samedi 20 janvier 2007

TA VOIX A MON OREILLE NE MURMURE PLUS...

(post du 5 décembre 2006 transféré ici)

Heureuses rencontres, heureux hasards. Parfois, votre route croise celle d'un alter qui regonfle votre ego malmené...

Celui de la femme en général et le mien en particulier ;-), qui est en permanence menacé, attaqué, asservi.

Rien de paranoïaque dans ce constat mais la douloureuse prise de conscience d'une réalité sans cesse réaffirmée, et réaffirmée d'autant plus que l'on s'expose: la femme qui aime les hommes est condamnée à être ignorée par eux en tant qu'être humain valable, assignée à l'abandon en bordure de chemin.

A un moment donné de sa vie, toute femme aimant réellement les hommes se pose la question de renoncer et d'aimer plus simplement ses semblables femelles...
Souvent, trop souvent, l'homme tourne le dos lorsque la route commence à peine.
Croire que la félicité domestique (qu'est ce qui peut être domestique ET rendre heureux d'ailleurs?) captiverait la femme plus que l'épanouissement que procure un dialogue intellectuel et charnel entre deux êtres opposés, c'est vraiment prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages...Et plus encore, c'est l'assassinat prémédité de la meilleure part de vous-même, c'est à dire, nous.

Car c'est exactement l'inverse! Peu nombreuses celles qui le diront, car trop bien élevées, ou assomées, justement, de "félicité domestique" ou trop policées par la société dans leur rôle de femme et les niaiseries que leur mère leur a inculquées parfois à leur corps défendant - Femme, Arrête de penser et tu arrêteras de souffrir. Ne réfléchis pas à l'Amour et occupe toi de tes ovaires, (car, tu ne le sais pas,chienne, mais c'est cela que tu recherches: la fécondation et la "félicité domestique" donc...) Je t'achèterai de nouvelles casseroles et je t'offrirai un joli manteau pour couvrir tes ancillaires épaules.

Il y a plusieurs manières d'abandonner quelqu'un. La manière la plus radicale consiste à lui fermer son âme, de toutes les manières possibles.
Je ne pense plus en ta présence, je ne ressens plus en ta présence, je me vide de substance en ta présence et je dessèche le lien vivant qui nous unissait en soufflant dessus l'haleine glacée de l'indifférence.
Tu n'es plus capable de me comprendre, je n'ai même plus envie de te parler, ni à l'oreille ni dans ton cul et bien souvent d'ailleurs, la désertion dans le lit se lit dans les silences et les non-dits.

Le jour où l'homme commence à réaliser qu'en s'attardant trop à une femme, fut-elle celle qu'il a choisie pour porter son enfant, (d'ailleurs, dès le jour où il l'a choisie pour porter son enfant), donc qu' en s'attardant trop sur UNE femme, il risque de perdre l'occasion d'en connaître tant d'autres, ce jour là, il commence à vous quitter, déjà...

La femme est profonde, par définition, ce que l'homme n'est pas, sauf peut être celui qui s'est déjà livré dans son propre corps à l'expérience de la sodomie.
Je crois qu'il n'y a pas de dichotomie entre tête et cul, non vraiment, il n'y en a pas.

Le jour où l'homme donc , perçoit que, par l'expérience de l'amour comme don absolu et recommencé chaque jour, il peut être pris et enseveli dans une seule femme, dans sa tête, dans son corps, il commence à fuir.

L'amour tel qu'il est vécu et pensé et construit par une femme est une expérience intransmissible à l'homme. La seule passerelle qui existe encore entre nous ce sont les traces mnésiques que l'amour de la mère a laissé dans l'homme. Ces traces seules rendent possible que parfois, dans un halo d'aveuglement, nous nous recontrons encore...

Hélas, il es t ensuite kinappé par la grande communauté des sexes forts , qui le rendra bien faible, et c'en est fini de la plupart de nos espoirs futurs.
L'homme est perdu pour la cause.
Malheur alors à celle qui te croise et qui te croit quand tu lui promets de l'aimer toujours, car ce toujours ne viendra jamais et, homme, tu en es incapable car tu es trop faible et tu as bien trop peur mais tu ne le sais pas...
Tu as peur de te brûler, tu as peur de souffrir, tu as peur de te faire castrer, et même lorsque tu prétends l'inverse, ce n'est en effet qu'une prétention car agir autrement n'est pas à votre portée...

Nous qui pissons le sang au moins une fois par mois, nous qu'il faut déchirer et forcer la première fois dans nos ébats, nous qui nous faisons péter les os pour mettre au monde des petits barbares qui dévoreront nos seins et ne nous laisseront que la peau, nous qui avons le privilège de nous faire enculer sans qu'on ait à se poser la question de savoir si nous sommes pédés, nous, nous avons le don de ne pas avoir suffisamment peur de la souffrance pour trop bien la connaître, et d'avoir compris que de ce tas informe de pleurs, de cris, de sang, de bleus, de pains dans la gueule et de portes claquées au nez qu'est la vie, il sort des fleurs, du cristal, des diamants, de l'eau pure...

C'est parfois, c'est souvent, dans le chaos et dans la douleur que naissent les plus belles histoires, c'est un fait connu.
Pour les prolonger (car il ya un intérêt à les prolonger jusqu'à ce que, au moins, elles soient vraiment épuisées), encore faut-il être deux et ne pas avoir peur de faire ce long voyage, parfois très solitaire, qu'est l'amour d'un Autre choisi.

3 commentaires:

l'homme qui aimait les femmes - 1977. a dit…

Toi seule sait qui t'écrit ce mot.
Ayant, toi seule, 'les moyens de contrôle' au tréfonds de ton Blog.

Dès mon premier commentaire, je me souviens n'avoir pas rencontrer, en ce lieu, cette autre adresse de toi qui m'aurait permis de te parler plus directement.

Dommage.
On ne parle pas sur 'une place publique' comme on sussure dans une alcôve.

"Ta voix à mon oreille..." m'éloigne des urnes et me convie en d'autres lieux et souvenirs... aux temps d'avant.

Et ton écriture hémisphèrique éventre mon cerveau et le fouaille jusqu'à 'la douleur' sans laquelle il ne saurait y avoir de vie en nous et en l'autre.

Pourquoi ce texte complexe et si raffiné a-t-il coulé de tes synapses via ces dendrites tentaculaires qui nous tourmentent tant ?

Je ne saurais le dire.

Je li-e-s en toi... mes propres errements ensevelis par le temps.

"il [en]sort [parfois] des fleurs, du cristal, des diamants, de l'eau pure...".

Vivre c'est tout faire pour 'com-prendre' l'autre.

Tenter jusqu'au bout de le 'prendre avec' soi.

Tendresse.
http://iihm.imag.fr/truffaut/lhommequi.html

Osemy a dit…

Arkhyl 7 12 2006
Excellente analyse parfaitement complétée par Philippos, mam'zelle.

Est il nécessaire d'ajouter que les pionniers ne goûtent jamais du succès de leur découvertes ? Ils souffrent et c'est de cette souffrance que de nouveaux horizons s'ouvrent à ceux qui n'ont su les voir. Hélas, j'ai bien peur que pour nous, femmes et hommes aux pensées si "étranges" pour le quidam, ne soyons condamnés à souffrir inutilement. Combien d'hommes se couvrent encore de peaux de bêtes pour assumer leur virilités, masquant leur féminité si honteuse ? Combien de femmes se complaisent dans cette soumission domestique si rassurante, masquant leur désir si inconvenant d'en découdre et d'être libre ? Et parmis ceux ci, combien seront capables de nous voir sans écarquiller de grands yeux étonnés ?

Je suis loin d'avoir ton expérience de la vie, je n'en suis que plus inquiet...
7 décembre 20:01
(http://lolito1610.spaces.live.com/)

OSEMY (Esialtuar yg Borons http://www.fomoire.org/Oil/)
Belle synthèse mon cher Philippos, synthèse que je partage tout à fait - i l y a mille manières de faire l'amour, la plus profonde n'est sans doute pas la plus violente et c'est sans doute la plus difficile, que l'on peut appeler je pense, fraternité - quand l'homme et la femme (car nous ne sommes pas exemptes en effet, d'insuffisances, loin s'en faut) quand l'homme et la femme pourront s'aimer en frères d'armes face à la dureté de la vie, en frères d'ivresse face à ses beautés, nous aurons franchi un pas de géant.
Ton billet arrive à point dans un moment où je me bats contre mes instincts pour ne pas faire dérailler "THE project" ;-) et essayer toujours de traquer la fraternité dans les recoins les plus sombres de mon âme (é)perdue -et vraiment, ici, je ne parle plus de cul si tant est que j'en aie jamais parlé d'ailleurs , malgré les apparences -
Fraternité, fraternité, ce dont nous sommes aujourdhui le plus loin, et ce qui nous sauvera pourtant , fraternité aimante, fraternité souffrante, frères qui jamais ne s'abandonnent , qui tout se pardonnent, frères veillant l'un sur l'autre et qui se lient par l'Honneur et la Fidélité à l'idéal commun plus que par tout autre chose...
Nous allons y arriver, il faut des pionniers mais de fait , le "non-rapport" homme/femme doit être repensé comme la seule fraternité où l'inceste soit de mise.
A nous, éclaireurs, de travailler les esprits encore vierges à la fraternité, rencontrés dans les enveloppes charnelles qui nous ont séduits, pour faire avancer l'Idée...
Bonnes nuits, tous mes frères
6 décembre 00:08
(http://osemy2.spaces.live.com/)

Philippos (pas de nom)
Toutes les femmes ne sont pas, hélas, si profondes et quelques hommes s'efforcent d'échapper à leur destin de primates... Les hommes du siècle dernier fuient les femmes de demain et ceux de demain ne trouvent pas aujourd’hui celles du siècle prochain.


Un des plus grands bonheurs que la vie ait à offrir réside pourtant dans la connivence partagée de l'intégralité de notre existence. Faire l'amour, ce doit être ça, en réalité. Le partage de l'expérience charnelle, sensuelle, sentimentale et spirituelle ne peut que s'effacer devant l'autre manière de faire l'amour, une vie durant, par le partage de ses rêves, craintes, joies et peines, de l'ensemble des émotions et pensées qui peuvent nous traverser ou nous habiter. On est ensemble et l'on décide et accepte de tout partager: chaque parcelle de son être, qui emmagasine une once de réponse sur le monde curieux qui nous entoure et que nous sommes, est offerte à l'autre dans un abandon bouleversant. Oui, ce doit être ça, faire l'amour. Apprenons de nos caractères les plus intimes ce que la chair a fait de nous. Ce premier pas franchi, la vision commune nous plongera dans le nouveau millénaire, enfin ensemble !

5 décembre 22:26

Osemy a dit…

"Je rêve depuis toujours un homme qui vénère chacun de mes pas, qui retire mes bottes quand je rentre de la chasse , pour qui les autres femmes ne sont que copies ou esquisses bien pâles, un homme qui ne se sentirait pas humilié d'être ainsi à mes pieds, qui comprendrait qu'à cette position c'est moi, sa maîtresse, qu'il soumet, un homme qui brosse mes cheveux sans honte et que cela fasse sourire, un homme qui me prenne pleine de sang sans répugnance et qui me goûte ainsi même au plus fort de la désespérance, un homme qui me fasse une statue parce que je serai forte et aride et salée comme un désert, mais fragile et humide et ombrageuse comme un tapis de mousse dans un sous bois, un homme qui m'embrasse comme un égal qui peut porter une armure, qui m'enlace après la joute, un homme qui me fasse suffisamment confiance pour goûter la liberté que je veux lui donner et qui n'en profite pas pour me berner, un homme qui me laisse lui apprendre ce qu'il ne sait pas sans courber l'échine et sans me faire payer ses propres insuffisances, qui en retour, m'apprendra ce que j'ignore, je rêve un homme qui me fesse puis me console puis me cajole et puis me morde, je veux un homme qui me baigne, qui puisse jouir en me regardant, en me parlant, en m'écoutant, un homme débarrassé de tout complexe , qui soit un chien, qui soit un chat, qui soit un loup et qui me fasse reine, un homme qui sache se laisser aller à la douce et sauvage quiétude de l'enfant à sa mère, cruelle, amusée, charnelle, fusionnelle...

Un homme qui me verrait chaque jour comme une page vierge nouvelle où écrire un passage de son histoire, un homme qui fasse de moi le livre de sa vie...

Voilà bien un rêve, car l'homme hélas, ne sait pas écrire dans le livre des femmes. A plus forte raison ne sait-il pas y lire.
Notre histoire commune est celle d'un échec toujours annoncé et sans cesse recommencé; ils seront toujours lassés et nous serons toujours déçues. "

Osémy, 3 décembre 2006