mardi 30 octobre 2007

RENDRE HOMMAGE AUX RESISTANTS COMMUNISTES POUR PREPARER L’AVENIR : CONFERENCE-DEBAT MARDI 6 NOVEMBRE




L’action d’un parti tel que le PCF, parti des communistes, ne saurait être consacrée exclusivement à éclairer l’histoire qui fut.

Elle doit surtout tenter d’avoir la vision juste de l’histoire qui pourrait être, et notamment, de préparer les conditions objectives d’une révolution.

Mais si on ne veut pas insulter l’avenir, il ne faut pas laisser flétrir le passé, surtout par l’ennemi de classe !

Or, on assiste depuis quelques mois à un renouveau de l’anticommunisme, qui prend la forme du mensonge historique, et qui a pour cible choisie la résistance des communistes.

A cette occasion, il est frappant de constater que beaucoup de camarades, complexés par des décennies de propagande officielle, ignorent leur propre histoire et même, parfois, naviguent à vue entre mea culpa creux et déni glorificateur, notamment chez les jeunes de 25 à 30 ans qui reviennent pourtant actuellement vers le Parti communiste français.

La résistance à l’Occupation et à la Collaboration d’abord, dès juin 1940 en ce qui concerne le mouvement communiste, est la cible de choix du gouvernement pour l’heure.

Sarkozy s’est emparé de Guy Môquet pour en faire un simple « compagnon », gommant toute « aspérité » communiste et pour , finalement, ravaler son dernier message à sa famille au rang de simple partition destinée à faire pleurer dans les chaumières.

Le rôle d’avant garde dans la résistance de nos camarades, des FTP, MOI, et du Parti est violemment remis en question par des ouvrages auxquels est accordée une publicité démesurée dans la presse bourgeoise (cf « Liquider les traîtres », paru récemment) et par des articles prétendument critiques, qui relèvent plus du torchon que de l’œuvre historienne à proprement parler, qui ont comme point commun d’avoir choisi d’ignorer les preuves matérielles et les faits intangibles, travaillant plutôt selon ce vieux principe : « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose ».

On a ainsi vu refleurir des brulots à charge pour accréditer la thèse, mensongère, que les communistes français étaient aux ordres de Staline et servilement pro-Allemands jusqu’à la rupture du Pacte Germano Soviétique ; que le dit pacte avait été signé par Staline pour des raisons de proximité idéologique avec le nazisme et l’hitlérisme ! On a même vu récemment les Verts de Bagnolet (93) expliquer dans un texte que c’était une bonne chose que des gens comme Môquet soient mort jeunes car cela nous avait évité le stalinisme en France et un « 1984 » hexagonal !

Que n’a-t-on dit de faux, que d’affabulations n’a-t-on pas entendues sur ce sujet, les « bouches d’or » de l’histoire officielle du régime capitaliste se gardant toujours d’évoquer les appels à la résistance du PCF de Gradignan lancé par Tillon le 17 juin 1940 ou celui de Duclos et Thorez du 10 juillet 1940, personne ne s’appesantissant sur le pacte signé à Munich par Chamberlain et Daladier, - pacte qui livra la Tchécoslovaquie à Hitler sous l’égide de Mussolini et que les communistes français furent les seuls à ne pas ratifier !

On n’évoque pas non plus Stalingrad, ou les 20 millions de Soviétiques qui ont péri pendant cette guerre et jamais on ne parle du rôle décisif de l’ouverture du « front russe » dans ce combat !

Et enfin, on n’évoque jamais, sauf dans des ouvrages comme ceux d’Annie Lacroix-Riz*, le rôle, non pas déterminant, mais moteur, premier, des forces capitalistes dans cette guerre et dans l’abdication de la France, dès le début des mouvements hitlériens. On ne dit jamais que les banques d’aujourd’hui sont les héritières de celles qui, hier, spolièrent l’humanité toute entière, en argent et en vies, au profit d’une poignée d’hommes, ni que la finance internationale s’est repue sur le dos des peuples plus qu’elle aurait pu le faire naturellement…

Non, l’histoire officielle ne parle jamais de tout cela.

De même plus tard, on choisira de passer sous silence une autre forme de résistance des communistes français, celle qui les poussa à soutenir le mouvement indépendantiste en Algérie, au péril de leur vie (comme pour les camarades tombés au métro Charonne en 1962**), de même que, a contrario, personne ne tient jamais rigueur aux héritiers de la SFIO, aux "socialistes", leurs attitudes et prises de positions indécentes, sinon inhumaines, sur la colonisation ou la Guerre d’Espagne.

Il importe aujourd’hui, pour avoir une vision claire et sereine de l’avenir, de nous être débarrassés de toute mauvaise conscience, en toute connaissance de cause.

Notre manière de réfléchir aujourd’hui sur le communisme, notre devenir, notre rôle dans la société, est en effet largement impacté par cette « mauvaise mémoire » qui ne veut pas passer et se manifeste par des attitudes de déni radical, qui vont jusqu’à envisager la mort du communisme ou la suppression du PCF.

Or, les salariés, les précaires, les exclus, les fragiles, tous ceux qui comptent sur nous et pour qui nous devons avancer sur la meilleure voie possible, font les frais de cette mauvaise conscience spectaculaire.

Notre mouvement paie actuellement des cas de conscience qui devraient rester individuels mais qui deviennent une mauvaise conscience collective, sur laquelle on n’ose pas travailler.

Certains camarades ont donc décidé de rendre un hommage véritable aux résistants communistes, pour avancer vers l’avenir et imaginer demain.

Un hommage communiste, c’est-à-dire autre chose qu’une glorification passéiste, mais une parole, sans pathos, fondée sur des faits et des évènements concrets, qui ne magnifie ni ne minimise, mais remet chaque chose et chaque personne à sa juste place, pour servir d’appui aux militants, dans une projection, dans une construction d’un communisme moderne et bien vivant.

Savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va.

Aussi, le Mardi 6 Novembre 2007 à 19 heures, là où Jean Jaurès a été assassiné, ces camarades ont choisi d’organiser une conférence-débat sur le thème de "la vérité de l’engagement des communistes dans la résistance", autour de quatre intervenants principaux.

Je vous livre ci-dessous l’invitation complète et vous invite à la diffuser largement.

Rejoignons les et participons nombreux.

Fraternellement,

Mardi 6 novembre 2007 à 19 heures

Café du Croissant, 146 rue Montmartre 75002 (métro grands boulevards)

« La vérité sur l’engagement des communistes dans la résistance », avec :

*Annie Lacroix-Riz, historienne. Professeur à l’université Paris 7

**Francis Virlouvet, témoignages inédits. Ancien du métro de Charonne

Claude Fainzang, professeur, Membre du conseil national du PCF

Emmanuel Dang Tran, Membre du conseil national du PCF, Secrétaire de la section PCF de Paris 15è

Annie Lacroix-Riz est historienne, ancienne élève de l’école normale supérieure (Sèvres), agrégée d’histoire, docteur-ès-Lettres, professeur d’Histoire contemporaine à l’université Paris VII-Denis Diderot, auteur, notamment d’ouvrages tels que "Le choix de la défaite- Les élites françaisesdans les années 30 " (Editions Armand Colin) et "L’histoire contemporaine sous influence" (Editions Le temps des cerises).

Emmanuel Dang Tran a publié "Les Paris de Delanoë" (Editions Gawsewitch

7 commentaires:

Anonyme a dit…

j'y serais
jean pcf bagnolet

paul a dit…

Ben dis donc t'es sacrément battante toi ces temps ci !
Bravo, au moins tu n'es pas dépressive et c'est un plaisir que de lire cette courte synthèse du courage militant historique des membres du parti communiste.

Ce sont pour les raisons historiques que tu rappelles que j'ai choisi de m'inscrire au parti car exclu de la vie économique depuis un licenciement abusif par des capitalistes aussi fourbes qu'incompétents techniquement, il me fallait retrouver non pas une identité mais une place participative dans la culture collective, sociale, donc politique.

Tu vises juste quand tu relèves combien les "jeunes" sont "intoxiqués" d'idées culpabilisantes à l'égard du communisme : c'est l'oeuvre mensongère des moyens de désinformation et de propagande des capitalistes qui détruisent avec la machine le travail et les conpétences des travailleurs afin de toujours accroître non seulement leurs bénéfices mais encore leur croissance.

Car ce n'est pas seulement le gain qu'ils visent mais cette marque de puissance que représente la croissance du gain, ce n'est pas son augmentation mais son accélération qu'ils recherchent avec et pour la fierté que cela leur procure.

Ils mentent non seulement sur les mécanismes économiques auxquels il font référence pour justifier leurs manipullations de sens et d'organisation.

Plus encore pour assurer la soumission et l'écrasement de l'homme par la machine afin que le travail de l'homme ne soit plus valorisable de quelque façon que ce soit, donc que nous soyons de parfaist esclaves que l'on puisse NE PAS PAYER, ils écrasent toute possibilité progressive d'analyse de chacun à l'égard de sa situation, de la situation parmi celle de son environnement, et encore plus, le recul de l'histoire.

Le capitalisme c'est le mal absolu, l'univers du mensonge : ils accusent le communisme d'être ce qu'il sont et se servent de leurs victimes comme bouc-émissaire.

Il faut multiplier les manifestations d'information et de négation de ce mensonge.

Il faut développer la diffusion de ces informations et manifestations de reconstruction de l'histoire à sa JUSTE HUMANITE.

La résistance généreuse dont je parle personnellement a pour objectif premier le réapprentissage collectif et individuel, l'un dans l'autre, en toute interdépendance, de l'observation, de la notion d'échelle d'observation, de la description et de la pertinence du discours dans sa reconstruction du sens de la réalité, de la communication.

La communication ne se fait pas par la multiplication des technologies mais par l'enrichissement des rencontres par les interdépendances avec l'action, la pratique et les discours qui en émergent.

Il ne s'agit pas de refaire l'histoire mais de la retrouver pour nous retrouver et sauver nos vies dans la vie.

François a dit…

Très,très intéressant sujet que les"résistants communistes":contrairement à ce qui est dit souvent,les maquis ne s'organisèrent pas à la dernière minute mais 1940.Le premier s'organisa à 15 kms de Rouen,sur la rive droite.Ils et elles étaient 9 COMMUNISTES.Partout ils diffusaient des tracsdu genre:"attention le facisme arrive,la France est en danger .Préparons nous à recevoir ces fous furieux".Mais personne ne semblait y croire.Quant aux flics ils chassaient ces camarades les traitants d'agitateurs et même (déjà)de terroristes...!Quand les gens se mirent à réaliser que les résistants avaient raison le mal était déjà bien avancé. Sans les communistes il n'y aurait certainement pas eu de résistance.Non la résistance ce n'était pas De Gaulle,les curés et les flics comme on voudrait nous le faire croire aujourd'hui.La Résistance c'était le peuple guidé par les communistes.
Dans ce maquis,parmi les 9 camarades il y avait Michel,mon frère.Trois seulement s'en sortirent vivant.
Fraternellement à toutes et à tous.
François.
PS:depuis le parti a bien changé,pourquoi?

enzo d'aviolo a dit…

voilà qui remet justement les choses à leur place. Oui le PCF a fait de erreurs scandaleuses dans le passé mais il n'a pas non plus à rougir d'un certain passé justement rappelé ici.

j'ai le même sentiment que toi, cette chasse aux sorcières libérales pour effarer le bon peuple face à l'ogre gauchiste qui serait à nos frontières et qui prêche également contre la repentance qui serait signe de mauvais patriotisme!
ce sont les pseudo intello bruckner, finkelkraut, levy, carrere d'encause qui se répandent dans les médias sur cette basse besogne et qui créent des amalgames scandaleux sur tout ce qui serait un tant soit peu de gauche, le PC certes, mais pas seulement.

Anonyme a dit…
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Anonyme a dit…

Peut-être ne serait-il pas inutile de rappeler l'ouvrage d'Ivan Lavallée et Jean-Pierre Nigoul,"Cyber Révolution" (Le Temps des Cerises),qui resitue parfaitement dans l'évolution de l'exploitation capitaliste conjointement avec celle des techniques les questions que l'on peut se poser sur la seconde guerre mondiale ainsi que sur la "guerre froide" qui suivit.Il éclaire,hors des simplifications et caricatures,la place de l'URSS dans l'histoire de ces décennies.
Roquet

François Pellarin a dit…

Salut à tous et toutes,
Un très bon film à la télé ! Ce n'est pas une blague,pour une fois c'est vrai.
Il s'agit du film d'Yves Boisset tourné en 1973 :R.A.S.

Le pitch :en 1956 trois réservistes se retrouvent dans un camp disciplinaire en Algérie,où ils assistent,impuissants,aux excès de l'armée française.

Ce film a valeur documentaire réelle.Donc à conseiller à tout le monde et aux jeunes en particulier.Ce film formidable nous raconte une partie de l'histoire telle que d'aucuns voudraient qu'on ne la connaisse pas.Raison de plus pour le regarder.

Première diffusion ce soir (sur c.cinéma classic 106)à 22h40.
Autres dif:mercredi 7 à 12h50--lundi 12 à 8h00(matin)et mardi 13 à17h20.
Bon film à plus.
François.