lundi 26 février 2007

LES HEURES SOMBRES...

Salut et fraternité mes ami-e-s

Notre pays connaît des heures bien sombres…

Les hommes et les femmes qui prétendaient avoir pour profession d’exercer leur intellect à déchiffrer, analyser et critiquer nos pratiques, nos mœurs et la société dans laquelle nous vivons, se taisent.

Et leur silence est assourdissant.

Ou plus exactement, bien pire que se taire, ils parlent sans recul, sans conviction, sans intelligence de sujets gravissimes, et avec emphase et violence de débats dépassés, de querelles mineures qui n’intéressent personne et n’ont aucun intérêt pour les enjeux actuels que d’accroître la discorde civile et la désunion nationale.

Intellectuels, journalistes, tous et toutes, ou presque, trahissent en permanence la mémoire des luttes qui les fondent et leur ont donné "droit de cité". Ils ont abdiqué leur essence et leur raison d’être. Pire, ils ont fermé eux-mêmes les menottes qui aujourd’hui les enchaînent.

Anna Politovskaïa, brandie par eux comme un étendard, est assassinée une deuxième fois lorsque les journalistes français, de ce pays qui fût aussi celui de la Révolution, des Lumières, de la Résistance, se soumettent aussi vilement.

Les hommes et les femmes qui prétendent avoir comme volonté de gouverner notre pays voire pour certains, l’Europe, se compromettent à ne pas réfléchir à la question du bien public, de l’intérêt souverain du peuple qui les élit, ou de la légitimité de leur candidature, et évitent volontairement toute remise en question salutaire.

Ils se posent, stars du système, en têtes de gondole, et attendent que le cours de leur action monte ou dégringole. Un peu de SMIC ici pour faire remonter le cours, un peu d’autorité là pour le stabiliser...

Ils se pavanent sur les plateaux de télé ou dans les écrits des premiers, dont ils sont des amis, des proches, alimentant le système de consommation corrompu et aliénant qu’ils essaieront ensuite de nous faire passer pour de la raison et du bon-sens, entre deux publicités et un sondage.

La République est violée sans cesse, sous nos yeux pourtant grand ouverts.

Oui, notre pays connaît des heures bien sombres.

Bien-sûr, la dictature n’a pas encore atteint son stade le plus épouvantablement visible, le plus abouti, de répression systématique et sanglante. Mais elle a déjà ouvert bien grand sa gueule pleine de crocs acérés, retroussé ses babines dans un rictus assez intimidant pour que le silence se fasse, et la puanteur de son haleine fétide se répand, insidieusement, et avec elle, la peur, dans le moindre interstice de nos consciences et de nos cœurs.

Tout ce qui est encore autorisé (autorisé par un système dont la meilleure police est l’argent) aujourd’hui, est ce qui ne dérange pas encore trop. Mais certains sentent déjà passer le vent du boulet lorsqu’ils affûtent leurs couteaux - le meilleur exemple est ici, avec Bellaciao et Roberto Ferrario, victimes d’un procès politique et inique.

La collusion des médias, du pouvoir politique, de l’argent et de la justice est en train de grandir et se hisse vers les sommets que l’on a vu émerger en Italie il y a quelques années.

Tout est sous nos yeux et nous ne voyons rien ! Ce que parler veut dire, nous l’avons oublié.

Les instituts de sondage qui font et défont l’opinion sont aux mains de la ploutocratie.

Les esprits les plus vifs et les caractères les mieux trempés se laissent engourdir par des concepts qui n’ont ni queue ni tête mais qui sont suffisamment bien construits pour enserrer comme un étau toute raison humaine essayant de s’en emparer ou de s’en libérer.

Les quelques voix qui pourraient être dissonantes, suffisamment subversives, au milieu de ce panurgisme, pour faire dérailler ce Léviathan immonde, sont comme de juste, étouffées, à la manière moderne, c’est-à-dire ne sont pas ou peu relayées dans les médias de masse.

Il n’y a déjà plus de pluralisme, plus de liberté de la presse, plus de liberté de parole.

Faux procès, procès d’intention, désinformation institutionnalisée, appareil d’Etat utilisé à des fins personnelles, règne sans partage de l’argent, de la violence légale et de la division, incohérence élevée au rang de système de pensée, individualismes débridés, jusqu’en notre sein !

Ce sont les heures sombres, qui annoncent des jours plus sombres encore et des années de plomb…

Est-ce pour toutes ces raisons, à cause de ce mal endémique, que nous, militants et électeurs-trices de gauche, nous ne sommes pas encore retrouvés ni réunis, pour réclamer, pour nous, le peuple souverain, la démission immédiate du Ministre-candidat et la neutralité a minima des journalistes qui relaient cette campagne pourrie sans broncher?

Comment pouvons nous rester ainsi, comme pétrifiés, immobiles, face à cette horreur, cette verrue purulente de la démocratie qu’est le maintien en place du Ministre-candidat?

Ce Ministre qui dirige ET l’organisation des élections ET la police?

Sommes nous donc devenus bêtes, lâches et incultes à ce point ?Au point de nous laisser conduire ainsi à l’abattoir et même, de tenir nous-mêmes la longe qui nous y emmène?

Mes ami-e-s, mes camarades, encore quelques semaines et il sera trop tard !

Nous sommes des chiens couverts de vermine. Nous sommes des ânes aux bâts trop lourds. Nous sommes des bœufs assommés sous leurs jougs.

MAIS nous sommes aussi des guêpes, qui harcèlent sans pitié la main qui vient violer nos demeures. Nous sommes aussi des loups, qui défendent jusqu’à la mort les petits de notre meute.

Nous sommes la laideur et la beauté. La faiblesse et la force. La corruption et l’intégrité.

Nous sommes capables du pire ET du meilleur.

Et il est temps que les si petits « grands de ce monde » s’en souviennent !

Nous ,communistes français, habitués aux durs combats, rétifs à la soumission de l’esprit par la force brutale, attachés, viscéralement, à la justice pour tous, nous avons des devoirs.

Nous devrions être les premiers à appeler nos camarades dans la lutte, nos frères et nos sœurs de gauche, de toute la gauche, à nous rejoindre pour demander et obtenir immédiatement et sans condition le départ du candidat de la Place Beauvau et le respect de la neutralité, de l’équité dans les médias !

Du fond de leurs tombeaux, Robespierre, Jaurès, Louise Michel, Hugo et tant d’autres combattants glorieux de la justice sociale et de la liberté, nous regardent et attendent.

Jamais on ne les aura autant cités, ces fantômes magnifiques des tribunes et des barricades et jamais leurs combats n’auront été autant méprisés !

Allons nous laisser s’éteindre ainsi la flamme de la révolte et rester des chiens quand nous devons être des loups ?

Allons nous laisser mourir ainsi la conscience politique de la gauche, si chèrement payée, par la vie et la liberté de celles et ceux qui nous ont précédés ?

Mes camarades, mes ami-e-s, peuple de gauche, unissons-nous ! Bientôt, il sera trop tard.

UNISSONS-NOUS ET BATTONS NOUS MAINTENANT pour défendre notre droit imprescriptible et intangible :

Le droit de voter, certes, mais de voter lors d’élections sincères, non truquées et démocratiques !

Ce que l’on nous propose aujourd’hui est une farce grossière. Nous devons la refuser.

La Louve Rouge

2 commentaires:

Le Glandeur a dit…

Merci pour tes écrits et ta poésie, je m'en délecte et je partage les autres !

filaplomb a dit…

Maurice Voutey

Tant de silence chez les électeurs !
C'est incroyable cette soumission…

:-)