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mardi 18 septembre 2012

TSCG, lutte de classe, tactique et compagnie...

Sur le TSCG je remets ici ce que j'ai répondu ailleurs à un ami et camarade.

"tout ceci, lutte contre le tscg euro etc, ce n’est que mascarade, ce n'est que pour masquer la triste horrible et cruelle réalité : nous (communistes) sommes manifestement à ce jour incapables d’organiser et de mobiliser la classe ouvrière sur les vrais problèmes,les fondamentaux, comme le rapport capital/travail l’ex
ploitation, le salaire ET le salariat, la propriété privée etc.

en euro ou en franc ou en zlotys l’exploitation capitaliste est et reste là, et perdure et s’enracine. et la réalité c’est que, en franc, en euros ou en patates, nous communistes, sommes aujourd’hui absolument incapables d’assurer notre rôle historique, d'assurer, de rendre possible, le rôle émancipateur, progressiste, du prolétariat, c’est ça la réalité.

avec ce tragique point de vue que d’autres, se couvrant de ce que nous avons laissé devenir des oripeaux, se drapent dans ce qui fut autrefois notre drapeau mais pour en faire des choses atroces , et que tous les fascistes infiltrent ici et là bas, sous différentes couleurs, tous les mouvements populaires, de la grèce à la tunisie.

les capitalistes nous démolissent 50 fois par jour et nous n’arrivons pas à répliquer. les fascistes défilent dans les rues des grandes villes grecques et nous (communistes) sommes incapables de les arrêter. les capitalistes saccagent l’europe du sud depuis bientôt 100 ans et nous communistes sommes incapables de les arrêter. et j'en passe...

je vois toutes ces gesticulations finalement assez pathétiques comme des convulsions de résidus moribonds d’autrefois grandes puissances prolétariennes et révolutionnaires qui ne veulent pas mourir mais qui pourtant devraient mourir (structurellement) car elles n’incarnent plus ce qu’elles sont supposées défendre. et pire, étant quasi exclusivement dans la revendication existentielle elles bouchent le paysage, elles bloquent la naissance du nouveau.

soyons raisonnables.

tout ce qui est dit sur le TSCG est vrai et archi vrai et il ne faudrait pas signer ce traité. oui c’est un tour de vis de plus dans le collier et la laisse, oui et mille fois oui. mais le père de tous les traités c’était maastricht nous le savons, là nous avons perdu une bataille décisive. on a bien vu l’épisode 2005/2008. nous n’avons eu aucun retour critique sur cette séquence. C’est bien dommage. ça nous aurait évité de perdre du temps aujourd’hui.

les capitalistes n’ont pas eu besoin de ce traité pour mettre à sac la Grèce, l’Espagne, le Portugal. Bien sur le TSCG leur rendra service bien sur cela met en place des mécanismes légaux nouveaux (mais je suis bien placée pour savoir ce qu'est une loi et ce qu'est la justice, c'est à dire avant tout, l'expression du pouvoir d une classe dominante) mais le niveau d'importance de ce traité dans la lutte de classes est surestimé par notre classe politique largement entendue.

Les capitalistes n’ont besoin que d’une chose pour continuer leur besogne, c’est que nous soyons à genoux.

et tant que nous sommes divisés sur des broutilles, et surtout, incapables de rassembler sur ce qui reste pour moi l’essentiel, ce que Marx, Engels, Lenine, Luxemburg etc ont mis à jour, ont étudié ,ont développé, à savoir le rapport d’exploitation, tant que nous sommes divisés, que nous menons des combats qui ne sont même plus d’arrière-garde tellement ils sont obsolètes, tant que nous tombons à pieds joints dans toutes les entreprises de diversion de la bourgeoisie, tant que nous participons aux jeux qu’ils nous imposent , comme des hamsters dans la cage, NOUS PERDONS ET ILS GAGNENT.

ce qui est amusant c’est que sur ce sujet du tscg nombreux sont celles et ceux qui disaient il y a encore qq jours il faut écouter "le peuple" et qui ne cillent pas quand ils doivent constater que "le peuple" s’en FOUT complètement du TSCG. Le "peuple" il veut qu’on lui parle loyers, salaire, travail, chômage. Il veut des armes.

ET il a RAISON.

Les 12 % de révoltés, ras le bolistes, etc qui ont voté Merluchon à la présidentielle ne l’ont pas fait, il me semble, pour parler du TASCG et d’un référendum qui n’arrivera pas. A Bastille ce n’est pas cette bataille là qu’ils ont appelé de leur vœux.

d'ailleurs c'est simple , sur cette bataille de diversion, ces 12% ils ne sont pas là, ils ne sont plus là.

Passons aux choses sérieuses, il faut mordre là où y ’a la chair, jusqu à l’os ,ou la mère Le Pen et tout ce qui lui ressemble va nous planter un boxon dont on ne se remettra pas comme ça.

Voilà le fond de ma pensée.

2012 n’est PAS/PLUS 2005 (encore mois, évidemment, 1992). Il y a le FEU à la maison. Oui, nous sommes désormais dans l'urgence. Nous n'avons pas su nous en préserver mais il ne faut pas perdurer dans l'erreur.

Le VRAI POUVOIR est dans les usines et les bureaux. Là où la sueur et le temps se transforment en argent. C'est là qu'il faut couper le robinet. Ce sera difficile de spéculer sans pognon.
#luttedeclasse #TSCG #combats #euro #UE #tactique

mercredi 4 juillet 2012

Sur la soi-disant "niche fiscale" du crédit d'impôt du particulier employeur....

Des GIFLES aux imbéciles du PS qui parlent de "niches fiscales" relativement  aux déductions d'impôts pour l'embauche d'un salarié à domicile.

1° En grande majorité, les particuliers n'emploient pas une garde d'enfant à domicile pour le plaisir

2° Ils font ainsi face à l'extrême pénurie et désorganisation du service public lié à la petite enfance

3°On objecte que "cela coûte 6.5 milliards d'euros à l'Etat", je réponds que l'Etat n'a de subsides que ce que nous lui versons notamment (impôts, TVA etc) donc ce que ça coûte à l'Etat c'est ce que ça nous coûte à NOUS - ce crédit d'impôt est donc en partie auto-financé 

4° On m'objecte encore que les gros groupes du nettoyage sont ceux qui profitent majoritairement de cette soi-disant "niche" (je suis surprise par le raisonnement et à mon avis on parle d'autre chose car le crédit me semble réservé aux particuliers, punto) et que ces salariés-là sont précaires et très mal payés (je le sais bien pour avoir souvent travaillé ou consulté pour la CGT dans le nettoyage ou suivi des conflits dans cette branche) : il est évident que la solution ne réside pas dans la pénalisation des particuliers mais bien dans la lutte contre les gros groupes employeurs qui revendent ensuite les services de ces ultra-précaires (souvent doublement exploités parce que immigrés et femmes). 

Donc résumons la BONNE IDÉE DU PS sur la suppression de l'atroce "niche fiscale" du particulier employeur:  

Nos impôts, notre travail et notre consommation financent en grande partie une réduction fiscale liée à l'acquisition d'un service rendu quasi obligatoire du fait d'un déficit flagrant de service public ( petite enfance, aide aux vieux et aux malades à domicile...). 

Je vais désormais devoir non seulement financer seule sans aucune aide l'emploi de la personne qui garde ma fille depuis des années, MAIS en revanche le pognon de mes impôts continuera à financer les actionnaires de l'automobile qui licencient ET les banques qui nous tondent et nous foutent dans la merde?

 J'ajoute que pendant ce temps, nombre de particuliers vont devoir licencier la personne qu'ils embauchaient (super pour elle) OU travailler moins (donc, gagner moins - etc ) et qu'il y a toutes les chances du monde que ça tombe d'abord sur les femmes, ce qui sera VRAIMENT une SUPERBE réussite !!! 

Alors oui BRAVO LE PS encore une idée de génie pour faire semblant d'être social sans abîmer le GRAND CAPITAL! 


#particulieremployeur #PS #Ayrault #fiscalité #lutte

dimanche 13 décembre 2009

Intervention initialement prévue au 49ème Congrès de la CGT - En revenant de Nantes

Cher-e-s camarades

Voici l’intervention de 4 minutes que j’avais préparée pour porter le message des syndiqués qui m’avaient mandatée à ce 49ème congrès, notamment sur la loi sur la représentativité.

Je m’étais inscrite très tôt pour deux interventions de 4 minutes - je n’ai jamais pu y passer.

Il ne me restait donc comme seule possibilité que de tenter de saisir un micro (ce que j’ai fini par réussir à faire in extremis à force de hurler et de gesticuler comme une diablesse) pour les interventions sur les amendements de moins de 2 minutes, en fin de journée, quand l’attention des camarades ( et la mienne !) commence à baisser après plusieurs heures de débats et argumentations ...ce qui explique que le message passé a été passé comme il a pu.

Je n’ai donc pas pu lire ce que j’avais préparé au sujet de ce thème (ma première intervention également non retenue malgré l’inscription portait sur la partie I, la crise, la sécurité sociale professionnelle et le nouveau statut du travail salarié - je la retranscrirai ici si j’en ai le temps). C’était in extenso ce qui suit.


" Bonjour, je suis déléguée par les syndicats affiliés à la Fédération des Sociétés d’études, de la branche du notariat, déléguée syndicale, secrétaire d’une section syndicale en bonne et due forme, membre de la commission exécutive de mon UL à Paris.

Je tiens d’abord à saluer nos camarades de la CGT GOODYEAR AMIENS qui se battent comme des tigres depuis des années contre le patronat. Ils ont besoin, eux aussi, de notre soutien, à toutes et tous. Salut fraternel à eux.

Sur la fameuse loi sur la représentativité (en tenant compte du fait que je n’ai que 4 minutes de temps de parole) :

Il y a ici un véritable débat de fond à avoir entre nous, et il ne se règlera pas en quelques minutes et pas à un Congrès.[Les camarades que je représente, et moi même, rejoignons complètement les positions qui ont été exprimées ici au préalable par les camarades de la chimie, des ports et docks, de Radio-France ou de la CDC, entre autres. Il serait hasardeux ou manipulatoire de vouloir faire de ces positions convergentes sur un même sujet une preuve d’un "complot anti-cgt", la plupart d’entre nous ne nous connaissant pas. Il est sans doute plus intéressant de faire de cette diversité la preuve qu’il y a un réel problème.]

Est il raisonnable de travailler à ce que la désignation des représentants de la CGT dans l’entreprise soit le fait de salariés non syndiqués, voire, qui vomissent la CGT?

N’est-il pas osé ou angélique de confier l’avenir de la représentativité de la CGT à des salariés non syndiqués qui ont pour une grande part, voté Sarkozy en mai 2007?

Ce dernier élément ne signifie nullement que je pense que les salariés sont tous "des cons" ou des "abrutis". Absolument pas et même, au contraire. Mais il a signé de façon indubitable l’état d’intoxication idéologique avancé dans lequel se trouvent la grande majorité d’entre nous.

Pour avancer dans la bonne voie, il faut commencer par poser les bons constats.

Prétendre que la loi sur la représentativité telle qu’elle est écrite et votée, est une bonne loi qu’il faut défendre, c’est croire ou faire croire que le jaillissement de la conscience de classe serait spontané, voire inné en chacun des travailleurs. C’est faire croire que le seul visage de la lutte des classes qui existe est celui qui apparaît lors de crises paroxystiques et de moments des luttes comme la grève ou l’occupation. C’est aussi amener insidieusement l’idée que le syndicalisme CGT pourrait se passer du rapport de force et de la mise en lumière des contradictions brutales qui jalonnent une vie dans une entreprise.

Le fait que notre syndicat ait aujourd’hui moins de 700.000 syndiqués alors qu’il existe environ 22 millions de salariés devrait pourtant amener à plus de circonspection et prudence.

Cette loi est une mauvaise loi car elle sape la possibilité d’une sérieuse implantation au long court de la CGT dans des TPE et PME, qui sont de véritables déserts syndicaux, d’où la culture de lutte et de classe est généralement absente, où les salariés sont confrontés à la violence des propriétaires directs du capital qui sont sur leur dos toute la journée, où le nombre de cadres est parfois très important, mais qui emploie pourtant la grande majorité des travailleurs aujourd’hui.

Sans la possibilité de désigner un délégué syndical protégé et muni de pouvoirs réels en dehors de toute élection, impossibilité de constituer une base syndicale. A titre d’exemple, si je n’avais pas été désignée déléguée syndicale dans mon entreprise avant cette loi, je n’aurais jamais pu monter une section syndicale CGT qui représente aujourd’hui presque 10 % de l’effectif salarié, d’autant que les élections CE en DU avaient eu lieu alors que j’avais moins de 1 an de boîte. Pas de NAO non plus, rien.

Prétendre ensuite que cette loi préservera des accords dits minoritaires est également une utopie. On aura "simplement" des accords majoritaires négociés par des syndicats patronaux "maison", qui, non contents de faire tomber, le cas échéant, des délégations CGT naissantes, pourront amener des accords inférieurs à la convention collective.

Que lorsqu’il existe une base CGT durablement constituée, on prétende que le résultat des élections dépend du travail des camarades, pourquoi pas. Mais le problème soulevé ici n’est pas celui de la pérennisation de la CGT dans les entreprises mais bien celui de son implantation.

Nous demander ensuite de syndiquer dans de telles conditions, de créer des bases syndicales, en dehors de tout moment "critique" comme licenciements économiques, PSE etc...(qui ne constituent pas, heureusement le gros de la vie des entreprises même en ce moment), en pleine période de crise du capitalisme, c’est soit de la schizophrénie soit un goût prononcé pour l’humour noir.

Ceci nous fait dire qu’il faut revenir sur cette loi et qu’à ce stade, un document d’orientation qui ne prendrait pas en compte ces réalités est plutôt un document de désorientation. En conséquence, nous demandons le retrait de cette proposition et de cette loi.

Merci."


Voilà exactement ce que j’aurais lu si j’avais pu bénéficier de ces maudites 4 minutes d’intervention DANS le débat avant les amendements.

Ce ne fut pas le cas et c’est tant pis pour cette fois, mais c’est ainsi.

Ce que je regrette encore plus, c’est la réponse en forme de caricature et remplie de mauvaise foi qui m’a été faite par une secrétaire confédérale sortante - je savais en prenant la parole le risque pris pour le débat de fond, que je ne gagnerai pas ce combat là à ce moment précis puisque c’est le dernier qui parle qui a raison, mais, "chère camarade" secrétaire confédérale sortante, que je croise parfois sur certaines actions, sache que je n’ai pas avalé la couleuvre, j’ai de la mémoire, et j’y reviendrai un jour prochain.

Je regrette également les caricatures faites par la presse (quelle qu’elle soit) de ce congrès, et je regrette, je le redis ici et je ne m’en suis jamais cachée, une candidature dite oppositionnelle que je pensais malheureuse ne serait ce que d’un point de vue tactique, à laquelle je n’ai pas participé et que, personnellement, je n’ai jamais soutenue (sans porter de jugement ni sur l’homme que je ne connais pas, ni sur le militant , que je connais peu),candidature qui par sa forme même prêtait à instrumentalisation par qui voulait, et qui a polarisé l’attention sur des questions de personnes, accrédité l’idée (rumeur émanant à l’origine d’une partie de la majorité) d’un "courant oppositionnel à BT uni et cohérent" qui faisait de l’anti-cégétisme.

C’est faux.

De très nombreux camarades "critiques" qui se sont exprimés à ce congrès l’ont fait non pas tant contre "la direction" ou "contre BT", que d’abord contre un document d’orientation (et une philosophie, social-démocrate molle, sans conteste, comme l’a prouvé l’acceptation du discours de Ayrault) qui leur a semblé extrêmement mauvais, dévastateurs à bien des égards, sur des questions de fond d’une très grande importance, qu’il s ’agisse du sujet des retraites, des services publics, des structures (l’explication sur le "pourquoi la commission des amendements a rejeté l’amendement qui disait qu’UD et UL sont des piliers fondamentaux de la CGT" n’était pas du tout satisfaisante...) ou de la représentativité, entre autre.

Un délégué a d’ailleurs utilisé son temps de parole pour dire qu’il ne soutenait pas cette candidature "oppositionnelle" quoi qu’il ait reçu mandat de voter contre le document d’orientation , même amendé.

Au sujet du discours du maire PS de Nantes,outre mon indignation devant un tel discours, je tiens à rapporter ici le panneau que montrait un délégué mais qui n’a pas été pris par la vidéo, qui disait "Pendant qu’Ayrault parle au Congrès de la CGT, 400 emplois supprimés au CHU de Nantes".

Il faudra également que l’on ait le fin mot de l’histoire relative aux positions non exprimées qui ont, semble-t-il, été comptées comme des "pour". Nous avons posé plusieurs fois la question, on nous a renvoyé aux statuts et au guide du délégué mais nous n’avons jamais trouvé la disposition qui entérinait ce principe "les non exprimés (c’est à dire ni non ni oui ni abstention) comptent "pour"".

On aura beau jeu de renvoyer cela sur le dos des délégués qui auraient mal fait leur travail (quand on sait que de nombreux délégués ont reçu leur mandatement moins d’une semaine avant le Congrès, il ne faut quand même pas charrier, et cela non plus, je ne l’ai pas avalé).

Néanmoins, ce congrès a pris des décisions, il a été très intéressant, instructif à maints égards, des "discussions de couloir" (qui sont légion dans ce genre de congrès), aux débats publics, en passant par les rencontres et les moments festifs.

Le débat public était diffusé sur Internet parait il ; c’est très bien mais il serait illusoire de croire que le congrès se résume à ce qui en a été montré - les travaux en commissions, en bureau, dans les délégations... tout ceci n’a pas été filmé.

Je pense que contrairement à ce que se disent - mais je les comprends - certains camarades depuis vendredi, ce congrès ne signe pas la fin de la CGT, mais bien la possibilité de son renouveau, car le document adopté, s’il est appliqué comme la direction confédérale sortante souhaitait qu’il le soit, va créer des situations telles que nombre de masques vont tomber et beaucoup de paires d’yeux s’ouvrir tout grand.

Oui, je pense qu’en votant tout cela, le Congrès a créé des conditions favorables pour que celles et ceux qui n’ont jamais renoncé à la lutte de classes et à l’amélioration de "l’outil CGT" en ce sens, puissent remporter d’importantes victoires d’étape pour une reconstruction.

Si nous faisons ce qu’il faut comme il faut. Mais ne présumons pas de l’avenir.

Nous avons obtenu une petite victoire en dépassant nos clivages pour nous opposer nombreux à la venue de François Chérèque prévue le jeudi. Ce monsieur-là n’avait rien à faire "chez nous" à un tel congrès.

Je pense que nombre d’entre nous en sont repartis plus déterminés encore, plus éclairés sur certains aspects de la vie de notre syndicat, avec des idées à foison, et s’investiront encore plus dans les nombreuses luttes à mener.

Il n’est pas question de "refaire le congrès" mais en revanche je rappelle pour terminer que si on ne refait pas le congrès, la CGT fonctionne encore selon le principe du fédéralisme, et non du soi-disant "centralisme démocratique", et que, plus que jamais, et comme l’ont rappelé de nombreux camarades, la bataille se mène dans les syndicats, dans les UL et les UD c’est à dire avant tout au niveau des échelons de proximité dont dispose encore la CGT( mais pour combien de temps?).

C’est peut être désagréable à constater pour certains, mais c’est là qu’il faut se battre je pense, et pas ailleurs - d’une certaine manière, il faut "jouer le jeu". C’est la condition sine qua non (celle là et être armé de beaucoup, beaucoup de patience, car parfois, seul le temps peut démontrer la justesse d’une analyse au départ minoritaire) pour convaincre les camarades dans l’erreur, ou indécis, ou à venir, que la lutte de classe a de l’avenir en notre sein et que la CGT peut être un outil révolutionnaire mais que nous devons impérativement redresser la barre, nous unir, et continuer d’analyser en commun le document qui a été adopté vendredi.

L’union, n’est pas l’unité qu’on a voulu nous faire avaler en tentant de museler les positions critiques.

L’union des syndicats et des syndiqués, dans toutes les luttes (les vraies luttes - pas les manifestations amuse-galerie sous l’égide de la CES d’un Monks qui a bien démontré dans son discours qu’il nous prenait globalement pour des jambons-) que pourra mener la CGT, est un principe indérogeable. Les comptes ne se règlent pas sur le dos des luttes quelles qu’elles soient, car les luttes ce sont avant tous les salariés qui les mènent qui en sont les acteurs et les enjeux.

Il ne faut pas oublier que la lutte de classe a lieu de tous temps au sein même des organisations de la classe ouvrière, on peut le regretter mais c’est un fait aussi ancien que la CGT elle même, elle ne se résume pas à l’affrontement capital travail mais prend aussi en compte des affrontements idéologiques anciens entre anarco syndicalistes, couche bureaucrate (isée?), etc. L’appel incessant à la "fraternité" ne peut pas servir à bâillonner les camarades

Hauts les coeurs camarades, la lotta continua !

Salutations militantes

mercredi 4 mars 2009

Quelques réflexions sur le syndicalisme, les luttes, le secteur tertiaire privé, la politique et "l'exemple" du LKP

Bonjour,

A un camarade qui me disait que, nous en métropole, compte tenu de notre inaction actuelle, on devrait "avoir honte" et que nous devions "suivre l'exemple" du LKP, je répondais, en gros, que on ne fait pas grève durablement "par solidarité" (une heure ou deux oui, en témoignage, à la rigueur), on ne bloque pas un pays ou une région "pour ressembler au LKP", j'ai eu, d'un autre, cette réponse, ironique, et qui m'a agacée (pas parce qu'elle était ironique, mais pour ce qu'elle révèle au fond, parce que c'est simpliste comme manière de présenter le problème , donc au fond, que c'est le meilleur moyen de ne pas le résoudre, ce problème réel...) :

"Tu as raison, La Louve !

Heureusement qu’on a des dirigeants syndicaux RESPONSABLES, pour nous empêcher de faire n’importe quoi !

Grâce à eux on attend un mois et demi entre le 29 janvier et le 19 mars.

Je leur demande que la prochaine fois ils soient encore plus responsables et d’attendre carrément la rentrée pour une nouvelle journée d’action.

D’ailleurs, une journée, c’est pas un peu trop long pour une grève"

Voici ce que j'ai répondu, et finalement je décide de publier tout cela, agrémenté de quelques réflexions supplémentaires, dans un texte unique, pour vous soumettre certaines de mes réflexions et donc, attirer les vôtres, évidemment.

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"Je vais passer outre l’ironie de ton intervention et ce qu’elle m’inspire de même en échange.

Pour essayer d’être constructive.

1 ° Je ne soutiens pas le moins du monde la position de nos directions syndicales, au contraire, je la combats. Mais je règlerai ce compte, comme tant d’autres camarades, "le moment venu", et pour l’instant, je la combats différemment de toi peut être, parce que je me suis rendu compte que la combattre en "braillant", comme dit un-e autre camarade, en signant des pétitions, en dénonçant, si ce n’était pas stupide, c’était néanmoins non seulement inefficace mais "contre productif" (parce que, à la longue, si ce n'est suivi de "rien d'autre", cela montre que notre seule force est de déclamer, mais pas de regrouper, et donc, in fine cela ne montre que notre faiblesse et notre incapacité de fédérer pour nos buts).

Or je crois qu'il n'y a rien de pire pour engager une lutte que de montrer ouvertement à "l'ennemi" la médiocrité de notre niveau d'analyse du réel. On peut se planer mais il ne faut pas persévérer et savoir changer son fusil d'épaule pour atteindre la cible.. non?

La seule manière de faire tourner casaque et de "dé-légitimer" une direction syndicale nationale qui ne nous conviendrait pas est de lui imposer le mouvement de la base.

Ce que l’on ne peut pas faire dans un parti politique réformiste et embourgeoisé, sclérosé (suivez mon regard...), mais qu’on peut encore essayer de faire à la CGT par exemple, compte tenu de nos structures et de notre fonctionnement ( mais comme ça ne va peut être pas durer, et que ce sera un rude combat de préserver cette possibilité organisationnelle originale, il faut se dépêcher d’en profiter pour éviter "le pire").

Mais quelle plus belle victoire contre ce que tu dénonces que de jeter à la face de directions capitulardes et "traine savates" ;-)) des mouvements de grève puissants, organisés, coordonnés et unis à la base?

2° Bien sur que les directions nationales ne sont pas "facilitantes" du mouvement, voire, le bloquent pour certaines, ce qui est surtout incroyable, c’est que certains représentants nationaux sont plus présents dans les salons que pour soutenir les travailleurs en lutte ... Enfin pour la direction de la CFDT à quoi s'attendre d'autre? Quant à FO, on attend juste de voir quand ils vont se "retourner"...Bref.

Mais il ne faut pas non plus tout ramener à ça, et en faire "la causa ultima" de notre problème !

D’abord, c’est comme dire que les travailleurs sont des "infans", des personnes sous tutelle, qui ne peuvent pas décider pour et par elles mêmes de ce qu’il convient de faire pour elles.

Alors, là où je suis d’accord, le drame, c’est qu’à ce stade et pour l’instant, c’est peut être vrai (7 % de syndiqué dans le privé mon cher camarade !!! ouvre les yeux....participation aux prudhommes? moins de 25 % je crois de mémoire) et on n’a pas le cul sorti des ronces , donc. Ce n’est pas de "flinguer" verbalement B Thibault Le Duigou ou tte la clique, sans être force de proposition, qui fera bcp avancer le schmilblick, ( même si ça peut défouler, je le reconnais...)

La question c’est : comment on inverse cette "mauvaise vapeur"-là, nous syndicalistes, militants de terrain? Comment on fait pour sortir "la masse" de sa torpeur, de son suivisme? Comment on travaille, patiemment, modestement , chacun-e- à son niveau, pour CONSTRUIRE ce qui nous manque pour "ressembler au LKP", justement?

Mais depuis quand tu as vu qu’il suffisait que les grands chefs à plume disent "On y va" pour que 2 ou 3 millions de personnes soient dans la rue (et en grève , n’en parlons pas !!!), je veux dire ,durablement?

C'est fini et bien fini, l'époque du syndicalisme instrument de partis politiques puissants à la solde de l'étranger, où on se retrouvait des centaines de milliers, des millions, dans la rue, le "doigt sur la couture du pantalon", au premier claquement de doigt des directions (si tant est que ça AIT JAMAIS existé, et moi je doute...).

3 ° On a par ailleurs un VRAI problème : la syndicalisation, surtout dans le privé, et la conscience de classe qui va avec - car c’est pas le tout d’avoir des adhérents, encore faut il avoir aussi des MILITANT-E-S. Tiens, tu en fais des adhésions toi? Et si oui, tu prends le temps de les former, un minimum, sur des bases de classe, tes adhérents? Ou tu te contentes d’encaisser les cotiz', de répertorier les noms et de leur dire "Ralliez vous à mon panache blanc?" (et surprise, oh, quand tu te retournes, les trois quarts de ce que tu pensais être "tes troupes", sont restées au port!?...)

L’état de ce qui est réellement mobilisable dans le secteur privé et notamment tertiaire , est dramatique. Or, notre manque est là. Il y a des syndicats entiers à CRÉER - mais qui parmi les camarades vraiment engagés y pense? Le fait? C’est si facile de se contenter de "gérer" l’existant dans sa branche ou sa profession. C’est un foutu pb et c’est pour ça d’ailleurs AUSSI que corrélativement nos directions syndicales partent en sucette.

Il faut commencer par là donc,syndiquer, organiser les colères, les faire devenir "conscience de classe". Organiser les forces et les volontés, dans le bon sens. Préparer le terrain. Tu ne sèmes rien sur une terre qui n’est pas labourée.

4° Autre "problème", c'est un hiatus, une apparente scission dans le mouvement, je m'explique : on a des luttes très fortes, des avant garde très pointues, très déterminées en France depuis 2 ans - je salue encore une fois les camarades de Goodyear, la SBFM , Renault, Saint Nazaire, Ford, les cheminots, La Poste, les profs, les sans papiers, et tant d’autres, encore en lutte actuellement .

Ce sont des "durs à cuire", admirables, et ils sont en guerre depuis bien plus longtemps que "nous", je parle du privé tertiaire (gros pourvoyeur d’emplois mais dramatiquement sous mobilisé), et bien plus férocement; oui, chapeau bas devant eux.

Oui, mais voilà, d’une part, nous ne savons pas comment bien aider cette "avant garde" (j’emploie le mot à dessein car ce sont bien des luttes "isolées" pas seulement isolées par la direction des syndicats, mais isolées dans le climat social général jusqu’à présent, disons que ce sont des "poches de révolte et de luttes"), et d’autre part, cette avant garde, pour des tas de raison, a fait les frais, pour le moment, du déclenchement d’une crise structurelle partielle "trop en avance" par rapport au reste du contexte , si vous comprenez ce que je veux dire. Les conditions ou possibilités d’autres luttes ailleurs plus étendues, d'une "extension du domaine de la lutte", sont seulement en train d’arriver maintenant pour la majorité des salariés, tous secteurs confondus.

Il faut tenir compte de cela aussi. Les fameuses conditions conjoncturelles, les circonstances historiques. Et les mentalités dominantes, dures à bouger! Et ce n’est pas en faisant le mariole pour "casser" les uns ou les autres que tu changeras quoi que ce soit aux faits. Qui sont têtus malheureusement.

Je peux rappeler le gros "plouf" qu’a fait le fameux "grève le 11 novembre" par exemple? Je signale aussi que selon certains, le 29 janvier au soir, touchants, qui prennent leurs désirs pour des réalités, la France entière devait entrer dans la grève générale pour ne plus en sortir avant d’avoir pendu le dernier banquier avec les tripes du dernier curé... (C'est pas forcément l'envie qui m'en manque....mais...Je cherche encore aux pylônes et aux arbres, ce fameux dernier banquier... Mais là tout de suite, j'vois rien...)

5° Perso', depuis que je suis syndiquée, et bien, tous les matins, psychologiquement, je "prends mon tracteur", je vais labourer "mon" champ. C -à -d mon entreprise et son entourage immédiat. Sillon par sillon, patiemment, en sachant que c’est un combat quotidien à recommencer sans cesse, demain j’aurais de la flotte averse pendant 3 jours, puis le gel, puis la grêle, que je devrais recommencer des tas de fois, mon labourage, mon semis, ma récolte....

Compte tenu des conditions historiques qui s’avancent, on peut refaire ce retard, ce décalage, pas pour "servir à la CGT", mais bien pour servir aux luttes et à l’émancipation des travailleurs par eux mêmes, pour eux mêmes, pour notre classe, pas pour un drapeau avant tout.

Je me place dans cette optique.

Je me suis fixé des objectifs pour le 19 mars : essayer de monter, avec d'autres, un embryon de coordination départementale, amener au moins une 10 aine de personnes de ma branche à ne pas travailler et à venir manifester en tenant une banderole CGT, même si elles n’y sont pas (encore ;-)), qu’elles voient que c’est possible, qu’on ne mord pas, qu’on est des "gens normaux", comme EUX, les aider à se frotter aux réalités de la lutte, leur donner envie de ne plus baisser la tête, de se révolter contre l"ordre des choses " si bien établi.

Pas seulement "contre Sarko" non mais contre toute la droite, contre la fausse gauche, dans son ensemble, MAIS surtout, contre le patronat, le grand possédant, qui possède même nos vies.Qui a droit de regard même sur nos rythmes biologiques, nos désirs d’enfants, nos besoins élémentaires. Leur dire qu'elles ne sont pas obligées d'accepter d'être licenciées "parce que c'est la crise" après 25 ans de bons et loyaux et service.

Qu’elles se sentent vouloir devenir des adultes autonomes, indépendants, que l’on doit respecter, qu’elles fassent "craquer les coutures" du vêtement social imposé par la bourgeoisie, et qu’elles disent "STOP", que les propriétaires du capital ne peuvent pas les humilier, maltraiter, voler, briser... comme ça impunément.Et que si il y a du fric, en France, et ailleurs, et bien on va aller d'abord le chercher dans LEURS POCHES, plutôt que dans les nôtres , celles de nos vieux, de nos gamins!

Voilà, ce n’est évidemment pas pour "parler de moi", mais c’est pour livrer mon expérience personnelle, de terrain, mes réflexions quotidiennes sur ce sujet, et dire que je suis en complet désaccord avec cette position infantilisante ("c'est la faute au chef"), qui finalement, si on la déroule jusqu’au bout, va simplement aller nous chercher un "autre chef à plume", un autre "grand leader" que ceux là , qui ne conviennent plus, et finalement, ce sera plus ou moins toujours pareil "à la fin" car le PROBLÈME EST AILLEURS que dans la couleur du cheval blanc d’Henri IV, ou du chat de Bernard...

Ce qui me gêne au fond dans cette position-là, si on va au fond des choses, c’est que je ne suis pas convaincue que tu aies envie de l’émancipation réelle des travailleurs, et moi je ne rêve que de ça, c'est une des conditions de la fin du capitalisme.

Et c’est pas Chérèque ni Mailly ni Thibault ni le Pape qui nous en empêcheront le JOUR Où LE MOMENT sera venu.

En revanche la bonne question, je pense, c’est : avons nous construit de quoi nous éviter le fascisme et l’extrême droite le jour où "ça va venir"? Ma réponse, hélas, à ce jour, c' est non.

C’est pour ça que en plus de mon activité syndicale je m’efforce ,avec d’autres de construire les possibilités d’une démocratie réelle, une démocratie prolétarienne, au cas où par hasard le capitalisme aurait encore qques décennies devant lui, qu’on ne les passe pas le nez dans la merde.....et bien sur, toujours , de ne pas perdre de vue la révolution c à d la fin du capitalisme et le début d’un nouveau jour....

Bref, désolée j’ai été longue mais je dois dire que ça me gonfle légèrement de lire ce type de réactions parce que je en vois pas en quoi ça fait avancer. Je préfèrerais largement que tu me parles de ton activité de terrain que tu t’ouvres à nous de tes idées pour construire le mouvement durablement. Les jaunes et les capitulards t’inquiète pas ils ne perdent rien pour attendre....

Mais dis moi, si ça se trouve tu n’es même pas syndiqué et tu considères comme de nombreux petits bourgeois que "c’est nul et ça n’en vaut pas la peine, ça ne sert à rien , car tous pourris"? non ?

La Louve"

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Et je conclurai ici en disant qu'on ne peut pas tout faire reposer sur le mouvement social et les syndicalistes, cela je le dis depuis longtemps et je le maintiens. Si le syndicalisme ne peut être "apolitique" comme le prétendent certains de façon hypocrite, il ne peut tenir lieu d'organisation politique au sens strict, en tout cas, pas pour des communistes ou des socialistes révolutionnaires.

Or, c'est une tendance forte actuelle dans de nombreux "partis de gauche" d'être "à la remorque" des syndicalistes, de vouloir les utiliser, les instrumentaliser, et cela aussi, ça me "gonfle".

C'est en plus nous prendre pour des abrutis, car on voit très bien que les manteaux qui sont sur les épaules de Martine, Vincent ou même Jean Luc, par exemple, sont les nôtres, qu'ils viennent des combats de classe que NOUS menons, en général sans leur aide, dans les entreprises, et qu'eux n'ont pas la légitimité pour les porter ainsi.Encore moins pour les revendiquer comme étant "les leurs"!

Il faut les deux et on doit travailler aux deux : mouvement social et mouvement politique. Un seul mouvement social ne règlera pas tout. On doit travailler, j'en suis plus convaincue que jamais, à pouvoir aller vers la démocratie prolétarienne, c'est cela que nous devons proposer, construire.

Il faut une force politique, y compris protéiforme, populaire, révolutionnaire, et un projet politique nouveau à opposer à la droite, à arracher le bras armé de la politique du Capital. Mais aussi au PS et à ses alliés implicites, deuxième fer au feu des patrons "au cas où". A bon entendeur...

Cela ne sortira pas de terre "tout seul" en revanche, et il faut y travailler ensemble (et le premier qui me parle "élections européennes" comme solution ultime à cette occasion a un gage!!).

Fraternellement


vendredi 10 octobre 2008

"Réforme des professions du droit" - Deuxième vague de concentrations tueuses d'emplois dans le juridique - 50.000 morts dans les offices notariaux?



"La réforme des professions du droit" : deuxième vague de concentrations
tueuses d'emplois dans le tertiaire juridique - 50.000 morts dans les
offices notariaux?


La Commission voulue par Sarkozy, théorisée par Attali, et chargée de
travailler sur "la grande profession du droit" (fusion avocats, notaires,
avoués, juristes... au sein d'une seule et même profession d'avocat),
présidée par M° J.-M. Darrois, risque fort de laisser sur le carreau
quelques 50.000 salariés du notariat et pas loin d'autant de retraités...

Autant dire 100.000 personnes, sans compter leurs familles, qui subiront
évidement de plein fouet l'impact de cette restructuration.

Le devant de la scène sur le sujet est actuellement occupé par les
revendications corporatistes des quelques 7.000 patrons du notariat (les
notaires, au sens strict), qui négocient activement pour garder leurs
avantages et leurs privilèges à eux, y compris en cas de fusion, mais
négligent voire, sacrifient d'emblée, leurs salariés.

Or, le vrai désastre ne risque pas de concerner les quelques 8.000
notaires de France, qui se partagent les quelques 4.500 offices en France,
(dans des conditions très variables et très différentes en fonction du
lieu et de le taille de l'office certes, les petits et les ruraux pouvant
être particulièrement affectés eux mêmes par cette réforme, aggravée
encore par la crise).

Le vrai drame risque fort de toucher de plein fouet les salariés des
offices, cadres, techniciens, employés, qui bénéficient encore
actuellement d'un régime spécial, notamment pour la retraite, d'une
convention collective nationale particulière, de salaires , de conditions
de travail et d'avantages en général supérieurs à la moyenne nationale.

L'atterrissage, si la fusion a lieu, et ce, quelles que soient les
conditions négociées par les patrons, promet d'être douloureux.

En effet, intégrer les 50.000 salariés actifs du notariat et leurs régimes
spéciaux sur le marché du travail de l'emploi des cabinets d'avocats
(dominé en France par les cabinets anglo saxons) risque d'être impossible
ou au forceps.

Licenciements, baisse des salaires, travail précarisé, mise en retraites
anticipées avec des indemnités de misère, tout doit être envisagé et
risque fort d'atteindre les salariés du notariat comme un tsunami dès fin
2009. Il n'y aura pas de place pour tout le monde.

Noël Lechat, Secrétaire général de la Fédération CGT des Sociétés
d'études, insiste pour dire qu'ils ont déjà du mal à reclasser les 2500
salariés des études d'avoués: "Que fera -t-on de 50.000 salariés, dont les
mesures de reclassement nécessiteront des sommes qui ne sont pas prévues
au programme à ce jour?"

Sans oublier qu'il n'est pas prévu de faire bénéficier le personnel des
cabinets d'avocat du régime spécial des salariés du notariat, mais plutôt,
à l'inverse, d'amener les rescapés du notariat qui conserveront leur
emploi, dans le régime général.

Pour Pierre Lestard, responsable de la branche "Notariat" à la CGT :
"Malheureusement, notre cas n'est pas évoqué dans les médias, ou seulement
sous un certain angle; les salariés des études sont pris de court car ils
n'ont pas l'habitude des actions revendicatives".

Une pétition a été ainsi été lancée à l’attention des salariés du notariat
par l’intersyndicale CGT-CFDT-CGC CFE pour les sensibiliser à leur propre
situation (« Grande profession du droit = il faut sauver le notariat »
disponible en ligne sur les sites CGT féd. Soc. D’études, CFDT, CGC).
Il faut dire que l’information ne passe pas ou qu’elle est à coloration
exclusive du patronat.

"Pour que nos actions de terrain soient plus efficaces, il faudrait
évidemment plus de salariés syndiqués dans les offices", confirme Noël
Lechat, qui cependant, ne désespère pas de faire bouger les lignes
notamment grâce à la mise en place il y a un an dans cette branche d'une
intersyndicale CGT-CFDT-CGC CFE.

"On va changer de méthode; on va se faire entendre plus vigoureusement et
se rendre plus visibles, également des autres salariés, qui sont à la
fois des citoyens et aussi des usagers des offices de notaires"
conclut-il, en regrettant le refus de FO de s’unir avec les autres
syndicats. "

mardi 19 février 2008

De beaux projets de décrets à avaler comme autant de couleuvres…par Enzo d'Aviolo



Quand je dis et répète à satiété qu’avec ce gouvernement il ne faut pas négocier, ou du moins ne négocier qu’avec un rapport de force largement en faveur du salariat donc forcément conflictuel!

La sortie des projets de décrets sur les régimes spéciaux est une double provocation pour les syndicats ayant acceptés de se mettre à la table des négociations. Alors que pourtant celle-ci était divisée au niveau de chaque entreprise selon la volonté du patronat toujours prompt à respecter le principe du diviser pour mieux régner , elle n'est ni plus ni moins qu'un cadeau empoisonné dont les syndicats ne savent plus comment se défaire.

Et forcément, les projets de décrets sortent alors que les négociations ne sont pas terminées dans les entreprises ! fermez le ban, il n’y a plus rien à voir ! on doit se sentir pris pour une triple buse dans ce cas là.

Ensuite, les projets de décrets en profitent pour prendre de l’avance sur les futurs négociations prévues par la loi. En effet, alors même que 2008 doit être l’année des négociations sur l’avenir des retraites du régime général, ces projets sur les régimes spéciaux actent un passage progressif à 41 annuités de cotisations en 2013, alors pourtant qu’il s’agit d’un des thèmes essentiels des futurs négociations !

En d’autres termes, ces décrets envisagent de graver dans le marbre pour les régimes spéciaux ce que l’on fait semblant d’envisager de négocier pour le régime spécial, alors qu’en réalité, toute les décisions sont déjà prises. Du foutage de gueule version XXL.

Ça n’est pas le premier exemple qui démontre que la droite se contrecarre du dialogue social comme tout chantre du marché libre, le dialogue n’étant qu’un étendard de bonne conduite face à l’opinion publique.

Non, ce qui me chagrine une fois de plus (en fait c’est à pleurer de bêtise), c’est de lire les communiqués de ces pauvres syndicats qui contestent une telle méthode gouvernementale, alors qu’il en sont à leur 150ème foutage de gueule répété tout en croyant toujours qu’ils vont pouvoir signer un bon accord équilibré et équitable pour éviter tout conflit.

A ce niveau de répétition des erreurs, n’aurions-nous pas les syndicats les plus bêtes du monde ?

http://daviolo.unblog.fr/

jeudi 7 février 2008

LES PATRONS NE PRENNENT PAS LE METRO (retour sur la blitzkrieg des taxis)



Je suis restée comme deux ronds de flanc dis donc..

Alors quoi, les taxis font grève, ils bloquent le périph’ et les abords de Paris pendant disons, 48 heures... et ils obtiennent gain de cause? Comme ça? Tout de suite?

Mais pourquoi?

Au moins deux raisons : d’abord, ils ont gêné avant tout les bonnes personnes. A savoir les riches, les patrons, les grosses huiles....

Et oui - car si les prolos de base aussi prennent leur voiture ( mais ça on s’en fout ) , le "drame" c’est que les patrons également prennent la voiture, sans compter qu’ils sont consommateurs de taxis pour eux, pour leurs gros clients etc. (Et comment on fait pour prendre l’avion dans ces conditions, hein?Prendre le RER avec les gueux?! Vous n’y pensez pas mon brave...)

Et puis surtout, les taxis ont défendu un système de retraite capitaliste par excellence.

En effet, c’est bien la vente de leur capital, de leur fonds de commerce, de leur licence, qui finance en grande partie une retraite que leur système de solidarité ne suffit pas à fournir (et pour cause...).

Autant dire qu’ils étaient entre potes, eux et le gouvernement, comme les buralistes et la plupart des commerçants qui sont propriétaires et pas gérants.

Nouvelle leçon de choses donc : un salarié reste un salarié, et la défense de ses intérêts n’est pas soluble dans la défense des intérêts des capitalistes.

Nous sommes contraints au choc frontal pour défendre notre bifteck, à l’épreuve de force, au bras de fer.

Comment expliquer autrement que, tout corps de métier confondus, syndiqués,bien plus nombreux que les taxis etc... nous n’ayons pas réussi à faire plier ce gouvernement pour nos retraites dites de "régimes spéciaux"?

Il faut sans doute réfléchir à refaire de véritables grèves et pas des grèves "éclair" de 24 heures....

Il est temps aussi que les journalistes syndiqués entrent en action et nous aident un peu plus à médiatiser et à populariser nos mouvements, PAR TOUS MOYENS.

Sur ce, la lutte continue

A plus tard camarades et amis

"Cent fois sur le métier remets ton ouvrage..."