mardi 1 juillet 2008

NPA ou NPA-pas?

"La vie est une histoire que conte un idiot, une histoire pleine de bruit et de fureur qui ne signifie rien".
W. Shakespeare, "Macbeth".

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Ca discute et ça s’agite fiévreusement autour du NPA ces dernières semaines. Ca vient du NPA mais c’est aussi ailleurs ( à la LCR - qui à ce jour et sauf erreur, existe toujours -, au PS, au PCF, à droite...)

On constate une montée en puissance de la médiatisation d’Olivier Besancenot ( à qui certains le reprochent, mais pourquoi serait-il plus con qu’un autre et s’en plaindrait-il?), ainsi qu’une recrudescence de la propagande pro-NPA sur tout les supports ( papiers, Web , TV etc).

Je dis "propagande" à dessein (et sans mépris, juste pour appeler un "chat" , un "chat") parce que, contrairement à ce que à quoi la Ligue "moderne" (version kriviniste) nous avait habitués ces dernières années (et qui a permis, ne nous y trompons pas, à Olivier Besancenot de faire ce score à presque 5 % l’an dernier), on s’éloigne subrepticement d’analyses de fond substantielles pour tomber dans certains travers que connaît déjà, par exemple, le PCF.

Par exemple, le "communiqué" pour dire : "Oui, non, super, pas beau, pas bien, génial" est en passe de prendre le pas sur les analyses rigoureuses suivies de conclusions propositionnelles ; la rhétorique des porte-paroles s’émousse, hélas, doucement mais sûrement (mais elle fait toujours très bien illusion compte tenu du néant total dans lequel baigne la "pensée de gauche", et compte tenu , aussi, de l’entrainement politique des militants de la Ligue...)

Cela étant dit, l’Appel de la coordination nationale des comités NPA (ci-après "l’Appel") paru hier nous laisse "sur notre faim" d’un point de vue théorique et me laisse bien des doutes et des interrogations.

La tentative de la LCR pour /vers le NPA mérite d’être sérieusement analysée - comme tout objet politique, mais pas plus ni moins - non pas pour que X ou Y puisse en dire "j’y vais " ou "j’y vais pas" , mais pour savoir ce qu’il faut envisager de faire, d’un point de vue marxien, et communiste, de cet OPNI (Objet Politique Non identifié).

Quand je dis "sérieusement", je veux dire : sans recourir à tout ce fatras de charlatans qu’on ressort dès qu’il s’agit de la LCR.

On va me dire ( je l’ai déjà entendu) : "Mais tu ne dois pas parler de la LCR, car tu es au PCf, et tu ne dois pas leur accorder la moindre importance, ce n’est pas à toi de faire "leur pub"", ou ce genre de choses...C’est à dire qu’on demande aux militants de participer à l’institutionnalisation de la politique de l’autruche qui sait sévir au Pcf...

J’ai envie de répondre : "Les faits sont têtus" - il se trouve que, qu’on le veuille ou pas, la tentative NPA ne fait pas complètement "plouf" (même si elle n’est pas aussi idyllique que certains le prétendent), que la future ex-LCR a réuni presque 5 % des suffrages sur la tête de son candidat en 2007, et qu’ils ont obtenu quelques élus supplémentaires aux municipales en 2008. Ce n’est pas "la lutte finale", mais ce n’est pas rien non plus.

Cela signifie qu’il y a des citoyens (qui sont-ils en terme de classes sociales et de culture politique?) qui se reconnaissent dans cette tentative, et qui présument qu’elle peut être utile à leur quotidien et à la défense de leurs intérêts.

La politique française en ce moment, c’est un peu "Poltergeist" ou "Ghostbusters". Je m’explique.

Il y a un spectre, entre autre, qui hante le paysage politique dit "de gauche" et ce spectre, c’est celui de la social-démocratie.

Comme semble le souligner cette "prétérition" de l’Appel "C’est pourquoi nous voulons un parti totalement indépendant du Parti socialiste, un parti qui défende jusqu’au bout les intérêts de tous les exploité(e)s." ce spectre semble passer pour le NPA par le prisme du PS ; c’ est d’ailleurs assez éloquent sur la question - (je ne me lancerai pas dans une analyse psychanalytique, mais bon, quand on nomme et donc, qu’on rend aussi présent, dans sa fondation, ce dont on dit pourtant ne plus vouloir entendre parler, on peut dire qu’on n’est pas au bout de "la cure"...)

Mais d’abord, il faudrait savoir de quoi on parle quand on parle de cela, de "social-démocratie".

Doit- on remiser ce terme dans le placard à injures militantes bon-enfant, à côté des "crapules staliniennes", "hyènes dactylographes" et autres "sycophantes stipendiés"?

Doit-on plus sérieusement redonner son sens à cet adjectif?

Je milite pour la seconde solution, car c’est un combat général, pour tous les communistes ( ça devrait l’être pour tout sujet politique), que celui de redonner aux mots leurs sens (afin d’échapper au vortex du cirque médiatico-politique) et surtout, d’employer les mots qu’il faut pour désigner certaines réalités - ça aide à débattre.

Ce spectre, il nous date bien sûr de la IIè internationale, il nous date, en France ,de la création de la SFIO en 1905, de sa scission à Tours en 1920...En Europe, on ne peut pas ne pas voir les différents partis sociaux-démocrates allemand, russe.

Le PS était supposé avoir repris ce flambeau d’un "parti des travailleurs" des mains de l’agonisante SFIO.

C’était un parti qui, certes, croyait plus dans la réforme, ( progressivement passée de socialiste à capitaliste), que dans la révolution, qui a su réunir "les travailleurs" - au sens large de "salariés" - (sans trancher pour telle ou telle classe, en tout cas, de moins en moins en faveur de la classe des prolétaires au sens strict) ; c’est l’histoire d’un courant théorique politique qui abandonna clairement le marxisme en ayant assez minablement tenté de le réviser et après l’avoir et détourné (depuis Kautsky et Lénine, les termes de la bagarre n’ont pas trop changé ; quant à Rosa, la très valeureuse, on sait qu’elle n’eut pas toujours raison contre Lénine, a posteriori, et que malheureusement, elle fut, avec Liebknecht, une, parmi tant d’autres, des vraies victimes de la social-démocratie).

Bref, on sait ce qu’il en est finalement advenu du PS (et avant lui de la SFIO, et plus généralement, de tous les partis-sociaux-démocrates), qui avait suscité tant d’espoirs chez les salariés de toutes sortes en 1981, et aussi, en général, chez des "citoyens" français qui refusaient progressivement, pour des tas de raisons , de se laisser saisir politiquement comme "classes", et qui, croyant donner un prolongement politique valable à mai 68, se réfugiaient dans des valeurs et principes qu’on croyait "idéologiquement neutres", ou, en tout cas à l’abri des attaques de fond par l’idéologie bourgeoise (comme la liberté d’aller et venir, la liberté de commerce, la liberté de conscience etc).

Je ne reviendrai pas sur ce point qui a été extrêmement bien analysé du point de vue idéologique par Didier Eribon, et sur la perméabilité de ces "valeurs" à l’idéologie libérale.

On sait aussi ce qu’il est, hélas, advenu à ce jour du Parti communiste français (mais on ne traite pas du devenir d’un parti comme le Parti communiste, comme au coin d’une table, par quelques notes sur une nappe en papier graisseuse, et le dernier mot n’est pas encore dit à ce sujet...)

Cependant, le PS a "fonctionné", au moins d’un point de vue électoraliste et également par à coups, d’un point de vue de la défense de certains des droits des salariés et des citoyens.

Il fonctionne encore, mais beaucoup moins efficacement, car il est en train de perdre son caractère de "parti de masse" pour des raisons politiques, avec une idéologie majoritaire désormais clairement libérale, centre-droit, une "aile gauche" qui se chamaille et se rétrécit, ne parvenant pas à redevenir majoritaire, et sur un champ électoraliste beaucoup plus restreint - ("banané" au 2d tour en 2002 , il ne passe que difficilement en 2007, et même l’épouvantail Sarkozy ne parvient pas à donner la victoire à la très médiatique Madonne des plateaux télé, j’ai nommé Soeur Sourire, l’inénarrable "Ségolène").

Prendre la place que le PS a laissé progressivement vacante est donc extrêmement tentant pour les intrépides, les ambitieux, mais aussi pour des analystes lucides, qu’ils soient de simples opportunistes, ou des gens convaincus et sincères. - Car il y en a qui, je le sais, ont en tête de faire revivre Rosa (et donc d’une certaine manière, le marxisme) à travers le NPA -.

Il est donc bien difficile de ne pas voir que la tentative de la LCR porte de plus en plus sur la création d’une "chose socialiste social-démocrate" au sens strict ( ce n’est pas une insulte de ma part, donc ,ce qui ne préjuge nullement de mon appréciation personnelle).

L’abandon, d’abord nuancé, puis plus explicite, de la référence au communisme (en se "cachant" derrière le paravent "des régimes prétendument « communistes » du siècle dernier " - cf Appel) masque ce qui pourrait ressembler à un autre abandon (ça pouvait sembler redondant quand on parlait communisme, mais la preuve que non...) , celui de la référence révolutionnaire en tant que telle (même si le NPA garde une sorte de référence, mais quasi incantatoire au vu du reste du texte, dans son "Appel").

Puisque "la révolution" est déjà devenue "transformation révolutionnaire" - pourquoi cette nuance?

Ainsi dans cet Appel "fondateur", le futur NPA se définit comme "une gauche qui ne renonce pas, une gauche de combat, anticapitaliste, internationaliste, antiraciste, écologiste, féministe, révoltée par toutes les discriminations."

Evidemment, il faut souligner le terme de "gauche", surtout. Intéressant. Repris plusieurs fois. Très à la mode. Là, "j’en veux" au NPA et à ses premiers initiateurs ( la LCR quand même) d’utiliser à nouveau ce gros verrou idéologique pour la pensée critique socialiste, cette notion frelatée de "gauche" qui nous a amené tant de dégâts...De contribuer à la rendre de nouveau populaire. Même si c’est un moyen facile de "faire du lien" entre des militants parfois déboussolés...

Les appels du pied à d’anciens amis/ennemis jurés dans les CUAL ( comment ne pas relever la présence de Cl. autain à Saint Denis, venue "en observatrice", mais aussi des "satellites" autrefois bovétistes, ou signataires de l’appel de politis...) ne trompent personne (à part celles et ceux qui veulent être trompés). Est-ce que tous ces gens, finalement, ils n’ont pas "la gauche" en commun, avant tout?

La volonté de prendre pied fermement dans le mouvement social actuel, de se faire le porte-parole des "travailleurs" (mais c’est quoi un "travailleur" chers camarades? Même le petit patron est un "travailleur" !) dans leur ensemble...

Malin , très malin et finement politique - la LCR , au lieu de répéter bêtement tous les jours "Il faut un grand parti de gôche", prend le pari que l’heure est venue, que le contexte est mûr, pour, non pas seulement, "le dire", mais le faire !

Elle a, sur d’autres "forces concurrentes", déjà ce mérite...Dans ce contexte c’est le premier qui tire qui gagne. Et souffler n’est pas jouer.

Ainsi, et objectivement, tout les gentils samaritains (un peu fainéants) qui, autour des partis "traditionnels", ont clamé par monts et par vaux, sans autre discours théorique, "il faut un nouveau grand parti de gôche", se trouvent un peu embêtés pour dire "non" aujourd’hui à la tentative NPA....

N’en déplaisent à certains thuriféraires de "la gauche de gauche" (gauche avenir, avenir de la gauche, gauche arc-en-ciel, communistes unitaires...) qui voient leurs pouliches et poulains s’égailler dans les champs du NPA. Ceux qui mettent "communistes" entre guillemets n’ont plus ainsi à offrir qu’une critique qui tombe à plat (parce qu’on ne voit pas bien la différence entre le NPA et la gauche de gauche...) - mais pas de souci, si "la mayonnaise NPA" prend, ils trouveront sans doute un moyen d’y raccrocher leurs wagons.

Pour nous, communistes,- et sans guillemets - , (j’élargis volontairement à tous les communistes sans restreindre au PCF car c’est une question qui concerne tout le paysage communiste), la question c’est, en France, dans ce cas précis, pourquoi il y a eu Tours en 1920? Que s’y est-il passé à ce moment là (largement entendu) qui a fait qu’on a choisi le communisme autonome? Où en étaient les trotskistes français à cette époque?

Plus généralement, quelle est l’histoire de l’amour/désamour, alliance/désunion, du communisme, du trotskisme, du socialisme communiste et du socialisme social-démocrate, aujourd’hui social-libéral pour certains, en France, en Europe depuis le début du 20ème siècle?

Et surtout, aujourd’hui, au regard de cet OPNI , quelles analyses peut -on faire?

Il y a l’analyse "classique" qu’on résume par des boutades, un peu "datées" à mon avis, mais parfois justes : "c’est le projet de grande LCR", ou " mettez 3 trotskistes dans la même pièce et vous aurez rapidement deux nouveaux partis", "c’est de la poudre aux yeux" etc etc. Pourquoi pas.

J’ai émis des doutes, avec d’autres, sur ce projet - j’attends notamment de savoir ce qu’il en est du rapport du NPA à la IV è internationale.

Même si ça ne règlera pas tout, ce sera quand même très éclairant, car un parti trotskiste ne peut pas être un parti social-démocrate et un parti social-démocrate ne peut pas adhérer à la IVè internationale...Sur ce sujet précis, la Ligue est résolument muette et botte en touche en renvoyant aux "décisions majoritaires des collectifs constitutifs".

L’hypothèse d’un NPA adhérant finalement (sur décision évidemment collective et majoritaire) à l’Internationale socialiste, héritière de la IIè Internationale, serait beaucoup plus intéressante. Pour tout dire, elle serait le certificat de la transformation de la Ligue trotskiste en parti social-démocrate...Et là... Reste à savoir de quoi on parlerait alors, et si les conditions théoriques permettent à un nouveau parti de ce type d’exister sans qu’il soit nécessairement voué aux mêmes erreurs et aux mêmes échecs que ces illustres prédécesseurs (qui finirent bellicistes, petits-bourgeois et viscéralement anti-communistes, c’est à dire in fine "capitalisto-solubles").

Et puis, il y a une question qu’on ne s’est pas posée depuis longtemps.

A t on besoin d’un parti social-démocrate sur l’échiquier politique?

Au-delà, comme on se l’est demandé un temps pour le communisme, la social-démocratie ne porte-t-elle pas en elle, en germes, les ferments de sa défaite, et de la défaite des prolétaires qui se "mettront entre ses mains"?

Cela étant dit, une fois répondu à cela de façon théorique , ça ne fait pas tout.

On pourrait être "bêtement contre" la création d’un tel nouveau parti, cela, pour autant , ne l’empêcherait pas d’exister si "le peuple le veut"... ( à savoir maintenant, pourquoi les prolétaires le voudraient - est-ce qu’"ils" sont justes "bêtes" ou, tiens, si c’était nous, qui ne comprenions pas que les masses - dont nous sommes- vont leur rythme? Ou encore, et en outre, si c’était nous, prolétaires communistes, qui ne faisions pas notre boulot?...)

D’où la vague d’attaques assez sottes, ces dernières semaines, il faut le dire, d’une bonne partie de la "gôche" qui ne voit pas d’un bon oeil, pousser ce champignon à l’allure étrange....

Je ne rappelle pas les sorties un peu pitoyables des uns et des autres sur la question, toute cette polémique stupide sur les "manifs traine-savates" - (il est évident que, quoi qu’on ait à dire quand on se revendique encore communiste ou socialiste , cela doit porter la marque d’une certaine réflexion, et que l’anathème n’est pas propice à l’analyse).

Alors, est-ce que ça peut marcher ce NPA ( marcher au sens de "devenir un parti social-démocrate de masse" )?

"Si, si, si" - mais il faut bien des hypothèses et je ne suis pas Madame Irma - Si on est bien dans l’hypothèse d’un nouveau parti social démocrate avec le NPA, si le PS poursuit son aggiornamento libéral et centriste (ce qui est quasi certain car c’est le sens de son histoire) , si le PCF ne se donne pas les moyens du sursaut visant à refaire de lui un vrai parti communiste, mais un parti moderne (et donc forcément "marxien" ), si les principaux challengers de la LCR/ NPA font l’erreur de ne pas se presser de "construire", si le PCF et le PS négligent de régler maintenant leurs problèmes de fond, et continuent, comme ils le font depuis 25 ans à louvoyer, à glisser, à déraper, si, si, si...

...alors, le NPA a une "chance" de se transformer valablement en embryon de parti social-démocrate rassembleur, aux allures dynamiques, "de gauche " (puisqu’on a négligé, au PC de tordre le cou à cette notion l’an dernier).

Ensuite, il y aura encore "un peu" de chemin à faire pour devenir un parti de masse ( car il n’y a pas de parti social-démocrate s’il n’y a pas de parti de masse) - ce qui impliquera notamment que le NPA ait trouvé le(s) moyen(s) de ré-intéresser les citoyens et salariés français à la politique et surtout, à la gauche...

Pour conclure, à ce stade, le NPA ne devrait pas être un problème pour les communistes en général, ni pour le PCF en particulier , (a fortiori s’il ne reste qu’un énième parti trotskiste) . Je dis bien "ne devrait pas".

Mais il semble que cela en soit un, si on en juge par les réactions épidermiques de certain-e-s...Pourquoi? Parce que comme nous sommes sur la mauvaise pente, nous avons peur !

Si, au lieu de nous "faire plaisir", de nous "faire du bien", à nous, nous prenions résolument le taureau par les cornes pour permettre ENFIN à toute une partie de militants et de sympathisants ("dedans" et "dehors" ) communistes de s’unir dans une perspective révolutionnaire, marxiste et résolument non-gauchiste, on tiendrait le bon bout !

Mais bon il y aura de nombreux congrès fin 2008, dont celui du PCF - attendons le résultat de ces congrès, on y verra plus clair.

Pour ma part, je l’ai dit et je le redis, je m’inscris toujours, et plus que jamais, dans une perspective communiste ,révolutionnaire, marxienne (enfin au moins, j’essaie, avec d’autres).

Alors, non, le NPA ne me "fait pas peur" (je le verrais plutôt comme un allié, et je pense aussi qu’il va y avoir rapidement des questions sur lesquelles son affaiblissement idéologique progressif va le faire trébucher - je pense notamment à l’Europe de la CECA, à l’Europe de Maastricht et de Nice...), et bref, non, pour répondre à certains, je n’en fais pas "l’ennemi du jour" (car on voit des dangers bien plus graves pour les communistes et pour les salariés en général dans le camp adverse, mais aussi dans nos rangs mêmes ...).

A la rigueur, c’est bien à "l’aile gauche" du "poulet-Ps" de se dépatouiller du NPA.

Surtout que la division entre forces, organisations, et mouvements progressistes, révolutionnaires,socialo-communistes, qu’elles soient politiques, syndicales, associatives, ne me semble pas du tout à mettre à l’ordre du jour dans une époque comme la nôtre.

"Chacun chez soi", soit, mais on peut se donner la main, en fonction des circonstances et des objectifs !

Ne pas le faire, à l’heure actuelle, avec toutes celles et tous ceux qui rendraient cet "ensemble" possible ( y compris des "gaullistes de gauche" sur certaines questions), pourrait être vu comme une énième trahison des intérêts populaires ( comme l’ont été vues les défaites de l’union de la gauche, et celle des CUAL).

Nous nous tirerions nous-mêmes, prolétaires, une balle dans le pied.

Fraternellement,

11 commentaires:

Anonyme a dit…

La Louve ou l art et la manière de poser la question qui rend fou ...
Besancenot a apporté dans le paysage une touche qui manquait
un franc parler ,la ou s essouflaient les figures ( appareils ? ) conventionnels a gauche.
donc séduction .
seduction pour ceux qui en ont assez de paroles incomprehensibles ,d une politique qui exclue le citoyen en s auto-reservant a une "elite"
bien .
j ai de nombreux camarades un peu partout en France qui s investissent a fonds dans l aventure NPA une bonne partie est composé d anciens PCFou meme de PCF qui se retrouvent plus en accord avec le NPA..il y en a de tous les ages donc leur enthousiasme ne vient pas de la jeunesse en particulier mais plutot d'un manque ressenti dans l expression politique.
on peut penser que les partis de gauche n ont pas su rassembler ,n arrive plus a etre representatifs du peuple.
bien .
alors ?
alors ,pourquoi cette gene ? cette impression bizzare ?
je ne sais pas encore , je pense que nous saurons assez tot si l espoir des travailleurs sera reellement porté ou une nouvelle fois vendu sur l autel de la reussite personnelle , du culte de la personnalité.(et je noublie pas l art consommé de nos camarades trotskistes pour la gestion "sousmarine...)
hors de ce sentiments intime de doute ,(legitime je crois au vu des trahisons "historiques" que nous avons subis ),je dirais juste que toute formation de gauche ,reellement de gauche doit avoir le soutien de tous.
chaque opportunite de battre la droite doit etre saisie.
Apres ,a nous de faire en sorte que la machine soit sur les bons rails,
qu elle reste au service du peuple.
Makhno

Osemy a dit…

Je tiens à préciser une ou deux choses.

D’abord, merci de ne pas me faire dire ce que je ne dis pas, puisque cet article est avant tout une longue interrogation. Je comprends qu’on ait des doutes ( j’en ai moi même je crois que je les exprime clairement) mais je ne vois pas ce qui permet raisonnablement aujourd’hui de dire avec certitude "le NPA c’est ça ou ça".

Il faut s’interroger sur ce sujet quand on est communiste, c’est important, faire des hypothèses qui vont au-delà du prêt-à-penser auquel nous sommes un peu habitués en la matière.

Il s’agit ici de tirer les leçons du passé et de nos échecs. Notamment vis à vis du PS en son temps.Peut être que si nous avions fait l’effort préalable d’avoir une analyse juste de l’objet en constitution "PS" dans les années 70, nous aurions évité certaines erreurs politiques et stratégiques.

Quelles erreurs?

Par exemple, se laisser monter sur le dos par le PS, ne plus réussir à s’en défaire qu’au prix de contorsions incompréhensibles pour les prolétaires (la théorie du "virage à droite" du PS..) et de porter la responsabilité de l’échec de l’union, "faire monter" une social-démocratie d’opérette au détriment d’un communisme fragilisé par le stalinisme etc. Etre obligés ,ensuite, d’avoir l’air de faire alliance "avec des traîtres" pour "des fauteuils" - il faut faire attention à la façon dont on qualifie ses adversaires politiques.... -

Vu qu’une erreur politique se paie cash, et pendant très longtemps, en ce qui me concerne, je préfère ne pas réitérer l’expérience, tout simplement, et surtout pas en ce moment.

Quand je dis que j’ai des doutes, j’ai des doutes à deux niveaux au moins.

doute sur ce que va être peut être souhaite être ce "NPA" : rester un groupuscule trotskiste "amélioré" (c’est la version "grande LCR") ou devenir un "parti de masse"?

doute sur ce qu’il peut devenir, notamment en terme de parti social-démocrate, compte tenu des enseignements de l’histoire sur , justement, la social-démocratie.

Et quand bien même le NPA deviendrait un parti social-démocrate, est-ce à dire qu’il serait paré de toutes les vertus? Mais non, et au contraire, c’est là que je dis, quoi qu’il advienne du NPA, au fond, le chemin pris sera critiquable, comme tout choix politique.

C’est quand l’analyse de l’Autre commence, que "tout commence". Je me permets donc de demander à tout mes camarades communistes de ne pas faire l’économie de l’analyse serrée de ce phénomène (une fois fait, nous n’y "reviendrons plus") et d’envisager que leurs intuitions pourraient ne pas être bonnes (mais elles peuvent l’être aussi).

Personnellement, pour mettre fin à tout début de polémique sur "mon avis" qui tuerait le débat de fond, ai-je à le redire, (il semble que oui) je pense que la social-démocratie ne peut être qu’une impasse à moyen terme, quoi qu’elle puisse sembler être une alternative très séduisante.

Surtout si ce début de rassemblement se construit sur une notion aussi frelatée que celle de "la gauche". Là, je pense que les camarades mettent le déjà le bras entier dans la compromission avec l’appareil bourgeois.

C’est justement sa force ( un certain délitement théorique consubstantiel, un éloignement inévitable de la question de la révolution, du marxisme etc...qui permettent un regroupement plus "large" et plus "facile" des masses ) qui constitue sa faiblesse (l’absence de grille de lecture opératoire, et la "liquéfaction" progressive dans le capitalisme). Face à cela (et c’est d’actualité pour les communistes du PCF) que signifie 1920 pour nous? Que s’est-il passé à Tours et pourquoi?

Cela étant, si, (et qu’on le veuille ou pas ne changera rien), si cet "OPNI" prend corps et agit sur et dans les masses, nous devrons faire "avec" - et ce "faire avec" dépendra évidemment de ce que nous voulons être ,et , à partir de ce vouloir-être, de ce que nous aurons analysé.

Car combattre ce que nous penserions être l’illusion social-démocrate, cela n’implique pas de désunir les prolétaires dans les luttes en créant de fausses pommes de discorde.

Cela demande une démonstration théorique forte, argumentée, cela demande de pouvoir dire pourquoi, selon nous ce type de regroupement, est une erreur, et surtout, ce que nous proposons à la place.

A continuer de se battre sur "la gauche" en premier lieu, nous serons indéfiniment perdants et toujours en retard , en tout cas, dans le cadre actuel. Mais évidemment ,choisir de se battre pour "la gauche" et non sur le socialisme, le communisme, le marxisme etc, c’est un choix idéologique.

Pour finir, j’aimerais convoquer la déclaration de Gramsci sur le congrès de Tours :

"On ne peut comprendre le sens et la portée du congrès de Tours si l’on ne replace pas la lutte des tendances au sein du Parti socialiste dans le cadre général du mouvement ouvrier et paysan en France.

Le congrès de Tours est étroitement lié à la grève du 1er mai dernier (NdLL : " Il faut bien qu’on sache que l’armée reste la force publique, et qu’à l’avenir on n’ignore plus qu’elle sera munie de cartouches ". 2 morts ce 1er mai 1920)., ses résultats témoignent des dispositions des masses populaires envers les organismes directeurs du mouvement syndical, qui, à l’occasion de la grève et face à ses conséquences immédiates, réagirent de la façon et dans les formes que l’on sait.

Le Comité de la IIIe Internationale dont les deux secrétaires, Loriot et Souvarine, sont en prison depuis le mois de mai sous l’inculpation de complot contre la sûreté de l’État, a vu la très grande majorité des mandats se porter en faveur de sa motion. Le Comité de la IIIe Internationale, qui représente le solide noyau fondamental du nouveau Parti communiste, n’a pas hésité un instant à prendre une position nette et claire contre les fonctionnaires cégétistes et les députés socialistes qui, durant la grève de mai, ont trahi la classe ouvrière française.

La politique communiste de la IIIe Internationale a eu la vertu d’apaiser les dissensions entre “syndicalistes” et “socialistes” ; purgés de leur idéologie syndicaliste, les leaders révolutionnaires de la CGT entreprirent un travail assidu et systématique d’organisation et de propagande qui ne tarda pas à porter des fruits d’autant plus rapides à mûrir et d’autant plus nombreux, que la politique opportuniste et traîtresse du Comité confédéral avait réduit les effectifs syndicaux de deux millions et demi d’adhérents à six cent mille, et avait ainsi donné plus d’importance à la masse des ouvriers et des paysans les plus conscients, ceux qui étaient inscrits également au parti politique.

La victoire de Tours est la victoire du Comité de la IIIe Internationale et elle prélude à la victoire que les révolutionnaires obtiendront au sein de la CGT. dès avant le Congrès, et qui les conduira par la suite à la conquête des Bourses du Travail et des Unions départementales.

Le congrès de Tours a une portée profonde, non seulement pour la classe ouvrière, mais aussi pour la classe paysanne.

Le fait que la majorité des sections rurales ait voté en faveur de la IIIe Internationale et pour un parti plus homogène et doté d’un centralisme révolutionnaire plus fort, ne peut être interprété comme une manifestation d’impulsivité que par ceux qui se refusent à voir l’ampleur de la crise qui décompose la vieille structure de la société française.

La légende de la France pays de petits propriétaires n’a plus aucune consistance. Dès avant la guerre, la désagrégation des vieilles formes économiques avait atteint une phase aiguë et les agitations fréquentes et massives de la classe paysanne en étaient la preuve. Les chiffres que voici, qui concernent l’année 1913, apportent des précisions sur les conditions de répartition de la propriété en France, conditions qui ont été énormément aggravées par la guerre, dans la mesure où la guerre a provoqué un drainage de la richesse vers les coffres-forts d’une minorité : pour 1913, en représentant la richesse globale française par le chiffre 1000, et le nombre de citoyens juridiquement capables d’être propriétaires par le même chiffre 1000, on avait la répartition suivante : 470 Français, soit 47 %, de la population, sans aucune propriété, 406 Français propriétaires de 120 unités, soit 40%, de très petits propriétaires, 85 Français, soit 8,5% de la population propriétaires de 400 unités et 39 Français soit 4 % de la population propriétaires de 470 unités.

L’aggravation de la condition économique générale explique suffisamment l’élan révolutionnaire des classes rurales qui s’est révélé lors du congrès de Tours.

Mais le congrès de Tours, outre sa signification générale dans le cadre du mouvement révolutionnaire français, a une signification très importante dans le cadre du mouvement révolutionnaire représenté par l’organisation de l’Internationale communiste.

Pour porter un jugement exact sur les résultats du Congrès, il importe de tenir compte du fait que la majorité du Congrès n’a encore aucun lien officiel avec l’Internationale communiste, que le nouveau Parti n’est pas encore admis dans l’organisation de Moscou. Le nouveau Parti demande à être admis, après s’être séparé des réformistes et des centristes : la coupure est si radicale que Longuet reste hors du nouveau Parti, de même que Paul Faure qui s’était pourtant rendu à Imola en 1919, après le congrès de Bologne, et avait filé le parfait amour de l’internationalisme communiste avec quelques-uns des plus grands représentants de l’actuel unitarisme italien.

Ce qui est le plus important, dans le congrès de Tours, c’est précisément que le Parti favorable à l’adhésion ait atteint un degré d’homogénéité tout à fait remarquable, et que dans son sein, le noyau originairement communiste, le noyau représenté par l’organisation centralisée au sein du Comité de la Ille Internationale, ait acquis une prépondérance décisive.

C’est pourquoi le vote de Tours n’est pas la victoire de Cachin ou celle de Frossard ; c’est la victoire des communistes, c’est la victoire de la classe révolutionnaire des ouvriers et des paysans de France, qui sont en train de démembrer la bureaucratie syndicale, opportuniste et félonne, et qui, en se détachant des plus populaires porte-parole de la démagogie parlementaire, ont prouvé qu’ils étaient résolument décidés à faire leur entrée sur le terrain de la lutte pour la révolution mondiale."

http://www.marxists.org/francais/gr...

Si certaines conditions qui ont amené à la rupture de 1920 (et notamment l’absence aujourd’hui d’un équivalent de la IIIè Internationale, ainsi que la présence forte et récente de la révolution de 1917, l’assassinat d’un Jaurès et l’épisode de la première guerre mondiale) ont changé, et que l’on ne trouve pas à ce jour de situation comparable, je ne crois pas que les raisons qui ont justifié ce choix collectif et majoritaire à l’époque (et notamment la lutte contre la "démagogie parlementaire" et la "félonie bureaucratique" ) et les conséquences politiques de cette rupture (l’entrée sur la scène politique des révolutionnaires) aient, elles, changé, et au contraire...

A bon entendeur donc...

LL

pedrito communista a dit…

Parti Communiste Indépendant,Autonome,Internationaliste, Marxiste ?

Ou


Parti de Gôche dilué dans la Gôche caviar socio démocrasse, en un mot la pieuvre ?

Traçons notre chemin, nous retrouverons des amis un instant fourvoyés au npa : notre problème, notre urgence, aujourd'hui, c'est de sauver le PARTI des griffes des anciens troskos et de tous les bourges qui noyautent la gôche ps et même pcé (parti comm. électoraliste)

Anonyme a dit…

nous sommes d accord.
Makhno

Anonyme a dit…

Salut Elodie,
Merci pour deux choses:1)pour ton texte (qui muscle mes neurones encore une fois) et 2)pour avoir analysé la naissance du NPA sans tomber dans la connerie ,comme beaucoup,(voir les posts d'imbéciles sur Bellaciao) de la rage,de la haine,du venin anti-trotskiste et anti-NPA.Tu as préféré l'objectivité et c'est tout à ton honneur.

Je ne suis pas au PCF mais pas au NPA non-plus;ceci afin de clarifier les choses,je suis très proche de LO.

En 2001 j'ai donné un coup de main à la Ligue à St Denis pour préparer les élections municipales.D'abord je n'ai pas reconnu le parti que j'avais connu trente ans auparavant.L'activisme était toujours là mais dans un sens électoraliste seulement.A la FAC de St Denis il y avait une grève générale avec occupation et , étaient présents.PT,LO,Gauche Socialiste(Filoche),LTF, mais ,à ma très grande surprise,pas un militant de la ligue?!!

Je n'ai jamais eu d'explication réelle sur cette absence.Et,ce qui m'avait frappé aussi,cétait un bruit de couloir "la Ligue vire PS.."

Je me souviens en avoir parlé avec AK qui,lui,voulait reprendre cet activisme dont lui-même avait toujours fait preuve.De plus AK ne voulait pas entendre parler de l'enlèvement du mot communiste dans LCR;il voulait garder communisme et révolutionnaire.

Depuis il a été viré du bureau politique...?? Ce qui ne l'a pas empêcher de recruter Besancenot.

Tout ça pour dire qu'il y a depuis longtemps un malaise à la Ligue.

Avec OB l'activisme est reparti de plus belle et je trouve ça plutôt pas mal.Cela se fait aussi,moins bruyamment,à LO.

Il est indispensable que des militants ouvriers aillent sur tous les points chauds,partout où des camarades se battent.Il n'y a que comme cela que l'on peut expliquer aux gens qui nous sommes et ce que nous proposons et les amener à une lutte plus "globale" à partir de leurs problèmes spécifiques.

En ce qui concerne le NPA (sigle transitoire,OB a été très clair à ce sujet)tu as parfaitement raison il faut se battre avec, l'ignorer serait,comme tu le dis,se tirer une balle dans le pied.

C'est pourquoi certains commentaires à ton article sur bellaciao me foutent les boules.

Je ne sais plus qui a dit" marcher séparément,frapper ensemble"il avait raison.Et je pense que le moment est venu de se rassembler pour frapper ensemble.Au diable les divisions et tous ensemble on fout en l'air ce gouvernement de droite extrème et extrèmement dangereux.

Ne nous y trompons pas l'union des travailleurs(euses) ne se fera que si ,nous ,nous sommes déjà dans l'unité.

Peu importe si OB a bénéficié d'un vide sidéral à gauche,si c'est un bon communiquant..etc..etc...ce qui compte c'est ce que nous pouvons faire ensemble.D'ailleus personne n'a empêché MGB d'en profiter du vide sidéral...,hein ?Personne à la ligue ni à la base du PC ne lui a dit d'aller chanter la marseillaise au Liban avec Sarko,hein ?

Et je terminerai en disant que,par expérience,les gens n'aiment pas voir les partis dans lesquels ils se reconnaissent, divisés.C'était un des grands problèmes de 68 chez Renault et,sûrement ,ailleurs aussi.

Camarades,tous ensemble et VITE!!!

François.
PS: Elodie,j'espère que tu n'es pas sérieuse quand tu parles des Gaullistes de Gauche ? Je pensais cette race là disparue ? Et de toute façon n'a jamais éxistée,impossible!A quel moment De Gaulle a-t-il été de gauche?JAMAIS!! Je me souviens quand je posais la question à des gens qui se réclamaient de ça "où avez-vous vu De Gaulle de gauche?"
La réponse était invariablement"heu..la résistance..heu l'appel du 18 juin..heu..."Et merde De Gaulle s'est servi de la résistance qu'il ne voulait pas laisser aux mains des communistes et en contrôler les luttes surtout à la libération où les communistes et d'autres refusaient de rendre les armes pour continuer à se battre contre le capitalisme.De Gaulle veillait à la tranquillité des bourgeois,c'est tout.

La résistance et l'appel du 18 juin ont permis à ce fumier de préparer son entrée au pouvoir,c'était ça le général.

Et en 68,sa fugue à Baden Baden pour s'assurer le concours de l'armée ? Il n'aurait pas hésité à faire tirer dans la foule ce salaud.Alors Gaulliste de gauche,HEIN!!

Michel GROS a dit…

Elodie,

Trois éléments centraux viennent structurer ta critique interrogative.

Le premier est celui de l’espace social-démocrate, abandonné par le P(s) au profit d’un ralliement à des visées sociales mais néanmoins libérales, et pour lequel le NPA aurait un projet d’occupation.

Le second est celui du concept de « communisme » pour lequel le NPA aurait un projet d’abandon.

Le troisième recouvre l’usage néfaste et indéterminé du terme de « gauche » pour définir une localisation de la contestation de l’idéologie dominante, et pour lequel le NPA aurait une suspecte attirance.

Pour le premier élément, une recevabilité serait possible si le militantisme de la LCR avait laissé entrevoir dans ses pratiques un intérêt pour ce type d’organisation sociale. Il faut reconnaître que sur tous les éléments théoriques et pratiques qui fondent cette socialité, la contestation la plus puissante des forces politiques est toujours venue de la LCR. Critique des complaisances vis-à-vis de la représentativité tronquée produite par la Vème République, critique de la dimension parlementariste comme seul mode d’intervention sur la réalité, critique du centralisme bureaucratique des piètres forces syndicales, critique du P(s). J’en passe. Le NPA s’approprie entièrement cette conception critique.

Pour le second élément, une recevabilité serait possible si le concept de « communisme » avait fait l’objet d’un déni dans l’idéologie de la LCR. Il faut reconnaître que c’est plutôt un mésusage dans l’Histoire qui lui a fait quelques préoccupations. Le PCF n’est pas épargné dans cette réfutation de l’usage qui fait de la pensée de Marx un inutile « marxisme ». À cet égard, l’hypothèse communiste est à revisiter, aussi bien et surtout au PC que dans les élaborations en cours dans le cadre du NPA. Il n’y a donc pas là de prérogatives critiques où tu trouverais à fonder la tienne.

Pour le troisième élément, je suis assez d’accord avec toi à la réserve près que le processus théorique en marche dans le NPA convoque des personnes pour qui la « gauche » représente une localisation de la topologie politique hexagonale. Il conviendra bien évidemment d’expliciter de ce terme est une fausse représentation de la dimension performative où s’engage tout processus révolutionnaire.

Voilà succinctement ce que je voulais te dire pour offrir à tes interrogations matière à la précision.

Amitiés subversives.

Anonyme a dit…

Bonsoir,

La vache, ça progresse chez les trotskos (défroqués ou fraîchement refroqués)...

Autrefois VRP en courants d'air, voici venu le temps du rire et des chants du « nouveau [grand] parti de la gôche anticapitaliste ».

Cela dit, c'est déjà ça de gagné (mais pas plus...), car de nos jours la tautologie est toujours bonne à rappeler, des fois qu'on l'aurait oubliée.

Alors évidemment qu'il y a un espace à prendre à gauche de la gôche, la LCR joue bien le coup (elle aurait tord de se gêner) et on va se refaire une petite amicale des divorcés politiques : réunion des ex-machin et des ex-machins trucs.
Y'a pas à dire, l'oecuménisme politique, ça vous arrache une larme à l'oeil :-)

Maintenant Besancenot et sa clique à courants d'air ont des wagons de retard.

L'idée même d'une construction d'un « parti » est caduque, contre-productive et les faits nous y inclinent.
Assiste-t-on, depuis des décennies, à un je-m'en-foutisme parlementaire passager ou au contraire à une réelle désagrégation de la notion de parti politique ?
A fortiori de celle qui fût incarnée un temps avec éclat par les grands partis ouvriers.

Pour faire écho à l'interrogation de la Louve dans son billet, la structuration en partis condamne au réformisme (ou a contrario à la dictature) et il ne peut y avoir d'usage révolutionnaire du réformisme.

La question du sens et de la forme d'organisation s'est posée très tôt au sein du mouvement ouvrier et ce n'est pas qu'une question historique, cela va à la source même du mot « marxiste ».

En ces temps d'intense bouillonnement précédant la création d'un nouveau parti et où l'on ne manque évidemment pas de faire des incantations à la pensée marxiste (sic) :-), il est amusant de constater que celui qui est à l'origine même de cet épithète préconisait la stratégie des réformes progressives... au moyen des partis.

Bien que je souhaite ardemment au NPA un grand et bon cassage de gueule, l'idée de la bande à Besancenot risque malheureusement de séduire et c'est bien connu, on résiste à tout sauf à la tentation (même ici ?).

Alors NPA ou plutôt NPAC ?

==> Nouveau Piège A Con


Michel
(PCF)

Osemy a dit…

"l'idée de la bande à Besancenot risque malheureusement de séduire et c'est bien connu, on résiste à tout sauf à la tentation (même ici ?)."

---
Eeuhh non là Michel, tu t'égares :) Pas ici non, enfin pas en ce qui me concerne ( j'y serais déjà sinon...!!!)

Je pense comme toi et c'est ça que je retiens: pour des tas de raisons ( consciences, moment historique etc) cette initiative a des chances de marcher. Imaginant bien que la LCR n'est pas assez conne ni suicidaire pour fermer la porte à cette opportunité de devenir enfin (!!) un grand parti social démocrate...Ca me rappelle un copain ex LCR devenu PS ( comme il y en a tant au PS...) qui me disait "si Trotsky vivait encore ils serait au PS"....

Bref, non, pas de "NPA" pour moi, car "malheureusement", j'ai été "contaminée" par "le péril rouge" :) - Marx Attacks - et tu sais bien que, quand on a chopé le virus communiste, on ne s'en débarrasse pas comme ça...(humour à l'attention des petits messages sympathiques que je reçois régulièrement mais que je ne passe pas et qui me traitent de malade, psychopathe etc...)

Cela étant dit, comme avec le PS, il faudra bien "faire avec" si cela devient en effet un "parti de masse", et en même temps (cette fois), se battre contre ( pas contre les électeurs no les adhérents mais contre l'idéologiqe funeste que cela colporterait).

C'est pour ça qu'il n'est jamais trop tard pour réfléchir assez tôt :)

Fraternellement

Osémy

Anonyme a dit…

"si Trotsky vivait encore ils serait au PS"....
héhéhé..oui mais si c etait le cas je me ferai un plaisir de lui presenter mon pic à glace en souvenir de Batko Nestor...
et apres , c est toi qu on traite de "malade et de psychopathe...on voit qu ils ne me connaissent pas..salutations a toi.
Makhno

Anonyme a dit…

Bonsoir,

Ah, désolé la Louve si je me suis mal exprimé, ma faconde varoise me joue parfois des tours !
Comme tu l'auras deviné, j'ai beaucoup apprécié ton billet qui exprime des craintes lucides dont, je pense, qu'elle se vérifieront a posteriori.

Sur certains cybercarnets, l'heure est plutôt au dithyrambe sans discernement et à l'enthousiasme des engagements personnels, mais l'illusion ne dure qu'un temps et il faut savoir raison (critique) garder.

Enfin si je puis me permettre une appréciation un peu personnelle, c'est bien de savoir que l'on a des militantes comme toi, il en aurait fallu plus et aussi peut-être plus tôt.

Michel

Anonyme a dit…

J'avoue n'avoir pas très bien compris l'attaque sur le "social-démocrate".

Revient-on à l'époque de la chasse aux gauchistes, où tout ce qui n'était pas stalinien était forcément soc-dem, voire jouant le jeu de la bourgeoisie?

J'ai l'impression que les militants du PCF se masquent la réalité, celle des institutions de la Vème république qui les oblige à suivre la voie sociale-libérale du PS pour garder leurs élus.
Alors ils prêtent à d'autres leurs propres défauts, retombant dans leurs travers staliniens et se considérant seuls garants de la "pureté communiste".

Il est bien évident que le PCF ne rejoindra jamais le NPA, car ça reviendrait à suicider sa bureaucratie.
Mais cette prise de position de La Louve m'étonne un peu, même si elle est moins caricaturale que d'autres. Quand on est dans un parti qui devient de plus en plus social-libéral, la moindre des choses serait de faire profil bas sur ce sujet là, non?

Quant au profil du NPA, je n'ai personnellement aucun doute qu'il sera communiste et révolutionnaire.
Mais certainement pas au sens stalinien de ces deux termes. Bien au contraire!