ira ensuite probablement se fondre en partie dans la droite, dans la gauche, et dans l'abstention...

Le PS - ah le PS....!

Bon, il finit de mourir, "achevons-le, il souffre".

Il s'est enterré en 2002 quand Jospin a lâché le morceau - " mon programme n'est pas socialiste" - , puis, le jour où l'appareil a décidé de renier le choix qui avait été fait par les militant-e-s pour la candidature à la présidentielle, quand l'état-major du PS a décidé de bafouer ouvertement le choix des adhérents en "coulant" littéralement la campagne de Royal (entendons-nous bien, ceci n'est pas un plaidoyer ni pour Royal ni pour un "parti démocrate", mais simplement un constat, une analyse, qui, je pense, se vérifiera: pour diverses raisons, à ce jour, la seule capable de "sauver le PS" en le tuant et donc, en le transformant profondément dans le sens du parti démocrate qu'il est déjà, c'est Royal et personne d'autre).

"Les gens" , comme ils disent au PS, sont peut être "cons", mais pas à ce point. Le message du PS aux adhérents et électeurs est très clair depuis presque 10 ans: c'est l'autisme politique complet. Royal a perdu et Sarkozy a gagné grâce au PS avant tout.

Bis repetita avec le Traité de Lisbonne adopté, personne ne l'oubliera, grâce à l'abstention PS.

On recommence avec la désignation foireuse de la première secrétaire ( ce pauvre Hamon est un symbole à lui tout seul des maladies séniles dont souffre le PS, et il a d'une certaine manière, mérité sa défaite, car politiquement, il a un comportement de baudet, ce dont il a témoigné il y a quelques mois en choisissant Aubry contre Royal).

Résultat: fort logiquement, aux Européennes, le PS est en 2ème position à égalité avec Europe Ecolo-bobo à 16 %, loin derrière l'UMP. Ne rêvez pas, le PS ne s'en relèvera jamais. C'est la loi de l'histoire politique.

Et puis voilà, alors que Le Figaro, et toute la clique de journalistes soit carrément payés par la droite, soit aux ordres de celle-ci (y compris par auto-censure), alors que tous ces plumitifs et parlivores chantent à tue-tête la "victoire" de l'UMP, je regarde attentivement les résultats et je ne m'empêche pas d'afficher un grand sourire.

D'abord, c'est bien la confirmation appuyée du vote de 2005 contre le TCE.

Donc, où est la surprise? Non, "les gens", décidément, ne sont pas si "cons"...et en tout cas ils gagnent en mémoire, manifestement.

Ensuite, la droite est à nouveau divisée, alors qu'elle avait des programmes à peu près identiques.

Et ça c'est bien.

Et puis enfin, et surtout, 28.5 % de 40 % de votants, à un scrutin traditionnellement chouchouté par la droite, c'est une "grande victoire" pour l'UMP et Sarkozy ça?

Sarkozy , le type qui a présidé l'Union Européenne pendant 6 mois?

Elle est bien bonne celle- là!

Rafraichissons-nous la mémoire - en 2007, au premier tour, il y avait eu 83.77% de votants, et Sarkozy avait réalisé 31.18 % des suffrages.

Moi, personnellement, passer en 2 ans, de 31.18 % de 83.77 % de votants, à 28.5 % de 40 % de votants, j'appelle ça une grosse fessée (et ce n'est pas le nombre de députés envoyés au Parlement grâce à un tripatouillage des circonscriptions monstrueux qu'il faut prendre en compte).

Alors mes amis et camarades, oui, ça se fête!

L'étoile de notre Ceaucescu "à nous" a manifestement commencé de pâlir, et nous allons être débarrassés politiquement ( je l'espère), au moins momentanément, de quelques personnes nuisibles au pays...

En effet, nous avons bien un "boulevard" qui s'ouvre pour un mouvement anticapitaliste et révolutionnaire si on arrête de faire les cons, et qu'on s'attelle toutes et tous à la construction nécessaire d'un projet politique (je ne parle pas du catalogue de mesures qu'on a pris l'habitude de dénommer programme et qui "jaillit" en période de campagne électoral), dans le respect de nos diversités, maintenant.

Allons-y!

mercredi 27 mai 2009

LA FRANCE, AIMEZ LA OU QUITTEZ LA

LA FRANCE, AIMEZ LA OU QUITTEZ LA

Chers ( oh oui, vous nous coutez très cher) Frédéric Lefebvre, Laurence Parisot, Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux, Xavier Bertrand, Christine Lagarde etc...,

Chers collègues, voisins, parents... de droite (même lorsque vous n’êtes, comme 28 millions d’entre nous, que de pauvres salariés, et je ne parle pas des retraités),


Voilà des mois, des années, même, que vous nous bassinez avec vos revendications réactionnaires sur le thème : "la France est un pays archaïque", "la France est un pays arriéré", "la France n’est pas moderne", "les USA, le monde entier, se moquent de nous, la France est nulle", "la France n’est pas compétitive"...

En ce moment, c’est un festival constant, quotidien, de dénigrement, d’acidités...

A vous lire, à vous écouter, à vous constater, tous les jours, on voit bien que la France telle qu’elle existe en réalité, avec ses acquis sociaux, ses droits syndicaux, ses libertés publiques... le tout durement acquis depuis 1789, finalement, elle vous fait gerber et que c’est un pays qui vous rend littéralement malades, tellement il est RIN-GARD, DE-PA-SSE.

Tellement ses habitants sont "has been"...

La faute, tout ça, évidemment, aux imbéciles de salariés qui ne veulent pas faire suer le burnou plus de 35 heures par semaine pour moins de 1200 euros, qui ne veulent pas "télé-travailler" quand ils sont en arrêt maladie, la faute à ces enfoirés de vieux, aussi, qui prétendent toucher une bonne retraite, avoir des soins de qualité quasi gratos, et pas bosser jusqu’à 65 ans, et puis, à ces connasses de bonnes femmes aussi, qui veulent des congés mat, et puis des crèches, des écoles... pour leurs gosses, sans parler des fonctionnaires, tous des feignasses etc.

La faute aux "charges sociales" aussi et aux "z-impôts". Évidemment.

C’est NAZE, c’est RIN-GARD. C’est DE-PA-SSE.

La France, ça sent le rance selon vous.

La France, elle pue le moisi, et c’est un pays tout minable, avec que des cloportes préhistoriques dedans, sauf vous, bien sûr ( vous et François Pinault, Bernard Arnault, Vincent Bolloré et quelques autres Martin Bouygues...)

Ah, si la France était les Etats-Unis, ou l’Inde, ce serait tellement bien !

A force d’entendre tout ça, toute la journée, ça devient lassant, et comme dirait votre grand mètre (cinquante) à penser M. Nicolas Sarkozy, on a envie de vous dire :

"La France, aimez la ou quittez la" (variante du tristement célèbre "Casse toi Pôv con").

Comme dirait encore Laurence P. de Paris, chef du Medef - une fille pas sotte il paraît, et hyper ouverte sur le monde avec ça - : "La vie est précaire, l’amour est précaire, pourquoi votre travail ne le serait il pas"?

Appliquez-vous à vous mêmes les bons conseils que prétendez nous appliquer à nous, travailleurs, retraités, chômistes, étudiants...

DÉLOCALISEZ vos compétences inégalables, vos talents, faites de "l’immigration choisie", soyez "citoyens du monde" puisque vous, ça ne vous dérange pas.

Mais lâchez nous la grappe.

Nicolas, Laurence, Frédéric, vous l’aimez pas, la France?

Et bien barrez-vous !

Je sais pas moi, allez en Inde, aux USA, en Chine même, tiens, bref, partout là où c’est tellement génial et super-moderne.

Nous qui ne sommes que de vulgaires cloportes, que nous soyons "Français de souche" (bêêêêê) ou "étrangers", et bien, ce pays archaïque, préhistorique, dépassé, ringard et tout, franchement je vais vous dire, tel qu’il existe, finalement, on l’aime BEAUCOUP et on y tient.

LA LOUVE

mardi 26 mai 2009

"LA VIOLENCE C'EST QUOI"?




Excellentes affichettes à coller partout où on peut...

Transmises par un pote des Enfants de Don Quichotte.

mardi 19 mai 2009

Noir Desir - Le temps des cerises

Noir Desir - Le temps des cerises
Vidéo envoyée par zonzon25

Noir Desir Le temps des cerises 2008

Charles HOAREAU (CGT - Chômeurs- Marseille) en garde à vue sur plainte de la direction d’ADOMA

Les rafles de syndicalistes continuent !

C’est avec stupeur et colère que nous apprenions la mise en garde à vue de notre camarade Charles Hoareau ce matin, suite à une convocation pour plainte déposée par la direction d’ADOMA.

Charles et la CGT de Marseille soutiennent la lutte des travailleurs de l’entreprise ADOMA depuis des mois.

Leur dernière action a permis d’obtenir des prudhommes des décisions de justice favorables aux salariés contre les patrons d’ADOMA.

Convoqué ce mardi matin au commissariat de Noailles à Marseille, suite à une action militante collective s’étant déroulée il y a un peu plus d’un mois, Charles Hoareau a donc finalement été placé en garde à vue ce matin.

Pourquoi? A quel motif? On l’ignore encore.

Mais c’est sans nul doute bien en relation avec son action syndicale au côté des salariés de cette entreprise privés de salaire et de travail depuis novembre dernier qu’il a droit à ce traitement de faveur.

Hélas, la police nationale voit ses attributions étendues et semble de plus en plus utilisée par le gouvernement et les potentats locaux pour intervenir dans les conflits patrons/salariés, en théorie strictement privés et relevant d’un droit spécifique, le droit du travail, et bien sûr, toujours en faveur du patronat.

On n’a pas encore vu un seul patron pourri en garde à vue et pourtant, nous, des noms de directeurs et actionnaires verreux, on en a, qui pratiquent les "montages exotiques", le "dumping social" la "délocalisation de l’intérieur", ne respectent pas les règles sur les horaires de travail, le travail le dimanche etc.

C’est la situation que décriait Pier Paolo Pasolini aux étudiants italiens il y a 40 ans, qui se retourne : les flics sont des prolos, et des enfants de prolos, certes, mais cela ne les empêche toujours pas, hélas, de faire de la sale besogne contre leurs frères exploités.

Toute notre solidarité et notre soutien à Charles Hoareau, et aux camarades de Marseille, aux salariés d’ADOMA , qui luttent côte à côte.

Un rassemblement est en cours devant le commissariat.

Photo : Charles Hoareau à son entrée ce matin (photo F. Leblanc) - source

mardi 12 mai 2009

La Ligue des Cyclopes


Et voilà, encore deux personnes (oui, DEUX) , 31 et 31 ans, qui perdent un œil au cours d'agressions policières, à Villiers le Bel samedi dernier!

Il y a avait eu il y a quelques semaines maintenant ce jeune de Toulouse atteint par un tir de flashball dans l'oeil...

Le "premier" à avoir inauguré cette triste lithanie des énucléés suite aux tirs incontrôéls de policiers hystériques, était Pierre Douillard, un jeune homme nantais, mineur dont les parents avaient d'ailleurs écrits sur de nombreux sites et blogs, fin 2007.

Bien sûr, les merdias dominants de la Tévé n'en parleront pas ou si peu, de ces deux nouveaux blessés de Villiers Le Bel- j'ai trouvé quelques informations au hasard de mes recherches Gogolesques et notamment ici.

Dans un premier temps je propose qu'on arrête de se foutre de la gueule des gens qui vivent là bas, et de débaptiser l'endroit - non, ce Villiers là, il n'est pas (ou plus?) "bel" ni "beau" - il est rendu laid et moche, parce que les jeunes s'y font tirer comme des lapins et que les passants rammassent des balles perdues dans l'indifférence nationale quasi-générale.

Ensuite, on doit songer à fonder la Ligue des Cyclopes.

Avec le nombre de jeunes (et moins jeunes) qui perdent un oeil suite à des tirs de flash ball, gomme-cogne et autres délices maréchaussesques, on se reconnaîtra bientôt "entre nous" à notre oeil unique.

Alors autant y aller à fond.

Seulement voilà, attention, c'est pas rien, les Cyclopes!

C'était les enfants de Gaïa (la terre mère) et Ouranos (Le Ciel).

Enfermés au Tartare par leur père Ouranos qui fut pris de panique devant leur force, c'est leur frère Cronos (on pourrait faire un jeu de mots séduisant avec "Chronos", le Temps, le Temps qui délivre les forces cyclopéennes et titanesques) qui les en délivra une première fois, puis les y recolla illico (pris de panique également) jsuqu'à ce que Zeus, définitivement, les en sorte et leur rende leur dignité.

Voilà les Cyclopes chez les Grecs.

Or les Grecs, on le sait, ce sont des spécialistes de l'émeute urbaine, ces derniers temps...

Alors gare aux Cyclopes, leur revanche pourrait finir par être terrible - les dieux ne meurent jamais...



PS: Evidemment, mes voeux de meilleur rétablissement à Bruno et Alexandre - je suis vraiment bien navrée pour eux.

Joffrin ou la proposition du " compromis historique"



chers camarades chers compagnons

C'est clair, l'ère qui s'ouvre à nous pourrait être celle de la mort de la politique (du Politique? ah ça non!).

Pas la peine de se le cacher.

Mais, à notre petit niveau de modestes cloportes, dans les soubresauts de l'agonie, nous avons encore la possibilité d'éviter certaines chausse -trappes et de créer les conditions d'un rebond pour les forces révolutionnaires communistes et socialistes.

Sur la question de la recomposition (fatalement à venir et déjà en cours, du paysage politique "à gauche"), le tout dans la perspective peu ragoutante d'une focalisation électoraliste sur 2012, la première chausse-trappe, énorme, c'est la suggestion récente de Joffrin et qui aurait du appeler cela carrément "le compromis historique".

Dans une tribune ( de commande?) Joffrin (qui de journaliste, devient clairement et de façon assumée, idéologue et "spin doctor" de la nouvelle go-gôche représentant le gérant "soft" capitalisme) suggère que, "pour battre Sarkozy en 2012" (comme si c'était l'objectif ultime à viser en ces temps historiques que nous traversons...), il faut faire une grande coalition (comme dirait Dray "une coalition arc-en-ciel" - on ne se demande pas où il a été cherché cela...) qui regrouperait en gros tous les "opposants à Sarkozy" et donc Bayrou, mais exclurait, naturellement, le PCF (s'il existait encore en 2012 ce qui est rien moins que certain) et le NPA.

Oui, il faut faire le compromis historique dit en somme Joffrin...."la gauche" doit incorporer Bayrou qui serait un "candidat anti-système" (ouuaaarrff).

Bien sur on n'en a rien à foutre de l'opinion de Joffrin ès qualité, on le méprise ce petit monsieur, on épluchera nos patates sur son canard si on en trouve une feuille dans nos toilettes, mais là où c'est intéressant, c'est qu'il dit (un peu trop en avance?), ce que beaucoup vont penser et nous proposer soi disant "à gauche".

C'est d'autant plus crédible (qu'ils seront nombreux à penser à cela), que même la gauche radicale tombe dans le panneau de personnaliser à mort le débat politique et de tout ramener à Sarkozy - et d'ailleurs, ça me fatigue. Ca, il fallait le faire avant (avant mai 2007 et l'élection de Sarkozy - et justement, à ce moment là, la même gauche ne voulait pas le faire!) - bref.

Mais pourtant, Sarkozy, en termes politiques, n'existe pas- ce qui existe, c'est un corps en action qui est mu par une doctrine, une classe, pour un système, avec une stratégie, des tactiques...le "sarkozysme" ça n'existe pas, soyons sérieux!

Le "monstre", ce n'est pas Sarkozy ! LE MONSTRE, il existe, C'est LE CAPITALISME - pourquoi ne pas le dire, merde? - je suis sûre et certaine qu'il y a pire (pour nous) que Sarkozy à droite, et y compris dans l'UMP, même sans aller chercher au FHaine (parti inapproprié, pour l'instant, inadapté aux buts du capitalisme libéral et mondial actuellement dominant, utile seulement comme "boute en train" - ça changera peut être quand le vieux aura laissé sa place à la Marine mais bon...)

La seconde chausse trappe consécutive à cela, c'est évidemment la réaction provoquée immédiatement par cette tribune de Joffrin, dans la "gauche du PS" (de plus en plus atone et minoritaire) représentée, notamment par Hamon, qui , pour faire pièce à cela, nous fait la proposition à peine voilée de la resucée de l'Union de la gauche socialiste...Tous ensemble, tous ensemble, yo!

Bien sur, ils réagissent vivement, au PS, car ils savent que c'est bien ce qui couve sérieusement dans la recomposition politique actuelle: c'est pour ça que Royal s'est fait péter les rotules par ses petits copains à la présidentielle - elle a dévoilé le "pot aux roses" trop tôt, à mauvais escient, pensaient (avec raison) ses détracteurs.

Et en effet il faudra bien 3 ou 4 ans de soi disant "sarkozysme" aux militants et électeurs "de gôôôôche" pour ENFIN devenir "raisonnables" et accepter, avaler, l'idée que "contre le monstre Sarkozy " il faut unir la carpe et le lapin, la soi disant gauche socialiste et le Modem CAPITALISTE, de droite (for ever..).

Petite politique politicienne qui finira bien par punir tout le monde, eux, les politocrates, les partitocrates les premiers, et sèchement encore, mais en attendant , qui nous punit, nous , le peuple-classe. Hélas.

Comme toujours, moi, je pense que notre voie à nous, prolétaires, et à nos alliés, ce n 'est ni celle du "compromis historique" ("Jésus-Marie-Joseph, Dieu nous en garde" - ah ah ah je plaisante), ni celle de l'Union de la gauche (morte et enterrée, cela, par contre c'est vrai) - mais la constitution d'un coeur battant communiste, un rassemblement de la gauche communiste et révolutionnaire, autour d'un projet politique où les réflexions des anarchistes, trop longtemps ignorées, méprisées, ridiculisées, doivent avoir leur place, enfin, comme paroles crédibles, comme interventions politiques valables, comme interlocuteurs sérieux, pour les marxistes du 21ème siècle.

jeudi 30 avril 2009

Les révolutions comme "rêve indestructible", "joie pure" et " fête"


Chers camarades et amis

Pour celle et ceux qui ne sauraient pas quoi lire ce week end, je vous recommande vivement l’édition du Monde Diplomatique de ce mois de mai 2009 qui comporte un dossier de plusieurs pages dont ,entre autre, un MAGNIFIQUE édito de serge Halimi, "Éloge des révolutions" , sur la ou les révolution(s).

Révolution - qui nait du "rêve indestructible d’un monde meilleur"...

Merci à l’équipe du Monde Diplo de nous offrir ce numéro.

Cela m’a émue, en fait - il y a encore des intellectuels et des scientifiques qui croient en la révolution et ne nous prennent pas pour des fous furieux assoiffés de sang mais pour des rêveurs actifs , des intellectuels qui manifestent encore, une part d’humanité dont on peut se sentir proche et mettent leurs savoirs sur les bonnes voies...

Je relève deux citations faites dans ce numéro, citations que j’ai trouvées très belles

"Il s’agit après avoir toujours plié, tout subi, tout encaissé en silence pendant des mois et des années, d’oser enfin se redresser et se tenir debout.(...) Indépendamment des revendications, cette grève [1936] est en elle-même une joie. Une joie pure. Une joie sans mélange. Oui, une joie. (...)Pour la première fois et pour toujours, il flottera autour de ces lourdes machines d’autres souvenirs que le silence la contrainte, la soumission."

Simone Weil - La condition ouvrière 1951

" La révolution n’est ni tristesse ni amertume. Elle est au contraire enthousiasme et fierté de tout un peuple qui se prend en charge et découvre ainsi sa dignité. Et c’est pourquoi je vous invite à la fête ; la fête qui est la conclusion logique du travail bien fait et le départ pour de nouveaux combats exigeants et pleines de promesses."

Thomas Sankara - Discours du 2 octobre 1987


BON PREMIER MAI A TOUTES ET TOUS QUOI QUE VOUS AYEZ DÉCIDÉ DE FAIRE

NE CÉDONS PAS AUX PROVOCATIONS POLICIÈRES NI AUX INCITATIONS DES INFILTRES DE LA POLICE DANS NOS RANGS, ET AUTANT QUE POSSIBLE, PROTÉGEONS ET ENCADRONS LES JEUNES, QUE LES NON-MILITANTS RESTENT DANS LES PAS DES SYNDICATS

AU CAS Où, A NOUVEAU, SERAIT TENDU UN "PIÈGE D’ÉTAT" A LA FIN DE LA MANIFESTATION, GARDEZ LA TÊTE FROIDE ET SOYEZ SOLIDAIRES LE CAS ÉCHÉANT, FILMEZ LES VIOLENCES POLICIÈRES.

IL NE SERVIRAIT A RIEN D’ALLER A QUELQUES-UNS, INORGANISÉS, LES MAINS NUES, AFFRONTER LES "FORCES DU DÉSORDRE", SINON A NOUS DIVISER ENCORE, PERDRE DES FORCES MILITANTES, ET A AUGMENTER LA RÉPRESSION QUI FRAPPE DÉJÀ DUREMENT LE MOUVEMENT SOCIAL.

CAR VOUS SAVEZ CE QUE LES MÉDIAS DIRONT. VOUS SAVEZ CE QUE LA POLICE DIRA.

N’OFFRONS PAS AUX NÉO-FACHOS QUI NOUS GOUVERNENT LA JOIE ET LE PLAISIR DE NOUS FOUTRE AU TROU POUR DE FAUX PRÉTEXTES !

CES ÉTINCELLES DE RÉVOLTES NE DONNERONT PAS D’INCENDIE SI ELLES NE RENCONTRENT PAS LA PUISSANCE D’UN DÉSIR POPULAIRE, ENRACINE DANS LA LUTTE DE CLASSE, DE CHANGER L’ORDRE DES CHOSES.

BIENTÔT, VU COMMENT CELA CONTINUE, NOUS SERONS DES MILLIERS, DES DIZAINES DE MILLIERS, DE PLUS EN PLUS NOMBREUX , A FAIRE SOUFFLER LE VENT DE LA RÉVOLTE EN DEHORS DES CADRES RIQUIQUI QU’ON VEUT NOUS IMPOSER A GAUCHE COMME A DROITE.

ET NOUS IRONS ALORS, TOUS ENSEMBLE, NON A L’ÉLYSÉE, Où CRÈCHE UN PANTIN SOLITAIRE, MAIS A L’ASSEMBLÉE, DANS LA MAISON DU PEUPLE, DEMANDER A NOS MANDATAIRES DE NOUS RENDRE CE QU’ILS NOUS VOLENT CHAQUE JOUR : LA LIBERTÉ, NOS VIES, LA JOIE DE VIVRE.

MAIS CELA , CELA S’ORGANISE, SE CONSTRUIT, ET DEMANDE UN PEU DE PATIENCE QUI EST, COMME CHACUN SAIT, UNE VERTU RÉVOLUTIONNAIRE ;)

AU-DELÀ DE LA RÉVOLTE, IL FAUDRA LA RÉVOLUTION - NOUS JETTERONS LE VIEUX MONDE CUL PAR-DESSUS TÊTE ET NOUS CONSTRUIRONS LE MONDE NOUVEAU

BIEN FRATERNELLEMENT

LL

Ps : Si jamais par hasard vous étiez pris (pour Paris en tout cas) dans les mêmes circonstances que le 19 mars dernier contactez le comité de soutien du 19 mars, qui vous mettra en contact avec les professionnels du réseau d’entraide judiciaire.

Signez l’appel de soutien aux 49 inculpés de la place de la Nation le 19 mars


Soutien aux 49 inculpés de la manifestation du 19 mars

Appel unitaire - signez l'appel ici

Suite à la manifestation interprofessionnelle parisienne du 19 mars ayant réunie 350 000 personnes et dont la dispersion était prévue place de la Nation et alors que plusieurs milliers de manifestants étaient encore sur la place, la police a procédé a des charges de dispersion alors que l’énorme manifestation se terminait tranquillement.

Un dispositif policier impressionnant était en place et les accès au métro comme à la place étaient condamnés : en fait tout cela ressemblait à la mise en place préméditée d’une véritable souricière. Les jeunes restés sur la place à écouter de la musique se sont fait gazer et charger. En moins d’une heure, 300 personnes étaient arrêtées et 49 sont passées de la simple interpellation à la mise en examen : tout semblait organisé pour accélérer les procédures "judiciaires".

Aux arrestations musclées s’ajoutent les violences contre des dizaines de jeunes manifestants sur la place et aux abords du lieu de dispersion.

Du jamais vu !

Nous ne pouvons accepter que des manifestants exerçant un droit légitime soient ainsi réprimés, menacés et risquent d’être condamnés pour avoir publiquement exprimé leur opinion comme près de 3,5 millions de personnes partout en France le même jour. De plus, le contrôle judiciaire particulièrement rigoureux comporte, en plus d’une obligation de pointer au TGI, une interdiction de participer à une quelconque manifestation.

Compte tenu de l’ampleur sans précédent de ces événements, nous, citoyennes et citoyens, organisations politiques, syndicales et associatives souhaitons rappeler notre engagement en faveur de la défense des libertés individuelles fondamentales, dont celle de manifester.

Les personnes poursuivies seront jugées les 06 avril et 04, 05, 09 et 22 mai pour violence avec arme par destination à l’encontre de personne dépositaire de l’ordre public, outrage, rébellion…

Nous appelons à venir soutenir les 49 inculpés du 19 mars en nous rassemblant dès le premier procès, le lundi 6 avril, à 9h00 et les suivants, place St Michel , à deux pas du TGI.

Premiers signataires :

AC ! - Agir ensemble contre le chômage, Attac Campus, CGT Métro-Rer, CNT-FTE, Collectif Bellaciao, Conscience Sud, Fédération Anarchiste (FA), Fédération Sud Education, Fédération Sud Etudiant, Fédération syndicale étudiante (FSE), Fédération syndicale unitaire (FSU), Fondation Copernic, Marches européennes contre le chômage, Marxistes Unitaires, Mouvement des quartiers pour la justice sociale (MQJS), Mouvement des jeunes communistes français (MJCF), Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Parti communiste français-fédération de Paris (PCF 75), Pôle de Renaissance Communiste en France ( PRCF), Union syndicale Solidaires, Respaix Génération Conscience, Réveil des Consciences, Sud Lycéen, Union départementale CGT Paris (CGT 75), Fédération CGT des sociétés d’études

lundi 27 avril 2009

Quelques idées et propositions pour un projet politique d'émancipation populaire.



Images tirées d'un chouette blog http://etlecocatualoeillet.blogspot.com/
un blog engagé d'une femme métisse qui n'a pas sa langue dans sa poche ni son cerveau dans ses chaussettes :)
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Excusez moi camarades, compagnons, et amis, ce sera un peu long, mais le sujet ne pouvait pas être défloré en 3 pages...Bon courage et merci à celles et ceux qui voudront bien me lire.

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Quelques idées et propositions pour un projet politique d'émancipation populaire (sans prétention aucune).


I. Le constat d'un énorme ras-le-bol populaire qui grossit, après des décennies de soumission volontaire au capitalisme politique et économique.

Le temps de l'esclavage moderne n'a que trop duré.

Je ne vais pas faire un exposé sur le capitalisme, le néolibéralisme, des tas de gens bien plus compétents et doués que moi, le font, et très bien (lire le dernier ouvrage d'Ignacio Ramonet par exemple).

Dans le monde entier. Et puis, je ne suis pas une économiste.

Bien sûr, ce capitalisme, c'est un système économique. Mais pas seulement.

C'est aussi un système politique, en tant que la politique est une réalité, qui s'appelle "vivre ensemble".

Je rappellerai donc simplement, pour commencer, une évidence fondatrice de ce système, une évidence qui me semble parlante:

économiquement, et politiquement, le capitalisme, c'est le système dans lequel et par lequel la minorité opprime la majorité, où le plus petit nombre s'approprie la quasi-totalité des richesses (matérielles, culturelles...) produites par le plus grand nombre, et ceux qui sont les plus nombreux ne sont pas ceux qui ont les "pouvoirs".

C'est un système pervers, dominateur et infantilisant par excellence.

Mais c'est vrai que, quand "tout va bien", (ou disons, quand les inconvénients du capitalisme sont encore supportables par le plus grand nombre), c'est un système très "pratique" d'un point de vue notamment politique.

Ce n'est pas par hasard qu'il a été maintenu jusqu'à présent - c'est qu'il offrait quand même à notre nature humaine, jamais avare de facilités, plus d'avantages que d'inconvénients, à court terme.

Du point de vue politique, ce système nous maintient dans une espèce de tutelle, et nous permet, la plupart du temps, de rester comme de "gros bébés", dans une espèce d'indolence molle, d'apathie, de déléguer la direction de nos vies, de subir même parfois, plutôt que de prendre notre destin en mains.

Même, oui, lorsque nous sommes militants de partis ou de syndicats.

Car nous transposons alors sur l'appareil (dont le fonctionnement est en général calqué sur le modèle de la démocratie bourgeoise) auquel nous croyons appartenir, notre désir presque spontané de délégation.

Oui, c'est laid, ce que je dis (ou plutôt c'est la réalité que je rapporte qui n'est pas très jolie), mais c'est vieux comme La Boétie et "la servitude volontaire".

Essayer d'être "maître" de soi (ce n'est pas l'expression que je voudrais employer mais les termes exacts m'échappent), de son temps, de ses goûts.... est relativement fatigant, exigeant, surtout dans une société comme la notre, où rien n'est fait pour rendre cela possible.

Mais si on acceptait d'abord d'être "maître de soi", peut être qu'on ne pourrait plus supporter que d'autres essaient de devenir nos maîtres?

Et probablement qu'on n'aurait plus ensuite de désir de devenir "maître d'Autrui", surtout si l'Autre devient notre semblable, notre égal?

Bien sûr "maître de soi" ça ne signifie ni être individualiste, ni nier la classe, ni refuser le collectif.

Au contraire, et peut être même que, plus on atteint un degré d'indépendance, disons,d'autonomie, et de respect de soi élevé, plus on est capable de travailler, de réfléchir et de construire pleinement ensemble. Collectivement.

Au risque de choquer, j'irais même plus loin dans l'autocritique:

- même lorsque nous n'avons pas voté Sarkozy (ou Chirac ou disons, lorsque nous avons toujours voté "à gauche"), même lorsque que nous avons fait, de bonne foi, ce que nous croyions juste, nous sommes en grande partie responsables de ce que nous avons aujourd'hui, dans la mesure où nous avons trop longtemps accepté un système, économique et politique, complètement fou et "pipé" à la base.

En effet, c'est totalement déraisonnable de notre part d'accepter, dès l'origine, de laisser les règles du jeu être définies par des gens qui, fondamentalement, n'ont pas les mêmes intérêts que les nôtres, voire, ont carrément des intérêts opposés.

Si un de nos amis laissait son argent à gérer à un escroc notoire comme Bernard Madoff par exemple, on lui dirait qu'il est complètement fou, non?

Bien sûr, il y a des situations, des moments de l'histoire, où ce type de compromis est envisageable, peut être même nécessaire, des moments où cela fonctionne plus ou moins bien; c'est ce que l'on a appelé la social-démocratie ( et le mouvement révolutionnaire pour le communisme est d'ailleurs né de la contestation de l'hégémonie de cette alternative pour la classe ouvrière).

Et puis il y a des moments de l'histoire où tout se précipite, et l'on voit bien que là, il va falloir "faire autre chose" (et pas seulement "la même chose autrement").

Des moments, comme celui que nous vivons actuellement, où l'on voit bien que c'est complètement schizophrène de penser que des gens qui ont des intérêts autres que les nôtres, vont agir vraiment "pour notre bien".

Naturellement, ils ne le feront que s'ils y trouvent leur intérêt!

Et parfois, comme en ce moment, donc, leurs intérêts sont, au contraire, de foutre un violent bordel dans tel ou tel endroit du monde, de saccager, de dévaster, de violer le corps social. Leurs intérêts sont de nous mentir, de nous trahir, de nous raconter n'importe quoi...De fermer des usines rentables et profitables, de mettre des centaines de milliers de braves travailleurs à la rue, sans se soucier de ce qu'il adviendra de nous.

C'est ce que tous ces exploiteurs appellent aujourd'hui "démocratie" (qui n'a vraiment plus rien à voir avec "le pouvoir du peuple par le peuple pour le peuple"...), ce lien tellement distendu entre la population réelle et les "représentants" constitués en une sorte de caste, caste dont les intérêts se recoupent, consciemment ou pas, avec ceux des propriétaires des capitaux.


II. Le sacrifice de la Liberté des travailleurs doit prendre fin

Ce que nous avons sacrifié, en somme, au confort de ne pas avoir nous mêmes à nous impliquer davantage, à agir davantage, ce que nous avons sacrifié, c'est la liberté. Notre Liberté. Il faut dire qu'on nous a bien aidés à le faire, ce sacrifice....

(Là, normalement, c'est bon, avant de m'accuser de populisme, on va me dire que "la liberté, c'est petit bourgeois").

Et bien si défendre la liberté, comme un bien premier de l'homme au même titre que l'eau et le pain ou le repos justement, c'est le signe assuré qu'on est "petit-bourgeois", pas de souci, je revendique sans aucune honte que la liberté, celle de pouvoir vivre décemment pour faire de vrais choix, d'abord, et aussi, donc, celle de s'exprimer, celle de donner son avis et de le faire respecter, celle d'agir ( c'est-à -dire aussi d'avoir les moyens d'agir), celle de se réunir, celle de se défendre contre l'oppression d'une majorité par une minorité, c'est le bien le plus précieux de l'homme, et notamment du travailleur.

Mais avant de me dire que ça n'a pas d'importance, cette liberté, j'attends que les mêmes nous rendent possible alors, de dire à nos patrons ce que nous pensons de leur gestion sans se prendre un référé ou un courrier en recommandé dans les dents, par exemple.

Non, cette liberté d'expression, nous ne l'avons même pas dans la plupart des entreprises, des lieux de travail.

A peine avons nous, dans les PME privées, le droit EFFECTIF de nous syndiquer! Oh, sur le papier "tout est possible" mais dans la réalité les salariés du privé (et notamment des PME ou TPE, dont je fais partie) savent bien que c'est un vrai combat, un combat qui peut coûter très cher.

Alors, pardon, mais je crois que ce n'est pas du tout "petit bourgeois", la défense, la revendication de "la liberté".

Tiens, aurions nous le droit de nous armer et de nous rassembler pour résister à l'agression armée du pouvoir capitaliste et protéger les nôtres? Non, bien sûr, nous n'avons pas le droit. Et pourtant, si le peuple-classe était agressé physiquement, militairement, alors qu'il tente de défendre sa vie, le fait de pouvoir répliquer, ne serait-ce pas une liberté?

La liberté, oui, c'est fondamental, tout dépend toujours à quoi on l'utilise, sur quoi on la fonde, vers quoi elle est tournée.

Est-ce la liberté individuelle de faire n'importe quoi, la liberté de l'égoïsme, la liberté sans principe, sans valeurs, et qui sert de masque aux pouvoirs fascistes?

Non, bien sûr, notre liberté n'est pas celle-là, parce que nous voulons "à chacun selon ses besoins" sans distinction de race, de nationalité.

Parce que nous, nous avons en tête de rendre possible enfin une véritable démocratie, une démocratie réelle où la majorité de la population (majorité du point de vue social, c'est-à-dire, une majorité établie sur la fonction occupée réellement dans la société) peut enfin décider et participer activement à la détermination de son destin.

Et puis attention, notre liberté à nous, communistes, ce n'est pas celle des grands penseurs bourgeois. Nous, on sait que la liberté, si c'est seulement une idée, ça n'a aucun sens - ou ça peut les avoir tous! - il faut encore avoir les moyens de la liberté. Et là, on est loin du compte!

La conquête de notre liberté réelle, ça a toujours été mon point de vue, ma motivation, depuis le début de mon engagement en politique, ensuite, auprès des communistes du PCF, et je n'ai toujours pas changé d'avis depuis le jour où (pardon pour l'auto-citation, mais il faut parfois démontrer sa constance dans une quête), j'ai dit que:

" (...) parler de politique, c’est parler de créer. Créer les conditions qui permettent une liberté de pensée réelle. Cette liberté de penser, elle nous est aujourd’hui fortement contestée.
Il est question, dans cette élection, cruciale, ni plus ni moins que de choisir ce que vous voulez, pour vous, et pour ceux que vous aimez et que vous voulez protéger. Voilà la question aujourd’hui : la Liberté ou l’aliénation ? L’Homme libre ou l’esclave ?
La liberté, notre liberté, est en danger. Les conditions économiques et sociales parfois dramatiques dans lesquelles vivent aujourd’hui trop de nos concitoyens, des conditions qui nous font vivre au rabais, des conditions qui nous font survivre pour certains, ne favorisent pas la liberté. Car, comment être libre lorsque la fin du mois commence le 15 ? Comment être libre lorsqu’on ne peut pas espérer faire des études satisfaisantes ? Comment être libre lorsque l’on a peur, en permanence, de perdre son emploi ?(...)"
.

Liberté de penser: c'est difficile à mettre en œuvre car être vraiment libre de penser implique, à mon avis, de penser juste, et pour penser "juste", au moins, essayer de penser un peu plus juste, il faut un peu de temps pour se former, pour apprendre, pour débattre ensemble...

Liberté de penser (et cela n'est pas gagné, car il faut déjà pour cela contester et éradiquer la propagande bourgeoise et ses véhicules), liberté de mettre en œuvre les moyens, tous les moyens, pacifiques, si possible, de revendiquer, de développer, de réaliser tout ce que cette première liberté, de penser, aura fait jaillir dans nos têtes et dans nos vies.

Liberté de penser, pour avoir la liberté d'expérimenter, liberté de penser pour avoir la liberté de faire autre chose, de vivre autrement.

Plus que jamais, pour agir sur nos conditions de vie matérielles, sur l'économie , nous devons prendre le contrôle de tous les leviers politiques. Ce qui ne signifie pas continuer d'alimenter le système politique qui nous nuit en prétendant qu'on pourrait le "changer de l'intérieur".

Oui, je pense que la conquête de sa liberté, ce que d'autres bien avant moi ont appelé "émancipation", c'est plus que jamais notre combat à toutes et à tous.

Et si on gagnait ce combat, nos camarades, nos frères en lutte, ne se retrouveraient pas en ce moment à la rue, au tribunal, que sais je!

Non, parce que dans cette démarche d'autonomie, la liberté, évidemment, prend le pas sur cette saleté de propriété privée des moyens de production, l'occupation du lieu de travail pour défendre son gagne-pain devient une véritable liberté c'est à dire qu'elle ne rencontre pas d'obstacle!

Nos enfants, leurs enseignants, ne seraient pas inculpés pour avoir manifesté leur désir, salutaire, légitime, d'un autre monde!

Donc, ce que nous devons revendiquer premièrement, la bannière sous la quelle je pense, nous pourrions toutes et tous, gens "de gauche", nous unir, c'est la défense, l'augmentation, de la liberté.

Liberté de critiquer le discours et les actes de ce gouvernement et de son opposition fantoche. Ça veut dire, liberté d'avoir les bons chiffres, les bonnes analyses, ça veut dire liberté de l'information, et liberté de l'expression.

Est-ce le cas aujourd'hui? Non. Pas pour la majorité d'entre nous. Mais il faut construire la possibilité de le faire.


III. Les rapports entre le peuple, les représentants politiques actuels et le système

La Liberté en question, c'est aussi celle de nous déjuger, ensuite, c'est à dire, la liberté de démissionner un pouvoir élu par nous, nous le peuple-classe, la liberté de le sanctionner devant toutes ces erreurs manifestes.

Et je ne vise pas que Sarkozy.

Je vise bien sur l'ensemble de la droite, mais en ce qui nous concerne, "notre gauche". Elle n'est pas satisfaisante. Elle est nulle, aux trois quarts.

Non seulement, il ne faut pas faire ce cadeau à Sarkozy, de croire qu'il serait responsable de tout, mais on ne peut pas se mentir, dans une telle période, en disant qu'il suffirait de changer Sarkozy (pour quoi, d'ailleurs? Pour un Le Pen? On prévoit un FN à 8 % aux Européennes mes amis!); et puis, si on en reste à des questions de personnes ou de partis, on n'approchera pas de ce qu'on doit réellement changer, c'est-à-dire, le système.

Mais ensuite, je crois que nos impôts servent quand même à payer (très largement) des gens qu'on appelle députés et sénateurs, des gens qui sont supposés être seulement nos mandataires, et qui, contrairement à ce qu'ils veulent nous faire croire, ont encore de nombreux pouvoirs en France; on ne doit plus leur laisser croire qu'on les protège, "parce que ce serait eux", parce que ce serait "notre parti", alors qu'ils font des boulettes, et se contentent de dire ensuite "Ah on ne peut rien faire, vous savez, nous sommes minoritaires! Mais votez pour nous et ça ira mieux".

Le clientélisme c'est ça: " J'agirai pour toi, toi en tant que représentant d'une classe, non pas si c'est juste du point de vue de ce que je dois défendre et combattre, mais si tu as pris ta carte, si tu as mis ton obole dans le tronc, et puis j'agirai que si je ne suis majoritaire parce que tu sais, sinon, je ne peux rien faire...."

La guerre des classes que nous menons, que nous portons, que nous subissons, dans nos entreprises, dans nos lieux de travail, au sein des universités, des labos, dans les associations, elle doit entrer à l'Assemblée. Cela, nous devons l'exiger de nos représentants soi disant populaires.

Il est temps que, au moins, les vrais démocrates, les vrais partisans de la classe ouvrière, cessent de s'acoquiner avec ceux qui, PS ou UMP ou Modem, sont toujours les premiers à nous trahir, nous les travailleurs, nous les exclus, les précaires, les étudiants, les jeunes..., finalement!

Il faut qu'ils fassent, en quelque sorte du "syndicalisme parlementaire de classe"!

Depuis quand être minoritaire empêche-t-il d'agir? Est-ce que un syndicaliste doit attendre d'avoir 99 % de ses collègues syndiqués à l'organisation qu'il représente, pour commencer à agir sur son lieu de travail? A ce tarif-là, il n'y aurait pas eu beaucoup de conquêtes sociales!

Pourquoi devrions-nous porter la contradiction aussi au cœur des assemblées (parlement, conseils régionaux, conseils généraux, municipalité?) et bien parce que, profondément, et même dévoyé à l'extrême comme il l'est sous la 5ème république version sarkozyste, le système représentatif de la démocratie bourgeoise est parlementaire, dans le sens où son fondement radical est au Parlement et dans les assemblées législatives locales.

Bien sûr, la plupart de nos gentils députés et sénateurs essaient de nous faire croire le contraire, et Sarkozy les a bien aidés avec sa réforme bidon.

Mais les lois, il faut bien quelqu'un pour les voter quand même? Ok, on peut faire des décrets mais les décrets ça s'attaque. (On peut aussi aller manifester devant le Conseil d'Etat quand il préfère appliquer la justice bourgeoise à la justice populaire!)

Alors ces gens , de droite et même de gauche, qui sont, au fond, d'accord avec Sarkozy,et surtout, avec les intérêts de classe que défend Sarkozy, mais qui dépendent, eux, strictement de cette "caste" à de rares exceptions, il faudrait leur demander de choisir leur camp ou de partir.

Se soumettre ou se démettre.

Et s'ils ne veulent pas partir , il faudra les virer.

Parce que MM Dassault, Mancel, Patria, Degauchy, Gonnot et j'en passe, par exemple, ce sont bien des députés UMP de l'Oise non?

Alors peut être que face aux ouvriers de Continental excédés, ils font peut être les beaux sur "leurs terres", mais une fois rentrés à l'Assemblée Nationale dans leur groupe, ils font quoi? Rien. Ou plutôt si, ils cautionnent les politiques capitalistes, profondément liberticides et antisociales de leurs amis Fillon, Sarkozy, Devedjian etc.

Et les petits députés félons comme Manuel Valls (PS) qui n'est même pas de l'Oise mais de l'Essonne (et qui va finir par se déchirer la langue à force de lécher le cul de l'UMP) et qui n'a pas eu de mots assez durs pour appuyer la criminalisation du mouvement social, on ne pourrait pas aller leur dire deux mots aussi à ces braves "représentants du peuple"?

Allez, cela suffit de nous prendre pour des jambons!

Y'a bien un moment où c'est sur les actes qu'on juge les gens et plus sur les paroles, non?

Ce que nous devrions en conséquence aussi revendiquer (revendiquer en actes) comme liberté, c'est donc bien aussi le droit d'aller manifester pacifiquement devant l'Assemblée Nationale sans nous faire gazer, sans nous faire matraquer, sans nous faire enfermer. Sans tomber dans des pièges policiers énormes.

Nous sommes en démocratie parait-il?

Alors, si nous nous réunissons devant le Palais Bourbon pour dire à tous ces députés, sans lesquels Sarkozy ne serait qu'un chef sans armée, à ce jour, "protégez-nous, défendez-nous, ou partez", on ne devrait pas nous faire de mal.

Si nous nous asseyons pour le premier long "sit in" de notre histoire, en disant à tous ces représentants félons :

"Nous resterons assis là, ensemble, face à vous, tant que vous ne remettrez pas vos mandats, parce que nous rêvons d'un autre monde".

"QUE SE VAYAN TODOS"!

De votre loi Hadopi, de vos lois anti-étrangers, de vos lois anti-savoir, de vos lois faites par les riches pour les riches, on n'en veut plus, on n'en veut pas!

Oui, nous, le peuple-classe, le peuple du travail et ses alliés, nous voulons que vous partiez, que vous quittiez ces lieux.


Je vais vous dire, camarades, si nous faisons cela, à la rigueur, Sarkozy peut même ensuite rester dans son Palais!

Le pouvoir de décider vraiment de nos vies, alors, n'est plus chez lui mais chez nous, dès lors que nous aurons décidé de reprendre ce qui nous appartient.


IV. Nos luttes dans les lieux de travail et dans la rue doivent être accompagnées par une lutte pour construire et imposer un nouveau projet politique

Tout ce qui nous appartient. De nos usines jusqu'à nos assemblées. Il faut TOUT reprendre.

"Tout est à nous, rien n'est à eux, tout ce qu'ils ont 'nous l'ont volé."

Vous me direz, "c'est bien gentil ton grand délire", mais cela ne sauvera pas les ouvriers de Conti, de Caterpillar, de Goodyear, cela ne sauvera pas les pêcheurs, cela ne sauvera pas les étudiants, les chercheurs...tous les salariés qui se font virer, cela ne donnera pas un toit à tous les sans logement ni à manger à ceux qui crèvent de faim...

C'est peut être une erreur, camarades, de penser comme cela! Peut être que si, justement, c'est cela qu'il faut faire.

Car ce que nous ferons dans la foulée de toutes nos luttes de terrain, de nos luttes méthodiques, de la grève générale que nous devons préparer, envers et contre tout, c'est abolir la constitution de 1958, clore le cycle ouvert en 1789 de domination politique bourgeoise.

Ce que nous ferons dans la foulée, c'est une assemblée constituante pour fonder la démocratie populaire.

On va la faire naître, la constitution de l'An I, enfin!

Il ne s'agit pas de faire passer la lutte strictement politique avant la lutte des travailleurs, avant les engagements de terrain, je ne suis pas en train de proposer que tout se règle au-dessus de nos têtes, dans des assemblées d'élus, sans combattre, non, mais que la lutte politique se fasse ENFIN l'écho, la traduction de nos batailles de terrain, et que ces batailles dans nos lieux de travail nourrissent nos propositions politiques.

Qu'à la fois, cette lutte politique vise à appuyer et à développer les luttes sur les lieux de production, contre les pouvoirs des capitalistes. Qu'elle ait ce même visage de contestation radicale, qu'elle soit nourrie par ce même désir de changer l'ordre des choses que les luttes de classe sur les lieux de travail. Qu'elle fasse des propositions de réformes, oui, mais de réformes révolutionnaires.

C'est là la grande leçon d'un LKP, mouvement qu'on ne peut certes pas copier-coller à la métropole, mais qu'il faut analyser, étendre, modifier, adapter à nos spécificités, la leçon de son travail de terrain, de sa diversité, c'est une force parce qu'il unit des revendications à la fois politiques et sociales puissantes. Sans compromis. Sans calculs bureaucrates. Dans une perspective révolutionnaire.

Ce que nous nous donnerons comme règles, ce seront les principes qui seuls peuvent fonder une démocratie nouvelle, réelle, une démocratie qui en effet, remette le pouvoir de nos vies entre nos mains, et pas entre celles de nos pires ennemis.

Je ne vois pas pourquoi nous laisserions les néolibéraux essuyer leurs semelles sanglantes de capitalistes sur ce magnifique drapeau de la Liberté sans tenter de le reprendre et de le hisser sur nos têtes!

Moi non plus je n'aime pas le pouvoir (il est maudit, disent souvent nos camarades anarchistes et ils n'ont pas complètement tort), mais force est de constater que si nous ne prenons pas le pouvoir, nous n'aurons pas cette liberté. Quand une personne veut se battre contre nous, quelle solution adopter? Le renoncement? L'appel à la paix? Non bien sûr, car quand on veut "notre peau", on se doit de répliquer en proportion.

Nous "donnera"-t-on ce pouvoir par les élections dans le cadre actuel?

Certainement pas (sinon, comme disait Coluche, il y a longtemps qu'elles auraient été interdites) et a fortiori, certainement pas les européennes.

Alors, oui, il faut savoir, il est temps de savoir ce que l'on veut.

Malheureusement c'est la règle de la vie qui est ainsi, pour l'instant, "ce qui nous est cher nous coûte cher". Ce que nous voudrions vraiment ne peut pas nous être donné mais doit être pris à ceux qui ne veulent pas nous le donner.

Les exploités, tous ceux qui luttent contre le système capitaliste, contre les néo-libéraux au pouvoir, sont criminalisés quand ils se révoltent, le système de gouvernement actuel ne nous permet pas par ailleurs de participer aux processus de décisions qui affectent nos vies directement.

En revanche, les patrons voyous sont protégés, ils ont pour eux la loi, la justice, la force autorisée!

On ne peut pas occuper une usine comme on veut, mais le patron a pour lui le tribunal et la police pour nous en déloger!

Alors que la colère des salariés exploités, trompés et abandonnés, s'exprime de plus en plus fortement partout dans le monde, alors que les générations futures que l'on veut priver de culture et de savoirs, se rebellent, y compris en France, on voit de plus en plus nettement une guerre des classes qui se dessine.

La guerre de ceux qui possèdent contre ceux qui sont possédés ( au double sens du terme, c'est à dire, dont la force de travail est exploitée par un tiers, et qui sont trompés et abusés).

On la voit de plus en plus nettement, cette guerre des classes, que les relais traditionnels de médiation des colères et des revendications ouvrières, estudiantines, populaires comme les syndicats ou les partis dits "de gauche", s'affaiblissent, faute d'adhérents, faute de votants, victimes de leurs tergiversations politiques, victimes de leurs positions datées de consensualisme, de non-violence à tout prix, de morale petit-bourgeois, victimes, pour tout dire, de la proposition social-démocrate qui les traversait toutes et tous plus ou moins fortement, et qui prétendait "réguler le marché " et "humaniser le capitalisme".

Face à l'effondrement de la social-démocratie, effondrement intellectuel, effondrement pratique aussi, puisque cette solution a été défaite par le néolibéralisme, face à la défaite de ces barrières naturelles à la colère de la classe ouvrière, les antagonismes de classe apparaissent de plus en plus nettement.

Les "pompiers sociaux" traditionnels sont désormais trop affaiblis, trop peu crédibles pour être encore d'une quelconque utilité au maintien d'une paix sociale relative.

Ils freinent encore tant qu'ils peuvent empêcher de construire la grève générale qui sera une arme de poids dans notre combat d'émancipation, mais bientôt, même cela ils ne pourront plus le freiner! Et c'est tant mieux. Car ce qui nous attend à partir du second semestre 2009, ce que la crise du capitalisme va nous amener, est apocalyptique ou presque, et personne ne pourra pas contraindre les peuples à se faire tondre sans qu'ils réagissent!

Et c'est là que nous devrons avoir des propositions politiques à faire. C'est pour ça que depuis des mois, des années, nous sommes nombreux à passer à une "vitesse supérieure" pour construire ce projet politique.

A l'heure où les sondages pullulent, pas un seul n'a encore été commandé pour savoir ce que pensent les Français de l'action des syndicats et des partis dits ou qu'on appelle de gauche. C'est étrange non?

Les habitants de ce pays sont ils satisfaits de ces acteurs traditionnels de leur vie sociale? Attendent-ils plus? Autrement? Les trouvent-ils suffisamment représentatifs de leurs colères de leurs attentes? Pensent-ils que leur salut viendra de ces organisations?

On ne sait pas. Ça doit bien en arranger certains qu'on ne sache pas.

Le niveau de "conscience de classe" des habitants de la France est-il modifié par les nombreuses déconvenues que subissent leurs croyances anciennes sur la "démocratie"? Sur "la valeur travail"? Sur "la société de consommation"? Des leçons sont-elles tirées au moins de ce que nous vivons là?

Et surtout, sent-on le renouveau d'une aspiration à ce qui serait un socialisme, un communisme?

Ce n'est pas certain.

Pour le moment.

Mais on sent monter à la fois une "haine du patron", de plus en plus fortement, qui se traduit de plus en plus par une critique du système capitaliste, (pas seulement du néolibéralisme) et un désir collectif de changement. Indéniablement.

Mais attention!

L'expression de ce désir, de ce changement, pourrait être fort différente de ce que nous, socialistes et communistes, espérons.

Nous sommes de plus en plus nombreux à penser (et pas des plus "gauchistes" cela va d'élus du PCF à Villepin, ou Royal, en passant par des intellectuels comme E. Todd qui parle, lui, d'une révolution fasciste), qu'une situation pré-révolutionnaire est bel et bien en train de se créer.

Tout péter sous un coup de sang, suite à une décision d'un tribunal, si je le comprends plus que bien, ce n'est cependant pas encore s'organiser, méthodiquement, pour démolir minutieusement les symboles d'un pouvoir qui trahit tout ce qu'il approche, puis, le pouvoir lui-même.

Ce n'est pas encore se préparer comme se prépare une armée en guerre.

Alors, changer, oui - ne serait-ce que parce que nous, les peuples, nous le voulons de plus en plus (et ce n'est pas les partis qui ont raison - trop souvent contre les peuples- mais la réalité).

Mais ce changement, il ne faut pas perdre de vue que, compte tenu des nombreuses faiblesses actuelles de la gauche institutionnelle et des syndicats, en tant que force de proposition d'un nouveau projet politique, il pourrait très bien trouver comme aboutissement, en France et en Europe, la fascisation complète du paysage politique.

Mirage ou réalité, je ne sais pas, mais le dernier sondage de Paris Match sur la personnalité politique préférée des Français est assez angoissant, de mon point de vue: il paraît que cette personnalité, c'est Jacques Chirac.

Autant dire que si, réellement, la majorité d'entre nous pense cela aujourd'hui, la révolution si elle a lieu, sera bien plus sûrement une révolution néo-fasciste qu'une révolution socialiste.

Et cela, c'est l'enfer au niveau local, la misère tous les jours, l'étouffement, mais encore, la guerre quasi assurée à l'échelle du monde.

Alors certes, tout n'est pas perdu camarades, et au contraire, mais il faut agir, et vite. Sans compromis, sans tergiverser. Il faut arrêter de tourner autour du pot.

C'est extrêmement compliqué, car nous devons nous battre à la fois contre la droite et l'extrême droite, et à la fois aussi, hélas, contre la gauche qui ne veut pas lâcher la solution sociale-démocrate et qui essaie de négocier notre "bien" contre notre gré.

Ce n'est pas évident d'en arriver cette conclusion qu'il faut mener ces deux combats ( attention, je ne dis pas que les deux opposants, droite et gauche sociale-démocrate, soient équivalents, ni qu'ils soient les mêmes ou comparables... Je dis que nous devons les combattre tous les deux, pour des raisons différentes chacun. Évidemment, nous réservons un sort différent à chacun également. )

Mais nous ne pouvons hélas plus faire cette économie du double combat.

D'où le sens du "Que se vayan todos!" repris ici.

Cependant il faut avoir conscience qu'on ne peut pas souhaiter ce grand "ménage" sans avoir autre chose de sérieux à proposer.


V. La puissance de l'union des exploités dans la réflexion collective et le débat ouvert

Je ne crois pas, personnellement, que, face à ce que à quoi nous sommes confrontés, "LA solution miracle" puisse sortir de la tête d'une seule personne, ni même des têtes conjuguées de deux cents personnes.

Non.

Je pense profondément qu'il y a parmi nous des centaines de milliers, sinon des millions de personnes qui ont "leur mot" à dire, qui réfléchissent, qui ont des propositions à faire, qui peuvent imaginer des alternatives au capitalisme...

Non seulement, c'est la réalité, (quiconque se ballade fréquemment sur Internet ne peut qu'être troublé par la profusion d'idées, ou d'initiatives de toutes sortes qui fleurissent, individuellement ou collectivement), mais encore, cela est souhaitable.

Les temps de l'esclavage moderne ont trop duré, oui, et à tous points de vues, y compris intellectuel: cette crise est aussi la faillite totale des cénacles, des "think tanks", des experts et des petits comités, qui discutent et décident en secret, dans l'ombre, le plus souvent.

Il faut que chacun d'entre nous reprenne le droit de parler, même pour dire des conneries!

Cela c'est aussi une révolution personnelle: refuser la censure, à commencer par l'auto-censure.

Peut être même est-ce la faillite des partis politiques aussi, en tout cas tels que nous les connaissons. Peut être est-ce le glas d'une certaine forme d'organisation du combat des prolétaires?

Moi je le pense, non pas au sens où les travailleurs, les étudiants, les intellectuels, les exploités, ne devraient plus s'unir dans une même organisation, (non, tout au contraire), mais dans le sens où je crois que toutes ces formes traditionnelles que nous connaissons encore ne sont que des reproductions des schémas de domination dont nous souffrons déjà dans la vie quotidienne.

Et que si nous voulons sortir de nos chaînes, il faudra les briser toutes, à commencer chez nous (chez nous individuellement et dans nos vieilles organisations, quand on y appartient encore).

En d'autres termes, nous avons une révolution véritable culturelle à accomplir en nous-mêmes et au sein de nos organisations aussi.

Nous ne devons pas penser d'abord en tant que militants mais d'abord en tant que représentants de notre classe, et ce jusque dans nos organisations.

Fini de mettre le parti avant la classe.

Notre boussole, ça ne peut pas être le drapeau, le nom, la carte, mais seulement l'intérêt de classe.

Des exemples où, selon moi, la réflexion collective en recherche de solutions "techniques", pragmatiques, doit être la règle et pourrait donner de bonnes choses:

a - Il y a des critiques très fortes à apporter à "la croissance" comme solution miracle, à la "société de consommation" comme idéal, mais l'homme moderne ne peut plus vivre, depuis longtemps, par la pêche, la chasse, la culture.

Il est obligé, à ce jour, depuis longtemps, pour vivre, de gagner de l'argent, argent qui lui permettra d'acheter de quoi se nourrir, de quoi loger sa famille...

Il est bien obligé de vendre sa "force de travail" pour vivre, au sens strict du terme.

Alors, un revenu universel du seul fait que l'on en ait envie est-il souhaitable? Envisageable? "Décroissance"? Si oui, comment?

b - Dans le même ordre d'idée, est-ce une nationalisation des banques qu'il faut envisager ou une collectivisation sous forme coopérative, mutualiste? Quelle place accorder à la finance?

c - Doit-on sortir de l'Union Européenne? La détruire?Oui,non? Comment?


d - Face à la réduction constante de son salaire, le salarié ne peut plus acquérir les biens de sa consommation courante auprès de petits producteurs ou de petits commerçants, qui ne parviennent plus à être aussi disponibles et compétitifs que les grandes centrales de distribution et de l'agro-alimentaire.

Les salariés mal payés, en tant que "consommateurs", achètent alors à moindre coût des biens produits à l'étranger dans des pays dits émergents, pays dans lesquels souvent ont été délocalisées les productions qui embauchaient avant leur cousin, leur frère, leur tante, dans leur pays.

Ils en sont donc réduits à un mouvement suicidaire: acheter moins cher en provenance de l'étranger ce qu'ils produisaient avant localement, ils tuent ainsi à la fois leurs emplois au sens large, et également, les structures locales de distribution, comme le boulanger, le boucher, etc.

Les agriculteurs eux-mêmes souffrent de la main-mise des trusts capitalistes (filières des surgelés et conserves, filières des engrais, pesticides, graines etc) sur leurs exploitations. Les pêcheurs, dont on vient encore de voir une démonstration de force, également.

Que peut on faire face à cet état de fait?

Là encore, je ne sais pas, je crois qu'on n'a pas la réponse. Mais on peut trouver des solutions ensemble .

e - On voit bien se dessiner aussi la perspective de nouvelles activités susceptibles de servir de base de renouvellement au capitalisme ou au contraire, à son éradication en fonction des décisions politiques que nous prendrons.

L'écologie n'est pas l'un des moindres des enjeux et à ce titre les derniers sondages pour les élections européennes sont assez éclairants en terme de "marketing politique".

Ce n'est pas un hasard si on se dispute autour d'Heuliez, si Obama a mis dans ses chantiers pour redresser les USA, la protection de l'environnement, si l'Allemagne investit dans l'énergie éolienne (37 % de la production mondiale d'énerge éolienne est allemande)...

On va donc voir s'ouvrir là, sans doute, un nouveau cycle de recherches, de productions, de constructions...Donc, il est possible que des emplois seront recréés. Mais couvriront-ils tout ce qui a été perdu? Seront-ils accessibles à tous? Seront-ils suffisants pour que, dans un pays comme la France (à supposer que cette échelle soit encore pertinente longtemps) par exemple, le plus grand nombre possible de travailleurs trouvent à être employés et payés correctement (ce qui suppose aussi, dans la logique du capitalisme, un "marché du travail" sain)?

Rien n'est moins sûr, pour deux raisons:

- d'abord l'histoire montre que grâce à l'informatisation, la robotique, etc, toutes les nouvelles technologies, le besoin en "bras" se restreint. Le besoin en "locaux" se restreint. On peut même piloter des machines à Paris du fin fond du Bengladesh! Par contre, le besoin de qualifications supérieures et de métiers dits "intellectuels" augmente corrélativement.

- or les politiques néolibérales ont comme conséquence de casser l'éducation, de casser le savoir, de casser la possibilité pour un enfant d'ouvrier de devenir cadre, par exemple. La France ne fait pas exception à la règle et vit à ce titre l'une des plus grandes catastrophes de son histoire.

A ce titre, les luttes engagées contre la privatisation de l'éducation, contre le dénigrement du savoir, contre la privation de moyens publics pour la recherche et l'université ,sont fondamentales et exemplaires, car quoi qu'il arrive dans ce pays à l'avenir (renversement du système capitaliste ou pas), nous ne serons rien sans culture, sans éducation, sans savoirs.

Là encore, que faire, quels choix techniques, économiques, financiers, effectuer?

C'est toujours la même question , et à ce stade, je fais toujours la même réponse.
Moi toute seule, je ne sais pas. tous ensemble, peut être que nous trouverons les bonnes voies.

Ce n'est pas moi (ni personne en particulier, en fait) qui ai la solution à la crise que nous vivons actuellement, mais nous toutes et tous, dans la confrontation des questions, des réponses, des idées, des informations, des expériences.

Si nous construisons un nouveau cadre politique délibératif et démocratique, par le débat, le débat libre, non faussé, du plus grand nombre, le plus grand nombre d'entre nous aura peut être une chance de faire émerger de nouvelles pistes.

Ce qui signifiera, pour ce faire, mettre à la disposition de tous, les informations, les savoirs, les données, faciliter les rencontres, les débats, accorder du temps...

La seule chose dont je suis convaincue aujourd'hui c'est que c'est faux de prétendre que nous en aurons fini avec le capitalisme de façon "naturelle".

Faux de prétendre que, cette fin, c'est maintenant et qu'elle va juste "advenir". Non, ce n'est pas fini. Je pense que même en crise aiguë, le capitalisme n'est pas encore mort en tant que système mondial.

Par contre il est très mal en point, et on pourrait (on devrait) l'aider à mourir!

Et pour ça, je propose pour une fois que nous prenions les "choses à l'envers" et que nous travaillions à faire éclater, aussi, le cadre politique dans lequel nous vivons depuis des décennies.

Donc, la seule chose que je peux faire moi en tant que prolétaire, en tant que militante de base, en tant que citoyenne, c'est apporter ici et là des premières propositions politiques, dont certaines peut être pourraient unifier toutes nos luttes à ce stade.

Elles ne feront en somme, bien souvent, que reprendre le flambeau des créations politiques considérables de 1946.


VI. Premières propositions pour un projet politique alternatif et pour un changement de société

D'abord, je pense qu'il faut que nous travaillions, toutes et tous, en ayant à l'esprit, constamment que ce système capitaliste que nous voulons jeter à bas fonctionne grâce à des règles simples qu'il convient d'abolir partout dans le monde, et notamment, pour ce qui nous concerne, en France et en Europe.

Ces règles ont nom:

- l'exploitation, par le propriétaire du capital, de la force de travail du salarié qui doit la vendre pour pouvoir vivre,

- la propriété privée des moyens de production,

- la recherche constante du profit maximal et son absence de redistribution aux producteurs,

- la liberté des échanges économiques et la régulation de la concurrence,

- la possibilité de spéculer financièrement

- la répression, au besoin par la violence, de toute forme de contestation du capitalisme comme système prétendument valable pour assurer le bonheur de l'humanité.


Aussi, convaincus que le capitalisme économique comme politique, n'est pas amendable, qu'il ne peut pas faire simplement l'objet d'améliorations, et convaincus aussi que le jour est arrivé de faire naître, par tous moyens, la possibilité pour l'immense majorité d'entre nous, travailleurs en devenir, actifs ou non actifs, retraités, de se libérer et enfin, de ne plus vivre dans les fers, de ne plus vivre dans la crainte, et de construire un nouveau monde, nous formons ici le projet de détruire le capitalisme et de nous donner un nouveau système économique, politique, et social, et nous proclamerons bientôt, j'espère, la nécessité de faire advenir la démocratie populaire et prolétarienne.

Car seule la démocratie populaire pourra assurer enfin le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple.

--> Évidemment, tout ce qui suit ( comme ce qui précède), est à tout le monde, c'est à critiquer, à améliorer, à discuter...


20 PRINCIPES POUR CONSTRUIRE UNE DÉMOCRATIE POPULAIRE ET PROLÉTARIENNE


1. Nous ne voulons plus êtres des exploités, mais nous ne voulons pas être des exploiteurs.

Nous ne voulons plus subir et nous ne voulons plus que nos semblables subissent l'exploitation, les privations, la faim, la peur, la misère, la maladie, la guerre, la solitude.

Nous voulons "le pain, la liberté, la santé et l'éducation" pour la plus grande majorité des habitants de la France, et nous souhaitons qu'il soit pourvu à chacun selon ses besoins.


2. Nous voulons préserver la nature, protéger l'environnement, lutter contre les pollutions de l'air, de la terre et des eaux.

A ce titre, évidemment, nous les déclarons bien non marchands, non commercialisables et dignes de la plus grande protection possible.

Les terres appartenant aux exploitants agricole de type industriel seront saisies et partagées entre les petits exploitants. Aucun de ces biens ne pourra faire l'objet de spéculation.

De même que les matières premières, notamment celles nécessaires à la nourriture ou la santé, ne pourront faire l'objet de spéculation, contrairement à ce que nous connaissons actuellement.

Les énergies alternatives non polluantes seront favorisées. La question de l'énergie nucléaire devrai faire l'objet d'une grande consultation populaire. Toutefois, la fabrication et la commercialisation de bio-carburants sera interdite pour l'heure compte tenu de leur haut potentiel de destruction pour l'équilibre environnemental mondial.


3. Nous devons déclarer illégale la propriété privée des moyens de production et nous devons favoriser l'auto-gestion, les nationalisations, les coopérations, les groupements publics et les associations.

Car qui contrôle la propriété et l'utilisation des moyens de production contrôle la possibilité de la redistribution des richesses produites par les travailleurs.


4. Nous voulons une démocratie réelle, c'est à dire une démocratie fondée sur ce qui unit aujourd'hui la grande majorité d'entre nous, c'est à dire, le travail salarié, une démocratie qui soit établie par et pour les travailleurs et les classes qui décideront de les soutenir, pour défendre et protéger nos intérêts avant toutes choses.

Cette nouvelle démocratie doit prendre corps jusque sur les lieux de travail et de production, dans les institutions bancaires et financières, et le gouvernement du peuple, doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour que ces réformes voient effectivement le jour.


5. Nous sommes lassés de l'absence de représentativité des institutions politiques de ce pays.

Nous voulons des parlements qui soient à l'image de ce qu'est le pays, et où l'on puisse voir enfin des chômeurs, des ouvriers, des étudiants, des mères de famille, des intermittents, des salariés, des handicapés... devenir des mandataires du peuple.

Pour cela il faut mettre un place des réformes profondes permettant l'engagement politique accru des citoyens qui le désirent.

Cela implique plus de temps libre, mais aussi plus de moyens, pour assurer la garde des enfants, par exemple. Pour se former aussi.

Il faut également préparer la constitution d'assemblées législatives locales qui travailleront avec l'assemblée législative au niveau national.


6. Nous voulons une citoyenneté qui soit fondée sur le travail, la contribution aux charges publiques, à la solidarité ou aux progrès liés à la recherche et à l'enseignement.

Pas sur la nationalité.

Car nous savons que pour beaucoup de personnes n'ayant pas la nationalité française néanmoins, la France est leur pays, ils l'aiment et ils la considèrent comme tel.

Il y travaillent, ils y vivent, ils participent à la vie économique, culturelle, de ce pays.

En 1793, nos ancêtres ont pensé que c'était une idée révolutionnaire que de reconnaître la citoyenneté à quiconque apportait la preuve en actes de son désir de vivre collectivement dans une société donnée. Malheureusement cette idée n'a jamais été appliquée: qu'à cela ne tienne, il n'est jamais trop tard pour bien faire.

Voici ce que disait cette disposition constitutionnelle:

"Tout homme né et domicilié en France, âgé de seize ans accomplis ; - Tout étranger âgé de seize ans accomplis, qui, domicilié en France depuis une année - Y vit de son travail - Ou acquiert une propriété - Ou épouse un français - Ou adopte un enfant - Ou nourrit un vieillard ; - Tout étranger enfin, qui sera jugé par le Corps législatif avoir bien mérité de l'humanité - Est admis à l'exercice des Droits de citoyen français."

Idée révolutionnaire oui, et ainsi, la citoyenneté étant fondée sur de nouvelles bases, la souveraineté appartient au peuple, et il l'exerce directement par la voie de la pétition et du référendum, ou indirectement par le biais des représentants qu'il se sera librement donnés.


7. Nous pensons que les progrès de la technologie permettent aujourd'hui d'envisager, notamment, une démocratie bien plus directe qu'elle ne l'a été jusqu'à présent, dans la mesure toutefois où les inégalités technologiques existantes seront réduites.

Des budgets importants seront consacrés au développement à l'extension, des nouvelles technologies.


8. L'Etat français est une République.

Le souverain est le peuple-classe réuni en assemblées légalement constituées.

Son régime politique est celui de la démocratie populaire et prolétarienne.

Il devra se donner une constitution qui garantisse politiquement sa nature de démocratie prolétarienne.


9. L'exercice, par les travailleurs eux-mêmes et leurs alliés objectifs, de charges publiques et de mandats, ne pourra donner lieu à enrichissement personnel ni à aucun privilège autre que l'immunité de parole destinée à assurer la totale liberté des débats politiques dans toutes les institutions de la République, y compris dans la fonction publique et dans l'armée.

Un élu du peuple, un délégué, un représentant, ne pourra pas gagner plus que le montant de son dernier salaire, plafonné à 3.000 euros par mois, et pas moins que le minimum indispensable à la survie soit 1600 euros par mois. Sachant que la République pourvoira à tous les besoins nécessaires à l'activité de ces personnes.

Les mandats, quels qu'ils soient, et les postes, sont non cumulables, leur renouvellement est limité. La conception des partis politiques doit être profondément renouvelée. Le retour au monde du travail est facilité et les discriminations strictement combattues.

La corruption, la prévarication, le népotisme seront sévèrement punis par la déchéance des droits civiques, la publication du jugement, et un travail d'intérêt général, notamment.


10. Les bâtiments abritant actuellement les institutions de la démocratie bourgeoise (Palais de l'Elysée, Palais de Matignon, Ministères somptueux....) et leurs dépendances seront transformés en bâtiments publics (crèches, écoles, universités, musées, bibliothèques..) et en logements sociaux.

La République ne doit pas se loger dans des conditions indécentes de splendeur et de faste. Cet Etat moderne, cette république, cette marche vers les socialisme, ce n'est pas une idôle fardée, avide, corrompue, c'est seulement un cadre nécessaire, à ce stade, au développement de la révolution prolétarienne et socialiste.

11. Nous réaffirmons, avec le Conseil National de la Résistance et le gouvernement qui en fut issu en 1946, comme particulièrement nécessaires à notre temps, les principes politiques, économiques et sociaux ci-après :

"La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l'homme.

Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d'asile sur les territoires de la République.

Chacun a le devoir de travailler et le droit d'obtenir un emploi. Nul ne peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances."


12. Tout homme peut défendre ses droits et ses intérêts par l'action syndicale, adhérer au syndicat de son choix et exprimer librement sur tout lieu où il se trouve, ses opinions en matière syndicale.

Le droit de grève s'exerce de manière illimité, sans restriction et autant que de besoin.

Le droit de propriété privée ne peut pas faire obstacle aux droits des travailleurs à se défendre eux-mêmes.


13. Tout travailleur participe directement au travers des conseils de salariés, à la détermination collective des conditions de travail, ainsi qu'à la gestion des entreprises.

Tout bien, toute entreprise, dont l'exploitation a ou acquiert les caractères d'un service public national ou d'un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité.


14.
La République française n'entreprendra aucune guerre dans des vues de conquête et n'emploiera jamais ses forces contre la liberté d'aucun peuple.

Nous ajoutons que la République de France prêtera main forte et assistance, par tous moyens, à tous les peuples en lutte pour leur liberté et la conquête de régimes politiques allant dans le sens d'une démocratie populaire et prolétarienne.

Si une armée devait être maintenue sur notre sol, notamment pour lutter contre les ennemis de cette nouvelle démocratie naissante, premièrement, elle devrait être profondément modifiée, et ensuite, elle ne pourrait se retourner contre le peuple-classe, et, en temps de paix, elle devrait être employée à des travaux d'intérêt général.

15. L'Etat français doit assurer à l'individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement.

Il doit garantir à tous, notamment à l'enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs.

Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l'incapacité de travailler a le droit d'obtenir de la collectivité des moyens convenables d'existence.

Le peuple de France proclame son attachement à la solidarité et l'égalité de tous les citoyens devant les charges qui résultent des calamités qui frappent le pays.


16. L'Etat français garantit l'égal accès de l'enfant et de l'adulte résidant régulièrement sur son territoire à l'instruction, à la formation professionnelle et à la culture.

L'organisation de l'enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés, ainsi que le développement d'une recherche indépendante des gros trusts capitalistes, est un des premiers devoirs de l'État.

La culture, le savoir, et l'éducation sont considérés comme des richesses non marchandes fondamentales qui appartiennent à tous et doivent bénéficier de la plus grande communication possible.


17. L'âge de la majorité politique doit être abaissé à 16 ans .

Il est anormal que des jeunes gens soient en âge de quitter l'école et de travailler, voire de payer des impôts et de contribuer par les taxes indirectes au bien public, mais ne puissent pas participer à la vie politique de leur pays.

Il est anormal que l'Etat puisse prendre des décisions qui les concernent directement, sur leurs collèges, leurs lycées.. et qu'ils ne puissent pas participer à la vie politique de leur pays.


18. Nous réaffirmons la nécessité de la séparation des pouvoirs (législatif, exécutif, judiciaire) et la garantie de l'indépendance de la justice.


19. Nous affirmons ou réaffirmons également les principes de l'habeas corpus, des droits de la défense, de la proportionnalité des délits et de leurs peines, de la subsidiarité de la peine d'emprisonnement et de l'incarcération.

Nous nous engageons à abolir la loi qui punit l'évasion et la tentative d'évasion, et nous travaillerons à ce que le monde pénitentiaire et carcéral respecte la dignité des personnes et soit enfin à la mesure des objectifs d'une société réellement civilisée.

20. Nous voulons affirmer la liberté d'expression et d'opinion comme un droit inaliénable et sacré pour toutes et tous, et nous voulons assurer la liberté de l'information par un pluralisme réel de la presse, ce qui ne peut être rendu possible qu'en réformant profondément le statut du journaliste et des agences de presse, en prononçant la dissolution des conglomérats de la presse écrite et télévisuelle, la confiscation immédiate de leurs moyens matériels et financiers, et en veillant à ce que le principe de séparation des intérêts publics privés et gouvernementaux soit strictement respectés.



20 bis. Enfin, nous souhaitons qu'un jour le peuple, dans toutes ses composantes , et au-delà, le monde, en sera arrivé, grâce à nos réformes, grâce à notre travail collectif permanent, à un tel degré d'émancipation, de bien-être et d'élévation spirituelle, que l'Etat , la police et l'armée pourront disparaître.

Nous nous engageons à œuvrer partout et toujours en ce sens, avec toutes les forces progressistes qui le voudront également et nous nous engageons à tout mettre en œuvre pour réaliser ce projet politique.


mercredi 22 avril 2009

INTERVENTION B THIBAULT A LA REUNION CGT 1er AVRIL (via Jean Lévy)

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"Canempechepasnicolas publie ci-dessous, sans attendre, le texte intégral de l’intervention du secrétaire général de la CGT, sans commentaires, de manière à provoquer des réactions des lecteurs du blog, et l’ouverture d’un débat.

Ces jours prochains, à son tour, canempechepasnicolas donnera son opinion critique.


INTERVENTION DE BERNARD THIBAULT A LA REUNION DES ORGANISATIONS CGT, LE 1er AVRIL :

La réunion fait apparaître un large accord sur l’analyse de la situation et sur la manière dont la CGT doit affronter la période à venir. Période qui ne doit pas être appréhendée de façon figée tant elle est exceptionnelle et marquée par des événements qui peuvent modifier à tout moment la donne. L’analyse pourra donc être affinée dans 8 jours, dans 15 jours … au regard d’éléments nouveaux. Il n’est qu’à observer ce qui s’est passé dans la seule semaine dernière à propos des débats sur les rémunérations des chefs d’entreprises pour mesurer que nous devons chercher à anticiper le mieux possible, mais aussi tenir compte des changements intervenant au fil des événements.

Nous avions dit qu’il y aurait un avant et un après 29 janvier. C’est ce qui s’est produit et a débouché sur une nouvelle séquence, après celle qui était issue des résultats des prud’hommes, laquelle avait vu se développer le processus unitaire avec à la clé le 29 janvier.

La CGT a une responsabilité particulière, ce dont conviennent beaucoup de militants CGT, qui le mesurent au quotidien. Nous l’avions dit après les prud’hommes, mais cela se confirme et s’amplifie au fur et à mesure que s’intensifie la bataille autour des enjeux. Mais le contexte est inédit pour tout le monde, aussi bien pour la CGT que pour les autres forces en présence. Les choses sont de plus en plus dures pour les employeurs, pour les responsables politiques et pour le Chef de l’Etat lui-même, même si cela n’apparaît pas encore de manière visible et explicite.

Beaucoup de chemin a été parcouru à partir de ce que la CGT a dit, avec d’autres, et que résume la formule « la crise c’est eux, la solution c’est nous ». Les choses bougent sur quelques lignes importantes de la bataille idéologique : finalité de l’entreprise, finalité de l’économie, place des salariés, rentabilité financière, stocks-options, et la liste n’est pas exhaustive des questions qui sont au cœur d’un système dont nous avons fait de longue date l’analyse et sont au centre du débat public aujourd’hui. Cela se traduit par des prises de position de la part des salariés, mais aussi de responsables, que l’on n’aurait jamais entendues en d’autres périodes. Et cela parce qu’il y a bien des évidences qui s’imposent à tout le monde.

La déclaration de Sarkozy avant le G20, « si ça ne se passe pas bien, je claque la porte », n’était pas faite pour ceux qui étaient autour de la table du G20, mais pour les français, pour ceux qui sont en galère. D’autant que ceux qui sont autour de la table du G20 lui ont demandé en substance, « qu’est-ce que c’est ce « bordel » en France ? » Car il y a un effet particulier de ce qui se passe en France au plan international, certes sur le terrain syndical, mais avec une résonance politique évidente.

Par exemple, chez Carterpillar, l’effet médiatique au plan mondial - vous avez sans doute vu les chaînes américaines- a conduit à des décisions rapides d’une direction qui est peut-être au bout du monde mais ne peut pas rester indifférente à une campagne médiatique mettant en relief ses décisions contre l’emploi et touchant son image. Car le débat existe aussi aux Etats-Unis sur la nature des mesures politiques, économiques et financières à prendre contre la crise …

Les lignes sont donc bien en train de bouger. Sarkozy lundi matin a dû refaire une réunion avec les responsables syndicaux. Et il n’est pas étonnant qu’il éprouve le besoin d’accélérer le rythme des rencontres avec les responsables syndicaux dans cette période. Il s’agissait en l’occurrence d’une réunion avant le G20. Une autre réunion pour mettre en place le fonds d’investissement social qui avait été annoncé le 18 février est prévue la semaine prochaine. Sarkozy a laissé entendre que de nouvelles rencontres pourront être organisées plus tard « si il faut réajuster ». Si nous ne sommes pas dupes de cette méthode, force est de constater que cela atteste là aussi que les lignes bougent.

Cela bouge aussi du côté des médias qui doivent traiter autrement l’actualité sociale. J’évoque pour l’anecdote la préparation par France 2 pour mi avril d’une émission où il y aurait Thibault – Chérèque – Mailly, à 20h30 pendant une heure, ce qui jusqu’à maintenant, n’a jamais existé.

Je profite de cette réunion pour faire un petit aparté sur les questions liées à la médiatisation des événements sociaux et attirer votre attention, notamment au niveau des fédérations, sur l’attitude de l’Elysée qui consiste à prendre un dossier de temps en temps, un conflit ça et là et à organiser des contacts directs avec les responsables syndicaux des entreprises à l’Elysée. Il y a forcément des demandes en ce sens, d’autant que les ministres ne comptent pas beaucoup dans la répartition des responsabilités au sein de l’Etat, comme chacun le sait. J’attire l’attention sur le fait que des camarades se retrouvent directement confrontés avec des conseillers de l’Elysée ; le pouvoir veut se montrer à l’écoute, attester qu’il ne laisse pas les gens tomber. Soyons attentifs à des opérations d’instrumentalisation, car ce n’est rien d’autre.

Cela rejoint d’ailleurs un autre aspect de cette période : vers qui sont dirigés les mobilisations ?

Nous attendons des réponses des pouvoirs publics, certes, et il est incontestable que les mobilisations avaient parmi les points forts une critique, et pour cause, de la politique économique et sociale mise en œuvre par Sarkozy.

En même temps, les mobilisations rassemblent au-delà des clivages politiques. Il faut que nous soyons clairs dans les débats que nous pouvons avoir au sein de la CGT. Si nous attendons que le mouvement contraigne Sarkozy à faire un jour une conférence de presse pour dire « je vous ai compris, j’ai décidé de changer de politique économique et sociale », nous pouvons manifester longtemps, parce que ce n’est pas de cette façon que les choses vont se passer, c’est évident.

Au surplus, l’attente d’une réponse politique globale par en haut ne permet pas de porter les contenus revendicatifs que nous avons besoin de porter à tous les niveaux.

Etre contre la politique de Sarkozy c’est une chose, autre chose est de chercher à améliorer la situation faite aux salariés telle qu’elle est. Les attentes peuvent de ce point de vue être différentes, que l’on soit dans une entreprise menacée, qui a disparu ou dans un secteur moins touché par la crise. Soyons particulièrement attentifs dans la prochaine période à tous ceux qui vont sortir de l’indemnisation du chômage partiel auquel ils ont droit. Nous allons avoir la responsabilité de traiter ces situations et nous serons interpellés pour être utiles aux salariés dans les difficultés qu’ils rencontrent.

Sans exonérer bien sûr la politique économique et sociale de Sarkozy, le patronat ne peut pas être exempt d’obligations et de négociations, que ce soit sur les salaires, l’emploi. C’est aussi le moment de revenir sur certaines questions comme l’organisation du travail, l’intensification du travail ou la précarité dans les entreprises.

A partir de cet ensemble de questions, il est normal que nous réfléchissions collectivement à la conduite d’un mouvement qui n’a pas de précédent. Il faut donc accepter cette idée que sa conduite est à définir au fur et à mesure. Il n’y a pas de référence à aller chercher dans telle ou telle période. Il est normal que chacun réfléchisse, que cela débatte dans l’organisation. Et c’est aussi pour cela que l’on a organisé cette réunion, pour bien vérifier entre nous qu’en terme de stratégie, de lisibilité de la démarche de la CGT, il n’y avait pas de problèmes majeurs. Il est donc normal que cela débatte dans l’organisation, en veillant néanmoins à ce que l’on ne perde pas toute notre énergie dans les débats. Il y a le moment du débat et puis après, même si on continue à réfléchir, il faut mettre en œuvre les décisions. Cela ne clôt pas les débats, mais cela ne doit pas conduire à ne pas mettre en œuvre un certain nombre de décisions.

Tout le monde n’est pas confronté à la même situation dans ce contexte. Tout le monde ne vit pas la situation de la même manière, qu’il s’agisse des salariés, des syndiqués, des syndicats, des fédérations professionnelles. Il y a des enjeux spécifiques suivant que les salariés sont dans une entreprise qui ferme – et la liste s’allonge – ou dans une entreprise qui a déjà fermé. Là aussi, comment réfléchissons nous à ce que ceux qui n’ont plus leur entreprise continuent à bénéficier d’une relation étroite avec la CGT. Vous savez que notre structure actuelle nous pose des problèmes de ce point de vue, mais on ne peut pas laisser partir du syndicat tous ceux qui ont perdu leur travail ou leur entreprise, et Ils sont très nombreux. Il y a donc des mesures d’organisation exceptionnelles à prendre.

Tout le monde ne vit pas non plus les choses avec la même intensité. Entre une entreprise susceptible de fermer et l’attente d’une revalorisation des salaires par exemple dans la fonction publique, revendication aussi légitime, les préoccupations diffèrent. Il en est de même de la conduite ou de la répétition des rendez-vous revendicatifs. Là aussi le profil des entreprises, le statut des salariés, et le degré de mobilisation jouent un rôle déterminant.

Avec 95 % de mobilisation dans une entreprise, cela ne pose pas de problème de reconduire la grève si les salariés le décident. Mais si on pense ça et là dans nos rangs que le seul moyen pour augmenter le nombre de ceux qui participent aux mouvements dans leur entreprise c’est de multiplier les rendez-vous nationaux comme une réponse destinée à combler un déficit de mobilisation dans certaines entreprises, il faut qu’on se dise clairement que cela ne peut pas marcher.

Ces rendez-vous nationaux, interprofessionnels, unitaires depuis le début ont créé une dynamique. Ils continuent à générer une ambiance, à donner confiance mais cela ne peut pas être vécu comme un substitut au travail revendicatif adapté à chaque entreprise et au plan professionnel.

La CGT va s’exprimer sur la manière dont elle se situe par rapport aux décisions d’action des mois d’avril et mai. Il est évident que dans cette expression, nous ne prendrons pas le risque de donner un prétexte à ce que la CGT apparaisse comme cherchant à se distinguer de ce qu’a décidé l’intersyndicale. Je pense que nous sommes tous lucides là-dessus, nous n’avons absolument rien à gagner à chercher à nous distinguer si cela devait être perçu par les salariés eux-mêmes comme une attitude de division à l’égard d’un mouvement qui donne confiance et qui recueille l’adhésion d’une grande partie de la population. Ce qui gène patronat et gouvernement, c’est de constater que dans les manifestations, il y a même parfois des petits commerçants, parfois des petits patrons. A l’initiative de syndicats de salariés, certaines autres catégories n’hésitent ainsi pas à délivrer leur propre message, ce qui est un peu inédit. Bien sûr cela doit être apprécié avec lucidité quant à l’ampleur du phénomène.

La CGT va donc s’exprimer sur sa vision d’un mois d’avril constitué d’un feu roulant d’initiatives diverses.

S’agissant des formes d’action les plus médiatisées comme celle des camarades de Caterpillar, il faut que nous soyons tranquilles sur le rôle des médias et jouer la transparence avec les salariés en lutte. Il revient en permanence aux responsables syndicaux de dire vis-à-vis des salariés qui sont exaspérés mais qui sont aussi déterminés : « si vous décidez telle ou telle forme d’action, il faut que vous sachiez quels sont les possibilités ou les risques inhérents aux formes d’actions arrêtées ». Il faut surtout alerter sur tout ce qui pourrait être contre productif par rapport aux revendications défendues. Mais les salariés sont intelligents et il faut donc accepter que tout cela vienne en débat, normalement, naturellement. Il n’y a pas de raisons de se faire peur avec la manière dont les mouvements, les mobilisations sont conduites jusqu’à présent. Comme souvent, gouvernement et patronat vont peut-être chercher à utiliser ça et là, voire à provoquer si nécessaire quelques mouvements particuliers pour tenter de retourner l’opinion publique. Il suffit d’y être attentif comme sur le reste.

Il est possible d’avoir un 1er Mai que l’on pourra qualifier d’historique cette année. Quand on voit ce que nous sommes parvenus à réaliser entre janvier et mars, ce n’était quand même pas gagné, et peut-être même que parmi les non syndiqués – c’est-à-dire les non initiés -, il va y avoir un attrait pour le 1er Mai plus grand encore que pour d’autres, plus rodés, plus habitués aux rendez-vous. Le rendez-vous, nous ne le faisons pas pour les habitués, nous le faisons pour franchir un pallier supplémentaire de la mobilisation. Il est bien évident que les habitués doivent être là sinon je ne vois pas comment les autres viendraient.

Il y a ensuite les euro manifestations tout de suite après le 1er mai. Les organisations plus particulièrement concernées, proches de la Belgique et de l’Espagne sont sollicitées pour assurer que la CGT apparaisse dans les euro manifestations de Bruxelles et Madrid. Je vous ai dit l’écho de ce que nous faisons au plan international, il est donc important que la CGT marque sa présence lorsque d’autres vont à leur tour organiser des manifestations mi-mai.

Il y a enfin les suites du 1er Mai sur le plan national. La question a déjà été abordée dans l’intersyndicale et nous avons fait la suggestion que d’ores et déjà, on réfléchisse à un horizon mi-mai. Il n’a pas été possible, pour l’instant, de se mettre d’accord au niveau de l’intersyndicale. Je dis « pour l’instant » parce que si nous parvenons, par notre travail CGT, à faire monter en puissance une multiplication des initiatives, des mobilisations diversifiées, des formes d’actions originales, que nous occupons le terrain revendicatif sous de multiples formes, que nous montrons que nous ne « lâchons pas le morceau » sur le terrain revendicatif pendant tout le mois d’avril, avec un travail d’élargissement et d’intensification, nous gardons à l’esprit la possibilité de rediscuter avec les autres de l’horizon de mi-mai. Cette perspective de mi-mai, sans donner de date, va dépendre du degré d’engagement pour contribuer à ce que le climat revendicatif progresse encore et ceci à l’égard de tous les responsables syndicaux.

Car si les attentes à notre égard sont grandes, elles le sont aussi à l’égard des autres et c’est pour cela qu’il n’y a pas un syndicat aujourd’hui qui va prendre le risque de sortir du cadre unitaire ou d’une initiative unitaire.

Quelques mots sur la remarque qui a été faite en référence à la mobilisation en Guadeloupe et à la coalition du LKP qui regroupe 48 organisations. Si cette référence consiste à laisser entendre qu’il faudrait nous aussi réfléchir à une configuration du même type pour la conduite du mouvement, une forme de coalition regroupant les syndicats, les associations et les partis politiques, naturellement ce serait une autre stratégie et je vous le dis, ce serait une erreur stratégique considérable :

Premier effet, dans l’hypothèse ou une telle coalition serait envisagée en métropole, cela ferait voler en éclats l’intersyndicale. Je dirais même que dès lors que la CGT laisserait entendre qu’elle voudrait réfléchir à une telle hypothèse, c’en serait fini de l’intersyndicale.

Deuxième effet, ce serait faire fuir de la mobilisation une majorité des participants aux temps forts interprofessionnels que nous sommes parvenus à réunir jusqu’à présent. Le caractère unitaire et syndical de la démarche assoit le succès de cette démarche. Le jour où il n’y aurait plus l’unité syndicale ou plus la caractéristique syndicale, nous serions dans une configuration totalement différente.

Troisième effet, ce serait rendre un service inattendu à Nicolas Sarkozy et à sa majorité qui ne cessent d’expliquer pour essayer de justifier leur politique que l’opposition politique ne ferait pas mieux qu’eux.

Je remarque que personne aujourd’hui, en tous cas parmi les salariés, ne conteste aux syndicats la responsabilité d’assurer la défense des intérêts des salariés et qu’ils leur revient dans un contexte comme celui-là de prendre les initiatives qui leur apparaissent les plus opportunes. Les manifestations et les grèves ont bénéficié du soutien de 72 ou 73 % de compréhension, voire de soutien de la population et ce au-delà des clivages politiques. Ce n’est pas une question « pro » ou « anti »Sarkozy. Sur la politique économique et sociale, les 72 % qui approuvent la démarche des syndicats désapprouvent la politique économique mise en œuvre.

S’il revient aux syndicats d’assumer cette responsabilité de défense, je remarque aussi que cela n’empêche pas d’autres organisations, d’autres acteurs de la société de s’exprimer, voire de se positionner à l’égard de ces initiatives. Nous avons eu par exemple des réseaux associatifs très importants, non seulement qui ont apporté un soutien mais qui ont milité, qui se sont affichés, qui ont été partie prenante et ont amené du monde sous leur label associatif. Sans doute certains étaient syndiqués mais d’autres n’étaient syndiqués nulle part et sont venus sur le combat associatif dans lequel ils sont investis, en considérant qu’il n’y avait pas antagonisme entre la bataille menée par les syndicats, le cahier revendicatif syndical et les valeurs et les revendications sociales particulières que leur association portait.

Je remarque aussi que cela n’a pas empêché que les partis politiques qui le souhaitaient s’expriment aussi, chacun le faisant à sa manière et suivant sa méthode, parfois ils l’ont fait d’ailleurs à plusieurs, des déclarations communes ont été faites, entre partis de gauche.

A cet égard, il faut distinguer deux attitudes chez ces partis :

La première, ceux qui reconnaissent la mission particulière et la responsabilité particulière qu’ont les organisations syndicales et qui, en tant que partis, demandent plus ou moins régulièrement, selon les besoins, à discuter, à rencontrer les syndicats pour avoir un échange sur la situation, sur les revendications que le syndicat porte. Libre ensuite au parti concerné d’en faire ce qu’il veut.

La seconde de la part de ceux, parmi les partis de gauche, qui ont la prétention de donner des leçons aux responsables syndicaux, voire même qui auraient la prétention de se substituer aux syndicats dans la responsabilité d’assurer la défense des intérêts des salariés et la conduite des mobilisations sociales.

La CGT continuera si c’est nécessaire à dire publiquement que c’est pour elle totalement inacceptable et qu’à pousser les feux sur ce type de débat là, on faciliterait un éclatement du rapport de force actuel. Autrement dit, on affaiblirait le rapport de forces pour obtenir satisfaction sur les revendications qui sont portées par une masse de salariés et de citoyens qui, aujourd’hui, sont rassemblés au-delà de leurs clivages politiques, qu’ils aient ou pas un engagement politique.

Dernier mot sur les adhésions et le renforcement de la CGT. Continuons en avril et prenons aussi des dispositions exceptionnelles pour le 1er Mai, essayons de passer encore un cran supplémentaire pour les manifestations du 1er Mai en termes de dispositions d’organisation en faveur du renforcement. Nous avons peut-être de nouveaux arguments à travailler à propos de l’adhésion. Nous disons que les lignes de la bataille idéologique ont bougé. Aujourd’hui et au vu de la participation aux initiatives syndicales, cette idée que les syndicats sont utiles, nécessaires à des contre pouvoirs, voire même doivent organiser des choses pour permettre aux salariés de peser est perçu différemment. A nous de nous faire comprendre sur le fait qu’il y a de l’attente vis-à-vis des syndicats, vis-à-vis de la CGT mais que l’on ne peut pas attendre de nous des résultats qui ne soient pas proportionnels au degré d’engagement des salariés. Nous ne pourrons pas aller aider les salariés qui n’ont pas de syndicat dans leur entreprise si se multiplient les situations qui nécessitent une intervention syndicale. C’est ce que nous essayons de faire mais nous ressentons bien les limites que nous rencontrons faute de syndiqués en nombre suffisant. Vous reconnaissez l’utilité de la représentation syndicale, de l’engagement syndical, voire même de la bataille syndicale, il faut à votre tour que vous vous organisiez en syndicats, il faut à votre tour que vous veniez dans la CGT. Tel est le message à délivrer. Et à plus long terme, parce que nous travaillons aussi à plus long terme, parmi les questions centrales, la place faite aux salariés dans la société de demain au sens large du terme est un enjeu. Il y a à faire face à la crise actuelle mais de toutes façons, parmi les questions nouvelles posées et parmi nos ambitions, il y a aussi la question d’une autre place aux salariés, dans l’entreprise, dans la société en général. Cela on ne pourra le gagner, ce débat ne pourra être conduit que s’il y a un plus grand nombre de salariés organisés en syndicats. A leur tour, solidairement, ils défendront un certain nombre de valeurs, de principes mais aussi de revendications.

Nous avons donc à la fois à prendre des dispositions plus étoffées en matière de syndicalisation mais aussi à actualiser un peu l’argumentation à partir de laquelle nous suggérons d’adhérer à la CGT. Il y a déjà une tendance à l’adhésion plus importante que l’année dernière car nous sommes dans une séquence où nous pouvons mieux nous faire comprendre et plus largement convaincre de l’utilité du syndicat. Reste un défi : que les adhésions se concrétisent dans l’organisation, notamment celles que nous réalisons en manifestation ; soyons conséquents.

Encore une fois, au gré des événements, Nous aurons besoin d’avoir des contacts plus étroits, nous verrons en avril de quel dispositif de suivi nous aurons besoin car c’est toujours avec vous, dirigeants de fédérations et d’unions départementales, que la direction confédérale peut prendre les meilleures dispositions, faire les meilleures propositions et aussi adapter sa communication extérieure de façon appropriée.

Publié par Jean Levy sur son blog