jeudi 22 mars 2007

ACCES A L’UNIVERSITE, BOURSIERS : Où L’ON VOIT QUE ROYAL N’EST PAS DE GAUCHE

J’ai entendu il y a quelques jours Ségolène Royal nous faire part de son « projet politique » pour les étudiants boursiers.

Une augmentation des bourses d’études mais...une contrepartie réalisée sous forme de service civil.

Je vais être claire : jamais une proposition d’un candidat socialiste ne m’a fait autant honte d’avoir adhéré à cette formation pendant plus de six ans et jamais un discours ne m’a fait plus de peine.

Cette proposition est tout simplement scandaleuse dans la bouche de Royal plus que dans n’importe quelle autre.

A divers titres.

Elle qui met systématiquement sa qualité de mère en avant ne devrait pas oublier que, mère, justement, ses enfants à elle n’ont jamais eu à supporter le poids de ces questions très concrètes parce que les rentes qu’elle et son compagnon (énarques et « professionnels de la politique » tous les deux depuis 25 ans) touchent de la République (et donc, de nous), d’une manière ou d’une autre, leur ont permis d’être de vrais privilégiés qui ont pu s’abstraire de la réalité de ces considérations.

Elle parle donc de ce qu’elle ne connaît pas, y compris personnellement, car Royal est peut être issue d’un milieu modeste financièrement parlant mais elle n’est pas une prolo ou une cul-terreuse ; elle reste une bourgeoise et a disposé à sa naissance des moyens intellectuels de la bourgeoisie.

Elle parle des bourses d’une manière ahurissante pour une candidate socialiste.

Elle en parle, tout simplement, en nantie.

Nantie du fric, nantie de la culture, nanties des réseaux et des moyens intellectuels qui vont avec le tout.

Elle, qui est la candidate du PS, parti qui est, après l’UMP, le second parti de France en termes de moyens, de militants, d’électorat (électorat qui fut majoritairement de gauche), est en train de se servir de l’étiquette de ce parti, de sa machinerie, pour porter un projet politique résolument de droite à peine plus tempéré que celui de Sarkozy ou Bayrou !

Elle portera donc une responsbailité énorme dans l’échec de la gauche.

Car oui, désolée, mais oser proposer cela (une augmentation de la bourse universitaire contre un "service civil", fût-il de trois heures par semaine ou même par mois) c’est vraiment là qu’elle s’est le plus démasquée et c’est là que pour moi, il faut choisir, ami-e-s de gauche.

Si vous votez Royal, vous voterez pour la droite. Sachez-le.

Dans la tête de Royal, les jeunes gens désargentés ou peu fortunés qui veulent faire des études devraient supporter, sans que cela la choque, en plus de manquer de fric, de réseaux ,de soutiens familiaux, d’héritage socio culturel, en plus de devoir, éventuellement, bosser pour compléter leurs bourses, payer leur piaule, ils devraient supporter des conditions qu’aucun « fils à papa » n’aura à supporter au cours de ses études, à savoir passer trois heures de son temps en service civil quelconque, parce que Madame Royal a décidé d’être « contre la politique de l’assistanat, pour l’ordre juste » ?!

Madame Royal, si j’ai bien lu vos biographies, vous avez été boursière et vous avez fait de bonnes études. Vous en profitez pour vous ériger une petit culte personnel de votre volonté farouche – c’est sûrement vrai, mais vous savez bien que votre situation socio-culturelle n’était pas non plus celle de la fille d’ouvriers…

Moi aussi j’ai été boursière. Mes trois dernières années de fac, je les ai passées grâce au financement de l’Etat, à un job, et au soutien de ma mère. Mon frère a même arrêté des études, brillantes, pour des raisons strictement financières.

Quand on est boursier, en général, on est issu d’un milieu qui n’est pas privilégié, etsouvent, on souffre déjà de pas mal de "handicaps" en comparaison des enfants de nantis :

on n’a pas les bons codes (sociaux, intellectuels…),
on n’a pas le bagage culturel « en héritage » (ma mère s’occupait très bien de nous en rentrant de l’école et c’était déjà pas mal mais elle n’a pas fait d’études),
on n’a pas les réseaux (papa ou maman ne connaissent pas M. Machin, croisé à l’Ena ou à l’X…)
et on n’a pas le fric ; on dépend d’une bourse minime, on doit bosser en plus, souvent. Les parents se crèvent pour compléter tout cela.

On est en double compétition permanente, dès qu’on vise un peu plus haut que ce que à quoi nous serions destinés par la fatalité sociale, la fatalité de la naissance, car, boursier, on n’a curieusement pas le droit à l’erreur (tu repiques, tu perds ta bourse – les enfants de nantis eux, peuvent tripler leur 1ère année, ce n’est pas un problème) d’une part, et d’autre part, on doit toujours ramer deux ou trois fois plus que les autres pour se glisser au ras du plancher de « l’élite ».

Je sais, j’ai avalé les couleuvres et pourtant je n’étais pas la plus malheureuse, j’ai des amis, enfants de prolos, enfants d’immigrés, dix fois plus méritants encore qui ont faits tout ce qu’ils ont pu mais auraient pu faire encore mieux s’ils avaient eu les moyens adéquats.

Mais quand même.

Moi aussi j’ai une petite histoire ; mon père s’est « extrait » de sa classe sociale (tout petit paysans, cul terreux, pauvres, vraiment pauvres) à la force de la volonté, des privations ,des renoncements ; ses études ont été payées par l’Etat à l’académie militaire jusqu’au bachot, son père était pensionné pour blessure de guerre en 39. Mon père rentrait chez lui deux fois par an, surtout pour faire les travaux agricoles d’ailleurs, et il en a bien morflé (tu connais ça, Ségolène, l’éducation des « miloufs »).

Puis, il monte à Paris pour faire médecine. Très dur – La piaule de 7 m2 pendant 10 ans, sous les toits, dans le trop froid ou le trop chaud, pas à bouffer à la fin du mois, mais voilà, à la fin, c’est gagné…

Cependant, il souffrira psychologiquement toute sa vie des privations et des efforts qu’il s’est infligé si jeune, des renoncements à son milieu d’origine, à sa classe sociale, pour avoir voulu juste mieux bouffer et mettre sa future famille un peu à l’abri.

On ne « s élève » toujours pas impunément en France…

Il a donc trimé pour nous assurer, du fin fond de notre campagne, un minimum, c’est vrai, et il nous a transmis ce qu’intellectuellement, il avait appris tout seul, grâce aussi à l’école publique, que nous avons assidûment fréquentée en ayant le sentiment d’ailleurs, d’être déjà des privilégiés parce que enfants de médecin, donc de « notable » . Encore une fois, c’était pas mal. Mais on était loin du compte quand on se pensait des nantis à 10 ans ! On l’a vite compris…

Mais vraiment, mieux que rien, oui. Je pense que je fais partie de la dernière génération pour qui l’ascenseur social (« bloqué au sous sol et qui sent la pisse » dit Jamel dans les banlieues…) a fonctionné à peu près.

Toutefois, quand j’ai reproduit son chemin à lui, pour faire mes études à Paris, « capitaliser » ce qu’il m’avait transmis, et que, plus les années passaient, plus j’ai été confrontée à la suprématie écrasante des enfants de nantis (car, désolée Marie Ségolène, mais, aujourd’hui encore, les filières « d’excellence », les facs « réputées », sont trustées par les enfants de ces « nantis » dont tu es la meilleure représentante), j’ai morflé à mon tour, psychologiquement, socialement, assez souvent.

Je n’oublierai jamais, alors que j’étais dans une des rares filières « d’élite » qui reste en fac publique, la moue apitoyée d’une des mes camarades de promo, que j’aimais bien, et que j’avais fini par emmener chez mes grands-parents paternels, quand elle a rencontré mon père, vu la maison, le mode de vie, (toujours socialement connoté quoi qu’on y fasse) : « Ben dis donc ma pauvre, tu t’en sors bien », me souffla-t-elle, enroulée dans ses trois cachemires, parfumée au Guerlain et chaussée d’une bonne paire de « Todd’s ».

Elle partira l’année suivante pour presque 2 ans d’étude au USA sans avoir à se demander comment payer cela…

Cette réflexion m’a mortifiée, clouée au pilori mentalement ; j’avais 22 ans et je l’entends encore raisonner dans mes oreilles, avec ce ton, ce ton de charité, de bourgeoise qui descend à la lingerie chercher ses culottes et découvre « le petit peuple » qui travaille pour elle…

Alors, tant mieux pour vos enfants Marie-Ségolène, tant mieux pour cette camarade de promo, tant mieux pour les nantis, oui sans doute.

Car il va de soi, et cela se comprend, qu’être un nanti, ce n’est pas seulement une question d’argent : c’est une question de transmission de codes, d’outils, de cultures.

Et tant pis pour nous, les autres ?!

Oui, vraiment tant pis parce qu’avec vous, Madame Royal, quand je vous écoute, les enfants de prolo, ils vont ramer aussi.

Vous qui voulez, en fait, imposer encore plus de contraintes aux enfants démunis, désargentés, déshérités, au lieu de les aider plus que les autres, parce que l’égalité des chances réelles implique cette aide supplémentaire, cette mise à niveau, vous les stigmatisez une nouvelle fois éhontément, (car c’est honteux pour quelqu’un qui prétend représenter le parti SOCIALISTE !),comme vous le faites depuis le début de la campagne pour les gens qui, n’ayant pas assez d’argent, sont contraints de bénéficier des aides de l’Etat.

Madame Royal, votre discours m’a purement et simplement écoeurée.

Il m’a donné envie de vous gifler, j’avoue, et puis rapidement, il m’a fait pleurer, vraiment…J’ai "prié" très fort pour que je ne me retrouve pas au chômage, que je puisse assurer à ma fille, jusqu’où il faudra, de quoi faire les meilleures études possibles si elle le souhaite car on ne pourra sûrement plus compter sur l’Etat si la VRAIE gauche ne prend pas le pouvoir.

Or pour moi, vous n’êtes plus la gauche ; vous êtes une version chrétienne démocrate de la droite, mâtinée de la charité la plus bourgeoise qui soit, et d’une pointe de socialisme mais alors une pointe, et de loin.

Socialiste un peu parce que la rue de Solférino c’est chic, et qu’au RPR on n’aurait jamais voulu de vous ; aussi parce que vous avez rencontré Mitterrand et Attali, le fidèle "sherpa".

Que votre seul argument pour récupérer vos ouailles reste aujourd’hui « faites barrage à Sarko » me fait grincer des dents doublement et me donne vraiment envie, comme l’a dit le candidat de la LCR, de vous « sanctionner ». (Je sais, c’est mal pour une communiste d’emprunter le vocabulaire d’un « liguard » mais sur ce point là, le seul peut être, je suis d’accord avec lui aujourd’hui, et ce n’était pas forcément le cas il y a dix jours.)

Car qu’avez vous fait, ou dit, ou impulsé, vous, votre état-major, votre « grand parti de gauche » depuis toutes ces semaines où Sarkozy a tout organisé avec des moyens d’Etat, des élections à sa campagne, en nous collant même des machines à voter qui vont récupérer quelques 2 millions de voix ?

Une vague protestation, une menace – ridicule juridiquement parlant – de saisine du Conseil constitutionnel, et puis rien, du flan, du vent. Un énième « flatus vocis » (pet de bouche, pour les non-latinistes) de votre Premier secrétaire…

Et aujourd’hui, vous nous dites… « votez pour moi DES LE 1ER TOUR car ce type est un fasciste » ?

Mais qu’avez vous fait ou dit contre LE fasciste ces dernières semaines, ces derniers mois ????

Rien – j’ai cherché, rien. Il est votre faire-valoir. Et vous, vous nous prenez chaque jour davantage pour des abruti-e-s.

Pour moi c’est clair, après cette dernière sortie sur les étudiants boursiers je n’ai plus aucun doute si j’en avais encore eu un milligramme, vous n’aurez PAS ma voix, ni au premier ni au second tour, dussé-je contribuer à amener Sarkozy. Oui je l’écris et oui j’en pleurerai, j’e npleurerai de rage et de tristesse.

Les gens qui voteront pour vous voteront non pour la gauche mais pour une droite modérée, éventuellement, un centre-gauche, je ne sais pas. Peut être le "moins pire" en termes de libertés, éventuellement...

Il vous reste encore peut être des militants et des électeurs de gauche à berner, Madame Royal, mais pour moi, aujourd’hui, plus de doute, vous êtes de droite, ou au moins ,vous faites son jeu et vous en avez l’habitus, les codes, intégrés au plus profond de votre être.

Je termine en rappelant aux camarades qui liront ce texte qu’il reste une candidate de gouvernement à gauche qui s’appelle Marie George BUFFET.

Pensez-y le 22 avril 2007.

Fraternellement

La Louve

10 commentaires:

Anonyme a dit…

distribution de mouchoirs a la fin ?????????
pathetique , tos ca pour dire que tu prefere sarko
t es une bidon comme tous les cons de ton parti
vous representés 3% de la popu
c est a dire rien alor , bonne echec

Anonyme a dit…

On dirait "l'homme de la cinquième trompe" qui veut faire djeunz...
;)

En tout cas, cher anonyme, il vaut mieux échouer et préparer un semblant d'avenir plutot que de continuer à sombrer avec tous les chie-dans-le-benne de ton espèce.

Brunz

Anonyme a dit…

tu l' a dit cher brunz
vous etes un semblant d avenir
je ne pouvait mieux dire
merci
ton cher anonyme
ps , je constate que la louve commence a avoir des chiens de garde , ouaff ouaff

Jean a dit…

Le grand n'imprte quoi cet article !
Ségolène est la seule, qui peut incarner le changement, 'est à adire un changement que tout les français attendent !
Déja elle auras du mal a volée le projet de Bayrou, car il en a pas !
Donc avant de dire n'importe quoi, renseigne toi !
J'en suis s^r que c'est encore une jalouse de Ségolène qui a écrit sa !
Meme pas franche de mettre son pseudo !
Et à ta place je ne m'amuserais pas à insulté notre futur présidente de la république !
Car ségolène est bien plus à gauche que toi, car elle ne va pas aller voter la droite si elleest de gauche comme toi tu va le faire !

Anonyme a dit…

anonymes, Jean etc aux prochains socialistes- ségolinistes qui passeront sur ce blog: ne perdez pas votre temps en insultes, menaces etc .. ça n'a aucun effet sur moi. Aucun.
Je ne vous déteste pas (vous oui manifestement ,ce qui est plutôt amusant), je trouve que vous êtes profondèment dans l'erreur - par ailleurs je ne lis rien d'argumenté sur le fond de l'article : vous trouvez donc ça bien ce qu'elle a dit, Ségolène sur les bourses et les facs ? et bien chapeau, en effet avec des partisans comme vous ,le socialisme est défintivement enterré et Jaurès doit en être malade!
Une dernière nuance: qu'on me coupe un bras si je vote Royal mais qu'on me coupe l'autre si je vote Sarko - non, jamais la droite n'aura ma voix mais ,tout simplement, le 6 mai, je l'a idit, je le redis, je ne voterai pas et puis c'est tout , je laisserai les gens qui ont préféré amener royal au second tour à toute force, par le terrorisme intellectuel, au lieu de préférer une vraie candidature de gauche ,se démm... avec le nain Hongrois...

Sur ce, bonne fin de journée

Osémy

Anonyme a dit…

ta raison osemy
buffet c est l avenir le communisme c est l avenir ,
mais pas pour moi
espoir quand tu nous tiens.......
sauf que l 'uthopie pcf depuis 20 ans n ajamais ete aussi ras des paquerette , alors oui je suit le mouvement , certe je ne suit pas vraiment emballé par sego mais putain ohhhhh grand putain arretont de deterer les morts la politique a papa c est fini
et pour finir je te dirai comme a tous les jeunes que je croise
si tu ne vote pas alors que tu en a le devoir la seule chose qu il te reste c est le silence

alain

Anonyme a dit…

et si la fameuse "osemie" donnai la vrai raison de sont depart du ps !!!!!!!!!
ce n est pas une traitre c est juste une arriviste qui a bien comprie qu il n y avait rien pour elle chez nous
allons voir ailleur

Anonyme a dit…

Dear Louve,

décidément ils n'ont vraiment rien d'autre à foutre que de venir te rogner les envols, tous ces courageux mous du bulletin...

Fraternités d'un "chien de garde"
:)

Brunz

Anonyme a dit…

Depuis que je m'intéresse à la politique, j'entends toujours le même refrain : le PC va mourir, le PC est en train de mourir, ça y est, c'est fait le PC est mort.

... mais merde, il n'est pas encore mort ??? mais comment ça se fait :-)

Pour les esprits étriqués, qui confondent politique et arithmétique politique, sachez que MGB est en fait à 6-7% en termes de sondage.
Je m'autorise à dire cela, ma femme travaillant dans un institut bien connu du Medef (et je me suis bien marré quand le Parisien a sorti son dossier sur la "prétendue" survie du PC pour ces élections...). Comme par hasard...

Mais chut... vous allez avoir des surprises...

Anonyme a dit…

comme quoi les sondages!!!!!!!!!!!
et non le pcf n est pas mort il est en letargie depuis marchai, il se fait devencé par des groupes d excité comme la lcr ou l autre bovin de bové. et pourquoi ????
mbg est une chevre , gentille ok mais chevre quand meme
quand on est a la tete d un parti de gauche dans un pays de droite il faut etre plus percutant , plus present , plus " il faut qu on parle de mon parti"
et ca madame buffet c est pas sont truc
donc je dit et je suis pour un tres mauvais score de mon parti pour que ca pete et que enfin le pcf redevienne un vrai parti qui a des couilles pas un parti qui espere juste faire mieux que 4% pour etre au dessus du camarade hue
donc pour moi oui le pcf est mort et pour qu il s en sorte il faut une vrai claque au moi d avril et tous refaire
salut et bon dimanche