mercredi 26 novembre 2008

Marxisme, communisme, nationalisme , souverainisme et nation


Marxisme, communisme, nationalisme , souverainisme et nation

Je me permets de vous soumettre ce petit texte (à compléter et à développer) qui poursuit ma réflexion sur la question de la nation et du nationalisme chez les marxistes et chez les communistes (admettons qu’on puisse être marxiste sans devenir communiste).

C’est un petit essai qui me tient à cœur depuis longtemps, que j’ai commencé à développer dans d’autres textes, notamment un sur le communisme et les institutions politiques bourgeoises et plus indirectement ici sur la démocratie prolétarienne (pardon de m’auto-citer, ce n’est pas par immodestie, c’est pour situer ce texte ).

C’est un sujet fondamental ( surtout en ce moment) sur lequel, bien sûr, je ne prétends nullement avoir "la vérité", mais auquel j’aimerais apporter ma modeste contribution.

Je remarque aussi que c’est un sujet qui "travaille" beaucoup les communistes ou ceux qui se réclament du communisme, ou du marxisme.

Souvent, nous avons ici ou là des discussions récurrentes sur ce sujet.

Il faut d’abord poser qu’une langue, qui permet d’exprimer des réalités en concepts, est aussi modelée par le lieu et l’histoire du peuple dans laquelle elle se développe.

Il est évident, de mon point de vue (critiquable encore une fois), que le terme de "nation" ou le qualificatif "national" n’ont pas, pour un Russe ou pour un Italien (Gramsci par exemple, qui a beaucoup travaillé cette question en relation avec "le peuple, la popularité") aussi imprégnés soient-ils de la culture, de l’histoire française, la même signification que pour un Français. Et même s’il y a des concepts français qui ont "irradié" de par le monde entier...

Et c’est normal, car les conditions historiques de développement de ces concepts (qui les chargent ensuite d’une valeur précise) sont différentes, en fonction des peuples et des lieux.

Ainsi, peut on jurer qu’il y a une stricte équivalence entre "People", "peuple" et "popolo"? Entre "Nation", "nation" (fr) et "nazione"? Et peut on oublier que toute traduction, même la plus accomplie, même la meilleure est nécessairement toujours une forme de trahison? Traduire c’est effectuer un choix culturel.

Même le communiste le plus parfait (qui n’existe pas) ne pourrait être sûr de ne pas céder à l’idéologie dominante bourgeoise en effectuant une opération de traduction !

L’exercice de ce qu’on appelle "le droit comparé" me l’a appris durant mes années d’études, et c’est un principe que je ne peux oublier.

Ceci pour dire que, dans l’étude d’un tel sujet d’un point de vue marxiste, on est obligés de prendre en compte des écrits "étrangers" ( souvent traduits dans notre langue car, par exemple et hélas, je ne lis pas le russe) et que donc, il ne faut pas oublier cette donnée rappelée plus haut.

Je préciserais ensuite qu’être "patriote", a fortiori devant l’ennemi (et non être chauvin), comme le furent les communistes français pendant la "seconde" guerre mondiale, ce n’est pas être "nationaliste".

Patriote, cela, je reconnais sans trop de difficulté que je le suis, à tort ou à raison.

C’est un concept populaire, qui parle de la "terre des Pères", donc des racines de l’individu.

Je pense qu’on peut même être patriote par rapport à une nation qui n’est pas la sienne (et oui - les "naturalisés" par exemple peuvent être restés patriote pour leur pays d’origine justement) - c’est d’ailleurs il me semble une bonne démonstration du caractère relativement factice de la nation.

Évidemment, parler de la nation n’est pas non plus nécessairement être nationaliste.

Le nationalisme est une chose bien précise (à ne pas confondre non plus avec le racisme) : c’est une idéologie politique dont l’épicentre est la nation (comme mesure de toutes choses), et qui a pris son essor véritable à la suite du "nationalisme romantique allemand" au 19ème siècle.

Bien sûr, s’il n’y avait pas "la nation", il n’y aurait pas "le nationalisme".

C’est surtout la notion de "nation" qui m’intéresse ici, en tant que communiste et attachée à l’œuvre de Marx et Engels comme outil d’analyse politique.

Je maintiens que "la nation" n’a jamais été un concept communiste, marxiste au sens où, au contraire, c’est un concept bourgeois issu d’un courant dans la Révolution française ( dont on ne doit pas oublier qu’elle est une révolution bourgeoise quand même !).

Bien sûr, cela ne signifie nullement que Marx et Engels ou Lénine ou Luxemburg ou Trotsky ou d’autres se revendiquant du marxisme, ne se soient pas servis de cette notion, qu’ils ne l’aient pas analysée, qu’ils n’aient pas inscrit cette notion dans une analyse marxiste ( c’est à dire fondée notamment sur le matérialisme dialectique), ni qu’ils ne s’en soient pas servis dans leurs constructions théoriques, et pour cause !

Non, pour résumer, ce que j’entends par là, c’est que cette notion a été créée, ou propulsée, par la bourgeoisie, notamment française, au départ pour deux raisons.

D’abord pour des raisons économiques ( une nation unie et centralisée est un plus pour le développement économique de l’époque plutôt que le régionalisme la reconnaissance des langues régionales etc).

Et aussi pour des raisons politiques, puisque au départ, je vous rappelle qu’il n’était nullement question de trancher la tête de Louis XVI, qui a même été "Roi des Français" un court instant.

La nation comme fiction politico-juridique permet ainsi de "réconcilier" les réformistes et les révolutionnaires (bien que les révolutionnaires ne soient pas nécessairement antimonarchistes à la base) ; en d’autres termes, à l’origine, la création, en tant que sujet politique, du concept de "nation", est d’inspiration clairement monarchiste (je ne dirais pas royaliste).

Ce sont les tenants d’une "monarchie constitutionnelle", d’une mise sous tutelle du Roi de France, qui propulsent cette notion sur le devant de la scène politique révolutionnaire.

Je ne crois pas que ce que Marx et Engels ont écrit, notamment dans "le Manifeste", ou dans ses analyses politiques spécifiques sur la révolte de 1848 ou la Commune de 1871, aille à l’encontre de ce que je viens de résumer.

Je cite Marx et Engels (en reprenant le passage cité dans l’excellent travail de G. Bourque "L’Etat capitaliste et la question nationale") :

"La bourgeoisie supprime de plus en plus le gaspillage des moyens de production, de la propriété et de la population. Elle a aggloméré la population, centralisé les moyens de production et concentré la propriété dans un petit nombre de mains. La centralisation politique fut la conséquence fatale de ces changements. Des provinces indépendantes, tout juste fédérées entre elles, ayant des intérêts, des lois, des gouvernements, des tarifs douaniers différents ont été réunies en une seule nation, avec un seul gouvernement, une seule loi, un seul intérêt national de classe, derrière un seul cordon douanier [1].

[1] K. Marx et F. Engels, le Manifeste du parti communiste, Paris, Union générale d’éditions, 1963, p. 101."

Mais c’est évidemment Lénine (et Luxemburg, car il y eut une controverse fameuse entre eux sur la question) qui fit pénétrer directement ce questionnement sur la nation dans la pensée marxiste-communiste, avec deux textes célèbres "Notes sur la question nationale" et "Le droit des nations à disposer d’elles-mêmes" - ouvrages qu’on ne peut pas lire bien sûr (enfin, c’est un avis personnel mais largement partagé je crois) sans avoir lu "Impérialisme, stade suprême du capitalisme" et "L’Etat et la Révolution".

Il a également traité ce sujet de la nation dans de nombreux articles, de façon incidente, quand il parlait de la guerre par exemple.

C’est donc bien dans une certaine perspective (matérialiste, et non idéaliste) qu’il faut lire ce que Lénine analyse à ce sujet, en ajoutant évidemment que cette analyse est fonction des conditions historiques de l’époque (la "nation" fin du 19è début du 20è et "la question nationaliste", ce n’est pas ce que l’Esprit humain en a fait à travers les âges jusqu’à aujourd’hui) et qu’elle s’inscrit également dans le cadre d’un rapport de pouvoir (déjà) entre Staline et lui (Staline dont Lénine dénonce le "chauvinisme grand russe", notamment au sujet de la question géorgienne - voir le recueil "Questions de la politique nationale". Voir également "Le dernier combat de Lénine" de Moshé Lewin).

Je fais ici une parenthèse pour dire que Trotsky, (qu’on oppose toujours volontiers à Staline, mais bien plus rarement à Lénine, ce qui n’est pas forcément toujours juste), a beaucoup marqué de son empreinte l’analyse de la question nationale dans le communisme.

Il a été un des auteurs de cette époque prolixe sur ce sujet, et il a notamment livré quelques analyses pertinentes du concept de nation chez Lénine - mais à lire toujours dans ce même contexte historique (et en gardant à l’esprit l’affrontement auquel se livrait Trotsky contre Staline, notamment pour la succession de Lénine mais aussi d’un point de vie théorique).

Je vais fermer cette parenthèse en disant qu’il est cependant un peu trop simpliste pour certains de vouloir clore un débat dont la tournure ne leur convient pas sur ce sujet précis de la nation en essayant de semer la zizanie en taxant leur interlocuteur d’être trotskiste (pour moi, ce n’est pas une insulte, seulement je ne m’y reconnais pas puisque je me sens avant tout communiste ; en revanche, je sais bien la valeur de ce mot pour certains...c’est clairement disqualifiant).

Revenons en à la nation donc, et au fait que, parce que c’est un concept bourgeois - qui devint une réalité politique, comme de nombreux concepts bourgeois, le "marxiste- communiste" ne peut le manier qu’avec une relative prudence.

De ma lecture d’ouvrages divers sur le sujet, dans la lecture des textes de Marx ou de Lénine ( qui par ailleurs n’est pas exempt de critique sur ce sujet de la nation, et je pense qu’il y en a au moins une sérieuse à lui opposer) en tout cas, je ne retiens pas du tout un nationalisme, ni que la nation soit posée comme une nécessité, ni que la nation doive être un des piliers du communisme.

C’est à dire que je ne peux pas admettre l’idée que celui ou celle qui ne reconnaîtrait pas le nationalisme comme fondateur du communisme serait nécessairement non-communiste.

Je retiens que Lénine inscrit fortement tout ses discours sur la nation dans un cadre très précis : contre l’État d’abord ( ce qui exclue que la controverse sur "l’Etat-nation" soit la nôtre), et puis dans le cadre de l’internationalisme prolétarien, ce qui est fondamental, dans la lutte contre l’impérialisme et contre la guerre des capitalistes, ce qui clôt le débat (ou plutôt l’ouvre sur un autre point qui est celui de savoir quand on se décrète "en guerre")...

La réponse qu’on apporte à cette question de la nation est fondamentale dans notre combat, notamment quand on pose la question de la souveraineté, et particulièrement dans le cadre de la démocratie prolétarienne comme système politique à part entière à opposer à la fausse démocratie bourgeoise.

Mais aussi parce qu’il éclaire la question des alliances qui peuvent ou doivent être faites au plan "local".

On doit choisir entre la souveraineté nationale et la souveraineté populaire.

Si on choisit la souveraineté populaire, je ne suis pas sûre qu’on puisse s’allier aux "souverainistes".

Pour les raisons évoquées plus haut, entre autre , il est évident de mon point de vue que notre conception de la souveraineté ne peut être que populaire, c’est à dire ressortir en dernière analyse, du peuple.

Parce que, dans l’ordre politique bourgeois (que nous sommes bien obligés de prendre en compte), le peuple est ce qui représente le plus le prolétariat (ce qui ne signifie absolument pas que "le peuple" soit le prolétariat).

Je tiens à mettre ici au clair un point fondamental, notamment pour les communistes tenant de la souveraineté nationale qui se réclament de la Révolution française, de Valmy, des jacobins, de Robespierre etc.

La constitution jacobine "pure" (celle de l’An I) jamais appliquée, d’inspiration très clairement robespierriste, ne place pas du tout la souveraineté dans la Nation mais bien dans le peuple.

C’est écrit noir sur blanc, et il n’ y a pas à en discuter.

Et c’est bien parce que Robespierre a écrit des choses tout à fait fondamentales sur la souveraineté, la Nation et le peuple, importantes encore de nos jours et y compris pour nous communistes, qu’il faut prendre garde à ne pas les dénaturer.

Je ne crois pas trahir cette pensée (qu’il faut recontextualiser) en disant que Robespierre désigne par "Nation" un "corps politique qui réunit les hommes" (cf. Discours contre le veto royal, soit absolu, soit suspensif) mais que l’intérêt public et la souveraineté sont toujours ceux "du Peuple".

Vous m’excuserez de dire que, la souveraineté populaire de la fameuse Constitution de l’An I, pour la juriste de droit public que je suis encore un peu, ce n’est pas du tout anodin, c’est encore mois un "accident de plume", surtout quand on examine l’histoire et que l’on voit que, hormis ce texte, toutes les constitutions par la suite feront, elles, appel à la souveraineté nationale.

La constitution de 1958 modifiée qui fonde la 5ème République que nous connaissons encore actuellement a toutefois une spécificité (remarquable, et de mon point de vue positive) qui signe son origine historique particulière (c à d gaulliste, mais sous contrôle parlementaire des communistes) à ce titre.

Elle proclame en effet :

"La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum. "

Vous noterez bien que ce n’est pas "la souveraineté nationale" pure - évidemment, ce n’est pas non plus la souveraineté populaire pure.

De nombreux constitutionnalises de renom et talentueux ont bien mieux glosé que moi sur cette particularité constitutionnelle de la 5ème , et je préfère vous y renvoyer.

De même que je renvoie à tous les travaux "bourgeois" c’est à dire au moins non marxistes, sur la notion de "souveraineté".

Bien, il me faut conclure ici ce petit morceau ( qui, sur un tel sujet, est forcément imparfait).

On en revient toujours au même, mais il est évident d’abord que toute discussion de ces concepts hors la question plus générale de la lutte des classes, de la révolution, de la démocratie prolétarienne et de l’internationalisme prolétarien, est une discussion qui repose sur des bases erronées pour des communistes et plus généralement pour des marxistes.

Bien évidemment, il ne faut pas perdre de vue le caractère "national" au sens de "local" au regard de la mondialisation ( c à d de l’impérialisme), des luttes.

La question de savoir si on doit laisser dépasser le capitalisme national par le capitalisme international, question que l’on trouve parfois sous -jacente dans certains textes modernes, est une question qui n’a pas de sens.

D’abord parce que, quelle que soit la difficulté de notre lutte actuellement, nous ne pouvons pas faire d’alliance avec la bourgeoisie, fut -elle "nationale" et fut-ce au prétexte de lutter contre "la bourgeoisie internationale".

On ne peut pas dire qu’il faut faire une alliance objective et matérielle avec la "petite bourgeoisie" contre "la grande bourgeoisie", en tout cas, pas sur la base du souverainisme ou du nationalisme.

En effet, ces deux instruments juridiques n’ont pour objet que de renforcer l’Etat bourgeois pour écraser immédiatement les prolétaires qui auront eu l’idée de cette malheureuse alliance.

Cette erreur-là a déjà été faite par les révolutionnaires socialistes en France, et je pense que c’est d’une certaine manière ce que décrit Marx dans "Le coup d’Etat du 18 Brumaire". On a vu le résultat.

(Notez bien d’ailleurs que cette alliance là, de façon aussi ouverte, on ne l’a plus jamais faite ni proposée nulle part. En Russie, la révolution a été rendue possible grâce à l’alliance avec les paysans et parce que la "petite-bourgeoisie" s’était mise de la partie bien-sur, mais notez bien que ce que l’on entend par "petite bourgeoisie" en Russie en 1917, c’est très loin de notre conception actuelle.)

Des chaînes sont des chaînes, quelles que soient leurs couleurs ou leur odeur, et je ne suis pas sûre de savoir préférer être enchaînée par des capitalistes "français" plutôt que par des "capitalistes" chinois ou allemands.

Par ailleurs, je pense que même cette question est vaine (sinon carrément fausse dans une perspective marxiste) car le "capitalisme national" supposé préférable au "capitalisme non-national", c’est à dire mondialisé, n’existe plus (en tout cas pas plus que résiduellement et en tout cas en France) depuis le début du 20ème siècle au moins, c’est à dire depuis l’essor de la première vague impérialiste.

A l’évidence, la crise actuelle va au contraire accentuer encore ce développement de l’impérialisme (et en "contrepartie", va produire et produit déjà un renouveau des idées nationales-fascistes chez les petits bourgeois).

En tout cas, ce qui subsiste au niveau "local", "national" donc , si on veut ,dans un cadre où sévit l’impérialisme, c’est un petit capitalisme, des petits bourgeois, des petits patrons (PME "françaises").

Si nous devons évidemment faire en sorte que puissent se développer les antagonismes entre cette classe et celle de la bourgeoisie, pour, le cas échéant, pouvoir appuyer nos luttes sur certains combats ponctuels très précis avec ces commerçants, artisans, patrons de petites PME...., ce n’est quand même pas notre combat , à nous communistes, que de tenter de le recréer, et ce pour de nombreuses raisons, et cela ne va pas jusqu’à dire que nous devons faire une alliance objective avec cette classe !

Pourtant, bien sur, il y a un souhait profond qui existe dans la classe bourgeoise française ( ce qu’il en reste comme "nationale" justement) ; en attestait encore un article très intéressant dans le mensuel "Enjeux- les Echos" cet été où un club d’investisseurs appelait à un retour du "capitalisme national"...

On pourrait donc croire que nous avons là un levier, exprimable dans "le nationalisme contre la mondialisation" - je pense qu’une telle alliance est vouée à l’échec et ne peut que se retourner contre nous.

Je conclurai en disant qu’il n’est nul besoin d’être souverainiste ou nationaliste pour lutter contre l’Union Européenne actuelle (et je pense qu’il faut en effet lutter contre elle et ne pas se contenter de prétendre la vouloir rendre "sociale"), il suffit (mais il faut) d’être communiste....


4 commentaires:

Anonyme a dit…

"le nationalisme est une maladie infantile."
c est la rougeole de l'humanité.
Albert Einstein.
Makhno

François a dit…

Salut Elodie,

Après la prise de 5 ou 6 dolipranes pour soulager mon neurone,j'attaque !

Je pense que ton texte est bien,qu'il pose de vraies questions mais que l'on peut simplifier.Ceci à mon sens bien entendu,c'est totalement subjectif.

D'abord parlons de " Pays" ,c'est quoi un pays ? C'est un coin de la planète délimité arbitrairement par les frontières invisibles de la bourgeoisie.Les différents pays permettent de diviser le peuple en lui (ou essayant de lui )faire croire que c'est mieux ici qu'ailleurs et où que soit ce peuple.C'est le même leurre en Allemagne,en Italie,en Angleterre,en Russie...en France.

C'est très dangereux car admettre cela ,autrement que par besoin de situation géographique,c'est admettre la "Patrie".Et qui dit Patrie dit Patriote et qu'est-ce qu'un patriote ? Quelqu'un qui a de l'amour pour SA patrie et qui se dévoue pour elle et qui va même jusqu'à se battre pour elle.C'est-à-dire faire la guerre !!C-à-d se battre pour la finance qui n'est,bien sûr pas la sienne mais celle de la " Bourgeoisie Française" ou de tout autre coin,peu importe.

Donc NON au PATRIOTISME.Ce qui n'exclut pas de préférer un endroit souvent celui où on est né ,ou l'on a sa famille,ses amis etc... etc...Mais cela DOIT s'arrêter là.

La Nation:c'est un ensemble communautaire qui peut être ethnique,religieux ...

Pour un communiste ,la Nation c'est le peuple "enfermé"dans les frontières imaginaires de la Bourgeoisie.Donc le Nationalisme, la défense de la Bourgeoisie entre ces frontières.C'est bien-sûr inacceptable car pour un communiste ce qui compte c'est la défense des intérêts du peuple et rien que du peuple.

Par contre,il est du devoir du communiste de devenir Nationaliste quand la situation l'exige.Je m'explique :
quand un peuple est menacé par la bourgeoisie où que ce soit de par le monde,les communistes se doivent de défendre la "Nation Peuple"de manière à ce que ce peuple gagne(ou regagne)le droit à disposer de lui-même.

Un exemple récent:la guerre d'Algérie,où ,nous devions,nous communiste,être Nationalistes en étant
solidaire du peuple Algérien qui s'est battu contre la colonisation Française et son armée.
Le rôle des communistes étaient de se battre contre l'armée Française pour libérer la Nation Algérienne.Et cela était valable pour tous les communistes du monde.

Pour ce qui concerne un Parti Communiste. Ajouter "F"(par exemple) à PC est faut car un Parti communiste est ,par définition,Internationaliste.Sauf si on ramène le socialisme à un seul pays et sauf si on veut trahir la révolution dans l'oeuf en parlant de patriotisme comme en 40-45.

Et,par conséquent,le "I",comme Internationaliste,ajouté à PC devient un pléonasme.

Un communiste n'a ni Patrie ,ni Frontière,son pays c'est la Terre et Sa Nation tous les exploités de cette Terre.

Fraternellement à toustes.
François

paul a dit…

je dois dire que plus j'y repense ton article me laisse perplexe !

à la fin, je ne sais plus très bien ce que c'est que le nationalisme.

J'ai aussi suivi le débat sur bellacio, qui n'est pas fini donc j'y retournerai.

Moi en lisant tout cela, il y a quelque chose qui me vient de plus en plus à l'esprit : c'est le populisme de gauche comme de droite que je caractériserais par toute tendance à "croire" en une vertu intrinseque du peuple !

ça rejoint aussi cette impression que tous les courants (ou presque tous) sont fondés sur une croyance en une vertu intrinseque de l'humain.

Le peuple est "bon" comme l'humain est "bon" !

Et ça, mon expérience personnelle de la vie quotidienne, donc dans le ou les peuples, parmi l'humanité et au regard de l'histoire, se refuse à le croire !

Il me semble qu'au regard de l'anthropologie comme de l'éthologie, plus une espèce animale développe un système cognitif complexe et à haut potentiel et des tendance au regroupement, donc à une vie sociale, plus on voit apparaître au contraire des maladies mentales, des disfonctionnements, de la cruauté des individus sur les individus au sein d'un même groupe comme à l'égard de groupe rivaux.

Bref, je cherche les mécanismes qui génèrent ces vertus que les gens s'inventent et qui développe ces croyances dans des notions de membres comme le nationalisme et que le groupe est la force. et est porteur de "vérité".

Ce vers quoi je tends, c'est de refonder la philosophie de tout projet de société sur autre chose que la puissance de cohésion sociale par l'identification à des qualités plus ou moins abstraites, plus désirées que réelles.

Ce qui me semble très intéressant dans la vision de marx c'est qu'au centre de leur analyse il y a le rapport à l'activité de transformation et d'échange de matière nécessaire à l'entretien matérialiste des rapports humains.

que donc ils tendent à se dégager de toute projection à priori de valorisation : du travail.

C'est ce que j'ai tenté de montrer dans mon roman avec mes personnages ne connaissant pas la domination, mues par la curiosité autant que le besoin, vivant sans système de valorisation des échange et sans appropriation des moyens et des réalisations, je veux dire sans argent et sans capital.

Elles ont un profond sentiment de membres de part la reconnaissance autant de la différences des sensibilités des autres animaux que de leur particularités en tant qu'espèce animal autant qu'en tant qu'individus empathiques.

Je pense que plus qu'une critique des nationalisme, populisme et autres notion de membres, ce qui me paraît intéressant est de réinvestir les travaux des gens comme piaget, pour montrer que d'abord nous construisons notre rapport au monde par l'intermédiaire d'une mécanique sensorielle, puis des rapports à une culture qui éduque notre sensibilité.

Et nos affects.

Donc refonder la notion de membre d'abord sur nos fonctionnement biologiques réels, nos affect et développer l'empathie de sorte que la relation à l'alterité soit mu par la curiosité, l'attrait de l'inconnu et non plus l'exclusion : apprendre à ne plus craindre l'inconnu, c'est se libérer des angoisse des finitudes et des incertidues qui génèrent les élans paranoïaques de domination puis le désir mimétique, la convoitise, l'accaparement etc.

Anonyme a dit…

Salut la Louve,

Trop souvent (malheureusement) vis-à-vis de la relation entre nationalisme et marxisme, l'on a expédié la vulgate traditionnelle (le prolétariat n'a pas de patrie, etc.), enfin des maximes vite faites bien faites ayant le grand avantage d'obscurcir ou pire de régler le débat.

La nation n'est pas un concept « bourgeois », de même qu'il n'y a pas de science ou d'art « bourgeois » (passons sur les événements historiques que ces déformations terribles ont faites subir au marxisme).

Sans aucun doute, la réflexion importante de Marx vis-à-vis de cette question se trouve dans sa critique des thèses de l'économiste allemand List. Et les nuances sont majeures.

Michel
(PCF)