samedi 7 février 2009

Sarkozy "face à la crise" : Le capitalisme et la bourgeoisie soutenus par le "premier flic de France".


Sarkozy "face à la crise" : Le capitalisme et la bourgeoisie soutenus par le "premier flic de France".

Bien évidemment il fallait être totalement "stone" ou idiot pour avoir écouté Sarkozy hier soir en en "attendant" quelque chose, au sens strict.

Non. La plupart d'entre nous savait qu'il ne fallait RIEN attendre de ce discours savamment mis en scène.

Nb : Je me suis quand même demandé s'ils l'avaient attaché à son siège ou fourni en talonnettes en plomb pour qu'il se tienne aussi tranquille devant les caméras... Merci Saint Lexo' !

Si j'ai regardé hier soir, donc, ce n'est pas les mains tendues et l'œil humide, en espérant qu'il fasse quelque chose pour nous et remplisse nos petites poches, préserve nos emplois, nationalise les banques...après avoir condamné les financiers et dépouillé les actionnaires....

Mais comme j'ai dit, pour voir l'ennemi en face.

A la fois c'était plutôt réjouissant au premier abord, il était très mauvais, disant une chose et son contraire, sans cohérence apparente (et je dis bien apparente), et en même temps assez angoissant, car je doute que nous soyons assez nombreux à être préparés réellement, actuellement, au niveau de la résistance qui s'impose face à lui.

Que doit on penser, constatant non seulement son manque (ou l'apparence de manque?) total de culture économique, juridique... son manque de logique, son manque de synthèse... sur le fond, même d'un point de vue capitaliste (j'ai discuté avec quelques personnes qui, pourtant, salariées ou professions libérales, soutiennent le capitalisme, même elles ont halluciné sur le vide, les inexactitudes, les erreurs qui constellaient ce discours...)?

On retiendra surtout une chose: Sarkozy refuse (ou semble refuser) de prendre en compte les contradictions inhérentes à sa classe et surtout, à ses alliés - la bourgeoisie, oui, ET la petite bourgeoisie.

Cela est un sacré talon d'Achille. Et c'est aussi très signifiant pour la suite.

Qu'il vomisse les salariés, surtout les plus pauvres, les précaires, les exclus, les fonctionnaires, les syndicalistes, on peut dire que, pour un type comme lui, c'est normal.

Qu'attendre d'autre d'un mec qui dit haïr Mai 68, qui défilait dans les années 70 contre la grève? Qui est un pur produit du capitalisme et qui n'existe (politiquement) que pour défendre et servir le grand capital?

Ah bien sûr, il peut nous amuser en promettant aux syndicats de se voir le 18 février et d'entamer un nouveau dialogue.

Il va surtout nous balader, nous imposer un calendrier qui peut nous enfermer vis à vis des éléments les plus réformistes de la coalition intersyndicale (on connaît la chanson « ah mais non, on ne va pas se mobiliser, il ne faut pas le fâcher, négocions, négocions ! »), et c'est donc maintenant que le plus difficile commence pour des organisations comme la CGT et Sud, notamment. Soyons en conscients.

Quand on entendait certains représentants syndicaux hier soir, on sent bien que, dans cette intersyndicale (pour ceux qui auraient des doutes), tout le monde n'est pas sur la même "longueur d'ondes", dans la même perspective ( contrairement à ce que racontent complaisamment les médias bourgeois).

La question se posera donc très rapidement pour certaines orgas de poursuivre les luttes et la mobilisation sans d'autres (notamment sans la CFDT, dont on sait bien que le 3 février ,elle a déjà tout fait pour freiner des 4 fers le mouvement, alors que, dans la discussion, il semblerait que la CGT a clairement posé le principe de la continuation et de l'amplification).

On sait très bien que le "risque" est que certain-e-s cèdent au soi disant "besoin d'unité" intersyndicale, pour ne pas paraître diviseurs, etc...voire, s'en saisissent pour continuer dans plus de réformisme.

A nous de nous battre très fort (encore plus fort) en interne et dès la base ( ce que l'organisation et la composition "de base" de la CGT, par exemple, permettent encore) pour imposer la lutte et les conditions de lutte que nous voulons pouvoir développer et devenir le "fer de lance" du mouvement. Cette bataille est possible, et gagnable, il me semble, si on y met les moyens tout de suite, mais bien sûr, je peux me tromper...

Sachant que, paradoxalement, nous avons dans cette perspective un allié (dont nous devons aussi "vérifier" le poids et la solidité, et vice versa), c'est la mobilisation "spontanée" de toute une partie de la population non syndiquée qui constituait un gros bataillon des manifestants le 29 janvier dernier. Et il y a aussi une mobilisation étudiante qui monte et qu'il faut rejoindre (et non "récupérer").

Alors continuons ; notamment, à syndiquer, et à faire apparaître les contradictions dans nos boîtes, à les faire exploser, à prendre les patrons et leurs serfs au jeu de la "négociation", à monter les luttes, poussons nos pions, que les salariés, tous les salariés, sentent partout comme ils se font ENFLER.

Ce point fait, que Sarkozy prenne aussi ouvertement la décision de laisser crever les PME, et notamment les TPE, l'artisanat, les commerçants...cela, c'était surprenant.

Et bien oui.

-> Qu' a-t-il proposé d'immédiat, de mesures urgentes, pour ces catégories de la "petite bourgeoisie"?

Rien! Absolument rien.

Même l'exonération de la taxe professionnelle, prévue pour 2010, qui pénalise évidemment le budget public, les collectivités locales, ne peut pas satisfaire les besoins urgents des "petits patrons" qui ont besoin de solutions MAINTENANT !

Quant au discours sur le 2ème tiers (?), la tranche (inférieure supérieur médiane? on en sait pas...), des "classes moyennes" (mais qui est pour lui cette Arlésienne?), il est suffisamment vague pour devoir être précisé, et là encore ce ne sont pas des mesures immédiates ni suffisantes. D'autant qu'une bonne partie des contribuables est mensualisée.

Le discours emberlificoté sur la TVA (et son exemple en chocolat qui a tant fait sourire la blonde de TF1), on ne peut pas dire qu'il soit encourageant.

J'ajouterai que les commerçants sont peut être de droite, mais ils ne sont pas "cons". Ils savent bien que sans augmentation immédiate du pouvoir d'achat de la majorité de leurs clients, salariés, c'est aussi dans leur caisse qu'on tape...

Son annonce sur le prochain « détricotage » des collectivités locales risque aussi de contrarier fortement de nombreux petits barons de l'UMP, des « notables de province » comme on dit, qui ne lui étaient pas forcément hostiles jusque là…

Que va-t-il leur proposer en remplacement ? Mystère…

Évidemment, son attaque à peine voilée contre les TPE et PME, c'est assez logique compte tenu de la période que nous vivons (les gros doivent grossir et les petits doivent disparaître), et c'est dans la droite ligne de la guerre qu'il a livrée aà un des représentants politiques direct de cette catégorie, le PS. Politiquement, Sarkozy ne veut pas prendre le risque de "fricoter" avec cette classe, qui est à cheval sur la bourgeoisie et le prolétariat. Il ne veut pas s'en "embarrasser"...Ce n'est pas dans son tempérament. Sa stratégie ne lui permet pas la finasserie, la demi-mesure, le compromis.

Beaucoup de "petits patrons" en France ne veulent pas comprendre qu'ils ont tort de se laisser manipuler par la grande bourgeoisie du CAC 40, on les a pourtant assez prévenus; ils vont le payer cher.

C'est là qu'on peut dire : Sarkozy a un talon d'Achillle.

Son omnipotence lui monte peut être à la tête, et son caractère lui interdit de revoir, le cas échéant, la stratégie qu'il compte développer. C'est un "jusqu'au-boutiste", cela, nous l'avons constaté à nos dépens et il l'a répété ; il faut dire qu'il n'est pas aidé par la Parisot, qui semble être exactement sur la même position idéologique que la sienne (pour cause, étant en difficulté au sein de son organisation à cause de l'affaire de l'UIMM notamment, elle est contrainte à la surenchère... on pourrait dire qu'elle fait du "droitisme", comme on dit que certains font du "gauchisme").

Une fois ce constat fait : Sarkozy n'a rien proposé de positif pour les salariés, les exclus, et les exploités, il n'a eu aucun discours cohérent en direction de ce qu'il a appelé "la classe moyenne", justement, il a dit tout et son contraire sur de nombreux sujets, il veut manifestement enfumer les syndicats, il a fait l'impasse sur les attaques personnelles dont il a été l'objet direct le 29 janvier dernier...

En d'autres termes, on peut penser qu'il fait presque ouvertement le choix de poursuivre le combat dans ce moment paroxystique de la lutte des classes que nous allons connaître, en tant que représentant d'une classe puissante et actuellement dominante, certes, mais très minoritaire dans la population, avec ses seules forces, en se coupant de plus en plus d'alliés potentiels, et en brûlant –déjà- des bases arrières (ce qui ne peut être qu'"au pire", qu'une solution extrême), et c'est là que ça ne va pas...

Mais qu'en tirer?

Sarkozy est il un imbécile? Non, pas au sens strict.

Sarkozy est-il mal conseillé? Sans doute mais pas seulement.

Sarkozy est-il fou? Franchement, je ne pense pas (il a une pathologie oui mais ce n'est pas de la folie), et je ne suis pas sûre que ce soit une question pertinente - il est là, il faut faire avec pour pouvoir faire sans.

Sarkozy peut il marcher sur l'eau et multiplier les pains? Non, pas à ma connaissance.

Mais alors, que peut , que va faire Sarkozy, surtout dans la perspective qu'il a tracée hier?

C'est là, peut être, qu'on doit se souvenir que la majorité des électeurs ont élu un « flic ». Le « premier flic de France ».

On en revient donc à la case départ.


Lorsque, avant même sa désignation officielle à la candidature, nous disions que le premier devoir des organisations de gauche dans la "bataille présidentielle" était de ne pas laisser le "premier flic de France" se présenter impunément à la Présidence de la République, de ne pas le laisser tranquillement en poste jusqu'à l'élection.... Hélas, on nous traita (une fois n'est pas coutume) de "gauchistes", de Cassandre, on nous renvoya d'un geste de la main "pfff... vraiment n'importe quoi....Psychologie de comptoir" (comme si nous en avions fait une question de "psychologie"!!)

C'est là que nous reviennent le "nettoyage au Karcher" "La racaille". Le "casse toi pauv' con". La CB de Cécilia, le 4 février 2008....et j'en passe.

Sarkozy a une haine viscérale pour le respect des procédures, les mouvements sociaux, les mouvements populaires,et il hait les communistes, les socialistes, les libertaires, cela, par contre, on ne le prend peut être pas assez en compte dans la résistance que nous essayons d'organiser.


C'est pour cela nous sommes un certain nombre à avoir toujours été opposés à ce qu'on le ridiculise, le minimise, qu'on le traite en bouffon, bref, qu'on croie à son masque.

Oui, il nous hait. Il nous hait comme seuls les fachos peuvent nous haïr, nous "les rouges".

Il ne le cache pas. C'est à la fois idéologique et sentimental chez lui. Mettons nous cela dans le crâne une bonne fois pour toutes.

Cet homme là est l'instrument d'un système. Un système qui s'appelle capitalisme.

Pour sauver les intérêts de la classe qui a contribué à le mettre là où il est, je veux dire, la bourgeoisie, la vraie, il est prêt, et cela il ne l'a pas caché hier soir , à user de la force la plus brutale, de la répression "préventive" la plus féroce. Son discours sur Saint Lô était édifiant.

Il a dit, et il faut le croire, sa marge de manœuvre est ridicule, pour des raisons qu'il ne maîtrise pas, dit-il, pour des raisons idéologiques évidentes, bien sûr, et aussi pour des raisons qui tiennent à son caractère et à sa stratégie.

Donc, la traduction globale de son discours : "salariés, étudiants, chercheurs, la crise c'est pas de ma faute, c'est les américains... mais vous allez en chier. Ce que je veux, moi Sarko, c'est aider le capitalisme, le vrai, le sérieux, à s'en sortir et à reprendre la main".

Aussi, camarades, amis, n'ayons aucun doute, plus nous allons nous opposer , plus nous boufferons de la matraque, du gaz, de la criminalisation, voire de la "zonzon" et tout ce qui "va bien" avec.

Parce que compte tenu de l'analyse qu'il nous a montrée en creux hier, il est probable qu'il ne va pas avoir d'autres choix que de finir de nous faire entrer dans le fascisme. En tout cas, je n'en vois pas d'autres, mais je peux me tromper, (et dans ce cas, je ne demande pas mieux que d'être convaincue du contraire).

Avec tout ce que cela implique.

Il n'aura pas le choix. Sinon, il sautera, lui.

Oui, la différence entre la France et les autres pays européens ( à part la Russie) c'est que c'est le premier flic de France qui a été élu Président et que ce premier flic a largement réorganisé, graissé, modelé, chouchouté la "police" à sa main à lui.

On ne répètera jamais assez quelle part énorme de responsabilité porte une bonne partie de "la gauche" dans cette affaire, par sa légèreté, ses renoncements, ses compromissions idéologiques. Avant même les élections de mai 2007, bien avant...


Mais bon... Voilà c'est fait.

S'agit maintenant de pas se louper dans la résistance. Sa dimension. Son positionnement idéologique. Son organisation....


Car quand on l'entend dire hier soir :


"Je les entends tous, tout le monde veut être Président mais le Président c'est moi",


on comprend bien qu'il n'a aucune envie de lâcher sa place...

Voilà ce que je retiens de son discours.

A ce jour, nous ne sommes pas encore assez nombreux face à la puissante milice qu'il a installée sur le territoire depuis des années, à laquelle il a patiemment, avec ses amis Perben, Dati et cie, octroyé une quasi impunité et toujours plus de pouvoirs dans la poursuite (jusqu'à décimer les juges d'instruction, trop encombrants), pour prendre des risques absurdes, incalculés.


J'ai espoir cependant qu'avec notre travail quotidien et patient, cette proportion de résistants engagés peut changer.

En attendant, si nous sommes déjà une « avant-garde » résolue et déterminée, et bien, cela ne suffira pas – soyons aussi prudents, soyons organisés, soyons efficaces, frappons où ça fait mal. Ensemble.


Et essayons de ne pas nous faire "prendre" , car tout élément de nos rangs qui tombera servira d'épouvantail pour effrayer les volontaires.

Sachant que la lutte contre Sarkozy, qui est le seul objectif de certains, ne pourra se faire sans une lutte acharnée contre le capitalisme et pour le socialisme, le vrai. C'est l'autre condition "sine qua non" de notre victoire. Et nous devons nous mettre en train de faire la démonstration de cette nécessité à ceux qui doivent nous rallier et de convaincre les alliés potentiels que notre démarche est la seule issue.

mercredi 4 février 2009

LE PROGRAMME MILITAIRE DE LA REVOLUTION PROLETARIENNE - 1916 , par V. Lénine (extraits)

"(...) II.

A cela vient s’ajouter la considération d’ordre général que voici :

Une classe opprimée qui ne s’efforcerait pas d’apprendre à manier les armes, de posséder des armes, ne mériterait que d’être traitée en esclave.

Car enfin nous ne pouvons pas oublier, à moins de devenir des pacifistes bourgeois ou des opportunistes, que nous vivons dans une société de classes, dont on ne peut sortir autrement que par la lutte de classes.

Dans toute société de classes, qu’elle soit fondée sur l’esclavage, sur le servage ou, comme aujourd’hui, sur le salariat, la classe des oppresseurs est armée.

De nos jours, non seulement l’armée permanente, mais aussi la milice — même dans les républiques bourgeoises les plus démocratiques, comme la Suisse — constituent l’armement de la bourgeoisie contre le prolétariat.

C’est une vérité tellement élémentaire qu’il n’est guère besoin de s’y arrêter spécialement. Il n’est que de rappeler l’usage qui est fait de la troupe contre les grévistes, dans tous les pays capitalistes.

L’armement de la bourgeoisie contre le prolétariat est l’un des faits les plus importants, les plus fondamentaux, les plus essentiels de la société capitaliste moderne.

Et l’on vient, cela étant, proposer aux social-démocrates révolutionnaires de «revendiquer» le «désarmement» !

Ce serait là renier intégralement le point de vue de la lutte de classe et renoncer à toute idée de révolution. Notre mot d’ordre doit être : l’armement du prolétariat pour qu’il puisse vaincre, exproprier et désarmer la bourgeoisie. C’est la seule tactique possible pour une classe révolutionnaire, une tactique qui résulte de toute l’évolution objective du militarisme capitaliste et qui est prescrite par cette évolution.

C’est seulement après que le prolétariat aura désarmé la bourgeoisie qu’il pourra, sans trahir sa mission historique universelle, jeter à la ferraille toutes les armes en général, et il ne manquera pas de le faire, mais alors seulement, et en aucune façon avant.

Si la guerre actuelle provoque chez les socialistes chrétiens réactionnaires et les petits bourgeois pleurnichards uniquement de l’épouvante et de l’horreur, de la répulsion pour tout emploi des armes, pour le sang, la mort, etc., nous avons le devoir de dire : la société capitaliste a toujours été et demeure en permanence une horreur sans fin.

Et si maintenant la guerre actuelle, la plus réactionnaire de toutes les guerres, prépare à cette société une fin pleine d’horreur, nous n’avons aucune raison de tomber dans le désespoir.

Or, objectivement parlant, c’est très exactement se laisser aller au désespoir que de «revendiquer» le désarmement — ou, plus précisément, rêver de désarmement — à une époque où, au vu et au su de tout le monde, la bourgeoisie elle-même prépare la seule guerre véritablement légitime et révolutionnaire, à savoir la guerre civile contre la bourgeoisie impérialiste.

A qui dira que c’est une théorie détachée de la vie, nous rappellerons deux grands faits historiques de portée mondiale : d’une part, le rôle des trusts et du travail des femmes dans les fabriques ; d’autre part, la Commune de Paris de 1871 et l’insurrection de décembre 1905 en Russie.

C’est l’affaire de la bourgeoisie de développer les trusts, de rabattre vers les fabriques les enfants et les femmes, de les y martyriser, de les pervertir, de les vouer au pire dénuement.

Nous ne «revendiquons» pas ce genre de développement, nous ne le «soutenons» pas, nous luttons contre lui.

Mais comment luttons-nous ? Nous savons que les trusts et le travail des femmes dans les fabriques marquent un progrès. Nous ne voulons pas revenir en arrière, à l’artisanat, au capitalisme prémonopoliste, au travail des femmes à domicile. En avant, à travers les trusts, etc., et au-delà, vers le socialisme !

Ce raisonnement est applicable, en opérant les changements nécessaires, à la militarisation actuelle du peuple.

Actuellement, la bourgeoisie impérialiste militarise, non seulement l’ensemble du peuple, mais même la jeunesse. Demain, elle entreprendra peut-être de militariser les femmes. Nous devons dire à ce propos : tant mieux ! Qu’on se hâte ! Plus vite cela se fera, et plus sera proche l’insurrection armée contre le capitalisme. Comment les social-démocrates pourraient-ils se laisser effrayer par la militarisation de la jeunesse, etc., s’ils n’oubliaient pas l’exemple de la Commune de Paris ?

Il ne s’agit pas ici d’une «théorie détachée de la vie», d’un rêve, mais d’un fait. Et ce serait la pire des choses, en vérité, si les social-démocrates, en dépit de tous les faits économiques et politiques, en venaient à douter que l’époque impérialiste et les guerres impérialistes doivent nécessairement amener le retour de pareils faits. (...)"

A suivre en intégralité ici

Une réflexion sur l’unité, les alliances, les communistes, le deuil et la visée révolutionnaire.

Réponses sur certains points à un camarade qui me reproche,entre autre, par courrier privé, de "taper à bras raccourcis sur le PCF après avoir tapé sur le PS".

Je ne tape pas à bras raccourcis sur le PCF.

On ne peut pas comparer ce qui m’anime à l’égard du PS et ce qui m’anime à l’égard du PCF. C’est trop réducteur, c’est inexact. Ce n’est pas comparable. Ni dans le fond, ni dans la forme.

Je ne peux pas dire maintenant tout ce que j’en pense ( cà dans sa complexité et pas seulement en négatif) les sentiments et les réflexions mélangés qu’il m"inspire, tout ce que j’ai envie d’en écrire, d’écrire de ma petite expérience ( forcément un avis personnel) et que je n’écris pas, justement par respect pour de nombreux/ses camarades valeureux/ses qui se croient encore obligés de ne militer qu’au sein de cette structure, qui ne voient là que le seul horizon, qui voyagent avec l’œil collé au rétroviseur et pas en regardant la route devant.

Parce que je ne veux pas me tromper de combat non plus ; au fond, sur ce que je ressens, je pense que certains seraient étonnés. Mais la vérité c’est que le Parti que j’aime n’est pas le parti réel. Je dois reconnaître qu’il s’agit d’un parti fantasmé qui n’existe plus. C’est l’image de ce dont j’ai du faire le deuil pour pouvoir avancer.

Alors, oui, de mon point de vue, le PCF est fini en tant que parti communiste (et je ne cache pas ce point de vue) et je pense, pour l’avoir analysé ainsi lors du dernier congrès et jusqu’à preuve contraire (preuve contraire que l’on ne m’apporte pas et pour cause - on ne peut pas me l’apporter), que les conditions et les forces nécessaires à sa révolution interne ne sont pas réunies (et ne pourront pas l’être) - MAIS ce n’est pas un désir de ma part, c’est un constat. Et il ne me fait pas rire.

Son extinction a commencé dans les années 50. Elle est lente mais elle est inéluctable, car le PCF reste profondément un parti de la IIIé internationale, or, la IIIé Internationale est morte.

Force est de constater que malgré tout ce qui a pu être dit par certains hiérarques de ce parti , le PCF est en train d’agoniser d’un stalinisme dont il n’a jamais voulu/pu se défaire.

Pourquoi? Parce que celles et ceux qui auraient été à même de l’en sauver ont été liquidés ou contraints au départ. Que dans ceux qui sont restés, il y en a beaucoup trop qui pensent que le stalinisme n’existe pas, ou plus.

Bref il y a des tas de choses à dire là dessus et je comprends qu’on n’ait peut être pas envie de les entendre - c’est dommage, car personne ne peut gagner au déni, personne ne peut avancer en refusant un bilan critique. Surtout pas un communiste. Mais je comprends.

Bcp de camarades du PCF ont des attachements à ce parti que je ne peux pas avoir...mais que je comprends, là encore.

Ne serait ce que parce que pendant un temps le PCF a lavé l’honneur souillé des ouvriers et des prolétaires....il nous a représentés vraiment , il nous a donné de si belles choses, il nous a permis à nous d’obtenir de si belles victoires, construites par nous pour nous...

Il nous a fait rêver oui.

Là encore, c’est une question de deuil qui ne veut pas se faire, celle d’un amour mort. On ne dira jamais assez à quel point un des moyens du stalinisme a été de jouer sur l’affectif (dans toutes ses composantes) et sur l’irrationnel.

Mais ce sont des débats qu’il faudrait avoir de vive voix.

Cependant, mon silence relatif par rapport au PCF implique t il que je le soutienne? Que j’applaudisse à la nocive politique électoraliste et petit bourgeois de sa direction? Que j’encourage cette même direction à assassiner ce qui reste de communiste au PCF?

Et bien non.

Faut pas exagérer. Voir le Parti s’acoquiner avec celui de JL Mélenchon par exemple , "par en haut" ça ça me rend malade. Notamment parce que les alliances d’appareil par le sommet ça m’a tjs rendue malade.

Mais bon. Ce n’est plus mon parti. Ça , c’est vrai. Ça ne m’empêche pas de dire ce que je pense aussi de ce monsieur (marrant, vous êtes tjs prêts à me reprocher mes 5 ou 6 ans au PS, mais ses 30 piges à lui ne semblent pas vous gêner outre mesure...)

Maintenant, il me semble que c’est aux militants qui sont restés au PCF de se demander s’ils veulent vivre en vase clos ou participer au mouvement, y compris en restant au PCF ! Je ne pose pas comme préalable à la valeur des uns ou des autres le fait qu’ils soient au PCF ( ni même au PS ou à la LCR ou nulle part)...

Mais bien sur, c’est toujours facile de faire des caricatures et de fonder ses jugement sur des ragots ou des discussions de "comptoir". Donc je laisse à ceux qui veulent la faire de moi, le soin de la faire et d’y croire.

Le camarade me demande quand "je serai satisfaite"....La question de savoir "quand je serai satisfaite" a une réponse simple il me semble, et qui devrait être la nôtre à nous tous :

je serai peut être satisfaite quand nous aurons fait la révolution et qu’elle sera victorieuse pour notre classe et la majorité du peuple. Ici et dans le monde. Sans ignorer que c’est là que le plus difficile commencera.

Tiens, êtes vous satisfaits? Êtes vous contents? Trouvez vous que nous (le mouvement dans son ensemble, les prolétaires, les partis et syndicats en particulier) allions tjs dans le bon sens? Si oui tant mieux pour votre confort personnel - je ne cache pas que je préfèrerais largement moi aussi être "satisfaite".

Mais est ce que Lénine était satisfait? Est ce que Luxemburg était satisfaite? Est ce que Castro est satisfait? Évidemment je prends des exemples célèbres non par immodestie (je ne me compare pas, mon outrecuidance ne va pas jusque là) mais parce que c’est plus simple pour situer...

Il ne faut pas confondre les critiques dures, acerbes, avec de la haine. Il serait bien de se défaire de la vieille rhétorique selon laquelle le parti c’est la classe, et donc, les ennemis du parti sont des "ennemis de classe"....

Le camarade dit qu’il faut savoir s’arrêter de critiquer pour faire du chemin ensemble.

Je réponds non.

Celles et ceux qui disent "vouloir vraiment" l"union, l’unité, doivent AUSSI admettre comme absolument nécessaire la libre critique de tous ,entre tous les membres . Donc l’union oui et obligatoirement, les alliances, si on veut la victoire, mais pas celles du veau et de la botte de paille, et certainement pas sans droit à la critique.

C’est comme dans un couple tiens ! L’amour, le respect impliquent ils que l’on dise tjs "amen" à ce que dit sa femme ou son mari? Est- ce que vous n’avez pas de profonds désaccords qui cependant ne vous empêchent pas d’avancer, de rester ensemble, voire, de vous aimer?

Ceux qui se servent de cet argument ("il ne faut pas tuer l’unité par des critiques") pour exclure ceux qui critiquent, d’un mouvement unitaire, sont des menteurs.

Non, ils ne veulent pas l’union, l’union entre égaux , qui se respectent dans leurs diversités, qui assument leurs points de vue respectifs !

Ils veulent la soumission à leurs objectifs. Ils veulent l’absorption des forces révolutionnaires et leur contingentement ,leur cloisonnement dans une position sociale démocrate. Capitaliste. Bourgeoise.

Ils sont encore dans le révisionnisme stalinien de l’union, de l’union entre forces du sommet contre la dictature prolétarienne.

Ce sujet-là, c’est un sujet fondamental sur lequel il nous faudra bien revenir aussi, tiens.

Ce jour où Marchais a fait ce coup de force dans le Parti, en utilisant les médias bourgeois CONTRE les communistes du PCF, ce hold up démocratique, pour effacer de nos tables ce concept essentiel de la dictature du prolétariat ,en réalité, de la démocratie prolétarienne, contre la dictature bourgeoise, ce jour sombre pour le communisme en France...

Oui, je suis extrêmement méfiante car l’heure est aux grandes récupérations et donc, aux trahisons. Relire ce que décrit Marx de 1848 à 1851 dans "Le 18 brumaire"....Relire cette superbe analyse de la trahison des révolutionnaires de l’époque par toutes les forces "présentables" de la bourgeoisie...

Alors non,

PAS DE "COMPROMIS HISTORIQUE" POUR "LA NATION" (qui cache le capitalisme protectionniste) ET PAS d’ALLIANCE avec la bourgeoisie, grande ou petite, quel que soit son visage, au prétexte que notre objectif serait UNIQUEMENT et EXCLUSIVEMENT "Tout sauf Sarkozy".

Ce n’est pas le prolétariat qui doit se soumettre à ces forces contraires, opposées au socialisme. C’est exactement le contraire. D’autant que ces forces là ne pourront pas "se sauver" sans NOUS.

Alors, "Tout sauf Sarkozy" ce n’est pas mon objectif. Ou plutôt, ça ne doit pas être notre objectif EXCLUSIF à nous communistes.

Mon objectif c’est évidemment de faire tomber Sarkozy et son gouvernement, MAIS compte tenu de la période que nous allons traverser, c’est également -et surtout- de pousser au maximum nos avantages et nos coups, qui prépareront la révolution socialiste et donc, de tordre le cou AUSSI aux opportunistes "de gauche".

La question n’est pas de choisir entre Sarkozy ou Royal ou Aubry ou Bayrou ! Ni même Mélenchon d’ailleurs (la vacuité du "programme" du PdG est quand même assez manifeste il me semble?).

La question pour moi est une question de projet politique. De projet politique qui puisse amener les travailleurs, les citoyens les plus exploités, à un véritable changement de société.

Et ce projet politique qui appellera "un chat un chat" est le seul rempart contre un danger qui nous menace vraiment, immédiatement, outre une paupérisation massive, celui d’une possible révolution fasciste.

Ah j’en vois qui pensent que, une fois supprimé Sarkozy , cette question sera réglée, et j’en vois aussi que ça fait rigoler.

Et bien attention, sans vouloir jouer les Cassandre, ça peut arriver bien plus vite qu’on ne le pense.

Ne pas envisager sérieusement cela et son "pourquoi et comment", c’est vraiment sous estimer l’ampleur de la crise mondiale que nous allons connaître.

Attendez ! Le pire est à venir. Hélas.

Et regardez en Allemagne la résurgence des journaux néo nazis, regardez en Grande Bretagne des ouvriers anglais qui manifestent contre la présence d’ouvriers italiens, espagnols...

Regardez en Espagne aussi, comme on nous joue bien la sérénade de "l’unité nationale", du "retroussons nos manches, tous ensemble, tous ensemble" !

Pour moi, l’exemple de ce que je défends comme possibilité, pour nous, ici, c’ est Lénine, sur ce point (non pas que je le déifie ou que je ne jure que par lui mais ce grand bonhomme a fait et écrit un paquet de choses fulgurantes et avisées, dont "juste" une révolution, quand même).

L’unité, les alliances, oui (sur des bases de classe, le plus possible) mais pas sans la critique, la liberté d’expression, le débat, même vigoureux, même violent, y compris (et surtout) dans les moments paroxystiques de la lutte des classes.

Autre point : l’analyse ou le bobard selon lequel je serai passée "du PS au NPA via le PCF" est simpliste et fausse.

Je ne suis pas au NPA, je n’ai pas l’intention d’y aller. J’ai mes raisons et je ne suis pas obligée de "laver mes culottes sur la place publique", que je sache? !

Est ce pour autant que je dois cracher sur ce parti? En quoi aujourd’hui est il pire ou moins respectable que le PCF ou le PDG? C’est un élément d’une alliance. Alliance qui est nécessaire. Il y a dans ses rangs des gens estimables et éclairés. Comme partout.

Voilà tout. (J’ajouterai que, sauf à être maso’, je respecte qui me respecte).

L’avantage de mon parcours, ce parcours qu’on se plait tellement à me reprocher, est paradoxalement qu’il est plein d’erreurs, que je suis en train de le vivre et que je montre ce cheminement, publiquement, que j’essaie d’apprendre de mes erreurs et que j’essaie (peut être à tort) de faire en sorte que ces erreurs ou tâtonnements aient une portée didactique pour les autres.

A mon grand regret, à ce jour , ma conclusion (non définitive) est qu’il n’y a plus/pas de parti communiste en France (ce qui ne signifie pas qu’il n’y ait pas de communistes, voire même que bcp soient encore au PCF ou à la LCr ou à LO) et qu’il est à créer.

D’urgence.

"Bizarrement", aucun des soi disant "leaders de gauche" n’a ce projet , pourtant crucial, me semble t il, d’autant que s’ouvre à nous un boulevard de rêve pour le faire. Pourquoi? Jusqu’à quand?

Je n’en vois pas l’ombre de la queue d’un à l’heure actuelle. Je n’irai donc plus "vendre mes forces" ( celles de tout militant) à des "chapelles" (même la moins pire) donc aucune à ce jour ne met le doigt là où ça fait vraiment mal : la propriété privée, ET la conception prolétarienne de la démocratie et du citoyen.

"Tu ne seras jamais heureuse nulle part" me dit encore ce camarade : c’est drôle de poser le débat en ces termes.

Le but d’un révolutionnaire est il d’être "heureux" dans un parti? Et bien pour moi, non. Il faut qu’il y soit libre, respecté, et que ce parti ou rassemblement lui permette d’employer ses forces au meilleur escient possible, entre autre.

Mais je suis plus heureuse y compris avec mes camarades qui sont restés au PCF, depuis que j’ai quitté le Parti, même si cela m’a retourné le cœur en raison de ce que ce choix signifiait.

"Le monde ne s’est pas fait en un jour, ni même en 1 an.Alors, avec la diversité que nous connaissons à gauche aujourd’hui, il va falloir ramer dur" me dit enfin ce camarade.

Ok avec lui - mais on n’emprunte pas les mêmes chemins...

Quant à la diversité "à gauche" elle est factice si on veut bien creuser. Factice parce que ce qu’on appelle encore "la gauche " n’est plus défini par rien. Factice parce qu’il y a dans ce mythe de "la gauche" des tas de gens qui n’ont plus rien à y faire.

Tout cela pose la question du renouveau de la conception de l’unité et des alliances pour les communistes, au fond. Je dirais juste que quand on est communiste on est unitaire par nature, par essence même. Mais ma définition de l’unité n’est pas celle qui prévaut depuis le stalinisme, pour résumer.

Encore une fois ceci est un vaste débat mais je ne suis pas convaincue qu’on puisse l’avoir sereinement par écrit et encore moins avec des gens qui souhaitent avant tout "ma tête" coute que coûte , plutôt que faire avancer le mouvement et la renaissance communistes.

Salutations militantes.

lundi 2 février 2009

Un petit tour par la " Librairie RESISTANCES" à Paris

Vous le savez sans doute, il y a peu de librairies engagées, militantes, où l'on puisse trouver des ouvrages rares et de qualité sur la politique, récents ou anciens et clairement socialistes, internationalistes ...
Alors lorsqu'on en trouve une, on lui fait de la publicité. NORMAL!
J'ai rencontré la librairie Résistances il y a quelques semaines ( shame on me...).

Elle présente le triple avantage d'offrir une bonne sélection de livres, y compris sur le sujet Israël, Palestine...(et pour cause!) mais également, d'offrir

- Une salle de lecture et de recherche avec un espace multimédia et un café

- Une salle d’expositions, de conférences et de projection de films

Bref, une librairie qui vaut le détour et que je vous engage vivement à fréquenter (en plus des quelques unes que j'ai déjà répertoriées dans Paris - pour les autres départements de France, n'hésitez pas à les signaler ici!).
LIBRAIRIE RÉSISTANCES

ouverte de 14 H à 20 H du mardi au vendredi (et jusqu’à 22 H les soirs où un événement est programmé), et de 13 H à 20 H le samedi.


4, Villa Compoint 75017 Paris

M° Guy Môquet (ou Brochant)
BUS 31 : Arrêt « Davy-Moines »
Tel : 01 42 28 89 52. Fax : 01 42 28 95 29

Y’a du monde au Bal des Pompiers

Y’a du monde au Bal des Pompiers ces derniers jours....

Y’en a même certains soi disant "de gauche" qui doivent commencer à se sentir mal à l’aise face à la possibilité d’un mouvement social d’ampleur en France, si on en juge par les réactions crispées, les rapprochement précipités, les soutiens qui te soutiennent comme la corde le pendu...

Ça joue les pompiers à qui mieux mieux...

Et vas y que j’appelle immédiatement Sarkozy à "négocier" (mais quoi?) le soir même du 29 janvier (en prenant bien soin de dire que "nous ne pourrons pas faire dix manifestations comme celles du 29 janvier", ou en annonçant que nous n’étions que 300.000 manifestants à Paris...), ou que je publie un "appel des appels" totalement vide et creux (un machin qui parle de "l’idéologie de l’homme économique" - gloups - quelle est cette idéologie-là?), au besoin en le présentant fallacieusement comme un "premier pas vers le socialisme" (oui oui, y’en a qui font ça.... vous avez bien lu...), sans parler des habituels pompiers qui optent pour la solution de diversion des luttes vers l’électoralisme le plus plat, genre "arrêtez de vous battre avec la police, en juin, nous aurons les élections européennnnnneeeesss" (ahhhh.... je suis soulagée....).

En ces temps troublés, on ne rappellera jamais assez à quel point seule la clarté est révolutionnaire, et l’ambiguïté idéologique, un dangereux poison.

Combien viennent nous dire qu’il faut d’urgence (oui, d’urgence) réfléchir à "la violence révolutionnaire" (sous-entendu, pour la condamner) sans prendre, évidemment, la peine de faire d’abord un détour par la violence patronale, la violence policière...

Voir ces 2 ou 3 millions de personnes dans la rue le 29 janvier n’a peut être pas seulement affolé la droite.

Cela a peut être affolé également toute une partie de cette "gôche" parfaitement intégrée au système, (juste un peu plus sociale, un peu plus charitable, un peu plus revendicative que la droite), bref, celle qu’on connaît depuis des décennies et qui nous fait toujours le même coup "il faut savoir arrêter une grève"...

Ben oui, en même temps, il faut la comprendre, cette "gôche"...

Qu’elle se dise "gôche de gauche" ou "gauche du PS", la réalité, c’est qu’elle n’a absolument pas les moyens, selon les mauvaises habitudes qu’elle a prises, (ni l’envie, donc) de gouverner, si d’aventure un fort mouvement social coordonné, déterminé et puissant , parvenait à renverser l’actuel gouvernement (Sarkozy compris)...

Ou plutôt, qu’elle n’a QUE l’envie de gouverner "comme d’habitude", comme on le lui laisse faire depuis des années.

Elle n’a aucun programme politique sérieux susceptible de ramener sur son nom les citoyens révoltés - elle n’en a probablement pas l’intention d’ailleurs, les concessions à faire au mouvement seraient trop grandes, la possibilité de contrôler et d’imposer une conception de la citoyenneté et de la démocratie obsolètes et marquée par le capitalisme serait trop ténue.

Elle n’a pas non plus les moyens d’étouffer le mouvement naissant.

Bref, pour elle c’est un peu la quadrature du cercle, et elle est privée de son dada, à savoir la possibilité, disons le, de gouverner en alternance avec la droite, au fond, de co-gérer le système capitaliste.

De ce fait, l’air de rien, elle biaise pour "mettre le couvercle". Profusion d’appels réformistes lancés par des officines petit-bourgeois qui n’ont pas viré leur cuti, association occulte avec une partie de la droite de gouvernement , dans les actes et dans les paroles...

Ce sont les mêmes qui disaient soutenir les Palestiniens lors des récents massacres de Gaza mais qui ne voulaient pas aller jusqu’à manifester avec le vrai peuple (vous savez, celui qu’on ne peut plus contrôler quand il se déchaîne), et qui préférait finalement, par "rejet du communautarisme et condamnation des extrémismes religieux", se faire sa petite manifestation d’initiés et de gens triés sur le volet un ou deux jours après les autres à Paris...

C’est le même groupe qui mettait dos à dos "13 israéliens tués en cinq ans" et "plus de 1000 palestiniens tués en 3 semaines"

Ma parole, quand je regarde et que j’écoute tous ces gens, que j’observe leurs manœuvres depuis quelques semaines, je me croirai vraiment revenue à la fin des années 60...

Bien sur, je ne dis pas que les élections ne servent à rien.

Je dis que des élections (surtout les Européennes) sans ancrage dans les luttes (ancrage autre qu’une vague présence aux manifestations pour vous refourguer un tract et montrer votre frime aux caméras), les élections sans projet politique (et j’entends par là autre chose qu’un catalogue de mesurettes économiques), et bien, c’est du pipeau.

Quand nous investissons les institutions bourgeoises (nous devons le faire) ça ne peut pas être autrement qu’en révolutionnaires.

Bien sûr, aussi, ne soyons pas aveugles ou naïfs, ce mouvement populaire naissant est comme un mille feuilles ...

Il y a une bouche couche de ce qu’on appelait à une époque les "petits-bourgeois". Puisque les cadres paniquent aussi à l’approche de la grande récession faucheuse d’emplois, paraît-il...

Ceux-là il ne faut pas les écarter d’office, mais il faut "les avoir à l’oeil" - il y a quand même peu de chances que leurs buts soient les nôtres...

Donc, tout le monde ne souhaite pas une perspective révolutionnaire.

Nous savons même que beaucoup souhaitent surtout qu’elle n’arrive pas à la faveur de cette crise...

Nombreux, sans doute, sont celles et ceux qui souhaiteraient simplement une "autre gestion" de la "crise" actuelle.

"Jésus Marie Joseph (sic), Pourvu que les anarchistes, les communistes et l’extrême gauche n’en profitent pas pour prendre le pouvoir dans ce pays", voilà ce que se disent quand même un certain nombre de gens, y compris de ceux qui ont participé aux manifestations du 29 janvier dernier....

On ne peut pas dire que la grande majorité des manifestants participant à la journée du 29 janvier dans toute la France est d’ores et déjà animée d’un puissant sentiment révolutionnaire, ni d’une conscience de classe prolétaire.

Mais...Mais... il y a quand même une révolte, une envie naissante de "faire craquer quelque chose".

Même chez les plus tièdes. Un désir qui pointe son nez, qui commence à se tourner vers du "nouveau". Cela, c’est le début d’une prise de conscience collective qui peut nous emmener loin, à condition que les pompiers ne nous noient pas sous leurs trombes d’eau glacée...

Alors voilà.

Soyons vigilants, prenons garde à ce que nous signons, à ce que nous diffusons, la manière dont nous participons aux mouvements qui se disent "unitaires" et " de masse"...

Il ne faut pas céder à la précipitation, à la panique, à l’urgence.

Il faut absolument laisser le temps au mouvement de prendre de l’ampleur, dans sa diversité , sur des bases de classe, des bases antifascistes et anticapitalistes. Libertaires aussi.

Ne pas le corseter immédiatement dans des "appareils d’appareils"...Ne pas l’enfermer de suite dans des règles ou des coordinations trop rigides.

Et surtout, bien identifier les buts de chacun, derrière les paroles mielleuses et les postures engagées.

Par exemple, pourquoi certain leader d’un parti de gauche nouvellement créé se refuse à tirer toutes les conclusions de ses prémisses?...

Quand il dit "nous ne ferons pas d’alliance avec le PS, nous l’avons quitté !" (ah oui mais ça, je suis bien placée pour savoir que si c’est un premier pas, ça ne suffit pas...), il dit ensuite "nous sommes concurrents du PS" (tout est dit), et il conclut "le PS n’est pas notre ennemi , notre ennemi c’est la droite"...

Pin Pon Pin Pon Pin Pon...

Comprenne qui pourra, pour moi c’est plutôt clair, (mais on dit souvent que j’ai mauvais esprit)...

Il faut aussi se faire confiance, et laisser le temps qu’un projet politique neuf et radical puisse émerger de la confrontation de toutes ces bribes de population qui ne se parlaient plus depuis longtemps et qui se retrouvent à s’unir, pas seulement "contre la crise", pas seulement "contre Sarkozy" mais aussi, contre un système, "contre le capitalisme", n’en déplaise à certains qui voudraient bien que toutes ces "petites" réactions populaires, prolétaires, mises bout à bout ensemble, ne soient que des gentils feux de paille.

C’est donc le moment où jamais de bien lire les lignes et entre les lignes, de prendre le temps de la réflexion et de bien garder en tête ce que nous souhaitons comme perspective vraiment nouvelle : la fin du capitalisme, qui commence nécessairement par la fin de la propriété privée des moyens de production, le pain pour tous, la liberté, la démocratie véritable, bref, le socialisme par exemple.

Fraternellement à toutes et tous.

Manifestation du 29 01 2009 à Paris - par Bellaciao

Police partout, justice nulle part - Manifestation 31 janvier 2009


Saboter l’antiterrorisme ? Des milliers de manifestants se sont bougés les fesses, cet après-midi, pour participer à une journée d’action contre le sort fait aux anarcho-autonomes. Et encore davantage de CRS, postés tout au long de l’itinéraire… Une mobilisation policière impressionnante, mais pas suffisante pour mettre bas toute résistance : dans les couloirs de la station Denfert-Rochereau, un face-à-face violent a opposé des manifestants aux policiers.

Plusieurs milliers de personnes (environ trois mille selon moi) s’étaient réunis au Métro Luxembourg malgré une présence policière plus que massive et dissuasive, si bien que toutes les rues coupant le cortège étaient barrées par des cordons de CRS où de Gardes mobiles quand ce n’était pas par un canon à eau comme sur le Bd Arago (pour interdire le cortège d’approcher de la prison de la Santé). C’est à ce moment que des feux d’artifices ont été tirés sur les forces de "l’ordre" et en l’air.

Le cortège qui n’avait pas d’autre choix que d’emprunter la rue Gay Lussac puis la rue St Jacques (a noter que la vitrine d’une permanence du Parti Socialiste a fait les frais de la colère des manifestants) a terminé son trajet sur la place Denfert Rochereau dont tous les accès étaient fermés par d’importantes forces policières.

A noter également que journal d’info d’Arte a chroniqué la manif et a même accordé un entretien à Hugues Lenoir de la FA. et un compte rendu sur Yahoo actualités.

Eric l’Acrate

http://endehors.org/news/contre-l-antiterrorisme-3-000-dans-la-rue-a-paris


Sous les pavés, la rage ; dans les couloirs du métro, la baston.

http://www.article11.info/spip/spip.php?article284

La mobilisation était là : plusieurs milliers de manifestants ont répondu présents à l’invitation à « saboter l’antiterrorisme » et à défiler en soutien aux inculpés de Tarnac. Ce qui fait (quand même) un paquet de fiers supporters de cette « mouvance anarcho-autonomes » qui donne des cauchemars à Michèle Alliot-Marie… Pas assez - toutefois - pour effacer la présence policière : il y avait tellement d’uniformes qu’on aurait pu penser à un mouvement de revendication des CRS… Ils étaient partout, encadrant de très près le cortège, barrant chaque avenue, chaque rue et chaque ruelle croisées. Tout était bloqué, en un déploiement de forces de l’ordre réellement impressionnant. Des CRS par-ci, des CRS par-là, des flics en civil en veux-tu en voilà, et des policiers en uniformes pour faire bonne mesure. Bref : du bleu, partout.

Petite ou vaste, chacune des rues croisées était barrée d’un cordon de CRS, avec toujours un ou deux policiers caméra à la main, histoire de filmer la manifestation.

Aux fenêtres d’un hôtel surplombant directement l’itinéraire de la manifestation, deux policiers équipés de puissants appareils photo. Souriez, vous êtes fichés…

Canons à eau de sortie. Pour rien, finalement : ils n’auront pas été utilisés.

Pourtant… Malgré une atmosphère plutôt tendue, en dépit de l’envie évidente de certains d’en découdre, le cortège s’est déroulé sans incidents. Beaucoup de pétards et de feux d’artifice artisanaux, énormément de slogans appelant à mettre bas l’Etat policier, une proportion non négligeable de manifestants masqués, quelques jets d’objets variés sur les forces de l’ordre… Et puis rien d’autre, sinon une fin de manifestation dans la bonne humeur et en musique. Parfait ? Presque…

Aux alentours de 18 h, il ne restait plus grand monde place Denfert-Rochereau, terminus de la manifestation. Progressivement, dans le calme et sans prêter grande attention aux CRS barrant chacune des rues donnant sur la place, les manifestants quittaient les lieux, s’engouffrant dans le métro. Passaient les portillons et…

Ceux qui se sont dirigés vers le RER ont eu la surprise de tomber sur un face à face tendu entre policiers et manifestants.

Tout avait démarré quelques minutes plus tôt, quand les policiers en faction derrière les portillons de RER ont interpellé un jeune fraudeur. Chez une trentaine de personnes, le choix de la victime - un jeune noir, alors que d’autres fraudeurs blancs seraient passés sans problèmes - a fait éclater une colère jusqu’alors rentrée. Très vite, la pression est montée et la confrontation s’est fait plus violente, les manifestants sommant les forces de l’ordre de libérer le fraudeur, maintenu dans un coin et entouré d’uniformes. Quand deux policiers ont ceinturé violemment le jeune homme, le faisant tomber à terre et lui assénant des coups, les injures ont laissé place à des coups, des deux côtés. Débordés, les policiers ont alors fait appel à des renforts, essayant de s’extraire de ce coin de couloir de métro où ils étaient bloqués par ces militants très remontés.

Pour se dégager, les flics ont copieusement usé de la matraque, peinant toutefois à se frayer un chemin et à emporter leur proie. Ils n’y seraient d’ailleurs peut-être pas parvenus sans l’arrivée d’une dizaine d’autres policiers et l’emploi de lacrymos. Un usage convaincu de la matraque et de la gazeuse qui leur a finalement permis de se libérer du petit groupe, emportant avec eux leur prisonnier et laissant flotter sur leur passage, dans les couloirs du métro, un copieux nuage de gaz. Fin de l’épisode.

Et ? Ben… les manifestants présents n’ont finalement pas réussi à libérer le fraudeur. Mais il s’en est fallu de peu. Reste ce réjouissant sentiment que, même quand la police semble avoir le contrôle absolu de la situation, elle ne maîtrise pas tout. Et aussi cette colère sourde et massive qui monte, suffisante pour faire reculer - au moins un temps - les forces de l’ordre. C’est déjà pas mal, non ?

Trouvé sur Bellaciao

dimanche 1 février 2009

BELLACIAO EST VICTIME D'ATTAQUES ENORMES


Bonjour à toutes et tous

Comme vous le remarquez sans doute depuis plusieurs semaines, le site de notre collectif, http://bellaciao.org connaît de très grosses difficultés.

Il se peut même que vous ne puissiez pas accéder au site et que vous vous voyez s'afficher une page avec votre IP, vos coordonnées...

C'est parce que nous sommes victimes d'attaques informatiques coordonnées de diverses origines.

Ces attaques informatiques se sont doublées récemment de campagnes de dénigrement, voire, de diffamation sur Internet de la part de petits groupuscules, dont certains qui se prétendent même "de gauche"...

Nous faisons le maximum pour remédier à ce problème et sommes "sur le pont" quasiment jour et nuit. Prenez patience et réessayez dans quelques heures.

De notre point de vue , ces attaques de plus en plus nombreuses et virulentes sont avant tout le signe que nous sommes décidément sur la bonne voie et que nous gênons un paquet de gens.

Et nous comprenons bien pourquoi nous gênons:


- nous permettons, avec d'autres, une information indépendante, libre et anticapitaliste

- nous soutenons, couvrons, diffusons le mouvement social et les manifestations syndicales

- nous permettons la circulation d'idées que certains pouvoirs ne veulent pas voir prendre de l'essor,

- nous permettons aux révoltés, révolutionnaires et autres enragés de se rejoindre et de communiquer dans un même lieu d'expression, qui n'a jamais caché son idéologie.

Nous ne sommes pas une officine payée par tel ou tel, financée par un soi disant "parti de gauche" , protégé par des gens hauts-placés.

Nous sommes des militants, nous sommes communistes, antifascistes, et le combat que nous menons est au centre de nos vies depuis des dizaines d'années, pour certains d'entre nous.

Donc, si par hasard nous sortions par la porte, nous rentrerons par la fenêtre!

Qu'on se le dise.

A bon entendeur.

VIVE LA REVOLUTION, VIVE LE COMMUNISME, VIVE LA DEMOCRATIE PROLETARIENNE!