mercredi 26 mars 2008

Pour le communisme : Penser hors du chef


S’il y a bien une question que nous devrons résoudre, et rapidement, c’est celle-là : « comment des communistes peuvent ils et doivent ils penser leur organisation hors des notions de chef et de clans », en tenant compte de ce qu’une organisation des communistes est à mon avis plus que jamais nécessaire, sous une forme ou une autre, et que la guerre (de plus en plus virulente) à laquelle nous nous livrons (et que l’on livre contre nous) exige un minimum d’action collective, d’action « de masse », et donc de discipline.

Cette question (dont découle aussi la « querelle » entre Lénine et Luxemburg sur les notions d’avant garde éclairée et de dictature des chefs, « que faire » vs/ « marxisme contre dictature ») est une question fondamentale. C’est, au-delà d’une simple question d’organisation, une question philosophique à laquelle tout communiste doit apporter sa contribution, sa pierre (petite ou grosse).

L’approche du Congrès fait ressurgir, comme inlassablement les mêmes perspectives d’erreurs.

Des erreurs chaque fois plus impardonnables pour les communistes dans leur ensemble (et donc, pour chacun d’entre nous, militant ou pas, selon la théorie que tout ce qui nuit au communisme nuit au peuple, nous nuit à nous !)

On voit s’ouvrir les discussions préalables sur de vieilles voies mille fois empruntées et qui nous ont, chaque fois, conduits à l’échec : « C’était pas moi le chef, donc je n‘ai aucune responsabilité – mais si vous votez pour moi, je serai plus beau/belle, plus intelligent/e, je laverai plus blanc que blanc ».

On sent déjà les clans (et non pas des courants de pensée), supporters de X ou Y ou trucmuche, affûter les couteaux. Plus ou moins drapés dans des pseudo-justifications théoriques, assez fumeuses parfois, faisant part de leur amour subit pour tel ou telle, récitant des mantras « marxistes-léninistes » comme autant de faux-semblants…

Serions nous toutes et tous devenus Ecossais ? A quand les tartans alors ?

Bref. On remet donc le Parti, invariablement (et même pour celles et ceux qui parfois , prétendent faire le contraire), non pas sur les rails de la lutte des classes mais sur les rails de la lutte des places (expression devenue à la mode).

On assiste à des péroraisons, des joutes verbales, largement à base d’incantations, d‘incitations, de « yaka fokon », parfois de la part de personnes qui sont depuis si longtemps aux commandes de ce parti, qu’on ne peut s’empêcher de sourire et de se demander « mais pourquoi diable se réveiller aujourd’hui ? ».

Et puis on reste sur notre faim, de toutes ces grandes femmes et grands hommes, il ne « sort » rien, rien n’est « produit ».

Or, si l’intellectuel est aussi un ouvrier comme un autre – et vice versa- (et à ce titre, a évidemment toute sa place dans une organisation communiste), c’est bien parce qu’il « produit » lui aussi. Alors où sont les textes ? Les idées au moins ? Où sont-elles, que lit-on ? Qu’écrivent-ils ? Rien.

Et notre parti continue de s’enfoncer dans un vide abyssal où l’absence totale de propositions sérieuses le dispute à la sur-représentation des egos. Quelle tristesse.

Alors que plus que jamais, nous avons besoin du communisme, des communistes, et d’une organisation pour les soutenir, pour soutenir leurs combats, nos combats, quotidiens, et d’avenir, on dirait que tout est fait, du dehors bien sûr, mais surtout du dedans, pour que nous n’existions plus et que nous soyons renvoyés à nos individualités, nous qui ne sommes utiles et forts que collectivement.

Comment penser une organisation (qui doit avoir, certes, quelque chose de l’organisation « militaire ») communiste, hors du Chef ?

C’est étrange qu’on doive se poser cette question et qu’on ait tant de mal à la résoudre alors que fondamentalement rien n’est plus opposé que le communisme à cette notion-là, cette notion de chef.

En revanche, être communiste ne signifie pas faire l’impasse sur des questions comme celle de l’auto-discipline, celle de la responsabilité de chacun des militants, celle du parti avant l’individu (dans une mesure « humaine ») ça non.

L’Innommable n’est fort que parce que nous sommes, non seulement divisés, mais surtout loin de l’action et de la pensée collective.

Cela m’inquiète et m’attriste de constater cela, qui se manifeste avec plus d’acuité chaque jour. Il me semble comme une tique sur notre cou, qui enfle à mesure que nous maigrissons, qui se repaît de nos divisions, qui se nourrit de nos erreurs et de notre « non-collectif ».

La moindre erreur peut nous être fatale avec ce type de personnage et on peut se demander si tout le monde en notre sein, en a pris l’exacte mesure. Chaque communiste doit avoir conscience que nous sommes face à un chien enragé et dominateur ; face à cela, l’union et la collectivité, seules, sont nos remparts et nos armes. Hors cela, point de salut pour nos rêves.

« Pensée et actions collectives », cela ne signifie nullement ce consensus mou, cette espèce de tisane tiède qu’on nous sert actuellement, qu’on nous déverse par litres, dans des textes et des prises de position que ne renieraient pas Lapalisse, sous prétexte de réaliser une union de pacotille qui cèdera au premier coup de vent.

Bien sûr, ça ne peut pas être « en masse » du début à la fin, pour des tas de raisons (et quand je dis cela ne peut » j’entends « cela ne peut » et pas « cela ne doit »).

Et c’est là que j’en reviens à « l’avant garde éclairée », fraternelle, bienveillante d’une part , et aux « éclaireurs » du Parti d’autre part, qui, sans se « sacrifier » (autre écueil auquel nous avons souvent du mal à résister) s’engagent peut être un peu plus que d’autres, pour des tas de raisons, ce qui ne les rend pas meilleurs que les autres.

L’avant garde diffuse les idées dans la société. Les éclaireurs du parti prennent plus de responsabilités que d’autres. Mais jamais, plus de pouvoirs, plus d’honneurs...

Ces éclaireurs qu’ils soient militants ,élus, membres d’une direction, ils ne doivent pas attendre de leur surcroît d’engagement une quelconque « reconnaissance » en termes de place ,de poste. Ils doivent ne fournir cet effort supplémentaire que parce qu’ils estiment que c’est à la fois de leur devoir et également dans leurs possibilités de le faire. Mais à ce titre en revanche ils doivent être un peu plus « protégés » par le parti en tant que corps constitué des camarades, protégés non pas contre leur remise en cause en interne, mais contre les agressions subies de l’extérieur.

Je suis consciente que cela est extrêmement difficile à (re)mettre en marche, qu’il est difficile de penser collectivement, d’organiser un ensemble qui soit à la fois mouvement, et force et qui plus est, d’assigner comme tâches à cette organisation non seulement de penser, mais encore de produite et d’agir, le tout dans une perspective communiste et donc in fine révolutionnaire.

Comment ne pas confondre , dans notre organisation « responsables » et « chefs » ? Comment ne pas confondre « être une autorité » et « avoir de l’autorité » ou l’autoritarisme ? Comment ne pas confondre « discipline » et « subordination » ?

« Il n’est pas de sauveurs suprêmes : Ni Dieu, ni césar, ni tribun, »

Ce que je vous propose chers camarades, pour les mois à venir, c’est d’abord ne tombions plus dans nos vieux pièges.

Que nous n’élisions « personne », mais que nous votions pour « quelque chose ».

Que nous tenions assez loin de notre organisation quelle que soit ce qu’elle sera, les camarades, qui de bonne foi (parce qu’ils n’ont pas réfléchi à la question) ou de mauvaise foi (elle pouvoir pour le pouvoir), se présentant à nous d’abord en disant "Je" et "Moi".

Que nous exigions de nous tous (nous , militants et nous, « chefs » et « clans » compris) un travail de fond sur un projet communiste, sans éluder les questions fâchent (et que ces questions qui fâchent, nous soyons toutes et tous en mesure de les poser, sans nous auto censurer à quiconque, personne ou groupe, aurait des prétentions de « direction »), une vérité, une clarté dans les mots et dans les propositions.

Que nous soyons exigeants (avec respect, certes, voire amitié) les uns envers les autres.

Entendons-nous bien, il n’y a pas d’illusion de ma part – je sais que « les idées ne vivent pas seules » et que nous ne sommes pas de purs esprits ( heureusement !).

C’est à dire qu’à un moment, se posera forcément la question de l’incarnation, et que, dans une « société du spectacle » cette question a aussi son importance (sauf à être suicidaires).

Mais puissions-nous faire en sorte que cette question se pose en dernière extrémité, c’est à dire que nous cédions pas au désir de la personnalisation du pouvoir (étant entendu que cette personnalisation peut être exercée par un groupe qui aurait déjà son « chef », ce qu’il convient d’éviter aussi).

Puissions nous avoir à nous prononcer sur un projet de structure innovant, et sur un projet communiste exigeant.

Et pour cela, la meilleure des choses que nous puissions commencer à faire n’est-elle pas de commencer nous mêmes?

Fraternellement

8 commentaires:

François a dit…

Salut Elodie,tu sembles tenir la forme ? tant mieux !

Bien sûr je souscris à ta réflexion.J'en partage l'essentiel mais c'est au point de vue "logistique" que j'ai bien du mal à te suivre ; tu donnes l'impression de vouloir faire du neuf avec du vieux.

En effet pour arriver à ce que tu proposes il y a un sacré boulot AVANT de commencer.Il nous faut convaincre suffisamment de monde,de manière à pouvoir obliger les dirigeants actuels à adopter une nouvelle discipline qu'ils n'aiment pas ou à faire en sorte qu'ils se tirent purement et simplement.

Là,ce n'est pas gagné.La mentalité entretenue depuis des lustres au PC est celle "du chef".Laquelle mentalité amène des" moutons de Panurge ".Bien-sûr c'est plus facile pour la direction que d'avoir des gens qui réfléchissent et posent les vraies questions.Et,c'est plus facile aussi pour ceux qui ne sont pas(et ils sont nombreux)habitués à l'effort intellectuel;le parti pense pour eux ,c'est super confortable.

Bien sûr on voit où cela mène...et il ne faut pas que cela recommence,il faut motiver,habituer les camarades à la pensée collective.De même qu'il faut que tous les responsables ,qui doivent être révocables à tout moment,acceptent que des militants leur tiennent tête et refusent leurs propositions.C'est vital pour la bonne santé du Parti.

A ce propos Lénine disait,dans une lettre adressée à Bakounine :"si vous rejetez les camarades qui savent dire NON et ne concervez que les imbéciles qui obéissent,vous ruinerez le Parti ".On y est,il avait raison Vladimir.

Ma proposition est celle-là: on se débarrasse d'une manière ou d'une autre des dirigents actuels et tout le monde prend les rènes dans une discipline librement consentie.

Mais là aussi il faut que nous soyons suivis...J'en reviens au problème du début.Mais il FAUT faire quelque chose,construire un contre-feu au facisme et vite.

Fraternellement à toutes et tous

François.

vlg a dit…

Très bonne analyse, je trouve, et qui s'applique à beaucoup d'organisations politiques ou autres (je serais tenté de dire toute même)

Anonyme a dit…

La Louve,

Encore une fois, (ça commence à m’intriguer !!!), je partage pleinement tes remarques, tes propositions et tes interrogations.

C’est d’ailleurs en grande partie l’esprit dans lequel nous avons lancé l’idée des Assises du Communisme (http://bellaciao.org/fr/spip.php?article61455 ).

Cependant, nous buttons sur des obstacles récurrents, les principaux, à mon sens étant l’un, " culturel " et l’autre, " psychologique ".

L’obstacle " culturel " est lié à la seule expérience que nous, communistes français, ayons du fonctionnement du Parti : une direction qui personnalise la synthèse des analyses et des décisions de Congrès et qui, entre deux Congrès, est" capable " non seulement d’appliquer ces analyses et décisions mais aussi de faire les analyses et de prendre les décisions entre deux congrès. Et cette personnalisation va, bien entendu, jusqu’à le ou la Secrétaire Général(e)… Le Congrès de Martigues en 2000 n’a-t-il pas élu au "suffrage universel des délégués" le Président et la Secrétaire Générale, ce qui, à mes yeux, représentait le même déni de démocratie que l’élection présidentielle au suffrage universel (que le PCF ne combat plus, d’ailleurs…). Dès lors qu’il est si difficile de se débarrasser de cette notion de légitimité du Chef qui, dans les faits, est soit celui ou celle qui a raison, soit celui ou celle qui est responsable de ce qui ne va pas, il n’est pas étonnant de voir des phénomènes aussi "curieux" que l’attirance à des idées ou des mouvements liés à la personnalités des "Chefs" en question, tout comme on peut trouver exactement l’inverse : rejet de l’idée sans la connaître mais parce qu’elle émane d’untel… Les communistes sont, qui plus est, loin d’être les seuls "frappés" de cette maladie : c’est toute notre société qui fonctionne ainsi et c’est ce qui renforce l’idée que je me fais de cet obstacle "culturel" dont on ne peut balayer d’un revers de main les fondements.

L’obstacle "psychologique", lui, est le résultat du comportement desdits Chefs qui, il faut bien le dire, pour la plupart, s’accrochent à leur "place", pour de multiples raisons : par exemple, le fait qu’il est le plus souvent plus confortable (et combien !!!) de ne plus être en rapport de subordination vis-à-vis d’un employeur, contrairement à la majorité des militants…, ou bien parce qu’il est indéniable que l’on trouve une reconnaissance sociale liées à des "responsabilités" politiques que la société n’offre pas à l’immense majorité des "couches populaires"…, ou encore parce les rapports que ces "responsabilités" amènent à avoir avec des personnalités, de tous bords et de toutes fonctions, renforcent un ego qui ne demande que ça… sachant que lesdites personnalités maîtrisent parfaitement la manœuvre de ce piège (il n’est qu’à voir comment le jabot d’un Gayssot Ministre des Transports à gonflé au point d’en éclater dans le ridicule et le pathétique). Dès lors, tout est bon pour garder la place ! On est celui qui sait ! On est celui qui a été élu pour ça ! On est celui qui est garant de la décision ! On est toujours d’accord avec ce qui a été décidé au Congrès, même si cela remet en cause fondamentalement ce que l’on a soutenu jusqu’alors ! Réélisez-moi, je continuerai à vous servir ! (d’autant que vous n’êtes pas des tas à vous bousculer pour prendre la place !)…

Les longues années que j’ai passé à militer sur le terrain m’ont conduit à butter tellement sur ces obstacles qu’ils n’en ont plus formé qu’un, pour moi : politique ! J’ai quitté le PCF en grande partie pour ces raisons-là. Je voudrais le retrouver et m’y réinvestir mais je ne me sens pas la force de continuer les combats contre ces phénomènes : ils laissent trop de blessures personnelles en raison de leur caractère humain et relationnel.

Seule la définition d’une ligne de conduite communiste honnête, d’objectifs communistes clairs, de mode de fonctionnement communiste réellement démocratiques et débarrassé des contingences trop lourdes liées à la fonction de responsable (à quelque niveau que ce soit) pourraient me conduire à reprendre la "longue marche"… C’est tout le sens de mon "investissement" dans l’initiative des Assises du Communisme en 2008. Encore faut-il ne pas en attendre la révélation d’un nouveau Chef !

Merci encore La Louve pour le papier de verre que tu nous passes (amicalement) sur les neurones !

Claude Deloume

Michel GROS a dit…

Salut Elodie,
Je t'ai fait un p'tit commentaire sur Bellaciao en guise de promo pour l'initiative de la LCR, mais aussi pour dire qu'il y a une déperdition de l'énergie militante dans les tentatives de sauvetage des organisations existantes.
Personnellement, je pense que ce temps est terminé et que nous sommes confrontés à des exigences théorico-pratiques pour lesquelles les organisations actuelles sont un véritable poids.
Au fond, comme toujours, c'est le courage qui manque tout autant que la fonction de "l'imaginaire".
Amitiés.
Michel

Vermell a dit…

J'ai été sympathisant très longtemps.
Mais Les déboires successifs ainsi que les confrontations stériles avec des anciens ont fait que je me suis éloigné du Parti.

Ton discours fait du bien et je pense sincèrement que vous êtes une poignée de jeunes qui peuvent remettre un peu de sang neuf dans le parti et de le remettre sur la voie (mais c'est pas gagné !)

Il y a tellement de dinosaures incapables de se remettrent en questions, que celà va être délicat. Certains sont encore persuadés que vous avez des subventions de Moscou (je plaisante), je veux juste souligner que les pensées sont archaïques très proches d'une pensée unique, autoritaire (on pense comme ça et c'est pas autrement ! vous faites comme on dit et c'est tout !). La majorité ont peur des bonnes idées et se les accaparent au lieu de les partager (une abbération pour des communistes). Et c'est là que le bas blesse ! On assiste à de la "Cheftite Staliniste agravée".

Heureusement, j'ai rencontré, il n'y a pas longtemps un jeune représentant communiste de la section du coin. Je le connaissais de nom et j'ai voulu le rencontrer. Disponible, attentif, droit... sont les premiers adjectifs que j'utiliserai. Nous avons discuté pendant une bonne heure ! A la suite de cet entretien j'ai décidé de le soutenir dans sa compagne Cantonale. Pourquoi ai-je décidé de le soutenir ?

Parcequ'il se détache clairement de cette vieille pensée de chef qui pervertit le PC.

Combien de temps va-t'il résisté ? Combien de temps allez vous tenir, vous la jeune garde ?

Ce sont des questions que je me pose. Actuellement mon combat est mes idées sont respectés au sein d'un autre parti. Nous avançons au lieu de nous faire la guerre. Nous n'avons pas de CHEF, mais des "portes parole".

Cordialement.

TYGER a dit…

s'il n'y avait que les communistes qui devaient faire cet effort de penser en dehors du chef, nous n'en serions pas là aujourd'hui !

c'est bien là tout le problème : des élites qui mènent des tendances politiques opposées... pour se rassembler dans le même caca actuel...

non ça n'avance à rien ce que je dis, mais si vous percevez la substantifique nausée qui s'en dégage vous comprendrez que seul les résistants de toutes tendances politiques confondues pourront relever le pays de la mélasse dans laquelle les "élites" l'ont fourré depuis au moins deux ou trois décennies...

de passage et juste pour faire avancer le schmilblic.

Anonyme a dit…

Penser hors du chef ça veut dire penser par soi-même.Ca veut dire aussi mettre ses propres réflexions en débat et ne pas grimper aux rideaux toutes les fois que quelqu'un émet une opinion différente?
Non?je me trompe?
Jean Claude Goujat

Osemy a dit…

Mais bien sûr Jean Claude. Je ne vois pas pourquoi t u fais cette remarque ici...D'un autre côté ,, si certaines personnes n'adoptaient pas inutilement et d'emblée un ton très personnel, très agressif et accusateur, ça irait mieux aussi non?