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jeudi 29 octobre 2009

La récession et le chômage, c’est "à cause de la crise"? Foutaise ! Capitalos, on vous voit !

La récession et le chômage, c’est "à cause de la crise"? Foutaise ! Capitalos, on vous voit !

Bon ceci est un petit coup de gueule parce que j’en ai ras les couettes (oui, en ce moment, j’ai des couettes - et alors?) de lire y compris sur des sites "de gôôôôche" l’énorme mensonge, bêtise, je ne sais pas comment l’appeler, implicite ou explicite que :

"On a la récession parce que c’est la crise"- et on a "le chômage par ce que c’est la récession", et donc in fine "on a le chômage et la merde parce que c’est la crise".

Bref, que ce qu’on vit, ce serait la faute "à pas d’chance", ce serait une "dérive du système".

En tout cas, ce ne serait pas "la faute à quelqu’un en particulier", ah ça non ma bonne dame !

Ben si pourtant, c’est "la faute à" une classe en particulier, et notamment au "haut du panier" de cette classe, la classe de ceux qui sont propriétaires des moyens de production, la classe de ceux qui n’ont pas besoin de vendre "leur force de travail" pour vivre.

La classe des capitalistes, des bourgeois, des patrons, des actionnaires.

La réalité de cette "crise", elle est pourtant simple : les profits, les gros vont en faire ENCORE PLUS, et les petits, ENCORE moins.

J’aime pas me raccrocher à de "vieux trucs" en permanence, mais parfois faut faire simple : Marx, Engels, et sur ce coup là, Lénine "Impérialisme, stade suprême du capitalisme" ( oui, oui, je sais ça fait mal au fondement à certains, mais c’est pas Cohn-bendit qui l’a écrit, ni François Mitterrand ni Robert Hue, que voulez-vous, les gens sont méchants...).

C’est pas politique pour le coup, c’est économique, mathématique, logique. Un constat dicté par la raison et l’observation.

Quand tu gagnes 100, tu fais tout, non seulement pour continuer à gagner 100, mais même, si possible, gagner 110. Regardez, nous, salariés, on fait pareil, non?

D’ailleurs ces derniers temps même, les capitalistes les plus acharnés (Minc, Attali etc) ont été forcés de reconnaître partout la validité des analyses économiques marxistes ! C’est dire.

La réalité exacte, c’est que l’axe du monde se déplace, parce que les capitalos doivent continuer de se remplir les poches et si possible "toujours plus" , et que, cette fois ci ça y est, la vague capitaliste industrielle, dont nous attendions toutes et tous qu’elle continue à nous donner ses miettes, (et c’était humain), se déplace encore plus et quitte l’Europe et une partie des USA - mais sans blague, vous croyez encore que le monde s’arrête à nous? Je veux dire "Nous les blancs occidentaux"?

Et c’est une volonté, pas un "accident de la crise". Et c’est un choix politique, économique et philosophique, ça.

Quand un patron décide de ne pas augmenter ses salariés pour la 5ème année consécutive mais qu’il augmente chaque année les bénéfices qui vont dans sa poche, c’est pas un "accident", c’est un choix.

Et là, c’est ce qui se passe.

Soyons sérieux, il y a encore tellement de pauvres gens à exploiter dans le monde (dont, d’ailleurs, le niveau de vie s’élèvera aussi par le bénéfice de ces mêmes miettes qu’on a ramassées nous, scrupuleusement, arrachées à la force de nos luttes, pendant un siècle et demi) , pourquoi se priver quand on peut se gaver?

Alors ok, pour nous pauvres prolos qui ne sommes pas "citoyens du monde", on peut éventuellement comprendre (et je le dis sans rire ni persifler) que le monde s’arrête à la porte de notre pavillon de Béchicourt-les- Douez acheté trop cher à crédit, qu’on regarde aujourd’hui les larmes dans les yeux et sa lettre de licenciement à la main, ou au mieux, à quelques villes d’Europe qu’on aura visitées en voyage organisé à 68 ans, péniblement payé avec des sous économisés toute une vie de labeur.

Mais les capitalistes, eux, contrairement à ce qu’ils revendiquent parfois, ils n’ont pas de patrie, pas de Nation, ou plutôt ils n’en ont qu’une seule : LEUR POGNON. Et leur pognon il est partout, partout où ils peuvent se rendre en quelques heures de jet. Partout où il y a un Hilton. Partout où on a une connexion Web en Wi Fi....

Ils n’appartiennent à aucun peuple que LE LEUR.

Ils iront vendre des esquimaux aux martiens et ils feront bosser les vénusiens, un jour, s’ils en trouvent ! Un jour, ils vendront même la terre que certains habitants de pays d’Afrique utilisent pour se faire des galettes afin de pas mourir de faim.

Aujourd’hui ce sont les Chinois par exemple, qui vont faire des courses de luxe dans les quartiers chics, à côté de la grande Muraille. Ils achètent "français" ma bonne dame, du "luxe français" mais oui mais oui !

Le chômage, la misère, la merde dans laquelle on s’enfonce chaque jour davantage, et qui va nous frapper de plus en plus durement, ce n’est pas "la CRISE".

C’est la VOLONTÉ HUMAINE QUANTIFIABLE ÉVALUABLE DES SALETÉS QU’ON APPELLE CAPITALISTES, BOURGEOIS.

LES VRAIS, hein, PAS LES CHARLOTS DE PATRONS DE PME QUI ONT TOUT HYPOTHÉQUÉ, Y COMPRIS L ’AVENIR DE LEURS GOSSES SUR 4 GÉNÉRATIONS POUR POUVOIR "JOUER AU PATRON" AVEC 5 SALARIES. ET QUI SE FERONT (SE FONT DÉJÀ) FOURRER PAR CES MÊMES GROS SANS COURONNES NI LARMES - ET LEURS SALARIES AVEC !

Attention, ces "patrons" là, ceux des PME à 5 ou 10 salariés, dépendants à 1000% des grosses boîtes du CAC 40 ou d’ailleurs, dont ils sont devenus, par la sous-traitance, de serviles esclaves complètement dépendant, quand je les appelle "charlots", je pèse mes mots, mais je le dis avec une certaine affliction, et je pourrais aussi bien les appeler "imbéciles", aveugles", sans les plaindre non plus, car ils n’auront que ce que leur égoïsme et leur étroitesse d’esprit leur aura apporté finalement...

Et en plus, leurs déconfitures ( réelles, la plupart du temps) servent de paravent aux affaires florissantes des gens mondialisés. BRAVO !

Au lieu de miser sur Parisot et le MEDEF, leur banquier, et tant d’autres, ils auraient mieux fait d’ouvrir les yeux et de voir que leurs vrais alliés c’étaient bien leurs salariés. J’espère que la casse aura au moins servi de leçon à certains sur ce point. M’enfin bon...

Allez, à plus.

LL

Nb : y’en a marre qu’on colporte la propagande capitaliste jusque dans les rangs des organisations ouvrières et de leurs (rares) médias.

Y A UN TRUC SIMPLE QU’ A PAS BOUGE contrairement à ce que disent de petits (tout petits) malins :

LE CAPITALISTE, PAR NATURE, LUTTE CONTRE LA BAISSE TENDANCIELLE DU TAUX DE PROFIT.

CHERCHEZ " L’ERREUR" dans 90 % des raisonnement "de gôôôôôche" aujourd’hui.

vendredi 24 octobre 2008

La Chine a plus de 2000 milliards de dollars de change en réserve...

Le président français copréside vendredi et samedi à Pékin le 7e sommet Europe-Asie (Asem) qui sera dominé par les perspectives de réforme du système financier.La Chine, notamment à travers ses fonds souverains d'investissement (China Invest. Co. par exemple), dispose de plus de 2000 milliards de dollars de réserve de devises étrangères.

Ca fait mal...

On comprend mieux pourquoi nos dirigeants européens s'y précipitent aujourd'hui, pour aller quémander de l'aide.

Les Chinois vont bien "s'amuser". Une occasion rêvée de faire grimper aux vitres les capitalistes occidentaux et notamment européens, se présente à eux...

Ça commence très fort (personne n'est dupe mais ça me fait bien rire): hors de question pour la Chine de parler de "refonder le capitalisme " à la sauce Sarko.

"Nous sommes un pays communiste" a rappelé immédiatement un des porte parole du gouvernement. A la rigueur acceptera-t-on de parler d"'économie sociale de marché". Mais la Chine semblerait accepter de participer au G20 qui se tiendra dans quelques jours à Washington.

Ensuite, les Européens vont tenter d'imposer leurs conditions aux Chinois (genre "prête nous tes sous et on verra quand et comment on va te les rendre); malheureusement ils n'en ont pas ou plus vraiment les moyens. L'heure de la vengeance du Serpent à plumes a t elle sonné?

Voici en tout cas ce que note Le Figaro ce jour:
"Au sein de la direction chinoise, la crise a aiguillonné les joutes entre «conservateurs» et «réformateurs». Les premiers en concluent qu'il faut arrêter la réforme financière et que la Chine n'a pas à s'exposer dans une affaire dont elle n'est pas responsable. Les seconds estiment que la Chine doit profiter de l'occasion pour se hisser à la place qu'elle mérite sur la scène internationale. «Le débat n'est pas clos entre ceux qui veulent que l'on arrête de financer la dette américaine et ceux qui estiment qu'il faut continuer à acheter des obligations du Trésor car plus l'économie des États-Unis plongera, plus la Chine exportatrice souffrira», explique le professeur Shi Yinhong, de la People's University of China. «La Chine va coopérer, mais sans doute pas au niveau que certains attendent d'elle.» Avec en toile de fond, la certitude d'assister à une accélération du déplacement des équilibres économiques et financiers vers l'Asie, et la Chine en particulier."

-->L'Inde est également appelée à la rescousse.

Il faut dire que les pays de l'Asem représentent aujourd'hui plus de 60 % du PNB mondial.

Comme je le disais il y a quelques semaines, même si les croissances et les économies de ces deux poids lourds asiatiques vont nécessairement être touchées par cette "Krise" du capitalisme, cela n'est pas la crise partout ni pour tout le monde, contrairement à ce qu'on essaie de nous faire gober continuellement dans les journaux et à la radio.

A suivre donc....

mercredi 1 octobre 2008

"PIPO , BIMBO", le nouveau jeu de Sarko pour endormir le populo



"Dormez, je le veux". "Tout vvaaaa bbbiieeennn".

J'aime pas spécialement Royal, et j'ai trouvé son Zénith véritablement hors de propos et tout à fait "catho de base", mais que Sarkozy se paie sa fiole (rapport à sa prestation grand-gouroutesque - excuse moi ô Swâmi- au Zénith Samedi), c'est vraiment le fromage qui dit au camembert qu'il pue.

C'est lui, le bonimenteur patenté, le roi de l'hyperbole, le Kââ de l'UMP qui se permet de lui faire des remarques? On rêve.Surtout quand on se rappelle de Tchernobyl ( il paraît qu'il était déjà l'inventeur à l'époque du fameux "le nuage s'arrêtera à la frontière de la France"...)

En tout cas, les communistes que nous sommes ne doivent pas bouder leur plaisir (même si les mois à venir s'annoncent comme les plus difficiles qu'auront jamais vécus les gens de ma génération). J'avoue me payer des tranches de groooosssse rigolade en ce moment en regardant dans la lucarne diabolique les prestations télévisées des sinistres et autres arracheurs de dents.

Woerth par exemple, il est formidable. Avec sa tronche en papier mâché, ses grosses gouttes de sueur qui lui perlent de partout , son sourire de mec qui s'est coincé les roustons dans une tapette à souris, le voir et l'entendre nous dire que "y'a pas d'problème" est un moment jubilatoire qui personnellement, m'a redonné du cœur à l'ouvrage.

Lagarde, bon, elle est inimitable, dans son genre "austère qui s'marre". Même Sarkozy ne peut plus la piffer et fait des blagues sur le fait que "chez nous (sic) c'est pire qu'aux USA parce qu'en plus de la crise on a Lagarde". Non mais j'vous jure, qui a eu l'idée saugrenue de nommer une telle andouille?

Sarko use donc de son imagination fertile pour tenter de nous faire gober des mensonges "aussi gros que les seins de Samantha Fox" ( comme dirait Claude MC Solaar). C'est le jeu du "pipo bimbo", un coup j'te joue du pipeau ("ce n'est pas dramatique"), un coup j'te passe la pommade dans l'dos ( "je vous garantirai")...( "Et je sers les fesses en priant pour que ça passe vite"....)

Tout ça ferait rigoler si ce n'était pas aussi grave. En même temps, comme je dis souvent, il faut parfois savoir manger la patte qui est prise dans le piège pour retrouver sa liberté. On doit savoir ce qu'on veut - la voilà l'occasion unique de "dépasser le capitalisme" comme disent certains de manière très policée ( le flinguer comme disent d'autres plus prosaïquement).

La question n'étant pas bien sûr de savoir si "les partis de gôche" sont prêts mais si le peuple du travail l'est?

D'autant que Sarkozy nous a quand même bien balisé le chemin: "l'Etat c'est moi " n'a-t-il eu de cesse de dire depuis des mois. Et maintenant, il voudrait que nous lui confions nos sous (enfin le peu qui nous en reste, si on en a encore, et notamment, celui qui vient de notre travail) pour permettre à l'Etat (donc à LUI) de renflouer ses petits copains...

Il est trop fort et il ne doute de rien... "On l'appelait le Dénicheur".

Je rebondis donc sur le commentaire qu'a laissé ici Bohwaz ( j'espère que je n'écorche pas), notamment, sur le fonds de garantie belge, pour parler de l'homologue français.

Le Fonds de garantie des dépôts (FGD) a été créé en France par une loi du 25 juin 1999 relative à l’épargne et à a sécurité financière. Il est certes destiné à indemniser les usagers en cas de défaillance de leur banque. Il couvre "les dépôts en espèces, les titres et certaines cautions délivrées par la banque".

Le fonds de garantie des dépôts garantit les comptes bancaires des Français à hauteur de 70 000 euros par déposant et par établissement bancaire (140 000 euros pour un compte joint).Voilà pour la théorie. La Loi ( la sacro-sainte loi du parlement).

A ce jour, ses réserves seraient d'environ 1,8 milliards d'euros (ce qui correspond à 30 euros par habitant,évidemment à un peu plus si on prend en compte non plus les habitants mais les usagers).

Ces fonds seraient donc insuffisants face à une importante crise bancaire dans les termes actuellement fixés par la loi.

Si une telle situation se produisait, le fond compte "tout simplement" sur l'intervention de l'Etat... Cherchez l'erreur.

Les 1.8 milliards d'euros en caisse ( à la grosse louche), le truc fou , c'est que je les ai trouvés pile poil sur le site web du fonds de garantie ! Regardez:

"De sa création à 2002, les ressources collectées par le Fonds de Garantie des Dépôts auprès de ses adhérents s’élèvent à 1 450 millions d’euros sous différentes formes : certificats d’association, cotisations, dépôts de garantie (cf. CRBF n° 99-08 modifié). A compter de 2003 et jusqu’en 2006, le montant global annuel des versements (CRBF n° 2002-11) est fixé à 150 millions d’euros et vise à reconstituer le montant et la structure intitiale des ressourcesLes certificats d’association sont souscrits par chaque adhérent, ils sont remboursés en cas de retrait d’agrément non lié à une fusion-absorption. Les cotisations sont des ressources définitives du Fonds de Garantie des Dépôts, elles peuvent toutefois, à la demande de l’adhérent, être constituées sous forme de dépôts de garantie remboursables au bout de 5 ans mais transformables, à première demande, par le Fonds de Garantie des Dépôts en cotisations définitivement acquises.

En outre, en cas de nécessité, le Fonds de Garantie des Dépôts peut emprunter des fonds auprès de ses adhérents et/ou appeler des cotisations complémentaires dont le montant est fixé par un règlement du Comité de la réglementation bancaire et financière."
Fonds de garantie, ici

(Notez bien que, ce qui se passe depuis 2006 - comme par hasard début de la "crise"- et bien on l'ignore...)

Inutile de dire que toutes les garanties, tous les contrats, toutes les promesses du monde ne valent rien si on n'est pas assuré de la totale solvabilité du débiteur et/ou du garant...

Et quand j'ai lu mon "Canard enchaîné" ce midi, avec mon casse dalle au bar, et notamment la page 3 sur la Caisse d'Epargne "L'Ecureuil a trop jonglé avec ses noisettes..." ben j'me dis qu'ils sont pas au bout de leurs peines et franchement, je ne change pas d'un iota ce que j'ai dit hier: "TOUCHE PAS AU GRISBI".

Je suis de plus en plus partante pour organiser une manif' d'enfer avec les associations de consommateurs, d'usagers des banques, disons en effet à La Défense, devant l'AMF ou à l'Elysée ( ou les trois!) avec ce seul mot d'ordre...Au besoin avec "sit in" et occupation des pelouses. Jusqu'à ce que l'on ait gain de cause.

Alors..."En avant pour le grand bon en arrière"?

Ou bien on se serre les coudes et on pousse pour sortir tous ensemble du cercle infernal du capitalisme?...

lundi 21 avril 2008

PAs Touche au Livret A - Xavier MARCHAND (CUAL 34)

Signez la pétition ;) La Louve

"Le chantier libéralisant la distribution du Livret A a été lancé par le gouvernement sur recommandation de l'Union Européenne.

On s'éloigne encore un peu plus de nos propositions sur la lutte contre l'exclusion bancaire, le service public du logement et la création d'un pôle financier public.

Décision définitive dans 4 mois. On fait quoi?

Au moment ou le Traité de Lisbonne était ratifié à Versailles, une autre bataille est déjà engagée...

Suite à une recommandation de la commission de mai 2007 et à la publication du rapport Camdessus, le gouvernement s'apprête à libéraliser la distribution du Livret A.

Comme d'habitude, on va nous expliquer que c'est pour notre bien.

Si on y regarde à deux fois, c'est une attaque majeure...
Notamment contre trois de nos 125 propositions...

"7. Le droit de tous à un service bancaire gratuit sera assuré par la réglementation bancaire et le pôle financier public.

47. Logement : avec la mise en place du service public de l’habitat, les pouvoirs publics seront progressivement dans l’obligation d’assurer le droit au logement et la spéculation foncière sera combattue y compris par la réquisition de logements vides. 600.000 logements sociaux seront construits en 5 ans ; la maîtrise publique du sol sera renforcée ; la charge locative totale sera limitée à 20 % du revenu ; les municipalités refusant d’appliquer la loi sur les logements sociaux seront mises sous tutelle. L’investissement sera assuré par le pôle financier public (voir plus loin).

62. Un pôle financier public apportera une contribution majeure au financement et à la réorientation du crédit vers les activités socialement utiles. Il devra être au minimum constitué de la Banque de France, de la Caisse des dépôts et consignations, du Groupe Caisses d’épargne, du Crédit foncier, de la Banque postale, d’OSEO, d’UBI-France, de la COFACE, de la CNP et de l’AFD."

Le collectif "Pas Touche à Mon Livret A" est sur le pied de guerre.

Xavier Marchand"

Signez la pétition "Pas touche au livret A" ici

mercredi 20 février 2008

LA DETTE PUBLIQUE : FARDEAU DES GENERATIONS FUTURES ?, Par Bernard GUERRIEN et Francisco VERGARA



Une première mouture de cet article est paru dans Alternatives Economiques, novembre 1997

Voir aussi: http://www.fvergara.com.

L’idée largement répandue selon laquelle la dette publique serait « un poids mort » qui freine la croissance et « une ardoise » que devront rembourser nos enfants, est totalement fausse. Le véritable fardeau qu’on laisse à la génération future n’est pas la dette publique, mais tous les problèmes que nous leur léguerons si, sous prétexte de laisser un Etat sans dettes, nous réduisons les dépenses publiques les plus essentielles.

Le débat autour des critères de Maastricht a mis au premier plan la question du déficit budgétaire. Un des arguments les plus répandus pour stigmatiser ce déficit est qu’il augmente la dette des administrations publiques. Or celle-ci, nous dit-on, constitue un lourd fardeau que nous laissons à la génération future (c’est-à-dire à nos enfants). Nous vivons à crédit aux frais de nos enfants.

Cette idée est tellement répandue qu’il n’est guère de jour sans qu’elle apparaissent dans les médias, sous une forme ou sous une autre. Elle semble même acquise au sommet de l’Etat, puisque Jacques Chirac l’a reprise dans son intervention télévisée du 14 juillet, tandis que le ministre de l’Economie, Dominique Strauss-Kahn, en faisait de même quelques jours plus tard.

Pourtant, l’argument - qui peut paraître de bon sens - est complètement faux si l’on se réfère à la situation qui prévaut actuellement en France ainsi que dans la plupart des pays européens. Il y a en effet confusion entre, d’un côté, la dette de la France à l’égard du reste du monde et, de l’autre, le système de dettes et de créances qu’entretiennent les Français entre eux. Or, seule la première peut constituer un fardeau pour la génération future, le deuxième ne pouvant donner lieu qu’à une redistribution des revenus à l’intérieur de cette génération.

Pas de dette sans créance

Ceux qui voient dans la dette publique un fardeau laissé à nos enfants semblent assimiler l’Etat (les administrations publiques) à ces parents qui vivent au-dessus de leurs moyens en dépensant plus qu’ils ne gagnent. Comme les enfants d’un tel ménage qui devront « payer » les dettes laissées par leurs parents (ils verront leur héritage réduit et devront, éventuellement, régler des factures impayées) ; de même, la génération suivante devrait d’une façon ou d’une autre rembourser la dette des administrations publiques. C’est sans doute à cette analogie défectueuse qu’avait recours l’ancien ministre des Finances, Jean Arthuis, lorsqu’il écrivait, dans la lettre adressée à tous les contribuables en début d’année avec le formulaire de déclaration de revenus : Une nation, pas plus qu’un ménage, ne peut durablement vivre à crédit.

Mais cette analogie n’est pas valable. Elle oublie le fait essentiel que, en contrepartie de chaque dette contractée, une créance de montant strictement égal est nécessairement émise. Dans le cas de la dette publique en France, la génération qui hérite de la dette hérite aussi de la créance, ce qui n’est pas le cas des héritiers dans les familles qui dépensent trop. La génération suivante n’est donc ni appauvrie ni enrichie par la simple transmission de la dette publique. Il n’y a qu’une manière pour que la génération présente puisse s’endetter et léguer l’addition aux générations futures : en contractant, à l’égard du reste du monde, plus de dettes que de créances.

Par exemple, lorsqu’une génération donnée importe plus de biens et services qu’elle n’en exporte, lorsqu’elle consomme plus qu’elle ne produit, comme on dit dans le langage courant (peu importe, d’ailleurs, si les dettes sont contractées par les administrations publiques, par les ménages ou par les entreprises).

Mais, telle n’est absolument pas la situation de la France actuellement, bien au contraire. L’évaluation la plus complète des dettes et des créances du pays est faite dans les Comptes du patrimoine par l’Insee avec l’aide de la Banque de France. Ces comptes calculent tout ce que les personnes morales résidant en France (ménages, sociétés et administrations) doivent au reste du monde, moins tout ce que celui-ci leur doit, y compris les actions que les uns détiennent dans les entreprises des autres. D’après ces calculs, la France (à l’opposé des Etats Unis) n’est pas endettée. Comme le montre le graphique ci-joint, elle l’a légèrement été entre 1988 et 1994. Mais à partir de 1997, elle a été créancière nette pour un montant équivalent à peu près à 3 % du patrimoine national, ce qui correspond à 13% du produit intérieur brut. A la fin de 2004, les « avoirs extérieurs nets » atteignaient 151 milliards de dollars.

En fait, pour 1000 euros d’actions et d’obligations françaises détenues par des non résidents (les fonds de pension américains, par exemple), des sociétés et des ménages résidant en France détiennent 1066 euros de titres étrangers.

La France est donc, à l’heure actuelle, créancière vis à-vis du reste du monde et non débitrice. Le solde des échanges extérieurs en biens et services, calculé par les Comptes de la nation, tend d’ailleurs à confirmer la conclusion à laquelle arrivent les comptes de patrimoine - il est clair que la France exporte plus qu’elle n’importe (elle produit plus qu’elle ne consomme) et cet excédent est en voie d’amélioration.
La France ne vit donc pas à crédit. Si on veut garder l’image du fardeau porté par les générations futures, il est plus approprié de dire que nos enfants seront des rentiers. C’est le reste du monde qui supportera le fardeau! [en 2004, 2005 et 2006 le solde extérieur français est devenu négatif mais la position extérieure nette est encore largement positive].

Remarquons en passant que, dans une France - et même dans une Europe - qui n’a pas de passif net à l’égard du reste du monde, la crainte de dépenser trop ou de dépenser quelque chose que la génération suivante devra rembourser relève de l’irrationnel.
La génération actuelle peut se priver au bénéfice de la génération future (c’est ce qui se passe lorsque, plutôt que de consommer, nous construisons des écoles et des routes qui seront utilisées dans le futur).

Mais le contraire est physiquement impossible, car les machines qui remontent le temps et qui pourraient nous apporter une partie de ce que nos enfants vont produire demain ne sont pas encore inventées.

Soyons sûrs que - pourvu qu’on ne leur laisse pas de dette extérieure - les générations futures disposeront de tout ce qu’elles produiront. Et leur productivité par heure de travail sera sans doute bien plus élevée que la nôtre.

Savoir gérer la dette des administrations publiques

A côté des dettes et créances à l’égard du reste du monde, il existe les dettes et les créances entre personnes morales résidant en France. A savoir ce que les administrations publiques doivent et prêtent aux ménages et aux sociétés, et ce que les ménages doivent et prêtent aux banques et
aux entreprises, etc.

Ces dettes et créances constituent un réseau complexe dans lequel pratiquement tout le monde doit à tout le monde et dans lequel chacun détient des créances à l’encontre des autres. La somme totale de ces dettes - et des créances correspondantes - atteignait, fin 1996, 70 000 milliards de francs, soit neuf fois le produit intérieur brut. Les administrations publiques ne représentent qu'une petite partie de ces dettes: 9 % [contre 13 % en 1970).

Or,c'est paradoxalement sur ces 9 %, et non sur les 91% restants, que portent les craintes et les peurs que nous examinons ici.

On peut donc se demander si la dette des administrations publiques, à l'opposé de celle des ménages et des sociétés (qui est dix fois plus élevée) possède une spécificité qui la rend tout particulièrement nocive. En effet - et c'est peut-être de là que vient l'idée de fardeau pour les générations futures -, l'opinion la plus répandue à son propos est qu'elle constitue une sorte de boulet que traîne l'économie, un poids mort qui freinerait la croissance et la création
d’emplois.

Or, cette idée est tout aussi fausse que la précédente. Car la dette des administrations publiques (une fois qu’elle est là) est un obstacle ou un encouragement à la croissance, non pas en raison de son volume, mais d’après le type de redistribution des revenus à laquelle elle donne lieu.

Le service de cette dette exige que certains soient ponctionnés (par l’impôt, pour l’essentiel), tandis que d’autres (détenteurs de bons du Trésor, par exemple) reçoivent le produit de ces prélèvements. Il s’agit d’ailleurs souvent des mêmes personnes auxquelles l'Etat donne d'une main ce qu’il leur prend de l’autre.

Comme la somme versée est, en principe, identique à la somme prélevée, il n’y a aucune raison, a priori, pour que cela réduise l’investissement et la croissance. L’Etat, qui gère cette dette publique, doit néanmoins éviter le plus possible de ponctionner ceux qui ont besoin de fonds pour entreprendre des projets utiles à l’économie afin de donner à ceux qui n’utilisent pas ces fonds à bon escient ou qui en ont déjà trop (cette idée est déjà clairement exprimée par David Ricardo).

C’est parce que le volume de la dette intérieure n’est pas en soi un handicap que les Trente glorieuses, de 1945 à 1975, qui fut la période de croissance la plus rapide de l’histoire de l’humanité, a pu commencer avec un niveau de dettes des administrations publiques sans précédent : entre 150 et 300 % du PIB dans la plupart des pays développés. Le niveau actuel des dettes publiques est relativement modeste en comparaison de celui de 1945, date à laquelle aucun gouvernement sain d’esprit n’aurait songé à recourir à l’austérité.

On pourrait croire que ce n’est pas tellement le volume de la dette des administrations publiques qui la rend nocive, mais plutôt sa très rapide croissance ces dernières années. En effet, entre 1970 et 1996, la dette brute est passée de 30 % à 56 % du PIB et atteint 64% en 2006 (définitions de Maastricht). Mais un tel comportement n’est en rien différent de celui des autres secteurs comme les ménages et les sociétés. Avec la financiarisation croissante de l’économie, tous les secteurs (y compris les administrations) travaillent avec plus de passif, c’est-à-dire avec plus de dettes.

Rappelons, à ce propos, que le passif financier de l’ensemble des secteurs économiques, qui était quatre fois plus grand que le PIB en 1970, est aujourd’hui (en 1996) neuf fois plus important.

De ce point de vue, les administrations publiques ont été un peu plus prudentes que les autres secteurs résidents. Cet endettement des Français via les administrations publiques (en tant que citoyens donc) à l’égard de ces mêmes Français en tant que ménages (à titre de personnes privées) n’a d’ailleurs aucunement appauvri le pays puisque, pendant cette période, le patrimoine de la nation dans son ensemble (tout compris, les actifs moins les passifs) a augmenté au rythme de 2,5% par an en francs constants.

Le vrai fardeau pourrait être la baisse des dépenses publiques

S’il est irrationnel de croire qu’on laisse à la génération suivante, en tant que génération, une dette à rembourser, il est en revanche parfaitement possible de leur laisser des problèmes, et de très graves.
En effet, si les administrations publiques négligent, pour ne pas s’endetter, l’éducation ou si elles réduisent l’effort collectif en faveur des personnes en détresse, par exemple, dans ce cas, nous laissons à charge de nos enfants toute une couche sociale élevée dans le désespoir, la marginalité et la délinquance. Voilà le vrai fardeau que nous risquons de laisser.

Rappelons à ce propos que le nombre de prisonniers a atteint 1,7 million de personnes aux Etats-Unis (où les dépenses des administrations publiques sont traditionnellement plus faibles qu'en Europe).

Rapporté à la population totale, il est quinze fois plus élevé qu’aux Pays-Bas et, malgré cela, la probabilité de se faire assassiner ou violer y est dix fois plus importante. En quinze ans - depuis la révolution libérale du président Reagan -, le nombre de prisonniers, qui était déjà impressionnant, a augmenté de 68 %. C’est donc paradoxalement en réduisant les dépenses publiques dans le but de ne pas laisser une dette imaginaire qu’on risque de créer pour la génération future un véritable problème.

La réduction de la dette publique n’apparaît donc pas comme un impératif absolu, valable en toute circonstance. La question de sa réduction, ou de son augmentation, ne peut surtout pas être tranchée en faisant appel à des arguments émotifs qui la considèrent comme étant en soi un ardoise (que devra rembourser la génération suivante) ou un fardeau (pour la croissance). La constitution d’une dette publique, tout comme son éventuelle réduction, sont des options politiques qui doivent être jugées en fonction des avantages et des inconvénients réels, comparés aux avantages et inconvénients réels des autres alternatives qui s’offrent à un pays dans des circonstances concrètes données.