vendredi 26 octobre 2007

"RESPECTEZ NOTRE NON" , mon courrier à la Direction du PCF et aux élus


Chers camarades et amis,

Vous trouverez ci joint le texte du courrier que j'adresse ce jour à nos directions et à nos élus relativement au respect de notre "NON" de 2005.

Salutations fraternelles et respectueuses

La Louve

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Mme Marie George Buffet, Secrétaire Nationale du PCF

M. Patrice Bessac, Secrétaire fédéral de Paris

M. F. T., secrétaire de la section du 17ème arrondissement parisien

Mesdames et Messieurs les élus communistes


Paris, le 26 octobre 2007


"Chers camarades,

J’ai bataillé pour le NON au TCE et j’ai voté NON au référendum constitutionnel des 28 et 29 mai 2005, comme tant d’autres militants, sympathisants, citoyens de gauche.

Comme nous le savons toutes et tous, c’est le « NON » qui l’a emporté avec plus de 52 % des suffrages exprimés. Nous avons refusé,non seulement un projet de constitution mais également une Europe libérale.

Comme vous, je tiens à ce que ce NON soit respecté en tout points et notamment, je tiens à ce que , à travers ce NON, soit respectée l’expression de la souveraineté du peuple et de la nation.

Je sais que vous avez choisi de batailler ferme pour obtenir un nouveau référendum.

Certes, à ce stade et personnellement, je n’y suis pas favorable. Toutefois ,ce combat pour le respect de notre « NON » est également le mien et malgré certains désaccords , je sais parfaitement où est mon camp.

Mais je crois en effet qu’avant toute chose il ne faut pas céder sur les principes : ce Traité est le même en substance et au fond que celui de 2005, vous le dites vous mêmes dans toutes vos communications et j’en suis d’accord. Il n’y a donc AUCUNE raison de revoter, ni en Congrès ni en référendum . Pour l’instant il faut faire respecter l’expression de la souveraineté populaire.

Par ailleurs, je ne suis pas du tout convaincue que nous « emporterions le morceau » dans un référendum compte tenu de nombreux paramètres, et j’aimerais au moins être sûre que vous avez bien pesé tous les risques avant de nous lancer sur cette voie.

Enfin, et surtout ,je pense que nous négligeons une étape importante qui est celle du combat au niveau du Congrès. En effet, les voix des dirigeants socialistes laissent entendre qu’ils prôneront l’abstention au mieux, au pire qu’ils voteront pour la révision de la Constitution permettant la ratification ! Cela me fait froid dans le dos et je n’ose imaginer que vous ne mettiez pas sérieusement nos futurs « alliés » aux municipales au pied du mur dans cette histoire.

Aussi ,c’est très solennellement et très fraternellement que je vous demande de vous adresser publiquement et sans détours à vos collègues socialistes des diverses assemblées représentatives du peuple, pour les exhorter, avec la plus grande fermeté, à vous rejoindre dans ce combat au sein de ces assemblées, sans faux-semblant, sans finasserie et sans langue de bois, dès maintenant, au nom de la République et de la souveraineté populaire.

Il y a urgence, l’heure est très grave, vous ne pouvez pas ne pas le voir. Je me permets donc de vous joindre un projet de courrier à l’attention de nos camarades républicains du PS et j’espère que vous le lirez et saurez vous en inspirer ou en discuter pour AGIR rapidement, car nous comptons sur vous.

Nous sommes un faible rempart mais un rempart quand même. Sans le PS au Congrès de notre côté, tout référendum sera illusoire ou quasi. Nous devons trouver le moyen de les bouger.

Salutations fraternelles

(Pièce jointe ci dessous)

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Pièce jointe, projet de courrier

"Cher-e-s camarades socialistes de l’Assemblée et du Sénat, et au-delà, cher-e-s camarades élu-e-s des institutions représentatives locales ;

A l’aube d’une nouvelle collaboration républicaine entre le PS et le PCF lors des prochaines municipales de 2008 pour nous opposer à ce que l’UMP, le Parti de Nicolas Sarkozy, gagne du terrain, nous vous adressons aujourd’hui une mise en garde amicale mais ferme, et une demande solennelle.

Cette mise en garde concerne la violation des principes fondamentaux de la République que le Président de la République est en train d’accomplir au sujet des traités européens.

Cette violation est une violation de l’esprit même de la Constitution et au-delà, de la souveraineté du peuple et de la nation de France. C’est une première dans l’histoire de la France depuis les heures sombres de Vichy et de l’Occupation.

Le "mini-traité", (improprement qualifié pour le faire paraître inoffensif), est en substance et en grande partie exactement le même que le "TCE" qui a été rejeté massivement par nos concitoyens et électeurs lors du référendum des 28 et 29 mai 2005.

En s’exprimant par la voie référendaire contre une constitution libérale pour l’Europe, le peuple de France, rejoint en cela par le peuple hollandais, a pourtant fait entendre sa voix souveraine.

Cette voix est celle qui passe au-dessus de toutes les têtes, qu’elles soient couronnées ou non ,depuis 1789. Cette voix est le fondement de la démocratie et de la république.

Si cette voix est étouffée, négligée, ignorée, alors nous devons redouter de terribles heures pour notre pays et pour les gens dont nous avons la charge et la responsabilité, en tant qu’élu-e-s de gauche.

En nous faisant croire aujourd’hui que ce traité est différent de celui qui a été repoussé une première fois en 2005, Nicolas Sarkozy légitime une phase avancée de ce qui ressemble de plus en plus à un "coup d’Etat institutionnel" et choisit de fouler aux pieds l’expression ultime de la souveraineté française, celle du peuple s’exprimant par référendum.

Nous savons que votre Parti a voté à presque 60 % en faveur du TCE en 2005. Cependant, votre avis majoritaire en interne n’a pas été suivi sur le plan national. Vous pouvez le déplorer mais vous ne pouvez pas emboîter le pas à Nicolas Sarkozy comme certains d’entre vous l’ont déjà fait jusqu’à présent.

Les citoyens ont conduit Ségolène Royal au second tour de l’élection présidentielle en lui confiant un score honorable parce qu’elle s’est présentée comme une femme de gauche, républicaine, soucieuse de garantir certaines valeurs que le PS et le PCF ont en commun, et qu’elle a été vue comme une alternative crédible à l’horizon "bleu blanc rage" de Sarkozy.

Aujourd’hui, nous entendons avec stupéfaction et effroi la plupart des dirigeants et responsables de votre Parti expliquer que , pour sauvegarder le fond d’un Traité qui convient à leurs aspirations européennes, ils vont au mieux s’abstenir au pire voter pour la révision de la Constitution.

En d’autres termes, pour obtenir ce traité sur le fond, certain-e-s d’entre vous admettent publiquement qu’ils sont prêts à renoncer à leurs obligations de mandataires du peuple, qu’ils sont prêts à ne pas défendre la légitimité républicaine, qu’ils sont prêts à laisser Nicolas Sarkozy et l’UMP violer la VOIX du PEUPLE et la SOUVERAINETE DE LA NATION.

Cela n’est PAS admissible et cela ne peut PAS être. Lorsqu’on est l’héritier du PS qui a aboli la peine de mort, le PS qui a promu tant de libertés sociales , individuelles, l’héritier du PS qui a choisi la fraternité dans la réconciliation franco-allemande, l’héritier du PS des grandes heures de l’après-Giscard, de l’après-Pompidou, celui qui incarna certaines valeurs de nos combats de Mai 68, lorsqu’on est héritier du PS qui a voté et fait voter Chirac en 2002 contre la Haine du FN, lorsqu’on est héritier de ce PS-là, ON NE PEUT PAS, ON NE DOIT PAS laisser l’esprit de la Constitution être ainsi méprisé, on ne doit pas laisser la voix du peuple baîllonnée.

Cher-e-s camarades, ces principes républicains, issus de combats sanglants, de moments glorieux, gravés en nos cœurs et en nos mémoires à gauche, inexorablement, ces principes républicains de respect de la souveraineté du peuple, de respect des normes fondamentales, ce sont les principes au cœur même de notre démocratie !

Nous n’avons pas les moyens, sans votre appui, de nous opposer valablement , au Parlement, aux projets liberticides de Nicolas Sarkozy.

La forme lui donne peut être raison - et encore cela-est-il très discutable- mais sur le fond ,sur la légitimité, il a tort et vous le savez, car ce texte est le même que celui de 2005 et les Français ont DEJA tranché !

Nous vous appelons donc, à l’aube de nouveaux combats républicains pour la gauche, à la rescousse de la bataille qu’il faut mener pour que notre pays ne sombre pas dans un pouvoir qui, s’il aura la couleur de la légalité, n’aura plus le goût de la légitimité, ni de la justice, si nous ne faisons pas respecter la voix du peuple MAINTENANT.

Cette bataille contre la volonté hégémonique et omnipotente de Nicolas Sarkozy est DECISIVE. Il va tester ici jusqu’où il va pouvoir aller dans sa percée à gauche. Il va tester si nous savons passer outre des divergences idéologiques , certes importantes, pour résister ensemble à sa tentation d’exercer un pouvoir en solitaire.

Cher-e-s camarades, nous devons résister ensemble et nous vous appelons solennellement à rejoindre ce combat contre la modification de la Constitution, contre la ratification du nouveau Traité européen.

Nous vous demandons, fraternellement, de manifester dès à présent votre refus de l’Etat que veut nous imposer la droite. Un Etat qui viole la voix de son peuple quand ça l’arrange. Un Etat qui fait les règles qui l’arrangent. Un Etat-Léviathan, monstrueux, inhumain. Signez avec nous une adresse solennelle et publique des Chambres au Président de la République pour lui dire :

"Monsieur le Président,

Les Français ont déjà voté le 28 et le 29 mai 2005 .

Ils ont voté NON à ce projet libéral.

Respectez leur NON, au nom de la République , des principes constitutionnels et de la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789.

Pour le PCF, les élu-e-s et Marie George Buffet, Secrétaire Nationale"

6 commentaires:

François a dit…

Texte parfait,tout est dit il nous reste à espérer que tu sois entendue.
Quand les gens du PS parlent "d'abstention"au vote à l'assemblée c'est une hypocrisie de plus car s'abstenir revient à voter POUR,donc...
En tous cas bravo pour cette brillante initiative.On retrouve notre "Louve Nationale" et c'est toujours avec un grand plaisir.
Bises fraternelles à toi et fraternellement à toutes et tous.
François.

Osemy a dit…

A la relecture ce texte, écrit rapidement, est peut être insuffisamment clair sur un point.

Passons outre la question du principe ("nous avons déjà voté") - cette position est minoritaire et le pragmatisme impose donc d'emboucher les bons combats, même ceux qu'on ne partage pas à 100 % parfois.

Je ne veux pas tout tabler sur un référendum car 1° nous ne sommes pas sûrs de l'obtenir et 2 ° si nous l'obtenons nous ne sommes pas sûrs de l'emporter (contrairement à ce qui est dit aujourd'hui sans doute ).

Si la révision constitutionnelle est passée en Congrès, ce qui est bien probable à ce jour, le PS donnant des signes inquiétants de faiblesse, nous serons démunis si nous ne nous battons pas sur ce front là également TOUT DE SUITE.

C'est donc une forme de "au cas où" qui est visée ici:
si la révision passe en Congrès, nous devons avoir tout fait pour mettre la majorité des élus socialistes dans le camp du NON à la modification.
Si finalement cela passe en référendum,ce boulot qu'on aura fait aussi en même temps en vue d'un congrès ne pourra que nous servir.
parce que fondamentalement les raisons sont les mêmes
On ne devrait pas nous redemander de voter sur ce point. Mais puisqu'on nous le demande, directement ou indirectement à travers nos représentants,on va tout faire pour vous redonner la même réponse qu'en 2005.
Voilà cette précision que je ovulais faire .
Fraternellement

Griffebleue a dit…

Bonjour tout le monde...
Je suis tellement accroc d'information sur les prises de position de notre bien-aimée direction... que je ne savais pas, avant d'avoir lu l'intervention d'élodie sur bellaciao, que la direction avait encore besoin de se suicider un peu plus.

Parce que pour moi il est évident que les veaux qui ont porté l'innommable au pouvoir vont encore le renforcer en votant pour son traité antirépublicain d'exploitation sans limite des humains par une minorité de fous furieux de domination et de cruauté : car les grands patrons sont au centuple ce que les petits patrons minables des petites entreprises misérables de prétentions vaniteuses sont dans nos quotidiens de labeurs ou d'exclusion.

Et comme le "bas peuple" petit bourgeois comme lupen machin truc muche rêve d'être tous chefs à la place du chef, vu que les chefs ne brillent vraiment plus par une culture de classe bien différenciée de celle des autres, étant tous affalés tous les soirs devant leur poste lanterne maléfique à s'abrutir d'alcool et de sport spectacles voir de porno et violence sadique...

Ils voteront tous non pas pour le traité antirépublicain mais contre les derniers représentants de la république, donc forcément la gauche de la gauche militante. Pour moi le ps c'est pas la gauche et la direction du parti (le seul parti c'est le parti communiste sauf sa direction) non plus.

Le référundum prend la direction sûre de la destruction légalisée de l'expression de la république dont les égoïsmes barbares rêvent ou fantasment. Ils sont haineux et jaloux de l'espoir de paix collective et d'empathie économique qui est le projet de vie de "la gauche". Ils sont radicalement contre la gauche et le référundum leur donnerait l'occasion de l'exprimer : donc c'est notre mort assurée.

La gauche c'est le rassemblement inavoué mais de fait de terrain des militants de divers partis officiels de la Vème république:

Alors moi ce que je propose, c'est une résistance généreuse culturelle qui commence par désavouer les pseudo partis et rassemble les militants dans un parti communiste pluraliste que l'on pourrait nommer par exemple parti de la république communiste gaïenne.

Gaïenne vient de Gaïa, La Terre, notre mère.

Il faut en finir avec les nations et donc l'internationalisme : donc être gaïens.

Je n'aime pas l'europe et pas plus la france. Je ne hais pas l'amérique et le japon. Mais je hais sans hésitation les puissants et leurs sbires ainsi que leurs sujets, les innommables en costard cravates...

Ils nous faut progressivement reconstruire nos économies d'abord culturelles puis matérielles avec Gaïa pour la libérer de ses ordures.

Anonyme a dit…

Bonsoir Élodie,

La position défendue par la direction du PCF relève d'une stratégie commode, pour ne pas dire bassement politicarde, dont l'unique dessein est de se « refaire la cerise » à peu de frais et de regagner – s'il en était encore possible... – quelque crédibilité après la déculottée mémorable des dernières élections.

Au-delà des rentes de situation dont certains au parti aimeraient à se biberonnent encore pour longtemps, il faut que la direction actuelle, MGB en tête, achève son « œuvre », à savoir liquider dûment et proprement le PCF. Le congrès extraordinaire est une occasion unique de le faire : en bien, en grand ; une fois pour toute.

À partir de là seulement peuvent se créer les conditions d'une nouvelle entité politique marxiste et léniniste capable de relever le gant du combat qui anime toute société humaine : celui pour l'émancipation... dont le communisme n'est qu'une étape.

Michel
(PCF)


P.S : Me perdant un peu entre tes divers pseudos, j'ai pris le parti de celui de ton prénom :-)

François a dit…

Salut Elodie, je pensais que ta précision n'était pas vraiment nécesszaire mais il s'avère que oui.Sur Belleciao un camarade-JP- pensait que tu étais pour le référendum point.Tu as bien fait de préciser.
A plus François

SAd___ a dit…

D'autant que "la candidate de la Gauche", s'était engagée à "refaire" voter le peuple !
Comment peuvent-ils (c'est "socialistes" là !!!) se déjuger ainsi ?

Il faut reprendre ton adresse au parti socialiste et la faire parvenir à chaque député (élus avec NOS voix, faut-il le rappeler !)!!!