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mardi 13 avril 2010

Emploi, industrie, salaires, retraites: Se battre chaque jour contre les incitations à la soumission et au renoncement !



L’actuelle offensive de la bourgeoisie contre notre système de retraites offre une nouvelle occasion aux journalistes aux ordres dans certains médias de mener derechef une campagne idéologique d’incitation à la soumission et au renoncement.

La fatalité est instaurée comme contexte préalable de toute réflexion : "On n’a pas le choix, c’est comme ça...".

Les concepts sont tordus, dévoyés, au besoin, le mensonge est utilisé sans scrupule ( Laurence Parisot est une experte en la matière, entre l’espérance de vie de 100 ans et les prétendus "dividendes" à distribuer si la retraite n’avait pas été reportée à 60 ans), les idées sont passées à la moulinette de l’idéologie dominante qui travaille pour le seul profit des intérêts des capitalistes.

Les opinions divergentes peinent à être présentées et entendues.

Jusque dans les organisations politiques et syndicales des travailleurs, des voix se font entendre qui, mettant en avant "la raison", "la nécessité", posent comme un fait acquis insusceptible de remise en question que la réforme (qui n’a bien évidemment pas ici le sens qu’on pourrait prêter à ce mot) du régime des retraites est inévitable, absolument nécessaire, incontournable et qu’il va bien falloir trouver un "compromis".

- Sur le sujet des retraites, la plupart des rares "personnalités" autorisées à jouer le rôle du contradicteur sont, malgré des apparences parfois radicales et dures, des personnes dont le système sait parfaitement qu’au final, leurs intérêts de caste l’emporteront sur les intérêts de la classe ouvrière, et servent de deuxième fer au feu pour préparer un "compromis" qui se fera inévitablement sur le dos des travailleurs.

On commence déjà à instiller l’idée que si nous obtenons de ne pas voir la durée de cotisation allongée ni l’âge de la retraite repoussée, et bien, braves gens, ce sera bon, et on pourra signer une augmentation du taux de cotisation qui, évidemment ne concernera pas uniquement la part patronale des cotisations. Mais enfin bon, "c’est comme ça, il faut savoir ce que l’on veut, qu’auriez vous préféré?..."

Le tout pour reporter à dans quelques années la question du règlement pérenne de notre régime de retraite et en refaire un enjeu électoraliste, sans doute, ‘faut bien alimenter le système.

Il faut donc le rappeler et le dire avec force : non, dans "la vie", dans une vie, dans nos vies, il n’y a rien d’écrit, il n’y a pas d’autres "fatalités", je pense, que la maladie et la mort. Et même de la maladie, la volonté et la raison humaines parviennent à en triompher parfois.

Tout le reste, de notre premier cri, de nos premiers pas, notre premier travail, notre première augmentation de salaire, en passant par notre premier amour, notre première voiture, notre première cuite....TOUT le reste de nos vies devrait nous rappeler quotidiennement que ce que nous obtenons est toujours le fruit d’un combat, parfois âpre et douloureux, et d’une volonté qui est souvent dictée par la nécessité devant laquelle nous placent nos conditions de vie.

«LA OU IL Y A UNE VOLONTÉ, IL Y A UN CHEMIN»

Voilà ce que nous devrions toutes et tous garder gravé en lettres de feu dans un coin de nos cœurs et de nos têtes, pour nous éclairer quand nous traversons des heures sombres.

Bien-sûr, parfois dans la vie, pour transformer une défense en victoire, il faut aussi un peu de chance. Mais la chance sans volonté n’a jamais fait gagner personne, et puis la chance, ça se tente.

La première volonté que nous devrions avoir est de ne pas céder à la propagande catastrophiste, démobilisatrice, la première de nos volontés devrait être de refuser fermement les incitations constantes, quotidiennes à la soumission et au renoncement, sur toutes choses qui concernent très directement nos vies.

L’exemple des retraites est un excellent exemple.

En réalité, non, il n’y a pas de "problème de financement" contrairement à ce qu’on nous claironne chaque jour.

Il y a avant tout un problème de volonté politique des gens qui nous gouvernent depuis quelques décennies pour PRENDRE L’ARGENT là où il se trouve, et là où, légitimement, il doit être pris.

Et si nombre de personnes "à gôche" sont mal latéralisées, ce n’est pas à nous de le payer.

- La question de la bataille pour l’emploi et les salaires est exactement du même ordre et souffre des mêmes faiblesses dans son incarnation institutionnalisée. Elle peut être abordée de la même façon.

Il est très troublant de constater l’engouement que la plupart des médias (et des politiques) ont eu pour des luttes "de dernière extrémité" qui avaient principalement pour objet d’obtenir de meilleures indemnités de licenciement (ce qui ne disqualifie évidemment pas les luttes des travailleurs mais les place dans une autre perspective), et que, parallèlement, toutes ces personnes ont négligé et négligent encore (le mot est faible) les luttes qui se sont axées dès leur origine sur la préservation de l’emploi, et notamment de l’emploi INDUSTRIEL en France (on le constate avec la SBFM ou GOODYEAR ou FORD par exemple).

Pourtant, la question non seulement du maintien, mais également du développement de l’emploi et particulièrement de l’emploi industriel, est une question absolument fondamentale pour ce pays, a fortiori dans le cadre de l’Union européenne.

C’est d’ailleurs très « incroyable » que la question n’ait pas été posée plus nettement par nombre de soi-disant "amis de la classe ouvrière" qui se sont emparés comme des charognards du dossier des « CONTI », puisque CONTINENTAL -AG est bien une entreprise allemande basée à Hanovre, et que c’était l’occasion de poser à plein les bonnes questions !

Pas une seule fois la question de l’Union européenne et de l’hégémonie allemande n’a affleuré publiquement dans le traitement de ce dossier, pas un seul cadre ou homme politique ne l’a posée directement.

Ceux qui croient que, « simplement », l’Union Européenne aurait anéanti la question de ce qu’on peut appeler les "marchés nationaux" font erreur.

L’UE n’a pas anéanti cette question, elle a simplement déplacé, une fois encore, comme la CEE l’avait déjà fait, et comme la CECA avant elle, l’utilisation faite de ces marchés nationaux par les capitalistes dans le cadre plus général du capitalisme mondialisé.

Ceux qui croient que l’évolution intra-européenne du capitalisme est arrivée à son terme avec l’Euro et la signature du traité de Lisbonne, et que l’UE formerait désormais une unité économique cohérente mettant les capitalistes européens tous peu ou prou « du même côté » contre des "envahisseurs étrangers" type USA , Chine etc, font évidemment erreur.

Pire, pour certains d’entre eux, ils MENTENT effrontément !

L’Union Européenne ne sera JAMAIS un "Etat national unitaire" au sens strict du terme –sauf au terme d’une guerre néo-colonialiste qui sera forcément sanglante.

En conséquence, elle sera toujours un assemblage d’États aux intérêts jamais complètement solubles, très souvent divergents, souvent d’ailleurs, sous la pression des peuples qui les composent, Etats qu’il est impossible de mettre absolument d’accord (en tout cas pour l’instant) sur tout, parce que, entre autre, justement, la composition du bloc au pouvoir au niveau européen est comme partout, elle est hétérogène, elle comporte des blocs de la petite bourgeoisie, de la bourgeoisie strictement nationale, de propriétaires fonciers, de capitalistes financiers, de banquiers.... ayant ou non partie liée, plus ou moins, avec tels types de capitaux et pas d’autres.

La guerre de classe au sein du bloc au pouvoir, entre différentes fractions de la bourgeoisie, n’est absolument pas effacée par l’avènement (croit-on) du "capitalisme financier" ni par l’Union européenne, ni par la mondialisation - elle est au contraire avivée par tout cela et prépare actuellement un tournant.

La guerre de classe (qu’on l’appelle « compétition », ou plus justement, « concurrence ») qui se livrait autrefois au sein de ce bloc au pouvoir sur le seul territoire national ou disons, principalement sur ce territoire, jusque dans la première moitié du 20ème siècle, a été déplacée, ou plutôt, étendue, sur un autre échiquier qui est celui de l’Union Européenne, et la guerre entre certains aspects nationaux du capitalisme a pris d’autres visages et d’autres biais il y a quelques décennies.

De nouvelles hiérarchies ont ainsi été reformées. Des positions dominantes sont devenues hégémoniques. Certaines positions se sont écroulées. De nouveaux pôles ont été créés, sont en train d’être créés, qui sont en équilibre entre ce que leur permettent leurs positions dans les divers cercles concentriques : économie mondiale- économie européenne -économie nationale.

Le nouveau tournant dans la politique de désindustrialisation de la France entamé il y a 30 ans ne peut pas être compris si on ne replace pas la France dans son contexte exact, de « l’amitié franco-allemande » (anticommuniste) mitterrandiste, de l’Union Européenne, et du capitalisme mondialisé, en tant que France et en tant qu’un des principaux pays européens.

Il est vrai qu’un des effets (très rares) positifs de ce nouvel assemblage est à ce jour, d’avoir éloigné les spectres martiaux du sol de quelques « vieux états européens » (ce qui n’a pas empêché certaines guerres dans de plus jeunes pays "accédants"). Mais n’était il pas envisageable de parvenir au même résultat (la paix dans cet endroit du globe) sans jeter sur la paille des millions et des millions d’individus ? Et pour combien de temps ?

La politique de désindustrialisation de la France ne peut pas être comprise (et donc, combattue) si on baigne dans l’angélisme des théories économiques social-démocrates sur l’Union européenne, ces théories qui refusent obstinément de parler de la domination industrielle et financière des pays de l’ancienne ZONE MARK dans l’Union européenne et notamment, de l’hégémonie allemande en Europe.

Cette ultra-domination allemande, ce n’est pas un mythe : je précise, en 2008, l’Allemagne est la 4ème puissance économique mondiale, première de l’UE, premier exportateur mondial de biens devant les USA et la Chine ; 33 % de la population active travaillent encore dans le secteur industriel (auto, électronique, chimie notamment), même si c’est aussi le secteur tertiaire qui est le premier employeur de ce pays. Elle est également un des premiers producteurs d’acier au monde (source EUROSTAT).

L’ultra-domination allemande, on la vérifie également au niveau politique au sein de « la zone Euro » (voir le poids considérable – assassin- de l’arbitrage allemand au sujet de la dette grecque).

La « zone Euro » finalement, c’est une extension de la « Zone Mark » qui ne dirait pas son nom. C’est un règlement politique et économique d’une question qui aurait tourné à la troisième guerre mondiale si elle n’avait pas été réglée. Et à ce stade, chacun avait alors intérêt à ce qu’elle soit réglée ainsi.

C’est dans ce contexte, compte tenu de ces éléments économiques très concrets, que s’est stabilisée la place particulière de la France dans l’Union européenne et dans le monde.

La France, qui, comme de nombreux pays de l’UE, a perdu (a voulu perdre) la bataille industrielle contre le leadership allemand, en partie du fait de la structure originaire de « son » capitalisme « national » et des modifications de celui-ci ces 50 dernières années, est devenue dangereusement dépendante des divers subsides et aides européens.

C’est pour cela que la classe politique institutionnelle française, à « droite » comme à « gauche », a majoritairement tendance à préserver le mythe de l’Union européenne comme « facteur de développement des peuples », « facteur de paix et de stabilité géopolitiques ».

Et c’est parce que les luttes pour maintenir et développer l’emploi industriel en France révèlent immédiatement ces aspects-là, (parce que au-delà du seul maintien, il s’agit de le maintenir POUR L’AVENIR, de sorte qu’il soit tout à fait compétitif, pas pour les patrons -dont on se rendra compte un jour que nous n’avons pas "besoin" -, mais pour les travailleurs, non sur les questions de "coûts du travail" que nous bassinent les capitalistes, mais sur les questions de recherche et développement, d’avancées technologiques et écologiques), parce qu’elles projettent directement les gouvernants au cœur de la question germano-européenne, de la question impérialiste, au cœur de la domination nord-américaine (loin d’être finie contrairement à ce qu’on nous répète), parce que ces luttes impliquent des questions inévitables et assez simples, qui impliqueraient elles-mêmes des prises de position extrêmement claires et fortes de la part de toute une caste qui vit aux crochets de la politique européiste (même parmi certains de ses plus ardents ennemis déclarés),donc, sur le dos du peuple du travail, c’est pour cela que ces luttes là, elles ne sont ni popularisées, ni soutenues ni médiatisées.

La France (la classe capitaliste, la majorité du "bloc au pouvoir") a vendu son « âme industrielle au Diable » il y a quelques décennies de cela, en contrepartie du soutien et de la protection politique de ce qui allait devenir l’Union Européenne contre le « péril communiste » (socialisme fort qui était une possibilité réelle dans notre pays, rappelons-le au cas où nous l’aurions déjà oublié - et puis aussi, sans lier nécessairement socialisme et URSS, mais quand même, la France était véritablement un élément essentiel dans la stratégie anti-soviétique).

Le rôle particulier des syndicats de métallurgie et de mineurs allemands à tendance chrétienne (et anti-communistes) dans la création puis la pérennisation de la CES, cet instrument de répression de la lutte de classe et d’étouffement des révoltes populaires dans les entreprises, est évidemment à rappeler.

Dans les interstices, de plus en plus grands, laissés par la « désindustrialisation pro-germanique », les USA avaient avancé leurs pions, sous forme financière, momentanément, et ils les retirent désormais, confrontés qu’ils sont, comme tous, à l’implacable baisse tendancielle du taux de profit.

C’est pour cela même que tout est fait pour les étouffer, les nier, ces luttes pour l’emploi dans l’industrie en France actuellement - ah comme c’est pratique d’avoir de bons amis patrons de presse (sans parler du nombre de titres détenus par des conglomérats allemands ou pro-germaniques comme Gruner und Jahr , RTL etc...justement).

Parce qu’il ne faudrait surtout pas que les travailleurs de ce pays prennent conscience de l’énorme couillonade qu’est l’Union Européenne, de la mascarade des "politiques de l’emploi" bidons qui coûtent des dizaines de millions chaque année aux contribuables (majoritairement nous-mêmes donc !) et qui ont pour seul objectif de permettre aux pays de l’ancienne "zone Mark" de se gaver sur le dos des peuples de l’Union européenne et aux actionnaires nord-américains de se gaver en Inde ou en Chine.

Parce que ce choix politique là, cette volonté politique là, partagée, et comment, par de nombreux idéologues « de droite » comme « de gôche » (au besoin en leur faisant avaler la pilule par des mystifications idéologiques grossières) elle PAIE.

Plus exactement, elle apporte du blé à certains groupes d’intérêts facilement identifiables, même si elle condamne à moyen terme, sans aucun doute, la majorité d’entre nous.

Nous ne nous en sortirons pas sans politique industrielle, sans politique de ré-industrialisation de la France.

Un pays sans industrie forte est un pays mort, ou en voie de mort quasi-assurée.

Sur ce point aussi, il est urgent de refuser la fatalité, de lutter contre l’incitation au renoncement, contre l’invocation de la soumission nécessaire.

Et il est urgent que nous jugions ceux qui se proposent à nous pour briguer des suffrages à la mesure de ces questions fondamentales. Le « mieux » est souvent l’ennemi du « bien ». A ces questions cruciales pour notre avenir et celui de nos enfants, il va falloir exiger de certains des réponses claires et précises, très rapidement.

mercredi 4 mars 2009

Quelques réflexions sur le syndicalisme, les luttes, le secteur tertiaire privé, la politique et "l'exemple" du LKP

Bonjour,

A un camarade qui me disait que, nous en métropole, compte tenu de notre inaction actuelle, on devrait "avoir honte" et que nous devions "suivre l'exemple" du LKP, je répondais, en gros, que on ne fait pas grève durablement "par solidarité" (une heure ou deux oui, en témoignage, à la rigueur), on ne bloque pas un pays ou une région "pour ressembler au LKP", j'ai eu, d'un autre, cette réponse, ironique, et qui m'a agacée (pas parce qu'elle était ironique, mais pour ce qu'elle révèle au fond, parce que c'est simpliste comme manière de présenter le problème , donc au fond, que c'est le meilleur moyen de ne pas le résoudre, ce problème réel...) :

"Tu as raison, La Louve !

Heureusement qu’on a des dirigeants syndicaux RESPONSABLES, pour nous empêcher de faire n’importe quoi !

Grâce à eux on attend un mois et demi entre le 29 janvier et le 19 mars.

Je leur demande que la prochaine fois ils soient encore plus responsables et d’attendre carrément la rentrée pour une nouvelle journée d’action.

D’ailleurs, une journée, c’est pas un peu trop long pour une grève"

Voici ce que j'ai répondu, et finalement je décide de publier tout cela, agrémenté de quelques réflexions supplémentaires, dans un texte unique, pour vous soumettre certaines de mes réflexions et donc, attirer les vôtres, évidemment.

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"Je vais passer outre l’ironie de ton intervention et ce qu’elle m’inspire de même en échange.

Pour essayer d’être constructive.

1 ° Je ne soutiens pas le moins du monde la position de nos directions syndicales, au contraire, je la combats. Mais je règlerai ce compte, comme tant d’autres camarades, "le moment venu", et pour l’instant, je la combats différemment de toi peut être, parce que je me suis rendu compte que la combattre en "braillant", comme dit un-e autre camarade, en signant des pétitions, en dénonçant, si ce n’était pas stupide, c’était néanmoins non seulement inefficace mais "contre productif" (parce que, à la longue, si ce n'est suivi de "rien d'autre", cela montre que notre seule force est de déclamer, mais pas de regrouper, et donc, in fine cela ne montre que notre faiblesse et notre incapacité de fédérer pour nos buts).

Or je crois qu'il n'y a rien de pire pour engager une lutte que de montrer ouvertement à "l'ennemi" la médiocrité de notre niveau d'analyse du réel. On peut se planer mais il ne faut pas persévérer et savoir changer son fusil d'épaule pour atteindre la cible.. non?

La seule manière de faire tourner casaque et de "dé-légitimer" une direction syndicale nationale qui ne nous conviendrait pas est de lui imposer le mouvement de la base.

Ce que l’on ne peut pas faire dans un parti politique réformiste et embourgeoisé, sclérosé (suivez mon regard...), mais qu’on peut encore essayer de faire à la CGT par exemple, compte tenu de nos structures et de notre fonctionnement ( mais comme ça ne va peut être pas durer, et que ce sera un rude combat de préserver cette possibilité organisationnelle originale, il faut se dépêcher d’en profiter pour éviter "le pire").

Mais quelle plus belle victoire contre ce que tu dénonces que de jeter à la face de directions capitulardes et "traine savates" ;-)) des mouvements de grève puissants, organisés, coordonnés et unis à la base?

2° Bien sur que les directions nationales ne sont pas "facilitantes" du mouvement, voire, le bloquent pour certaines, ce qui est surtout incroyable, c’est que certains représentants nationaux sont plus présents dans les salons que pour soutenir les travailleurs en lutte ... Enfin pour la direction de la CFDT à quoi s'attendre d'autre? Quant à FO, on attend juste de voir quand ils vont se "retourner"...Bref.

Mais il ne faut pas non plus tout ramener à ça, et en faire "la causa ultima" de notre problème !

D’abord, c’est comme dire que les travailleurs sont des "infans", des personnes sous tutelle, qui ne peuvent pas décider pour et par elles mêmes de ce qu’il convient de faire pour elles.

Alors, là où je suis d’accord, le drame, c’est qu’à ce stade et pour l’instant, c’est peut être vrai (7 % de syndiqué dans le privé mon cher camarade !!! ouvre les yeux....participation aux prudhommes? moins de 25 % je crois de mémoire) et on n’a pas le cul sorti des ronces , donc. Ce n’est pas de "flinguer" verbalement B Thibault Le Duigou ou tte la clique, sans être force de proposition, qui fera bcp avancer le schmilblick, ( même si ça peut défouler, je le reconnais...)

La question c’est : comment on inverse cette "mauvaise vapeur"-là, nous syndicalistes, militants de terrain? Comment on fait pour sortir "la masse" de sa torpeur, de son suivisme? Comment on travaille, patiemment, modestement , chacun-e- à son niveau, pour CONSTRUIRE ce qui nous manque pour "ressembler au LKP", justement?

Mais depuis quand tu as vu qu’il suffisait que les grands chefs à plume disent "On y va" pour que 2 ou 3 millions de personnes soient dans la rue (et en grève , n’en parlons pas !!!), je veux dire ,durablement?

C'est fini et bien fini, l'époque du syndicalisme instrument de partis politiques puissants à la solde de l'étranger, où on se retrouvait des centaines de milliers, des millions, dans la rue, le "doigt sur la couture du pantalon", au premier claquement de doigt des directions (si tant est que ça AIT JAMAIS existé, et moi je doute...).

3 ° On a par ailleurs un VRAI problème : la syndicalisation, surtout dans le privé, et la conscience de classe qui va avec - car c’est pas le tout d’avoir des adhérents, encore faut il avoir aussi des MILITANT-E-S. Tiens, tu en fais des adhésions toi? Et si oui, tu prends le temps de les former, un minimum, sur des bases de classe, tes adhérents? Ou tu te contentes d’encaisser les cotiz', de répertorier les noms et de leur dire "Ralliez vous à mon panache blanc?" (et surprise, oh, quand tu te retournes, les trois quarts de ce que tu pensais être "tes troupes", sont restées au port!?...)

L’état de ce qui est réellement mobilisable dans le secteur privé et notamment tertiaire , est dramatique. Or, notre manque est là. Il y a des syndicats entiers à CRÉER - mais qui parmi les camarades vraiment engagés y pense? Le fait? C’est si facile de se contenter de "gérer" l’existant dans sa branche ou sa profession. C’est un foutu pb et c’est pour ça d’ailleurs AUSSI que corrélativement nos directions syndicales partent en sucette.

Il faut commencer par là donc,syndiquer, organiser les colères, les faire devenir "conscience de classe". Organiser les forces et les volontés, dans le bon sens. Préparer le terrain. Tu ne sèmes rien sur une terre qui n’est pas labourée.

4° Autre "problème", c'est un hiatus, une apparente scission dans le mouvement, je m'explique : on a des luttes très fortes, des avant garde très pointues, très déterminées en France depuis 2 ans - je salue encore une fois les camarades de Goodyear, la SBFM , Renault, Saint Nazaire, Ford, les cheminots, La Poste, les profs, les sans papiers, et tant d’autres, encore en lutte actuellement .

Ce sont des "durs à cuire", admirables, et ils sont en guerre depuis bien plus longtemps que "nous", je parle du privé tertiaire (gros pourvoyeur d’emplois mais dramatiquement sous mobilisé), et bien plus férocement; oui, chapeau bas devant eux.

Oui, mais voilà, d’une part, nous ne savons pas comment bien aider cette "avant garde" (j’emploie le mot à dessein car ce sont bien des luttes "isolées" pas seulement isolées par la direction des syndicats, mais isolées dans le climat social général jusqu’à présent, disons que ce sont des "poches de révolte et de luttes"), et d’autre part, cette avant garde, pour des tas de raison, a fait les frais, pour le moment, du déclenchement d’une crise structurelle partielle "trop en avance" par rapport au reste du contexte , si vous comprenez ce que je veux dire. Les conditions ou possibilités d’autres luttes ailleurs plus étendues, d'une "extension du domaine de la lutte", sont seulement en train d’arriver maintenant pour la majorité des salariés, tous secteurs confondus.

Il faut tenir compte de cela aussi. Les fameuses conditions conjoncturelles, les circonstances historiques. Et les mentalités dominantes, dures à bouger! Et ce n’est pas en faisant le mariole pour "casser" les uns ou les autres que tu changeras quoi que ce soit aux faits. Qui sont têtus malheureusement.

Je peux rappeler le gros "plouf" qu’a fait le fameux "grève le 11 novembre" par exemple? Je signale aussi que selon certains, le 29 janvier au soir, touchants, qui prennent leurs désirs pour des réalités, la France entière devait entrer dans la grève générale pour ne plus en sortir avant d’avoir pendu le dernier banquier avec les tripes du dernier curé... (C'est pas forcément l'envie qui m'en manque....mais...Je cherche encore aux pylônes et aux arbres, ce fameux dernier banquier... Mais là tout de suite, j'vois rien...)

5° Perso', depuis que je suis syndiquée, et bien, tous les matins, psychologiquement, je "prends mon tracteur", je vais labourer "mon" champ. C -à -d mon entreprise et son entourage immédiat. Sillon par sillon, patiemment, en sachant que c’est un combat quotidien à recommencer sans cesse, demain j’aurais de la flotte averse pendant 3 jours, puis le gel, puis la grêle, que je devrais recommencer des tas de fois, mon labourage, mon semis, ma récolte....

Compte tenu des conditions historiques qui s’avancent, on peut refaire ce retard, ce décalage, pas pour "servir à la CGT", mais bien pour servir aux luttes et à l’émancipation des travailleurs par eux mêmes, pour eux mêmes, pour notre classe, pas pour un drapeau avant tout.

Je me place dans cette optique.

Je me suis fixé des objectifs pour le 19 mars : essayer de monter, avec d'autres, un embryon de coordination départementale, amener au moins une 10 aine de personnes de ma branche à ne pas travailler et à venir manifester en tenant une banderole CGT, même si elles n’y sont pas (encore ;-)), qu’elles voient que c’est possible, qu’on ne mord pas, qu’on est des "gens normaux", comme EUX, les aider à se frotter aux réalités de la lutte, leur donner envie de ne plus baisser la tête, de se révolter contre l"ordre des choses " si bien établi.

Pas seulement "contre Sarko" non mais contre toute la droite, contre la fausse gauche, dans son ensemble, MAIS surtout, contre le patronat, le grand possédant, qui possède même nos vies.Qui a droit de regard même sur nos rythmes biologiques, nos désirs d’enfants, nos besoins élémentaires. Leur dire qu'elles ne sont pas obligées d'accepter d'être licenciées "parce que c'est la crise" après 25 ans de bons et loyaux et service.

Qu’elles se sentent vouloir devenir des adultes autonomes, indépendants, que l’on doit respecter, qu’elles fassent "craquer les coutures" du vêtement social imposé par la bourgeoisie, et qu’elles disent "STOP", que les propriétaires du capital ne peuvent pas les humilier, maltraiter, voler, briser... comme ça impunément.Et que si il y a du fric, en France, et ailleurs, et bien on va aller d'abord le chercher dans LEURS POCHES, plutôt que dans les nôtres , celles de nos vieux, de nos gamins!

Voilà, ce n’est évidemment pas pour "parler de moi", mais c’est pour livrer mon expérience personnelle, de terrain, mes réflexions quotidiennes sur ce sujet, et dire que je suis en complet désaccord avec cette position infantilisante ("c'est la faute au chef"), qui finalement, si on la déroule jusqu’au bout, va simplement aller nous chercher un "autre chef à plume", un autre "grand leader" que ceux là , qui ne conviennent plus, et finalement, ce sera plus ou moins toujours pareil "à la fin" car le PROBLÈME EST AILLEURS que dans la couleur du cheval blanc d’Henri IV, ou du chat de Bernard...

Ce qui me gêne au fond dans cette position-là, si on va au fond des choses, c’est que je ne suis pas convaincue que tu aies envie de l’émancipation réelle des travailleurs, et moi je ne rêve que de ça, c'est une des conditions de la fin du capitalisme.

Et c’est pas Chérèque ni Mailly ni Thibault ni le Pape qui nous en empêcheront le JOUR Où LE MOMENT sera venu.

En revanche la bonne question, je pense, c’est : avons nous construit de quoi nous éviter le fascisme et l’extrême droite le jour où "ça va venir"? Ma réponse, hélas, à ce jour, c' est non.

C’est pour ça que en plus de mon activité syndicale je m’efforce ,avec d’autres de construire les possibilités d’une démocratie réelle, une démocratie prolétarienne, au cas où par hasard le capitalisme aurait encore qques décennies devant lui, qu’on ne les passe pas le nez dans la merde.....et bien sur, toujours , de ne pas perdre de vue la révolution c à d la fin du capitalisme et le début d’un nouveau jour....

Bref, désolée j’ai été longue mais je dois dire que ça me gonfle légèrement de lire ce type de réactions parce que je en vois pas en quoi ça fait avancer. Je préfèrerais largement que tu me parles de ton activité de terrain que tu t’ouvres à nous de tes idées pour construire le mouvement durablement. Les jaunes et les capitulards t’inquiète pas ils ne perdent rien pour attendre....

Mais dis moi, si ça se trouve tu n’es même pas syndiqué et tu considères comme de nombreux petits bourgeois que "c’est nul et ça n’en vaut pas la peine, ça ne sert à rien , car tous pourris"? non ?

La Louve"

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Et je conclurai ici en disant qu'on ne peut pas tout faire reposer sur le mouvement social et les syndicalistes, cela je le dis depuis longtemps et je le maintiens. Si le syndicalisme ne peut être "apolitique" comme le prétendent certains de façon hypocrite, il ne peut tenir lieu d'organisation politique au sens strict, en tout cas, pas pour des communistes ou des socialistes révolutionnaires.

Or, c'est une tendance forte actuelle dans de nombreux "partis de gauche" d'être "à la remorque" des syndicalistes, de vouloir les utiliser, les instrumentaliser, et cela aussi, ça me "gonfle".

C'est en plus nous prendre pour des abrutis, car on voit très bien que les manteaux qui sont sur les épaules de Martine, Vincent ou même Jean Luc, par exemple, sont les nôtres, qu'ils viennent des combats de classe que NOUS menons, en général sans leur aide, dans les entreprises, et qu'eux n'ont pas la légitimité pour les porter ainsi.Encore moins pour les revendiquer comme étant "les leurs"!

Il faut les deux et on doit travailler aux deux : mouvement social et mouvement politique. Un seul mouvement social ne règlera pas tout. On doit travailler, j'en suis plus convaincue que jamais, à pouvoir aller vers la démocratie prolétarienne, c'est cela que nous devons proposer, construire.

Il faut une force politique, y compris protéiforme, populaire, révolutionnaire, et un projet politique nouveau à opposer à la droite, à arracher le bras armé de la politique du Capital. Mais aussi au PS et à ses alliés implicites, deuxième fer au feu des patrons "au cas où". A bon entendeur...

Cela ne sortira pas de terre "tout seul" en revanche, et il faut y travailler ensemble (et le premier qui me parle "élections européennes" comme solution ultime à cette occasion a un gage!!).

Fraternellement


mercredi 4 février 2009

Une réflexion sur l’unité, les alliances, les communistes, le deuil et la visée révolutionnaire.

Réponses sur certains points à un camarade qui me reproche,entre autre, par courrier privé, de "taper à bras raccourcis sur le PCF après avoir tapé sur le PS".

Je ne tape pas à bras raccourcis sur le PCF.

On ne peut pas comparer ce qui m’anime à l’égard du PS et ce qui m’anime à l’égard du PCF. C’est trop réducteur, c’est inexact. Ce n’est pas comparable. Ni dans le fond, ni dans la forme.

Je ne peux pas dire maintenant tout ce que j’en pense ( cà dans sa complexité et pas seulement en négatif) les sentiments et les réflexions mélangés qu’il m"inspire, tout ce que j’ai envie d’en écrire, d’écrire de ma petite expérience ( forcément un avis personnel) et que je n’écris pas, justement par respect pour de nombreux/ses camarades valeureux/ses qui se croient encore obligés de ne militer qu’au sein de cette structure, qui ne voient là que le seul horizon, qui voyagent avec l’œil collé au rétroviseur et pas en regardant la route devant.

Parce que je ne veux pas me tromper de combat non plus ; au fond, sur ce que je ressens, je pense que certains seraient étonnés. Mais la vérité c’est que le Parti que j’aime n’est pas le parti réel. Je dois reconnaître qu’il s’agit d’un parti fantasmé qui n’existe plus. C’est l’image de ce dont j’ai du faire le deuil pour pouvoir avancer.

Alors, oui, de mon point de vue, le PCF est fini en tant que parti communiste (et je ne cache pas ce point de vue) et je pense, pour l’avoir analysé ainsi lors du dernier congrès et jusqu’à preuve contraire (preuve contraire que l’on ne m’apporte pas et pour cause - on ne peut pas me l’apporter), que les conditions et les forces nécessaires à sa révolution interne ne sont pas réunies (et ne pourront pas l’être) - MAIS ce n’est pas un désir de ma part, c’est un constat. Et il ne me fait pas rire.

Son extinction a commencé dans les années 50. Elle est lente mais elle est inéluctable, car le PCF reste profondément un parti de la IIIé internationale, or, la IIIé Internationale est morte.

Force est de constater que malgré tout ce qui a pu être dit par certains hiérarques de ce parti , le PCF est en train d’agoniser d’un stalinisme dont il n’a jamais voulu/pu se défaire.

Pourquoi? Parce que celles et ceux qui auraient été à même de l’en sauver ont été liquidés ou contraints au départ. Que dans ceux qui sont restés, il y en a beaucoup trop qui pensent que le stalinisme n’existe pas, ou plus.

Bref il y a des tas de choses à dire là dessus et je comprends qu’on n’ait peut être pas envie de les entendre - c’est dommage, car personne ne peut gagner au déni, personne ne peut avancer en refusant un bilan critique. Surtout pas un communiste. Mais je comprends.

Bcp de camarades du PCF ont des attachements à ce parti que je ne peux pas avoir...mais que je comprends, là encore.

Ne serait ce que parce que pendant un temps le PCF a lavé l’honneur souillé des ouvriers et des prolétaires....il nous a représentés vraiment , il nous a donné de si belles choses, il nous a permis à nous d’obtenir de si belles victoires, construites par nous pour nous...

Il nous a fait rêver oui.

Là encore, c’est une question de deuil qui ne veut pas se faire, celle d’un amour mort. On ne dira jamais assez à quel point un des moyens du stalinisme a été de jouer sur l’affectif (dans toutes ses composantes) et sur l’irrationnel.

Mais ce sont des débats qu’il faudrait avoir de vive voix.

Cependant, mon silence relatif par rapport au PCF implique t il que je le soutienne? Que j’applaudisse à la nocive politique électoraliste et petit bourgeois de sa direction? Que j’encourage cette même direction à assassiner ce qui reste de communiste au PCF?

Et bien non.

Faut pas exagérer. Voir le Parti s’acoquiner avec celui de JL Mélenchon par exemple , "par en haut" ça ça me rend malade. Notamment parce que les alliances d’appareil par le sommet ça m’a tjs rendue malade.

Mais bon. Ce n’est plus mon parti. Ça , c’est vrai. Ça ne m’empêche pas de dire ce que je pense aussi de ce monsieur (marrant, vous êtes tjs prêts à me reprocher mes 5 ou 6 ans au PS, mais ses 30 piges à lui ne semblent pas vous gêner outre mesure...)

Maintenant, il me semble que c’est aux militants qui sont restés au PCF de se demander s’ils veulent vivre en vase clos ou participer au mouvement, y compris en restant au PCF ! Je ne pose pas comme préalable à la valeur des uns ou des autres le fait qu’ils soient au PCF ( ni même au PS ou à la LCR ou nulle part)...

Mais bien sur, c’est toujours facile de faire des caricatures et de fonder ses jugement sur des ragots ou des discussions de "comptoir". Donc je laisse à ceux qui veulent la faire de moi, le soin de la faire et d’y croire.

Le camarade me demande quand "je serai satisfaite"....La question de savoir "quand je serai satisfaite" a une réponse simple il me semble, et qui devrait être la nôtre à nous tous :

je serai peut être satisfaite quand nous aurons fait la révolution et qu’elle sera victorieuse pour notre classe et la majorité du peuple. Ici et dans le monde. Sans ignorer que c’est là que le plus difficile commencera.

Tiens, êtes vous satisfaits? Êtes vous contents? Trouvez vous que nous (le mouvement dans son ensemble, les prolétaires, les partis et syndicats en particulier) allions tjs dans le bon sens? Si oui tant mieux pour votre confort personnel - je ne cache pas que je préfèrerais largement moi aussi être "satisfaite".

Mais est ce que Lénine était satisfait? Est ce que Luxemburg était satisfaite? Est ce que Castro est satisfait? Évidemment je prends des exemples célèbres non par immodestie (je ne me compare pas, mon outrecuidance ne va pas jusque là) mais parce que c’est plus simple pour situer...

Il ne faut pas confondre les critiques dures, acerbes, avec de la haine. Il serait bien de se défaire de la vieille rhétorique selon laquelle le parti c’est la classe, et donc, les ennemis du parti sont des "ennemis de classe"....

Le camarade dit qu’il faut savoir s’arrêter de critiquer pour faire du chemin ensemble.

Je réponds non.

Celles et ceux qui disent "vouloir vraiment" l"union, l’unité, doivent AUSSI admettre comme absolument nécessaire la libre critique de tous ,entre tous les membres . Donc l’union oui et obligatoirement, les alliances, si on veut la victoire, mais pas celles du veau et de la botte de paille, et certainement pas sans droit à la critique.

C’est comme dans un couple tiens ! L’amour, le respect impliquent ils que l’on dise tjs "amen" à ce que dit sa femme ou son mari? Est- ce que vous n’avez pas de profonds désaccords qui cependant ne vous empêchent pas d’avancer, de rester ensemble, voire, de vous aimer?

Ceux qui se servent de cet argument ("il ne faut pas tuer l’unité par des critiques") pour exclure ceux qui critiquent, d’un mouvement unitaire, sont des menteurs.

Non, ils ne veulent pas l’union, l’union entre égaux , qui se respectent dans leurs diversités, qui assument leurs points de vue respectifs !

Ils veulent la soumission à leurs objectifs. Ils veulent l’absorption des forces révolutionnaires et leur contingentement ,leur cloisonnement dans une position sociale démocrate. Capitaliste. Bourgeoise.

Ils sont encore dans le révisionnisme stalinien de l’union, de l’union entre forces du sommet contre la dictature prolétarienne.

Ce sujet-là, c’est un sujet fondamental sur lequel il nous faudra bien revenir aussi, tiens.

Ce jour où Marchais a fait ce coup de force dans le Parti, en utilisant les médias bourgeois CONTRE les communistes du PCF, ce hold up démocratique, pour effacer de nos tables ce concept essentiel de la dictature du prolétariat ,en réalité, de la démocratie prolétarienne, contre la dictature bourgeoise, ce jour sombre pour le communisme en France...

Oui, je suis extrêmement méfiante car l’heure est aux grandes récupérations et donc, aux trahisons. Relire ce que décrit Marx de 1848 à 1851 dans "Le 18 brumaire"....Relire cette superbe analyse de la trahison des révolutionnaires de l’époque par toutes les forces "présentables" de la bourgeoisie...

Alors non,

PAS DE "COMPROMIS HISTORIQUE" POUR "LA NATION" (qui cache le capitalisme protectionniste) ET PAS d’ALLIANCE avec la bourgeoisie, grande ou petite, quel que soit son visage, au prétexte que notre objectif serait UNIQUEMENT et EXCLUSIVEMENT "Tout sauf Sarkozy".

Ce n’est pas le prolétariat qui doit se soumettre à ces forces contraires, opposées au socialisme. C’est exactement le contraire. D’autant que ces forces là ne pourront pas "se sauver" sans NOUS.

Alors, "Tout sauf Sarkozy" ce n’est pas mon objectif. Ou plutôt, ça ne doit pas être notre objectif EXCLUSIF à nous communistes.

Mon objectif c’est évidemment de faire tomber Sarkozy et son gouvernement, MAIS compte tenu de la période que nous allons traverser, c’est également -et surtout- de pousser au maximum nos avantages et nos coups, qui prépareront la révolution socialiste et donc, de tordre le cou AUSSI aux opportunistes "de gauche".

La question n’est pas de choisir entre Sarkozy ou Royal ou Aubry ou Bayrou ! Ni même Mélenchon d’ailleurs (la vacuité du "programme" du PdG est quand même assez manifeste il me semble?).

La question pour moi est une question de projet politique. De projet politique qui puisse amener les travailleurs, les citoyens les plus exploités, à un véritable changement de société.

Et ce projet politique qui appellera "un chat un chat" est le seul rempart contre un danger qui nous menace vraiment, immédiatement, outre une paupérisation massive, celui d’une possible révolution fasciste.

Ah j’en vois qui pensent que, une fois supprimé Sarkozy , cette question sera réglée, et j’en vois aussi que ça fait rigoler.

Et bien attention, sans vouloir jouer les Cassandre, ça peut arriver bien plus vite qu’on ne le pense.

Ne pas envisager sérieusement cela et son "pourquoi et comment", c’est vraiment sous estimer l’ampleur de la crise mondiale que nous allons connaître.

Attendez ! Le pire est à venir. Hélas.

Et regardez en Allemagne la résurgence des journaux néo nazis, regardez en Grande Bretagne des ouvriers anglais qui manifestent contre la présence d’ouvriers italiens, espagnols...

Regardez en Espagne aussi, comme on nous joue bien la sérénade de "l’unité nationale", du "retroussons nos manches, tous ensemble, tous ensemble" !

Pour moi, l’exemple de ce que je défends comme possibilité, pour nous, ici, c’ est Lénine, sur ce point (non pas que je le déifie ou que je ne jure que par lui mais ce grand bonhomme a fait et écrit un paquet de choses fulgurantes et avisées, dont "juste" une révolution, quand même).

L’unité, les alliances, oui (sur des bases de classe, le plus possible) mais pas sans la critique, la liberté d’expression, le débat, même vigoureux, même violent, y compris (et surtout) dans les moments paroxystiques de la lutte des classes.

Autre point : l’analyse ou le bobard selon lequel je serai passée "du PS au NPA via le PCF" est simpliste et fausse.

Je ne suis pas au NPA, je n’ai pas l’intention d’y aller. J’ai mes raisons et je ne suis pas obligée de "laver mes culottes sur la place publique", que je sache? !

Est ce pour autant que je dois cracher sur ce parti? En quoi aujourd’hui est il pire ou moins respectable que le PCF ou le PDG? C’est un élément d’une alliance. Alliance qui est nécessaire. Il y a dans ses rangs des gens estimables et éclairés. Comme partout.

Voilà tout. (J’ajouterai que, sauf à être maso’, je respecte qui me respecte).

L’avantage de mon parcours, ce parcours qu’on se plait tellement à me reprocher, est paradoxalement qu’il est plein d’erreurs, que je suis en train de le vivre et que je montre ce cheminement, publiquement, que j’essaie d’apprendre de mes erreurs et que j’essaie (peut être à tort) de faire en sorte que ces erreurs ou tâtonnements aient une portée didactique pour les autres.

A mon grand regret, à ce jour , ma conclusion (non définitive) est qu’il n’y a plus/pas de parti communiste en France (ce qui ne signifie pas qu’il n’y ait pas de communistes, voire même que bcp soient encore au PCF ou à la LCr ou à LO) et qu’il est à créer.

D’urgence.

"Bizarrement", aucun des soi disant "leaders de gauche" n’a ce projet , pourtant crucial, me semble t il, d’autant que s’ouvre à nous un boulevard de rêve pour le faire. Pourquoi? Jusqu’à quand?

Je n’en vois pas l’ombre de la queue d’un à l’heure actuelle. Je n’irai donc plus "vendre mes forces" ( celles de tout militant) à des "chapelles" (même la moins pire) donc aucune à ce jour ne met le doigt là où ça fait vraiment mal : la propriété privée, ET la conception prolétarienne de la démocratie et du citoyen.

"Tu ne seras jamais heureuse nulle part" me dit encore ce camarade : c’est drôle de poser le débat en ces termes.

Le but d’un révolutionnaire est il d’être "heureux" dans un parti? Et bien pour moi, non. Il faut qu’il y soit libre, respecté, et que ce parti ou rassemblement lui permette d’employer ses forces au meilleur escient possible, entre autre.

Mais je suis plus heureuse y compris avec mes camarades qui sont restés au PCF, depuis que j’ai quitté le Parti, même si cela m’a retourné le cœur en raison de ce que ce choix signifiait.

"Le monde ne s’est pas fait en un jour, ni même en 1 an.Alors, avec la diversité que nous connaissons à gauche aujourd’hui, il va falloir ramer dur" me dit enfin ce camarade.

Ok avec lui - mais on n’emprunte pas les mêmes chemins...

Quant à la diversité "à gauche" elle est factice si on veut bien creuser. Factice parce que ce qu’on appelle encore "la gauche " n’est plus défini par rien. Factice parce qu’il y a dans ce mythe de "la gauche" des tas de gens qui n’ont plus rien à y faire.

Tout cela pose la question du renouveau de la conception de l’unité et des alliances pour les communistes, au fond. Je dirais juste que quand on est communiste on est unitaire par nature, par essence même. Mais ma définition de l’unité n’est pas celle qui prévaut depuis le stalinisme, pour résumer.

Encore une fois ceci est un vaste débat mais je ne suis pas convaincue qu’on puisse l’avoir sereinement par écrit et encore moins avec des gens qui souhaitent avant tout "ma tête" coute que coûte , plutôt que faire avancer le mouvement et la renaissance communistes.

Salutations militantes.