dimanche 6 avril 2008

Extraits "Le capital financier", R. HILFERDING

"Le capital financier" - (ouvrage important dont la lecture me semble recommandée. La Louve)

CINQUIEME PARTIE - LA POLITIQUE ECONOMIQUE DU CAPITAL FINANCIER

CHAPITRE XXIII - LE CAPITAL FINANCIER ET LES CLASSES

1910

"(...)Enfin, la politique du capital financier signifie l’expansion la plus énergique et la recherche permanente de nouvelles sphères de placement et de nouveaux débouchés. Mais, plus le capitalisme se développe et plus est longue la période de prospérité et courte celle de crise. L’expansion est l’intérêt commun de tout le capital et, à l’époque du protectionnisme, elle n’est possible qu’en tant qu’expansion impérialiste.

A cela s’ajoute le fait que plus la période de prospérité est longue, moins est sensible la concurrence du capital dans la métropole, ce qui réduit pour les petits capitalistes le danger de succomber devant la concurrence des grands. Cela est vrai pour les petits capitalistes de toutes les industries, même cartellisées. Car ce sont précisément les périodes de prospérité qui sont les plus dangereuses pour le maintien des cartels, de même qu’au contraire la dépression, avec l’aggravation qu’elle entraîne de la concurrence à l’intérieur, ses masses de capital immobilisé, est l’époque où le besoin de nouveaux marchés se fait le plus vivement sentir.

Après avoir été combattu pendant des décennies, la théorie marxiste de la concentration est devenue aujourd’hui un lieu commun.

Le retard pris par la classe artisanale est considéré comme irrémédiable.

Mais, ce qui nous intéresse ici, c’est moins le retard chiffré provenant de la destruction de la petite entreprise que le changement de structure apporté dans les petites entreprises industrielles et commerciales par le développement capitaliste moderne. Une grande partie d’entre elles sont les succursales des grandes et par conséquent intéressées à leur extension. Les ateliers de réparations des villes, les travaux d’installation, etc., sont conditionnés par la grande production manufacturière, qui ne s’est pas encore emparée des travaux de raccommodage. L’ennemi des affaires de réparations de toute sorte n’est pas l’usine, mais l’artisanat, qui a assuré autrefois ces travaux.

Ces couches sont par conséquent opposées à la classe ouvrière, mais non à la grande industrie.

Une partie beaucoup plus grande encore des petites entreprises ne sont indépendantes qu’en apparence : en réalité elles sont tombées sous « la dépendance directe du capital » (Sombart) et devenues par là « serves du capital » (Otto Bauer).

Elles constituent une couche en voie de disparition, de faible capacité de résistance et dénuée de toute capacité d’organisation, complètement dépendantes des grandes entreprises capitalistes, dont elles sont les agents. En font partie, par exemple, la masse des petits cabaretiers, qui, ne sont que des agents de vente de brasseries, les propriétaires de magasins de chaussures, qui sont installés par une fabrique de chaussures, etc. De même, les nombreux ébénistes, en apparence indépendants, qui travaillent pour le magasin de meubles, les tailleurs, qui travaillent pour le confectionneur, etc. Il est d’autant moins besoin d’insister sur ces rapports qu’ils ont été décrits en détail et excellemment par Sombart dans son Capitalisme moderne.

Mais, ce qui importe, c’est que ce développement a entraîné un changement complet de position politique de ces couches de la population.

Le conflit d’intérêts entre petite et grande entreprise, tel qu’il se manifeste, au début de l’ère capitaliste, en tant que lutte de l’artisanat contre l’entreprise capitaliste, est pour l’essentiel réglé, Cette lutte avait amené l’ancienne classe moyenne à une attitude anticapitaliste. En luttant contre la liberté d’entreprise, en ligotant les grandes entreprises capitalistes, elle s’efforça de retarder la défaite. On fit appel a la loi pour, au moyen de la protection de l’artisanat, de la réintroduction des corporations, des fixations de temps d’apprentissage, des exemptions fiscales, etc., prolonger l’existence de la classe moyenne.

Dans cette lutte contre le grand capital, elle trouva l’appui des classes rurales, qui à cette époque se montraient également hostiles au capitalisme. Mais elle se heurta à l’opposition de la classe ouvrière, qui considérait toute restriction de la productivité comme une menace pour ses intérêts vitaux.

Tout autre est actuellement la position de la petite entreprise. La lutte pour la concurrence, dans la mesure où il s’agit de concurrence entre capital et artisanat, est ici terminée.

La lutte pour la concentration se déroule maintenant à l’intérieur du secteur capitaliste lui-même en tant que lutte des petites et moyennes entreprises contre l’entreprise géante. Les premières ne sont plus que des succursales de grandes entreprises ; même là où leur indépendance n’est pas simplement fictive, elles ne sont plus que des annexes de grandes entreprises ; ainsi les affaires d’installation de branches d’éclairage, les magasins modernes des grandes villes qui vendent les produits fabriqués, etc.

Elles ne sont pas en lutte contre la grande industrie, mais au contraire intéressées à son extension, elles assurent ses affaires en tant qu’ateliers de réparations, magasins de vente, etc. Ce qui ne les empêche d’ailleurs pas de se faire concurrence les unes aux autres, le mouvement de concentration se poursuivant aussi entre elles.

Mais cette lutte n’a en général aucun caractère anticapitaliste : au contraire, elles ne voient leur salut que dans un développement plus rapide du capitalisme dont elles sont elles-mêmes le produit et qui élargisse leur champ d’activité. En revanche, elles entrent en conflit de plus en plus violent avec la classe ouvrière dans la mesure où elles emploient des salariés, car c’est précisément dans les petites entreprises que la puissance des organisations ouvrières est la plus grande.

Mais, même dans les couches de la population ou la petite entreprise domine encore, comme par exemple dans la construction, l’hostilité à l’égard du grand capital perd de son acuité.

Non seulement parce que ces entrepreneurs, qui ne peuvent travailler qu’avec l’aide des banques, ont une mentalité de capitalistes et que leur antagonisme à l’égard des ouvriers devient de plus en plus violent, mais aussi parce que là où ils présentent des revendications spécifiques ils rencontrent de moins en moins de résistance de la part du grand capital, et sont souvent même soutenus par lui. La lutte pour et contre la liberté d’entreprise a été menée avec une violence particulière entre les maîtres artisans et les petits et moyens entrepreneurs des industries de biens de consommation.

Tailleurs, cordonniers, charrons, maçons, étaient d’un côté, fabricants de textiles confectionneurs, etc., de l’autre. Par contre, la protection des professions artisanales, là où la lutte est terminée sur les points essentiels, ne heurte aucun intérêt vital précisément des secteurs capitalistes les plus développés. Au Syndicat de la houille, à l’association des entreprises sidérurgiques, à la construction de matériel électrique et à l’industrie chimique, les revendications des professions artisanales, telles qu’elles sont présentées aujourd’hui, sont assez indifférentes. Les intérêts des petits et moyens capitalistes, qui peuvent en souffrir, ne sont pas, ou tout au moins directement, les leurs. Par contre, ceux qui présentent ces revendications sont précisément les adversaires les plus acharnés des revendications ouvrières.

C’est dans ces secteurs de la petite production que la concurrence est la plus vive, le taux de profit le plus bas. Chaque nouvelle réforme sociale, chaque succès syndical, donne le coup de grâce à toute une série de ces existences. C’est là que les ouvriers trouvent leurs adversaires les plus virulents, mais c’est là aussi que le grand capital et la grande propriété foncière trouvent leurs alliés les plus fidèles.

Mais le même intérêt assure également à la classe moyenne l’appui de la classe paysanne et ainsi disparaît le vieil antagonisme entre la grande et la petite bourgeoisie, laquelle devient une troupe de protection politique du grand capital.

A quoi ne change rien le fait que la satisfaction des revendications de la classe moyenne n’a nullement amélioré sa situation. L’établissement par l’Etat d’organisations forcées de la petite entreprise a été un échec total. Là où la petite entreprise est viable, les coopératives et corporations, comme dans les entreprises de produits alimentaires, sont devenues une sorte de cartels qui cherchent en commun à piller le consommateur, notamment dans la boucherie et la boulangerie. Ou ce sont des associations d’entrepreneurs, soit directement, soit en ce sens que les membres de ces corporations adhèrent à une association patronale distincte, mais dépendant essentiellement de la corporation .

C’est précisément cette impossibilité de présenter des revendications particulières de quelque importance, contrairement à l’artisanat d’autrefois, qui tend la classe moyenne incapable d’une politique indépendante et fait de cette politique de satellite une nécessité.

Aussi est-elle la proie de n’importe quelle démagogie, pourvu qu’elle tienne compte de son hostilité à l’égard de la classe ouvrière. D’adversaire des ouvriers sur le plan économique elle devient leur adversaire politique, et voit dans la liberté politique, qu’elle ne peut plus utiliser elle-même, un instrument pour le renforcement de la puissance politique, et par là aussi économique, de la classe ouvrière. Elle devient réactionnaire et, plus petite est sa maison, plus elle tient à être maître chez elle. Elle se prononce en faveur d’un gouvernement autoritaire et est prête à soutenir toute politique de force dirigée contre les ouvriers. Partisan du militarisme et de la bureaucratie d’Etat, elle est en somme l’allié de l’impérialisme.

Ce dernier lui fournit une nouvelle idéologie : d’une extension rapide du capital il attend aussi pour lui une meilleure marche de ses affaires, un accroissement de ses occasions de gain, une capacité d’achat accrue de ses clients. En outre, elle est la plus accessible aux arguments de la propagande électorale, avant tout au boycott économique, et sa faiblesse en fait également, sur le plan politique, un objet d’exploitation. Certes, quand on lui présente la note, elle devient pensive, et l’harmonie entre elle et le grand capital en est pour un temps troublée. Mais les impôts sont payés en majeure partie par les ouvriers, et si les impôts indirects la frappent davantage que le grand capital, sa capacité de résistance est trop faible pour qu’elle puisse rompre le lien.

Seule, une petite partie de la classe moyenne se détache de la bourgeoisie et se rallie au prolétariat. Si l’on fait abstraction de ceux qui sont en apparence indépendants, exploitants individuels qui sont en réalité des industriels familiaux, il s’agit ici de ces couches pour la plupart citadines du petit commerce qui, ayant une clientèle ouvrière, adhèrent, soit par intérêt, soit gagnés par le contact permanent avec les ouvriers à leurs idées, au parti ouvrier.

Tout autre est la position qu’adoptent ces couches qu’on a pris l’habitude ces derniers temps d’appeler la « nouvelle classe moyenne ». Il s’agit des employés du commerce et de l’industrie, dont le nombre s’est considérablement accru par suite du développement de la grande entreprise et qui deviennent les véritables dirigeants de la production.

C’est une couche sociale dont l’accroissement dépasse même celui du prolétariat. Le progrès vers une plus haute composition organique du capital entraîne une diminution relative, et même dans certains cas, absolue, du nombre des ouvriers. Il n’en est pas de même du personnel technique, qui augmente au contraire avec les dimensions de l’entreprise, quoique pas dans la même proportion. Car progrès de la composition organique du capital signifie progrès du travail automatique, changement et complexité de la machinerie. L’introduction de nouvelles machines rend le travail humain superflu, mais non la surveillance du technicien. C’est pourquoi l’extension de la grande entreprise capitaliste mécanisée est d’un intérêt vital pour les techniciens de toutes catégories et fait des employés de l’industrie les partisans les plus enthousiastes du capitalisme

Le développement du système des actions agit d’une façon identique. Il sépare la fonction de direction de celle de propriété et en fait la fonction spéciale d’ouvriers salariés et d’employés bien payés. En même temps, les postes les plus élevés deviennent des positions influentes qui, selon les possibilités, semblent accessibles à tous les employés. Le désir de faire carrière, d’obtenir de l’avancement, qui se développe dans chaque hiérarchie, s’éveille ainsi chez chaque employé et étouffe ses sentiments de solidarité. Chacun espère grimper avant les autres et s’évader de sa condition semi-prolétarienne pour accéder au niveau d’un revenu capitaliste Plus le développement des sociétés par actions est rapide, plus grandes leurs dimensions, et plus est important le nombre des postes, surtout les plus influents et les mieux payés. Les employés ne voient d’abord que cette harmonie des intérêts et, comme chaque position ne leur paraît qu’un passage vers une autre, plus élevée, ils s’intéressent moins à la lutte pour leur contrat de travail qu’à celle du capital pour l’élargissement de sa sphère d’influence.

C’est une couche sociale qui, tant par son idéologie que par son origine, appartient encore à la bourgeoisie, et dont les représentants les plus zélés et les plus dénués de scrupules ont un revenu qui les élève au-dessus du prolétariat. Ceux qui en font partie entrent en contact avec les capitalistes dirigeants, sont surveillés par eux et font l’objet d’un choix extrêmement sévère. C’est contre leur organisation que la lutte est la plus violente. Si, en fin de compte, l’évolution doit pousser cette couche sociale indispensable à la production du côté du prolétariat, spécialement quand les rapports de force auront commencé à se modifier et que la puissance du capitalisme, bien qu’encore intacte, ne paraîtra cependant plus invincible, elle ne constitue pas encore aujourd’hui une troupe particulièrement active dans un combat mené d’une façon indépendante.

L’évolution ultérieure contribuera certes à modifier peu à peu cette attitude. La diminution des chances de parvenir à une position indépendante, qu’entraîne le développement de la concentration, oblige de plus en plus les petits entrepreneurs et les petits capitalistes à faire entrer leurs fils dans la carrière des employés. En même temps s’accroît avec le nombre de ces derniers l’importance du poste dépenses constitué par leurs traitements et se crée la tendance à abaisser le niveau des rétributions.

L’offre de cette main-d’œuvre augmente rapidement. D’un autre côté apparaît dans les grandes entreprises, même pour cette main-d’œuvre hautement qualifiée, une division du travail et une spécialisation de plus en plus poussée. Une partie de ce travail, qui reçoit un caractère automatique, est assurée par des employés moins qualifiés : une grande banque moderne, une compagnie d’électricité moderne, un magasin, occupent un grand nombre d’employés qui ne sont rien d’autre que des ouvriers partiels qualifiés, dont la culture supérieure, quand ils la possèdent, est plus ou moins indifférente à l’entrepreneur. Ils sont constamment en danger d’être remplacés par des ouvriers non qualifiés ou semi-qualifiés, et subissent même la concurrence du travail féminin, concurrence qui a pour effet de réduire le prix de leur force de travail et de faire baisser leur niveau de vie, ce qu’ils ressentent d’autant plus amèrement qu’ils sont habitués à des prétentions bourgeoises.

A cela s’ajoute qu’avec l’extension des entreprises géantes le nombre de ces postes mal payés s’accroît, mais pas du tout dans la même proportion celui des postes supérieurs. Si l’augmentation du nombre des grandes entreprises et de leurs formes modernes a rapidement accru la demande d’employés de tout genre, l’agrandissement de celles qui existent déjà n’entraîne nullement une augmentation équivalente. A quoi il faut ajouter qu’avec la consolidation des sociétés par actions les postes les mieux payés deviennent de plus en plus le monopole de la couche des grands capitalistes et que la perspective de faire carrière se rétrécit en conséquence .

La fusion des industries et des banques en grands monopoles ne fait qu’aggraver encore la situation des employés. Ils ont maintenant en face d’eux un groupe de capitalistes extrêmement puissants et leur liberté de mouvement - et, par là, la perspective d’améliorer leur sort en utilisant la concurrence que se font entre eux les entrepreneurs pour se procurer les meilleurs employés - devient, même pour les plus capables et les plus doués d’entre eux, de plus en plus précaire. Le nombre des employés peut aussi diminuer en chiffres absolus par suite de la fusion. Cela concerne avant tout le nombre des postes les mieux payés, car c’est la direction qui risque d’être simplifiée. La formation de la combinaison, avant tout du trust, réduit le nombre des postes techniques supérieurs. De même, celui des agents du circuit commercial : voyageurs, représentants, etc. 5.

Mais il faut un temps assez long pour que ces effets se fassent sentir sur l’attitude politique de cette couche sociale. Issus pour la plupart des milieux bourgeois, ils en conservent au début l’idéologie traditionnelle.

Ce sont les milieux où la peur de tomber dans le prolétariat mène à la hantise d’être considéré comme prolétaire, où la haine des ouvriers est la plus virulente, l’opposition aux méthodes de lutte prolétariennes la plus nette. Le petit employé de magasin ressent comme un affront à être appelé un prolétaire, alors que le haut fonctionnaire, et parfois même le directeur d’un cartel, revendiquent cette appellation, en quoi le premier à vrai dire redoute la déchéance sociale, quand les autres soulignent au contraire la valeur morale du travail. Toujours est-il que cette idéologie maintient au début les employés à l’écart du monde prolétarien.

Mais l’accroissement du nombre des sociétés par actions et celui surtout des cartels et des trusts signifient une accélération extraordinaire du développement capitaliste. Le développement rapide des grandes banques, l’augmentation de la production grâce à l’exportation de capital, l’ouverture de nouveaux marchés, autant de moyens d’offrir de nouveaux champs d’activité aux employés de tout genre. Encore coupés de la lutte prolétarienne, ils voient tous leur avenir dans l’extension du champ d’activité du capital. Plus cultivés que la classe moyenne du genre plus haut décrit, ils se laissent prendre plus facilement par l’idéologie de l’impérialisme et, intéressés à l’extension du capital, ils deviennent prisonniers de son idéologie, qui leur ouvre des perspectives séduisantes d’avancement. Socialement faible, cette couche des employés, avec leurs relations dans les milieux du petit capital, leurs plus grandes dispositions pour l’activité publique, est d’une influence considérable sur la formation de l’opinion. Ce sont les abonnés aux organes spécifiquement impérialistes, les partisans de la théorie des races, les lecteurs de romans de guerre, les admirateurs des héros coloniaux, les agitateurs et le troupeau électoral du capital financier.

Mais cette situation n’est pas définitive.

Plus le développement du capitalisme se heurte à des obstacles qui le ralentissent, plus le processus de cartellisation s’accentue et, par là, les tendances qui ont pour effet d’aggraver la situation des employés, et plus l’antagonisme de ces couches qui remplissent les principales fonctions dirigeantes de la production comme les plus insignifiantes, à l’égard du capital s’aggrave, plus la partie des employés constituant leur masse, ravalée au niveau d’ouvriers partiels mal payés, sera poussée à mener, au côté du prolétariat, la lutte contre l’exploitation, moment qui arrivera d’autant plus tôt que plus grande sera la vigueur, et par conséquent les perspectives de victoire, du mouvement prolétarien. Finalement, leur intérêt commun en face des progrès de la classe ouvrière unit de plus en plus toutes les couches de la bourgeoisie.

Mais, dans cette lutte, le grand capital a pris depuis longtemps la direction des opérations."

5 commentaires:

Ruobé a dit…

L'analyse a l'air tout à fait contemporaine, effectivement. Les changements du XXe siècle apparaissent comme purement cosmétiques, superficiels, face à une situation d'esclavage économique qui n'a pas changé.

En cherchant un peu pour voir si l'auteur avait un point de vue capitaliste-cynique ou communiste, j'ai trouvé le lien vers
le texte complet
, que tu as oublié d'ajouter.

[Voici l'URL en version courte: http://tinyurl.com/6zmuyj
]

François a dit…

Salut Elodie,ce texte m'est apparu comme du déjà vu(lu)

Comme le dit Ruboé:"face à une situation d'esclavage économique qui n'a pas changé"

Donc la lutte est toujours la même et il nous faut (re)construire le VRAI PARTI COMMUNISTE !!!

Quant à R.Hilferding,que je ne connais pas,je ne suis absolument pas certain de son honnêteté intellectuelle et politique...

Cela dit son texte permet le débat ce qui n'est déjà pas si mal.

Fraternellement

François

François a dit…

En lisant le texte de R.Hilferding je ne peux m'empêcher de penser à kautsky et à la violente charge que lui fait Lénine dans son livre "le renégat Kautsky".Dans ce livre Lénine démonte tous les engrenages de faux changements,tous les subterfuges que kautsky essaie de faire passer à des fins crapuleuses.

Je n'ai pas le niveau intellectuel qu'il faudrait pour revenir ,dans le détail, sur tous les points mais cependant je dirai en gros :Lénine dénonce Kautsky de (volontairement)
mélanger contenant et contenu pour faire croire que les choses ont changé.

Donc,si les choses ont changé la lutte doit,elle aussi changer et,pourquoi pas, faire une sociale-démocratie? Oui ce genre de manipulation intellectuelle est très dangereuse,il faut s'en méfier comme du loup(pas la Louve...)blanc.

D'ailleurs en allant plus loin dans le texte grâce au lien donné par l'ami Ruboé on s'aperçoit de deux choses essentielles :

1)Après la révolution russe Lénine et Hilferding deviennent ennemis.

2)Hiferding et Kautsky sont amis...!!

Ceci confirme cela.

Fraternellement à toutes et tous.

François

PS: merci à Ruboé pour son lien fort intéressant.

Osemy a dit…

Je me permets de préciser à l'attention des uns et des autres que je ne cite pas la source car le site (absolument remarquable) des archives marxistes internationales "Marxists.org" est dans mes liens depuis le début de ce blog !

Je n'ai donc rien "oublié" du tout.

Par ailleurs, il n' y a aucune obligation de citer les sources des bases de données qui ne sont propriétaires de rien, alors que pour les auteurs directement, oui.

Le "point de vue" de l'auteur, de même que ses relations avec X et Y sont certes souvent éclairants et doivent être connus mais je crois que cela gangrène la pensée communiste (en tout cas en France) de ne lire que ce qui serait publié par des orthodoxes, voir de ne rien lire qui ne soit publié par des communistes certifiés.

Avons nosu perdu à ce point nos facultés d'analyse et le marxisme n'est il donc plus qu'une incantation? Il ne faut pas avoir peur de la "disputatio"
. Le jour où elle sera morte et impossible (ce qui est en train de se produire dans l'Université même) nous serons morts aussi.

Ne vous privez de rien ,d'aucune lecture, 'aucun auteur, y compris de celles et ceux qu'on vous a "vivement recommandé de ne pas lire" parce qu'ils ne seraient pas "orthodoxes". Si vous êtes surs, non pas d'une foi, d'un dogme (cela peut vaciller à la première éloquence venue....) mais des armes de votre jugement (le système laissé par MArx étant au nombre de ces armes) vous ne devez rien redouter.

François a dit…

C'est encore moi ô Louve susceptible,
Je suis parfaitement d'accord avec toi sur le fait qu'il faille lire des auteurs non-orthodoxes.Je le fais d'ailleurs assez souvent.J'ai même lu un livre du grand auteur contemporain BHL.Qui dis mieux ? En même temps je ne suis pas là de recommencer;il est des supplices que je ne m'inflige pas.

Tout cela pour dire que oui il faut lire des livres du genre de celui de R.Hilferding par exemple,que c'est même un devoir.Mais il ne serait pas normal de ne pas en faire la critique non plus.

A ma façon et à mon niveau je le vois arriver avec ses "gros sabots",donc, je me dois de le dire,non?

Il faut lire des livres de tous bords mais sans omettre la critique qui est,me semble-t-il,aussi le devoir de tout communiste.

Je pense que l'on est bien d'accord là-dessus tous les deux.

Donc je peux continuer de venir ch'eu teu ,sur tin blog ?

Bises,ô Louve conquise.

A bientôt.

François