mercredi 7 février 2007

POETES, OU ETES-VOUS? POETES, REVEILLEZ-VOUS !

Poètes, où êtes-vous?
La pensée de la politique, autrefois art noble aujourd’hui prose grossière, et l’Homme, et la liberté, plus que jamais, ont besoin de vos plumes, de vos mots et de vos idées.

Seul le poète peut lutter par la beauté contre la grande merchandisation de la pensée.

Poète engagé? c’est un euphémisme - le poète est engagé parce qu’il est le premier qu’on va bâillonner dans les dictatures libérales :" ta pensée , ta construction, ta production, n’est pas commerciale et tes mots me dérangent car ils réveillent mes ouailles. Ami-e poète... Dégage !"

Tout doit être à vendre et tout est à acheter, mais ce qui est beau est gratuit et à tout le monde, ce qui est beau ne s’achète pas mais se partage et se propage, d’un enfant à un homme, d’un homme à une femme, d’une femme à une autre, avec les yeux, avec la bouche, avec le corps, avec le coeur.

La possession de la beauté est impossible, qui croit posséder le beau l’éteint.
La beauté se vit, la beauté se goûte, la beauté se donne. Elle n’est pas commercialisable et toute chose à vendre qui se prétendrait belle est une contrefaçon et un mirage grossier.

Le poète est l’ennemi naturel du libéralisme.
Et le libéralisme, l’ennemi de la poésie.
Perte de temps, perte d’argent, invendable. Poète, tu musardes dans des contrées qui ne m’intéressent pas - pas de CAC 40 à ton panthéon? Mais à quoi sers-tu donc?

Seul le poète peut crier à la face du tyran et lui intimer de se taire ; devant la beauté, l’orgueil du puissant met un genou à terre.

Seul le poète , le créateur, le magicien qui rêve la terre bleue comme une orange, peut délivrer les mots de la pesanteur dans laquelle la barbarie libérale essaie d’enserrer l’esprit de l’Homme.

Seul le poète peut faire lever dans nos coeurs un blé de liberté pour lutter contre le blé mauvais, vaincre la corruption des mots qui étouffe nos jugements et malmène nos vies au plus profond d’elles mêmes.

Poète ami-e, de tes blanches mains, lave les mots, débarrasse les de toute leur crasse mensongère et étends les au soleil de la fraternité.

Toi mon ami-e poète, souffle bien fort dans mes poumons et chasses-en l’air vicié que la veulerie commerciale s’acharne aujourd’hui à faire entrer en moi - aide moi à trouver , en contemplant la beauté, le calme, le repos qui me permettra le combat, nourrie de nouvelles sèves, forte de ta résistance en mots.

Poètes, soyez insolents, inventez nous des mondes où nous serions heureux !

Soyez subversifs, parlez d’amour à la face du pouvoir !

Hurle ton désir pour tes Frères, crache dans tes paroles la joie sauvage de l’enfant, la douleur de la mère, la couleur de la terre, le bleu de l’azur, la sueur du travailleur ou l’odeur de l’amour.

Le poète ne peut pas mentir.
Ami, le poète ne doit pas mourir.

(Ici* aujourd’hui on a rappelé ce mot de Maïakovski : "Ecrire est une arme et les mots sont des balles".)

*sur Bellaciao

3 commentaires:

Mauvaise langue a dit…

Juste pour me fendre d'une vacherie en passant, c'est un truc que j'ai beaucoup entendu dans l'édition : "le principal problème de la poésie c'est qu'il y a plus de monde qui en écrit que de monde qui en lit"...

Quand on y réfléchit, c'est un constat sinistre.

Anonyme a dit…

Miettes

Miettes de l’astre au sein des jeunes filles,
l’homme perdra la vue s’il fixe mille soleils assemblés.
Écarquille tes yeux en couilles d’hirondelles,
l’ivresse c’était hier
à chaque coin de rue un demain disparaît,
tombe dans la folie, oublie ton amnésie,
ou alors gagne ton rêve
à la sueur de tes songes.
Tison de tendre solitude
est une drogue de sang brûlé,
un poison périmé.
Romps la ride sur ton front.
Casse le soupir enfant de tes silences.
Verse le rire armé de l’amour des fleurs de soie,
distille le dogme d’infidélité
dans l’organe du mouvement.
Nul n’a le droit de se laisser prendre au piège.
Bronze le sel au vent de liberté.
Éclabousse les mirages
de tes doigts d’écume d’offrande
aux dunes des jouvencelles.
Lance les pièces du roulement à billes
sur l’exocet du crépuscule humain.
Fronde le blanc
et les sept couleurs de la lumière.
Zéro,
oui revendique ta part au groin des militaires.
Répare les épaves des trottoirs éventrés,
par la boue des sales petits boulots.
Relève les naufragés des Titanics d’aujourd’hui,
ils sont,
l’horizon à franchir tous ensemble
et les mains
qui germent une paix tapageuse,
le lit de nos enfants
qui ne baissent pas les bras.
Ça fraternise un max !
Et Darwich est heureux,
la craie est toujours douce aux caresses,
du cercle de vie,
que l’on trace aux tableaux du demain.
Fabrice Selingant
Poème publié dans : 89 poètes pour 89

Osemy a dit…

Quel morceau que ces miettes
Merci