mercredi 25 mars 2009

Pourquoi les exploités devraient ils se déchirer sur des questions qui ne les concernent pas?

Image trouvée ici: "Mi-chemin.net" - Susan sur les genoux de grand-papa...

Chers camarades - d'où que vous veniez et qui que vous soyez.

Depuis quelques temps, nous sommes acteurs et spectateurs d'un drame shakespearien.

Il est probable que le vieux monde est en train de crever, d'agoniser dans des spasmes violents, qui le contractent, le tordent, la puanteur de la pourriture monte jusqu'à nous, baroque, puissante, enivrante, malgré les tentatives désespérées des uns ou des autres pour étouffer cette puanteur.

Nous vivons cela, et pas uniquement en France, et pas uniquement en Europe...

Sans doute, le déchirement libérateur de ce dont nous allons accoucher (probablement un monstre qui dévorera ses géniteurs) viendra de là où nous l'attendons le moins, compte tenu de l'état actuel de nos forces, de nos organisations, de notre condition historique, sociale.

Tout ce que nous connaissions, tout ce dont nous avons la mémoire immédiate, et personnelle, tout nos schémas vont probablement voler en éclats.

Je ne suis pas Mme Irma, je peux me tromper.

La question de savoir si je souhaite me tromper ou pas ne se pose pas...

Comme disait Morrisson dans "The End", il va falloir "chevaucher le serpent , jusqu'au lac ancien, le long serpent, qui fait des kilomètres de long..." Je l'avais dit un jour ici, la vie c'est comme un cheval.

Quand cela arrivera-t-il? Aucune idée. Les forces révolutionnaires et communistes pourront-elles s'imposer? Se feront elles trahir, comme pour la Commune, par de soi disant alliés et défenseurs? Ce soubresaut, ce craquement de l'Histoire, sera-t-il assez vigoureux pour imposer des changements radicaux? Aucune idée non plus.

Ce que je sais, ce que je pense, aussi, profondément, c'est que, dans cette attente, nous ne sommes pas (encore) assez nombreux ni assez organisés pour nous permettre le luxe de nous déchirer violemment et stupidement, sur des questions qui, au fond, n'ont pour nous, travailleurs, exploités, aucun intérêt ni immédiat ni à moyen terme, comme la création de tel ou tel "nouveau parti de gauche", ou les enjeux opportunistes et partisans des élections au Parlement de l'Union européenne.

Ce qui sous tend ma prise de position ce n'est pas un discours du type "élections pièges à cons".

Ce qui sous tend ma position, c'est le ras-le bol de la médiocrité générale que je trouve aux empoignades partisanes des différents partis qui se trouvent à la gauche du PS (soi disant); ce que je trouve dramatique, c'est que ces partis là nous divisent, divisent la classe ouvrière jusque que dans SES SYNDICATS (et notamment, pourquoi ne pas la nommer, la CGT) non pas pour de bonnes raisons, non pas sur des confrontations de projets politiques, mais pour des RAISONS DE MERDE, à savoir décrocher la timbale électorale à un Parlement croupion d'une Union Européenne profondément et radicalement INTRANSFORMABLE car capitaliste jusqu'à la moelle!

Je ne vois plus de parti communiste - je ne vois que des partis petits bourgeois, à la rigueur qui tentent d'être socio-démocrates, qui essaient de masquer parfois très habilement, par certains subterfuges, leurs renoncements, leurs changements d'orientation, leurs petits arrangements avec la réalité, et , en règle générale, de diverses manières, leur compromission avec le système et les institutions de ce système...

Je ne vois donc pas pourquoi moi , en tant que prolétaire , exploitée, militante communiste, syndicaliste, citoyenne, mère ...je participerai à cette grande entreprise qui n'aboutit au fond qu'à apporter de l'eau au moulin conservateur alors que nous devons être audacieux, unis, et créer les conditions de notre monde nouveau....

Il n'y aura pour moi ni NPA ni PCF ni PDG ni POI ni LO ni rien d'institutionnel et de sérieux. Les élections au Parlement de l'UE ne m'intéressent pas, pas à un autre titre, en tout cas, qu'une curiosité politique qui révèle encore davantage cette pourriture dont je parlais plus haut et qui montre l'étendue du désert idéologique dans le quel nous essayons de bâtir nos luttes.

Je dirais un dernier mot sur le fait que je refuse aussi (et je pense que je ne suis pas la seule) de voir "ma " CGT (en "haut" comme "en bas" - car y aurait-il un "en haut" s'il n'y avait pas aussi cet "en bas"?) se transformer en champ de bataille ou servir à ces règlements de compte opportunistes entre partis.

Je refuse que les luttes des travailleurs, donc, à une petite échelle, mes luttes aussi, servent de manne électorale à des gens qui sont à mille lieues de nos vies, réelles, de ce que nous vivons et qui n'ont pas d'autre projet politique à nous proposer que la gestion, même différente, même alternative, du capitalisme.

Camarades, ne nous déchirons pas sur des questions de si piètre importance POUR NOUS. Tout cela participe de la bourgeoisie, de sa défense, de son renouveau, tout cela sert le capitalisme et les capitalistes au fond. Non pas nécessairement par volonté mauvaise, trahison concertée, ou déterminée consciemment (je ne ferai pas de procès d'intention) mais parce que le capitalisme est à un stade où, comme dans un film dont j'ai oublié le nom, ce que nous voulons détruire se nourrit des forces que nous mettons à le détruire et les retourne contre nous pour nous diviser et nous abattre.

C'est que notre méthode, notre stratégie, nos réponses ne conviennent plus à ce que nous devons affronter.

Il en faut d'autres. Il faut considérer les choses autrement.

C'est qu'il faut travailler à autre chose (ce qui ne signifie pas, pour un marxiste, repartir de "rien", sombrer dans la "crise de foi" ou l'utopie complète, mais au contraire, envisager que tiens, peut être, ce stylo qu'autrefois j'utilisais pour écrire, je peux en faire une sarbacane puisque j'ai besoin, non plus d'un stylo, mais d'une sarbacane...) - travail que font, actuellement, je pense, les capitalistes, et notamment Sarkozy.

Sarkozy dont j'aimerais juste ici dire un mot, après son discours à Saint Quentin hier, Sarkozy de plus en plus "mouvementiste", et révolutionnaire, au fond, en tout cas , plus qu'aucun des leaders de gauche.

Comme il est viscéralement et profondément de droite, et capitaliste, cependant, ces éléments de son action politique, pour moi, sont une preuve supplémentaire de sa nature profondément néo-fasciste. Au point que j'en viens à me demander si "par hasard", au fond, le personnage historique qui l'inspire ne serait pas Mussolini, plus que quiconque... (auquel cas, mes amis,on risque de ne pas rigoler tous les jours, et ce n'est pas une élection qui le fera ne serait ce que courber) .

Alors...

"Aux armes!" comme dit la chanson.

Prolétaires, exploités, tous , citoyens, bannis, exclus, culs-de-jatte, bigleux, tordus, moches, mais aussi les beaux, les gentils, les parfaits, tous et toutes contre l'exploitation, le capitalisme qui nous mord, nous rend cons, nous défigure, nous déshumanise....

Aux armes idéologiques, aux armes organisationnelles. Revenons aux sources!

Debout, abandonnons nos vieux oripeaux, mettons l'armure, et battons nous ensemble contre notre véritable ennemi, contre ses troupes.

Que celles et ceux qui ne veulent pas participer aux batailles inutiles puissent panser les plaies des camarades qui auront fait d'autres choix; que nos frères qui pensent sincèrement qu'il faut participer encore à ce cirque le fassent, sans tenir rigueur aux autres de penser différemment.

Notre réalité n'est pas celle là, nos luttes ne sont pas celles là, notre union n'est pas "électorale".

Voilà ce que moi je crois (oui j'ai écrit CROIRE). Du fond de mes tripes, tout mon corps me crie qu'actuellement, sur ces sentiers balisés, nous sommes dans l'erreur, que nosu allons à l'abattoir et qu'il faut en sortir.

Battons-nous, donc. Ensuite, nous pourrons enfin nous aimer, "chanter et puis rire".
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"This is the end - Voici la fin

Beautiful friend - belle amie

This is the end - voici la fin

My only friend, the end - ma seule amie, la fin

Of our elaborate plans, the end - (la fin) de nos plans élaborés

Of everything that stands, the end - (la fin) de tout ce qui se tient, la fin

No safety or surprise, the end - pas de sécurité ni de surprise, la fin

I'll never look into your eyes...again - je ne te regarderai plus dans les yeux

Can you picture what will be - peux tu imaginer ce que cela va être

So limitless and free - sans limite et libres

Desperately in need...of some...stranger's hand - ayant désespérément besoin d'une main étarngère

In a...desperate land - dans un pays désespéré..."

15 commentaires:

Anonyme a dit…

c est dans les chants désespérés que naissent les plus beaux appels à la lutte et à la résistance.

c est dans les champs de desespoirs ,charniers des guerres qu' est nés notre solidarite notre volonté sans faille pour un avenir d amour et de paix.

ce que tu écris est sombre et tellement realiste mais tellement emplit d amour aussi .
c est pour ca que ta parole portera.
face à toute la haine , la betise et la division environnante.

tu montres la voix.

bravo soeurette.

Makhno

Les élucubrations du vieux rouge a dit…

un texte très fort Elodie, nous sommes nombreux à partager ces incertitudes et ces espoirs.
demain nous apportera le meilleur comme le pire et il y aura toujours des femmes et des hommes qui se lèveront pour continuer le combat.
Bien fraternellement à toi.
GR

Anonyme a dit…

Bonjour la louve c'est super ce que tu as écrit et je partage d'autant plus que je ne suis pas politisée au sens partisan.
j'attends la suite avec impatience (car il doit y avoir une suite sinon ça n'aura pas de sens )

Marianne

François a dit…

Salut Elodie,

Ben dis donc je t'ai connue plus en forme,plus gaie,plus confiante.Là tu ne laisses pas beaucoup de place à l'optimisme.

Ferais-tu une " déprime "?Non,bien sûr, ce serait plutôt une crise de "clairvoyance aigüe",de "lucidité"

Cela arrive quand on se ramasse des gamelles comme on s'en ramasse en ce moment dans le mouvement ouvrier,dans les luttes un peu partout et que l'on fait le bilan de tout ça avec objectivité.

Mais quand cela m'arrive je fais "l'autruche" et je me force à penser que je me trompe même si j'y crois de moins en moins voyant la tournure que cela prend en France,en Europe et même dans le monde.Cela donne l'impression que les capitalistes ont(vont...)gagner.

Mais je ne veux ni ne peux y croire et je continue de me démener comme d'hab.Quand j'en parle avec des jeunes(mes enfants par exemple)je leur dis qu'il faut se battre sans relâche ,qu'on y arrivera,qu'il faut y aller!!

Puis je pense à certains pays comme l'Espagne par exemple.Entre Mussolini et Franco qui aurait pu croire qu'ils s'en sortirait ce peuple? Pourtant même si aujourd'hui cela régresse les camarades Espagnols ont battu ces fumiers.

Les déchirures entre semblables dans la classe laborieuse dont tu parles sont bien réelles mais elles sont aussi organisées.Les gens sont tels,pour la majorité,qu'on les formate.

C'est Lénine qui disait "ce ne sont pas les gens qui changent l'environnement,mais le contraire".

Tu peux répondre :"oui mais c'est avec les gens qu'on devra changer l'environnement" Là(j'ose m'avancer)je pense que le camarade Lénine te répondrait:"c'est le rôle de l'avant garde,des révolutionnaires".

Il faut,je crois,garder espoir et le transmettre aux générations futures.

EN AVANT CAMARADE !!!

Bravo pour ton texte très beau et très fort.

Fraternellement à toi et à toustes.

François.

PS: dis moi,qu'est-ce qu'il a le grand-papa de Susan ? Je ne lui trouve pas bonne mine,hein? A moins que cela vienne de la photo...

François a dit…

Rectification:il:il s'agissait de l'Espagne mais aussi de l'lItalie,bien sûr.

Excuses.

François

Anonyme a dit…

Chère Elodie,

Merci pour ce très beau texte qui va déjà bien au-delà de textes habituels, en laissant entrevoir d'autres perspectives et en brossant un tableau actuel que je ne trouve pas du tout, pour ma part, pessimiste mais simplement réaliste.

Quand tu dis :

"Sans doute, le déchirement libérateur de ce dont nous allons accoucher (probablement un monstre qui dévorera ses géniteurs) viendra de là où nous l'attendons le moins, compte tenu de l'état actuel de nos forces, de nos organisations, de notre condition historique, sociale."

"Tout ce que nous connaissions, tout ce dont nous avons la mémoire immédiate, et personnelle, tout nos schémas vont probablement voler en éclats."

Je trouve cela très juste, c'est ce que je ressens aussi. Et cela doit être intégré dans la réflexion et le discours révolutionnaire prolétarien.

QUAND TU DIS :

"C'est qu'il faut travailler à autre chose (ce qui ne signifie pas, pour un marxiste, repartir de "rien", sombrer dans la "crise de foi" ou l'utopie complète, mais au contraire, envisager que tiens, peut être, ce stylo qu'autrefois j'utilisais pour écrire, je peux en faire une sarbacane puisque j'ai besoin, non plus d'un stylo, mais d'une sarbacane...) - travail que font, actuellement, je pense, les capitalistes, et notamment Sarkozy."

Je ressens aussi la même chose profondément. Pour ma part je trouve qu'il n'y a pas assez de subtil dans nos réflexions et raisonnements, qui aboutiraient à une lutte idéologique à la hauteur de la fine perversité des propos et arguments de l'actuel pouvoir sarkosyen et permettraient des actions réellement unitaire en dehors de ce cadre capitaliste grâce auquel la bourgeoisie nous impose sa loi et ses rituels par elle bien cadrés et bien maîtrisés de rapports sociaux, de luttes sous la banière de la division soigneusement entretenue (donc pas finale du tout mais toujours à recommencer), et de découragement démobilisateur sur un changement radical pourtant urgent.

Au sujet de l'Unité, même dans les manifs, dommage que la vrai unité n'y soit pas et que chaque organisation s'ingénie à bien marquer sa différence dans le cortège, notamment par l'espace entre elles. Mais ça, les manifestations, je pense que nous ne pouvons pas nous en passer, puisqu'il ne reste que cette action visible et spectaculaire aux yeux de tous et à la face du monde pour faire pression et qu'il ne reste que ça aux prolétaires et citoyens du peuple pour montrer ce besoin et cette exigence d'autre chose dont nous avons été ici et de par le monde si près et si vite si dévoyé par notre ennemi le plus intime => l'égo personnel et en particulier celui des dirigeants en exercice (tant pis pour le raccourci), et si vite manipulé, entravé et saccagé par l'ennemi extérieur L'Etat-égo capitaliste mondialisé.

Je trouve juste comme toi, et j'en ai déjà parlé dans Bellaciao, qu'il nous faut de toute urgence trouver des actions hors du cadre imposé par le capitalisme car dans ce cadre ils ont tout prévu et bien ficelé. Cela permettrait de le désorienter, de le prendre de court et de l'empêcher de tout récupérer à son profit, même s'il essayera toujours de le faire (Sarkozy est un Maître en la matière, qui réussit à se présenter comme un révolutionnaire par ses discours trompeurs en particulier sur la soi-disant morale fondamentale du système capitaliste soit disant bafouée et quelques mesures provisoires sur les stock options etc ).

Mais cela passe par un vrai travail interne au mouvement des forces populaires, un travail idéologique sur la vrai union nécessaire, en dehors de toute division partisane, et un travail idéologique sur le sens profond de ces divisions (à l'évidence manipulées et induites par des siècles d'accoutumence à l'affrontement brut de coffre pour des revendications légitimes de survie vitales et de dignité humaine et sociale, l'espoir d'un monde nouveau n'étant le plus souvent qu'un horizon toujours repoussé.

Il y a quelque chose à faire du côté du dépassement du quant à soi, du j'ai raison et tu as tort, d'un autre style de communication axée sur ce qui uni fondamentalement plus que sur ce qui divise, souvent superficiellement parcequ'induit et manipulé par l'idéologie piégeuse et diviseuse capitaliste (pour mieux régner).

Quelque chose à faire du côté de l'accouchement de nous mêmes, dès maintenant urgemment, initiés par nos expériences et nos souffrances, débarrassés de certains "aspects verrous" de nos si chers (et à juste raison) fondamentaux, pour une meilleure créativité politique, économique, sociale.

Le subtil devant chapeauter tout cela, et présider en particulier à nos stratégies sur le plan de la réflexion commune, des échanges de points de vue, de prise en compte de la stratègie finement perverse de l'Etat capitaliste (paroles rassurantes et faussement constructives pendant qu'il massacre à la tronçonneuse les belles conquêtes sociales que nous avons su arracher et l'avenir des générations futures), afin de mieux la combattre idéologiquement en y opposant => fines démonstrations analytiques sur les faits et conséquences, et sur les solutions de démocratie prolétarienne correspondant à chaque argument et mesure mortifère du pouvoir capitaliste.

C'est à mon avis la seule stratégie valable pour éveiller les consciences en permettant aux citoyens de voir clairement qu'une société de démocratie prolétarienne radicalement différente est possible, grâce à des solutions et mesures de gouvernement crédibles immédiates et à plus long terme, et à notre portée.

Evidemment nous sommes barrés par la monopolisation des médias des représentants du capitalisme à 80% qui tentent de façonner les consciences au fatalisme et au sentiment d'impuissance populaire face aux "illustres" et si intelligents spécialistes de l'appareil capitaliste, mais si nous savons utiliser la moindre possibilité, et si nous savons rallier les nouveaux mécontents de toutes les couches sociales à la cause de la justice sociale et de la répartition équitable pour le bien de tous et le progrès humain, les choses deviendront possible.

Il y a quelque chose à penser, à discuter et à faire dans des colloques retentissants médiatiquement parlant, du côté de la clarification de la notion du travail, du produit du travail fourni essentiellement par les salariés. Car enfin laisse un patron quel qu'il soit tout seul sans salariés avec son entreprise elle ne tournera jamais, alors qu'elle tournerait très bien avec les salariès - chacun à son poste nécessaire au bon fonctionnement - sans un "patron" stock options qui considère le salarié comme de la chair à patron jetable et corvéable à merci.

Il y a quelque chose à voir, penser et faire sur les notions de propriété privée et propriété collective concernant les entreprises, du rôle éminemment social qui devrait être inhérent à toute entreprise sous peine de fonctionnement suicidaire de celle-ci comme de la collectivité toute entière.
Quelque chose à faire sur le COMPARATIF des bases du fonctionnement de l'économie capitaliste, ses finalités, son fonctionnement suicidaire vis à vis de lui même et meurtrier et inhumain pour les exploités, la collectivité, les peuples en général, l'environnement, la nature, la planète, les mentalités, les rapports humains etc, comparativement à ce qu'il en serait, (soigneusement démontré quant aux mécanismes du nouveau fonctionnement grâce à l'intervention du travailleur et de chaque citoyen dans tous les niveaux de la société) dans une société ayant l'humain au coeur de son fonctionnement proposé par une démocratie prolétarienne. L'humain avec ses besoins, mais aussi son potentiel inouï et infini de créativité à partager, à mettre au service des autres et de la collectivité, et son épanouissement, aujourd'hui systématiquement étouffés pour une élite de possédants et de serviteurs zélés).

Evidemment je suis tentée comme toi de mettre en doute l'efficacité et l'utilité des élections européennes dans une Europe qui semble bien pieds et poings liés par le cadre financier et marchand de la bourgeoisie capitaliste mondiale.

Pourtant, reprenant ton exemple du stylo qui devient sarbacane, et sachant qu'il y a encore du chemin à faire quant la conscience politique et un rassemblement populaire irrésistible et porteur de changement radical, je me dis que à chaque étape suffit sa peine, et que sous notre pression constante et citoyenne avec d'autres pays, nous pourrions transformer l'outil "élus et leurs engagements électoraux" en outil de sape de l'institution européenne, pour sa transformation au service des peuples et de tout ce qui est humain.

Il y a aussi peut-être quelque chose à trouver et à faire sur le plan de la relation étroite et constante entre représentants élus et électeurs, qui permette un vrai soutien et aiguillon réciproques des uns vers les autres. Ce nouveau fonctionnement entre élus et électeurs (issu de l'étape cruciale actuelle) pouvant rendre possible une nouvelle étape vers la démocratie prolétarienne.

M'est avis que cela aussi, cette démocratie prolétarienne, nous devons la construire dès maintenant sans attendre un hypothétique socialisme, malheureusement mis à mal par tant de divisions partisanes et une conception du rassemblement populaire si sclérosée, si stupide et si indigente.

C'est tout pour aujourd'hui. Je n'ai pas tout dit évidemment, mais j'y reviendrai si besoin et inspiration plus tard, car je suis toujours aussi surbouquée pour le moment par les choses du quotidien et mon accompagnement sur le terrain du quotidien vital et urgent d'une personne en difficulté.

Cette action là aussi il faut la faire.....

Bises à toi et salut à tous
Maguy

Chien Gué a dit…

Maguy, quand le réalisme devient négatif, il s'approche , à lui ressembler, du pessimisme ...

Anonyme a dit…

Cher Chien Gué, qui dit :

"Maguy, quand le réalisme devient négatif, il s'approche , à lui ressembler, du pessimisme ..."

J'entends ce que tu ressens. Mais j'aimerai que tu précises si c'est mon texte que tu trouves négatif ?
Et quel point précisément.

Et comment vois-tu la situation et les perspectives toi-même, dans tes propres termes positivo-réaliste ?

Quant au texte d'Elodie, comme dit Makhno, il est à la fois plutôt "sombre mais tellement réaliste et tellement empli d'amour et de Paix", que je n'arrive pas à le trouver négatif.

Il montre déjà la voie d'une réflexion certes révolutionnaire, mais qui vient autant du coeur et du subtil que de l'indispensable mais (quand il règne sans partage) si froid intellect.

Quand je suis à l'écoute des autres et de moi-même par tous les pores et avec tous mes sens, je suis frappée par le désespoir qui monte, et donc le besoin de protester, de manifester, de se rassembler en masse pour exprimer le rejet grandissant de ce système mondial monstrueux, et en même temps par un besoin (instinct de préservation depuis la nuit des temps) de préserver sa vie au maximum tout en faisant ce qu'il faut, mais PACIFIQUEMENT pour se libérer du carcan esclavagiste capitaliste.

La meilleure façon de le faire n'est-elle pas de trouver le moyen de se rassembler en masse sur des bases claires d'intérêts communs et de propositions les plus avancées possibles (à proche moyen et long terme), et adéquates à la situation.

Cette exigence là de révolution pacifique est en train de prendre de l'ampleur.
Elle exige de notre part de nous affiner de plus en plus dans la réflexion, les échanges et les actes, en abandonnant le terrain de la violence dans lequel le capitalisme aura toujours le dernier mot.
Apprenons donc à être créatifs autant qu'exigeants et fermes dans nos manifestations et nos revendications. L'idéal étant de pouvoir s'appuyer sur un projet de société "socialiste" ou de démocratie prolétarienne, clair, crédible et argumenté à opposer au tableau effectivement bien sombre du système capitaliste pourrissant.

Malheureusement, il lui reste encore des ressources pour nous pourrir la vie encore longtemps, si nous ne savons pas nous remettre en question sur des questions partisanes et les pièges des mauvaises habitudes certainement ancestrales, de relations de pouvoir qui obscurcissent notre vue.

Chat Mag

François a dit…

Salut Maguy,

Content de pouvoir te lire,tu manquais ces derniers temps.J'espère que tu as une bonne excuse,hein?Sinon gare!!!

J'ai lu tes deux coms qui,comme d'hab.sont intéressants.

Tu prônes la Révolution PACIFIQUE et là je crois que tu rêves.Bien sûr,moi aussi j'aimerais pouvoir faire ce genre de révolution mais cela ne dépend ni de moi ni de toi,c'est ça le problème.

Il est évident que ton raisonnement se défend et qu'il y a des choses très vraies dans ce que tu dis.Seulement voilà,tu sembles ne pas vouloir tenir compte de ceux d'en face...tu t'imagines vraiment que ces salauds vont nous laisser faire sans réagir?

Tu parles de se "rassembler en masse" Je suis d'accord ,mais les autres (en face)vont nous rentrer dans le chou,ne te fais aucune illusion.Ils ne nous laisseront pas instaurer la démocratie prolétarienne tranquillement,ils feront tout pour nous en empêcher.Et dans le "tout" il y a forcément la force.

Alors la révolution pacifique...je n'arrive pas à y croire.Pour y croire il faudrait croire aux élections ,non? De la manière dont c'est parti...je vois cela plutôt mal.

Il faut,selon moi,d'abord faire la révolution et,ensuite,mettre le peuple au pouvoir et pour cela se servir,peut-être, des urnes.

Tu sais,en regardant l'histoire,on s'aperçoit qu'à chaque grand changement il y a eu affrontement,violence,sang.C'est un constat qui fait mal mais qu'on ne peut ignorer.

Mais finalement,ce n'est jamais la révolution qui est meurtrière mais bien plutôt la CONTRE-REVOLUTION.

Sans remonter très loin,rappelle-toi de 68,quand De Gaulle est allé à Baden Baden y chercher l'aide de l'armée en cas de besoin,c'était pour tirer dans la foule si besoin avait été.Il n'en a pas eu besoin le camarade Séguy était là,qui veillait au grain;Grenelle et son discours...

Non chère Maguy on n'arrivera à rien sans passer (malheureusement) par la violence.Cela ne m'arrange pas et me fait très peur mais c'est l'évidence.Et mener une politique d'autruche ne servirait à rien et renforcerait l'ennemi.

Bien sûr tout cela est perso donc subjectif mais il y a plus de 45 ans maintenant que j'ai cette conviction.

Cela dit ,il faut se battre,ne pas laisser à nos enfants cet enfer que ces fumiers leur préparent;il y a du boulot mais nous y parviendrons.

TOUS ENSEMBLE!!!

Fraternellement à toi et à toustes.

François

Anonyme a dit…

Bonjour François,

Je crois qu'on est vraiment dans le thème qui fait blocage, et le blocage se situe au niveau du "comment".

Que la violence soit toujours le fait, fondamentalement, de la contre-révolution est tellement de mon avis, que j'ai toujours argumenté dans ce sens en estimant que VU L'ETAT INEGAL DES FORCES EN PRESENCE ET L'ARSENAL MILITAIRE, POLICIER, MEDIATIQUE ET PSYCHOLOGIQUE (DEVOYE PAR LA PERVERSITE DE L'IDEOLOGIE BOURGEOISE ET SON DISCOURS) du capitalisme national et international, nous n'avons pas les moyens d'imposer du jour au lendemain le changement radical qu'est le socialisme tel que nous l'imaginons, uniquement par la force activiste des plus conscients et les manifs, (même s'il en faut bien sûr et même si j'en suis).
Nous ne les avons pas étant donné la faiblesse de conscience politique de la majorité des citoyens, désorientés par les divisions partisanes de la multitude de courants politiques et syndicaux, étant donné l'absence de projet clair, rassembleur et crédible ouvrant la porte au changement radical.

Je me souviens très bien François, de la démarche préventive de De Gaulle en 1968 à Baden Baden pour mobiliser les forces armées contre le peuple s'il tentait de prendre le pouvoir. Après les accords de Grenelle qui ont désamorcé la boucherie qui se préparait, les gauchistes et autres superRRRRévolutionnaires en paroles ont accusé la CGT de traître à la révolution et au peuple. Aurait-il fallu appeler les travailleurs au jusqu'auboutisme en les amenant à l'abattoir, sous prétexte qu'il faut aller plus loin que les revendications salariales toujours remises en question et prendre le pouvoir pour en finir avec le capitalisme ? Et de toutes façons cet appel n'aurait été ni suivi, ni victorieux.

D'ailleurs Il me semble me souvenir que les consultations syndicales et politiques auprès de la classe ouvrière avaient montré que la détermination pourtant forte des salariés n'allait pas jusque là.

Alors quand tu dis :

"Il faut,selon moi,d'abord faire la révolution et,ensuite,mettre le peuple au pouvoir et pour cela se servir,peut-être, des urnes."

J'ai envi de te demander :
Comment on fait pour faire la révolution aujourd'hui, face aux forces inouïs d'en face, le capitalisme national, européen et international mené encore et toujours par les USA ?
Comment on fait pour "mettre" le peuple au pouvoir dans un tel environnement ? D'ailleurs Ne vaudrait-il pas mieux que ce soit le peuple lui-même qui le prenne (s'il le peut ...)

Et n'y a -t-il pas lieu de bien préparer le déroulement du processus avant, pendant et après, je veux dire dans la durée, car le plus dur peut-être c'est de durer dans un environnement national et mondial hostile et comploteur.

Sans vouloir t'offenser mon bon François, je me demande qui rêve le plus de toi ou moi.:-))

Quand je parle de révolution pacifique, je pense à une stratégie qui reposerait sur autre chose que le cadre traditionnel bourgeois capitaliste, qui nous est imposé autant sur le plan de l'intention, du mental, des comportements que des moyens de lutte anticapitalistes.

Conditionnés par le système, nous faisons plein de choses au quotidien qui le nourrissent et renforcent sa malfaisance, notamment au niveau de la consommation, et autres comportements qui pourraient déjà changer.

Bien sûr, les élections aussi en font partie puisque les cartes sont biaisées, et que le principe de la délégation de pouvoirs est le sommum de l'escroquerie, pas besoin de faire un dessin.

Cependant Je repense à l'exemple du stylo transformé en sarbacane, je pense que l'outil élection actuel, pourrait (du côté des forces progressistes et révolutionnaires) très astucieusement être transformé par de nouvelles pratiques et relations de communication entre élus et électeurs, discutées et mises au point démocratiquement, et qui seraient inclues dans le programme/accord proposé et faisant office de garde fou au regard des pratiques habituelles qui n'ont pas grand chose et même rien à voir avec la démocratie prolétarienne.

Cela pourrait constituer pour le courant révolutionnaire, un exemple, un début de pratique de démocratie prolétarienne, et permettre soutien et aiguillon constructifs réciproques entre citoyens élus/citoyens électeurs pour affaiblir et abattre le capitalisme national et européen et aller vers le socialisme.

Je rêve ? non je joue le tout pour le tout, et je n'ai pas envie de me censurer, car c'est contraire au principe de créativité.

Pour le reste, se reporter à mes 2 commentaires qui sont loin d'être complets et parfaits, mais cela me permet de ne pas me répéter, en attendant mieux.

J'espère seulement que dans mon discours toujours assez globaliste et limité, (j'en suis consciente), on peut trouver quelques idées qui aident à avancer dans la réflexion pour un projet novateur et crédible et les moyens les plus sûrs d'y arriver.

Fraternellement
Maguy

François a dit…

Re-Salut Maguy,

Comme toutes les femmes tu veux toujours avoir raison!!C'est fou ça !!Où est le bon vieux temps du patriarcat ??

Le pire c'est que tu n'as pas tort sur plusieurs points et,c'est ça qui m'énerve!! Ah les femmes...

Sérieusement j'aimerai revenir sur 68;nous n'avons pas le même angle de vue.

Personnellement j'étais chez Renault à Cléon(près de Rouen 76)Nous étions 5000 ouvriers dont l'âge moyen était de 27 ans.Inutile de dire l'ambiance qui régnait dans cette boîte.

D'abord si le " mouvement " a pu avoir lieu c'est parce que nous (gens de la la base) avons dépassé les directions syndicales et sommes arrivés a changer la donne.Si il n'y avait eu qu'elles(les directions syndicales)il n'y aurait jamais eu le mouvement que nous avons connu.

Suite à ça ,passons sur la grêve générale avec occupation de l'usine(nous sommes les 2ème après Sud Aviation de Nantes.)Nous tenons les dirigeants de la boîte enfermés ce qui empêche les flics d'intervenir car "si un flic dans l'usine on pend un patron" Ne t'en fais pas on n'a pas vu l'ombre d'un cogne tout le temps qu'on les a retenus prisonniers (3 bonnes semaines).Ils ne sortiront qu'avec,là aussi, la clémence des dirigeants syndicaux ,alors qu'il n'y a presque personne dans l'usine et de nuit après un vote très douteux.D'ailleurs le mec de la CGT qui a organisé cette "libération" dès le lendemain se fera casser la gueule de manière forte par une partie des travailleurs qui lui en veulent à mort.Deux ans plus tard on ré-entendra parler de lui;il s'est fait élire député soi-disant de gauche...

Les accords de Grenelles:

L'extraordinaire mouvement social des 11 millions de grévistes était confronté aux résultats de la conférence de Grenelle bouclée le 27 Mai.

Etaient-ce des "accords"?Non,c'était un "constat"d'après la CGT,un "projet de protocole" selon la CFDT.Seul le gouvernement appela ça un "protocole d'accord"..Un certain Jacques Chirac rencontrant Georges Séguy sur le quai fermé du métro d'Anvers;des accords secrets avaient été passés.

Puis les négociations précipitées,où il fut convenu.en préalable,qu'on ne parlerait pas de l'abrogation des ordonnances de la sécurité sociale,pourtant au coeur des revendications depuis plus de trois ans.Enfin,les syndicats se présentèrent en ordre dispersé,avec chacun son agenda,ce qui facilita la confusion,noyant les responsabilités,limitant les concessions du pouvoir pompidolien.Quoi de surprenant ,dans ces conditions,si Grenelle fut bâclé? En bas, on voulait tout;en haut ils voulaient en finir au plus vite.

Après des dizaines d'heures de discussion en un marathon improvisé,le résultat fut très maigre :

Le texte de Grenelle fait 18 fois référence à des négociations ultérieures,sans autre indication de contenu,10 fois à des "déclarations" d'intentions gouvernementales ou patronales,et 5 fois seulement à des mesures sociales accompagnées de chiffres et de dates d'application.C'est-à-dire augmentation du SMIG porté à 3 francs le 1er juin,augmentation globale des salaires dans l'industrie privée(7% le 1er juin,3% le 1er octobre),proposition patronale d'aboutir aux 40 heures(enfin!!),abaissement du ticket modérateur pour les soins médicaux de 30 à 25% (alors que pour nous il s'agissait de les supprimer),enfin,modalités de récupération des jours de grève:il sera fait une avance aux travailleurs représentant la moitié du total des heure récupérables...Le gouvernement s'engageait à faire voter un "projet de loi sur l'exercice du droit syndical dans l'entreprise".Exit l'abrogation des ordonnances,mot d'ordre central qui avait mobilisé des millions de travailleurs(euses).L'échelle mobile des salaires serait "examinée"par des commissions paritaires.Le CNPF acceptait d' "examiner"l'âge de la retraite qui était encore à 65 ans avec 30 annuités de cotisation.

Billancourt:

G.Séguy,le lendemain,se livra au show soigneusement pesé du "compte-rendu objectif des acquis de Grenelle"devant 10 000 travailleurs(euses)de Billancourt.Ces images comptent parmi les plus expressives de Mai 68.On entendit une vague puissante de sifflets au début,puis une huée à la fin...
Le détail de cette ruse voulue et calculée est célèbre.
Tout repose sur une falsification démocratique racontée dans le propre récit de G.Séguy(Le Mai de la CGT,Paris Julliard,1972)où il passe aux "aveux" :"la CGT n'appelait pas à la reprise puisqu'elle n'avait JAMAIS donné le mot d'ordre de grève générale"Cela était vrai la grève était générale sans que le syndicat l'ait voulu.

Le soir des accords la CGT se contenta d'écrire:"Ce que le gouvernement et le CNPF n'ont pas consenti leur sera imposé par les négociation"...

Tout ça pour dire qu'à cause de la CGT et d'autres "jaunes" la montagne (11 millions de grévistes)a accouché d'une souris.

Alors tu vois Maguy,il fallait aller jusqu'au bout du bout même si le sang aurait forcément coulé.

Nous étions prèts,déterminés,certains camarades avaient ressorti les armes de la dernière guerre,d'autres des fusils de chasse,d'autres encore des armes blanches...etc... Et,de plus nous avions une partie (10 à15%) des conscrits qui étaient prèts eux-aussi à en découdre en tirant sur leur officiers,si besoin était, et en nous rejoignant dans la lutte avec les armes prises à l'armée.

Donc, toutes les raisons de continuer ce début de révolution.

Voilà ce que je pense de 68 et pourquoi.

Fraternellement à toi et à toustes

François.

Anonyme a dit…

Cher François,

C'est un beau et émouvant témoignage de quelqu'un qui a vécu ce moment sur le terrain, et plus précisément sur le terrain de son usine ou entreprise en particulier.
Et je t'en remercie.
Je comprends que cette extraordinaire expérience t'ai marqué à tout jamais.

Mais qu'en est-il de la vision globale et totale de la situation, tant sur le plan humain, (prise de température - avec un thermomètre pas cassé si possible :-)))-, de la motivation, de la conscience politique et du désir jusqu'auboutiste des masses laborieuses dans leur ensemble), etc et notamment de l'état comparatif des forces des 2 côtés ?

Crois-tu vraiment que la frange la plus extrémiste des grévistes aurait eu raison des forces armées dont tu dis toi-même qu'elles n'attendaient qu'un ordre de De Gaule ?

Crois-tu vraiment que l'insurection "armée" d'une minorité aussi enthousiaste soit-elle aurait été suivie par la foule immense des grévistes et manifestants de 1968 ?

Qu'est-ce qui te permet d'en être sûr à 100%, et de minimiser les pertes de la classe ouvrière ?

Ne confonds-tu pas tes désirs avec la réalité ?

Pour moi, cela aurait été une tentative tragique à la Che Guevarra.

Jusqu'à preuve du contraire.

Les derniers évènements des DOM sont évidemment un bel exemple de détermination protestataire, mais il faudra être bien plus nombreux que cela ici comme là-bas pour que ce soit irrésistible et pour empêcher au maximum les massacres, encore et toujours payés par le peuple, pour finir par son tragique fiasco.

Tant que la majorité silencieuse pourtant méchamment touchée ou en voie de l'être restera silencieuse, et se détournera de la vrai politique c'est à dire de son propre sort d'esclave moderne en puissance, et d'humain et citoyen manipulé et roulé dans la farine, je ne vois pas comment on peut s'en sortir.

Car c'est bien de la base que tout peut changer, l'idéal étant que, sous l'effet de la précarisation galopante, et de l'horizon bouché pour nos enfants et petits enfants, de plus en plus de couches intermédiaires prennent conscience de la nécessaire solidarité de toutes les catégories sociales de plus en plus touchées par les méfaits du capitalisme ravageur.

C'est pour cela que la lutte idéologique est à mon humble avis primordial, et qu'un rassemblement de toutes les forces progressistes et révolutionnaires sur un projet clair et novateur à court moyen et long termes s'avèrera de plus en plus urgent et inévitable.

A nous de veiller à ce qu'il aille dans le sens de la démocratie prolétarienne, avec de grandes avancées immédiates et progressives
IRREVERSIBLES.

Les divisions ne servant vraiment que la bourgeoisie capitaliste.

Je trouve de plus en plus que l'activisme jusqu'auboutiste minoritaire, si sympathique soit-il par son romantisme désespéré, va à l'encontre des intérêts du peuple au bon sens du terme et de son coeur battant la classe ouvrière =>(quel que soit son visage actuel.) C'est pédaler le nez dans le guidon sans voir le paysage, les cailloux sur la route, les tournants dangereux, les précipices à droite ou à gauche.

Je n'ai aucune référence livresque à te donner, aucun personnage historique illustre à citer pour appuyer mon discours, mais c'est ce que je pense et ressens profondément, et je me fais de plus en plus confiance.

Bises fraternelles et chaleureuses.

Maguy

François a dit…

Chère Maguy,

D'abord merci pour ta réponse.

Quand tu me dis"es-tu certain que la frange la plus extrémiste aurait eu raison des forces armées"?.. Je te réponds très franchement NON,bien sûr.

Mais la question était on prend le risque de l'écrasement ou on perd tout espoir de changement?

Nous avions une boule à jouer ,il fallait la tenter,même si cela était très risqué.

Trotsky disait:"les travailleurs en grève ne sont jamais spontanément révolutionnaires,c'est le rôle de l'avant garde de les convaincre par la justesse de leurs slogans,de leurs propositions et de leur action".

Tout est là,rappelons que Lénine et Trotsky ont fait la révolution avec seulement 10 000 bolcheviks.Tu imagines,un pays comme la Russie?

Et pourtant ces camarades n'avaient,contrairement au Ché,rien de "gauchiste".

Alors,bien sûr l'époque était différente,il y avait la guerre qui fit dire à Trotsky:"la guerre,cet incomparable accélérateur de la révolution".Puis des tas d'autres choses qui ne sont plus les mêmes aujourd'hui.Mais cependant l'essentiel est toujours semblable:classe exploitante contre classe exploitée,misère,santé de moins en moins accessible pour tous,chômage(surtout en ce moment)chasse de plus en plus forte aux étranger...etc...etc..

Quand tu dis que:" les derniers évènements dans les DOM sont un bel exemple de détermination contestataire mais qu'il faudra,ici comme là-bas être beaucoup plu nombreux pour que ce soit irrésistible et que ça évite des massacres encore et toujours payés par le peuple"

Je te réponds OUI mille fois OUI mais on ne pourra pas réunir tout ce monde sans qu'en face ils ne réagissent,il ne faut pas rêver.

Regarde en Gouadeloupe Sarko avait fait partir des flics et des soldats de Métropole au cas où...Au prétexte qu'il n'y avait plus de raison de paralyser l'économie.

Tout est là:comment construire le rapport de force ? Sans danger on ne peut pas,c'est clair.Ou alors démarrer le mouvement en espérant être suivi par un maximum de monde.Là aussi c'est très risqué et cela me rappelle la "minorité agissante"et je n'y crois guère.

C'est pourquoi il me semble que,peut-être,à partir d'une grève générale on peut tenter le coup.Surtout avec les conditions actuelles qui font un contexte révolutionnaire.

Si on ne tente rien que va-t-il se passer ? Sarko n'est pas encore déboulonné et les lois liberticides vont pleuvoir.Aussi,bientôt,plus rien ne sera possible.Pour se rassembler il faudra le faire de manière clandestine,la répression va s'abattre(c'est déjà commencé)de partout et là si une lutte s'engage je ne te dis pas ce que nous allons prendre;le simple fait d'être dans la rue pour contester sera un délit.Et si ils arrivent à "contrôler" internet?Ils peuvent déjà écouter les portables...

Bref,je n'ai pas de solution toute faite mais je ne me résigne pas à laisser revenir le facisme;j'aimerai bien laisser à nos enfants et petits enfants autre chose de mieux.

Tu vois j'en suis à espérer qu'à force de répression, de chômage,de misère les gens en aient ras-le- bol et descendent enfin dans la rue sans s'occuper des syndicats(de certains dirigeants,pas tous)et que de là démarre quelque chose.Mais beaucoup de gens croient encore aux vertus des élections et risquent,au mieux, de troquer Sarko contre DSK,alors...

Grosses bises à toi.

François

Osemy a dit…

Beh dis donc François et Maguy, ça ne lâche pas l'affaire! Bravo je me régale à vous lire :)

Anonyme a dit…

"Alors tu vois Maguy,il fallait aller jusqu'au bout du bout même si le sang aurait forcément coulé.
Nous étions prèts,déterminés,certains camarades avaient ressorti les armes de la dernière guerre,d'autres des fusils de chasse,d'autres encore des armes blanches...etc... Et,de plus nous avions une partie (10 à15%) des conscrits qui étaient prèts eux-aussi à en découdre en tirant sur leur officiers,si besoin était, et en nous rejoignant dans la lutte avec les armes prises à l'armée."

Et tu crois toujours que ça aurait réussi contre l'armée de De Gaulle ? sous prétexte que Lénine et Trotsky avaient réussi avec 10.000 prolétaires, en 1914 sous un régime tzariste en putréfaction?

ça ressemble un peu à du délire romantico révolutionnaire.

Quand se posera-t-on la question : pourquoi ça ne marche pas dans la durée ?
Peut-on plaquer l'exemple d'un soulèvement populaire révolutionnaire d'une époque et d'un pays dans une autre époque, un autre pays ?
Quand lèverons nous le nez du guidon pour regarder la route, les embûches, les tournants, l'état du terrain etc ?
Si la classe révolutionnaire est la classe ouvrière de par sa position d'exploité, pourquoi la révolution est-elle toujours récupérée par une autre catégorie sociale, fusse-t-elle intellectuelle solidaire qui trahit ensuite ses buts et qui tombe dans le piège de la division et des complots de pouvoir ?

Je vois que tu fais partie de ceux comme "soleil sombre" (dont j'aime bien les écrits en général) qui disent "ce sont les minorités qui changent les choses" => pour les revendications syndicales ou politiques ponctuelles OUI, mais PAS d'une manière IRREVERSIBLE et PAS politiquement.

Et quand on voit le fiasco des premiers pionniers et l'état actuel du monde je ne vois aucun exemple de changement révolutionnaire dans la durée induit par des groupes minoritaires armés et décidés à en découdre, sauf Cuba (situation et circonstances particulières,)
Mais sans la stature et la présidence de l'éternel CASTRO - gardien de la révolution et de sa durée face aux USA, mais quelque part aussi pouvoir personnel non ? - qu'en serait-il de Cuba ?.
Pourquoi cette contradiction, ce besoin d'un homme à poigne qui semble irremplaçable à la tête d'un pays alors qu'il a mis le "peuple" et le progrès social au coeur de sa gouvernance ? Est-ce que le danger Yankee est la seule explication ?

Par contre, il y a aujourd'hui d'autres pays en Amérique Latine Qui ont basculé par les élections vers des régimes socialisants anti-capitalistes.
A noter il est vrai qu'au Vénézuela, lors d'une tentative de coup d'Etat contre Chavez, c'est le peuple vigilant qui est sorti dans la rue la nuit autour du palais et a su tenir tête aux contre-révolutionnaires, et avec une partie de l'armée a repris les commandes et libéré Chavez et d'autres membres du gouvernement.

Souhaitons qu'ils puissent aller plus loin et qu'ils puissent résister à la pression et aux complots capitalistes internes et des USA.

En Occident, la révolution est-elle possible dans un seul pays ? je me le demande.

La minorité violente à Strasbourg, plus ou moins manipulée et à coup sûr stratégiquement instrumentalisée par les chefs d'Etats capitalistes a-t-elle fait avancer d'un pouce les intérêts des peuples européens ? franchement, je ne le crois pas.

Par contre, Elle a complètement éclipsé le rassemblement important et pacifique de masse (bien qu'entravé par le dispositif policier) qui aurait pu néanmoins faire son travail médiatique et stratégique anti-capitaliste.

Je te rappelle quand même que je suis de toutes les manifestations et que donc je m'expose comme les autres à des violences policières toujours possibles évidemment, aucun pacifiste ne le conteste, et la question n'est pas là.

Il est temps de faire un constat :

1)Les manifestations minoritaires basées sur la violence instinctive (j'allais dire virile" :-) )comme stratégie révolutionnaire incontournable et systématique n'ont jamais servi à rien si on les considère dans l'espace et dans le temps (voir leur non aboutissement désespérant et l'état du monde)

Ils ne servent que les intérêts de la bête immonde capitaliste qui s'en sert pour faire l'amalgame manifestations de rue = terrorisme, violence et "chienlit" comme disait De Gaule pour démontrer que le peuple était incapable de réfléchir donc de gouverner et qu'il devait donc laisser la place aux spécialistes politiciens ou stratèges illustres comme lui. Mais on l'a vu plus haut cette conception du pouvoir de gouvernance au dessus de la masse peuple, (s'agissant d'un Etat) occupe aussi l'esprit de ceux qui se disent révolutionnaires.
L'idée du chef qui sait pour les autres qui ne sont pas à la hauteur.

2)Il est plus facile finalement de donner libre court à la stratégie-violence (même si elle est suicidaire) que de convaincre le plus grand nombre par l'analyse, la réflexion partagée et l'ouverture afin de se rassembler sur des aspirations et des buts rassembleurs le plus avancés possibles, ouvrant la voie à un changement radicalement anticapitaliste.

Est-il raisonnable de croire que ce changement se fera du jour au lendemain ?

Par contre il est urgent de démontrer pourquoi nous ne pouvons nous en tenir au réformisme social démocrate aménageur du capitalisme.

Le "comment" te dis-je François et les autres, là est la clé.

Ne pourrions nous pas trouver des points de convergences constructifs ? urgents et immédiats d'abord et même moyen terme et pourquoi pas plus loin, une fois que l'on aurait pris appui sur les premières conquêtes irréversibles et la démonstration vécue de l'efficacité de la démocratie prolétarienne (terme maintenant bien rôdé sur ce site et Bellaciao)n'est-ce pas la Louve ?
Ceci dit, je n'ai pas envie de m'éterniser dans une discussion où j'aurais l'impression que les idées et les perspectives révolutionnaires restent figées entre violence minoritaire impuissante ou rassemblement de masse mature et pacifique parceque conscientisé en nombre sur de véritables avancées anticapitalistes étape par étape.

Maguy