vendredi 7 septembre 2007

Le raz des ris des rats, conte insurrectionnel très sombre (mais quand même zaz)

Par l'OCSENA

"Avertissement : A l’ocséna on écrit dans plusieurs genres selon le talent et l’inspiration de chacun, mais l’intention est politique et en principe le style est zaz, zaz se définissant comme un éclairage volontairement humoristique et oblique qu’on supose plus perspicace. L’un des nôtres a dû faire un très mauvais rêve. Il nous a pondu un conte extrêmement sombre et nettement insurrectionnel.

Vous allez me dire on n’est pas là pour faire de la littérature, on en est bien d’accord. Le conte politique certes a un passé déjà réussi qui doit réduire la critique, mais ce qui nous perturbe dans le travail de machin c’est le côté extrêmement inquiétant..

Bon, venons-y, la question qu’on se pose est la suivante : Y-t-il parmi vous en ce moment des gugusses qui font des rêves aussi terribles ? Vraiment ? Mais alors pourquoi ?

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Extraits

Pour celui qui eût su écouter, il aurait été perceptible que le cœur du tout battait mal, l’Un n’était plus immobile en soi, mais voilà qu’il se divisait, se heurtait et que s’annonçait quelque effarante conflagration.

Devant le ciné, la queue s’allongeait singulièrement, ça faisait un bail qu’on n’avait pas vu sur les Champs un comportement aussi rétro.

Dis, mon petit rat crevé, tu n’as pas froid au moins ?

Elle fit la moue, elle adorait les attentions, mais en affectant de les mépriser.

Un bon porno aurait peut-être était meilleur, observa-t-elle.

Des hommes lorgnaient Tila, un grand type surtout, physiquement pas mal, mais fringué branché comme un crétin. Ray vit qu’elle l’avait vu, mais elle se tiendrait correctement. Ray de son côté n’était pas d’humeur à un échangisme. Il leva la tête à sa façon en propre, le type aussitôt disparut.

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Underground, dans les égouts, les rats se hâtaient en rangs serrés vers le lieu prévu pour le rassemblement. De Vaugirard à Convention c’était même la bousculade et deux mâles excédés se mordirent au sang. Dans la queue, Champs-Elysées, éclata soudainement une altercation entre deux hommes.

Rahn, le roi octocaudocéphale, frappa de sa trente-deuxième patte sacrée afin d’imposer le calme. Silence ! le roi allait parler :

Frères rats, mes sujets, si je vous ai invités en session extraordinaire, c’est que l’heure est d’une gravité exceptionnelle, une gravité comme il n’advient pas tous les cinq siècles, les hommes ont trahi le contrat qui nous liait à eux, le tribut n’est plus payé…

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Il lut des tas d’attendus et cita des tas de paraphes légaux.

« Nous proclamons officiellement le retour à l’antique harmonie universelle qui veut qu’à chaque vie de rat soit liée la vie d’un homme. »

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Le docteur Ternier observait la malade. Il y en aurait au mieux, au pire, pour quelques heures.

Quelques heures encore.

Eba se mourrait, là devant ses yeux, Eba sa femme.

………………..

Xyrliss, la rate, était au trépas, son ventre ballonné romprait bientôt ou l’étoufferait. C’était dur de passer ainsi. Pourtant ça lui était un réconfort de se sentir entourée selon les traditions. Ceux du clan, les intimes qui avaient pu, étaient là, cachant leurs larmes, « chuilant » quand il n’en pouvant plus.

Elle fut bonne rate, disait une vieille. Et bonne mère : en a t-elle donné des enfants ! La nature est ingrate bon sang !

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Whoke, le mari de Xyrliss, se tenait à sa tête. A un moment il se pencha et lui dit quelque chose. Tout le monde comprit qu’il était question des hommes… on comprit. La malade composa un sourire qui indiquait un plaisir. De connivence avec elle, les autres laissèrent fuser des rires. Oui, désormais, il y avait à mourir quelque agréable compensation.

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A l’approche de minuit, Eba et Xyrliss moururent.

Ray, concentré, leva le bras et commença le compte à rebours.

Inexplicablement, dans les égouts des hommes, une excitation joyeuse passa parmi les rats.

Tila prit sa jouissance enfin. Elle n’avait pas vu le couteau dans la main du grand mec.

Ray baissa la main et lança ses sections d’assaut ; du fond des ghettos, les parias suivant leurs avant-gardes à leur tour se lèveraient bientôt. Dans peu de temps, la partie serait jouée… enlevés préfecture, télés, ministères !

Trahis des hommes et délaissés, les rats submergeraient Paris.

Avec des rires… Une marée festale et orgasmique, le raz des ris des rats."

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Les pensées zaz de l’Ocséna

Ocsena, Organisation contre le système-ENA... (et pour la démocratie avancée)

http://ocsena.ouvaton.org

ocsena.org@wanadoo.fr

4 commentaires:

Sad___ a dit…

...que c'est délicieux tout ça ;-)

alain Serge a dit…

Oh, que ça a l'air sympa et agréable tout plein ce site de notre chère louve.

Merci Odile pour ce post.

Al. de l'Ox

paul a dit…

Outil tout plein et ça fait effectivement rêver...

Sauf que dans la réalité à laquelle on a du mal à se réveiller et se lever le matin, on sait bien que c'est comme dans last action hero...

Et puis si vous aimez le genre fable ou conte philosophique, allez donc jeter quelques yeux patients sur les deux premiers châpitres de mon roman sur mon site aux adresses :

pour le premier chatpître chanson dorage
et

pour le second chatpître mousse d'automne

Ben quoi y'a pas de mal à ce que l'auteur se fasse de la publicité non ?
à vot' bon coeur m'sieurs d'ame
si si

Ocséna. Al. de l'Ox a dit…

Malgré ton ultra présence et activité sur ton site ces deux derniers jours, chère Elodie, tu as dû te transformer en une fumée insaisissable, une sorte de djin exotique.

on peut même t'appeler Odile (Cf. mon précédent commentaire), pas de frémissement, pas de réponse, même pas une engueulée, c'est tout simplement décourageant. Ouais ! décourageant.