vendredi 22 juin 2007

DEMOCRATIE, CAPITALISME, SOCIETE DE CONSOMMATION ET COMMUNISME

(NB ce texte a été de nouvau modifié, je suis désolée ... ;-))


1. LA DEMOCRATIE EXISTE T ELLE?
Si la démocratie « réelle » implique notamment une participation éclairée et active du plus grand nombre de citoyens possible sans distinction de classe ou de revenus, alors, lorsque la participation du citoyen à la vie politique de son pays devient un luxe, c'est que nous ne sommes déjà plus dans une démocratie.
Tout indique que nous sommes bien dans un faux -semblant de démocratie, avec de fausses élections ( ce type de faux-semblant étant la spécialité du capitalisme).
D'une démocratie basée sur la représentation des citoyens par leurs élus, nous sommes passé à un système où nous avons, non plus une démocratie représentative, mais une représentation de démocratie.
Et cette représentation est nécessairement biaisée.
2. QUELS SONT LES RAPORTS ENTRE DEMOCRATIE CAPITALISME ET SOCIETE DE CONSOMMATION?
Si l'énergie psychique et intellectuelle des citoyens est mobilisée entièrement par la question de sa subsistance et la quête de savoir comment boucler "au moins pire" la fin du mois, alors, non, nous ne sommes plus dans une démocratie et nous sommes revenus de fait à un régime censitaire où seuls les citoyens aisés peuvent voter, c'est à dire, voter valablement.
Voter valablement implique de pouvoir mettre en oeuvre une liberté réelle de choisir, ce qui nécessite notamment d'avoir eu suffisamment de temps, de calme et de moyens (matériels et intellectuels) pour exercer notre sens critique et notre libre arbitre.
Il faut vraiment préférer la douceur temporaire de l'aveuglement volontaire à la sauvagerie salvatrice de la lucidité pour ne pas se rendre compte que nous e n sommes à ce stade avancé de dépérissement de la démocratie, et que nous n'évoluons plus que dans un théâtre d'ombres chinoises.
Nous avons réintégré le "mythe de la caverne".
Cette quête des moyens de subsistance est aggravée ( car elle est pervertie) par le développement de la société de consommation, qui, par le biais de la marchandisation (des choses, des êtres, des idées), repousse sans cesse les frontières qui existent entre nécessaire et superflu.
Cette société de consommation, fondée sur, et en même temps gouvernée par, le marché, la loi de l'offre et de la demande, dont le seul maître est l'argent, est le bras armé du capitalisme dans la société.
La société de consommation est exactement comme une très belle personne, avenante, parfumée, mais qui aurait deux défauts: il faut la payer pour la toucher de près et elle est complètement vérolée...
Pris dans le filet de ce consumérisme, on court après du rêve à acheter (et non à rêver ce qui est quand même un sacré paradoxe en terme de désir - et plus il est cher plus il est réputé être "beau") et on pervertit nous-même à notre insu, le sens du travail.
Corrélativement, le travail, qui devrait ou qui pourrait être aussi une source de satisfactions personnelles et de gratifications, devient de plus en plus pénible et harassant car soumis à la loi terrible de la productivité - ce que l'on gagne n'est jamais suffisant pour acquérir les "gros rêves" que la société de consommation nous fait faire.
Plus ces rêves sont gros, plus le salaire est dérisoire. Et nous sommes comme des hamsters dans une cage, qui tournent à toute vitesse dans la petite roulette.
Le but du travail ne devrait pas être de "gagner plus" mais de "s'épanouir plus". Même si je sais qu'étymologiquement, travail vient de "torture" et que cette notion est fortement liée à celle de salaire...il y a des tortures symboliques qui peuvent être bénéfiques , et d'autres réelles, et néfastes, qui s'inscrivent dans la chair des salariés suicidés.
Pour ceux dont le salaire est carrément indécent, ces 17 % de la population qui gagnent le SMIC, (et qui sont en effet symboliques de toute la population prolétarienne), le rêve est tellement hors de portée qu'ils n'ont que deux choix: fermer les yeux à ce consumérisme et résister, prenant le risque de se "marginaliser", de "s'isoler", ou accepter le système jusqu'à en devenir cinglés, accepter la bouche ouverte de "travailler plus pour gagner plus", pour finir à la commission de surendettement, voter FN et voire pire, quand leur vie n'est pas mise en péril par les névroses que créent autant de contradictions manifestes...
Ainsi asservis, nous rentrons dans des rapports pervertis avec la démocratie, ce qui est le but du capitalisme.
Cette participation à la vie publique, par le biais en l'occurrence ,de la politique, devient un luxe quand, avant même de pouvoir penser à s'asseoir à une table sans rien à faire et avec encore suffisamment d'énergie pour réfléchir à la situation politique du pays ou du canton ou de la région, à travers son expérience personnelle et à travers ses lectures, la plupart des citoyens doit avoir résolu une somme de problèmes matériels conséquents.
Cette participation devient un luxe lorsque le citoyen n'a plus les ressources matérielles, morales et intellectuelles nécessaires à la prise de recul minimum qu'implique une réflexion et une décision politiques.
Aussi, la paupérisation du prolétariat, conjuguée à la valorisation de la consommation, précède l'appauvrissement du processus démocratique et prépare toujours l'arrivée de la dictature politique voire militaire, qui s'appuient sur les moyens capitalistes, pour conserver le capitalisme lui-même.
3. LE PIEGE CAPITALISTE POUR LE COMMUNISME
Et ce faisant, le capitalisme met en place un piège à double détente pour le communisme.
Paupérisant à l'extrême le prolétariat dont le communisme est un des défenseurs (sinon le seul), il place cette doctrine dans la logique de la double contrainte, puisqu'il lui commande avant tout d'augmenter les moyens de subsistance des travailleurs, mais ce faisant augmente leur « pouvoir d’achat ».
Oui mais voilà, une fois que le communisme a redonné cet "oxygène" nécessaire aux travailleurs, encore faut-il qu'il ne s'arrête pas là et qu'il rentre à fond dans la difficile bataille contre le consumérisme.
Renoncer à cette bataille, la traiter comme négligeable, c’est déjà renoncer à combattre le capitalisme.
Faute de mener cette bataille, qui implique d'avoir autre chose à proposer que de devenir calife à la place du calife (ce que j'appelle "transformer le prolétaire pauvre en bourgeois"), le communisme s'affaiblit, et commence à mourir, car il garde au sein de la société la pire partie du capitalisme et se rend perméable à la social-démocratie.

4. DE LA NECESSITE POUR LE COMMUNISME DE PENSER LE MONDE COMME UN TOUT ET DU TOTALITARISME CAPITALISTE
On reproche très souvent au communisme d'être "totalitaire" par nature. C'est une des critiques que j'entends le plus à notre encontre.
J'avais souvent tendance à répondre que cela était faux.
Mais à la réfléxion, je crois que c'est exact, dans la mesure où cela signifie que le communisme induit une systématisation, une manière de pensée qui est totalitaire, en ce sens qu'elle essaie de TOUT appréhender pour tordre définitivement le cou au capitalisme.
Je crois que c'est donc non seulement exact mais surtout hautement nécessaire, que le communisme soit "totalitaire" par nature, si cela n'aboutit pas à une dérive personnalisée et au totalitarisme.
Et c'est bien parce que le communisme a cessé de penser le monde comme un système et de livrer des combats sur tous les fronts où sévit le capitalisme, qu'il s'est affaibli et a échoué.
Il faut dire que certains prétendus représentants du communisme ont largement contribué à nous faire échouer, et servent encore de repoussoir... Voici une des raisons objectives pour lesquelles j'ai une détestation viscérale de Staline, par exemple, ou de Mao ( outre la répulsion que leurs crimes entraînent chez moi). Parce qu'ils ont usurpé le communisme et que leurs horreurs ont finalement servi de prétexte au capitalisme pour nous abattre ( comme si nous avions besoin de ça).
En revanche , je ne peux pas laisser dire que le communisme serait LE système produisant le plus de dictatures et de morts, si c'est cela qu'implique en effet ce jugement sur le communisme comme « totalitaire ».
Je crois que nous avons encore la preuve tous les jours que c'est bien le capitalisme, et tout ce qu'il véhicule ou tout ce qui l'appuie, qui a le record absolu en la matière dans tous les points du globe. Le plus criminogène, le plus pathogène, le plus mortifère, le plus indigne, le plus asservissant, le plus dégradant....
Communisme et capitalisme seraient deux versants d'une même médaille en quelque sorte, et non, amis socialistes, le communisme n'est pas nécessairement la face la plus sombre de cette médaille!
Je dirais même que c'est exactement pour cette raison, parce qu'en effet c'es t un système de pensée "totalitaire" ou plutôt "totalitarisant" ( dans le sens où il tente de penser un "tout"), que c'est bien le communisme qu'il faut choisir comme voie pour abolir le capitalisme et transformer la société , et rien d'autre.
Car le capitalisme est également un système totalitaire par essence, bien pire que le communisme car fondé sur une logique de faux semblant, de fausse(s) liberté(s) et de représentations qui servent d'alibi notamment, à la répression la plus sournoise, à l'esclavage le plus absolu, et qui est celui que l'Homme s'inflige à lui-même en croyant ainsi être libre.
5. LA PLACE DES COMMUNISTES DANS UNE DEMOCRATIE CAPITALISTE
Toute la question pour les communistes aujourd'hui est de savoir si nous ne sommes pas devenus des représentations dans le théâtre capitaliste, si nous ne sommes pas en train de servir d'alibi à ce pouvoir capitaliste.
Je dirais que oui, bien-sûr , et hélas, nous sommes aujourd'hui devenus "alibi du capitalisme".
C'est une des raisons de notre grande faiblesse. Nous sommes corrompus ou plus exactement, comme me le disait un camarade l'autre soir en AG de section, nous sommes "altérés". --- Notez bien que je dis faiblesse et pas disparition...
Si nous en sommes réduits à ce stade où nous sommes aujourd'hui, c'est justement pour cela - le système capitaliste a gagné un maximum de terrain et nous lui servons d'alibi, comme des tas d'autres choses.
Nous lui servons à maintenir l'illusion que le capitalisme est libéral, c'est à dire favorise, promeut, la liberté, y compris celle d'avoir des communistes, supposés être, pourtant, les plus farouches opposants du capitalisme lui-même.
Aussi bien le discours finit même par se retourner contre nous ! Comment prétendre en effet que le capitalisme est une dictature permanente et sournoise, la pire de toute, alors que NOUS "existons" encore !
C'est une des raisons pour lesquelles je m'oppose fortement à privilégier une bataille de "l'antilibéralisme" par rapport à une bataille contre le capitalisme.
Il ne faut pas nous tromper de combat - le libéralisme n'est qu'un symptôme, un pet de lapin sur une toile cirée divertissant, par rapport à la racine de nos maux, qui est reste et sera toujours le capitalisme.
Nous sommes, nous communistes, ( ou "nous, PCF" plutôt) actuellement totalement dépendants de la bonne volonté du capitalisme, qui a depuis longtemps la main sur notre gorge, prêt à la serrer autant qu'il le faudra, pour nous faire tenir tranquilles, puis, pour nous supprimer si nous ne courbons pas l'échine.
Le système de la 5ème République est fait pour cela. Il était fait à l'origine pour servir les intérêts de la bourgeoisie conservatrice de l'après -guerre; il est aujourd'hui fait pour servir les intérêts du capitalisme financier international dont Sarkozy n'est qu'un valet.
Que nous le voulions ou pas, c'est aujourd'hui le fric qui gouverne. Et cela nous concerne aussi.
Ne pas l'admettre, ne pas admettre que nos (vaines et à mon avis pathétiques) discussions sur le groupe , les subventions, les moyens financiers , les euros gagnés par les candidats aux législatives, les amendes évitées ou subies pour respect de la parité, les questions d'alliance avec les uns ou les autres, etc, etc, ne pas admettre que tout cela, ce sont des symptômes graves de ce que nous n'existons plus, non pas que par la volonté du PS comme on l'entend souvent , mais que nous n'existons plus que par la bonne volonté du capitalisme (dont le PS n'est en effet qu'un autre cheval de Troie...) , c'est une erreur impardonnable.
J'irais même plus loin: tant que cette main capitaliste ne serre pas notre gorge assez fort, c'est que nous avons complètement perdu de notre force et notre pouvoir de nuisance, et qu'elle trouve plus d'avantage à nous maintenir en vie artificiellement qu'à nous éliminer définitivement, pour que nous continuions à "servir" aux fins capitalistes.
Je vous parie que si "notre" Congrès devait accoucher au moins d'un DESIR d'une unité , d'une volonté communiste ,marxiste, anticapitaliste, d'un désir de combat sans concession ( ce que j'appelle de mes vœux), si par bonheur, si par sursaut de dignité et d'orgueil, si par intelligence, nous trouvions en nous les ressources et les forces nécessaires pour désirer redevenir communistes, ou plutôt pour que NOTRE parti redevienne le Parti des communistes, le Parti du communisme, nous commencerons à sentir passer immédiatement la rage capitaliste et à voir renaître un anticommunisme réel ( c'est- à -dire ayant des traductions physiques et matérielles).
Nous verrons la différence.
Nous n'aurons même plus le loisir de nous demander si nous faisons "un groupe" ou pas, parce que nous n'aurons plus de députés, ou que le seuil sera réhaussé à 25. Nous serons purement et simplement interdits ( bien sûr, je force un peu le trait mais c'est pour éclairer au mieux mon propos).
Et là corrélativement, et comme cela a toujours été le cas pour les communistes, plus cette main serrera, plus nous recommencerons à bouger et à résister.Plus "nous" redeviendrons résistants.Plus "nous" redeviendrons communistes.
De là à souhaiter que nous commencions à en prendre VRAIMENT plein la figure pour "nous" réveiller... Mais hélas, ce serait un bon signe.
Un signe que nous serons redevenus vraiment dangereux.
Et donc un signe que "nous" serons redevenus vraiment utiles.
6. COMMUNISME, CONSUMERISME, ET LANGAGE
Je finirai cette petite tentative de théorisation, lacunaire et maladroite, par dire que l'un de nos premiers devoirs de communistes, ce doit être aujourd'hui de résister au consumérisme, et de penser une alternative à la société de consommation, de rêver une autre société.
Détruire le capitalisme implique d'en passer par là.
Ne plus transiger avec cette force immonde, sous quelque prétexte que ce soit.
Et quand je dis cela, je m'oppose également à ce que nous continuions à colporter en notre sein des concepts creux venus tous droits de la social-démocratie, comme ceux de "dépassement du capitalisme", ou de "gauche".
Quand, dans un texte officiel, on trouve 11 fois le mot "communiste" sur 12 pages et 39 fois le mot "gauche" , et bien c'est que nous avons un sacré problème en notre sein.
Si notre objectif c'est bien de travailler sur le communisme, il faut le dire comme tel et ne pas dire que nous envisageons de "penser la gauche" ou de "travailler pour la gauche".
Il faut dire "nous allons penser le communisme"", "nous allons travailler pour le communisme". Où est le drame, quelle est l'impossibilité à cela? Je dis cela, non pour le plaisir d'adopter une figure "réactionnaire" mais parce que nier le pouvoir des mots sur la formation des idées, voire, des comportements, serait une folie sinon une stupidité.
----- Utiliser un mot ou un concept sans le réfléchir, sans le questionner sur son origine, revient à lui laisser la porte ouverte de notre esprit et à nous faire "contaminer" par lui! Il ne s'agit pas d'être psycho-rigide, mais d'être vigilant sur l'emploi des termes, de tournures de phrases, qui sont tous porteurs d'une philosophie...
Surtout lorsque cette "philosophie" est en réalité contraire ou incompatible avec le communisme....
En outre, il me semble un peu vain quand on est un parti politique qui oscille entre 5 et 2 % aux élections depuis 10 ans, de prétendre servir de moteur à "la gauche".
Et je ne vois pas pourquoi NOUS seuls devrions prendre, au risque de nous en faire crever, la responsabilité de la survie de la gauche! Je l'ai dit, dialogons, réfléchissons, oui, mais que chacun se débrouille de ses petites affaires.
Personnellement, seuls m'intéressent et me motivent non seulement la survie, mais encore l'envol du communisme du 21ème siècle avec le PCF, si le PCF c'est bien nous, la majorité, et pas seulement quelques-uns.
Mais bien sûr, cela postule que nous croyions encore que le communisme peut et doit être la façon de changer le monde...
Et je ne suis pas sûre que ceux/celles qui emploient en permanence le terme de "gauche" le pensent encore (s'ils l'ont jamais pensé pour certain-e-s)...
7. IL FAUT RELEVER LE "PELOTON DE GARDE"
En disant cela, je n'entends pas être inutilement dure et intransigeante avec nos camarades, dont certains sont bien plus anciens et méritants que moi, mais qui ont manifestement baissé les bras - je me contente d'émettre une hypothèse: le combat, le pouvoir, surtout celui-là, use, sans aucun doute, les âmes les mieux trempées et les volontés les plus farouches. Chez tout le monde.
Evidemment ce combat implique aussi que nous nous posions des questions sur notre rapport à la violence, à la révolution ( y compris en notre sein), à la liberté....
Voilà quel devrait être le sens de notre Congrès, bien plus qu'une question pour savoir si nous devons débaptiser ou pas le PCF, le liquider ou pas, et si oui, comment!
Je l'ai dit, je pense qu'il ne faut pas confondre travail sur le cadre ( pour moi accessoire actuellement, en tout cas, tel qu’il est présenté pour l'instant), et travail sur les idées.
Il y a cependant et en effet des choses à changer dans la « forme », et la question des supports des idées, de leurs sources, (je parle des êtres humains), est aussi importante car les Idées ne « vivent » pas toutes seules…
C'est ce que j'appellerais une éthique politique.

8. PISTES POUR UN CONGRES, LA QUETSION DE L'EXISTENCE DU PCF
Pour préserver notre énergie pour la réflexion sur de "vrais" sujets, je proposerais bien comme préalable à ce Congrès que la question de la « liquidation » du PCF ne soit même pas à l'ordre du jour et que toute proposition qui commencera par aborder les choses sous cet angle soit rejetée, au moins dans cette partie, sans hésitation.
Bien sûr, il ne s'agit nullement de faire de cette question un tabou, de poser des interdits "par nature", non, évidemment, nous pourrons en discuter, mais plus tard.
Quand nous aurons d'abord rempli notre tâche de communistes.
C'est à dire , quand nous aurons élaboré un nouveau projet de société, puisqu'il faut changer celle-ci.
Et je ne crois pas que l'effort considérable que demande cette tâche ( et qui ne se résoudra pas en un ou deux ans) implique qu'on en passe nécessairement par la mort du PCF.
J'irais même plus loin: ce serait une faute de notre part si nous mettions la charrue avant les bœufs, si nous perdions notre temps à de telles balivernes gauchistes (montées en épingles par des ego disproportionnés ou faibles) alors que, face au capitalisme, face à Sarkozy, face au MEDEF, face à l'UMP, face à l'Europe libérale et à la mondialisation, nous avons d'autres combats à mener et d’urgence.
Nos divisions sur un sujet aussi mineur que celui de la "forme PCF" ne seraient , je crois, qu'une arme de plus dans le camp d'en face.
Je maintiens que tout le débat actuellement organisé en France, tel qu'il est organisé , sur "la gauche", sa recomposition, sa reconstruction, est un tropisme capitaliste qui est un piège terrible pour nous communistes, et qu'il ne faut pas ycéder.
On n'organise pas les forces communistes comme on organise les forces capitalistes.
Nous avons besoin d’un espace pour une véritable rénovation, cette rénovation devant être avant tout celle des idées communistes.
Cette rénovation, elle ne saurait se résumer à rédiger un « programme d’accompagnement » des méfaits du capitalisme dans nos vies, le tout à base d'une novlangue soi disant "moderne".
Et je rejoins de nombreux camarades qui s'expriment ici (je pense notamment à la dernière contribution de Marine Roussillon), nous, NOUS TOUS ET TOUTES, communistes, membres du PCF ou pas, prolétaires, précaires, exclus, nous avons besoin du communisme et du PCF pour changer le monde!
Fraternellement, La Louve
http://osemy.blogspot.com

15 commentaires:

Anonyme a dit…

Salut la Louve,

Je ne sais dans lequel on peut y apporter son commentaire !

Michel
(PCF)

Michel GROS a dit…

Chère Camarade,
Une chose est certaine. Les conditions modernes d'organisation du Monde sont celles décrites par Marx. Il n'y a là dessus aucune possibilité de tergiversations. L'idéologie contenue dans la genèse du capitalisme a déployé les modalités de son exercice dans la forme actuelle de "spectacle". "La société du Spectacle" de Guy Debord est à la critique de l'aliénation contemporaine ce que "le Capital" de Marx était à celle de son temps.
Malheureusement, les commentateurs actuels (économistes et politiques compris) font feu de tous bois pour briser l'unité de ces visions du Monde à travers des visions parcellaires qui obérent toute volonté de transformation réelle. Etre révolutionnaire aujourd'hui consiste à dénoncer en permanence ces émiettages de la conscience dont le but avoué ou masqué dans de fausses contestations est de priver le prolétariat de son rôle historique qui est celui d'être : "la classe de la conscience".
"La classe politique" participe à cette captation du rôle historique du prolétariat.
Le scandale de notre temps réside au coeur de chaque marchandise où se transfère le but ultime de la réalisation du bonheur.
Pour faire court.
Amitiés.
Michel

Sad___ a dit…

Donc, et si je comprend bien :
tant que l'on est vivant c'est que l'on est dans l'erreur !
La solution c'est donc de mourir ainsi nous serons dans la justesse
Mort certe, mais guérie en somme !?

Mais alors, comment lutter si on est mort ou comment être efficace si on est dans l'erreur ?

Et donc, avant dimanche "ils" nous disaient mort, nous étions efficace, aujourd'hui, nous avons 19 députés quel malheure nous voilà mort !

Aie, ça devient phylo tout ça :(

Osemy a dit…

@Sad: Non Sad, je n'ai justement pas écrit cela! J'avance une idée qui est celle que nous sommes instrumetalisés par le capitalisme -pour faire court nous sommes devenus, comme dans une vieille bande de copains " les cocos de service" et non plus "les communistes".
Et je crois que si nous sommes ainsi tolérés voire, encouragés à persévérer dans l'erreur par les sociaux démocrates et autres "gauchistes", c'est bien parce que nous n'existons plus que dans une version édulcorée.


Quelle différence y a t il entre le PCf aujourd'hui et le PCF il ya 30 ans? Bon, d'accord, il y a bcp de différences, mais va donc jeter un oeil (rafraichissant) sur ce court extrait d'un meeting de DUclos. Le premier mot qui te percutera les oreilles sera sans doute celui de " bourgeoisie"...

Cherche l'erreur... :-)

http://www.ina.fr/archivespourtous/pop.php?id=f5df19f51b7e8547d0c09832cdd48ccc

Osemy a dit…

Et plus généralement, sur le site INA.FR... (bon, dommage, o ndoit se farcir de la "pub" avant mais ...)

Sad___ a dit…

"Quelle folie que les fous ne puissent parler avec sagesse des folies que font les sages !"

Je ne comprends pas bien la plupart des échanges qui se passent ici (chez-toi !), je trouve qu’il y a beaucoup de mot pour …des mots – un peut trop de notes pour mes (petites) oreilles en somme.
De même que si les voyages forment la jeunesse, je rejoindrai plutôt « renard rouge » : « Tout ce qui vient d'ailleurs a goût de paradis. Mais je ne voudrais pas comme cette politique Rose dehors et blanc dedans me retrouver radis. Le tourisme politique fleure bon le vent exotique ».
Tu as eu raison de rapporter quelques gâteaux de ta visite chez nos voisins transalpin, alors qu’à nos ventres affamés « on » ne proposait que de la bière allemande !
Je crois pourtant que l’essentiel est ailleurs, chez-nous d’abord, et concerne les moyens (les outils) de contestation de l’ordre économique, et là, je te rejoins : « on ne dérange pas ! ».
Je pense que « ravaler la cotisation sociale au rang de variable de gestion de l’emploi ne peut pas être la solution, et le faite que C.Mills (et le PCF dans l’état où il en est aujourd’hui !), avec la proposition de « modulation des cotisations » prête flan à cela témoigne d’un gravissime renoncement.
Et « nous » pourrons aller faire tout les voyages que l’on voudra (allemagne, Italie, ...), rien ne modifiera cette situation qui signe d’abord une concession inacceptable que notre parti révolutionnaire accorde à la bourgeoisie et au système dominant.

Nous pouvons par l’augmentation des salaires et l’augmentation du taux de cotisation patronale trouver les moyens nécessaires à la protection sociale ! Voilà qui est simple pourtant.
Je t’invite à prendre connaissance d’une note que tu trouveras là :
http://argumentaire.blogspot.com/2007/06/rforme-des-cotisations-patronales.html
Il est absolument nécessaire qu'au delà des querelles de chefferie "nous" puissions mettre cette question au centre des discutions préparatifs au congrès ?

Comment faire Osémie ?
Je t’embrasse

Mouton Noir a dit…

Je souscris à 100%, en particulier sur la nécessité de construire une alternative au consumérisme, à montrer que le bonheur ne passe pas (que) par la carte bleue !

D'ici le congrès, dans les prochaines semaines, à nous d'avancer dans cette voie.

Mouton Noir

Anonyme a dit…

Il y un moment que j'ai commencé cette bataille et j'ai le sentiment que chaque jour d'autres personnes réalisent l'aliénation que leur fait subir le capitalisme par le biais du consumérisme. Je me souviens de l'époque où des affiches publicitaires étaient recouvertes par des individus qui passaient pour des originaux sans danger mais ne faisaient qu'exprimer l'exaspération d'un grand nombre d'entre nous. Ce nombre grandit chaque jour. Aujourd'hui beaucoup d'entre eux envisagent une grève de la consommation comme un moyen utile et salutaie d'atteindre le capitalisme et de se libérer en partie. L'élection présidentielle aura été un electrochoc pour beaucoup. Cette lutte doit être quotidienne, parce qu'effectivement, quand le seul pouvoir qu'il reste au peuple est celui de consommer (ou de voter, ce qui revient actuellement au même) nous ne sommes plus en démocratie au sens étymologique de ce terme galvaudé, qui a perdu son sens véritable grâce au capitalisme, et dont les partisans du libéralisme se servent pour ajouter à la confusion qu'elle entretient. En tant que communistes nous devons malheureusement faire face à une solitude (pardoxalement peut-être...) de plus en plus grande.

J.A

Anonyme a dit…

Osémy,quelques réactions rapides,
je trouve que c'est sévère d'affirmer que le pcf ne dérange pas et même qu'il sert de caution au système.
je pense que les médias ont tout fait pour nous ringardiser, diaboliser, et ils ont en partie réussi.Ils sont donc loin de nous négliger, et dès qu'on relève la tête : PAN! il nous redonne encore un coup! : c'est ce qui me fait dire qu' on continue de déranger...
Le fait qu'on puisse encore faire un résultat, faible certe, mais résultat quand même aux législatives, m'étonne encore avec toute la puissance de feu médiatique qu'il y a eu contre le pc.

radicaliser nos propositions? je ne crois pas que le problème se situe à ce niveau. Le programme, si on le lit vraiment, est loin d'être un aménagement du capitalisme, au contraire il entend le dépasser. C'est sur que les propositions défendu sont bq moins simple que "étatisation partout". Par exemple, au lieu de proposer une nationalisation générale , on propose "la réapropriation sociale" de secteurs clés:c'est un concept différent, fruit de la réflexion de nbr communistes et c'est ça aussi le communisme du 21 em siècle, le renouvelement des idées tout en gardant un fond marxiste.

à bientôt
amar

Osemy a dit…

@Amar: Hello Amar!

Juste quelques mots rapides pour dire que, pour une fois, je ne partage pas trop ton avis, et que je ne suis pas d'accord du tout avec le concept actuellement en vogue du "dépassement du capitalisme" (qu'on retrouve d'ailleurs sous la plume des "pseudo rénovateurs" ce qui me semble alertant) .

Je fais ici une parenthèse pour insister sur le sens des mots et surtout sur le risque que l'on court à reprendre de façon automatique des tournures de phrases ou des concepts socio-démocrates.

Utiliser un mot ou un concept sans le réfléchir sans le questionner sur son origine revient à lui laisser la porte ouverte de notre esprit et à nous faire "contaminer" par lui - il ne s'agit pas d'être psycho rigide mais d'être vigilant sur l'emploi des termes, qui sont tous porteurs d'une philosophie... Le tout es te ngénéral servi par une pseudo idéologie qui voudrait laisser croire que ces "nouveaux mots" sont le travail d'une volonté de précision, de coller au mieux aux "réalités" , d'augmenter la "signifiance " d'un nom... et j'en passe.

Sous entendu, celui ou celle qui refuse de parler cette novlangue, qui refuse de parler de "dépassement du capitalisme" pour préférer parler "d'anticapitalisme" n'est pas moderne car il n'a pas compris que ce qui est "anti" est "out".

D'ailleurs même les candidat-e-s autrefois unitaires des collectifs ANTIlibéraux écrivent aujourd'hui que il faut réinventer "les mots pour le dire, pas seulement en contre (anti) mais dans un vocabulaire en positif (sic) - cf Huma ce jour.

D'ailleurs , c'est "out" parceque nous (la gôche) avons besoin de "positif", "les gens" "attendent" du "positif" - voilà un nouvel exemple de raffarinisation des esprits et de Lorisation par "positive attitude"...


Exemples de mots qui n'ont rien à faire dans notre bouche sauf pour que nous les critiquions (pas pour le plaisir de critiquer mais parce qu'ils sont des obstacles au communisme):

l'expression "droite décomplexée" est une expression qui nous vient de la socdem -cf institut léon blum notamment.
Le terme , le concept même de "gauche" est un concept qui est anti-communiste! c'est un concept qui nous vient là aussi de la social démocratie en tout cas c'est à cette fin et dans ce sens que Lénine l'utilise - Bon, alors là, j'en entends qui rigolent: "ouai, Lénine , laisse tomber, t'as pas autre chose de plus "moderne?"...
Bon, nous reviendrons sur la "modernité" de la pensée de Lénine une autre fois mais il y a des choses à dire là dessus.


Je dirais juste une chose: la pensée de Lénine est fondée sur un système axiologique d'appréciation permanente de ce qui es t juste du point de vue du communisme ou pas. C'est une pensée qui est en effet prise dans le "réalisme".

Elle postule notamment que la valeur d'une même idée dépend grandement en fait de la force morale et du courage politique de celui ou de celle qui agit , qui met en oeuvre (voir tte sa démonstration sur la notion de compromis dans "Le gauchisme...").

Cela étant dit, il m'étonnerait que l'on puisse faire dire à Lénine (et je le prends aussi parce qu'il est un exemple de la révolution socialiste victorieuse pour au moins un temps) ce qu'il n'a sans doute pas voulu dire à savoir "il y a des moments où il faut savoir se résigner et baisser les bras face au capitalisme" .

Moi, peut être parce que je ne suis pas assez "moderne", je ne suis pas favorable à l'emploi du terme de "dépassement du capitalisme".

Si les mots ont toujours un sens bien sûr.

Non, non et non.
"Dépasser" ça veut dire laisser derrière soi.
Pas éradiquer.
Pas combattre. Ca veut dire éviter la confrontation avec LE problème.
Laisser derrière soi le capitalisme c'est (à condition que ce soit possible !) prendre le risque qu'il "rescucite" et nous poignarde dans le dos.

Je ne comprends pas du tout donc pourquoi il faudrait préférer "dépasser le capitalisme" plutôt que le "combattre".

Et, je ne vois pas en quoi le fait d'être "anti"capitaliste empêche de penser un projet de société alternatif ("positif" si vous voulez absolument) à la société de consommation ( qui est ,que tu le veuilles ou pas, toi qui déplores si souvent la "dépolitisation" des citoyens, un problème ENORME).


Parler simple, parler clair. Appeler un chat un chat c'est si difficile? Il ne s'agit pas de faire du simplisme, du gauchisme stupie justement,mais de se rendre à une évidence.

Quand sans un texte officiel on toruve 11 fois le mot "communiste" sur 12 pages et 39 fois le mot "gauche" , et bien c'est que nous avons un sacré problème.

Si notre objectif c'est de travailler sur le communisme il faut le dire comme tel et ne pas dire que nous envisageons de penser la gauche ou de travailler pour la gauche.
Il faut dire "nous allons penser le communisme"", "nous allons travailler pour le communisme".

Mais bien sûr, cela postule que ous croyons encore que le communisme peut et doit être la façon de changer le monde... et jen e suis pas sûre que ceux/celles qui emploient le terme de "gauche" le pensent encore...


"Ce qui vaut pour les individus peut être appliqué, toutes proportions gardées, à la politique et aux partis. L'homme intelligent n'est pas celui qui ne fait pas de fautes. Ces gens-là n'existent pas et ne peuvent pas exister. Celui-là est intelligent qui fait des fautes, pas très graves, et qui sait les corriger facilement et vite." (Note de Lénine in "Le gauchisme maladie infantile...").

Sad___ a dit…

Pourquoi nous nous battrons pour garder le nom de notre parti ?
Parce que nous sommes les sans-culottes et la racaille !

jean a dit…

bonjours élodie
je me permet de te laisser en copie mon modeste commentairesur ton article trouvé sur bella ciao
celui ci n'est malheureusement pas passé

je disait en gros que j'etais vraiment partagé entre des mots comme brillant et confus
brillant car je trouvais remarquable ton choix de faire référence au TROTSKISME et à ses porte parole toi qui est encarté
je me permet de te dire cela car je suis moi meme non encarté justement pour avoir ma total liberté de penser et d'action
et confus car justement aprés l'echec du rassemblement avec la LCR et LO je pensai que le parti avait donner une ligne de conduite assez clair
alors voila je ne compend as pourquoi maintenant !!

je suis vraiment heureux que les jeunes au sein d parti cmmence a comprendre que l'union n'est pas néfaste mais bien au contraire indissociable à notre victoire contre le capitalisme
je te salut élodie

jean non encarté paris 75012

Anonyme a dit…

Salut osémy
Tu sais, si je choisi, dans ce texte, le mot dépasser, ce n'est pas forcément parce que j'obéis à des automatismes ou que je répéte des concepts à la mode.
Dépasser n'est pas antinomique avec combattre.
Par exemple, le racisme, on l'a combattu et aujourd'hui c'est une thèse dépassée et unanimement condamnée,( même si cela existe encore et qu'il faut continuer de le combattre). Ce n'était pas le cas il y a encore qq siècles, où même de "brillants" philosophes adhéraient à cette thèse.
Dépasser le capitalisme cela veut donc dire pour moi qu'on a atteind une société où on a fait la démonstration que ce système était pourri, démonstration par la réussite d'une politique alternative (hai! je vais encore me faire engueuler).Grosso modo, on serait dans une société où les écoliers apprendraient la réalité du système capitaliste du siècle dernier dans les livres d'histoire( et pas dans leur chair comme c'est le cas aujourd'hui). C'est le sens que je donne au "dépassement du capitalisme". Ce n'est peut être pas le même sens que pour des Autain ou des Martelli, mais ce n'est pas parce qu'ils utilisent ces mots que je vais m'interdire de les utiliser! . Après tout, même Le Pen utilise quotidiennement des mot comme "manger" et "dormir" (que j'utilise souvent) et pourtant cela ne m'empêche pas d'être en désaccord politique, même profond vu mes origines norvégiennes, avec lui!
A travers cette définition, "dépasser le capitalisme" implique qu'il faut dans un premier temps le combattre. Alors oui, il faut être anti capitaliste. Mais ce n'est pas un scoop! Un programme qui propose de taper trés lourdement dans le portefeuille des puissants de ce pays, ça c'est de l'anticapitalisme! Si le programme de MGB était appliqué demain, ce serait la fin du monde pour les entreprise du CAC 40! elles utiliseraient tous les moyens qu'elles pourraient pour nous éliminer! Donc anticapitaliste, le pcf l'est de fait.
En même temps tu as raison quelque part. "Dépasser" ça fait moins sexe que "combattre".Et c'est vrai que cela peut faire "mauviette" et donner l'impression qu'on fait l'économie du rapport de force, l'impression qu'on veut courcircuiter la lutte des classes, que "la révolution va se faire tout seul" etc....Mais je te rassure tout de suite ce n'est pas mes convictions, et du coup 99% de ton texte n'est pas adressé au bon destinataire. Mais ta "leçon" est interressante, j'ai appris pas mal de choses que je pourrais à l'occasion réutiliser pour les débats qui vont venir ces prochains mois.
Sinon ton analyse sur la société de consommation est trés interessante, et Baudrillard reprend tout ça dans son livre "la société de consommation": ça a été longtemps un de mes livres de chevet(c'est LE livre du 20 em siècle). Ce n'est pas cela que je met en cause, je pense juste que ce discours est inaudible, en décalage complet, pour des gens qui triment tous les mois pour pouvoir justement consommer. J'y vais à la serpe comme ça, mais je t'assure que, à part quelques anar, écolo ou libertaire, entrer dans un discours pareil c'est du suicide! sauf quand on a des discussions trés poussés, cela arrive mais c'est trés trés rare. (voir mes textes sur le porte à porte). c'est un tout petit reproche que je te fais : ce que tu écris est trés fort intelectuelement, mais pour l'utiliser concrêtement sur le terrain, franchement c'est impossible...
Et je suis d'accord avec toi sur l'essentiel (lutte des classes,Lénine, parti communiste), mais dans le détail, je ne suis pratiquement jamais d'accord avec toi. Cela me laisse le plaisir de te répondre.

à bientôt
amar

Michel GROS a dit…

Chère camarade,
"Le capitalisme ...Paupérisant à l'extrême le prolétariat dont le communisme est un des défenseurs.", dis-tu.
Cette formulation laisse entendre que le Communisme est une anticipation idéelle préalable à l'organisation du prolétariat. Tu as envi manifestement de te mettre Marx à dos. En effet pour qui veut lire Marx en dehors du marxisme, il s'agit dans l'idée de communisme d'une toute autre affaire. Pour Marx, le communisme est le mouvement même de la négation des conditions d'existence dominantes dont le capitalisme est l'organisation de ce moment de l'Histoire. Ce mouvement est le mouvement même qui constitue la classe ouvrière en prolétariat. Le prolétariat est le mouvement de la conscience et de la négation des conditions de l'aliénation, le communisme même. Le prolétaire, si tu veux, comme l'ouvrier, n'a pas l'emploi de sa vie, mais contrairement à lui commence à s'en apercevoir. Le communisme, si tu veux encore, est l'organisation du prolétariat en vue de sa propre négation. Il ne peut y avoir de représentant du prolétariat que le prolétariat lui-même. Dès lors que quelqu'un parle en son nom, cela produit tous les hiatus de l'Histoire que nous connaissons.
Mais c'est encore bien plus compliqué que ce que je viens d'ânonner.
Amitiés.
Michel

Osemy a dit…

Autre petite réaction à LA CONTRIBUTION ROBORATIVE DE *La Louve*

Contribution de La Louve datée du mardi 26 juin 2007 (16h43) : DÉMOCRATIE, CAPITALISME, SOCIÉTE DE CONSOMMATION ET COMMUNISME.
http://bellaciao.org/fr/article.php...

*La Louve* !... bonjour !... et merci de contribuer au nécessaire travail théorique et critique sans lequel toute pensée -la plus vivante soit-elle- finit nécessairement par se fossiliser.

Je commencerai ma réflexion, en travaillant, à rebours, ton texte... Et, pour ce jour, en commençant par la fin de ton *travail-fleuve* :
ton huitième et dernier chapître intitulé : PISTES POUR UN CONGRÈS. SUR LA QUESTION DE L’EXISTENCE DU PCF.

Commençons par le dernier paragraphe de ce dernier chapître que je cite :

« Et je rejoins de nombreux camarades qui s’expriment ici (je pense notamment à la dernière contribution de Marine Roussillon), nous, NOUS TOUS ET TOUTES, communistes, membres du PCF ou pas, prolétaires, précaires, exclus, nous avons besoin du communisme et du PCF pour changer le monde ! »

Je dirais ceci : Oui, bien-sûr, nous tous : *prolétaires* de tous les pays, nous avons urgemment besoin d’une *théorie/pratique* fermement et limpidement révolutionnaire ayant pour pour objectif essentiel : la destruction de l’antique système économique capitaliste.

OUI NOUS AVONS BESOIN D’UNE THÉORIE ET D’UNE PRATIQUE *ABSOLUMENT ANTI-CAPITALISTE*.

Et donc, nous avons urgemment besoin de travailler à LA DESTRUCTION DU CARACTÈRE PRIVÉ de l’appropriation des moyens de production, d’échange et de communication.

Vous notez au passage que la destruction NÉCESSAIRE dont il est question ici n’est ni matérielle ni même humaine, elle ne sera que la DESTRUCTION DU « caractère PRIVÉ » de cette appropriation !

Par conséquent, nous avons urgemment besoin de permettre LA SOCIALISATION SYSTÉMATIQUE de toutes les richesses [théoriques et pratiques] produites, par le travail et le génie humain, de millions et de millions de générations d’hommes et de femmes.

Peu importe donc que nous appelions cette révolution copernicienne : « communisme » ou « humanisme systémique ».
Peu importe, en effet, « la forme » [des mots... ou des systèmes à créer] pourvu qu’on tienne « le fond même de l’idée » [du mot... ou du système à créer]

Venons-en, à présent, aux phrases antécédentes : [je cite] :

« Nous avons besoin d’un espace pour une véritable rénovation, cette rénovation devant être avant tout celle des idées communistes. Cette rénovation, elle ne saurait se résumer à rédiger un « programme d’accompagnement » des méfaits du capitalisme dans nos vies, le tout à base d’une novlangue soi disant "moderne". »

Évidemment nous avons besoin d’ ESPACES THÉORIQUES ET PRATIQUES NOMBREUX ET DIVERS pour parvenir à mieux penser, mieux inventer et mieux organiser les conditions concrètes de cet « humanisme systémique » de toute première urgence.

Pourquoi ce nouveau système est-il, en théorie, absolument révolutionnaire ?! Et pourquoi sera-t-il, en pratique, réellement révolutionnaire ?!

Pour la raison simple qu’il remettra au centre de toutes les activités et préoccupations humaines [quelles qu’elles soient] la satisfaction des besoins et des aspirations... vitales... nécessaires au libre développement et au libre épanouissement de chacun.

Passons enfin au paragraphe du Chapître 8 de La Louve :

« Pour préserver notre énergie pour la réflexion sur de "vrais" sujets, je proposerais bien comme préalable à ce Congrès que la question de la « liquidation » du PCF ne soit même pas à l’ordre du jour et que toute proposition qui commencera par aborder les choses sous cet angle soit rejetée, au moins dans cette partie, sans hésitation. Bien sûr, il ne s’agit nullement de faire de cette question un tabou, de poser des interdits "par nature", non, évidemment, nous pourrons en discuter, mais plus tard. Quand nous aurons d’abord rempli notre tâche de communistes. C’est à dire, quand nous aurons élaboré un nouveau projet de société, puisqu’il faut changer celle-ci. Et je ne crois pas que l’effort considérable que demande cette tâche ( et qui ne se résoudra pas en un ou deux ans) implique qu’on en passe nécessairement par la mort du PCF. J’irais même plus loin : ce serait une faute de notre part si nous mettions la charrue avant les bœufs, si nous perdions notre temps à de telles balivernes gauchistes (montées en épingles par des ego disproportionnés ou faibles) alors que, face au capitalisme, face à Sarkozy, face au MEDEF, face à l’UMP, face à l’Europe libérale et à la mondialisation, nous avons d’autres combats à mener et d’urgence. Nos divisions sur un sujet aussi mineur que celui de la "forme PCF" ne seraient , je crois, qu’une arme de plus dans le camp d’en face. Je maintiens que tout le débat actuellement organisé en France, tel qu’il est organisé , sur "la gauche", sa recomposition, sa reconstruction, est un tropisme capitaliste qui est un piège terrible pour nous communistes, et qu’il ne faut pas y céder. On n’organise pas *les forces communistes* comme [s’] organisent les forces [politiques] [au service du capital] »

Oui... il va de soi, bien-sûr, que toute nouvelle élaboration théorique engendre, dans la foulée... nécessairement... ses nouvelles priorités d’organisation.

Cela signifie que la hauteur théorique des premiers points à débattre entre tous les anticapitalistes résolus devra être himalayenne si l’on veut se ressourcer aux neiges les plus blanches... afin de mieux parvenir –par coulements successifs- au tréfonds de l’essentiel en nous –en tant qu’individu-propre- et... –en tant qu’humanité-

Dans l’attente... *l’arme au pied*... ;-)

*humainement vôtre* !

RBBR - http://wwwlavie.over-blog.com

Sur Bellaciao
http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=50137