samedi 7 avril 2007

RECETTE POUR CASSER UN SYSTEME…RESISTANCE PAR LES URNES LE 22 AVRIL 2007

"Les représentants du peuple français, constitués en Assemblée nationale, considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements, ont résolu d’exposer, dans une Déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l’homme, afin que cette Déclaration, constamment présente à tous les membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs ; afin que les actes du pouvoir législatif, et ceux du pouvoir exécutif pouvant à chaque instant être comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés ; afin que les réclamations des citoyens, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution et au bonheur de tous. (…)

Article XVI - Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a pas de Constitution.(…) "

Nous sommes le peuple souverain.

Pour casser un système devenu fou et pathogène pour l’ensemble de la société, il est fondamental de lui opposer le projet d’un autre système.

Le 22 avril 2007, nous aurons une opportunité formidable pour dire STOP à ce système et lui en substituer un autre.

Démocratique, pluraliste, cohérent et juste.

D’une part parce que le présent modèle est arrivé à son terme. La violence de la campagne montre qu’il est à bout de souffle. D’autre part parce que l’échiquier politique est bien plus clair qu’en 2002, contrairement à ce qu’on dit.

Il faut remettre les « compteurs à zéros » MAINTENANT.

Pour repartir sur de bonnes bases et permettre ensuite à chacun et à chacune de se déterminer plus librement selon ses convictions, ses aspirations et ses orientations.

Au-delà de l’avènement d’une vraie gauche, ce qui est évidemment essentiel, cette élection est celle de la reconquête du pouvoir par le peuple pour lui-même.

I. LE SYSTEME ACTUEL EST CELUI QUI FAVORISE LES NANTIS CONTRE LE PLUS GRAND NOMBRE.

Il repose sur plusieurs piliers, qui verrouillent la société et la sclérosent :

UN PILIER ECONOMIQUE ET FINANCIER
Paupérisation d’une grande partie de la population ; précarisation ; menaces sur les emplois, la santé, les retraites, dont on garde des tout petits bouts comme « carotte » pour mieux faire redouter le « bâton ». Asservissement par le travail mal rémunéré et non protégé, non redistribution des richesses.

Exaspération des exclus, des petits, des fragiles, des précaires, des « ghettoïsés », en vue de leur instrumentalisation et de leur manipulation à des fins démagogiques, pour, in fine, les opposer aux « forces de l’ordre », juste ou pas, et faire grimper la logique « sécuritaire ».

UN PILIER POLITIQUE
Verrouillage du vote démocratique par différents moyens : o confiscation de la parole populaire, y compris chez les électeurs de droite, au moyen du terrorisme intellectuel, notamment du vote utile, o dépolitisation à marche forcée du citoyen, o sous-éducation de la jeunesse o propagation de masse d’émissions télévisuelles offrant du « temps de cerveau disponible » o fabrication ex nihilo d’épouvantails ou de faire valoir extrémistes (Le Pen, Bové) utilisés à souhait par les uns ou par les autres pour diviser l‘électorat dans un premier temps, et le rassembler ensuite sur de faux consensus.

Confiscation possible de l’élection par la mise en place des machines à voter.

Verrouillage de la représentation électorale par le cumul des mandats, le montant des indemnités que touchent les élus et la professionnalisation de la vie politique, finalement néfaste pour tout le monde ; élection présidentielle qui durcit les conflits politiques ; absence de proportionnalité aux élections législatives. Au final, un corps électoral qui est majoritairement déconnecté de la réalité que vivent les citoyens et qui est devenu autiste.

UN PILIER ADMINISTRATIF
Verrouillage des postes clefs de l’Etat (administration, justice administrative, finances et comptes publics) au profit de la caste des Enarques, eux mêmes base avancée de la finance au sein du gouvernement et qui gèrent leurs charges comme des carrières.

Justice muselée et manipulée, ultra politisée, « à deux vitesses ». Défense fragilisée par la baisse des aides juridictionnelles, la taxation des avocats à la TVA, le corporatisme des conseils...

UN PILIER IDEOLOGIQUE
Division factice de la société civile sur de mauvais ou de faux critères, notamment grâce au retournement contre les forces de gauche de la dialectique marxiste, que le MEDEF s’est appropriée mais pour la pervertir.

On oppose ainsi français/étrangers, entrepreneurs/salariés, syndicats/usagers… mais bizarrement, aucun des 4 candidats « phares » ne parle du seul clivage qui existe réellement à savoir le clivage droite/gauche, ou socialisme/libéralisme.

Opposition des PME contre les salariés au seul bénéfice des trusts mondialisés et du pouvoir de la finance qui, finalement, va tuer et les salariés et les PME.

Ces piliers sont mensonges, trahisons, vecteurs de divisions épouvantables.

A ces piliers sont adossés les 4 candidats de l’establishment : Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy, François Bayrou et Jean-Marie Le Pen, qui ont tous les 4 comme objectif très personnel de préserver le système qui les fait vivre.

Aujourd’hui, nous devons résister et ne pas nous laisser diviser davantage.

Plus le système actuel perdurera, plus il sera difficile de faire marche arrière. Car plus nous laissons s’installer ces divisons, plus les blessures que nous nous ferons entre frères, cousins, parents, alliés... seront vivaces et durables.

Nous devons récupérer notre souveraineté, qui est constitutionnellement protégée et qui nous a été confisquée de manière insidieuse au fil des années, par des gouvernants qui ont servi avant tout le libéralisme, en échange de l’appui du libéralisme à la préservation d’un système politique vicié. Voilà le vrai pacte "gagnant/gagnant" sous l’égide duquel nous vivons ! Ce sont les "liaisons dangereuses".

Il faut rétablir une démocratie réelle urgemment, pour le bien du plus grand nombre. Il n’y aura pas de démocratie réelle sans mieux vivre du plus grand nombre.

Le plus grand nombre, c’est nous tous et toutes : travailleurs, PME, artistes, chômeurs, étudiants, adultes, enfants…

Si nous ne faisons pas cela, nous ouvrons la porte à la dictature ou à la révolution, à moyen terme. Dans les deux cas, ce sera néfaste et il sera difficile et long d’y remédier.

II. POUR CELA IL FAUT FAIRE ADVENIR UN SYSTEME PORTEUR D’UNE ETHIQUE ET FAVORABLE AU PLUS GRAND NOMBRE, CONTRE LES NANTIS.

Ce système nouveau repose sur les piliers suivants :

REDONNER DES CONDITIONS DE VIE MATERIELLES DECENTES AUX CITOYENS
Augmentation forte des salaires, des retraites et des minima sociaux permettant aux citoyens de ne plus être esclaves de la nécessité de survivre
Création de logements pour les bas et moyens revenus.
Revalorisation des services publics
Régulation du pouvoir bancaire et financier
Politique des banlieues forte et rénovatrice (réhabilitation des logements existants, réaménagement à visage humain des zones par les espaces verts, les transports publics, le commerce de proximité, reconnexion de ces pôles au "reste du monde"..)
Rénovation d’un système de santé et de soins publics…

FAVORISER UNE EDUCATION DE QUALITE POUR TOUS
Maintien des filières générales
Recrutement de professeurs et de personnels d’encadrement
Refus de l’autonomie des universités
Augmentation des bourses d’études
Refus de soumettre l’éducation à la loi du marché et de subordonner l’éducation à sa praticabilité en entreprise
Revalorisation des filières professionnelles…

PROMOUVOIR L INTERNATIONALISME
Remise en marche d’une Europe politique et sociale non libérale qui soit vraiment dédiée aux citoyens, faites par nous, pour nous.
Restauration de la démocratie et des libertés publiques dans les pays en voie de développement pour permettre une réelle utilisation par les peuples de leurs richesses économiques et assurer viablement leur développement.
Le respect de la dignité humaine est international ou n’est pas…

RESTAURER LA LIBERTE DE LA PRESSE ET LE PLURALISME MEDIATIQUE
Libération des médias et de la presse, protection par les pouvoirs publics qui doivent veiller au respect du pluralisme….

ETABLIR UNE SOLIDARITE REELLE ENTRE LES ENTREPRISES
Taxation de solidarité des entreprises du CAC 40 qui doivent payer pour que les PME puissent se libérer, créer de la richesse et donc de l’emploi, sans que ce soit aux salariés de supporter les conditions de la survie économique des PME.
Accompagnement des PME pour les libérer de l’oppression fiscale et contractuelle (sous-traitance) que les entreprises du CAC 40 font régner à leur seul profit , libération des PME du joug des conglomérats bancaires par la création d’un pôle public de financement ; facilitation des moyens de négociation pour résoudre les conflits patrons/ employés et restauration d’un syndicalisme apolitique…

REFORMER LA FISCALITE
Des personnes : suppression des cadeaux fiscaux de la droite, augmentation de l’ISF, suppression de la TVA, taxation des produits importés d’entreprises délocalisantes, lutte contre la fraude sociale et l’évasion fiscale ...
Des entreprises : modulation de l’impôt en fonction des bénéfices sociaux et des bénéfices financiers…

RETABLIR UNE ETHIQUE POLITIQUE
Restauration du primat de la pensée politique sur la pensée économique ; re-politisation des citoyens ; restauration du lien élu/citoyen, diversification des catégories socio-professionnelles représentées dans le corps administratif et le corps électoral ; éthique de la pratique politique ; rééquilibrage des pouvoirs constitutionnels, par la mise en place d’une 6ème République…

PROTEGER LA SPHERE PRIVEE CONTRE LE COMMUNAUTARISME
Permettre à chacun et chacune de vivre sa religion (réaffirmation de la laïcité de l’enseignement public et de la séparation des Eglises et de l’Etat), sa sexualité (mariage et adoption pour les LGBT notamment), ses convictions, dans la sphère privée, pour éviter que les intérêts communautaristes ne les utilisent à des fins étrangères au bien être du plus grand nombre…

C’est possible !

L’investissement public et la redistribution des richesses par le biais de la sphère publique doivent redevenir la règle.

Laisser l’éducation, la santé, la culture…aux mains des forces libérales du marché « concurrentiel » n’est pas une question de gros sous mais une question d’idéologie !

Il n’y a pas de fatalité. L’économie est un moyen pour la politique, et pas l’inverse.

La seule candidature qui porte aujourd’hui un projet, cet espoir, ce ferment de résistance, c’est celle de Marie George Buffet.

Et ce n’est pas un hasard si c’est le communisme qui permet à cette candidature de gauche antilibérale et populaire de se placer en tête de la lutte contre le système actuel avec des propositions fortes, étayées par une dialectique solide – c’est parce que seul le communisme a continué, bon gré mal gré, à penser la société et la vie comme un ensemble, comme un système, et qu’il a persisté, malgré les attaques incessantes, à ne pas redouter les idéologies, qu’il a continué de lutter en pensant l’économie comme un moyen et non comme une fin.

Contre le vote utile, il faut répéter qu’il y a urgence à changer les choses, non pas pour renouveler les membres de la caste bénéficiaire mais pour faire exploser la logique de caste.

Pour changer les choses VRAIMENT , nous avons les 3 outils nécessaires : une bonne candidate, un bon programme, un bon moyen.

Marie George Buffet : LA bonne personne pour représenter le plus grand nombre : respectée, écoutée. Elle est digne, courageuse, honnête, intelligente et volontaire.

Le programme de gauche, populaire et antilibéral : LE bon programme avec 125 propositions pour restaurer la paix sociale et la concorde civile.

Le moyen communiste : LE bon moyen, politique et intellectuel, pour mettre fin au modèle social actuel, fondé sur un Parti d’élus et de militants qui ne craint pas de mouiller sa chemise et de gouverner.

LE 22 AVRIL 2007 POUR VIVRE MIEUX, POUR RETROUVER LA LIBERTE, POUR RESTAURER LE LIEN SOCIAL ET LA PAIX CIVILE, VOTONS BUFFET !

3 commentaires:

Anonyme a dit…

19 sur 20, la Louve !

Un cortex en généreuse ébullition au service d’un style de rédac’ on ne peut plus fortiche...

Mais quid de l’écologie dans tout ça?

Le dérèglement climatique est une urgence parce que "la santé est un pré-requis à toute économie" confiait ce matin un chercheur du Giec qui a participé à la remise d’un rapport édifiant sur l’effet de serre.

Il convient de méditer cette phrase lâchée sans cynisme, mais qui résume une préoccupation dont il faudra bien se saisir sans tarder (et que le PC n’aborde guère au delà de génériques bonnes intentions, me semble-t-il...).

Si l’on ne répond pas de la manière la plus énergique à cette question, le gaz carbonique aura raison tant de la recherche du profit à tout prix des autres cinglés que de nos généreuses tentatives de remises à l’heure des pendules...

C’est la question numéro un qui n’attend pas, et qu’il conviendrait désormais de mentionner en tête de liste, numéro un, dans l’ordre "juste", sur les inventaires à la Prévert (ou les listes de commissions) qui deviennent les programmes de nos aspirants présidents...

Tête de liste avant la réforme de l’Ena, des plans Marshall pour les familles, des smic à 1500 brut ou net, de l’abolition des trente cinq heures, des drapeaux français dans les cuisines...

Il faudra s’en préoccuper avec cette baderne bouyguisée de Hulot ou sans lui, avec les Verts (qui ont passé trop de temps à l’oublier) ou sans eux.

C’est une question qui nous intime le consensus, qui interdit toute indécision. C’est une question de vie ou de mort. Ne pas y répondre serait un indicateur. Nos sociétés sont-elles mues par l’instinct de mort, définitivement inconscientes et sucidaires ou porteuses d’un espoir, celui d’échapper à toutes les asphyxies ?

La Louve, Toi que je sais si mue par d’archi-positifs instincts de vie et de mieux-vie pour tous, j’attends avec impatience ton hululement protestataire et rassembleur sur la question...

Brunz

(chien de garde)

ps : le gros de cette intervention a été taxé à Jean-Laurent Poli

http://www.e-torpedo.net/article.php3?id_article=1659&titre=Elections-Presidentielles-2007-J,1659

Anonyme a dit…

Bien dit La Louve !

Michel GROS a dit…

Du vote futile au vote utile, une nouvelle mystification.

L’absence de candidat « naturel » du Parti socialiste résulte des luttes de « castes » dont les courants instrumentalisés sont la manifestation caricaturale. Plutôt que d’être des mouvements de pensée propice à la cohérence politique, ils ne sont que des faire-valoir quantitatifs, tremplins à l’ambition des chefs qui les représentent. Arnaud Montebourg se serait-il enflammé à ce point d’incandescence si le candidat avait été celui du programme du Parti ?

L’appel à la web-adhésion, où le PS en place de grenouille cherche à se faire plus gros que le boeuf UMP, est une prothèse qui cache mal la situation d’incurie des déterminations de Gauche. La candidature à la candidature de Laurent Fabius représente assez bien l’ersatz qu’est devenu le socialisme au sein même du Parti sensé le représenter.

Si l’on déduit les 80 000 adhérents du web venus soutenir à une écrasante majorité la candidate du contournement de l’appareil, 1/3 seulement des militants ont soutenu par leur vote cette candidature. Car il faut bien faire une différence entre le militantisme de conviction et « l’adhérence » d’opportunité, si l’on ne veut pas que l’engagement politique devienne une simple attitude de marketting.

Ségolène Royal ne peut donc pas s’appuyer sur le nombre pour se revendiquer comme la candidate naturelle des militants du Parti auquel elle appartient. Cette « psychologie des masses » a des travers dont il convient d’analyser les effets pour éviter l’écueil où celle du fascisme a su entraîner l’Histoire vers la pire destination qui est celle d’une « hyper-société », parmi tant d’autres possibles.

Le « ségolâtrisme » inquestionné n’est-il pas en train de fabriquer une « hyper-société des socialistes », dans laquelle toute réprobation de ligne politique incohérente est étouffée par l’impératif religieux de l’alliance ?

C’est sur cette désolation mystificatrice, à dénoncer avec force et sans retard, qu’est rendue possible une indigence programmatique dans laquelle les idées socialistes ne retrouvent pas leurs déterminations.

Où est Jean-Luc Mélenchon et son flirt avec les « anti-capitalistes » ?
Où est Jacques Généreux et sa conscience théorique ?
Où est Gérard Filoche et son combat exemplaire ?
Où est Rénova(c)tion socialiste et son refus du « choix de l’alliance » d’Arnaud Montebourg ?
Où sont tous ceux qui affirment en permanence la nécessité de faire revenir le PS à la case de Gauche sans passer par la prison du vote futile ?
Sont-ils devenus eux-mêmes les apologues mutiques et frileux du vote utile ?

Est-il possible de dire, après avoir refusé de voter la synthèse du Mans, que les rénova(c)teurs socialistes refusent de voter pour Ségolène Royal sans être voués aux gémonies et à l’inquisition des hommes d’affaires de la politique politicienne ?

Oui, c’est possible puisque je vous le dis.