mardi 4 mai 2010

Puisqu’élection présidentielle il y aura en 2012, quelques pistes de réflexions sur ce sujet.


Loin de faire de l’élection présidentielle "l’alpha et l’omega" de ce que devrait être la vie politique des travailleurs et des communistes dans ce pays, quoi que l’on pense de cette élection et du cadre (la 5ème République, la république bourgeoise, la prédominance de l’UE...) dans lequel elle se déroule, il est au moins quatre "travers" à éviter d’emblée pour y réfléchir correctement.

Les deux premiers tiennent à la conception de l’élection présidentielle stricto sensu pour nous :

dire que rien de ce qui s’y déroulera ne nous concerne, nous, communistes et travailleurs, et que nous nous en lavons les mains.

dire que de ce qui s’y déroulera constituera l’essentiel de notre avenir politique et social, et que tout se jouera là.

Ces deux voies me semblent également fausses.

La raison et nos engagements nous imposent donc, avant tout débat sur le "qui et comment" (ce qui serait mettre la charrue avant les bœufs), de remettre à sa place cette élection dans ce cadre précis, et de ne pas lui faire dire plus, ni moins, que ce qu’elle dit et peut offrir comme opportunités, pour nous, du point de vue de la lutte des classes et d’une certaine conception de la démocratie prolétarienne.

De ne pas y cristalliser toute la vie politique jusque là, mais de nous en préoccuper assez tôt pour ne pas répéter les mêmes fiasco indéfiniment, tout en attribuant à ce moment de la vie politique française sa juste valeur pour nous et ce que nous défendons, c’est à dire, un autre projet de société, un projet politique alternatif (et non d’alternance plus ou moins "rougie"), un projet dont les racines sont la lutte contre l’exploitation capitaliste et le renouveau de la démocratie, et à terme, de préserver et de renforcer la possibilité révolutionnaire, donc.

A ce titre, il va de soi, il me semble, que la question posée n’est pas, ne peut pas être, et à plus forte raison pour 2012, en l’état actuel des choses et des consciences, "quel programme et quel candidat pour que le Président élu de la 5ème République soit communiste" !

La question est bien plutôt "comment nous saisir ensemble, le plus nombreux possible, de ce moment particulier de la vie politique qui nous accorde des moyens et des droits que nous n’avons pas en temps habituel, pour reconstituer le mouvement communiste, pour restaurer les organisations qui se réclament du communisme, pour faire entendre notre différence d’avec tous les autres (les non-communistes) et surtout, pour donner de la force et de l’espoir politique aux luttes d’émancipation et de résistance en cours".

Les deux autres travers à éviter pour nous sont donc, il me semble, les suivants :

ne militer d’emblée que pour "faire gagner la gauche" et "battre la droite" - ce qui revient de fait à entériner le vote utile mortifère, à stériliser les luttes et le développement de la pensée politique, et à soutenir le candidat ou la candidate du PS

ne militer que pour,dans et par le PCF.

La vie politique actuelle est ainsi faite que de nombreux communistes ne sont plus encartés nulle part (et certes pas ou plus au PCF, qui ne peut plus prétendre avoir l’hégémonie ou le monopole de la représentation des communistes en France), et grossissent chaque année davantage les rangs des abstentionnistes.

Que le PCF est certes extrêmement imparfait et à bout de souffle, très critiquable à maints égards, mais qu’il existe encore, et que sans lui, toutefois, dans sa diversité, dans sa composition bien plus complexe qu’on ne veut le dire souvent, aucun mouvement communiste pérenne n’est possible ni envisageable sérieusement.

Une élection présidentielle en France, compte tenu de la composition de notre pays, c’est avant tout le mouvement qu’un parti capable matériellement et intellectuellement d’assumer une position d’avant-garde, de "leader", est capable de fédérer, de rassembler à ses côtés, pour transformer une partie de l’état des choses, soit directement, soit indirectement.

Ceci à plus forte raison que les élections législatives suivront directement l’élection présidentielle, et que c’est aussi la dynamique enclenchée au moment de la présidentielle, l’intensité du projet politique proposé, la clarté et la fermeté des choix idéologiques revendiqués et assumés, qui déterminera, pour le coup, notre réappropriation d’un lieu de véritable pouvoir, de pouvoir du peuple, celui de l’Assemblée nationale.

Oui, il y a encore et toujours énormément de communistes et de sympathisants communistes ou socialistes, révolutionnaires, jeunes, moins jeunes, dans ce pays, de toutes origines ethniques , religieuses, culturelles, mais aussi des tas de personnes qui ne savent pas encore qu’elles pourraient être communistes et que c’est ce projet, toujours aussi fou et révolutionnaire, qui répondrait à beaucoup de leurs attentes.

Il ne faut pas laisser gâcher cela !

L’idée qui sert actuellement de pivot à toutes nos discussions, celle de la "gauche de gauche", est une idée creuse et un peu ridicule, insusceptible de rassembler le plus grand nombre d’entre nous, du fait de son flou, de ses ambiguïtés, de ses origines partisanes et théoriques particulières, et de son inadéquation à transcrire et à appuyer politiquement aujourd’hui la lutte des classes face au capitalisme.

Elle prend d’ailleurs d’emblée appui sur un mythe qui fut certes aimé, voire utile, mais qui a été battu en brèche par la conjonction du travail de sape idéologique capitaliste et la faiblesse "intellectuelle" des organisations dites ouvrières dans la seconde partie du 20ème siècle, une fiction qui (s’)est discréditée, peut être plus encore que le communisme lui-même, car ses fautes sont plus récentes et très actuelles, et pour longtemps je le crains : ce mythe, c’est celui de "la gauche" (on a donc là au moins une erreur tactique énorme).

Les peu satisfaisants scores du Front de gauche, malgré certaines exceptions, - Front supposé mettre en pratique cette construction théorique, douteuse dès l’origine -, en témoignent, même si il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain, et que l’existence de ce Front de gauche et la démarche indépendante du PS majoritaire au premier tour des régionales montrent aussi des craquements, montrent que la tour d’ivoire dogmatique et assez sectaire du courant majoritaire de la direction nationale se fissure, ce qui n’est pas dommage.

En cela, nous vivons encore dans les soubresauts de l’échec du gloubiboulga de 2007 "gauche populaire et antilibérale" issu de la démarche des collectifs unitaires anti-libéraux, mouvement petit-bourgeois par essence, de sa formation sociologique jusqu’à ses conceptions de la démocratie et de la politique, mais également, dans son rapport, jamais éclairci, au capitalisme.

Envisager 2012 sereinement et utilement pour nous, travailleurs actifs, retraités ou au chômage, précaires, étudiants...en lutte ou pas encore, implique donc de mon point de vue avant toute chose que soient réunis les points suivants :

que tous les communistes de France, quelle que soit leur nationalité et leur éventuelle appartenance partisane, réfléchissent ensemble à ce qu’est cette élection, à comment elle peut nous être utile, non pas à nous "membres du PCF ou de tel parti", mais à nous travailleurs et a fortiori, travailleurs militants communistes. Qu’une fois pour toutes, une position majoritaire ou susceptible de l’être, claire et ferme, soit exprimée et tenue sur ce sujet d’importance.

que la question de la participation ou non-participation à un éventuel gouvernement sous la coupe du PS soit tranchée avant toute chose, par principe, et que l’on s’y tienne, même si par grand bonheur, notre candidat-e alignait un score à deux chiffres à l’issue du premier tour.

En fonction de la réponse à ces questions ( mais également, pour répondre à ces questions, dans une certaine mesure) :

que le PCF accepte de (re)prendre ses responsabilités en tant que dernier parti conséquent de communistes (ou en tout cas portant ce nom ce qui, de toute façon, aujourd’hui, n’est pas rien) pour être, non pas "le chef", mais déjà, l’initiateur du rassemblement du plus grand nombre de communistes encartés ou non dans ce pays, sans exclusive, de façon ouverte, et s’offre donc à être le pivot du mouvement communiste à reconstruire et à faire renaître. Ce avant même que de penser à la "gauche" fut-elle "de gauche" !

Le rassemblement des communistes et de leurs sympathisants D’ABORD !

A 1.97% on est très loin de faire déjà le "plein" de "nos " voix.

Il y a actuellement matière à rassembler et à débattre sans tabou sur de nombreux sujets de travail : les retraites, la Grèce, l’Union européenne, la désindustrialisation, les luttes sociales en cours (sans papiers, industrie automobile etc)...Profitons-en.

que la question de la personnalité du candidat ou de la candidate soit mise impérativement à un second plan, après la rédaction d’un projet politique (et non pas seulement d’un "programme électoral") ; que cette désignation apparaisse même comme une conséquence logique du projet.

Que cette question du projet politique, qui doit avoir pour premier but de remettre le politique et l’humain devant l’économie et la finance, soit centrale, et fasse dès à présent l’objet d’ateliers de réflexion et de propositions partout en France sur le thème "Quel projet politique communiste pour la France au 21ème siècle" (ateliers dont le "cahier des charges" doit exister et devrait, sans inscrire les réponses dans les questions, mettre en avant la question de la lutte des classes, des conflits en cours et de leur soutien, des choses à faire pour transformer ces luttes de terrain en victoires, de l’analyse du capitalisme et du bloc au pouvoir, mais aussi de l’analyse des classes et sous-couches sociales en France, et de la démocratie prolétarienne, entre autres).

mais que cette question de la personne ne soit pas renvoyée non plus à quelques mois du début de la campagne électorale (sachant que le ou la candidat-e ne pourra pas négocier ensuite "ses conditions", mais sera avant tout le candidat des communistes et porte-parole du projet communiste, cela devrait en théorie éliminer un bon nombre de pique-assiette qui ne se disent pas d’abord "de gauche" par hasard...).

Dans la désignation de cette personne, il me semble évident qu’il faudra faire une bonne balance entre plusieurs choses :

une certaine expérience du combat électoral et des prises de paroles publiques ou devant les médias, sans que, cependant notre porte-parole apparaisse comme blanchi sous le harnais, usé médiatiquement, "politicien", représentant d’une caste, etc mais également une bonne connaissance des luttes de terrain, dans les entreprises, dans les associations....

qu’il ou elle soit "présentable" sociologiquement et politiquement (pas un "élu professionnel" ni un permanent depuis son plus jeune âge, et qu’il ou elle soit communiste, du PCF ou pas, c’est-à-dire avant tout, acceptant de s’en revendiquer sans honte ni forfanterie).

La question du charisme, si importante en ces temps médiatiques, sera évidemment importante.

Ce ou cette candidat-e devra pouvoir incarner dans sa personne certaines qualités objectives que l’on attend des responsables, sans cependant que nous ayons à singer les codes et les valeurs bourgeoises, mais au contraire, qu’il ou elle puisse incarner certaines de nos valeurs jamais représentées dans cette société (en d’autres termes, je ne crois pas que nous combattrons bien les candidats du capital avec un clone de chez eux, "le feu par le feu"...)

qu’il ou elle soit à même d’être soutenu par une équipe de campagne renouvelée et renforcée sur la théorie, entre autre, mais aussi dans la pratique, notamment syndicale, et qu’il puisse laisser une place assez large àd’autres porte-paroles.

qu’il ou elle, évidemment, accepte que ce projet politique, décidé en commun, et cette candidature elle-même, ne seront pas "les siens propres", mais ceux de toutes et tous, et qu’il ou elle sera avant toute chose un porte-parole plus médiatisé et plus responsable que les autres, militants, mais pas un "chef".

Résumons, donc, en vue de 2012 :

Une vision claire de l’élection présidentielle et de ses possibilités réelles,
des principes fermes et intangibles quant à une éventuelle participation gouvernementale ( ou pas) et par rapport à la "gauche",
un projet politique communiste,
un candidat communiste,
porté par un mouvement et des organisations communistes,
pour les communistes, et pour la fraction de notre peuple qui souhaitera s’y reconnaître.

Voilà les quelques suggestions et idées que je me permets de soumettre dès à présent à la sagacité et à la perspicacité de mes camarades communistes, car prévoir c’est pouvoir.

Salutations militantes et fraternelles.

lundi 3 mai 2010

" Mai "- franck vigroux-michel simonot

ONDA LIBERA Modena City Ramblers

FAKIR: "opération spéciale « De l’argent, y en a ! »"


Avant la lutte sur les retraites, Fakir se décarcasse : nous apportons notre pierre dans la bataille des idées. Avec toute une gamme d'outils : supplément papier, mini-pièce de théâtre, fichier PDF, affiche en BD, émission de radio… Autant de formes différentes, mais pour servir la même idée : éclairer un point du débat économique, et pourtant central, le partage de la valeur ajoutée.

Depuis 1983, l’INSEE évalue à 9,3 % du PIB les richesses qui ont glissé de la poche des salariés à celle des actionnaires.

C'est cela, le "hold-up tranquille" contre lequel Fakir entre en guerre.


Partage de la valeur ajoutée : le hold-up tranquille

« La part des profits est inhabituellement élevée à présent (et la part des salaires inhabituellement basse). En fait, l'amplitude de cette évolution et l'éventail des pays concernés n'a pas de précédent dans les 45 dernières années. »

D’où sont tirées ces lignes ?

On croirait une communication de la CGT ?

Ou un discours d’Olivier Besancenot ?

Au contraire : ce passage est extrait d’un article de la Bank for International Settlements. La Banque des Règlements Internationaux. Une institution qui réunit chaque mois, à Bâle, en Suisse, les banquiers centraux pour « coordonner les politiques monétaires » et « édicter des règles prudentielles ». Dans leur Working Papers N°231, daté de juillet 2007 et titré Global upward trend in the profit share (« Hausse tendancielle mondiale de la part des profits »), eux insistent pourtant sur les « hauts niveaux de la part du profit inhabituellement répandus aujourd'hui », sur cette « marge d'une importance sans précédent », sur cette « preuve à la fois graphique et économétrique d'un fait particulier concernant le partage des revenus dans les pays industrialisés : une poussée à la hausse de la part des profits au milieu des années 80, ou son pendant: une poussée à la baisse de la part des salaires » et ainsi de suite sur vingt-trois pages.

Ce sont donc les financiers eux-mêmes qui dressent ce constat, avec étonnement : jamais les bénéfices n’ont été aussi hauts, jamais les salaires n’ont été aussi bas, un déséquilibre inédit depuis au moins un demi-siècle, et vrai pour l’ensemble des pays industrialisés.

Et cette analyse ne souffre d’aucune contestation : d’après le Fonds Monétaire International, dans les pays membres du G7, la part des salaires dans le Produit Intérieur Brut a baissé de 5,8 % entre 1983 et 2006. D’après la Commission européenne, au sein de l’Europe cette fois, la part des salaires a chuté de 8,6 %. Et en France, de 9,3 %. Dans le même temps, la part des dividendes dans la valeur ajoutée passait de 3,2 % à 8,5 %. Un quasi-triplement.

Combien ça coûte ?

Enoncés ainsi, ces 9,3 % paraissent abstraits. Ils représentent en fait des montants colossaux – qui ont des conséquences très concrètes dans notre vie quotidienne.

Qu’on les évalue, d’abord :

Le PIB de la France s’élève, aujourd’hui, à près de 2 000 milliards d’euros. « Donc il y a en gros 120 à 170 milliards d’euros qui ont ripé du travail vers le capital, calcule Jacky Fayolle, ancien directeur de l’IRES – Institut de Recherche Economique et Social.

- 120 à 170 milliards par an, alors ?
- Pour aller très vite, c’est ça. »


Même avec des estimations basses, le seuil des cent milliards d’euros est largement dépassé. Soit plus de dix fois le « trou » de la Sécurité sociale en 2007 (dix milliards, l’année d’avant la crise), cinq fois celui de 2009 (22 milliards d’euros, crise oblige). Une vingtaine de fois celui des retraites (7,7 milliards d’euros). Des « trous » amplement médiatisés, tandis qu’on évoque moins souvent celui, combien plus profond, creusé par les actionnaires dans la poche des salariés…

« C’est un hold-up géant dont on ne parle pas, ça ?
- Oui,
tempère Jacky Fayolle, sauf que le mot hold-up est trop brutal pour parler d’un changement qui cumule tout un ensemble de facteurs : le poids du chômage, les politiques économique, les changements de la gouvernance des entreprises depuis une vingtaine d’années. »


Ces 9,3 % devraient, par le gigantisme des sommes en jeu, des centaines de milliards d’euros, ces 9,3 % devraient s’installer au cœur du débat.

Quand Nicolas Sarkozy intervient, à la télévision, et déclare « si nous voulons sauver notre système de retraite, nous ne pouvons plus différer les décisions. Tous les chiffres sont sur la table », un chœur devrait s’élever dans le pays citant un chiffre qui n’est pas « sur la table » : 9,3 %. Quand le même revient à la télé, et déclare « Il faut plus d’argent contre Alzheimer, plus d’argent contre le cancer, plus d’argent pour les soins palliatifs, mais où est-ce qu’on les trouve ? où est-ce qu’on les trouve ? », on pourrait lui apporter la solution : qu’il retrouve ces 9,3 % dans les portefeuilles de ses amis du Fouquet’s.

Toute la contestation des « nécessaires réformes en cours » pourrait, inlassablement, s’appuyer sur ces 9,3 %. Or, c’est à l’inverse qu’on assiste : cette donnée majeure est quasiment effacée de la sphère publique, éclipsée dans les médias, à peine mentionnée par les politiques. Un point central de l’économie en devient le point aveugle.

C’est pourquoi Fakir vient apporter ses lumières…

SOURCE:

http://www.fakirpresse.info/

Ma mémé, c'est pas Angela Merkel.


Le discours de JL Mélenchon il y a quelques jours sur Europe 1, répété ce soir sur BFM TV, est un grand moment de prise de pieds dans la burqa idéologique.

Sur la chancelière allemande, notamment, il a dit : "C’est pas une dame de fer, c’est une dame locale, c’est une paysanne d’un coin de l’Allemagne qui ne prend pas ses responsabilités devant l’Europe".

Comment peut-on faire semblant de croire, quand on sait quelle est la formation politique originaire de JL Mélenchon, que Merkel n’agirait ainsi dans l’UE et face à la Grèce que parce qu’elle a des élections dans qq jours? !

Qui trompe qui, là? Qui se moque de qui?

Qui n’ose pas parler de la réalité des choses, qui se met un voile idéologique autrement plus exécrable et aliénant que celui des 2000 femmes que JL Mélenchon poursuit de sa vindicte "libératrice" avec d’autres Valls et Filipetti sur le sujet de la "burqa" (sic)? !

Où sont les gros mots là?

"Paysanne"?

Pfff....c’est minable, insultant, lamentable, a fortiori quand on prétend devenir "président de la république" avec un "gros bâton" (sic).

Ma grand-mère à moi, ma mémé, c’est une paysanne, une vraie.

Une petite femme qui s’est courbée sur la terre toute sa vie jusqu’à 75 ans environ. Elle en a les marques dans tout son corps aujourd’hui, son épaule, sa hanche, ses mains abîmées, sa hernie à l’aine suite à un coup de sabot d’une vache, sa vie difficile, toujours, et dans son portefeuille, sa très maigre retraite, et je ne lui vois rien de commun avec Angela Merkel.

Ma grand-mère, cette paysanne dont moi je suis si fière, et que j ’aime par dessus tout, elle sait planter, elle sait cultiver, elle sait récolter, elle sait faire vêler, elle sait se lever la nuit, qu’il neige, qu’il vente, elle sait regarder les étoiles pour dire le temps qu’il fera, elle connait les champignons, les oiseaux.

Quand on va la voir, à 86 ans aujourd’hui, toute cassée, elle nous fait toujours la cuisine, comme si on n’avait pas bouffé nous les "parisiens" depuis des lustres. C’est son honneur et son plaisir. Chez elle, même si on est pauvre, même si on est rien, on n’a pas faim. Et on rigole bien en regardant la télé, et elle me raconte des histoires politiques "de son temps", comme quand les nazis ont failli fusiller toute la maison parce qu’il cherchait le grand oncle, résistant, communiste. Et que sa cousine montait sur la table de la cuisine pour chanter, à 4 ans, "L’Internationale".

Quand je repars à Paris après quelques jours dans son Berry natal, elle me prend la main, me caresse les cheveux de sa vieille main toute tordue, elle me serre sur sa poitrine de sacré bout de petite bonne femme, et elle me dit doucement "Pense à toi ma petite fille, prends soin de toi, et des tiens, et viens nous voir quand tu veux, ici c'est chez toi".

Elle a trimé dur, sué, pleuré, râlé, peiné toute sa vie depuis son plus jeune âge, sur la terre, sa petite terre ingrate à elle, où elle "crèvera" comme elle dit, parce que sa terre, sa ferme, c’est "son sang".

Angela, ça m’étonnerait qu’elle soit comme ça.

Les vrais gros mots pour Merkel, les seuls appropriés c’est CAPITALISTE, IMPERIALISTE, et ceux là, Mélenchon refuse radicalement de les prononcer.

Ce n’est pas une erreur ni un aveuglement. C’est un choix idéologique.

Et on voudrait que je vote en 2012 pour un type qui non seulement insulte ma grand mère (et tous les paysans du monde) en la comparant à une prédatrice capitaliste comme Merkel, mais qui en plus, s’enroule dans des voiles idéologiques pour mieux nous rouler nous dans la farine?

Eh, j’suis pas un merlan!

JL Mélenchon n’aura jamais ma voix, et je ferai tout, à mon petit niveau, pour qu’il en ait le moins possible et qu'il ne soit pas le candidat de "la gôche de gôche" en 2012.

Oui, comme ça. Parce que son "paysanne" plein de mépris et de morgue parisianiste, je l'ai pris comme une gifle dans la gueule. Mais surtout, parce que j'aime pas qu'on essaie de nous faire passer les vessies pour des lanternes, et que ça va , Mitterrand, "la gôôôche", on a déjà donné et on a vu le résultat.

Fraternellement à tous les communistes où qu’ils se trouvent.