mercredi 30 mai 2007

Qu'est-ce que le sarkozysme en politique étrangère ? :

Qu'est-ce que le sarkozysme en politique étrangère ? :
Un anti-humanisme se dessine

10 05 2007 sur pcf bouches du rhône
Par Jacques FATH
Responsable des Relations internationales du PCF.

"Nicolas Sarkozy élu, que va devenir la France, quelle sera sa politique étrangère et son rôle dans le monde ? Il faut le dire avec lucidité, il y a de quoi être inquiet. Mais il faut aussi mesurer la contradiction entre les choix d’un Sarkozy pro-américain et un attachement persistant du peuple français à l’indépendance et à des valeurs universelles démocratiques.
Une intense bataille politique et idéologique s’engage y compris sur cet enjeu de haut niveau qu’est le rôle de la France en Europe et dans le monde, un monde capitaliste lui-même traversé de crises profondes, souvent violentes, mais un monde, aussi, de résistances et de luttes, en transformation permanente.
Le nouveau Président a intégré à sa façon, à la française, les valeurs et les options idéologiques néo-conservatrices de l’administration américaine et notamment une « éthique » de l’inégalité naturelle, la supériorité occidentale et une forme d’intégrisme patriotique. C’est un anti-humanisme qui se dessine.
Ses choix ? C’est une France étroitement liée à l’OTAN et aux Etats-Unis. C’est une zone déréglementée de total libre-échange transatlantique. C’est une France prête à s’engager dans des interventions militaires à l’extérieur avec des capacités de frappe et de projection en profondeur. C’est une modernisation de l’arsenal nucléaire français. C’est une France disposée à étendre sa dissuasion nucléaire à l’Europe. C’est une option stratégique qui fait de la puissance et du militaire les critères et les moyens principaux du rôle international de la France. C’est le suivisme de Washington au Proche-Orient. C’est un soutien unilatéral à la politique d’occupation israélienne. Tout ceci découle directement de ce qui fut annoncé durant la campagne.
Nicolas Sarkozy affirme aussi que la France ne doit pas « continuer à tourner le dos à la Méditerranée ». Mais il dit NON à un Traité d’amitié avec l’Algérie ; il dit NON à l’entrée de la Turquie en Europe. Il promet une politique d’immigration « choisie » sécuritaire et ultra-restrictive. Il ne propose aucune initiative pour un règlement du conflit israélo-palestinien dans le droit et la justice. On est très loin de l’ Union méditerranéenne qu’il propose... sans la moindre idée concrète pour en étayer la crédibilité.
Nicolas Sarkozy, enfin, a critiqué à mots feutrés les réseaux de complaisance avec l’Afrique. Mais il a usé et abusé d’un discours aux références néo-coloniales, et pour une part emprunté à l’extrême droite. Il s’élève contre la repentance, refusant ainsi la reconnaissance du fait colonial français. Il n’a pris strictement aucun engagement pour en finir avec la « Françafrique »... On est très loin de l’indispensable révolution des relations franco- et euro-africaines.
La rupture du sarkozysme en politique étrangère risque d’être bien pire que le tournant de 1974 quand le giscardisme commença la liquidation du gaullisme. Pourtant, la presse et les médias ne manquent pas de « modérateurs » empressés pour nous expliquer qu’en réalité les choses ne changeront pas tant que cela à cause des rapports de force, du poids des partenaires européens, de contraintes traditionnelles... Bien sûr, ces contraintes existent mais le risque est précisément que la France choisisse maintenant de les surmonter... en se rangeant du côté du plus fort, de ceux qui les imposent, des puissances dominantes, de Washington, de Tel Aviv...
C’est probablement d’abord cela, le sarkozysme en politique étrangère : le choix d’ une adaptation volontariste aux nouveaux enjeux de la sécurité internationale et de la mondialisation capitaliste. Cette politique risque de faire reculer le rôle de notre pays dans le monde et les valeurs qui fondent son action comme rarement cela se produisit dans l’histoire. Son élection est ainsi, dans le difficile contexte français d’aujourd’hui, le révélateur et l’effet du changement de période actuel, le révélateur et l’effet du nouvel état du monde.
Il est évidemment très problématique que la défaite de Ségolène Royal n’ait pas permis -alors que c’était possible- de faire barrage à cette politique qui porte en elle un recul drastique de l’universalisme et des valeurs auxquelles notre République se réfère.
On a rarement autant parlé, dans la campagne, de « modernité » pour la France, sans jamais définir ce qu’on entend par là et pour éviter de désigner clairement l’objectif d’une sorte « d’alignement » néo-libéral et atlantiste accéléré. Je crois qu’il revient à notre Parti de continuer à faire vivre l’ambition légitime d’une France qui refuse cette soi-disant « modernité » d’une adaptation réactionnaire au changement de période que nous vivons. Valorisons une autre politique étrangère française, une vision transformatrice et démocratique du monde qui soit à la hauteur des attentes en France, en Europe et au-delà. Les attentes d’un rôle français positif dans le monde sont en effet immenses. Et la nouvelle politique étrangère annoncée risque bien vite de décevoir en confirmant le bien-fondé des craintes et des critiques d’aujourd’hui.
Contribuons à rassembler toutes les forces qui, comme nous, n’ont surtout pas l’intention de baisser les bras parce qu’elles ont au coeur une vision fondée sur la solidarité et la coopération, sur le refus des stratégies néo-impérialistes et de la guerre, sur la conscience que nous vivons dans un seul monde."

2 commentaires:

paul a dit…

Bonjour OsémyElodie

Je pense que les partis fondateurs comme le pc auraient tout à gagner en se valorisant de réflexions de fond sur ce qui forge le succès de l'innommable (d'écrire son nom synonyme d'antéchrist ou d'antémarx moi, je peux pas et de citer son titre encore moins).

Ce qu'il y a de commun à tous ces thèmes de politique extraterritoriale et internationnale me semble être l'idée d'une pays fort et de sa domination concurrencielle sur les autres.

C'est l'idée de domination et de vanité qui me semblent être aux racines de l'idéologie néo-mal de l'innommable et de ses sbires.

Ce qui me semble faire son succès tient dans la réussite de l'effondrement social de l'accession à un certain bienêtre économique des classes petites bourgeoises : les déclassés envieux des riches qui les font rêver de gloire n'ont d'autres ressources pour se construire une essence que l'a valorisation de leur égo par l'échec et la misère du prochain. Autrement dit, les déclassés rêvent de force et de grandeur, de puissance indiscible et divinisée, d'homme providence divin et d'état surpuissant donc guerrier conquérant d'un espace de marché ou vital, propre à l'expension de l'assurance, de la refondation de leur assurance d'être, malgrè la misère, plus fort, plus grand que le voisin.

A l'intérieur des frontières il s'agit de se valoriser de l'écrasement de misérables, de bouc-émissaires, fabriqués à cet effet par de pires déclassements, de pires rejets, comme ceux de la perte de l'emploi ou de l'interdiction culturelle de retrouver un emploi (pour divers et variés délis de sale gueule de non ressemblance à la toute puissance du nanti) !

et puis il y a tous les retraités perclus de culpabilité de vivre sur le dos des autres qui vont maintenant avoir besoin que les esclaves chargés de payer pour leur bien être s'écrasent devant la justification de l'eur état de gens-fouttre fainéants et inactifs plein au z'as ou faisant croire à cela : "on a le droit car nous on a travaillé tout plein"... merci nous on a pas eu le droit de travailler et d'avoir le droit d'écraser les autres.

pour la politique étrangère c'est la même chose : le droit d'écraser autrui pour se sentir fort et que toute voix d'expression de mauvaise conscience se taise !

le fascisme n'est plus seulement celui d'un cinglé revanchard orgueilleux et fou à lier : c'est celui de son peuple qui s'y identifie. Ils se marient toujours en portant fièrement les mêmes costumes puritains que l'innommable, dénommé costard cravate, donc ils ont la même essence puisque le même rêve d'identité culturelle !

Nous n'avons plus la ressource d'une "puissance" étrangère pour vaincre en faisant de la résistance comme en quarante.

comme en quarante, ils représentent (les sbires et électeurs de l'innommable) pas loin de 80% à la louche et je pense plus de la population honteuse de ce pays.

J'ai honte d'y être né et d'en avoir la nationalité depuis longtemps à cause du comportement quotidien et ordinaire de sa masse de puants et de cons : mais là c'est pire, ils se sont proclamés légitimes !

la politique étrangère de l'innommable, c'est le règne internationalisé du mal

à l'intérieur il fonde son pouvoir sur la division, à l'ext&érieur de même entre les autres nations : c'est le règne de l'égoïsme rivalitaire et dominateur

voilà le mal incarné dans un peuple, un homme, un gouvernement...

@Caius a dit…

L'innommable c'est le nom d'un des pricipaux personnage du roman de Manzoni "Les Fiancés" ...

L’Innomable (l’innominato) fait empêcher le mariage de l'héroïne, Lucia (la fiancée promise à Renzo) et la fait enlever et porter à son repaire . Pendant la nuit où Lucia est prisonnière au château, le désespoir de l’Innominato atteint d'une crise morale, est à son comble. C'est alors que la pensée de Dieu et les paroles de Lucia le sauvent et lui ouvrent la voie de la miséricorde et du pardon.

Vous voyez tout les espoirs sont permis ;)
(ok je suis un peu hors sujet là...pour me rattraper je prépare une petite bafouille sur la politique étrangère...)